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Le procès en appel du couple Balkany aura lieu du 11 au 18 décembre prochain

époux BalkanyPatrick Balkany a été condamné à cinq ans de prison ferme pour « blanchiment de fraude fiscale » aggravé, ce vendredi, et son épouse a écopé de quatre ans de prison ferme. Le couple a cependant décidé de faire appel.

Le procès en appel pour fraude fiscale d’Isabelle et Patrick Balkany aura lieu du 11 au 18 décembre prochain devant la cour d’appel de Paris, a-t-on appris de sources concordantes ce vendredi.

Dans la journée ce vendredi, les édiles de Levallois-Perret avaient annoncé qu’ils allaient faire appel de leur condamnation pour blanchiment aggravé de fraude fiscale. Patrick Balkany a été condamné à 5 ans de prison ferme pour blanchiment, assortis d’un mandat de dépôt, mais a été relaxé s’agissant de la corruption. Sa femme, elle, a été condamnée à quatre ans de prison et 10 ans d’inéligibilité.

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Après leur condamnation, qu’est-ce qui attend les époux Balkany ?

époux BalkanyAprès une première condamnation ce vendredi pour fraude fiscale, les époux Balkany doivent se présenter une deuxième fois au tribunal le 18 octobre, pour des soupçons de blanchiment de fraude fiscale et corruption.

Un petit séisme dans le monde politique. Les époux Balkany ont été reconnus coupable par le tribunal correctionnel de Paris de tous les faits de fraude fiscale qui leur étaient reprochés, ce vendredi. Patrick Balkany, 71 ans, a été condamné à quatre ans de prison avec exécution immédiate de la peine, Isabelle Balkany à trois ans de prison, sans mandat de dépôt.

Ils ont également tous deux été condamnés à une peine de dix ans d’inéligibilité. Autre peine complémentaire, ils ont interdiction de diriger, administrer, gérer ou contrôler une entreprise pendant dix ans.

Comment va se poursuivre la procédure judiciaire pour les époux Balkany ?   L’avocat du maire de Levallois-Perret va interjeter la décision de justice alors que le couple doit également se rendre une nouvelle fois au tribunal de Paris pour le deuxième volet de leur jugement.

Demande de remise en liberté
Patrick Balkany a été immédiatement incarcéré à la prison de la Santé, située dans le 14e arrondissement de Paris, dans le quartier des personnes vulnérables (QPV). C’est dans ce quartier que se rendent les personnalités médiatiques ou qui pourraient craindre pour leur sécurité.

Son avocat, Antoine Vey, a annoncé sur notre antenne qu’une demande de mise en liberté a été déposée. Selon l’article 148-2 du Code de Procédure Pénale, la juridiction saisie, la cour d’appel de Paris dans ce cas, a deux mois pour statuer sur la demande. Patrick Balkany pourrait donc rester au moins deux mois derrière les barreaux.

Le deuxième avocat de Patrick Balkany, Eric Dupond-Moretti, va également interjeter appel la décision de justice.

Isabelle Balkany provisoirement à la tête de Levallois-Perret
Malgré sa condamnation à dix ans d’inéligibilité, Patrick Balkany reste maire de Levallois-Perret. Car, selon l’article L2122-16 du Code général des collectivité territoriales, « le maire et les adjoints » d’une municipalité, ne peuvent qu’être suspendus « par arrêté ministériel motivé pour une durée qui n’excède pas un mois » et « ils ne peuvent être révoqués que par décret motivé pris en conseil des ministres ».

Mais, étant actuellement empêché d’exercer son mandat à cause de son incarcération, il devra être provisoirement remplacé. Selon l’article L2122-17 du Code général des collectivité territoriales, « en cas d’absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l’ordre des nominations ». Isabelle Balkany, première adjointe, devrait donc remplacer son époux à la tête de Levallois-Perret.

Deuxième volet du procès
Les époux Balkany, jugés ce vendredi au tribunal correctionnel de Paris pour des faits de fraude fiscale, doivent s’y rendre une deuxième fois, le 18 octobre prochain, pour blanchiment de fraude fiscale et corruption.

En juin dernier, le parquet avait requis une peine de sept ans de prison avec incarcération immédiate pour Patrick Balkany et de quatre ans avec sursis pour son épouse.

Si le maire de Levallois-Perret est condamné dans ce deuxième volet, les deux peines peuvent se combiner mais ne doivent pas dépasser dix ans de prison, a précisé Laurent Isal, avocat fiscaliste.

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L’empire Balkany : une histoire de politique, de famille et de gros sous

BalkanyLigne Rouge revient ce lundi sur les années fastes en politique de Patrick Balkany et ses déboires judiciaires.

Lors de son procès pour fraude fiscale et corruption qui s’est ouvert en mai, le parquet national financier a requis 7 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité à son encontre. Verdict le 13 septembre.

Un caractère éruptif, une personnalité truculente et le symbole d’un système très controversé. Patrick Balkany défraye la chronique depuis près de quatre décennies. Dernièrement, c’est à des accusations de fraude fiscale et de corruption que l’édile de Levallois-Perret doit faire face. La justice, qui doit rendre son verdict le 13 septembre, lui reproche notamment d’avoir dissimulé 13 millions d’euros au fisc.

Une affaire de politique, de famille et de gros sous qui ne semble pas pour autant déstabiliser celui qui règne en maître sur cette ville cossue des Hauts-de-Seine. C’est sous les applaudissements du public, acquis à sa cause, que Patrick Balkany a fait son entrée, le 1er juillet, au premier conseil municipal suivant son procès. Malgré les sept années de prison et dix d’inéligibilité requises contre lui, le maire n’imagine pas ne pas être candidat aux municipales en 2020. Car depuis 1978, il est rompu à la politique.

Premiers pas en politiques et premiers écarts
Cette année-là, celui qui n’avait encore jamais quitté le très chic ouest parisien se lance à la conquête de l’Yonne pour les élections législatives. Pour ce galop d’essai, Patrick Balkany est vaincu mais le jeune loup de la politique a beaucoup appris et sait mettre à profit son expérience. Il part à l’assaut de Levallois-Perret, une mairie tenue depuis près de 20 ans par les communistes. Avec son épouse Isabelle Balkany, il forme un tandem incontournable et remporte sa première élection municipale en 1983, dès le 1er tour.

Le nouvel élu se transforme alors en maire bâtisseur. Finies les anciennes zones industrielles et les friches, place aux nouveaux quartiers résidentiels et aux immeubles de bureaux. Mais les premiers écarts arrivent vite …  Pendant neuf ans, de 1986 à 1995, Patrick Balkany a utilisé trois salariés municipaux comme employés de maison. Ils faisaient office de gouvernante, de valet de chambre ou de jardinier dans son moulin de Giverny, une propriété cossue avec tennis et piscine, ou dans son duplex de 500 mètres carré à Levallois-Perret.

La justice le rattrape en 1996. Les époux sont condamnés à 15 mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts. La maison Balkany se fissure: aux élections municipales de 1995, Patrick Balkany est détrôné. Son successeur, Olivier de Chazeaux, est stupéfait à son arrivée à la mairie. Il découvre l’étonnante gestion de son prédécesseur : « C’était une vraie politique bling bling » avec un parc automobile municipal des plus luxueux, livre-t-il à BFMTV pour l’enquête de Ligne Rouge.

Accusations de clientélisme et corruption
Mis à l’écart, Patrick Balkany garde toutefois un œil sur Levallois. Dans l’ombre, il s’active et repart en campagne pour les municipales de 2001, qu’il remporte. Depuis, Patrick Balkany ne quitte plus son fauteuil de maire. A chaque mandat, la même méthode: deux fois par an, pour les fêtes de fin d’année et lors du 14 juillet, les Levalloisiens de plus de 60 ans sont invités à venir retirer un cadeau en mairie.

Mais là où Patrick Balkany assure prendre simplement soin de ses administrés, l’opposition municipale y voit une pratique clientéliste. Et peu à peu, les accusations de corruption se frayent un chemin.

Hervé Boulmier, l’ancien collaborateur de Patrick Balkany, aujourd’hui fâché avec lui, évoque notamment « le mardi des promoteurs », un jour où des hommes arrivaient dans le bureau du maire avec « un attaché case bien gonflé et quand ils en ressortaient, la pochette était moins bombée ». Des soupçons qui n’ont pas été démontrés et qui n’ont pas donné lieu à des poursuites.

Montages et dissimulations
En 2013, les suspicions se renforcent grâce notamment aux révélations fracassantes de son ancien ami, Didier Schuller, condamné à un an de prison ferme dans l’affaire de financement politique dite des HLM des Hauts-de-Seine alors que Patrick Balkany a, lui, été relaxé. L’ami déçu tient sa vengeance grâce à un tuyau sur une villa de Marrakech avec « des preuves transmises à la justice ».

Les enquêteurs se penchent sur cette villa qui ne figure pas dans la déclaration de patrimoine des époux Balkany. Ils découvrent aussi une autre demeure située à Saint-Martin, dans les Antilles françaises. Ces deux propriétés sont dissimulées derrière des sociétés écrans et de complexes montages offshore. Le couple Balkany dément en être propriétaire. Pourtant, lors d’une audition, Isabelle Balkany finit par craquer. Elle reconnaît être la propriétaire de la villa Pamplemousse, un patrimoine qu’elle n’a jamais déclaré au fisc.

En revanche, le couple Balkany affirme toujours ne pas posséder la Villa Dar Gyucy de Marrakech, malgré des indices intrigants : lors d’une perquisition, les enquêteurs découvrent notamment un peignoir aux initiales de Patrick Balkany mais aussi des caisses de grand vin de Bordeaux à son nom.

Baron omniprésent
Le cadre de l’enquête s’élargit encore un peu, jusqu’au train de vie du couple qui, au quotidien, paye beaucoup en liquide.

Une employée de maison des Balkany raconte à BFMTV avoir « compté une liasse de billets qui était sur le bureau de leur chambre. Il y avait 8000 euros. C’était son argent de poche. Il avait même régulièrement des espèces dans les poches de son peignoir ». Lors du procès qui s’est ouvert le 13 mai dernier, l’accusation a dénoncé l’opacité de l’origine des fonds.

Patrick Balkany, lui, affirme que l’argent provient d’un compte familial en Suisse qui n’a jamais été déclaré. Insaisissable, comme si rien ne l’atteignait, l’homme politique trouve toujours une parade et ses déboires judiciaires ne semblent pas entacher sa popularité à Levallois. A 71 ans, le baron de la ville est toujours omniprésent, et n’a aucune intention de quitter la scène.

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Fin du procès Balkany : Eric Dupond-Moretti dénonce la « violence judiciaire » à l’encontre de son client

couple balkanyLe procès Balkany touche à sa fin. Ce mercredi, les derniers mots ont été accordés à la défense du maire de Levallois-Perret accusé de blanchiment de fraude fiscale et de corruption passive. Son avocat, Me Eric Dupond-Moretti, a réclamé une justice « mesurée ». Verdict le 18 octobre.

« Les années de prison réclamées contre Balkany sont monstrueuses, des crimes de sang n’atteignent pas de telles peines. » Ce mercredi, Eric Dupond-Moretti a présenté ses arguments pour la défense du maire de Levallois-Perret accusé de blanchiment de fraude fiscale et de corruption passive.

Pendant près d’une heure, le conseil a plaidé devant trois juges impassibles, réclamant une justice « mesurée » à l’égard de son client contre qui les procureurs ont requis 7 ans de prison ferme, son incarcération immédiate, 10 ans d’inéligibilité et la confiscation de tous ses biens.

avocat dupont moretti« J’ai âprement critiqué ce réquisitoire », a-t-il réagi devant la presse à la fin de sa plaidoirie. Il a attaqué sa diatribe en évoquant la « violence judiciaire, celle qui ne sent pas l’hémoglobine et qui porte un costume de satin et d’hermine. Condamner un innocent c’est terrifiant, condamner un coupable à une peine qu’il ne mérite pas c’est tout aussi terrifiant », a-t-il fait valoir devant les magistrats.

Il a poursuivi son plaidoyer en contestant le mandat de dépôt réclamé par les procureurs : c’est « un scandale, une humiliation qui interdit à Balkany d’user des voies de recours qui sont les siennes. Il s’est présenté à toutes les audiences, il n’y a aucune raison qu’il soit arrêté à la barre. »

« Il ne mérite pas les lourdes peines requises »
Eric Dupond-Moretti a ensuite joué sur l’émotion en rappelant l’âge de son client, septuagénaire. « Sa place n’est pas en prison quoi qu’il ait commis », a-t-il martelé avant d’affirmer que la fraude fiscale, reconnue par le couple Balkany, était un sport national il y a encore quelques années. Une telle infraction « ne mérite pas les lourdes peines requises » par les procureurs, qu’il a qualifiés de « chefs d’orchestre de la morale publique ».

Concernant les faits de corruption reprochés à Patrick Balkany, « nous les contestons pour des questions juridiques », a affirmé Me Dupond-Moretti. Les Balkany ont toujours nié détenir le riad de la palmeraie, acquis en janvier 2010 par une SCI marocaine, elle-même détenue par une société écran panaméenne aux titres au porteur. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales « PB », des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany et livrés dans la villa saharienne.

L’accusation affirme que Patrick Balkany s’est fait offrir cette villa par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour les Tours de Levallois, un juteux projet immobilier qui n’a finalement pas abouti. S’ils se sont parfois violemment opposés à l’audience, Patrick Balkany et Mohamed Al Jaber se sont accordés pour nier tout « pacte de corruption ».

Les « regrets » de Patrick Balkany
L’audience s’est achevée sur les mots de Patrick Balkany qui s’est avancé à la barre pour faire part de ses regrets.  « Bien sûr que j’ai des regrets, de ne pas avoir fait ce que j’aurais dû faire il y a longtemps. J’ai un autre regret, je le dois à mon fils, il n’avait rien à faire ici, il a été traîné en prison et au tribunal alors qu’il n’est responsable de rien », a-t-il déclamé avant d’exprimer son souhait de rester auprès de sa femme, en convalescence après une tentative de suicide début mai. « Elle a besoin de moi », a conclu Patrick Balkany.

Le jugement sera rendu le 13 septembre pour le volet concernant la fraude fiscale. Pour corruption et blanchiment de fraude fiscale, la décision sera rendue le 18 octobre.

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Procès Balkany : 7 ans ferme et 10 ans d’inéligibilité requis contre le maire de Levallois

couple balkanyAu terme de quatre semaines d’audience, le parquet national financier a requis 7 ans de prison ferme et 10 ans d’inéligibilité contre le maire de Levallois. 4 ans de prison avec sursis et 500.000 euros d’amende ont par ailleurs été requis contre Isabelle Balkany.

Après les années fastes en politique et les vacances au soleil, place au pilonnage de l’accusation. A l’issue de plus de trois heures de débats, le parquet national financier (PNF) a requis ce jeudi 7 ans de prison ferme, avec incarcération immédiate, et 10 années d’inéligibilité contre le maire de Levallois.

Sanction à la « hauteur de la gravité des faits »
« Cette sanction doit être à la hauteur de la gravité des faits de corruption et de blanchiment », a tranché le parquet, peu convaincu par les arguments avancés par Patrick Balkany durant les semaines d’audience.

« Patrick Balkany a toujours voulu servir les autres, mais servir les autres pour se servir c’est être corrompu » avait déjà déclaré le substitut du procureur avant les réquisitions. « On marche sur la tête, a réagi Eric Dupond-Moretti, l’avocat de Patrick Balkany. On requiert 7 ans pour avoir dissimulé la fraude fiscale. Mais il n’y a pas un fraudeur au monde qui met l’argent qu’il a planqué à la lumière. »

Les deux procureurs ont fait preuve d’un peu plus d’indulgence envers Isabelle Balkany qui a dit sa vérité avec habileté, ont-ils estimé avant de requérir 4 ans de prison avec sursis et 500.000 euros d’amende.

Entrelacs de sociétés écrans
Jugés devant le tribunal correctionnel de Paris, les Balkany sont soupçonnés d’avoir dissimulé au minimum 13 millions d’euros d’avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles, et Dar Guycy à Marrakech. Le PNF a également demandé la saisie des biens du couple, en particulier le luxueux moulin de Giverny, dans l’Eure, dont ils conservent l’usufruit.

Contrairement à la villa Pamplemousse achetée en 1997 à Saint-Martin, pour laquelle les enquêteurs ont démêlé un entrelacs de sociétés écrans et retrouvé le nom des Balkany, un épais nuage entoure la transaction marocaine de 2010. Le riad est la propriété d’une SCI marocaine, Dar Guycy, elle-même détenue à 99% par une société panaméenne créée par une fiduciaire suisse et dont le bénéficiaire déclaré est Jean-Pierre Aubry, ancien bras-droit de Patrick Balkany.

Amende de 100.000 euros requise contre le fils Balkany
Le PNF a par ailleurs requis quatre ans dont deux avec sursis et 150.000 euros d’amende contre le milliardaire saoudien, qui « a sciemment corrompu un élu de la République ». Contre Jean-Pierre Aubry, alors directeur général de la société d’aménagement de Levallois, « prête-nom jusqu’au sacrifice » pour son « maître » Patrick Balkany, le parquet a demandé trois ans dont un avec sursis et 150.000 euros d’amende.

Les procureurs ont réclamé quatre ans de prison dont deux avec sursis et une interdiction d’exercer à l’encontre de l’avocat Arnaud Claude, pour son « rôle central » de conseiller, aux côté de Jean-Pierre Aubry, dans le complexe montage entourant l’acquisition du riad. Contre le fils Balkany, Alexandre, poursuivi pour avoir « couvert » ses parents en souscrivant des baux de location fictifs du riad de la palmeraie, le PNF a demandé une amende de 100.000 euros.

« Outrance » et « indécence »
Au cours de ce procès « nous avons navigué entre l’outrance et l’indécence jusqu’à basculer parfois dans le grotesque ». « N’importe quoi », grommelle Patrick Balkany alors que son épouse est toujours absente des débats. Le vice-procureur s’est fait plus mesuré et a concédé avoir parfois « souri » aux explications du maire de Levallois, devant ses explications « tantôt cyniques, tantôt sincères ».

L’État français, seule partie civile du procès a réclamé, avant les réquisitions, un million d’euros de dommages et intérêts aux élus de Levallois-Perret, mais aussi à leur fils et à deux autres prévenus jugés pour blanchiment de fraude fiscale. Le procès reprendra lundi avec la plaidoirie des avocats de la défense. Le délibéré est attendu au mois de septembre.

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Absente à l’audience, Isabelle Balkany suit le procès sur Twitter

couple balkanyLa maire adjointe de Levallois-Perret, hospitalisée il y a un mois et demi après une tentative de suicide, est absente depuis le début du procès.

Absente du tribunal, Isabelle Balkany ne manque pourtant pas une miette des audiences. Depuis le début de son procès, notamment pour blanchiment de fraude fiscale, la maire-adjointe de Levallois-Perret suit le compte-rendu en temps réel des journalistes sur les réseaux sociaux.

« En pleine dépression »
Il y a un mois, après quelques jours d’audience, un journaliste s’était ainsi étonné de voir l’adjointe « aimer » un des messages postés sur Twitter.  « Elle suit les débats mais elle ne regarde pas la télévision », confirme le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany.

« Elle voulait vraiment venir. Mais les médecins disent qu’elle n’est pas capable de supporter ça maintenant. Elle est encore en pleine dépression », affirme-t-il. Isabelle Balkany est restée près d’un mois hospitalisée après une tentative de suicide le 1er Mai dernier.

Second réquisitoire attendu jeudi
Sa dépression a été évoquée dès le premier jour par son avocat dans une lettre qu’elle avait écrite pour le tribunal.  « Monsieur le président, je ne suis pas en mesure d’assister à l’audience. Le choc émotionnel provoqué par la médiatisation outrancière m’est devenu insupportable », expliquait l’adjointe de Levallois-Perret.

Dans le premier volet du procès portant sur le seul délit de fraude fiscale, le parquet national financier a requis mi-mai quatre ans de prison, avec mandat de dépôt, contre Patrick Balkany, deux ans ferme contre son épouse Isabelle, et dix ans d’inéligibilité contre eux deux. Le second réquisitoire, attendu jeudi, pourrait être bien plus lourd.

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Après quatre semaines, réquisitoire en vue au procès Balkany

couple balkanyLes époux Balkany sont poursuivis tous deux pour blanchiment habituel de fraude fiscale aggravée, chef auquel s’ajoute pour le seul Patrick Balkany, celui de corruption passive. Le réquisitoire est attendu mardi.

Coups de sang, théories rocambolesques et arithmétique offshore : le procès Balkany entre mardi dans sa dernière ligne droite, après quatre semaines au cours desquelles le maire de Levallois-Perret aura tout tenté pour n’apparaître que comme un « fraudeur passif » ayant la corruption en « horreur ». Jugés depuis le 13 mai devant le tribunal correctionnel de Paris, Patrick et Isabelle Balkany, maire et première adjointe de cette commune cossue de l’ouest parisien, encourent jusqu’à dix ans de prison pour blanchiment habituel de fraude fiscale aggravée et pour lui, corruption passive.

L’accusation leur reproche des années de dissimulation, d’un magot en Suisse à de somptueuses propriétés aux Antilles et au Maroc, masquées par un chapelet de sociétés-écran. Pour expliquer les débuts de l’aventure offshore dans les années 1980, couverts par la prescription, Patrick Balkany, 70 ans, convoque la mémoire de son père, résistant juif hongrois rescapé d’Auschwitz, qui lui aurait légué des avoirs en Suisse et des « lingots d’or », convertis en cash « qu’il fallait bien utiliser ». « Rien que de l’argent familial », en aucun cas des fonds occultes destinés alors à financer le RPR, comme l’ont soupçonné les juges, jure-t-il.

Outrances
Tout en avouant avoir omis de déclarer ce pactole, il s’indigne que l’on fasse « le procès des Juifs qui après la Libération ont pris leurs dispositions », suscitant des murmures outrés dans le public. Il est seul à la barre, en l’absence de sa meilleure alliée Isabelle, 71 ans, convalescente depuis une tentative de suicide juste avant l’ouverture du procès. Issue d’une grande famille bourgeoise, elle aussi avait parlé aux juges d’un « petit magot » suisse.

Dans la salle comme en dehors, il domine la scène, comme aux plus belles heures de ses conseils municipaux à Levallois, devant un public ébahi par son culot et sa gouaille. « L’audience la plus pop-corn de l’année », entend-on sur les bancs de la presse. Quand son avocat Eric Dupond-Moretti tente d’expliquer l’abattement d’un homme de 71 ans qui a retrouvé sa femme inanimée, il le coupe face caméra pour rectifier : « 70, ça me suffit. Vous verrez quand vous aurez mon âge ». Quand il s’installe pour l’audience consacrée au magot suisse, son portable résonne de la mélodie des « Tontons flingueurs », le film culte de Georges Lautner.

« Il y a des oranges partout »
Sur le fond, les Balkany ont reconnu être propriétaires d’une villa aux Antilles, Pamplemousse, mais toujours nié posséder un riad à Marrakech. L’accusation estime à plus de 13 millions d’euros les avoirs dissimulés au fisc entre 2007 et 2014. Le tonitruant maire se défausse toutefois sur « l’esprit suisse » pour expliquer le montage déployé autour de Pamplemousse par son banquier helvète, et invoque sa qualité d’élu pour justifier de n’avoir jamais déclaré ce coin de paradis antillais. « Oh, si j’avais pas été élu, je l’aurais fait depuis longtemps » assure-t-il. « On aurait aimé vivre comme tout le monde  »

Aux portes du désert, le débat se fait plus rude. Patrick Balkany – véritable propriétaire du riad détenu par des sociétés panaméennes au nom de son bras-droit, selon l’accusation, propose une rocambolesque histoire : celle d’un milliardaire saoudien qui voulait acheter « en secret » une villa clinquante à Marrakech. Le récit fait bondir l’intéressé, le promoteur Mohamed Al Jaber, poursuivi pour avoir réglé une partie du prix du riad en échange de délais de paiement supplémentaires dans un énorme contrat pour des tours jumelles à Levallois. Il répète que la maison n’est pas à lui.

Les tours ne sont jamais sorties de terre et Balkany n’a cessé d’afficher son mépris pour cet « escroc ». Ils ne s’accordent que sur une chose: « Il n’y a ni corrupteur, ni corrompu ». Les grains de sable se sont pourtant accumulés au riad, où ont été retrouvés des peignoirs brodés des initiales « PB » et baptisé « Dar Guycy », contraction des prénoms des petits-enfants Balkany Guyla et Lucie. « C’est peut-être un anglicisme sur les jus de fruits ?  ‘Juicy’… Là bas, il y a des oranges partout », tente Patrick Balkany.

Dans un premier volet portant sur le seul délit de fraude fiscale, le parquet national financier a requis mi-mai quatre ans de prison, avec mandat de dépôt, contre Patrick Balkany, deux ans ferme contre son épouse Isabelle, et dix ans d’inéligibilité contre eux deux.