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Fin du procès Balkany : Eric Dupond-Moretti dénonce la « violence judiciaire » à l’encontre de son client

couple balkanyLe procès Balkany touche à sa fin. Ce mercredi, les derniers mots ont été accordés à la défense du maire de Levallois-Perret accusé de blanchiment de fraude fiscale et de corruption passive. Son avocat, Me Eric Dupond-Moretti, a réclamé une justice « mesurée ». Verdict le 18 octobre.

« Les années de prison réclamées contre Balkany sont monstrueuses, des crimes de sang n’atteignent pas de telles peines. » Ce mercredi, Eric Dupond-Moretti a présenté ses arguments pour la défense du maire de Levallois-Perret accusé de blanchiment de fraude fiscale et de corruption passive.

Pendant près d’une heure, le conseil a plaidé devant trois juges impassibles, réclamant une justice « mesurée » à l’égard de son client contre qui les procureurs ont requis 7 ans de prison ferme, son incarcération immédiate, 10 ans d’inéligibilité et la confiscation de tous ses biens.

avocat dupont moretti« J’ai âprement critiqué ce réquisitoire », a-t-il réagi devant la presse à la fin de sa plaidoirie. Il a attaqué sa diatribe en évoquant la « violence judiciaire, celle qui ne sent pas l’hémoglobine et qui porte un costume de satin et d’hermine. Condamner un innocent c’est terrifiant, condamner un coupable à une peine qu’il ne mérite pas c’est tout aussi terrifiant », a-t-il fait valoir devant les magistrats.

Il a poursuivi son plaidoyer en contestant le mandat de dépôt réclamé par les procureurs : c’est « un scandale, une humiliation qui interdit à Balkany d’user des voies de recours qui sont les siennes. Il s’est présenté à toutes les audiences, il n’y a aucune raison qu’il soit arrêté à la barre. »

« Il ne mérite pas les lourdes peines requises »
Eric Dupond-Moretti a ensuite joué sur l’émotion en rappelant l’âge de son client, septuagénaire. « Sa place n’est pas en prison quoi qu’il ait commis », a-t-il martelé avant d’affirmer que la fraude fiscale, reconnue par le couple Balkany, était un sport national il y a encore quelques années. Une telle infraction « ne mérite pas les lourdes peines requises » par les procureurs, qu’il a qualifiés de « chefs d’orchestre de la morale publique ».

Concernant les faits de corruption reprochés à Patrick Balkany, « nous les contestons pour des questions juridiques », a affirmé Me Dupond-Moretti. Les Balkany ont toujours nié détenir le riad de la palmeraie, acquis en janvier 2010 par une SCI marocaine, elle-même détenue par une société écran panaméenne aux titres au porteur. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales « PB », des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany et livrés dans la villa saharienne.

L’accusation affirme que Patrick Balkany s’est fait offrir cette villa par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour les Tours de Levallois, un juteux projet immobilier qui n’a finalement pas abouti. S’ils se sont parfois violemment opposés à l’audience, Patrick Balkany et Mohamed Al Jaber se sont accordés pour nier tout « pacte de corruption ».

Les « regrets » de Patrick Balkany
L’audience s’est achevée sur les mots de Patrick Balkany qui s’est avancé à la barre pour faire part de ses regrets.  « Bien sûr que j’ai des regrets, de ne pas avoir fait ce que j’aurais dû faire il y a longtemps. J’ai un autre regret, je le dois à mon fils, il n’avait rien à faire ici, il a été traîné en prison et au tribunal alors qu’il n’est responsable de rien », a-t-il déclamé avant d’exprimer son souhait de rester auprès de sa femme, en convalescence après une tentative de suicide début mai. « Elle a besoin de moi », a conclu Patrick Balkany.

Le jugement sera rendu le 13 septembre pour le volet concernant la fraude fiscale. Pour corruption et blanchiment de fraude fiscale, la décision sera rendue le 18 octobre.

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Procès Balkany : 7 ans ferme et 10 ans d’inéligibilité requis contre le maire de Levallois

couple balkanyAu terme de quatre semaines d’audience, le parquet national financier a requis 7 ans de prison ferme et 10 ans d’inéligibilité contre le maire de Levallois. 4 ans de prison avec sursis et 500.000 euros d’amende ont par ailleurs été requis contre Isabelle Balkany.

Après les années fastes en politique et les vacances au soleil, place au pilonnage de l’accusation. A l’issue de plus de trois heures de débats, le parquet national financier (PNF) a requis ce jeudi 7 ans de prison ferme, avec incarcération immédiate, et 10 années d’inéligibilité contre le maire de Levallois.

Sanction à la « hauteur de la gravité des faits »
« Cette sanction doit être à la hauteur de la gravité des faits de corruption et de blanchiment », a tranché le parquet, peu convaincu par les arguments avancés par Patrick Balkany durant les semaines d’audience.

« Patrick Balkany a toujours voulu servir les autres, mais servir les autres pour se servir c’est être corrompu » avait déjà déclaré le substitut du procureur avant les réquisitions. « On marche sur la tête, a réagi Eric Dupond-Moretti, l’avocat de Patrick Balkany. On requiert 7 ans pour avoir dissimulé la fraude fiscale. Mais il n’y a pas un fraudeur au monde qui met l’argent qu’il a planqué à la lumière. »

Les deux procureurs ont fait preuve d’un peu plus d’indulgence envers Isabelle Balkany qui a dit sa vérité avec habileté, ont-ils estimé avant de requérir 4 ans de prison avec sursis et 500.000 euros d’amende.

Entrelacs de sociétés écrans
Jugés devant le tribunal correctionnel de Paris, les Balkany sont soupçonnés d’avoir dissimulé au minimum 13 millions d’euros d’avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles, et Dar Guycy à Marrakech. Le PNF a également demandé la saisie des biens du couple, en particulier le luxueux moulin de Giverny, dans l’Eure, dont ils conservent l’usufruit.

Contrairement à la villa Pamplemousse achetée en 1997 à Saint-Martin, pour laquelle les enquêteurs ont démêlé un entrelacs de sociétés écrans et retrouvé le nom des Balkany, un épais nuage entoure la transaction marocaine de 2010. Le riad est la propriété d’une SCI marocaine, Dar Guycy, elle-même détenue à 99% par une société panaméenne créée par une fiduciaire suisse et dont le bénéficiaire déclaré est Jean-Pierre Aubry, ancien bras-droit de Patrick Balkany.

Amende de 100.000 euros requise contre le fils Balkany
Le PNF a par ailleurs requis quatre ans dont deux avec sursis et 150.000 euros d’amende contre le milliardaire saoudien, qui « a sciemment corrompu un élu de la République ». Contre Jean-Pierre Aubry, alors directeur général de la société d’aménagement de Levallois, « prête-nom jusqu’au sacrifice » pour son « maître » Patrick Balkany, le parquet a demandé trois ans dont un avec sursis et 150.000 euros d’amende.

Les procureurs ont réclamé quatre ans de prison dont deux avec sursis et une interdiction d’exercer à l’encontre de l’avocat Arnaud Claude, pour son « rôle central » de conseiller, aux côté de Jean-Pierre Aubry, dans le complexe montage entourant l’acquisition du riad. Contre le fils Balkany, Alexandre, poursuivi pour avoir « couvert » ses parents en souscrivant des baux de location fictifs du riad de la palmeraie, le PNF a demandé une amende de 100.000 euros.

« Outrance » et « indécence »
Au cours de ce procès « nous avons navigué entre l’outrance et l’indécence jusqu’à basculer parfois dans le grotesque ». « N’importe quoi », grommelle Patrick Balkany alors que son épouse est toujours absente des débats. Le vice-procureur s’est fait plus mesuré et a concédé avoir parfois « souri » aux explications du maire de Levallois, devant ses explications « tantôt cyniques, tantôt sincères ».

L’État français, seule partie civile du procès a réclamé, avant les réquisitions, un million d’euros de dommages et intérêts aux élus de Levallois-Perret, mais aussi à leur fils et à deux autres prévenus jugés pour blanchiment de fraude fiscale. Le procès reprendra lundi avec la plaidoirie des avocats de la défense. Le délibéré est attendu au mois de septembre.

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Absente à l’audience, Isabelle Balkany suit le procès sur Twitter

couple balkanyLa maire adjointe de Levallois-Perret, hospitalisée il y a un mois et demi après une tentative de suicide, est absente depuis le début du procès.

Absente du tribunal, Isabelle Balkany ne manque pourtant pas une miette des audiences. Depuis le début de son procès, notamment pour blanchiment de fraude fiscale, la maire-adjointe de Levallois-Perret suit le compte-rendu en temps réel des journalistes sur les réseaux sociaux.

« En pleine dépression »
Il y a un mois, après quelques jours d’audience, un journaliste s’était ainsi étonné de voir l’adjointe « aimer » un des messages postés sur Twitter.  « Elle suit les débats mais elle ne regarde pas la télévision », confirme le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany.

« Elle voulait vraiment venir. Mais les médecins disent qu’elle n’est pas capable de supporter ça maintenant. Elle est encore en pleine dépression », affirme-t-il. Isabelle Balkany est restée près d’un mois hospitalisée après une tentative de suicide le 1er Mai dernier.

Second réquisitoire attendu jeudi
Sa dépression a été évoquée dès le premier jour par son avocat dans une lettre qu’elle avait écrite pour le tribunal.  « Monsieur le président, je ne suis pas en mesure d’assister à l’audience. Le choc émotionnel provoqué par la médiatisation outrancière m’est devenu insupportable », expliquait l’adjointe de Levallois-Perret.

Dans le premier volet du procès portant sur le seul délit de fraude fiscale, le parquet national financier a requis mi-mai quatre ans de prison, avec mandat de dépôt, contre Patrick Balkany, deux ans ferme contre son épouse Isabelle, et dix ans d’inéligibilité contre eux deux. Le second réquisitoire, attendu jeudi, pourrait être bien plus lourd.

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Après quatre semaines, réquisitoire en vue au procès Balkany

couple balkanyLes époux Balkany sont poursuivis tous deux pour blanchiment habituel de fraude fiscale aggravée, chef auquel s’ajoute pour le seul Patrick Balkany, celui de corruption passive. Le réquisitoire est attendu mardi.

Coups de sang, théories rocambolesques et arithmétique offshore : le procès Balkany entre mardi dans sa dernière ligne droite, après quatre semaines au cours desquelles le maire de Levallois-Perret aura tout tenté pour n’apparaître que comme un « fraudeur passif » ayant la corruption en « horreur ». Jugés depuis le 13 mai devant le tribunal correctionnel de Paris, Patrick et Isabelle Balkany, maire et première adjointe de cette commune cossue de l’ouest parisien, encourent jusqu’à dix ans de prison pour blanchiment habituel de fraude fiscale aggravée et pour lui, corruption passive.

L’accusation leur reproche des années de dissimulation, d’un magot en Suisse à de somptueuses propriétés aux Antilles et au Maroc, masquées par un chapelet de sociétés-écran. Pour expliquer les débuts de l’aventure offshore dans les années 1980, couverts par la prescription, Patrick Balkany, 70 ans, convoque la mémoire de son père, résistant juif hongrois rescapé d’Auschwitz, qui lui aurait légué des avoirs en Suisse et des « lingots d’or », convertis en cash « qu’il fallait bien utiliser ». « Rien que de l’argent familial », en aucun cas des fonds occultes destinés alors à financer le RPR, comme l’ont soupçonné les juges, jure-t-il.

Outrances
Tout en avouant avoir omis de déclarer ce pactole, il s’indigne que l’on fasse « le procès des Juifs qui après la Libération ont pris leurs dispositions », suscitant des murmures outrés dans le public. Il est seul à la barre, en l’absence de sa meilleure alliée Isabelle, 71 ans, convalescente depuis une tentative de suicide juste avant l’ouverture du procès. Issue d’une grande famille bourgeoise, elle aussi avait parlé aux juges d’un « petit magot » suisse.

Dans la salle comme en dehors, il domine la scène, comme aux plus belles heures de ses conseils municipaux à Levallois, devant un public ébahi par son culot et sa gouaille. « L’audience la plus pop-corn de l’année », entend-on sur les bancs de la presse. Quand son avocat Eric Dupond-Moretti tente d’expliquer l’abattement d’un homme de 71 ans qui a retrouvé sa femme inanimée, il le coupe face caméra pour rectifier : « 70, ça me suffit. Vous verrez quand vous aurez mon âge ». Quand il s’installe pour l’audience consacrée au magot suisse, son portable résonne de la mélodie des « Tontons flingueurs », le film culte de Georges Lautner.

« Il y a des oranges partout »
Sur le fond, les Balkany ont reconnu être propriétaires d’une villa aux Antilles, Pamplemousse, mais toujours nié posséder un riad à Marrakech. L’accusation estime à plus de 13 millions d’euros les avoirs dissimulés au fisc entre 2007 et 2014. Le tonitruant maire se défausse toutefois sur « l’esprit suisse » pour expliquer le montage déployé autour de Pamplemousse par son banquier helvète, et invoque sa qualité d’élu pour justifier de n’avoir jamais déclaré ce coin de paradis antillais. « Oh, si j’avais pas été élu, je l’aurais fait depuis longtemps » assure-t-il. « On aurait aimé vivre comme tout le monde  »

Aux portes du désert, le débat se fait plus rude. Patrick Balkany – véritable propriétaire du riad détenu par des sociétés panaméennes au nom de son bras-droit, selon l’accusation, propose une rocambolesque histoire : celle d’un milliardaire saoudien qui voulait acheter « en secret » une villa clinquante à Marrakech. Le récit fait bondir l’intéressé, le promoteur Mohamed Al Jaber, poursuivi pour avoir réglé une partie du prix du riad en échange de délais de paiement supplémentaires dans un énorme contrat pour des tours jumelles à Levallois. Il répète que la maison n’est pas à lui.

Les tours ne sont jamais sorties de terre et Balkany n’a cessé d’afficher son mépris pour cet « escroc ». Ils ne s’accordent que sur une chose: « Il n’y a ni corrupteur, ni corrompu ». Les grains de sable se sont pourtant accumulés au riad, où ont été retrouvés des peignoirs brodés des initiales « PB » et baptisé « Dar Guycy », contraction des prénoms des petits-enfants Balkany Guyla et Lucie. « C’est peut-être un anglicisme sur les jus de fruits ?  ‘Juicy’… Là bas, il y a des oranges partout », tente Patrick Balkany.

Dans un premier volet portant sur le seul délit de fraude fiscale, le parquet national financier a requis mi-mai quatre ans de prison, avec mandat de dépôt, contre Patrick Balkany, deux ans ferme contre son épouse Isabelle, et dix ans d’inéligibilité contre eux deux.

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Acte II du procès Balkany

couple balkanyL’acte II du procès promet une plongée dans l’univers discret de l’offshore, avec ses montages virtuoses, de la Suisse au Panama, et ses comptes bancaires nichés au Liechtenstein ou à Singapour.

Après une première semaine consacrée à la fraude fiscale, le procès des époux Balkany a repris ce lundi à Paris pour un mois. Cette fois-ci s’ouvrira la page, bien plus lourde et complexe, du blanchiment et de la corruption. Isabelle Balkany, 71 ans, hospitalisée depuis une tentative de suicide début mai, n’est toujours pas là. Patrick Balkany, 70 ans, maire LR de Levallois-Perret, a perdu sa superbe de la première semaine.

L’air fatigué, les épaules légèrement voûtées, il fait soudain son âge, assis au côté de son fils Alexandre, venu répondre du blanchiment de la fraude fiscale reprochée à ses parents.

Au cours de cette nouvelle journée, Alexandre Balkany, costume sombre et mine grave, semble justement peu à l’aise. Il est soupçonné d’avoir « couvert » ses parents en souscrivant des baux fictifs.

Son avocat, ainsi que le collaborateur d’Eric Dupond-Moretti, Antoine Vey, ont tout deux demandé un renvoi au motif que les deux associations, qui s’étaient constituées partie civile et qui se sont à ce titre « exprimées longuement avant le procès » pour critiquer les Balkany, se désistent. La demande a été rejetée par le tribunal.

Acte II jusqu’au 20 juin
Le premier acte du procès s’est clos jeudi dernier par un réquisitoire cinglant contre un « acharnement à frauder »: le parquet national financier (PNF) a requis quatre ans de prison pour fraude fiscale, avec incarcération immédiate, contre Patrick Balkany, quatre ans dont deux avec sursis contre son épouse. Et l’inéligibilité maximale, dix ans, contre le maire et sa première adjointe.

L’acte II, qui occupera le tribunal jusqu’au 20 juin et dans lequel les Balkany encourent dix ans de prison, promet une plongée dans l’univers discret de l’offshore, avec ses montages virtuoses, de Suisse au Panama, et ses comptes bancaires nichés au Liechtenstein ou à Singapour.

L’audience a débuté avec l’examen de recours de la défense, demandes de renvoi du procès, requête en suspicion légitime, sursis à statuer  qui ont tous été rejetés par le tribunal, qui va maintenant s’attaquer à d’autres demandes procédurales.

Par ailleurs, après le rejet vendredi de la requête en récusation du président du tribunal correctionnel qui juge Patrick Balkany, le parquet général de la cour d’appel a refusé lundi de saisir la cour de cassation d’une requête en dépaysement. La défense du maire de Levallois a annoncé faire appel de ce refus.

« Blanchiment habituel »
Outre les Balkany, trois autres prévenus entrent en scène: l’homme de confiance des édiles de Levallois, Jean-Pierre Aubry, et l’ancien avocat Arnaud Claude. Les juges prêtent à ces fidèles un rôle central dans l’acquisition d’un somptueux riad à

Marrakech en janvier 2010
Manque à l’appel le richissime homme d’affaires saoudien Mohamed Al Jaber, représenté par son avocat à ce stade du procès et poursuivi pour corruption active.

Les Balkany, jugés notamment pour « blanchiment habituel de fraude fiscale aggravée », sont poursuivis pour avoir dissimulé au fisc plus de 13 millions d’euros d’avoirs entre 2007 et 2014, à l’aide d’un chapelet de sociétés écrans.

Enquête démarrée en 2013
En particulier deux somptueuses propriétés déjà au coeur du premier volet : le riad Dar Guycy de Marrakech, dont ils nient être propriétaires, et la villa Pamplemousse de Saint-Martin, qu’Isabelle Balkany a finalement reconnu avoir achetée grâce à un héritage.

Le promoteur Al Jaber est poursuivi pour corruption active, pour avoir réglé une partie du prix de la villa de Marrakech en échange de délais de paiement supplémentaires dans un juteux marché immobilier à Levallois. Ce qui vaut à Patrick Balkany d’être jugé également pour corruption passive.

Jean-Pierre Aubry et Arnaud Claude sont jugés pour avoir mis en place le montage opaque qui entoure le riad, cette enquête pour blanchiment et corruption avait démarré en 2013 après des révélations d’un ancien allié politique du couple, Didier Schuller. Elle avait conduit à l’ouverture d’une seconde enquête, pour fraude fiscale, après une plainte du fisc en 2015.

Dans ce premier dossier, il était reproché aux Balkany de n’avoir pas payé d’ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés à 16 millions d’euros, et d’avoir déclaré des revenus amplement sous-évalués entre 2009 et 2014. Le jugement dans ce premier volet est attendu le 13 septembre.

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Patrick Balkany a rendu « fou de rage » son avocat Eric Dupont-Moretti

balkany et dupont morretti.JPGLors d’une déclaration à la presse, au premier jour de son procès, le maire de Levallois-Perret avait interrompu son avocat qui s’était trompé sur son âge.

« J’étais fou de rage. » L’avocat Eric Dupont-Moretti n’a pas caché dans une interview auprès de la RTS avoir très mal pris l’intervention de son client au premier jour de son procès lors d’une déclaration à la presse. Patrick Balkany, jugé avec son épouse pour « fraude fiscale », « blanchiment de fraude fiscale » et « corruption active », avait interrompu son conseil pour le corriger sur son âge.

« Je suis vraiment fâché »
« Madame Balkany est dans un état psychologique très fragile, c’est incontestable. Son mari, qui a 71 ans, l’a découverte inanimée et la pensait morte … » avait commencé à déclarer Eric Dupond-Moretti devant les journalistes, avant d’être interrompu par le maire de Levallois-Perret : « Soixante et onze bientôt, ne me vieillissez pas. Soixante-dix, ça me suffit ! »

« Je suis vraiment fâché, parce qu’à ce moment-là, c’est moi qui avait la parole, il me corrige là-dessus et ça atténue évidemment la portée de mon propos », a expliqué l’avocat vendredi sur le plateau de la RTS. En a-t-il reparlé avec son client depuis ? « Secret professionnel », répond l’avocat, qui ajoute : « Imaginez ce que j’ai pu lui dire. »

Sa colère n’a cependant pas duré, semble-t-il. Me Dupont-Moretti assure ainsi n’avoir pensé abandonner le dossier « à aucun moment ». « Je le connais suffisamment pour voir que cette réaction-là, elle s’inscrit dans ce qu’il (Patrick Balknay) est au fond », avance l’avocat.

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Quatre ans de prison ferme requis contre Patrick Balkany

couple balkanyLe procureur du parquet national financier a requis quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt à l’encontre de Patrick Balkany.  Quatre ans ont également été réclamés pour Isabelle Balkany, dont deux avec sursis.

Patrick Balkany ne l’a pas quitté du regard une seule seconde. Au terme d’un réquisitoire, variant entre fermeté et ironie, le procureur du parquet national de Paris a requis quatre ans de prison ferme à l’encontre de Patrick Balkany, avec mandat de dépôt.

La même peine a été réclamée à l’encontre d’Isabelle Balkany, quatre ans dont deux avec sursis et sans mandat de dépôt « en raison de son état de santé ». A cette sanction, le magistrat a réclamé 10 ans d’inéligibilité et 10 ans d’interdiction professionnelle contre le couple.

« C’est le procès de l’élu du peuple, des habitants de Levallois-Perret qui a eu une relation tumultueuse avec l’administration de son pays », a tranché cinglant Arnaud de Laguiche. Il a déploré « les propos de celui qui se croit tout permis », rappelant le « Je me barre » lancé par Patrick Balkany à un juge d’instruction.

Pendant près d’1h30, le procureur a repris un par un les « manquements » des époux Balkany avec l’administration fiscale entre 2009 et 2014. Concernant les comptes à l’étranger, Arnaud de Laguiche l’a joué compréhensif. « Il n’est pas interdit d’avoir de l’argent à l’étranger, il faut juste le dire à l’administration fiscale », a-t-il estimé regrettant que le fisc ait dû « jouer au chat et à la souris » partant « de Levallois-Perret à Giverny, de la Suisse au Liechtenstein, du Panama aux Seychelles ». Pour le représentant du parquet, la preuve est établie que le couple a organisé un « schéma de fraude fiscale ».

« Un lapsus en forme d’aveu »
Le procureur s’est montré ironique quand il a a affirmé que les époux Balkany ont minoré la valeur de leur patrimoine immobilier, notamment la villa Pamplemousse, pour ne pas avoir à payer des impôts dessus. On nous a parlé d’un modeste bungalow, si modeste qu’il se louait 8.000 dollars la semaine (…). Il y a quelques difficultés à considérer que c’était un simple bungalow au bord de la mer ». Concernant la villa à Marrakech, il ne fait aucun doute pour le procureur qu’elle appartient au couple malgré le montage financier à coup de compte bancaire à Singapour, de commissions de l’étranger, et de prête-nom.

Le procureur en veut pour preuve les déclarations de Patrick Balkany mercredi à la barre lors que ce dernier était interrogé sur le nom de ce riad, formé de la contraction du prénom de ses petits-enfants. « Nous l’avons donné quand nous l’avons acheté, nous sommes rentrés dedans », avait-il déclaré. « Un lapsus en forme d’aveu », a estimé Arnaud de Laguiche.

Enfin, pour le procureur, il est impossible de savoir « d’où vient le magot des Balkany » mais qu’il est difficile de s’y retrouver dans cet « océan d’argent liquide ». Pour lui, il est établi qu’il y avait « une discordance manifeste » entre les revenus déclarés du couple et son train de vie. « Combien sont ceux qui nous ont dit qu’ils n’avaient jamais vu autant de billets de 500 euros ?« , questionne le magistrat, qui ne considère pas que l’héritage familial peut tout expliquer. « L’homme le plus honnête du monde », comme Patrick Balkany s’était auto-proclamé en 2013, se serait vu « rembourser » par le fisc 7.100 euros par an entre 2009 et 2014.  « Vous n’êtes pas un chien M. Balkany, vous êtes un homme debout face à vos juges. Mais vous êtes un grand fraudeur fiscal », conclut le procureur.