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Payer le bus avec des bouteilles en plastique ?

bouteilles en plastiquePour voyager gratuitement, les habitants de Guayaquil peuvent collecter des bouteilles en plastique vides. Une bouteille permet d’obtenir deux centimes de dollar américain à la gare routière et peut ainsi servir à payer son ticket.

Faire un geste pour la planète en voyageant gratuitement ?  A la gare de bus de Guayaquil, poumon économique de l’Équateur, les usagers peuvent échanger des bouteilles en plastique contre des tickets de bus. En pratique, la machine de collecte délivre deux centimes de dollar américain, la monnaie dans ce pays andin, par bouteille. En théorie, la campagne lancée par la mairie veut que cet argent soit destiné à l’achat de titres de transport.

Pour l’heure, rien n’empêche l’utilisateur de repartir avec ses pièces dans la poche. Mais dans les prochaines semaines, de nouvelles machines vont permettre de « créditer directement la carte » magnétique qui permet aux usagers de payer leurs trajets en bus, explique à l’AFP Leopoldo Falquez, le responsable de Metrovia, la régie municipale de bus.

24.000 bouteilles collectées en deux mois
« Imagine : avec deux centimes par bouteille, si tu récoltes 15 bouteilles, cela te rapporte 30 centimes, de quoi payer un billet de Metrovia », se félicite Cristian Cardenas, un usager du réseau de bus de Guayaquil, deuxième plus grande ville du pays (2,7 millions d’habitants). « C’est très avantageux », se félicite également Washington Bravo, 76 ans, qui collecte des bouteilles dans la rue ou les bacs à ordures et finance ainsi ses titres de transports. Les centres de recyclage ne payent que 50 centimes par kilo, rappelle-t-il.

Depuis la mise en œuvre de ce système, il y a deux mois, plus de 24.000 bouteilles de plastique ont été collectées, selon Metrovia qui prévoit d’installer les machines de collecte dans des endroits où il y a une plus grande concentration d’utilisateurs du réseau de bus. Un projet pilote comparable est expérimenté depuis fin 2018 dans le métro d’Istanbul pour favoriser le recyclage.

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De l’argent versé gratuitement aux ménages : la « monnaie hélicoptère » peut-elle relancer l’économie ?

argentAlors que l’inflation et la croissance demeurent modestes, de plus en plus d’économistes suggèrent aux banques centrales de financer directement l’économie sans passer par les circuits économiques traditionnels pour relancer la demande.

Il s’agirait en clair de donner de l’argent aux ménages et aux entreprises pour les inciter à consommer et investir.

Le concept n’est pas nouveau mais il continue de gagner du terrain. Alors que les banquiers centraux se sont retrouvés à Jackson Hole vendredi pour leur réunion annuelle, la société multinationale de gestion d’actifs BlackRock s’est particulièrement fait remarquer en suggérant aux banques centrales de « mettre de l’argent directement dans les mains des consommateurs des secteurs privés et publics » afin de relancer la croissance et l’inflation, rapportent Les Échos.

Cette proposition reprend le concept de « monnaie hélicoptère » défini pour la première fois par Milton Friedman en 1969. À travers cette expression, l’économiste américain décrit de manière imagée l’idée selon laquelle les autorités monétaires largueraient par hélicoptère au-dessus de la population les billets qu’elles impriment.

Créer de l’inflation
En clair, il s’agirait pour la BCE par exemple de verser directement l’argent créé dans les poches des citoyens européens, sans passer par le circuit traditionnel des banques commerciales qui peinent parfois à convertir les liquidités qu’elles reçoivent des banques centrales en argent « réel », via des crédits. Ce dispositif n’implique aucune contrepartie, à l’inverse de ce qui se pratique lorsque la banque centrale fait tourner la « planche à billets » pour financer le déficit public.

En Europe, l’objectif final de cette proposition, qui n’a jamais dépassé le stade de la théorie, serait de stimuler la demande des ménages (consommation) et des entreprises (investissement) pour créer de l’inflation et se rapprocher des fameux 2% souhaités par Bruxelles. Dans la même optique, les économistes de BlackRock proposent d’offrir des prêts à taux zéro perpétuels à tous les citoyens adultes de la zone euro.

Une alternative à la politique monétaire conventionnelle
Dans la pratique, les économistes de BlackRock préconisent de confier aux banques centrales la gestion d’un compte spécial de dépenses. Mais pour éviter qu’une quantité excessive de liquidités inonde les ménages et les entreprises, le gestionnaire d’actifs conseille d’en limiter la taille de sorte que le compte puisse être clos une fois l’objectif d’inflation atteint.

Deux raisons justifient la mise en pratique de la « monnaie hélicoptère », selon BlackRock. D’abord, les taux d’intérêt sont déjà à des niveaux historiquement bas, voire négatifs. Autrement dit, la BCE n’a plus beaucoup de marge de manœuvre dans sa politique monétaire conventionnelle qui consiste à baisser ses taux pour encourager les emprunts et donc la demande. D’autant que l’efficacité de cette mesure semble limitée, l’inflation et la croissance demeurant encore aujourd’hui particulièrement faibles.

De leur côté, les États, qui se serrent déjà la ceinture, ne semblent pas prêts à utiliser les instruments budgétaires à leur disposition (dépenses publiques, endettement public …) pour relancer la croissance et l’inflation. Alors, autant confier directement aux banques centrales la mission de stimuler le pouvoir d’achat des ménages, selon BlackRock.

Risque de thésaurisation
De plus en plus d’économistes estiment que l’idée de « l’hélicoptère monétaire » permettra de relancer l’économie mondiale. Mais les banques centrales rechignent. En Europe, le président de la BCE Mario Draghi avait jugé en 2016 la proposition intéressante tout en ajoutant qu’elle n’avait pas encore été étudiée par la BCE.

Il faut dire que cette pratique comporte un risque majeur : la thésaurisation. Rien ne dit en effet que les ménages joueront le jeu. Ils peuvent très bien épargner leurs gains supplémentaires, auquel cas la mesure perdrait en efficacité. L’autre risque serait de voir le surplus de consommation profiter avant tout aux produits importés hors UE.