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Baisse des naissances en Italie

NaissanceEn Italie, un tiers des habitants vivent en célibataires.

Le phénomène s’est amplifié de 10 points au cours des vingt dernières années. Et les familles d’au moins quatre personnes ne représentent que 20,4% du total des familles italiennes.

L’Italie a connu en 2018 un nouveau plus bas historique des naissances depuis l’unité italienne (au XIXème siècle), avec quelque 440.000 nouveaux-nés, environ 20.000 de moins que l’année précédente, a annoncé ce lundi l’institut statistique italien Istat.

Le taux de natalité chute ainsi à 7,3 bébés pour mille habitants en 2018, contre 7,6 en 2017. Les mères ont en moyenne 1,3 enfant (en 2017-2018), autre indice du vieillissement de la population. Elles se trouvent ainsi dans le bas du panier de la fécondité des pays de l’UE, au même rang que Chypre, et juste devant Malte (1,26 enfant) et derrière l’Espagne (1,31 enfants), la France (1,9 enfant) restant le plus prolifique.

Un tiers des Italiens vivent en célibataires
En Italie, un tiers des habitants vivent en célibataires. Le phénomène s’est amplifié de 10 points au cours des vingt dernières années. Et les familles d’au moins quatre personnes ne représentent que 20,4% du total des familles italiennes.

Dans le même temps, l’espérance de vie est en augmentation en Italie : 80,8 ans pour les hommes et 85,2 ans pour les femmes en 2018.

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Comment cultiver la curiosité de mon enfant ?

cultiver emerveillement enfant« Le succès vient de la curiosité, de la concentration, de la persévérance et de l’autocritique », disait Albert Einstein.

Alors, comment éveiller la curiosité de vos enfants ?  Il n’existe en réalité pas de réponse toute faite, mais entre la juste stimulation et la sur-stimulation, il n’y a qu’un petit pas dangereux à franchir comme l’explique Catherine L’Ecuyer.

Cette docteure en sciences de l’éducation et psychologie est l’auteure du best-seller  » Cultiver l’émerveillement et la curiosité naturelle de nos enfants ». Un ouvrage à mettre entre les mains de tous les parents pour leur rappeler combien il est crucial de protéger l’enfance qui n’est pas une simple étape de vie, mais bien une autre forme de vie.

Retour à l’émerveillement
Comment susciter l’intérêt de nos enfants ?  Comment éviter que leur attention ne se disperse ?  Comment en faire des adolescents motivés et avides d’apprendre ?  Voilà bien des défis auxquels les parents d’aujourd’hui tentent de répondre, souvent en quête de la bonne méthode. Pourtant, d’après Catherine L’Ecuyer, « a priori, les jeunes enfants n’ont besoin de personne pour se motiver ». En tant qu’adultes, « nous devons simplement leur aménager un environnement favorable à la découverte ».

Pourquoi ?  Car l’enfant est naturellement doté d’une capacité d’émerveillement. Celle-ci est inscrite dans sa nature profonde : l’enfant voit l’extraordinaire dans l’ordinaire, comme lorsqu’il s’immobilise dans la cour de la crèche pour regarder une feuille d’arbre tomber, prémisse de son intérêt pour la loi de la gravité. Comme le disait Saint Thomas d’Aquin, « l’étonnement est un certain désir de savoir ». Ainsi, l’émerveillement est ce qui suscite l’intérêt chez une personne, il est une forme de transcendance par rapport à quelque chose qui nous dépasse : « Pourquoi la pluie descend et ne remonte pas ?« , s’interroge un petit garçon. Une question qui n’appelle en réalité pas de réponse, et qui est simplement une manière d’admirer. « Les enfants abordent le mystère avec humilité car ils se disent qu’ils ne peuvent pas tout comprendre. En tant que parent, notre rôle n’est pas de tout rationaliser, car cela aurait pour conséquence de réduire leur vision du monde », estime Catherine L’Ecuyer.

La sur-stimulation, inutile voire inefficace
Pour aiguiser la curiosité des enfants, il existe certains programmes se voulant « éducatifs » à l’image de la série de dessins animés « Baby Einstein » qui pourrait être visionnée par les petits dès l’âge de 2 ans. Pour l’auteure, ce type de support, tout comme les DVD éducatifs ou jeux sur le smartphone, contribuent à noyer les tout-petits dans un flot de stimuli externes. Le risque ? « Étouffer la capacité de l’enfant à se motiver par lui-même et le pousser à partir en quête de sensations toujours plus fortes ». Elle ajoute : « l’absence totale de stimulation nuit à l’apprentissage, mais aucune étude n’a prouvé l’intérêt d’une stimulation précoce (…) Une sur-stimulation peut même entraîner de l’inattention, de l’impulsivité et une perte d’intérêt à apprendre ». D’autant que le ministère de la Santé préconise d’éviter tout exposition aux écrans aux enfants de moins de 3 ans en raison d’un risque pour leur développement et leur santé physique et cognitive.

Alors quel est le juste milieu ?  En réalité, un environnement ordinaire apporte amplement tout ce dont l’enfant a besoin : un bébé de 6 mois n’est-il pas plus intéressé par l’observation de ses mains que par les hochets qui pendent au-dessus de lui ?  « Il ne faut pas confondre l’émerveillement et la fascination passive (…) le goût pour l’apprentissage vient de la soif de savoir et non pas de motivations extérieures aux enfants », ajoute-t-elle. La spécialiste différencie ainsi le verbe inculquer du verbe éduquer, afin d’amener chaque enfant vers la meilleure version de lui-même, mais dans le respect de ce dont sa nature est capable.

Les écrans, l’ennemi n°1
A l’image de Boris Cyrulnik qui préconisait il y a peu, tout comme le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, l’absence totale d’écrans avant 3 ans, Catherine L’Ecuyer livre elle-aussi une guerre ouverte au numérique. Elle cite notamment plusieurs travaux dont une étude récente reliant l’utilisation fréquente des dispositifs numériques et le TDAH pendant l’adolescence.

Et pas question non plus d’ouvrir les vannes après 3 ans. Aux États-Unis, les pédiatres recommandent de ne pas exposer les enfants aux écrans plus d’1H par jour jusqu’à leurs 5 ans. Catherine L’Ecuyer le martèle tout au long de son livre : c’est bien à la réalité que l’enfant doit être exposé, car son cerveau a été façonné pour apprendre à son contact et non celui des écrans. D’ailleurs Steve Jobs lui-même limitait l’accès de ses enfants à la technologie.

Les bons ingrédients pour éveiller la curiosité

L’attachement
Tous les spécialistes s’accordent sur ce point : c’est dans la qualité du lien d’attachement que l’enfant aura noué avec ses parents que s’éveillera son intérêt pour le monde. « L’enfant cultive sa curiosité à travers ses interactions avec les personnes qui s’occupent de lui », souligne Catherine L’Ecuyer. Dès son plus jeune âge, le bébé va développer ce que l’on appelle l’attention conjointe. Si par exemple, un inconnu entre dans la pièce, il va tout d’abord vérifier auprès de son parent en regardant dans ses yeux si cette personne représente ou non un danger. Pour notre spécialiste, les câlins et les moments de partage entre les parents et les enfants ne pourront donc jamais être remplacés par un DVD éducatif. Et surtout, les parents doivent eux-aussi cultiver leur propre capacité à s’émerveiller pour transmettre à leurs enfants toute leur gratitude envers la beauté du monde.

Le jeu
« Le développement intellectuel de l’enfant découle en premier lieu de sa curiosité, un mécanisme qui nourrit l’apprentissage. Le jeu est le contexte idéal pour lâcher la bride à leur curiosité », relate un article du Harvard Educational Review. Le jeu n’est jamais une perte de temps pour l’enfant. Il stimule l’imagination et la créativité, il pousse à l’action. A mi-chemin entre l’ennui et l’anxiété, la créativité permet à l’enfant de s’adonner à des activités qui le « challengent », sans pour autant le mettre en échec. C’est pour cela que les enfants préfèrent remonter les toboggans que les descendre : parce qu’ils cherchent des défis qui s’ajustent à leurs capacités.

Un environnement préparé
A travers le jeu, le parent n’intervient pas pour brider l’enfant, mais simplement pour exercer une guidance. Et à partir de l’âge de 6 ou 7 ans, le parent peut commencer à réellement structurer les apprentissages. L’enfant ne perçoit plus le monde uniquement à travers ses sensations, mais devient capable de penser de manière abstraite. « Si l’enfant a conservé son élan intérieur, le fait de structurer ses jeux ne viendra pas contraindre l’émerveillement mais apportera les conditions propices à son épanouissement. Idem pour l’adolescent », affirme l’auteure.

Cette découverte guidée doit se faire dans un environnement préparé. Celui-ci doit éviter les jeux utilisant des piles et des boutons, mais aussi tous les contenus qui ne sont pas appropriés à l’âge de l’enfant. Attention, beaucoup de dessins animés propulsent les enfants dans le monde des adultes, jouant sur le cynisme, les moqueries ou des évocations de la sexualité.

Le beau
Il convient d’éloigner le plus possible l’enfant de la laideur, ou autrement dit de tout ce qui nivelle l’humain vers le bas, pour l’exposer au beau. « L’enfant sait naturellement ce qui est bon pour lui parce que cela respecte sa vraie nature, son ordre intérieur, ses rythmes (l’enfant a besoin de plus d’heures de sommeil que ses parents), son innocence, sa soif innée d’apprendre », affirme Catherine L’Ecuyer. Un câlin de maman, une fleur sauvage dans un champ ou le bruit du souffle du vent vont être de vraies sources d’émerveillement chez le tout petit. C’est ensuite aux adultes de protéger cet élan inné en filtrant tout ce qui n’est pas approprié pour eux.

La nature et le silence
Pour des ados ou des adultes désabusés, la nature est certainement le meilleur remède pour retrouver l’émerveillement, c’est pourquoi les enfants doivent le plus possible y être exposés. Catherine L’Ecuyer invite notamment les parents à faire le « test de l’ennui » avec leurs enfants en les laissant jouer dans un environnement naturel sans aucun autre support avec leurs cousins ou amis. Normalement, un enfant de 3 à 6 ans ne doit pas s’ennuyer. Pour y parvenir, Catherine L’Ecuyer fait l’éloge de la simplicité : moins de smartphone, moins d’objets coûteux, et plus de temps en famille, de vélo dans la nature et d’écoute du silence, si essentiel pour faire émerger la réflexion. « Nous devons faire la différence entre ce que nous demande l’enfant, et ce que demande sa nature profonde », ajoute-t-elle.

L’auteure rappelle notamment la règle de base qui consiste à ne jamais céder, ce qui n’est pas toujours simple chez un jeune enfant qui doit apprendre peu à peu à accepter les limites de la réalité. Une grossesse, un papillon qui sort de sa chrysalide, l’amour, l’amitié …  Peu à peu, l’enfant va comprendre que tout ce qui a de la valeur met du temps à se développer et requière des efforts.

Respectons l’enfance
L’auteure rappelle enfin que l’enfance est une forme différente de vie, qu’il faut donc faire preuve de patience et non pas tenter de précipiter l’enfant vers le monde des adultes en accélérant ses apprentissages. Catherine L’Ecuyer en est convaincue : « Nous devons transformer la société pour qu’elle réponde mieux aux besoins des enfants ». C’est ainsi que nous en ferons des adultes curieux et responsables.

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Les blessures les plus difficiles à guérir

BlessureQuel que soit notre sentiment par rapport à la famille, les blessures les plus difficiles à guérir et qui nous marquent le restant de notre vie sont souvent exclusivement familiales.

Le stress vécu à l’âge précoce laisse des traces dans le cerveau, il crée des sillages dans l’esprit qui ne seront jamais comblés. Cela a pour résultat un adulte vulnérable avec un grand risque de troubles émotionnels.

C’est parce que la famille est considérée comme étant un refuge, le seul lieu où l’on devrait pouvoir bien se sentir, se sentir aimé et entouré.

Lorsqu’un membre de notre famille nous trahi ou nous déçoit ou nous blesse, c’est nos racines et notre identité qui est altéré. Cela n’a rien à voir avec une trahison de la part d’un ami ou d’un collègue.

La blessure familiale serait génétiquement transmise à travers les générations
L’épigénétique a prouvé que tous les événements qui se produisent dans notre environnement proche affecte nos gènes. Cela explique pourquoi les enfants souvent peuvent hériter du caractère ou des sentiments de leurs parents comme la peur, le stress et certains traumatismes.

Blessure vive malgré la distance
Si l’on décide de couper les ponts avec une famille ou un membre toxique et traumatisant, pensant que cela résoudra le problème, nous nous trompons. La distance permet peut-être de camoufler la blessure, mais ne la guérit pas.

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Je n’aime pas les vacances

peur-angoisse.jpgCertaines personnes reconnaissent bien volontiers qu’elles n’aiment pas les vacances. Pour Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste et auteur de « Peurs, angoisses, phobies, par ici la sortie », les raisons peuvent être multiples. Mais rassurez-vous, il y a aussi des solutions

Si pour beaucoup de Français, partir en vacances est un moment de plaisir, certains clament haut et fort ne pas aimer cette période.

Pour Rodolphe Oppenheimer, psychanalyste, cela repose surtout sur des peurs et il y a toujours une cause à ce désamour. « Il y a une multitude de possibilités quand on parle de vacances : on peut partir à dix heures d’avion de son domicile comme aller à une heure de chez soi.  Si l’on dit que l’on n’aime pas les vacances, malgré leur variété, c’est qu’il y a une raison derrière. Cela peut être du à une phobie sociale, par exemple. La personne craint alors de croiser des gens qu’elle ne connait pas et ne veut pas se sentir mal à l’aise à leur contact », explique le spécialiste.

L’envie de rester dans sa zone de confort
Pour beaucoup, il s’agit d’une peur de quitter son domicile, sa zone de confort, un proche qui ne peut pas partir ou son animal de compagnie. « Ce trouble s’accroit si la personne est hypocondriaque. Elle peut alors redouter de ne pas avoir un médecin de confiance, une pharmacie, un hôpital à proximité de son lieu de villégiature. Elle imagine ce qui pourrait lui arriver de pire », ajoute Rodolphe Oppenheimer.

Ainsi, les vacances supposent généralement de rompre avec des rituels quotidiens bien organisés et rassurants. Les congés estivaux amènent à mettre de côté ses repères et à devoir s’adapter à une situation nouvelle le temps des vacances. Certaines personnes se sentent alors perdues, désœuvrées, désemparées par cette période d’inactivité forcée. Elles attendent impatiemment la rentrée pour se sentir revivre.

trouble anxieuxLes vacances, un « rendez-vous avec la vérité »
Par ailleurs, les vacances (si elles se font en famille) conduisent souvent à passer du temps avec ses proches. « Au quotidien, on se croise mais là on vit 24h sur 24 ensemble. Si l’on a des relations fragiles avec son partenaire et ses enfants, on peut redouter de séjourner en vase clos avec eux. On ne peut pas s’échapper, c’est le rendez-vous de la vérité ». Dans ce cas, fuir les vacances, c’est ne pas subir ces tête-à-tête redoutés, ces conversations inexistantes ou houleuses, et surtout ne pas se heurter à ses différences.

Selon le psychanalyste, outre la peur de devoir davantage côtoyer son entourage, on peut également craindre « de se retrouver seul face à soi-même, surtout après une dépression ». Ces personnes remplacent le « je pense donc je suis » par « je m’arrête donc je pense ». « Or cela peut les amener à affronter des angoisses existentielles, à réfléchir au sens de leur vie. Elles ne le souhaitent pas car leur vie est probablement trop difficile pour eux ».

Des souvenirs douloureux
Les vacances peuvent également raviver des souvenirs douloureux que l’on préfère éviter prétextant l’excuse « je n’aime pas les vacances ». On peut, par exemple, avoir eu un accident en vacances, un traumatisme qui peut déclencher une certaine appréhension à chaque départ en vacances. « On peut refuser de partir sur un lieu où on allait depuis des années avec son compagnon, si celui-ci vient de décéder. Ou bien, suite à un divorce, on se retrouve seul pour les vacances.

Et sans ses enfants, cela n’a plus le même attrait », affirme le psychanalyste. Ces raisons multiples ont causé des blessures psychiques qui n’ont pas encore été pansées. Pourtant, les vacances restent salutaires pour se déconnecter du rythme « métro-boulot-dodo », se ressourcer et se reconnecter à soi-même.

Comment apprécier les vacances ?
Pour changer d’avis et trouver du plaisir à partir en vacances, « c’est avant tout une question de motivation. Et l’élément déclencheur peut venir du conjoint ou des enfants si l’on souhaite leur faire plaisir », déclare Rodolphe Oppenheimer.

Aussi, repérez tout ce qui vous déplaît dans les vacances (la foule, le fait de toujours partir avec le même groupe d’amis, le manque d’activités, le coût du séjour, le lieu des vacances … ) et efforcez-vous d’opter pour des vacances à l’opposé de celles qui vous déplaisent.

Vous détestez bronzer sur la plage ?   Pourquoi ne pas faire des randonnées en montagne ?   Regardez les activités proposées à proximité et qui vous tenteraient. Pour vous rassurer, relevez les coordonnées des lieux qui vous semblent importants (médecins, hôpitaux…). « Au final, la pire chose qui peut arriver, c’est l’angoisse. Il faut profiter de la vie, se focaliser sur ce qui fonctionne et être dans l’instant présent.

La méditation de pleine conscience peut y aider », conseille le psychanalyste. Changez donc vos habitudes et rassurez-vous autant que possible, qui sait, peut-être que d’ici peu vous serez le premier à attendre les vacances avec impatience.

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Comment vivre avec un adulte à la maison ?

tanguyÀ l’occasion de la sortie du film Tanguy, le retour, la Dr Marie-Claude Gavard fait le point avec nous sur le phénomène Tanguy.

Loin des clichés délivrés par le film, la cohabitation n’est pas nécessairement un désastre. Il suffit de quelques règles de vie, de respect et de pédagogie.

Dix-huit ans après, Tanguy revient, au-delà du film, le « phénomène Tanguy » est aujourd’hui un véritable sujet de société. En effet, après une diminution amorcée au milieu des années 1990, le taux de cohabitation des jeunes de 20 à 30 ans avec leurs parents augmente de nouveau depuis le début des années 2000. Ainsi, en 2013, près d’un jeune adulte de 18 à 29 ans sur deux (46 %) habite chez ses parents tout ou partie de l’année. Et, aujourd’hui, les jeunes ont tendance à quitter le domicile parental vers l’âge de 24-25 ans, soit 5 ans plus tard qu’il y a quarante ans.

Qui sont les nouveaux Tanguy ?
Une émancipation financière difficile, pour l’Insee, une des principales causes du « phénomène Tanguy » est la hausse de la population étudiante. En effet, « pour les plus jeunes, habiter avec ses parents concerne surtout les étudiants (58%) » comme le souligne une étude réalisée par l’institut en janvier 2018. Et pour cause, depuis les années 70, près d’un jeune de moins de 25 ans sur deux poursuit des études. Bien qu’ils soient moins d’un tiers à vivre au domicile de leurs parents, l’âge moyen de fin d’études ne cesse d’augmenter, expliquant en partie ce phénomène.

Seconde raison évoquée par l’étude, la hausse du chômage et des emplois précaires : « Parmi les actifs de 25-29 ans, ceux qui cohabitent avec leurs parents sont moins bien insérés dans l’emploi : ils occupent plus fréquemment des emplois à durée limitée et sont plus souvent au chômage ». Depuis les années 2000, le taux de chômage des jeunes n’a fait qu’augmenter, malgré une forte baisse en 2008. Or, cette insécurité professionnelle peut être un véritable frein à l’indépendance compte tenu du prix des loyers et des exigences des propriétaires, en particulier dans les grandes villes.

Certains jeunes sont également tout simplement immatures et peuvent avoir peur de se retrouver seuls. Et puis, rester chez ses parents permet de moins se confronter à une vie amoureuse. Mais, ce phénomène s’explique aussi par le développement du phénomène du zapping et donc la superficialité des relations amoureuses des jeunes. Cela allant de pair avec le report de l’âge de la mise en ménage des jeunes.

Mais, « parmi les 25-29 ans, une personne sur deux qui vit chez ses parents occupe un emploi, et dans neuf cas sur dix en tant que salarié » selon l’Insee. Cela prouve bien que l’on peut rester chez ses parents tout en gagnant sa vie. La Dr Marie-Claude Gavard, psychiatre à Paris, explique en partie cela par le nombre croissant de jeunes qui, ayant pour projet de monter leur propre société, repoussent le moment du départ pour économiser le plus d’argent possible.

Une société en pleine évolution
Du point de vue familial, la Dr Marie-Claude Gavard décrypte également ce phénomène par une bonne communication parents-enfants entre la génération Baby Boom et la génération Y.  S’il existait une certaine incompréhension entre les jeunes de mai 68 et leurs parents, il semblerait qu’aujourd’hui parents et enfants se comprennent mieux. « Beaucoup des parents de jeunes de la génération Y s’intéressent aux questions de développement personnel et à la psychologie.

Ils sont donc plus attentifs à l’épanouissement de leurs enfants et dans l’ouverture et le dialogue, ce qui créé des relations propices à une collocation de longue durée. Les enfants ont moins envie de partir dès leurs dix-huit ans et les parents sont plus à même d’accepter, voire de trouver qu’avoir un Tanguy à la maison est finalement quelque chose d’agréable » détaille la psychiatre, rappelant toutefois que cette situation n’est pas encore une généralité.

Les parents peuvent également avoir peur de souffrir « du syndrome du nid vide », explique l’experte. Les parents peuvent déprimer à l’idée de ne plus avoir leurs enfants à charge et se voir vieillir d’un coup. « Dans beaucoup de cas, à cela s’ajoute la peur de se retrouver seul avec son mari ou sa femme. Ce tête à tête peut être tellement inquiétant que les parents préfèrent garder leur enfant, et en particulier le petit dernier, à la maison le plus longtemps possible » explique-t-elle.

Rupture, perte d’emploi, nouveau projet, comment réagir quand son enfant revient à la maison ?
Lorsque le dernier enfant est parti de la maison, les parents peuvent enfin souffler. Après plus de vingt-cinq ans à n’avoir existé qu’en tant que parents et à avoir la pensée constamment occupée par leurs enfants, le couple se retrouve seul. « Les parents découvrent alors un autre pendant de leur vie. Ils doivent réapprendre à exister en tant que couple et ce sans grand projet de maison, d’enfant ou de carrière.

Il y a une bulle qui se referme sur le couple. Et ils peuvent enfin s’autoriser à vivre différemment et à repenser à eux, à leur propre bonheur. C’est un grand moment de renaissance pour les parents, un moment de vie incroyable où l’on revit enfin sans contrainte » précise la Dr Marie-Claude Gavard. Alors, quand un Tanguy débarque à la maison après une rupture amoureuse ou la perte d’un emploi, les parents peuvent avoir du mal à accepter l’idée de cette cohabitation qu’ils n’avaient pas désirée. Leur liberté retrouvée est de nouveau bafouée.

De leur côté, les enfants peuvent être perturbés de ne pas être accueillis avec bonheur. « Après un ou plusieurs échecs amoureux, le repli sur soi et le manque de confiance en soi s’amplifient et l’envie de rester dans le cocon familial rassurant affectivement apparaît comme nécessaire » explique la psychiatre. Il est donc primordial que l’enfant explique à ses parents pourquoi il veut revenir chez eux  et non pas se trouver une collocation par exemple  et de se fixer une date de départ pour ne pas que les parents se sentent prisonniers de cette situation.

La Dr Marie-Claude Gavard conseille aussi d’établir des règles de vie entre adultes. Pour elle, « tout est question de respect du désir et des aspirations de chacun. Les parents ne sont pas au service des enfants : ils peuvent dépanner, mais ils ne doivent pas se priver de vivre leur vie de cinquantenaires « . Les parents ne doivent pas redevenir les bonnes à tout faire de leur enfant.

Celui-ci doit contribuer à l’intendance de la maison : faire les courses, le ménage, la cuisine et participer financièrement s’il le peut. Un Tanguy qui revient sait tout faire, il n’est donc pas question que ce soit un poids. Les parents, quant à eux, ne doivent pas ramener le Tanguy à sa situation d’enfant et doivent respecter sa liberté. Il n’est, par exemple, pas nécessaire de le harceler pour savoir ce qu’il fait de ses journées ou lui imposer un couvre-feu.

Comment faire pour que nos enfants ne deviennent pas des Tanguy ?
Si vous vous demandez comment faire pour que vos enfants ne s’éternisent pas trop chez vous, n’entretenez pas une relation de parents « au service des enfants ». Les parents, dans leur éducation, ont tout intérêt à autonomiser leurs enfants. Il est nécessaire de leur apprendre à cuisiner, à ranger leur chambre, à repasser … dès qu’ils sont en mesure de le faire. Alors, l’intendance ne leur posera aucun problème et ils auront moins peur de s’émanciper.

Et, même si un jeune est très craintif et manque de confiance en lui, le bon rôle des parents est de le pousser un peu dehors pour qu’il puisse voler de ses propres ailes. Mais, il est très important de le faire en douceur et de ne pas passer par des stratégies violentes et non-verbales comme les parents de Tanguy le font dans le film : discutez et dites à votre enfant qu’il est temps de partir, de prendre ses responsabilités quitte à l’aider à payer son loyer au départ. Mais surtout, n’oubliez pas de dire à vos enfants que vous n’êtes pas que des parents.

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L’Espagne allonge le congé paternité à 8 semaines

congé paternitéDepuis lundi, les Espagnols disposent de 8 semaines de congé paternités contre 5 auparavant.

Ces congés sont rémunérés à 100 % «en cas de naissance, d’adoption ou d’accueil d’un enfant». Les pères devront prendre deux premières semaines de ce congé au moment de la naissance de l’enfant. Les six semaines suivantes peuvent être prises de façon discontinue mais avant le premier anniversaire de l’enfant.

Les semaines de congé paternité ne sont pas transférables entre les parents. Ainsi, les femmes ne mettent pas davantage entre parenthèses leur carrière au profit de leur conjoint, souligne El Pais. Cette loi a été votée à l’unanimité et sans aucune abstention en juin 2018, pour «lutter contre les inégalités hommes-femmes».

Dans cette optique, le congé paternité sera progressivement allongé à 12 semaines en 2020 puis 16 semaines en 2021, devenant ainsi de même durée que le congé maternité. En 2021, les jeunes pères devront prendre 6 des 16 semaines après la naissance puis les 10 autres durant la première année de l’enfant.

En France, la durée du congé paternité est de 11 jours week-ends compris  pour les pères salariés. Pour favoriser «l’égalité professionnelle», un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), recommandait récemment de rallonger le congé paternité à trois, voire quatre semaines. «Un allongement de sa durée serait de nature à renforcer ces bénéfices, à sécuriser la prise en charge de la mère et du nouveau-né dans les premiers jours du retour au domicile», précise le rapport.

Sept pères sur dix prennent ce congé en France
Actuellement, sept pères sur dix prennent ce congé «de paternité et d’accueil du jeune enfant». Instauré en 2002, ce dispositif optionnel, indemnisé par l’Assurance maladie en fonction du salaire, vient compléter le congé de naissance obligatoire de trois jours, à la charge de l’employeur.

Pour pousser le gouvernement à engager une réforme sur cette question, de nombreuses voix se sont récemment élevées pour réclamer un congé paternité obligatoire et mieux rémunéré en France.

Le magazine mensuel féminin Causette avait réuni une quarantaine de personnalités françaises autour d’une pétition qui a réuni plus de 50.000 signatures. Les écrivains Frédéric Beigbeder et David Foenkinos, les chanteurs Julien Clerc et Vincent Delerm, le footballeur Vikash Dhorasoo, l’humoriste Guillaume Meurice, l’économiste Thomas Piketty, le journaliste Mouloud Achour, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, les acteurs Jalil Lespert et Jean-Pierre Darroussin … figuraient parmi les signataires.

L’entrée en vigueur de la nouvelle loi espagnole pourrait inciter l’exécutif à se pencher sur la question. D’autant que la France figure parmi les pays les moins généreux en Europe.