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L’Anses demande une information « plus claire » sur le choc toxique concernant les tampons et coupes menstruelles

tampons et coupes menstruellesUne vingtaine de cas du « syndrome de choc toxiques » sont recensés chaque année en France, un chiffre qui pourrait être sous-estimé.

Dans un rapport publié ce lundi, l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a appelé les fabricants de tampons et coupes menstruelles fabricants à fournir « une information plus claire » sur les règles d’hygiène à respecter. Selon elle, toutes ces protections intimes internes présentent en effet un risque rare mais grave de choc toxique.

L’agence, qui s’était déjà penchée à l’été 2018 sur la sécurité sanitaire des protections féminines (tampons, serviettes hygiéniques, protège-slips et coupes menstruelles, ou « cups »), réitère par ailleurs sa recommandation faite aux industriels « d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques » retrouvées dans ces produits, même si aucune, encore une fois, ne dépasse les seuils sanitaires.

« D’un point de vue sanitaire, le risque principal des protections féminines, c’est le risque de syndrome de choc toxique menstruel qui, bien que rare, peut avoir des conséquences dramatiques », insiste auprès de l’AFP Aurélie Mathieu, qui a coordonné cette expertise scientifique.

Une vingtaine de cas sont recensés chaque année en France mais ce nombre est sans doute sous estimé, la déclaration de cette maladie due à une infection bactérienne au staphylocoque doré n’étant pas obligatoire.

Seules 1% à 4% des femmes sont porteuses de la souche de staphylocoque impliquée dans le syndrome de choc toxique (SCT) menstruel, et donc potentiellement à risque.

Plusieurs exemples récents
Détecté tôt, le SCT se guérit par la prise d’antibiotiques, mais il peut aussi entraîner d’importantes atteintes digestives, musculaires, rénales, etc …  Les premiers symptômes (fièvre, éruptions cutanées, baisse de la tension) pouvant ressembler à un état grippal, le diagnostic est souvent difficile à établir.

Le 9 janvier, une adolescente de 17 ans d’abord traitée pour gastro-entérite est morte en Belgique d’une infection au staphylocoque doré, selon les autorités sanitaires fédérales. Son décès est dû « au choc septique de ses tampons », a rapporté sa famille dans les médias belges.

Le cas d’une mannequin américaine amputée des deux jambes suite à un SCT avait aussi été très médiatisé en 2015, entraînant le lancement en France d’une pétition demandant plus de transparence sur la composition des tampons.

Mais « dans l’état actuel des connaissances, le SCT n’est pas lié au matériau utilisé dans la composition de ces protections », estime l’Anses dans la mise à jour de son rapport d’expertise.

« Milieu de culture »
Par la suite, l’agence estime que « le risque de développer cette maladie (…) est lié aux conditions d’utilisation des protections intimes », observant que l’information sur ce risque est trop souvent absente, notamment sur les coupes menstruelles.

« Toutes les protections féminines internes bloquent l’écoulement du flux menstruel, qui se comporte alors comme une sorte de milieu de culture », explique Aurélie Mathieu.

Chez les femmes porteuses de cette souche particulière de staphylocoque, la bactérie peut alors parfois « se développer jusqu’à atteindre une charge bactérienne suffisante pour que la toxine » responsable du SCT « soit produite et passe au niveau sanguin. »

Aussi, l’anses « rappelle aux utilisatrices l’importance de respecter les règles d’hygiène liées à l’utilisation des protections », notamment la durée de port maximale et le lavage des mains avant un changement de protection.

Une enquête réalisée en 2017 par Opinion Way pour l’agence de sécurité sanitaire soulignait que ces règles étaient loin d’être généralisées : seules 61% des femmes interrogées disaient se laver les mains avant de changer de protection (24% à l’eau, 50% avec du savon et 7% avec un gel hydroalcoolique) et beaucoup déclaraient garder la même protection plus de 5 heures (22% des utilisatrices de tampons, 26% pour les serviettes et 75% pour les coupes menstruelles).

Contrairement aux États-Unis, où les protections périodiques sont considérées comme des dispositifs médicaux, dans l’Union européenne, « il n’existe pas de réglementation spécifique encadrant la composition, la fabrication ou l’utilisation des produits de protection intime », qui relèvent de la réglementation qui s’applique à l’ensemble des biens de consommation courante, rappelle l’Anses.

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Pourquoi ce lundi est le jour le plus déprimant de l’année ?

blue mondayLe Blue Monday, ou le Lundi Blues, est déclaré comme la journée la plus déprimante de l’année et tombe chaque année le troisième lundi du mois janvier.

Pourquoi ce lundi est le jour le plus déprimant de l’année ?
Mesdames, Messieurs, si vous n’êtes pas au courant, il est temps de vous préparer. Car ce lundi est, paraît-il, le jour le plus déprimant de l’année. Il s’agit du Blue Monday, ou Lundi Blues, nom donné en 2005 par une campagne publicitaire britannique pour l’agence de voyage Sky Travel, pour ce jour qui se déroule chaque année le troisième lundi de l’année civile et tombe donc ce lundi 20 janvier 2020. Mais si ce jour en particulier a été choisi, il ne s’agit pas que d’un hasard de la communication.

Une formule mathématiques
C’est le psychologue britannique Cliff Arnall, via une “formule mathématiques” réalisée en 2005 pour la compagnie Sky Travel, qui a décrété que le troisième lundi du mois de janvier était le jour le plus déprimant de l’année. Une formule à prendre avec des pincettes car elle a été conçue pour aider la compagnie Sky Travel “à analyser quand les gens réservent des vacances et les tendances des vacances », a déclaré Alex Kennedy, porte-parole de Porter Novelli, une agence de relations publiques basée à Londres. En effet, selon l’agence de voyage, c’est lorsque les gens ont le moral au plus bas qu’ils sont le plus susceptibles de réserver leurs vacances, pour se remonter le moral.

Les différents facteurs de la déprime
Le lundi est considéré par beaucoup comme le jour le plus déprimant de la semaine. Tout simplement parce qu’il est pour la plupart des gens le premier jour de travail de la semaine et que le week-end est encore loin. Il était donc évident que le jour le plus déprimant de l’année soit un lundi. De plus, le troisième lundi de janvier, coïncide avec une période où le salaire n’est généralement pas encore tombé.

En période post-fêtes, où l’on a beaucoup dépenser, nombreux sont les gens qui aimeraient avoir leur salaire plus tôt que d’habitude. Autre facteur important pour le moral, la météo, qui est capricieuse à ce moment de l’année où le froid est très présent, contrairement au soleil. Dernier facteur, les bonnes résolutions pour la nouvelle année durent généralement très peu de temps et s’arrêtent généralement à cette période.

Alors si vous avez un coup de blues en ce Blue Monday, ne vous en faites pas, c’est à peu près normal. Pour retrouver le sourire, n’hésitez pas à aller faire un tour sur les réseaux sociaux. Depuis quelques années, avec le #BlueMonday, les internautes s’efforcent de ne pas déprimer lors de cette fameuse journée et prennent plein d’initiatives pour redonner le moral à tout le monde.

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Le bore-out : déprimer d’ennui au travail

bore-outEtre payé à ne rien faire, le rêve ?    Plutôt le début d’une spirale qui peut mener à la dépression. Décryptage de ce pendant du burn-out qui cause aussi des dégâts.

Ce ne sont pas les cadences folles qui les rendent malades mais au contraire, l’ennui au travail. Et l’on met d’autant plus longtemps à prendre conscience de l’origine de ce mal-être professionnel que l’on n’avoue pas en public mourir d’ennui au travail.  Par pudeur vis-à-vis de ceux qui sont réellement surmenés, mais aussi parce que ce n’est pas très valorisant.

Honte
« Les personnes qui souffrent de bore-out éprouvent une honte, il y a quelque chose de disqualifiant et de peu glorieux qui est différent du burn-out, la maladie de ceux qui travaillent trop », distingue François Baumann, médecin spécialiste des pathologies liées à la souffrance au travail.

Ennui profond et durable
Il estime que si près d’un travailleur sur deux s’ennuie régulièrement au travail, près d’un sur dix souffre réellement de bore-out. Ce n’est pas parce qu’on a une journée, voire une semaine de répit entre deux contrats que l’on risque de sombrer en dépression.

« L’ennui du bore-out est profond et durable. En partant au travail, vous savez que vous allez réellement besogner deux heures et que le reste du temps, vous-vous ennuierez, décrit l’auteur de Le bore-out, quand l’ennui au travail rend malade. D’autant qu’on vous empêche de tuer le temps, on surveille si vous ne jouez pas derrière votre écran ou que vous ne lisez pas en cachette. »

Mis au placard et disqualifié
« Dans les grandes entreprises où l’anonymat règne et dans la fonction publique, cela arrive plus fréquemment. Une paie régulière tombe, ce qui incite à rester, même si l’on s’embête », précise le médecin.

Les personnes mises au placard sont bien sûr concernées, mais aussi celles qui sont disqualifiées. Comme ce polytechnicien venu consulter qui avoue déprimer d’ennui, cantonné à coller des timbres sur des enveloppes toute la journée.

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« Arretmaladie.fr » : ce qui se cache derrière ce site promettant un arrêt de travail en quelques clics

arret-maladie.jpgUn site allemand met la télémédecine au coeur d’une polémique éthique et médicale. « arretmaladie.fr » promet de fournir un arrêt de travail en quelques clics.

Polémique dans la télémédecine avec l’arrivée d’un nouveau site. « arretmaladie.fr » propose d’obtenir un arrêt de travail de trois jours maximum sans rencontrer physiquement de médecin. Cette plateforme, éditée depuis l’Allemagne, explique le processus en trois étapes : « remplissez le questionnaire », « faites un appel vidéo avec notre médecin », puis « recevez votre arrêt maladie ». L’arrêt de travail de trois jours maximum ne concerne que des « pathologies simples et courantes » précise le site.

Le malade ne s’occupe de rien, la plateforme s’occupe de lui faire parvenir une ordonnance et d’envoyer des PDF de l’arrêt de travail à son employeur et à la caisse primaire d’assurance maladie. Tout cela sans avoir à attendre un rendez-vous dans un cabinet, ni passer la nuit aux urgences des hôpitaux. Rien à redire ? Pas vraiment.

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En effet, la pilule ne passe pas vraiment dans le corps médical. La promesse d’un arrêt de travail a mis hors d’eux de nombreux médecins qui ont découvert « arretmaladie.fr » par le bouche-à-oreille. Au départ, certains ont cru à une blague, mais rapidement, le dossier a été pris très au sérieux par des représentants du ministère de la Santé, des syndicats de médecins ou du Conseil de l’Ordre.

« Ce site est une honte »
Sur Twitter, le Pr Jérôme Salomon estime que le sujet est « idéologique et donc ordinal ». Pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France, « Ce site est une honte, c’est la caricature du soin ». « C’est de la marchandisation du système de soin qui fait passer le patient pour un client et le médecin comme un prestataire de service », réplique le Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), à BFMTV.

Sa colère est même montée d’un cran en découvrant que le partenaire du site allemand est « Docteursecu.fr, » une plateforme française de téléconsultation créée en octobre dernier. En effet, c’est sur ce site que le questionnaire est rempli avant de mettre le patient en relation à distance avec un médecin.  « C’est ni plus ni moins qu’une escroquerie pour faire croire aux patients qu’il s’agit de plateformes officielles et non commerciales », affirme le Dr Marty.

Mais, chose étonnante, contacté par BFMTV, Loïc Petitprez, dirigeant fondateur de « Docteursecu.fr », s’est également dit choqué par la méthode du site allemand. Dans un communiqué envoyé en hâte ce dimanche, il réfute toute relation commerciale ou juridique avec « Arretmaladie.fr » contrairement à ce que laisse entendre le site allemand qui doit officiellement annoncer son lancement ce mardi. Reste que « Docteursecu.fr » est le seul site vers lequel les patients sont renvoyés alors qu’il existe déjà de nombreuses plateformes.

« Ce service existe en Allemagne, ils nous ont contacté pour du conseil, nous leur avons expliqué la réglementation française très différente de celle de l’Allemagne en la matière », se défend Loïc Petitprez qui affirme avoir exigé de la plateforme allemande que toutes références à son site soit retirées. « Nous ne sommes pas leur partenaire », affirme le dirigeant français.

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« Ils ont même modifié le message en page d’accueil », signale le patron de « Docteursecu.fr ». En effet, depuis ce lundi matin, « arrêt maladie sans rendez-vous chez le médecin » a été remplacé par « Arrêt maladie sans se déplacer ». Même la mention « Vous payez 25 euros (remboursable) » a été remplacée par « Remboursable (sous condition) ».

Un modèle commercial
« Ils avaient traduit le site allemand à la va-vite entre Noël et le Jour de l’an, c’est n’importe quoi », s’étrangle Loïc Petitprez dont le site, en mode expérimental, « se focalise uniquement sur les épidémies de grippe et de gastro-entérites qui ravagent actuellement notre pays ». « En aucun cas nous ne vendons des arrêts de travail et rien assure d’en obtenir via notre plateforme, les médecins sont seuls juges », poursuit le dirigeant.

En Allemagne, cette startup basée à Hambourg propose ce service pour 14 euros ou 8 euros en plus pour l’envoi d’en document papier. Et lors de son lancement, la presse allemande avait déjà relevé comme une incitation à prendre un arrêt maladie sans motif réel. Pour le Spiegel, s’il ressemble à un jeu vidéo, le site « AU-Schein.de » est en fait un modèle commercial. (…) en quelques clics vous pouvez décrire un rhume et obtenir un véritable certificat d’incapacité de travail le lendemain à présenter à l’employeur ».

Le lancement de « Arretmaladie.fr » va-t-il finalement porter atteinte à la télémédecine qui se présente comme une solution incontournable pour faire face à la désertification médicale et pour désengorger les urgences sur des pathologies de premiers recours ?

« Leur manière de présenter la télémédecine est désastreuse », se désole Loïc Petitprez en rappelant que son site respecte la législation à la lettre. « Nous sommes conforme au RGPD et aux législations qui encadrent les données de santé », nous a-t-il précisé.

« Marquer les esprits »
Quant au nom de son site, qui peut créer une confusion avec un site officiel, il l’explique comme un « moyen de marquer les esprits, mais certainement pas pour tromper les patients en se faisant passer pour un service d’État afin de fournir des arrêts maladie à la demande ».

En attendant, pour Jérôme Marty, il est hors de question de laisser la télémédecine se lancer avec des méthodes commerciales. Le site « Arretmaladie.fr » va-t-il et peut-il être interdit? A ce sujet, ni la direction de la sécurité sociale, ni la Direction générale de l’offre des soins (DGOS), ni le conseil de l’Ordre des médecins ne nous ont répondu.

Le lancement de « arrêtmaladie.fr » aura tout de même permis de soulever le débat, que certains accueillent avec pragmatisme.  « Ben en même temps ça ne fait que prouver ce qu’on dit tous depuis des années : les arrêts pour symptômes banaux (rhume, gastro, …) ne nécessitent pas une consultation, sont une blague et ne devraient pas exister c’est juste la preuve par A + B « , estime un médecin s’exprimant sur Twitter sous le pseudonyme de @cryptococcose.

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En France, 5,4 millions de patients étaient sans médecin traitant en 2019

medecinMalgré une recherche active pour plus de la moitié d’entre eux, 5,4 millions de patients en France n’avaient pas de médecin traitant en 2019.

En France, 5,4 millions de patients n’avaient pas de médecin traitant en 2019, et ce malgré une recherche active pour plus de la moitié d’entre eux, souligne le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel, dans un entretien au magazine spécialisé Le Généraliste  paru  vendredi, se disant « très attentif » à la situation.

« Il y a toujours eu, au cours des dernières années, environ 10% de patients sans médecin traitant », rappelle Nicolas Revel, reconduit à son poste début novembre pour un deuxième mandat de cinq ans. « En 2019, c’était le cas de 5,4 millions de patients », ajoute-t-il.

« Parmi eux, une part de patients plutôt jeunes et bien portants n’ont pas cherché à en trouver un », mais « plus de la moitié de nos concitoyens sans médecin traitant sont en recherche réelle d’un praticien attitré, faute souvent d’avoir pu en retrouver un au moment du départ à la retraite de leur généraliste », explique-t-il.

« Nous sommes très attentifs à cette situation. D’autant que parmi les personnes concernées figure un nombre significatif de patients en ALD (affection longue durée), de plus de 70 ans ou souffrant d’une pathologie chronique », souligne-t-il.

« Si nous ne faisons rien, cette tendance va s’accroître inéluctablement dans les prochaines années », prévient-il, appelant à une organisation collective.

Près d’un généraliste sur deux refuse de nouveaux de nouveaux patients
Selon une enquête de l’association UFC-Que Choisir publiée en novembre 2019, près d’un généraliste sur deux (44%) refuse de devenir le médecin traitant de nouveaux patients.

Mais pas question de revoir ce dispositif, indispensable à un meilleur remboursement, estime Nicolas Revel, jugeant au contraire qu’il faut le « conforter » pour « améliorer la prévention » et « le suivi des pathologies chroniques ».

Mieux vaut selon lui permettre aux médecins d’accroître leur patientèle, la médiane pour les généralistes traitants est actuellement de 850 patients , notamment grâce au déploiement des assistant médicaux, nouveau métier pour lesquels, « depuis septembre, un peu plus de 500 contrats ont été signés ou sont en passe de l’être (238 signés et 271 sont en cours) ».

Pour autant, l’Assurance maladie n’entend pas appliquer une « double peine » aux patients qui ne trouvent pas de médecin traitant en les pénalisant financièrement, souligne Nicolas Revel. Chaque caisse « a donc identifié les patients dans cette situation et pris les mesures pour qu’ils ne soient pas impactés », assure-t-il.

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Don du sang : la période d’abstinence des homosexuels réduite à partir d’avril

Don du sangLa réduction de cette période d’abstinence avait été annoncée en juillet par le ministère de la Santé, pour une entrée en vigueur initialement prévue le 1er février 2020.

La période d’abstinence d’un an que doivent respecter les homosexuels pour donner leur sang sera réduite à 4 mois à partir du 2 avril, selon un arrêté publié jeudi au Journal officiel.

La réduction de cette période d’abstinence avait été annoncée en juillet par le ministère de la Santé, pour une entrée en vigueur initialement prévue le 1er février 2020.

Elle a finalement été décalée au 2 avril, notamment en raison du délai nécessaire pour imprimer la nouvelle version du questionnaire que doivent remplir tous les les candidats au don, a expliqué la Direction générale de la santé (DGS), qui dépend du ministère. C’est dans ce questionnaire que figurent les critères sur l’activité et l’orientation sexuelles.

« La date de fin de consultation des parties prenantes sur les projets définitifs d’arrêté et de questionnaire pré-don était mi-décembre, ce qui explique la publication de l’arrêté ce jour », selon la DGS.

« Une première étape »
Lors de son officialisation en juillet, le ministère de la Santé avait présenté la réduction de cette période d’abstinence comme « une première étape » vers un alignement des conditions du don pour les homosexuels sur celles des hétérosexuels, envisagé « à l’horizon 2022 ».

But de cette phase intermédiaire : s’assurer que la levée des conditions spécifiques appliquées aux donneurs homosexuels n’augmentera pas le risque de contamination pour les receveurs lors des transfusions sanguines.

De 1983 à 2016, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ne pouvaient pas du tout donner leur sang, en raison des risques de transmission du virus du sida. Ces conditions ont été assouplies en 2016 avec l’instauration d’un délai d’abstinence d’un an. Il avait toutefois suscité les critiques d’associations homosexuelles qui y voyaient une discrimination à leur égard.

Chaque année, 1,7 million de personnes donnent leur sang, générant 3 millions de dons. Et chaque année, il faut en moyenne recruter 170.000 nouveaux donneurs pour avoir les 10.000 dons par jour nécessaires pour répondre aux besoins des malades. Un million de patients par an sont soignés chaque année avec des produits sanguins. Depuis 2016, les homosexuels peuvent donner leur plasma selon les mêmes critères que les autres donneurs.

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Pourquoi le bâillement est-il contagieux ?

Yawning SmileyIl n’y a rien à faire. Lorsque votre compagne, compagnon, collègue de bureau et même voisin de métro bâille, vous bâillez aussi Et c’est normal.

Un bon bâilleur doit en faire bâiller sept, dit le dicton. Mais pourquoi diable, systématiquement, lorsque votre collègue de bureau, voisin de table ou co-passager de wagon de métro bondé se décroche la mâchoire, cela vous donne une irrépressible envie d’ouvrir largement la bouche ?  Peut-être même qu’à la lecture de ces lignes, vous tentez de réprimer un bâillement. Ne luttez pas, vous n’y pouvez rien.

L’échokinésie du bâillement
Du latin « bataculare », qui signifie « ouvrir la bouche », le bâillement est avant tout un mouvement d’étirement musculaire involontaire qui se produit lorsque l’on se réveille, qu’on s’ennuie, qu’on a bien mangé ou au contraire jeûné et quand on est fatigué. Sa contagion n’est pourtant pas liée à la fatigue des transports en commun, ni à vos heures de sommeil en retard ou encore à la difficile digestion de votre dernier repas, mais tout bonnement au caractère social de l’être humain.

Durant ce cycle respiratoire de cinq à dix secondes, tous les muscles respiratoires  du visage au cou jusqu’au thorax  sont étirés. Ce mécanisme réflexe se produit en trois temps : d’abord une inspiration longue et profonde par la bouche, le diamètre du pharynx peut être multiplié par quatre,  ensuite un bref arrêt de la respiration et enfin une expiration rapide parfois accompagnée d’étirements voire de quelques larmes, les paupières peuvent même se fermer. Et s’il est contagieux, c’est inconscient.

C’est ce qu’explique à BFMTV.com le médecin généraliste Olivier Walusinski. Ce spécialiste et passionné du bâillement  qui y a même consacré un site  préfère évoquer le terme de réplication d’un comportement plutôt que de contagion. « La contagion suppose la transmission, comme c’est le cas avec un virus ou un microbe. Ce n’est pas le cas du bâillement. Il s’agit là de mimétisme et de reproduire un mouvement, Charcot (un neurologue français fondateur de la médecine clinique, ndlr) parlait d’échokinésie. »

La théorie de l’esprit
Le bâillement est commun à tous les vertébrés, des reptiles aux primates, souvent associé au rythme veille/sommeil ou à la satiété. Chez les mammifères, il peut également être lié à la sexualité  chez les macaques le mâle dominant bâille bruyamment avant de s’accoupler  ou à l’anxiété. « Pour un sportif avant une compétition ou pour un artiste avant d’entrer en scène, il n’est pas rare de bâiller, ajoute Olivier Walusinski. C’est une réaction du corps au stress qui au contraire apporte bien-être et détente. »

Ce n’est que chez quelques espèces, notamment les grands primates, les éléphants, certains perroquets et rats ainsi que chez l’être humain qu’il est dit contagieux. « Chez les bonobos, qui vivent en matriarcat, lorsque la femelle dominante bâille, les autres femelles bâillent aussi, remarque Olivier Walusinski. C’est la même chose chez les chimpanzés mâles. C’est une manière d’unifier les rythmes de vie d’un groupe social mais aussi de reconnaître le statut du dominant et pour les autres d’accepter leur soumission. »

Mais pour attraper le virus du bâillement, il faut avoir la capacité à attribuer un état mental à l’autre, à pouvoir décoder ses émotions. C’est la théorie de l’esprit, cette capacité à ressentir le point de vue d’un autre. « C’est pour cela que la contagion serait possible dès que l’enfant a sa propre perception d’être un individu autonome, c’est le test du miroir », note le médecin.

Concrètement, tout se passe dans le cerveau. Physiologiquement, ce sont les neurones miroirs, ces neurones qui permettent de se voir agir à la place de l’autre, comme dans un miroir  qui entrent en jeu lorsque le bâillement d’un inconnu vous fait vous aussi bâiller. C’est le principe de l’empathie. Comme l’explique l’Inserm dans une vidéo d’animation, lorsque l’on observe quelqu’un manger, une cacahuète par exemple, ces neurones s’activent bien que l’on reste immobile, comme si l’on se préparait soi-même à manger une cacahuète. C’est pareil pour le bâillement.

Plus on est emphatique, plus on bâille
Cela fait bien longtemps que la contagion du bâillement est observée. Aristote se posait déjà la question au IIIe siècle avant J.-C. dans ses Problèmes. Au XVIe siècle, dans Pantagruel, Rabelais raconte qu’un personnage bâilla si « profondément » qu’il « par naturelle sympathie, excita tous ses compagnons à pareillement bâiller ».

Une étude américaine publiée en 2003 a montré que les personnes les moins sensibles à la réplication du bâillement étaient aussi celles qui avaient le plus de mal à se mettre à la place des autres. Des chercheurs italiens ont également conclu en 2011 que bâillement était d’autant plus contagieux que le bâilleur original était un membre de sa famille.

S’il y a de petits et de gros bâilleurs,  le bébé bâille dès la vie intra-utérine  chez les humains, environ 75% de la population est sensible au bâillement d’autrui. « Plus on est emphatique, plus on a la capacité de comprendre les autres, plus on est sensible à leur bâillement, détaille Olivier Walusinski, auteur de Bâillements et pandiculations. Par exemple, pour les personnes qui souffrent d’alexithimie, cette difficulté à lire les émotions des autres, voir quelqu’un bâiller ne leur fait strictement rien. C’est aussi le cas chez certains autistes. » Pareil chez certaines personnes qui souffrent de psychopathies.

Le son suffit
Mais il n’y a pas que la vue d’un bâilleur qui donne envie de bâiller. Le son fait le même effet. « Si dans une voiture, une personne à l’arrière bâille, il y a de fortes chances pour que le conducteur à l’avant, qui ne l’a pourtant pas vue mais simplement entendue, bâille aussi », raconte Olivier Walusinski. A moins que toute son attention ne soit portée sur la route. Car pour pouvoir être sensible au bâillement des autres, encore faut-il ne pas avoir l’esprit trop occupé ou trop endormi.

« Ce n’est évidemment pas automatique à 100% mais il faut être dans un état mental particulier pour être sensible au bâillement. Si vous êtes plongé dans une activité intellectuelle ou si vous fournissez un effort physique intense, à moins d’être en hypoglycémie, vous ne bâillerez pas », pointe le médecin.

Et, en principe, seule l’espèce humaine vous donnera envie de bâiller. « Il y a eu des expériences menées avec des chiens et leurs maîtres, poursuit le médecin. L’animal pouvait être sensible au bâillement de son propriétaire s’ils avaient tous deux noué une relation particulièrement complice. Ce qui signifie que le chien était capable de décoder les émotions de son maître. » Mais aucune étude n’a encore prouvé la réciproque. Rien étonnant donc à ce que la vision de chats ou tortues se décrochant la mâchoire,  puisse vous laisser de marbre.