Publié dans Texte Actualité divers

Les risques liés à l’exposition aux lumières LED

ledCe sont les premières recommandations sanitaires sur l’exposition aux LED depuis 2010. Dans son expertise publiée ce mardi, l’Anses confirme la toxicité des LED sur la rétine, notamment à cause de la lumière bleue qu’elles émettent.

L’agence met aussi en évidence des effets de perturbation des rythmes biologiques. Ces dangers sont encore plus présents chez l’enfant et l’adolescent.

C’est un document de 420 pages, que nous avons pu consulter dès lundi, dans lequel l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) retrace l’état des connaissances scientifiques sur l’exposition aux LED de 2010 à 2017 pour les mettre à jour.

Lampes ou spots à la maison, affichage ou signalisation dans la rue ou dans les transports, jouets ou objets de décoration, sans parler des téléviseurs, téléphones mobiles ou tablettes : les éclairages à LED ont envahi notre quotidien ces dernières années.

Des risques à court et long terme
Les LED, de l’anglais « light-emitting diode », diodes électroluminescentes en français, ont la particularité d’émettre un éclairage intense, avec une lumière riche en longueur d’onde courtes: c’est ce qu’on appelle la lumière bleue. Or notre exposition à cette source lumineuse n’est pas sans conséquence.

La lumière bleue trop puissante peut d’abord conduire à une baisse de la vue, à cause d’un effet toxique sur la rétine. Les données scientifiques recueillies depuis 2010 ont confirmé à la fois des risques à court et long terme. Une exposition chronique pendant plusieurs années à une lumière riche en bleu peut ainsi augmenter les risques d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Bon à savoir, les éclairages à LED de type « blanc chaud »; qui tire vers le jaune (température de couleur inférieure à 3 000 K) présents dans nos habitats présentent un faible risque de toxicité car ils ne se différencient pas trop des éclairages traditionnels. « Reste à savoir ce qu’il se passe sur l’éclairage à long terme. Cela n’a pas été encore bien étudié », estime le professeur Francine Behar-Cohen, ophtalmologue et présidente du groupe de travail sur les LED.

En revanche, les lumières des lampes torches, les phares automobiles, les décorations comme les guirlandes de noël et les jouets peuvent être particulièrement riches en bleu. Et elles ne sont pas pas encadrées par la même réglementation que les lampes domestiques.

« Il faut au moins éviter de les regarder de manière trop proche. L’Agence appelle à réglementer ces objets pour éviter d’avoir sur le marché des objets avec une luminosité trop intense », explique Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’ANSES.

Perturbation du rythme biologique et du sommeil
Deuxième risque pointé par l’Anses, celui d’une perturbation de notre rythme biologique, et donc de notre sommeil. Concrètement, la lumière reçue par la rétine va envoyer des messages vers l’hypothalamus, dans notre cerveau, pour lui donner une indication du moment de la journée. C’est cette zone qui va déterminer la production de la mélatonine, l’hormone du sommeil, dont la sécrétion débute environ 2 heures avant le coucher, à condition d’avoir une intensité de lumière importante pendant la journée et une obscurité totale pendant la nuit.

Avec une exposition à la lumière bleue le soir ou la nuit, aussi faible soit-elle, à travers les écrans (télévision, ordinateur, tablette, téléphones mobiles…), notre rythme biologique est perdu. Notre sommeil dégradé.

« Les effets sanitaires associés à la perturbation de l’horloge biologique peuvent être des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète, des pathologies cardio-vasculaires ou des cancers », précise Dina Attia, chef de projet dans l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’Anses.

Des risques accrus chez les plus jeunes
L’Agence recommande donc de limiter l’usage des dispositifs à LED les plus riches en lumière bleue, surtout chez les enfants. Les deux risques, à savoir la toxicité pour la rétine et la perturbation de notre horloge biologique, sont en effet encore plus vérifiés chez les jeunes: les enfants naissent avec un cristallin clair, qui ne remplit pas son rôle de filtre de lumière bleue. Globalement, les plus de 60 ans filtrent deux fois mieux cette source lumineuse qu’une personne de 20 ans.

Maux de tête, fatigue visuelle… Le troisième risque est celui de la variation de la lumière induite par les LED, très sensibles aux fluctuations du courant électrique. Il en ressort que les enfants, les adolescents, et les professionnels exposés constamment à des LED pourraient être plus sensibles à ces effets.

Des dispositifs de protection à l’efficacité inégale
L’Anses s’intéresse enfin aux moyens de protection contre la lumière bleue : filtres sur écrans d’ordinateurs, verres de lunettes… L’agence note « une efficacité très variable en fonction des dispositifs » pour prévenir les dommages sur la rétine.  « Ce n’est pas forcément une mauvaise idée », estime Olivier Merckel. « Mais l’efficacité est très variable. Nous demandons des référentiels pour que les consommateurs soient informés du taux de réduction de la quantité de lumière bleue, et de l’efficacité avec une exposition à long terme », ajoute l’expert.

Les experts notent en revanche l’utilité de diminuer la température de couleur (vers un blanc chaud) et la luminosité des écrans pour réduire la quantité de bleu.

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Le fastueux train de vie du couple Balkany

couple balkanyLa deuxième journée du procès des époux Balkany a été ce mardi le théâtre d’une bataille judiciaire entre la défense du maire de Levallois-Perret et le président du tribunal. Un juge qui a pris son temps pour rappeler dans les détails ce que la justice reproche aux élus.

« Ça fait 36 ans que je suis maire, je n’ai jamais été corrompu par personne, et ce n’est pas demain la veille (…) J’ai commencé la politique avec Isabelle en étant riches, on a fini pauvres. » La citation est de Patrick Balkany, au terme de la deuxième journée de son procès pour fraude fiscale. Ce dernier entend bien se défendre bec et ongle malgré la longue liste de chiffres prouvant un train de vie fastueux. Au cours de l’audience, le président de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris a pris le temps de lire l’ordonnance de renvoi pendant plus de deux heures. Une ordonnance de renvoi pourtant contestée par la défense.

Un procès « bancal » pour la défense
La bataille juridique entre la défense de Patrick Balkany et le président du tribunal a en effet repris de plus belle ce mardi. Me Eric Dupond-Moretti, conseil du maire de Levallois-Perret, a plaidé une requête en nullité de cette ordonnance de renvoi de son client devant la justice. « L’ordonnance de renvoi se nourrit des pièces d’un autre dossier », fait valoir le ténor parisien. Pour lui, les faits de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale (jugée à partir de la semaine prochaine) doivent être jugés en même temps. Car pour prouver la fraude, il faudrait que la justice reconnaisse, dans le volet blanchiment, que les Balkany sont propriétaires d’une villa à Marrakech, ce qu’ils ont toujours nié.

« Depuis le début c’est un procès qui est bancal, est-ce que ça tient à la personnalité de M. Balkany (…) je ne sais pas », s’est agacé Me Dupond-Moretti, estimant que les « éléments à décharge » pour son client ont été gommés dans ce dossier. « Il faut être loyal, équitable, contradictoire (…) il y a de quoi se mettre en colère », a-t-il encore invoqué auprès du juge.

Si le président a souhaité versé au fond cette requête en nullité, qui sera donc examinée à la fin du procès, il a pris le temps de lire dans le détail les faits que l’on reproche aux époux Balkany, en l’absence d’Isabelle Balkany mais face à un Patrick Balkany concentré et particulièrement calme. Il a commencé par cette plainte du 1er juin 2016 de l’administration fiscale de l’Eure, qui soupçonne le couple d’avoir minoré ses revenus entre 2009 et 2014, mais aussi de s’être soustrait à l’impôt sur la fortune et à la contribution exceptionnelle sur la fortune. Le fisc s’étonnait de « la discordance supposée entre les revenus déclarés et le train de vie » du couple.

« Ils jetaient l’argent par les fenêtres »
Il a fallu une enquête longue de plusieurs années pour prouver que le domicile des Balkany, notamment après 1995 et leur brève séparation, se trouvait bien au moulin de Cossy, à Giverny, cette propriété de près de 1.300 m² comprenant 11 chambres, une piscine ou encore 50 m² de pool house. Pour cela, les enquêteurs se sont basés sur les abonnements aux péages d’autoroute pris pour faire des trajets quasi-quotidiens entre l’Eure et Levallois-Perret. Ils ont également recueilli les témoignages des employés de maison dont les salaires dépassaient largement les revenus qu’Isabelle et Patrick Balkany déclaraient séparément. De l’argent versé en partie en espèce.

« Quand M. Balkany rentrait à Giverny, il sortait de son attaché-case une enveloppe marron assez épaisse qu’il mettait au coffre. Il y avait 8.000 euros sur sa table de chevet, c’était son argent de poche. Ils jetaient l’argent par les fenêtres », a raconté pendant l’instruction l’une des employées.

« Deux cendriers en verre avec des bijoux et des liasses »
Isabelle Balkany n’est pas épargnée, elle qui va faire les courses à l’Intermarché du coin et qui revient la voiture pleine, se faisant livrer le reste de ses achats. A l’extérieur aussi, le train de vie des Balkany questionne. « Je me suis demandée ce qu’elle faisait dans la vie pour avoir autant de billets de 500 euros », dira au policier une commerçante. Les frais de pressing sont eux-aussi payés en espèce. « Quand M. Balkany avait besoin d’argent, il descendait dans la salle de bain de sa femme. Il y a avait deux cendriers en verre avec des bijoux et des liasses. Dans la coiffeuse de madame, il y avait des espèces. Dans le coffre, il y avait plein de billets. » A cela s’ajoutent les frais de voyages pour Saint-Martin et Marrakech: plus de 18.000 euros en 2010 et 2011, et 24.500 euros en 2012.

A la fin de cette audience, Patrick Balkany a bondi. Non, il ne fera pas valoir son droit au silence « pas après tout ce que j’ai entendu », notamment au sujet du riad de Marrakech. Le maire de Levallois-Perret va devoir s’expliquer sur la provenance de cet argent.