Publié dans Texte Famille

Comment vivre avec un adulte à la maison ?

tanguyÀ l’occasion de la sortie du film Tanguy, le retour, la Dr Marie-Claude Gavard fait le point avec nous sur le phénomène Tanguy.

Loin des clichés délivrés par le film, la cohabitation n’est pas nécessairement un désastre. Il suffit de quelques règles de vie, de respect et de pédagogie.

Dix-huit ans après, Tanguy revient, au-delà du film, le « phénomène Tanguy » est aujourd’hui un véritable sujet de société. En effet, après une diminution amorcée au milieu des années 1990, le taux de cohabitation des jeunes de 20 à 30 ans avec leurs parents augmente de nouveau depuis le début des années 2000. Ainsi, en 2013, près d’un jeune adulte de 18 à 29 ans sur deux (46 %) habite chez ses parents tout ou partie de l’année. Et, aujourd’hui, les jeunes ont tendance à quitter le domicile parental vers l’âge de 24-25 ans, soit 5 ans plus tard qu’il y a quarante ans.

Qui sont les nouveaux Tanguy ?
Une émancipation financière difficile, pour l’Insee, une des principales causes du « phénomène Tanguy » est la hausse de la population étudiante. En effet, « pour les plus jeunes, habiter avec ses parents concerne surtout les étudiants (58%) » comme le souligne une étude réalisée par l’institut en janvier 2018. Et pour cause, depuis les années 70, près d’un jeune de moins de 25 ans sur deux poursuit des études. Bien qu’ils soient moins d’un tiers à vivre au domicile de leurs parents, l’âge moyen de fin d’études ne cesse d’augmenter, expliquant en partie ce phénomène.

Seconde raison évoquée par l’étude, la hausse du chômage et des emplois précaires : « Parmi les actifs de 25-29 ans, ceux qui cohabitent avec leurs parents sont moins bien insérés dans l’emploi : ils occupent plus fréquemment des emplois à durée limitée et sont plus souvent au chômage ». Depuis les années 2000, le taux de chômage des jeunes n’a fait qu’augmenter, malgré une forte baisse en 2008. Or, cette insécurité professionnelle peut être un véritable frein à l’indépendance compte tenu du prix des loyers et des exigences des propriétaires, en particulier dans les grandes villes.

Certains jeunes sont également tout simplement immatures et peuvent avoir peur de se retrouver seuls. Et puis, rester chez ses parents permet de moins se confronter à une vie amoureuse. Mais, ce phénomène s’explique aussi par le développement du phénomène du zapping et donc la superficialité des relations amoureuses des jeunes. Cela allant de pair avec le report de l’âge de la mise en ménage des jeunes.

Mais, « parmi les 25-29 ans, une personne sur deux qui vit chez ses parents occupe un emploi, et dans neuf cas sur dix en tant que salarié » selon l’Insee. Cela prouve bien que l’on peut rester chez ses parents tout en gagnant sa vie. La Dr Marie-Claude Gavard, psychiatre à Paris, explique en partie cela par le nombre croissant de jeunes qui, ayant pour projet de monter leur propre société, repoussent le moment du départ pour économiser le plus d’argent possible.

Une société en pleine évolution
Du point de vue familial, la Dr Marie-Claude Gavard décrypte également ce phénomène par une bonne communication parents-enfants entre la génération Baby Boom et la génération Y.  S’il existait une certaine incompréhension entre les jeunes de mai 68 et leurs parents, il semblerait qu’aujourd’hui parents et enfants se comprennent mieux. « Beaucoup des parents de jeunes de la génération Y s’intéressent aux questions de développement personnel et à la psychologie.

Ils sont donc plus attentifs à l’épanouissement de leurs enfants et dans l’ouverture et le dialogue, ce qui créé des relations propices à une collocation de longue durée. Les enfants ont moins envie de partir dès leurs dix-huit ans et les parents sont plus à même d’accepter, voire de trouver qu’avoir un Tanguy à la maison est finalement quelque chose d’agréable » détaille la psychiatre, rappelant toutefois que cette situation n’est pas encore une généralité.

Les parents peuvent également avoir peur de souffrir « du syndrome du nid vide », explique l’experte. Les parents peuvent déprimer à l’idée de ne plus avoir leurs enfants à charge et se voir vieillir d’un coup. « Dans beaucoup de cas, à cela s’ajoute la peur de se retrouver seul avec son mari ou sa femme. Ce tête à tête peut être tellement inquiétant que les parents préfèrent garder leur enfant, et en particulier le petit dernier, à la maison le plus longtemps possible » explique-t-elle.

Rupture, perte d’emploi, nouveau projet, comment réagir quand son enfant revient à la maison ?
Lorsque le dernier enfant est parti de la maison, les parents peuvent enfin souffler. Après plus de vingt-cinq ans à n’avoir existé qu’en tant que parents et à avoir la pensée constamment occupée par leurs enfants, le couple se retrouve seul. « Les parents découvrent alors un autre pendant de leur vie. Ils doivent réapprendre à exister en tant que couple et ce sans grand projet de maison, d’enfant ou de carrière.

Il y a une bulle qui se referme sur le couple. Et ils peuvent enfin s’autoriser à vivre différemment et à repenser à eux, à leur propre bonheur. C’est un grand moment de renaissance pour les parents, un moment de vie incroyable où l’on revit enfin sans contrainte » précise la Dr Marie-Claude Gavard. Alors, quand un Tanguy débarque à la maison après une rupture amoureuse ou la perte d’un emploi, les parents peuvent avoir du mal à accepter l’idée de cette cohabitation qu’ils n’avaient pas désirée. Leur liberté retrouvée est de nouveau bafouée.

De leur côté, les enfants peuvent être perturbés de ne pas être accueillis avec bonheur. « Après un ou plusieurs échecs amoureux, le repli sur soi et le manque de confiance en soi s’amplifient et l’envie de rester dans le cocon familial rassurant affectivement apparaît comme nécessaire » explique la psychiatre. Il est donc primordial que l’enfant explique à ses parents pourquoi il veut revenir chez eux  et non pas se trouver une collocation par exemple  et de se fixer une date de départ pour ne pas que les parents se sentent prisonniers de cette situation.

La Dr Marie-Claude Gavard conseille aussi d’établir des règles de vie entre adultes. Pour elle, « tout est question de respect du désir et des aspirations de chacun. Les parents ne sont pas au service des enfants : ils peuvent dépanner, mais ils ne doivent pas se priver de vivre leur vie de cinquantenaires « . Les parents ne doivent pas redevenir les bonnes à tout faire de leur enfant.

Celui-ci doit contribuer à l’intendance de la maison : faire les courses, le ménage, la cuisine et participer financièrement s’il le peut. Un Tanguy qui revient sait tout faire, il n’est donc pas question que ce soit un poids. Les parents, quant à eux, ne doivent pas ramener le Tanguy à sa situation d’enfant et doivent respecter sa liberté. Il n’est, par exemple, pas nécessaire de le harceler pour savoir ce qu’il fait de ses journées ou lui imposer un couvre-feu.

Comment faire pour que nos enfants ne deviennent pas des Tanguy ?
Si vous vous demandez comment faire pour que vos enfants ne s’éternisent pas trop chez vous, n’entretenez pas une relation de parents « au service des enfants ». Les parents, dans leur éducation, ont tout intérêt à autonomiser leurs enfants. Il est nécessaire de leur apprendre à cuisiner, à ranger leur chambre, à repasser … dès qu’ils sont en mesure de le faire. Alors, l’intendance ne leur posera aucun problème et ils auront moins peur de s’émanciper.

Et, même si un jeune est très craintif et manque de confiance en lui, le bon rôle des parents est de le pousser un peu dehors pour qu’il puisse voler de ses propres ailes. Mais, il est très important de le faire en douceur et de ne pas passer par des stratégies violentes et non-verbales comme les parents de Tanguy le font dans le film : discutez et dites à votre enfant qu’il est temps de partir, de prendre ses responsabilités quitte à l’aider à payer son loyer au départ. Mais surtout, n’oubliez pas de dire à vos enfants que vous n’êtes pas que des parents.

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Publié dans Texte Santé

L’AFMPS n’autorise plus l’utilisation du Motilium chez les enfants

motiliumL’AFMPS n’autorise plus l’utilisation du Motilium chez les enfants, pas assez efficace

L’utilisation de dompéridone, qui compose notamment le médicament Motilium et qui soulage les symptômes de type nausées et vomissements, n’est plus approuvée au niveau européen chez les nouveau-nés, les nourrissons, les enfants (moins de 12 ans) et les adolescents pesant moins de 35 kilos, avertit l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) sur son site. Une nouvelle étude clinique a démontré un manque d’efficacité du médicament, explique-t-elle.

La dompéridone, un antagoniste de la dopamine, a fait l’objet, en 2013 et 2014, d’une procédure européenne d’arbitrage au sujet du risque cardiaque associé à son utilisation, rappelle l’AFMPS.

Il en est notamment ressorti la réduction de la dose recommandée pour les nouveau-nés, nourrissons, enfants et adolescents pesant moins de 35 kilos pour limiter le risque cardiaque : 0,25 mg/kg maximum trois fois par jour, contre de 0,25 à 0,5 mg/kg trois à quatre fois par jour auparavant.

Une étude clinique chez les enfants a également été demandée pour évaluer l’efficacité du médicament. Cette étude a été arrêtée prématurément, indique l’AFMPS: les résultats n’ont pas démontré un « bénéfice significatif par rapport à un traitement par placebo ».

Motilium, médicament de référence et titulaire de l’autorisation de mise sur le marché, a dès lors proposé de supprimer l’indication de dompéridone chez ce public juvénile. Ce qu’a accepté l’AFMPS et les autres États membres européens concernés. En conséquence, à partir du 15 septembre prochain, le « Motilium 1 mg/ml suspension buvable ‘pédiatrie’ avec pipette doseuse, la seule spécialité qui ciblait la population pédiatrique de moins de 12 ans, est retirée du marché », précise l’Agence.

Pour les adultes et les adolescents (à partir de 12 ans pesant 35 kilos ou plus), la dose est de 10 mg jusqu’à trois fois par jour, avec 30 mg comme dose quotidienne maximale.

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On ne devient adulte qu’à partir de 30 ans

femme hommeSelon une étude britannique, à 18 ans le cerveau est encore en développement et loin de sa maturité.

À 18 ans / 21 ans dans certains pays, vous êtes en âge de voter, de boire de l’alcool, d’aller en prison si vous commettez un crime, et de souscrire des prêts. Pourtant, si selon l’État vous êtes alors considéré comme adulte, la réalité est tout autre.

Selon les recherches d’une équipe de neurologues de l’université de Cambridge, l’âge adulte diffère pour chacun et chacune. «Donner une définition précise du passage entre l’enfance et l’âge adulte paraît de plus en plus absurde, explique Peter Jones, coauteur de l’étude. Il s’agit d’une transition bien plus nuancée qui s’effectue sur près de trois décennies.»

D’après les résultats de l’enquête, le cerveau de la plupart d’entre nous atteint sa maturité aux alentours de nos 30 ans. Avant cela, notre cortex traverse plusieurs phases de mutation qui peuvent entraîner des modifications du comportement ou de la personnalité, voire le développement de troubles mentaux.

Enfant/adulte, des catégories obsolètes
Ces résultats concordent avec le sentiment grandissant parmi les jeunes générations d’un âge adulte inatteignable. Le «I feel like a child syndrome» est un dérivé du syndrome de l’imposteur très répandu chez les millennials, empêtrés dans les dettes étudiantes, le chômage et un marché immobilier sinistré, et qui ne parviennent pas à cocher les étapes supposées obligatoires du passage à l’âge adulte comme trouver un job, quitter le nid familial, fonder une famille. Pas étonnant alors de constater un pic de déprime chez les jeunes de la génération Y, pour beaucoup en pleine crise du quart de siècle, cette dépression qui toucherait les deux tiers des 25-33 ans.

Pour Peter Jones, cette catégorisation enfant/adulte est une pure invention : «Ça arrange l’éducation nationale, la justice ou le système de santé d’avoir des paliers tranchés», affirme celui qui pense tout de même que dans le cadre de la justice, un juge expérimenté n’appliquera pas la même peine à une personne de 19 ans qu’à un ou une coupable de 30 ans. «Le système s’adapte lentement à ce qui est évident, déclare Peter Jones, il n’existe pas d’un côté l’enfance, de l’autre l’âge adulte. Les gens suivent une trajectoire. Personne n’aime l’idée d’une chenille qui se transforme instantanément en papillon.»

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À partir de quel âge votre enfant rira-t-il à vos blagues ?

enfantEssayez de faire un jeu de mots ou de lancer un sarcasme à un tout-petit : en retour, vous risquez fort de ne récolter qu’un regard vide.

Les réactions des bébés peuvent être imprévisibles s’ils ignorent vos meilleures prestations de clowns, ils peuvent se mettre à rire pour quelque chose de complètement anodin. Bien sûr, les enfants ne sont pas complètement dénués d’humour. Mais comment savoir ce qui va les amuser à tel ou tel âge ?  Et quand sont-ils capables de percevoir l’ironie et le sarcasme ?

La socialisation est l’un des principaux ingrédients nécessaires à son développement. Les enfants doivent au préalable prendre conscience de la résonance que leurs réactions peuvent avoir chez les autres. C’est ce que nous faisons typiquement quand nous rions et échangeons des impressions, des interactions possibles dès que le nouveau-né peut établir un contact visuel et sourire. Le psychologue Lev Vygotsky pensait que les interactions sur le registre de l’humour facilitent le développement cognitif de l’enfant.

Cependant, pour être en mesure de faire une plaisanterie au-delà de la simple grimace, un certain nombre de compétences cognitives entrent en jeu. Les plus importantes sont l’imagination, la capacité à changer de perspective et le langage. Étant donné que ces aptitudes se développent à des rythmes différents selon les enfants et qu’elles continuent à évoluer au fil de l’adolescence et de l’âge adulte, il n’y a pas de théorie solide permettant de déterminer quelles sont les étapes précises dans le développement du sens de l’humour.

Un pré-requis: maîtriser la langue
Presque tous les types d’humour supposent la survenue d’une incongruité entre un concept et une situation. En d’autres termes, nous rions quand les choses nous surprennent parce qu’elles ne semblent pas à leur place. Prenez l’exemple de la blague suivante : «Un cheval entre dans un bar et le barman lui demande : “Mais pourquoi faites-vous une tête de trois pieds de long ?“». Le fait qu’on trouve cela drôle tient en partie à ce que les chevaux ne vont normalement pas dans les bars. Mais la chute est divertissante dans la mesure où nous ne comprenons pas d’abord pourquoi le cheval serait triste. Puis nous percevons le double sens de l’expression, les chevaux ont bel et bien des têtes tout en longueur.

Il peut donc sembler que la maîtrise de la langue soir un pré-requis à l’humour. Les nourrissons et les enfants avec des capacités d’expression encore limitées sont en général plus sensibles au comique de geste comme les jeux de cache-cache. Mais des blagues simples de ce genre, même si elles supposent moins de compétences cognitives que les blagues jouant sur les mots, reposent aussi sur la réalisation d’événements incongrus. Il y a un élément de surprise qui intervient lorsqu’on joue à «caché, coucou» avec un bébé, puisqu’il s’agit de faire surgir, soudain, quelqu’un de nulle part.

En fait, de nombreux chercheurs soutiennent que c’est la communication qui est cruciale et que l’humour facilite l’apprentissage d’une langue.

Le pouvoir de l’imagination
L’imagination joue un rôle essentiel pour détecter l’incongruité. Elle aide les enfants à voir les choses sous un autre angle, à adopter des rôles sociaux qu’ils n’auraient pas adopté autrement et même à faire comme si leur nez s’était détaché de leur corps.

L’imagination commence à se manifester chez les enfants autour de douze à dix-huit mois. Il est intéressant de noter que cela correspond à l’époque où les enfants amorcent des tentatives pour copier les plaisanteries de leurs parents, ce qui leur permet de forger leur propre style d’humour. En fait, dès l’âge de sept mois, les bébés peuvent imiter les comportements qui les font rire, comme des expressions du visage qu’ils trouvent drôles, ou des gestes de cache-cache.

Quand ils font des blagues, les enfants s’inspirent souvent de ce qu’ils sont en train d’apprendre. Cela les aide à se familiariser avec les règles de vie en société.

Il est important que l’enfant ait développé son imagination pour être capable d’inventer ses propres plaisanteries. Cela commence vers l’âge de deux ans en détournant des objets, comme le fait de mettre des sous-vêtements sur la tête ou avec des blagues plus conceptuelles, par exemple en affirmant que «le cochon fait “meuh”».

Quand ils font des blagues, les enfants s’inspirent souvent de ce qu’ils sont en train d’apprendre. C’est important car cela les aide à se familiariser avec les règles de vie en société.

Comprendre le second degré
Pour développer le sens de l’humour, les enfants doivent aussi prendre conscience de certains modes de fonctionnements cognitifs. Il est important qu’ils sachent que chacun n’a pas accès aux mêmes connaissances, que les dispositions mentales varient et que certaines personnes peuvent avoir de fausses croyances ou être déçues. Par exemple, quand les parents font comme s’ils ne voyaient pas que leur enfant arrive sur la pointe des pieds pour les effrayer, c’est un exemple qui montre bien qu’ils comprennent ce que c’est que de «faire semblant».

De fait, certaines recherches ont montré que cette connaissance est essentielle pour que les enfants puissent comprendre des plaisanteries plus complexes impliquant du sarcasme et de l’ironie. Une étude a montré que certains enfants pouvaient comprendre dès trois ans (en général plutôt à partir de cinq ans) certaines formes d’ironie. Au cours de l’expérience, les enfants regardaient un spectacle de marionnette puis on leur posait quelques questions sur ce qu’ils avaient vu. L’ironie surgissait par exemple quand un des personnages cassait une assiette et qu’une autre lançait le commentaire suivant : «ta maman va être très contente». Certains enfants ont ri, comprenant que la phrase n’était pas à prendre au premier degré et qu’il y avait peu de chances que la mère en question se réjouisse.

D’autres recherches soutiennent que faire des plaisanteries est un acte social et culturel et s’apprend donc au fil des interactions.  D’autres recherches soutiennent que la compréhension de l’ironie se développe plus par l’expérience de l’humour elle-même que par la capacité à prendre progressivement du recul ou à comprendre qu’on peut faire semblant. Faire des plaisanteries est un acte social et culturel et s’apprend donc au fil des interactions.

Quand les enfants ont acquis un minimum d’empathie et d’imagination, ils peuvent passer par l’humour pour explorer les émotions possibles et réelles. Ainsi, en prétendant jeter autour d’eux de la nourriture et en criant «je suis désordonné», un enfant peut amener ses parents à jouer un scénario dans lequel ils font semblant d’être en colère. La plaisanterie lui permet de s’y confronter sans crainte.

En ce qui concerne les enfants et l’humour, il faut donc être patient. Et tant mieux, nous, adultes, aurions bien du mal à regarder jusqu’au bout les films de Disney et Pixar sans ces blagues plus subtiles qui passent bien au-dessus de la tête des enfants. Pour un certain temps, nous nous contenterons de rire quand ils font semblant de nous voler notre nez.