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Le 5ème rêve

5eme reveUne merveilleuse légende Amérindienne sur la création du monde. Au début, le Grand Esprit dormait dans le rien, son sommeil durait depuis l’éternité. Et puis soudain, nul ne sait pourquoi dans la nuit , il fit un rêve, en lui gonfla un immense désir.

Ce fut le tout premier rêve, la toute première route. Longtemps, la lumière chercha son accomplissement , son extase. Quand finalement elle trouva, Elle vit que c’était la transparence et la transparence régna. Mais voilà qu’à son tour, ayant exploré tous les jeux de couleurs qu’elle pouvait imaginer, la transparence s’emplit du désir d’autre chose.

À son tour elle fit un rêve, elle qui était si légère, elle rêva d’être lourde.
Alors apparut le caillou et ce fut le deuxième rêve, la deuxième route. Longtemps, le caillou chercha son extase, son accomplissement, quand finalement il trouva, il vit que c’était le cristal et le cristal régna. Mais à son tour ayant exploré tous les jeux lumineux de ses aiguilles de verres, le cristal s’emplit du désir d’autre chose, qui le dépasserait.

A son tour il se mit à rêver, lui qui était si solennel, si droit, si dur. Il rêva de tendresse, de souplesse et de fragilité, alors apparut la fleur et ce fut le troisième rêve, la troisième route. Longtemps la fleur, ce sexe de parfum chercha son accomplissement, son extase. Quand enfin elle trouva, elle vit que c’était l’arbre. Et l’arbre régna sur le monde, mais tu connais les arbres, il n’y a pas plus rêveurs qu’eux.

L’arbre, à son tour fit un rêve, lui qui était si ancré à la terre, il rêva de la parcourir librement, follement, de vagabonder au travers d’elle. Alors apparut le ver de terre et ce fut le quatrième rêve, la quatrième route. Longtemps le ver de terre chercha son accomplissement, son extase. Dans sa quête, il prit tour à tour la forme du porc-épic, du puma, de l’aigle, du serpent à sonnette. Longtemps, il tâtonna et puis un beau jour, dans une immense éclaboussure au beau milieu de l’océan, un être très étrange surgit en qui toutes les bêtes de la terre trouvèrent leur accomplissement et ils virent que c’était la baleine. Longtemps cette montagne de musique régna sur le monde et tout aurait pu peut-être en rester là, car c’était très beau, seulement voilà. Après avoir chanté pendant des lunes et des lunes, la baleine à son tour ne pus s’empêcher de s’emplir d’un désir fou.

Elle qui vivait fondue dans le monde, rêva de s’en détacher. Alors brusquement, nous sommes apparus, nous les hommes. Car nous sommes le cinquième rêve, la cinquième route, en marche vers le cinquième accomplissement, ma cinquième extase. Dans la moindre couleur, toute la lumière est enfouie. Dans tout caillou du bord du chemin, il y a un cristal qui dort. Dans le plus petit brin d’herbe, sommeille un baobab et dans tout ver de terre se cache une baleine. Quant à nous , nous ne sommes pas «le plus bel animal», nous sommes le rêve de l’animal et ce rêve est encore inaccompli.

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Le combat avec l’astrologique

astrologieIl était une fois un jeune Bélier qui passait tranquille dans son pré. Il avait pour ami un Taureau appartenant à un fermier du hameau. Jean, fils du fermier, un Gémeaux luttait pour vaincre un Cancer.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, il se rendait à la prairie prendre l’air. Jean qu’autrefois avait la force d’un Lion se sentant chaque jour plus faible finit par accepter la proposition d’une jeune fille belle et Vierge.

Je m’en Balance , je ne peux me taire, quand tu t’es fait piquer par un Scorpion, je t’ai soigné avec du Sagittaire, je connais les plantes qui te soigneront avec la cendre de Capricorne, je te ferai des cataplasmes.

Je t’aimerai comme personne, nous allons vivre nos fantasmes. Jean sourit, en se remémorant, il se dit que tout n’est pas fini tant que l’espoir est à l’horizon. Cette fille, Verseau, c’est la vie.

Il prit la résolution de se battre, accepta de revoir la jeune fille, ils sont partis à la pêche au lac cuire les Poissons sur le gril. C’est le plus beau jour de notre vie, dirent-ils tous les deux en cœur. Ils vivent côte à côte depuis, au jour le jour en profitant du grand bonheur.

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Invitation de la folie

cache-cacheLa Folie décida d’inviter ses amis pour prendre un café chez elle. Tous les invités y allèrent.

Après le café la Folie proposa : On joue à cache-cache ?
– Cache-cache ?
C’est quoi, ça ?  demanda la Curiosité.
– Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu’à cent et vous vous cachez. Quand j’ai fini de compter je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.

Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.
-1, 2, 3, … la Folie commença à compter. L’Empressement se cacha le premier, n’importe où. La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d’arbre. La Joie courut au milieu du jardin. La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d’endroit approprié pour se cacher. L’Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher. La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient. Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à 99.

– CENT  cria la Folie, je vais commencer à chercher. La première a être trouvée fut la Curiosité, car elle n’avait pu s’empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert. En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d’une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché. Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité …

Quand ils étaient tous réunis, la Curiosité demanda : Où est l’Amour ?  Personne ne l’avait vu. La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d’une montagne, dans les rivières au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l’Amour. Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois et commença à chercher parmi les branches, lorsque soudain elle entendit un cri : c’était l’Amour, qui criait parce qu’une épine lui avait crevé un œil. La Folie ne savait pas quoi faire. Elle s’excusa, implora l’Amour pour avoir son pardon et alla jusqu’à lui promettre de le suivre pour toujours. L’Amour accepta les excuses. Aujourd’hui, l’Amour est aveugle et la Folie l’accompagne toujours.

Auteur : Jean de la Fontaine

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L’île des sentiments

l-ile-aux-sentiments-Il était une fois, une île ou tous les différents sentiments vivaient :
le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l’Amour y compris.

Un jour on annonça aux sentiments que l’île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour resta.

L’amour voulait rester jusqu’au dernier moment. Quand l’ile fut sur le point de sombrer, l’Amour décida d’appeler à l’aide.

La Richesse passait à côté de l’Amour dans un luxueux bateau. L’amour lui dit :
– « Richesse, peux-tu m’emmener ? »
– « Non car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau. Je n’ai pas de place pour toi. »

L’amour décida alors de demander à l’Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau,
– « Orgueil, aide-moi je t’en prie »
– « Je ne puis t’aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau. »

La Tristesse étant à côté, l’Amour lui demanda,
– « Tristesse, laisse-moi venir avec toi. »
– « Ooh Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’être seule »

Le Bonheur passa aussi à coté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendît même pas l’Amour l’appeler.

Soudain, une voix dit :
– « Viens Amour, je te prends avec moi. »
C’était un vieillard qui avait parlé. L’amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu’il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu’ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla.

L’amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir
– « Qui m’a aidé ? »
– « C’était le Temps » répondit le Savoir.
– « Le Temps ? » s’interrogea l’Amour.
– « Mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? »

Le Savoir, sourit plein de sagesse, et répondit :
« C’est parce que Seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la Vie. »

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Tactique d’approche

On raconte qu’au début des temps, les hommes et les femmes ne savaient rien les uns des autres. Les femmes, sortes d’amazones étaient aussi féroces et guerrières que les hommes. Leur premier contact se fit donc sur un champ de bataille.

Les femmes combattirent vaillamment, mais les hommes de constitution plus solide l’emportèrent. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque revenus au campement , ils ne reconnurent ni la langue, ni la race, ni le corps, ni l’habit de leur agresseur. Ils avaient cru qu’ils se battaient contre des hommes, mais il n’en était rien.

Vaguement attirés par l’autre sexe, les hommes tinrent conseil et résolurent de ne plus tuer aucun de ces ennemis, mais d’envoyer auprès des femmes leurs jeunes gens en nombre égal. Les jeunes gens devraient camper à côté des femmes et imiter en tous points leur conduite.

Quand elles voudraient attaquer, ils se replieraient en refusant le combat, les jeunes gens obéirent aux ordres, ils laissèrent les femmes tranquilles et celles-ci finirent par comprendre qu’ils ne leur voulaient aucun mal.

Peu à peu, les hommes rapprochèrent les limites de leur camp de celui des femmes. Au milieu du jour, les femmes avaient pour habitude de partir 2 par 2 en ballade. Les hommes s’en aperçurent et firent de même.

Un jour, l’un d’eux s’approcha d’une femme qui se trouvait seule et celle-ci le caressa, le serra contre elle jusqu’à ce qu’ils fassent l’amour sans résistance de l’un ou de l’autre. Elle ne pouvait pas parler car ils ne se comprenaient pas, mais elle lui fit comprendre qu’il la trouverait au même endroit le lendemain.

De retour au camp, le jeune homme raconta son aventure et bientôt tous ses camarades partirent à la conquête des femmes. Depuis ce jour, les hommes vivent en bonne entente avec leurs compagnes même si quelques problèmes de langage les empêchent parfois de communiquer pleinement.

Homme ou femme,
vous avez certainement éprouvé des difficultés à comprendre
ce qui se tramait dans l’esprit de votre compagne(-on).
C’est vrai , nous sommes tellement distincts que nos mots
semblent parfois désigner des réalités différentes.
Mais, ne battez pas en retraite et prenez exemple
sur les jeunes soldats de cette légende,
observez longuement la manière de vivre de l’autre,
approchez-le avec précaution et vous verrez,
l’amour fera le reste.barre separation coeur

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Le chemin des mots

contes-à-guérir-contes-à-grandir-Jacques-SaloméIl était une fois une petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour dire ce qu’elle ressentait. Chaque fois qu’elle tentait de s’exprimer, de traduire ce qui se passait à l’intérieur d’elle, elle éprouvait une sorte de vide. Les mots semblaient courir plus vite que sa pensée. Ils avaient l’air de se bousculer dans sa bouche mais n’arrivaient pas à se mettre ensemble pour faire une phrase. Dans ces moments-là, elle devenait agressive, violente, presque méchante. Et des phrases toutes faites, coupantes, cinglantes sortaient de sa bouche. Elles lui servaient uniquement à couper la relation qui aurait pu commencer. De toute façon tu peux pas comprendre. Ça sert à rien de dire. C’est des bêtises de croire qu’il faut tout dire !

D’autres fois, elle préférait s’enfermer dans le silence, avec ce sentiment douloureux. Que de toute façon personne ne pouvait savoir ce qu’elle ressentait, qu’elle n’y arriverait jamais. Que les mots ne sont que des mots. Mais tout au fond d’elle-même, elle était malheureuse, désespérée, vivant une véritable torture à chaque tentative de partage. Un jour, elle entendit un poète qui disait à la radio que « Il y a chez tout être humain un chemin des mots qu’il appartient à chacun de trouver. » Et, dès le lendemain, la petite fille décida de partir sur le chemin des mots qui était à l’intérieur d’elle.

La première fois où elle s’aventura sur le chemin des mots, elle ne vit rien. Seulement des cailloux, des ronces, des branchages, des orties, et quelques fleurs piquantes. Les mots du chemin des mots semblaient se cacher, paraissaient la fuir. La seconde fois où elle chemina sur le chemin des mots, le premier mot qu’elle vit sur la pente d’un talus fut le mot OSER. Quand elle s’approcha, ce mot osa lui parler. Il dit d’une voix exténuée : « Veux-tu me pousser un peu plus haut sur le talus ? » Elle lui répondit : « Je crois que je vais te prendre avec moi et que je vais t’emmener très loin dans ma vie. »

Une autre fois, elle découvrit que les mots étaient comme des signes sur le bord de ce chemin et que chacun avaient une forme différente et un sens particulier. Le deuxième mot qu’elle rencontra fut le mot VIE. Elle le ramassa, le mit contre son oreille. Tout d’abord, elle entendit rien. Mais en retenant sa respiration, elle perçut comme un petit chuchotement : « Je suis en toi, je suis en toi » et plus bas encore : « Prend soin de moi. » Mais là, elle ne fut pas très sure d’avoir bien entendu.

Un peu plus loin sur le chemin des mots, elle trouva un petit mot tout seul, recroquevillé sur lui-même, tout frileux comme s’il avait froid. Il avait vraiment l’air malheureux ce mot-là. Elle le ramassa, le réchauffa un peu, l’approcha de son cœur et entendit un grand silence. Elle le caressa et lui dit : « Comment tu t’appelles-toi ? » Et le petit mot qu’elle avait ramassé lui dit d’une voix nouée : « Moi, je suis le mot SEUL.  Je suis vraiment tout seul. Je suis perdu, personne ne s’intéresse à moi, ni ne s’occupe de moi. » Elle serra le petit mot contre elle, l’embrassa doucement et poursuivit sa route.

Près d’un fossé sur le chemin des mots, elle vit un mot à genoux, les bras tendus. Elle s’arrêta, le regarda et c’est le mot qui s’adressa à elle : « Je m’appelle TOI« , lui dit-il. « Je suis un mot très ancien mais difficile à rencontrer car il faut me différencier sans arrêt des autres. » La petite fille le prit en disant : « J’ai envie de t’adopter, toi, tu seras un bon compagnon pour moi. »

Sur le chemin des mots elle rencontra d’autres mots qu’elle laissa à leur place. Elle chercha un mot tout joyeux, tout vivant. Un mot qui puisse scintiller dans la nuit de ses errances et de ses silences. Elle le trouva au creux d’une petite clairière. Il était allongé de tout son long, paraissait détendu les yeux grands ouverts. Il avait l’air d’un mot tout à fait heureux d’être la. Elle s’approcha de lui, lui sourit et dit : « C’est vraiment toi que je cherchait, je suis ravie de t’avoir trouvé. Veux-tu venir avec moi ? » Il répondit : « Bien sûr, moi aussi je t’attendais … » Ce mot qu’elle avait trouvé était le mot VIVRA.

Quand elle rassembla tous les mots qu’elle avait recueillis sur le chemin des mots, elle découvrit avec stupéfaction qu’ils pouvaient faire la phrase suivante : Ose ta vie, toi seule la vivras, elle répéta plus lentement : « Ose ta vie, toi seule la vivras. »

Depuis ce jour, la petite fille prit l’habitude d’aller se promener sur le chemin des mots. Elle fit ainsi des découvertes étonnantes, et ceux qui la connaissent furent très surpris d’entendre tout ce que cette petite fille avait à l’intérieur d’elle. Ils furent étonnés de toute la richesse qu’il y avait dans une petite fille très silencieuse.

Ainsi ce termine le conte de la petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour se dire.

Jacques Salomé

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Mon nom est Sarah

sarahMon nom est Sarah, j’ai 3 ans, mes yeux sont enflés, je ne peux pas voir, je dois être bête, je dois être méchante, quoi d’autre aurait pu mettre mon père dans un tel état ?

Je souhaiterais être meilleure, je souhaiterais être moins moche, peut-être que ma mère voudrait toujours me faire des câlins ?

Je ne peux pas parler, je ne peux pas faire de bêtises sinon je suis enfermée toute la journée. Quand je me réveille je suis toute seule, la maison est noire, mes parents ne sont pas chez moi. Quand ma mère vient, j’essaye d’être gentille, sinon j’aurais peut-être un coup de fouet ce soir.

Ne fais pas de bruit, je viens juste d’entendre une voiture, mon père revient du bar de Charlie. Je l’entends jurer, il m’appelle. Je me sers contre le mur, j’essaye de me cacher de ses yeux démoniaques, j’ai tellement peur maintenant, je commence à pleurer.

Il me trouve en train de pleurer, il me lance des mots méchants, il dit que c’est de ma faute s’il souffre au travail. Il me claque, me tape et me crie dessus encore plus, je me libère enfin et je cours jusqu’à la porte.

Il l’a déjà fermé, je me mets en boule, il me prend et me lance contre le mur. Je tombe par terre avec mes os presque cassés et ma journée continue avec des méchancetés dites. Je suis désolé , je crie mais c’est déjà beaucoup trop tard, son visage a tourné en une haine inimaginable.

Le mal et les blessures encore et encore. Mon dieu s’il te plait, aie pitié, fais que ça s’arrête s’il te plait et enfin il arrête et va vers la porte, pendant que je suis allongée, immobile par terre.

Mon nom est Sarah, j’ai 3 ans, ce soir mon père m’a tuée