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Égypte : gros tour de vis sur la natalité

naissanceLes autorités égyptiennes ont lancé une campagne de sensibilisation encourageant les familles à avoir deux enfants au maximum, rapporte « The Guardian ».

La natalité est devenue une question primordiale pour les autorités égyptiennes. Face à la rareté de certaines ressources, particulièrement l’eau potable, ces dernières ont décidé d’encourager les familles à limiter leur nombre d’enfants à deux, rapporte The Guardian. Une campagne d’action sur cinq ans, baptisée «  Deux, c’est suffisant  », s’est installée dans le métro égyptien. Des affiches montrent une facture de 50 livres égyptiennes et posent la question : «  Vous voudriez diviser cela en cinq ou en deux ? » Avec ce plan, le gouvernement prévoit également d’installer des centres de planning familial sur tout le territoire, où les moyens de contraception sont moins chers qu’en pharmacie, précise le quotidien britannique.

Un enfant naît toutes les quinze secondes en Égypte, précise The Guardian. Avec 104 millions d’habitants, la question est prise très au sérieux puisqu’en 2017, le président Abdel-Fatah al-Sissi a déclaré que l’Égypte avait «  deux challenges : le terrorisme et la surpopulation  ». Afin de montrer que les autorités ne plaisantaient pas, le Premier ministre Mostafa Madbouly a récemment annoncé que le gouvernement ne donnerait plus d’aide financière aux familles au-delà du deuxième enfant.

Changer les mentalités
Mais, selon le quotidien britannique, la campagne de sensibilisation pourrait manquer d’efficacité dans ses moyens. Si le programme prévoit d’augmenter les cours d’éducation sexuelle pour les professionnels de santé, il ne prévoit rien dans les écoles, où l’éducation sexuelle est inexistante. Cité par The Guardian, un gynécologue du Caire, Hussein S. Gohar, estime que la campagne doit débuter auprès des plus jeunes afin «  de les éduquer à la sexualité, mais aussi à la contraception. Après il faudra sensibiliser les personnes qui vont se marier et les couples déjà mariés  ».

Selon lui, le gouvernement pourrait aussi se heurter à un problème de taille : l’interdiction de l’avortement. «  Si la législation se met à punir les couples qui ont un troisième enfant, il faut leur permettre d’avoir une voie de sortie, en autorisant l’arrêt médical de grossesse et même les cliniques d’avortement  ». Pour un autre gynécologue, les autorités doivent aussi s’interroger sur les mentalités, particulièrement dans les milieux ruraux. «  Pour une famille qui possède une ferme, les travailleurs supplémentaires coûtent de l’argent. Mais avoir plus d’enfants signifie qu’ils peuvent aider pour s’occuper des animaux, des machines ou de la récolte  », conclut-il.

Natalia Kanem, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population, soulève aussi la question des femmes, qui peuvent être mères très jeunes. «  Si vous avez une population qui est jeune, ces jeunes ont tendance à avoir des enfants au même âge que leur mère, donc il y a une accélération, sauf si les femmes peuvent prendre la décision d’avoir un enfant plus tard, de se marier plus tard  », explique-t-elle. «  Quand les femmes sont laissées pour compte, la moitié de la population l’est  », conclut-elle.

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