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Pourquoi le Parlement européen se situe à la fois à Strasbourg et à Bruxelles ?

Parlement européen se situe à la fois à Strasbourg et à BruxellesChaque jour, RMC se pose une question concrète au sujet de l’Europe.

Les députés européens doivent faire la navette une semaine par mois entre les deux villes. Des voyages qui coûtent cher : plus de 114 millions d’euros pas an.

Historiquement, le Parlement européen est installé à Strasbourg, ville symbole de la réconciliation franco-allemande. Et officiellement, il est encore et toujours à Strasbourg. C’est là-bas que se déroulent la plupart des séances plénières et où les députés adoptent donc les textes européens.

Mais au fil des années, Strasbourg est devenu étroit et surtout pas très pratique. La commission et le conseil siègent à Bruxelles. Et c’est donc naturellement que Bruxelles a aussi accueilli le Parlement. Pour faciliter la communication et les travaux des députés en commission.

Bientôt un regroupement ?
Pour résumer, à Bruxelles, on travaille et à Strasbourg, on vote. Les députés, et toutes leurs équipes, font donc la navette, une semaine par mois, entre les deux villes. C’est la grande transhumance, les piles de dossiers, les grosses malles, les hôtels, les restaurants. Tout cela coûte cher: au moins 114 millions d’euros par an.

A l’automne dernier, une majorité d’eurodéputés ont voté un texte pour dire que tout serait plus simple s’ils travaillaient en un seul et même lieu.

Mais il faut que ce texte soit validé par les 28 ou bientôt 27 chefs d’État ou de gouvernement, dès lors que le Royaume-Unis sera sorti de l’Union européenne. Et pour le moment, aucun n’a osé. Surtout pas de chef d’État français qui porterait la responsabilité de faire disparaître l’hémicycle alsacien.

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Parcoursup : du 15 mai au 19 juillet, le calendrier à respecter

A partir de mercredi soir 19h et jusqu’au 19 juillet, les 900.000 inscrits de Parcoursup auront affaire aux listes d’attente, réactualisations et autres changements de vœux.

Parcoursup

C’est à partir de 19h que les jeunes recevront les premières réponses aux vœux inscrits au premier trimestre 2019. Parcoursup, la plateforme d’accès aux études supérieures, dévoile mercredi soir les premières réponses aux vœux des quelque 900.000 candidats inscrits, principalement des lycéens de terminale et des étudiants en réorientation.

Pour faire face à l’afflux de connections, la plateforme ne sera dans un premier temps que « consultable », avant de permettre aux candidats, plus tard dans la soirée, de répondre aux propositions.

Premières réponses à partir du 15 mai
Pour les filières sélectives (IUT, BTS, classes prépa, écoles avec entrée sur concours ou sur dossier, etc …), les réponses mercredi seront : « oui », « non » ou « en attente ».

Pour les filières non sélectives (licences générales), « oui », « en attente » ou « oui si », si l’université considère que le candidat ne possède pas toutes les connaissances et compétences requises. Il est accepté à condition de suivre un parcours d’accompagnement.

Du 15 au 19 mai, les jeunes auront cinq jours (J+4) pour accepter  définitivement ou non refuser ou placer « en attente » la ou les propositions reçues. Les propositions s’actualisant quotidiennement, le délai est ramené à trois jours à partir du 20 mai.

#Parcoursup info,  pour préparer vos réponses à partir du 15 mai :
✅Échangez avec vos professeurs et les conseillers d’orientation
✅Participez aux temps d’échange organisés dans votre lycée cette semaine
✅Posez vos questions au 0800400070 ou sur la boite contact du site pic.twitter.com/874cTxLiMB
— Parcoursup (@parcoursup_info) 13 mai 2019

« Chaque fois qu’un candidat confirmera ou renoncera à une proposition reçue, il libérera des places qui seront ensuite proposées à d’autres candidats », explique le site Parcoursup. « Chaque jour, de nouveaux candidats auront donc de nouvelles propositions. »

L’attente des « en attente »
Après chaque changement sur les listes Parcoursup, les candidats recevront un mail, un sms et une notification sur l’appli dédiée avec le nouveau délai de réponse à chaque fois précisé. A noter que la plateforme sera figée et les délais de réponses suspendus pendant les épreuves écrites du bac (du 17 au 24 juin).

Cette année, les candidats en liste d’attente seront également informés du rang du dernier admis l’an dernier. Une information supplémentaire qui sera affichée pour les licences générales et les prépas, mais pas pour les BTS, IUT, instituts infirmiers (IFSI) et écoles d’ingénieurs et de commerce post-bac.

Réorienter les « non » dès le 16 mai
Pour ceux qui n’avaient demandé que des filières sélectives et n’ont reçu que des « non » mercredi soir, ou dans les semaines qui suivent: les lycéens peuvent demander un rendez-vous, à partir du 16 mai, avec un membre de l’équipe pédagogique de leur établissement, et les étudiants avec le service d’orientation de leur université.

Du 25 au 27 juin : la phase complémentaire
Les personnes n’ayant obtenu que des « non » peuvent formuler de nouveaux vœux pendant cette phase complémentaire pour des formations encore disponibles, et solliciter la commission d’accès à l’enseignement supérieur de leur académie à partir du 6 juillet.

Les personnes ayant encore des vœux en attente doivent les confirmer pendant cette période de trois jours. « Si ce délai n’est pas respecté, vos vœux en attente puis votre éventuelle proposition d’admission, seront considérés comme abandonnés », explique le site Parcoursup.

Un deuxième point d’étape de ce type aura lieu du 6 au 8 juillet. Ces phases permettent de mettre à jour les places disponibles dans les différentes écoles.

Inscriptions dans les établissements
Ceux qui ont accepté de manière définitive une proposition d’ici le 15 juillet devront ensuite s’inscrire dans l’établissement avant le 19 juillet (fin de la phase principale).

Du 17 au 19 juillet 2019, « si vous avez accepté une proposition en maintenant un/des vœu(x) en attente, vous devrez dans la période définie, confirmer votre choix d’inscription dans la formation acceptée. »

Pour les autres, les inscriptions doivent s’effectuer avant le 27 août. L’an dernier, les inscriptions clôturaient fin septembre, trop tard pour que les places vacantes puissent profiter à quiconque.

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Une sculpture de sable de Theresa May guillotinée par le Brexit

Une sculpture de sable de Theresa May guillotinée par le BrexitAvec cette œuvre éphémère réalisée dans le cadre du festival de Weston-super-Mare, l’artiste Johannes Hogebrink souhaite sensibiliser l’opinion publique aux dégâts que va causer la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Une sculpture de sable géante représentant la tête de la Première ministre britannique Theresa May au pied d’une guillotine nommée « Brexit » a été érigée mardi 14 mai au festival de Weston-super-Mare, dans le sud-ouest de l’Angleterre. L’œuvre est complétée par deux autres sculptures de sable, à l’effigie des présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine.

donald trump et vladimir poutine

« Ils applaudissent le fait que Theresa May essaie de couper le Royaume-Uni de l’Europe », a expliqué l’artiste néerlandais Johannes Hogebrink dans une vidéo publiée sur Facebook. « Mais en le faisant, elle coupe aussi sa propre tête », a-t-il poursuivi.

L’autorité de la Première ministre britannique a sérieusement pâti des atermoiements sur le Brexit, repoussé à deux reprises faute de consensus au Parlement sur l’accord de sortie qu’elle a négocié avec Bruxelles, et désormais programmé pour le 31 octobre au plus tard.

« J’espère que Theresa May viendra, verra (la statue) et arrêtera tout », a confié l’artiste. « Peut-être que des gens penseront aussi à changer d’avis » pour finalement rester dans l’UE », a déclaré le Néerlandais qui estime qu' »ensemble, on est plus forts ».

L’autorité locale North Somerset Council a salué « un art provoquant la réflexion », rappelant que la ville avait déjà été « choisie » par le célèbre artiste de street art Banksy pour « faire passer ses messages puissants ».

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Affaire Vincent Lambert : le tribunal administratif de Paris rejette le recours des parents

affaire vincent lambertLes parents de Vincent Lambert demandaient à ce que la procédure d’arrêt des soins de leur fils tétraplégique soit suspendue. Une requête rejetée par le tribunal administratif.

Le tribunal administratif de Paris a rejeté mercredi un recours en urgence des parents de Vincent Lambert, qui demandaient la suspension de la procédure d’arrêt des soins de leur fils tétraplégique, programmée par son médecin-traitant à partir de lundi.

Les parents demandaient au juge des référés de suspendre l’interruption des soins dans l’attente de l’examen d’une plainte déposée devant le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH). Le tribunal a expliqué son rejet au motif que ce comité, qui n’est « pas une instance nationale », « ne constitue pas une juridiction ».

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L’Union européenne lance un outil de lutte contre la fraude à la TVA

Union européenneL’Union européenne lance ce mercredi un outil permettant aux aux autorités fiscales des États membres de coopérer plus facilement afin de traquer les fraudeurs.

C’est l’une des ressources principales des États-membres de l’Union européenne. En 2015, la TVA leur a rapporté plus de 1000 milliards d’euros au total, soit 7% du PIB de l’UE. En France, cette taxe a généré 154,6 milliards d’euros de recettes l’an passé. La Commission européenne estime néanmoins que l’État français fait une croix sur 12% de ses recettes de TVA en raison de la fraude, soit environ 21 milliards chaque année.

Pour lutter contre cette pratique, l’Union européenne lance ce mercredi l’outil d’analyse des réseaux de transactions (TNA) qui doit permettre aux autorités fiscales des États-membres d’accéder rapidement et facilement aux informations sur les opérations transfrontières afin d’agir vite lorsqu’une fraude potentielle à la TVA sera repérée.

Coopération des experts antifraude
Le TNA doit par ailleurs renforcer la coopération entre les membres du réseau d’experts antifraude de l’UE (Eurofisc) lorsqu’il « s’agit d’analyser conjointement les informations de sorte que la fraude à la TVA de type ‘carrousel’ puisse être détectée et stoppée aussi rapidement et efficacement que possible », souligne la Commission européenne.

Le « carrousel » est une technique consistant pour les fraudeurs en la création d’entreprises dans plusieurs pays pour obtenir le remboursement, par un État membre de l’Union, d’une taxe qui n’a jamais été acquittée en amont, ou réduire le montant de la TVA à payer.

« Nécessité d’une réforme profonde »
Pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et financières, « la fraude criminelle à la TVA est l’un des principaux problèmes auxquels nos finances publiques sont confrontées aujourd’hui, et son éradication devrait être une priorité absolue pour les gouvernements de l’UE. Ce nouvel outil augmentera la vitesse à laquelle les autorités peuvent détecter les activités suspectes et prendre des mesures pour les contrer ».

Il reconnaît toutefois que « ces progrès n’enlèvent rien à la nécessité d’une réforme plus profonde et plus fondamentale du système de TVA de l’UE, afin que celui-ci soit adapté au volume important des échanges transfrontières dans l’UE ».

Publié dans Texte Santé

Le jeûne thérapeutique, « intuition prometteuse » ou pratique à risque ?

Le jeûne thérapeutiqueLa « détox » et le jeûne sur plusieurs jours ont le vent en poupe, même chez les personnes atteintes d’un cancer souhaitant alléger les effets de la chimiothérapie. Pourtant, la recherche reste très balbutiante sur le sujet et les professionnels de santé rappellent les risques.

« Médicalement, le jeûne aujourd’hui, c’est ‘Circulez, il n’y a rien à voir' » constate auprès de BFMTV.com Bruno Falissard, directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations à l’Inserm. En termes de jeûne, le professeur s’y connaît : il est l’un des auteurs du rapport Évaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique, mené par l’institut de recherche médicale en 2014.

Au regard du nombre de personnes qui le pratiquent chaque année (4000-5000 selon l’Institut national du cancer), les conclusions scientifiques manquent cruellement sur les effets de cette privation de nourriture.

Du jeûne sec sans eau aux stages « jeûne et randonnée » à boire bouillons clairs et tisanes, en passant par le saut de repas ou la consommation d’aliments uniquement crus, les diètes ont le vent en poupe. Le corps aurait besoin de se « détoxifier », de se purifier, le foie d’être nettoyé, le côlon débarrassé de ses impuretés.

A l’origine, la démarche est plutôt saine : s’interroger sur son alimentation, son mode de vie et ce qu’on peut améliorer. Sauf qu’une multitude de pratiques prolifèrent aujourd’hui sans de réel contrôle médical ou législatif.

« Les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez »
« Dans notre société, les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez, pour être honnête », appuie Bruno Falissard à BFMTV.com. « Il y a de la marge. Que des gens partent dans le Larzac faire de la méditation en jeûnant, je n’ai rien contre. Ils font ce qu’ils veulent, a priori ça ne va pas leur faire du mal », souligne le chercheur.

Néanmoins, il confirme que dans « quelques cas », certaines structures « ressemblent à des sectes, avec des gourous, et le jeûne devient une conduite chronique, extrême et avec à la clé des possibilités de carences et de problèmes de santé ».

La mission gouvernementale de surveillance des sectes, la Miviludes, constate « une explosion de thérapeutes qui se prétendent avoir une science médicale ». Ce qui laisse la porte ouverte à un certain nombre de dérives : stages très onéreux, incitation à l’achat de produits dérivés, mise en danger de personnes fragiles (physiquement ou psychologiquement), voire la mort de certains sujets.

A l’exemple des parents de Kérywan, 16 mois, qui avaient été condamnés en 2005 pour avoir laissé leur fils mourir de malnutrition. En plus de ce couple se revendiquant « kinésiologues », trois médecins que Libération présentait alors comme « homéopathes » avaient été condamnés pour « non-assistance à personne en danger ».

Seules deux études exploitables
Au-delà de l’inquiétude sectaire, le jeûne inquiète, voire agace certains professionnels de santé. En août 2017, l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN) a tenu à mettre les points sur les i sur la « détox ». « Le jeûne est dangereux pour l’organisme, qui a besoin de toute l’énergie et de tous les nutriments fournis par l’alimentation », martèle-t-elle.

Diminution de la masse musculaire, déficit du système immunitaire, déficiences en énergie, vitamines et minéraux, déséquilibre électrolytique voire décès. Dans son communiqué, l’AFDN liste les dangers du jeûne, a fortiori pour les personnes fragiles : enfants, personnes âgées, malades, femmes enceintes, etc …

Dans la littérature médicale et scientifique, l’Inserm n’a repéré que quatre études menées avec une population-témoin, dont une seule « méthodologiquement bien menée » qui concluait à des effets positifs sur un petit échantillon.

L’Institut national du cancer confirme de son côté à BFMTV.com que les études cliniques menées sur l’Homme sont « peu nombreuses » et de « faible qualité », « pas suffisamment robustes pour conclure à l’intérêt du jeûne au cours des traitements de cancers, ni même en prévention ».

Jeûner avec un cancer, une « pratique pas sans risque »
Attention donc aux modifications drastiques de son régime alimentaire, à plus forte raison quand on est atteint d’un cancer.

« La pratique du jeûne pour les personnes ayant un cancer n’est pas sans risque », appuie l’Institut national du cancer auprès de BFMTV.com. « Du fait de leur maladie et de leurs traitements, ils présentent déjà un risque de dénutrition qui peut être aggravé par la pratique du jeûne », voire nuire à leur pronostic vital.

Pourtant, « on trouve des choses qui vont plutôt dans le sens positif », remarque Bruno Falissard, qui cite une étude publiée en avril 2018. Dans cet essai clinique avec population-témoin, mené sur 34 personnes, le jeûne à court-terme semble « être bien toléré, améliorer la qualité de vie et réduire la fatigue » durant la chimiothérapie. C’est néanmoins une petite cohorte, « et les petits essais on leur fait dire un peu tout ce qu’on veut », songe le professeur.

Un article publié dans la revue BMC Cancer un mois avant l’étude citée plus haut résume bien l’état des recherches sur l’effet du jeûne pendant la chimio : s’il y a une « intuition prometteuse », elle requiert du temps et des efforts pour être validée par des essais cliniques dignes de ce nom.

Une « intuition prometteuse » qui demande confirmation
L’Institut national du cancer recommande pour le moment aux médecins dont les patients jeûnent de leur rappeler que la pratique est à risque, mais de leur proposer une surveillance adaptée par un nutritionniste s’ils persistent. Quant aux jeûneurs en bonne santé, l’AFDN maintient que « la véritable détox, c’est une vie saine et une alimentation équilibrée ».

Et sa commission scientifique de conclure : « Une semaine de randonnée, de baignade, de vélo, en mangeant trois repas équilibrés par jour, exerce tout autant la volonté, procure autant de plaisir voire plus, et est donc beaucoup plus efficace qu’un jeûne ou une cure détox sur la même durée. Et dans ce cas, les bénéfices sont démontrés : perte durable de poids, amélioration de la respiration et du sommeil et, globalement, meilleur équilibre physiologique et psychologique ».

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Patrick Balkany justifie la provenance de sa fortune

couple balkanyAu troisième jour de son procès, Patrick Balkany est monté au front pour justifier son train de vie et ses dépenses, estimant avoir toujours vécu avec son épouse grâce à des économies familiales. Le maire de Levallois-Perret dénonce à son tour un procès à charge.

Les deux premières journées de son procès l’auraient presque fait passer pour un prévenu lambda. Assis au premier rang, à l’écoute, n’intervenant qu’à la demande de la justice, Patrick Balkany avait presque fait oublier son personnage.

Presque ?   Car il n’aura fallu que quelques secondes pour que l’animal politique redoutable, la grande gueule médiatique, se réveille. « M. le président, je pensais que j’avais le droit de faire des observations liminaires », lance-t-il au président du tribunal en ce troisième jour de procès consacré à son audition.  « Je vais parler, vous n’allez pas être déçus », avait-il d’ailleurs promis avant de rentrer dans la salle d’audience.

« C’est vrai que nous avons mangé notre capital »
Que ce soit lors de l’exposé de son histoire familiale ou dans un ping-pong avec le président du tribunal, Patrick Balkany n’a eu de cesse de marteler qu’il n’était coupable de rien. Lui qui a brièvement évoqué sa « courte carrière d’acteur » a voulu marquer les esprits avec un discours haut en couleurs pour justifier la provenance de sa fortune.

Pendant près de trois heures, Patrick Balkany est revenu sur l’héritage de ses parents, les fameuses liasses de billets qui lui ont servi depuis les années 80 à payer son train de vie. « Il fallait bien les dépenser », dit-il d’un naturel déconcertant pour justifier les quelques 87.000 euros de voyages payés en espèce.

« On a vécu dans des familles qui avaient les moyens, je dirais même de gros moyens, reconnaît l’élu. On a toujours bien vécu, on a peut-être été mal habitués. C’est vrai que nous avons mangé notre capital, on aurait pu acheter des biens à louer mais on voulait bien vivre et c’est tout. Je suis désolé pour le fisc qui ne comprend pas qu’on puisse dépenser plus que l’on gagne quand on a de l’argent à la banque. »

Carte de déporté à l’appui qu’il a présenté au tribunal, Patrick Balkany a raconté l’histoire personnel de son père, de résistant déporté à Auschwitz à homme d’affaires chanceux qui a ouvert notamment « le plus grand magasin » de la rue du Faubourg Saint-Honoré à l’époque, qui vendait du prêt-à-porter « de luxe ». Ce père qui payait tout en cash, jamais en carte bleue.

Il parle aussi de la famille de sa femme Isabelle, qui a fait fortune dans « une affaire de caoutchouc pour l’automobile ». « Il y avait des espèces dans les coffres chez mon beau-père, chez mon père, parce que c’était une autre époque (…) Mon père avait une manie, c’était d’acheter des lingots d’or », confie Patrick Balkany, qui avait arrêté les études avant d’entrer dans l’affaire familiale.

De l’argent familial
L’argent qui permettait donc de payer les voyages, les courses, celui qui remplissait les coffres-fort décrits dans l’instruction, ce sont les 33 millions de francs obtenus par Patrick Balkany en revendant ses actions dans l’entreprise familiale, une fois qu’il prend le chemin de la politique à la fin des années 70. Ce sont les 6 millions de francs rapatriés de son compte suisse. Ce sont encore les 11,3 millions de francs de la vente de l’appartement du couple à Neuilly-sur-Seine ou les 470.000 francs de sa permanence.

Et c’est aussi ces 2 millions obtenus grâce à la vente aux enchères de tableaux. « Je vous sors ces chiffres pour vous montrer que cet argent c’était le nôtre », martèle Patrick Balkany, parlant avec un certain naturel. Mais c’est argent, ce n’est pas un enrichissement personnel grâce à sa position et ses revenus d’élu, veut-il dire en creux.

« On a le droit de dépenser ses économies (…) Ça me fait rire quand on parle de magot, il n’y a pas plus de magot que de beurre en branche », lance aussi l’élu avec sa gouaille traditionnelle.

Après le registre de l’émotion, Patrick Balkany a opté pour le registre de la modestie tandis que l’administration fiscale reproche au couple 1,3 million d’euros de droits éludés au titre de l’ISF. Le couple est soupçonné d’avoir sous-évalué ses propriétés.

Le moulin de Cossy à Giverny où le couple réside ?  « S’il y avait 11 chambres (comme il est écrit par le fisc, NDLR), on en aurait peut-être fait un hôtel », lance Patrick Balkany, parlant de 5 chambres tout au plus. Et d’ajouter : « La piscine, aujourd’hui, elle est bonne à refaire. Le tennis ressemble plus aujourd’hui à un champ, il est envahi par les herbes, il est déformé. » Questionné sur les travaux réalisés dans cette propriété, et évalués à 1,8 million d’euros, le maire parle du remplacement de « quelques loupiotes ». « Quand on me dit qu’il vaut 4 millions, qu’on me les donne », aboie-t-il.

Un couple « ruiné »
Pour la villa Pamplemousse, la stratégie est la même. Il s’agissait plus d’un « bungalow » dans un « lotissement » à Saint-Martin « en haut de la colline » quand les villas les plus chères sont « au bord de la mer », explique Patrick Balkany, sûr de lui. A l’entendre, le placement immobilier, pourtant estimé à 7 millions d’euros par l’administration fiscale, ne vaut rien. La météo, les rafales de vent, les cyclone, les travaux et les dépenses d’entretien sont un gouffre. « Les recettes étaient toujours inférieures aux dépenses, balaie encore d’un revers l’élu. On vous a montré les dépenses, pas les recettes, on vous a fait prendre des vessies pour des lanternes. » D’ailleurs, Patrick Balkany n’a que rarement mis son nez dans les comptes de cette propriété, gérés par des gestionnaires. « C’était par sécurité », explique-t-il.

De cette histoire, marquée par 43 ans de mariage, il ne resterait peu de traces. Quand le président lui demande s’il peut évaluer l’argent liquide dont il avait à disposition, Patrick Balkany affirme qu’il ne reste « plus rien » et qu’il serait « au bord de la route » sans l’aide de sa fille et son frère. Avec ses mots tranchants, et son sens de la formule, qui a autant fait rire la salle qu’il a agacé le président du tribunal, l’élu parle de ses rapports avec le fisc. « Je n’ai pas un amour fou pour cette administration, mais elle m’adore je crois. Je lui ai déjà versé 1,5 million d’euros. Si tous les mauvais payeurs avaient payé autant que moi, nous n’aurions plus de problème en France. » Patrick Balkany se croit alors victime des mauvais calculs du fisc.

C’est donc un Patrick Balkany soulagé et très sûr de lui qui a pris la parole, parlant encore de sa passion pour son rôle de maire, l’une de ses plus belles réussites. « Je n’ai jamais été corrompu, j’ai horreur de la corruption », affirme-t-il pour preuve. Le tribunal entendra jeudi la plaidoirie de la partie civile et les réquisitions du parquet national financier.