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Le conte d’un sage hindou

Le conte d'un sage hindouUn jour, un sage hindou qui se rendait au Gange pour s’y baigner, aperçut sur la rive, des gens d’une même famille en train de crier l’un sur l’autre, emportés par la colère.

Voyant cela, il sourit, se tourna vers ses disciples et leur posa cette question :  « Savez-vous pourquoi les gens en colère crient l’un sur l’autre ? »

Les disciples réfléchirent un petit moment, puis l’un dit :  « C’est parce qu’on perd son calme, que l’on crie ».

– « Mais » dit le saint homme  « il n’est pas besoin de crier, puisque l’autre est juste à côté de nous,  on peut parfaitement lui dire ce qu’on a à dire, d’un ton doux ».

Les disciples se creusèrent encore la tête, et trouvèrent plusieurs réponses, mais aucune n’était satisfaisante.

À la fin, le saint homme leur expliqua : « Quand deux personnes sont en colère l’une contre l’autre, leurs deux cœurs s’éloignent énormément l’un de l’autre. Pour couvrir la distance, ils doivent crier pour pouvoir se faire entendre. Et plus ils sont fâchés, plus ils doivent crier fort car plus la distance est grande ».

« Prenez les gens amoureux » continua-t-il  « ils se parlent bas, ils murmurent, car leurs cœurs sont très proches l’un de l’autre, et la distance est minime. Il arrive même que souvent ils ne soient plus obligé de se parler, se regarder suffit ».

Il regarda alors ses disciples et leur dit : « Donc, quand vous discutez avec quelqu’un, ne laissez pas vos cœurs s’éloigner l’un de l’autre, sinon, un jour viendra où la distance sera si grande que vous ne retrouverez plus le chemin du retour ».

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Les couleurs du Monde

Les couleurs du MondeUn jour, les couleurs du monde ont commencé à se quereller, chacune disait qu’elle était la plus belle, la plus importante, la plus utile, la favorite.

Vert dit : Je suis définitivement la plus importante, je suis le signe de la vie et de l’espoir. J’ai été choisie par les champs, les arbres et les feuilles. Sans moi, les animaux ne vivraient pas, regardez un pré de montagne et vous constaterez que je suis majoritaire.

Bleu l’interrompt : Tu ne penses qu’en fonction de la terre, mais considère le ciel et la mer. C’est l’eau qui est la base de la vie, le ciel offre l’espace, la paix et la sérénité.

Jaune riait sous sa cape : Vous êtes tellement sérieuses, vous autres. Moi, j’apporte le rire, la gaieté, la chaleur dans le monde, le soleil est jaune, et plusieurs étoiles aussi. Chaque fois que vous regardez un tournesol, le monde entier se met à rire, sans moi, il n’y aurait pas de plaisir.

Orange n’est pas d’accord : Je suis la santé et la force, je suis précieuse parce que j’apporte de la vie à l’humanité. Je transporte les plus importantes vitamines, pensez aux carottes, citrouilles, oranges, mangues et papayes. Je ne suis pas toujours là à l’année, mais, quand j’éclaire le ciel à mon lever et à mon coucher, ma beauté est telle que personne ne pense à aucun d’entre vous.

Rouge ne peut s’empêcher de crier : Je suis la vie de chacun de vous, je suis le sang, le sang de votre vie. Je suis la couleur du danger ou de la bravoure. Je suis toujours prête à me battre pour une bonne cause, je suis la couleur de la passion et de l’amour.

Violet se lève de toute sa grandeur : Elle est très grande, et dit avec grande pompe,  je suis la couleur royale, la couleur du pouvoir. Les rois, les chefs et les archevêques m’ont toujours choisie parce que je suis le signe de l’autorité et du pouvoir. Les gens ne me questionnent jamais, ils écoutent et obéissent.

Indigo se lève à son tour : Pensez à moi. Je suis la couleur du silence. Vous ne me remarquez pas mais sans moi, vous deviendrez superficielles. Je représente la pensée et la réflexion, la nuit et les eaux profondes. Vous avez besoin de moi pour votre équilibre.

Et toutes ces couleurs sont parties, chacune convaincue de leur unique supériorité. Leur querelle est devenue de plus en plus importante avec les jours. Soudainement, un éclair apparut et un bruit de roulement tonnerre se fit entendre. La pluie se mit à tomber. Les couleurs ayant très peur se sont toutes rapprochées les unes des autres pour se réconforter.

Au milieu de la clameur, Pluie est apparue : Vous autres, stupides couleurs, vous disputant, chacune essayant de dominer l’autre ne savez-vous donc pas que vous êtes toutes faites pour un besoin unique et spécial ?  Joignez-vous et venez à moi.

Faisant ce qu’on leur demandait, les couleurs se sont réunies. Pluie a continué à parler : À partir de maintenant, quand il pleuvra, chacune de vous s’étirera dans le ciel en une demi-boucle pour vous rappeler que vous pouvez vivre dans la paix.

arc en cielCet arc-en-ciel sera un signe d’espoir pour demain. Et, quand une grosse pluie lavera le monde, et qu’ensuite l’arc-en-ciel apparaîtra dans le ciel, souvenez-vous de vous apprécier l’une et l’autre.

Rouge est comme une pomme, tendre jusqu’au noyau
Orange, comme une flamme qui ne s’éteint pas
Jaune, comme le soleil qui éclaire votre journée
Vert, comme les plantes qui ne cessent de grandir
Bleu, comme l’eau si pure
Violet, comme une fleur prête à éclore
Indigo, comme un rêve qui meuble votre cœur

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La vraie richesse

La vraie richesseUn jour, le père d’une très riche famille amène son fils à la campagne pour lui montrer comment vivent les pauvres. Ils passent quelques jours dans la ferme d’une famille qui n’a pas beaucoup à leur offrir.

Au retour, le père demande à son fils : As-tu aimé ton séjour ? »
– C’était fantastique papa »
– As-tu vu comment vivent les gens pauvres ? » Demande encore le père.
– Ah oui  » Répond le fils.
– Alors qu’a-tu appris ? »

Le fils lui répond : J’ai vu que nous n’avions qu’un chien alors qu’ils en ont quatre.
– Nous avons une piscine qui fait la moitié du jardin et ils vont dans une grande crique sur la mer.
– Nous avons des lanternes dans notre jardin et eux ont des étoiles partout dans le ciel.
– Nous avons une immense galerie à l’avant et eux ont l’horizon.
– Nous avons un domaine mais eux ont des champs à perte de vue.
– Nous avons des serviteurs alors qu’eux servent les autres.
– Nous achetons nos denrées et eux les cultivent.
– Nous avons des murs autour de la propriété pour nous protéger, eux ont des amis qui les protègent. »

Le père en resta muet.

Le fils rajouta : « Merci Papa de m’avoir montré tout ce que nous n’avons pas ».

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L’arbre de l’humanité

arbre de lhumanitéUne légende malgache raconte qu’il existe un arbre qui résume à lui tout seul la complexité des caractères humains, sans cesse agités par des humeurs contraires.

« L’arbre trônait dans la plaine aride, non loin du village, depuis des temps immémoriaux. Les grands-pères et les grands-pères des grands-pères l’avaient toujours vu. On disait qu’il était aussi vieux que la Terre. On le savait magique. Des femmes trompées venaient le supplier de les venger, des hommes jaloux, en secret, cherchaient auprès de lui un remède à leur mal. Mais personne ne goûtait jamais à ses fruits magnifiques.

Pourquoi ?   Parce que la moitié d’entre eux était empoisonnée. Mais on ne savait laquelle,  le tronc massif se séparait en deux grosses branches dont l’une portait la vie, l’autre la mort. On regardait mais on ne touchait pas.

Une année, un été chaud assécha la terre, un automne sec la craquela, un hiver glacial gela les graines déjà rabougries. La famine envahit bientôt le village. Miracle, seul sur la plaine, l’arbre demeura imperturbable. Aucun de ses fruits n’avait péri.

Les villageois affamés se dirent qu’il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s’ils goûtaient aux merveilles dorées, et la certitude de mourir de faim s’ils n’y goûtaient pas.

Un homme dont le fils ne vivait plus qu’à peine osa soudain s’avancer. Sous la branche de droite il fit halte, cueillit un fruit, ferma les yeux, le croqua et  survécut. Alors tous les villageois l’imitèrent et se ruèrent sur les fruits sains de la branche droite.

Repus, ils considérèrent la branche gauche. Avec dégoût d’abord, puis haine. Ils regrettèrent la peur qu’ils avaient eue et décidèrent de se venger en la coupant au ras du tronc. En 2 jours, l’arbre amputé de sa moitié empoisonnée noircit, se racornit et mourut sur pied, ainsi que ses fruits.

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La légende du colibri

La légende du colibriLa légende Quechua qui illustre les valeurs du Mouvement Colibris, et est à l’origine de son nom, se déroule ainsi.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt.
Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre.

Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :

– « Colibri ! Tu n’es pas fou ?    Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? »
– « Je le sais », répond le colibri, « mais je fais ma part. ».

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La course de grenouille

grenouilleIl était une fois une course de grenouilles. L’objectif était d’arriver en haut d’une grande tour. Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les encourager et la course commença.

En fait les gens ne croyaient pas possible que les grenouilles atteignent la cime. Et toutes les phrases que l’on entendit furent : «Impossible, elles n’y arriveront jamais»

Les grenouilles commencèrent peu à peu à se décourager et les gens continuèrent : « Vraiment pas la peine, elles n’y arriveront jamais». Et les grenouilles s’avouaient vaincues, sauf une qui continuait de grimper envers et contre tout.

À la fin, toutes abandonnèrent, sauf cette grenouille qui, seule et au prix d’un énorme effort, atteignit la cime. Les autres, stupéfaites, voulurent savoir comment elle y était arrivée.

L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait réussi l’épreuve et elle découvrit qu’elle était sourde.

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L’arbre à souhaits

arbre a souhaitsUn voyageur très fatigué s’assit à l’ombre d’un arbre sans se douter qu’il venait de trouver un arbre magique, « l’arbre à réaliser des Souhaits ».

Assis sur la terre dure, il pensa qu’il serait bien agréable de se retrouver dans un lit moelleux. Aussitôt, ce lit apparut à côté de lui.

Étonné, l’homme s’y installa en disant que le comble du bonheur serait atteint si une jeune fille venait masser ses jambes percluses. La jeune fille apparut et le massa très agréablement.

« J’ai faim », se dit l’homme, « et manger en ce moment serait à coup sûr un délice. » Une table surgit, chargée de nourritures succulentes. L’homme se régala. Il mangea et il but.

La tête lui tournait un peu, ses paupières, sous l’action du vin et de la fatigue, s’abaissaient. Il se laissa aller de tout son long sur le lit, en pensant encore aux merveilleux évènements de cette journée extraordinaire.

« Je vais dormir une heure ou deux », se dit-il. « Le pire serait qu’un tigre passe par ici pendant que je dors. »  Un tigre surgit aussitôt et le dévora. »

Nous avons en nous un arbre à souhait qui attend nos ordres. Mais attention, il peut aussi réaliser nos pensées négatives et nos peurs. En tout cas, il peut être parasité par elles et se bloquer. C’est le mécanisme des soucis.