Publié dans Texte Actualité divers

Tony Blair : « Je ne crois pas à un Brexit dur »

Tony Blair.jpgA un peu plus d’un mois du Brexit, l’ancien Premier ministre du Royaume-Uni Tony Blair maintient que seul un nouveau référendum permettrait d’éviter une catastrophe.

« Comment ça va à Paris ? » Ample sourire, la soixantaine fringante, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair reçoit le JDD dans son vaste bureau, ce jour-là inondé de soleil. Le siège de sa fondation, ambitieusement baptisée Institute for Global Change (son objet officiel est d’aider les pays à faire bénéficier la mondialisation au plus grand nombre), est situé au centre de Londres, dans un immeuble branché aux murs de briques et aux larges baies vitrées. Spectateur (très) engagé de l’interminable feuilleton du Brexit, il décrypte les enjeux et analyse les soubresauts actuels des deux côtés de la Manche.

Theresa May n’en finit pas de négocier le Brexit, pensez-vous toujours qu’il faudrait en sortir par un nouveau référendum ?
Oui, après bientôt trois ans de négociations, c’est toujours la confusion,  nous ne savons pas de quoi sera faite demain la relation entre le Royaume-Uni et l’Europe. Or les citoyens britanniques y voient beaucoup plus clair qu’en 2016, quand ils ont voté le Brexit. L’inquiétude monte. Notre monnaie a été dévaluée d’au moins 12%, notre croissance fléchit, nos investissements chutent. L’image de notre pays se dégrade. Avant d’entériner le divorce, la moindre des choses serait de redemander aux citoyens ce qu’ils veulent vraiment. Car l’enjeu est décisif pour l’avenir du pays.

Quelles conséquences aurait un Brexit « no deal » pour l’économie britannique ?
Ce serait une catastrophe, mais je ne pense pas qu’il y aura un Brexit dur, car la majorité des parlementaires veut aboutir à un accord, et beaucoup de ministres seraient prêts à démissionner si Theresa May tente de sortir sans accord. Cela dit, il n’y a pas que le Brexit sans accord qui serait dommageable : le Brexit tout court aussi! Car l’unité de l’Europe devient de plus en plus nécessaire à mesure que le monde change, en particulier face à l’émergence de la Chine. Dans ce siècle, il y aura trois géants : les États-Unis, la Chine et probablement l’Inde. Si les Européens veulent défendre leurs intérêts et leurs valeurs, ils doivent rester ensemble.

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