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Vincent Lambert : son épouse Rachel « extrêmement malheureuse » après la reprise des traitements

affaire vincent lambertL’avocat de Rachel Lambert, l’épouse de Vincent Lambert, quadragénaire tétraplégique en état végétatif depuis 2008, a fait savoir que sa cliente souhaitait engager une procédure contre l’État et qu’elle avait porté plainte contre X, après les scènes de liesse de l’avocat des parents de Vincent Lambert lundi.

Alors que la cour d’appel de Paris a ordonné lundi soir la reprise des traitements de Vincent Lambert, qui a été effective ce mardi matin, l’avocat de son épouse, Rachel Lambert, confie  mardi à BFMTV que celle-ci est « extrêmement malheureuse » et qu’elle souhaite « engager une procédure contre l’État ».

Rachel Lambert est engagée dans une bataille judiciaire depuis plusieurs années contre les parents de Vincent, son mari tétraplégique en état végétatif depuis un accident de voiture il y a plus de 10 ans. Ces derniers refusent catégoriquement l’arrêt des traitements de leur fils, alors que son épouse y est favorable, tout comme le neveu de Vincent Lambert et plusieurs de ses frères et sœurs.

À l’annonce de l’arrêt des traitements lundi, celle-ci s’était dite sur RTL « soulagée » et avait lancé un appel à « la dignité ». Mais lundi soir, la cour d’appel de Paris a annoncé que les traitements allaient reprendre.

Rachel Lambert veut « engager une procédure contre l’État »
« Nous sommes dans l’attente d’un éventuel pourvoi en cassation, mais c’est à l’hôpital de Reims de prendre la décision », a fait savoir Me Francis Fossier, l’avocat de Rachel Lambert, à BFMTV ce mardi soir.

« Nous souhaitons engager une procédure contre l’État français, c’est à lui de se défendre et d’expliquer comment (il a pu) prendre cette décision sans entendre la tutrice et la co-tutrice », poursuit-il, qualifiant cette décision de « très étonnante ».

L’avocat indique à BFMTV avoir « porté plainte contre X » et a jugé « très choquantes (…) les vidéos diffusées et les propos relayés mardi par les avocats des parents de Vincent Lambert ». François, le neveu de Vincent Lambert, s’était lui-aussi dit scandalisé par les images « obscènes » de liesse devant les caméras de télévision lundi soir.

« Nous sommes choqués par les réactions de liesse »
« Nous sommes choqués par les images et réactions de liesse observées hier soir. Nous ne souhaitons même pas les commenter », a-t-il affirmé, avant de préciser que Rachel était « extrêmement malheureuse » et qu’elle était « désormais rentrée chez elle se reposer ».

« Je n’ose même pas imaginer ni commenter ce que Vincent penserait s’il était conscient de tout cela. C’est un degré d’indignité insupportable qui est atteint. Tout cela n’est que mensonge », a ajouté le conseil.

« Les médecins sont des professionnels très compétents,  si Rachel et les médecins pensaient un instant que Vincent pouvait être conscient et communiquer avec eux, on ne livrerait pas ce combat », a-t-il défendu.

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Vincent Lambert : « sa hantise était de finir comme un légume », raconte son neveu

affaire vincent lambertLe neveu de Vincent Lambert s’est aussi dit « écœuré » ce mardi sur notre antenne de l’attitude de l’avocat des parents et des images de liesse après l’annonce de la reprise des traitements pour le quadragénaire tétraplégique.

François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, interrogé sur notre antenne  mardi après-midi, affirme que son oncle paraplégique dans un état végétatif depuis 10 ans lui avait confié avant son accident que « sa hantise était de finir comme un légume ».

Les parents de Vincent Lambert se déchirent depuis de longues années avec sa femme et son neveu, ainsi que plusieurs frères et sœurs du patient, car ils refusent catégoriquement l’arrêt des traitements de leur fils. Leur interruption, décidée après plusieurs décisions de justice, avait démarré lundi matin.

Rachel Lambert, l’épouse de Vincent Lambert, s’était dite « soulagée » et avait lancé un appel à « la dignité ». Mais à la surprise générale, la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise immédiate des traitements lundi soir. Ils ont donc repris ce mardi matin.

Il en avait parlé « à sa femme et à son frère »
« Je trouve que ça veut dire quelque chose, même si ce n’est pas très précis », a déclaré François Lambert sur notre antenne. « À sa femme et à son frère, il en a parlé après un stage en réanimation où il avait vu des personnes dans l’état où il est maintenant. C’était déjà beaucoup plus précis, il savait quels étaient ces états-là », se souvient François Lambert.

Selon lui, « la raison pour laquelle il n’en a pas parlé avec ses parents, ce n’est pas pour rien, c’est parce qu’il savait que ce n’était pas forcément souhaitable de leur parler de ça. À nous, il nous a dit autre chose ».

Plus tôt dans la journée, François Lambert s’est dit « écœuré » et a jugé « complètement obscènes » les images de liesse des avocats et soutiens des parents de son oncle après la reprise des traitements de Vincent Lambert, ordonnée lundi soir par la justice lors d’un coup de théâtre.

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Fin de vie : les directives anticipées, un dispositif pour faire entendre sa voix, même réduit au silence

affaire vincent lambertLe litige dramatique autour de Vincent Lambert montre avec plus d’acuité encore l’importance de la rédaction de directives anticipées pour chacun. Dans ces dernières, l’individu précise ses volontés au cas où il ne pourrait plus les exprimer une fois parvenu en fin de vie.

A la racine de la terrible bataille juridique autour de Vincent Lambert réside l’impossibilité pour l’intéressé, plongé dans un état de conscience minimal, de faire entendre sa voix. Comment, évidemment, se faire une idée de ce que serait sa volonté quant à la poursuite ou non des soins dans la situation qui est aujourd’hui la sienne ?

Il existe cependant une manière, prévue par la loi, en l’occurrence l’article 8 de la loi du 3 février 2016, de se prémunir contre un tel drame nourri d’intentions aussi indémêlables qu’invisibles. « J’insiste pour que les Français fassent des directives anticipées et désignent des personnes de confiance », a ainsi lancé ce mardi sur notre plateau Jonathan Denis, secrétaire général de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Une initiative propre à chacun
Toute personne majeure peut rédiger ses propres directives anticipées, anticipant ainsi sur une éventuelle incapacité à dire son mot sur « les conditions de la poursuite, de la limitation, de l’arrêt ou du refus de traitement ou d’acte médicaux », d’après les termes de l’article 8, une fois arrivé en fin de vie.

Le site service-public.fr, sur lequel on peut trouver des modèles de rédaction, précise encore le champ d’application de ces directives : « limiter ou arrêter les traitements en cours, être transféré en réanimation si l’état de santé le requiert, être mis sous respiration artificielle, subir une intervention chirurgicale, être soulagé de ses souffrances même si cela a pour effet de mener au décès ».

Il faut noter qu’une personne sous tutelle peut elle aussi établir pareil document avec l’autorisation du juge ou de l’éventuel conseil de famille.

Les directives doivent être couchées sur papier libre, datées et signées. Le rédacteur peut écrire sa volonté en pleine santé, comme atteint par la maladie. Cependant, dans ce dernier cas, s’il vient à être trop diminué pour composer lui-même le texte, l’individu peut faire appel à deux témoins dont sa « personne de confiance ».

directive a et b

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Car il faut faire et faire connaître. Si le médecin est tenu de s’enquérir de l’existence de directives anticipées quand la circonstance l’exige, encore faut-il que l’entourage soit mis dans la confidence. Il est donc indispensable de s’ouvrir à ses proches de la composition du document, et de sa localisation. On peut également le confier à son médecin traitant voire le verser dans son dossier médical partagé si on en dispose.

Dans le cas d’un patient en fin de vie, incapable de s’exprimer, les directives anticipées devront s’imposer aux soignants, à l’exception de deux situations bien définies: une urgence vitale avant l’achèvement de l’évaluation complète du document, ou s’il apparaît que les directives sont « manifestement inappropriées ou non conforme à la situation médicale », dit encore le site service-public.fr. C’est une décision collégiale qui doit déterminer que les directives ne correspondent pas à la situation présente.

Bien sûr, ces directives anticipées sont modifiables ou révocables par leur rédacteur si ce dernier souhaite revenir sur ses positions ou les amender.

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Les parents de Vincent Lambert veulent son transfert dans une unité pour patients handicapés

affaire vincent lambertPierre et Viviane Lambert, parents de Vincent Lambert, ont demandé ce mardi le transfert de leur fils dans une unité spécialisée pour patients handicapés et veulent le voir quitter le CHU de Reims.

Alors que la reprise des traitements concernant Vincent Lambert vient d’être constatée ce mardi, après la décision la veille de la Cour d’appel de Paris, ses parents, Pierre et Viviane Lambert, ont formulé une nouvelle demande. Ils désirent que leur fils, plongé dans un état de conscience minimal, soit transféré dans un autre hôpital que le CHU de Reims où il est alité, et installé dans une unité spécialisée pour patients handicapés.

Les avocats des parents de Vincent Lambert ont commenté ces deux éléments. Maître Jean Paillot s’est ainsi félicité de la reprise des traitements auprès de l’AFP : « Nous avons avons le plaisir de vous annoncer que le docteur Sanchez et le CHU ont remis en place l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert et ont arrêté sa sédation continue ».

« Le CHU de Reims s’est décrédibilisé », lance un des avocats des parents
Son confrère, maître Jérôme Triomphe, a quant à lui annoncé la volonté parentale de transfert de Vincent Lambert vers une unité spécialisée.

« Le CHU, par le biais de sa direction générale mais également par le biais du docteur Sanchez, s’est définitivement décrédibilisé. Ils n’ont aujourd’hui plus aucune légitimité à garder Vincent après avoir violé les mesures provisoires édictées par le comité pour les droits des personnes handicapées.

Ils n’ont plus aucune légitimité à garder Vincent dans ce qui est redevenu un sinistre couloir de la mort. Notre combat aujourd’hui, c’est le transfert de Vincent dans une unité spécialisée où il sera pris de manière bienveillante par des spécialistes et plus par ce CHU qui n’a fait de lui qu’un mort en sursis pendant de si longues années », a développé l’avocat des parents de Vincent Lambert.

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Affaire Vincent Lambert : à partir de quand un patient est-il considéré « en fin de vie » ?

affaire vincent lambertAu lendemain de la décision de la cour d’appel de Paris, les traitements pour maintenir Vincent Lambert en vie ont repris. Ce nouveau rebondissement replace au cœur du débat la question de la fin de vie.

C’est un énième coup de théâtre dans cette affaire qui a déjà connu de nombreux rebondissements judiciaires depuis 2013. Lundi soir, la cour d’appel de Paris a ordonné le rétablissement des traitements visant à maintenir en vie Vincent Lambert, en état végétatif depuis 10 ans.

Cette décision, qualifiée par certains de « sadisme pur », a été saluée par Me Jean Paillot, avocat des parents, qui considère que Vincent Lambert « n’est ni malade, ni en fin de vie ». Invité sur notre antenne ce mardi matin, Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale a lui aussi estimé que la cour d’appel avait reconnu que « Vincent Lambert était un handicapé et non une personne en fin de vie ou atteinte d’une maladie chronique pour laquelle il n’y a plus de ressources thérapeutiques ».

Obstination déraisonnable
Depuis 2013, « le spectacle du déchirement de la famille de Vincent Lambert (…) hante nos esprits », écrit le médecin responsable de l’unité mobile de soins palliatifs au CHU de Montpellier, Jean-Pierre Bénézech, dans l’ouvrage Le palliatif est un soin de la société.

« Il s’agit bien d’un échec, d’un contre-exemple de ce que nous vivons de façon presque quotidienne dans nos équipes : la possibilité de trouver un consensus entre famille et soignants pour acter que la fin de vie est là et qu’il est raisonnable de limiter nos thérapeutiques en conséquence ».

Quels sont les critères qui permettent de reconnaître qu’une personne est en fin de vie ? Le débat est « loin d’être clos », confie à BFMTV.com un membre du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (SPFV). « C’est une position qui doit être évaluée au cas par cas en plaçant le curseur sur l’obstination déraisonnable », nous explique-t-on avec prudence.

Pour Régis Aubry, médecin chef du département de soins palliatifs du CHU de Besançon et président de l’Observatoire national de la fin de vie, « on met un patient en fin de vie quand les traitements qu’il reçoit n’ont plus d’effets. Le droit autorise l’arrêt des traitements dès lors qu’ils apparaissent déraisonnables, il prévoit de lutter contre l’acharnement thérapeutique », explique-t-il à BFMTV.com.

Dans un article intitulé La fin de vie : une notion pour une pluralité de situations, Marie-Jo Thiel, membre du Centre européen d’enseignement et de recherche en éthique, précise que « la notion de fin de vie sert à exiger la sortie de pratiques médicales intensives, dont il est devenu évident que le sujet ne peut plus bénéficier (voire n’en subit que les inconvénients) ».

Pronostic vital engagé à « court terme »
C’est ce que prévoit la loi Léonetti-Claeys de 2016, qui dispose que les patients atteints « d’une affection grave et incurable, dont le pronostic vital est engagé à court terme » et présentant « une souffrance réfractaire aux traitements » peuvent, au regard de la loi de 2016, demander une « sédation profonde et continue (…) associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie ».

« L’interrogation demeure sur la notion de ‘court terme’ », souligne le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie.

La société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a tenté d’éclaircir cette notion en précisant qu’ »un pronostic vital engagé à court terme correspond à une espérance de vie de quelques heures à quelques jours ». Mais pour Régis Aubry, « tant que le patient reçoit une alimentation et une hydratation, comme c’est le cas pour Vincent Lambert depuis le revirement de la cour d’appel lundi soir, on ne peut pas le considérer en fin de vie. Il est maintenu en vie de manière artificielle ».

Les débats autours de la fin de vie ne trouvent pas de réponse ferme et définitive, et le flou perdure autour de la situation de Vincent Lambert. Poussant même la justice à faire marche arrière. A la suite de la décision de la cour d’appel de Paris, l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert ont repris pour une durée de six mois, le temps que le comité international des droits des personnes handicapées étudie le dossier.

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Arrêt des traitements de Vincent Lambert : « soulagée », son épouse Rachel lance un appel à « la dignité »

affaire vincent lambert« Soulagée » de la décision des médecins qui ont lancé ce lundi l’arrêt des traitements de son mari, Rachel Lambert estime que le moment est désormais « à la dignité et à l’accompagnement ».

« Qu’on nous laisse en paix ». En opposition avec ses beaux-parents sur le sort de son époux Vincent Lambert depuis de longues années, Rachel Lambert lance un appel à « la dignité ». Au micro de RTL, la jeune femme, qui réclamait la fin de l’acharnement thérapeutique, confie « faire abstraction de tout » alors que l’équipe médicale de son mari vient d’entamer ce lundi l’arrêt de ses traitements.

« Le moment est à la dignité, à l’accompagnement, c’est le temps de l’accompagnement et de l’amour », estime Rachel Lambert, qui reconnaît que « chacun peut avoir son opinion et ses propres convictions ».  Elle rappelle toutefois que « la liberté de Vincent n’entrave en rien la liberté des autres ». « Le voir partir, c’est le voir en homme libre », assure-t-elle, tout en réclamant qu’on les « laisse en paix dans l’intimité et la dignité ».

« On a tout essayé »
Interrogé sur notre antenne, l’avocat de Rachel Lambert confie que sa cliente, désignée tutrice de son époux en 2016, est « vraiment soulagée ». « On n’a pas d’autre solution que d’accepter, puisqu’il n’y a aucun moyen de contacter Vincent Lambert et d’établir un dialogue avec lui », affirme Maître Francis Fossier, après avoir rappelé toutes les procédures qui ont été menées par diverses équipes médicales depuis 10 ans pour tenter d’entrer en contact avec lui.

« On a tout essayé pour essayer d’échanger avec Vincent Lambert, et c’est une fois que tous les médecins se sont aperçus que c’était de l’obstination déraisonnable et qu’on n’arriverait pas à entrer en contact avec lui que la décision d’arrêter ses traitements a été prise », rappelle Francis Fossier.

« Contre-vérités »
« Ce qui nous choque profondément, ce sont les contre-vérités qui sont diffusées en permanence depuis quelques jours pour essayer de s’attirer l’opinion à soi », déclare l’avocat qui évoque la diffusion, par les parents de Vincent Lambert, d’une vidéo de leur fils sur son lit d’hôpital dans laquelle il semble triste.

La dernière indignité est d’avoir diffusé une vidéo sans l’accord de la tutrice. Une plainte va être déposée ce lundi soir. Elle est rédigée, le procureur est prévenu, on attend l’accord de Rachel Lambert », déclare-t-il.

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Arrêt des traitements de Vincent Lambert : un long processus très encadré jusqu’à son décès

affaire vincent lambertSes parents avaient saisi la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour demander le maintien des traitements prodigués à leur fils. Un recours rejeté par la Cour européenne, ce lundi.

Ce lundi matin, l’arrêt des traitements de Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique devenu tétraplégique à la suite d’un accident de la route en 2008, et depuis maintenu dans un état végétatif, a débuté au CHU de Reims.

« C’est une honte, un scandale absolu, ils n’ont même pas pu embrasser leur fils », a réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Me Jean Paillot, avocat des parents, farouchement opposés à l’interruption des traitements, et qui ont saisi quelques heures plus tard la Cour européenne des droits de l’Homme selon une procédure d’urgence pour demander le maintien des traitements prodigués à leur fils.

Dans l’attente d’une décision finale, le processus devrait se poursuivre. Comment va se passer l’arrêt des traitements de Vincent Lambert ?  Quelle différence avec l’euthanasie ?   L’arrêt des traitements obéit à un cadre strict, du point de vue de la loi comme de l’éthique.

Comment arrête-t-on les traitements ?
Les médecins vont arrêter la nutrition et l’hydratation artificielles qui sont prodiguées à Vincent Lambert, tout en mettant en œuvre une « sédation profonde et continue » jusqu’à sa mort. Cette procédure est encadrée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdit l’euthanasie et le suicide assisté mais autorise l’arrêt des traitements en cas « d’obstination déraisonnable ».

Selon cette loi, les traitements peuvent être « suspendus » lorsqu’ils « apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », toutefois cette décision doit être prise de manière collégiale par les médecins.

Dans le cas de personnes qui ne peuvent pas exprimer leur volonté, comme Vincent Lambert, la « sédation profonde et continue jusqu’au décès » est « une mesure de précaution » pour être sûr « que le patient ne souffre pas », selon des recommandations publiées l’an dernier par la Haute autorité de santé (HAS).

Pour la sédation, on utilise le midazolam en voie intraveineuse. Ce médicament de la famille des benzodiazépines est puissant et son action rapide. Avec l’arrêt simultané de l’hydratation et de l’alimentation, la mort survient aux alentours d’une semaine, explique le Dr Bernard Devalois, spécialiste des soins palliatifs à la maison de santé protestante de Bordeaux Bagatelle.

Vincent Lambert va-t-il « mourir de faim et de soif »?
C’est l’argument des opposants à l’arrêt des traitements, dont ses parents, soutenus par des associations catholiques. Au-delà du cas Lambert, l’argument est également utilisé dans un camp pourtant diamétralement opposé : les militants pro-euthanasie, qui jugent que la loi Claeys-Leonetti ne va pas assez loin pour les patients incurables.

Cet argument est en revanche réfuté par les spécialistes des soins palliatifs. « Vincent Lambert n’aura ni faim ni soif, il va mourir naturellement en quelques jours », fait valoir le Dr Devalois. « Les gens confondent la soif et la sécheresse de la bouche, poursuit-il. Dans le cas de M. Lambert, il n’y a pas de sensation de soif : pour avoir soif, il faut avoir conscience. »

Par ailleurs, la déshydratation peut renforcer le processus de sédation
Ainsi, Vincent Lambert ne devrait pas souffrir ?  « On pense que non. Mais il est vrai que symboliquement, l’idée de couper l’alimentation et l’apport en eau peut être choquant » explique une spécialiste des soins palliatifs dans les colonnes du Parisien de ce jour.

Quand les reins ne sont plus assez irrigués, ils cessent de fonctionner : c’est l’insuffisance rénale. Du coup, de nombreuses substances ne sont plus éliminées dans les urines et restent dans l’organisme. Or, certaines agissent sur le cerveau et entraînent des phénomènes naturels d’endormissement.

A quoi sera due sa mort ?
Au final, la mort de Vincent Lambert sera due à la défaillance des organes, qui cesseront de fonctionner après l’arrêt des traitements. Le rôle des reins est primordial : en raison de l’insuffisance rénale, le potassium s’accumulera dans le sang et finira par provoquer l’arrêt du cœur.

L’équipe soignante se doit d’accompagner le patient jusqu’au bout, avec des soins comme la toilette, le toucher-massage, les soins de bouche (compresses humidifiées contre la sécheresse…) ou des yeux (gouttes).  Le processus « n’est pas un arrêt des soins, c’est un arrêt du maintien artificiel en vie », corrige le Dr Devalois.

Quelle différence avec l’euthanasie ?
C’est le cœur du débat. Ses parents, un demi-frère et une sœur estiment que Vincent Lambert est un handicapé et que lui couper la nutrition et l’hydratation équivaut à une forme d’euthanasie.

A l’inverse, son épouse Rachel, cinq de ses frères et sœurs et son neveu dénoncent un « acharnement thérapeutique » en raison des lésions irréversibles causées à son cerveau lors de son accident de la route en 2008.

Leur point de vue a été conforté à plusieurs reprises par la justice, selon laquelle la poursuite du traitement traduirait bien « une obstination déraisonnable ».

« C’est une application exemplaire de la loi Claeys-Leonetti, qui interdit l’acharnement », selon le Dr Devalois. « Cela n’a rien à voir avec l’euthanasie par injection létale comme en Belgique », tranche-t-il pour conclure.