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Que pèse vraiment le « made in France » dans les achats des Français ?

Que pèse vraiment le made in France dans les achats des FrançaisSelon l’Insee, 81% de la consommation des ménages est « made in France ». Un taux qui masque d’importantes disparités entre les types de produits.

Le « made in France » est toujours en vogue. En 2015, la consommation de produits intégralement fabriqués dans l’Hexagone représentait 81% de la consommation totale des ménages, selon les derniers chiffres de l’Insee.

Soit plus de 1295 milliards d’euros sur un total de 1576 milliards. Dit autrement, seuls 19% des biens et services consommés par les Français étaient importés ou produits à partir de composants étrangers.

Mais ce taux masque de fortes différences entre les différents types de produits. Par exemple, la consommation de textiles, de produits de l’industrie de l’habillement ou du cuir et de la chaussure est importé à hauteur de 87%. À l’inverse, la consommation de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac est « made in France » à 60% (et donc importée à 40%).

Étant consommés en même temps qu’ils sont produits, les services « émanent souvent d’une chaîne d’activités située sur le territoire français » et sont donc mis en œuvre localement (restauration, santé, éducation, etc.), rappelle l’Insee. Résultat, leur consommation affiche logiquement le taux de « made in France » le plus élevé : 90,6%. Les 9,4% restants représentent les composants étrangers qui peuvent être importés pour satisfaire la production du service. Par exemple, un restaurateur qui servirait du steak argentin, du jambon de Parme ou des mangues andalouses.
infographie conso

Plus étonnant, les biens et services achetés par les ménages sont davantage « made in France » que ceux exportés par les entreprises françaises. La France est en effet un pays de transit important de biens qui seront directement réexportés (7%) chez nos voisins ainsi que de biens produits sur son sol mais avec des composants étrangers (27%).

Les retraités et les cadres consomment plus « made in France »
Certains ménages ont plus tendance à consommer du « made in France » que d’autres. C’est le cas des retraités mais également des cadres qui achètent généralement plus de produits « made in France » qu’un consommateur moyen. Il faut dire que les retraités ont des dépenses en logement plus élevées tandis que les cadres consomment davantage de services (culture, loisirs, hôtels, restaurants, etc …). Des postes de dépenses essentiellement « made in France ».

À l’inverse, les ouvriers et les agriculteurs consacrent une part plus importante de leur budget aux denrées alimentaires et aux boissons, et donc à des produits qui relèvent globalement moins du « made in France ». Même chose pour les familles nombreuses qui dépensent davantage dans l’habillement et dont la part du budget alloué au logement est plus faible.

Moins de 8% du contenu des produits consommés par les Français vient de Chine
Pour satisfaire intégralement la consommation des ménages, la France compte sur son principal partenaire commercial, à savoir l’Allemagne, qui fournit directement ou indirectement 13% des produits consommés dans l’Hexagone. Les États-Unis sont deuxièmes (8%) devant la Chine (7,7%) et le Royaume-Uni (6,7%), l’Espagne (6,5%), l’Italie (6,2%) et la Belgique (5,4%).

Les importations en provenance d’Allemagne sont particulièrement variées alors que celles d’autres pays sont davantage ciblées sur des produits spécifiques tels que les produits informatiques et le textile pour la Chine, les véhicules automobiles pour l’Espagne, les équipements électroniques et optiques pour la Suisse …

Et ailleurs ?
Avec une méthode de calcul quelque peu différente de celle l’Insee, l’OCDE fixe le taux de « made in » à 80% en France. Un niveau intermédiaire proche de celui du Royaume-Uni (79,8%), de l’Espagne (80,9%) voire de l’Italie (81,4%),

L’Irlande (56%), Malte (59%) et le Luxembourg (61%) ont les plus faibles taux de « made in ». À l’inverse, le Brésil (89%), les États-Unis (89%) et le Japon (87%) enregistrent la proportion la plus élevée de produits consommés fabriqués entièrement sur leur sol.

En moyenne, les pays dont la consommation intérieure est supérieure à 500 milliards de dollars ont un taux de « made in » plus fort que les autres (85,5% contre 75,5%). « Cela s’explique par un effet taille, c’est-à-dire la capacité du marché intérieur à satisfaire la demande finale intérieure », explique l’Insee.

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Des associations de consommateurs lancent une pétition pour que l’UE rende obligatoire le « Nutri-score »

Nutri-scoreSoulignant l’efficacité de ce dispositif dans les pays où il a été mis en place, les signataires la pétition espèrent recueillir un million de signatures, pour obtenir une réponse de la Commission européenne.

Plusieurs associations de consommateurs européens ont lancé ce lundi une pétition pour demander à la Commission européenne de rendre obligatoire le Nutri-score, un « étiquetage nutritionnel simplifié ayant fait la preuve de son efficacité » sur les produits alimentaires, et qui commence à être adopté par les industriels.

Déjà mis en place en France depuis l’automne 2017, mais de façon facultative en raison de la réglementation européenne actuelle, ainsi qu’en Belgique et en Espagne, ce système d’étiquetage est basé sur cinq lettres (A,B,C,D,E) et un code couleurs, du vert au rouge, selon la qualité nutritionnelle de l’aliment.

De par son caractère facultatif, il « peine à se développer dans les rayons », estime dans un communiqué l’association française UFC-Que Choisir, à l’origine de la pétition avec six autres : Test-Achat (Belgique), VZBV (Allemagne), Consumentenbond (Pays-Bas), OCU (Espagne), Federajca Konsumentow (Pologne) et EKPIZO (Grèce).

Un million de signatures nécessaires
Partant du principe que « la mauvaise qualité nutritionnelle d’un trop grand nombre d’aliments industriels est (l’)une des principales causes du taux élevé d’obésité, de maladies cardio-vasculaires et de diabète », et que « la complexité des tableaux (…) figurant sur les emballages aboutit à ce que 82% des consommateurs ne les comprennent pas », ces associations ont décidé d’agir.

« Un million de signatures sont nécessaires pour que la Commission réponde : alors, pour savoir ce que nous mangeons, protéger notre santé et inciter les industries à améliorer la composition de leurs produits, ensemble, exigeons de la Commission de rendre le Nutri-score obligatoire », exhortent-elles.

Selon ces associations, plusieurs études nationales et internationales ont souligné que le Nutri-score était « l’étiquetage nutritionnel simplifié le plus efficace » afin d’aider au quotidien les consommateurs dans leurs achats de produits alimentaires.

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Emmanuel Macron et Angela Merkel sont-ils au bord de la rupture ?

Emmanuel Macron et Angela MerkelLa chancelière conservatrice allemande a admis mercredi avoir des « confrontations » avec le président français, que ce dernier n’a pas niées. Un nouveau signe que le couple franco-allemand bat de l’aile à seulement quelques jours d’élections européennes cruciales.

Le couple franco-allemand aurait-il des difficultés à travailler main dans la main ?  Angela Merkel et Emmanuel Macron ont reconnu mercredi avoir des « confrontations ». A dix jours d’élections européennes à haut risque, la chancelière allemande a souligné ses divergences et désaccords avec le chef d’État français. Dans une interview publiée par plusieurs quotidiens européens dont le Süddeutsche Zeitung et Le Monde, elle a reconnu qu’il y avait des « différences de mentalité » et de « compréhension des rôles » entre eux.

Emmanuel Macron et Angela Merkel, « adversaires politiques »
Emmanuel Macron n’a pas nié ces divergences. Lors d’une conférence de presse à Paris, il a rétorqué qu’il s’agissait d’une « confrontation féconde ». « Nous devons accepter des désaccords momentanés, de ne pas totalement être d’accord sur tout, pour construire un compromis avec l’Allemagne pour pouvoir avancer », a-t-il fait valoir. Entre les lignes, notre éditorialiste politique Laurent Neumann comprend que « pendant encore 10 jours (jusqu’aux européennes, ndlr), Angela Merkel et Emmanuel Macron sont juste des adversaires politiques ».

« Angela Merkel est en campagne électorale et elle n’est pas dans le même camp politique qu’Emmanuel Macron. Les députés LaREM qui iront à Strasbourg à l’issue des élections européennes ne siégeront pas dans le même groupe que les députés conservateurs de Merkel qui seront dans le PPE. LaREM veut créer un groupe charnière de libéraux. Au Parlement de Strasbourg il y a une opposition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates. Donc d’un point de vue politique, Emmanuel Macron et Angela Merkel sont adversaires », développe-t-il.

D’après Christophe Barbier, éditorialiste politique à BFMTV, « Angela Merkel veut que les Allemands dominent le PPE et que le PPE domine le Parlement européen pour que l’Europe soit germano-centrée. C’est un peu déloyal. La solution pour ne pas aller dans le rapport de force c’est d’aller vers la fusion. Il faut déterminer un objectif commun et ensuite voir dans chacun des pays quelle solution on retient  parce qu’on n’a pas les mêmes cultures, les mêmes économies ni les mêmes traditions ».

La France « isolée dans l’Union européenne »
Cette « confrontation » souligne les difficultés d’Emmanuel Macron à faire bouger l’Europe, une faille sur laquelle a insisté Jordan Bardella, tête de liste RN, mercredi soir sur notre antenne. « Jamais la France n’a été aussi isolée dans l’Union européenne », a-t-il fait valoir lors d’un débat face à Nathalie Loiseau, tête de liste LaREM.

Ces derniers mois, les divergences se sont effectivement multipliées dans le couple franco-allemand, du gel de ventes d’armes à l’Arabie Saoudite décidé par l’Allemagne après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, au devenir de l’Union européenne, en passant par le Brexit et les reports accordés au Royaume-Uni.
Partenaire « solide »

Le président français avait déjà concédé fin avril avoir des désaccords avec l’Allemagne sur un certain nombre de sujets, et avait revendiqué la nécessité d’affirmer aussi « des positions françaises ».

« Angela Merkel a compris qu’en face d’elle, elle avait un partenaire solide. Le couple franco-allemand a longtemps été porté par l’Allemagne, aujourd’hui la relation est plus équilibrée et ça, Angela Merkel n’en a pas l’habitude », établit ce jeudi sur BFMTV Saïd Ahamada, porte-parole de LaREM à l’Assemblée nationale.  La chancelière nie toutefois une détérioration des relations avec la France, reconnaissant uniquement des « temporalités différentes » entre les deux dirigeants.

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Code de la route : un pigeon flashé en excès de vitesse par un radar automatique

pigeonSur Facebook, les autorités de la ville de Bocholt, en Allemagne, ont publié la photo d’un pigeon pris en flagrant délit d’excès de vitesse. Il avait été flashé à 45 km/h dans une rue limitée à 30 km/h en février dernier.

Pris en flagrant délit de vol, le contrevenant a pris la fuite. En février dernier, un radar fixe de la ville de Bocholt, en Allemagne, a flashé un individu à 45 km/h. Surprise, il s’agissait en fait d’un pigeon. Les autorités de la ville ont affiché le coupable sur les réseaux sociaux.

24 euros d’amende
Car, et ce même si le message à envoyer était urgent, le volatile n’avait pas le droit de circuler à une telle allure.  Son vol en rase-mottes dépassait la limitation à 30 km/h de cette ville de l’ouest de l’Allemagne. La municipalité a donc rappelé qu’avec un tel comportement, l’oiseau encourait au minimum 24 euros d’amende. Toutefois clémentes, les autorités ont fait savoir sur Facebook qu’elles ne lançaient pas d’appel à témoins.

Ce n’est pas la première fois que ces volatiles qui peuplent nos villes enfreignent le code de la route. Ils sont en effet des habitués des vols à vitesse grand V. En juillet 2016, une vidéo dans laquelle l’un d’eux s’élance à 100 km/h sur une autoroute des Pays-Bas avait impressionné les internautes.

A l’époque, France Info avait même demandé des explications à un spécialiste de la question. « On a déjà observé des pigeons à plus de 120 km/h sur 150 km de distance », expliquait alors Yves Degiovanni, classificateur pour les concours de pigeons voyageurs. Face à de telles prouesses, le volatile allemand semble donc battre de l’aile.

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Ce site internet allemand qui rachète et vend les livres d’occasion aux Français

monox siteMomox, vendeur de livres (et d’autres produits comme les CD/DVD ou jeu vidéo) rachetés aux particuliers sur Internet, compte un tiers de ses clients en France avec 2,5 millions d’acheteurs en ligne.

Originaire d’Allemagne, ce site a réalisé en 2018, 40 millions d’euros de ventes d’occasion en France, devenue son deuxième marché.

Le livre d’occasion séduit les grands lecteurs français comme en témoigne le dernier baromètre 2019 du centre national du livre : ils sont 53% à déclarer recourir à l’occasion (+ 13% depuis 2015). Sur ce marché du bouquin de seconde main en essor, les sites internet qui rachètent et vendent aux particuliers se font une place grandissante.

Aux côtés de ses rivaux français que sont gibert.com (site de l’éditeur éponyme) et vendre-livre.fr (Kiwibook), Momox, plateforme internet d’origine allemande, revendique désormais 7,5 millions d’acheteurs, dont un tiers de clients français, ce qui en ferait le deuxième marché du groupe après l’Allemagne, son marché domestique. Le site revendique avoir vendu 3,5 millions de livres en 2018 auprès de 1,2 millions de lecteurs français.

Momox vend jusqu’à 500.000 livres d’occasion certains mois
En chiffre d’affaires, Momox a enregistré 40 millions d’euros de ventes dans l’Hexagone avec des ventes en hausse de 25% l’an dernier, sachant que le site, qui revend des livres, son principal marché, mais aussi des CD, DVD et jeux vidéo, a affiché un chiffre d’affaires global de 200 millions d’euros en 2018. Ses ventes de livres d’occasion en France peuvent représenter jusqu’à 500.000 ouvrages mensuels sur les mois de pointe (septembre, novembre et décembre), le site proposant la gratuité des frais de livraison à partir de 15 euros de commande.

Pour l’activité de rachat de livres aux particuliers, le « modèle » commercial est classique : le site traite directement avec celui qui veut vendre ses livres. Via le site internet ou via une application mobile, le particulier vendeur scanne le code-barre de son livre, et si l’algorithme du site l’accepte, celui-ci lui suggère un prix de rachat. Le site mettra ensuite en vente l’ouvrage d’occasion à prix réduit par rapport au neuf. L’expédition des livres acceptés à la revente se fait alors aux frais du site, sans coût pour le vendeur, lequel sera payé quelques semaines plus tard.

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Mais ce « modèle » suppose que les livres expédiés soient aussi retenus par le site qui va les revendre, c’est à dire qu’ils soient jugés suffisamment en bon état selon les critères du site revendeur. Selon Momox, 90% des marchandises envoyées par les clients seraient conformes à ses standards en matière d’état des livres.

Mais, si le livre expédié est ensuite rejeté par le site de revente, le client devra régler 4 euros pour le récupérer et ce autant de fois qu’il aura de livres à récupérer. « Ces coûts résultent des coûts d’expédition normaux pour un retour et des coûts de traitement des articles par nos employés dans la logistique. Même les articles rejetés passent par les processus logistiques habituels » justifie le site allemand.

lecteur monox

Dans le cas où le livre est retenu, le particulier vendeur ne devra pas s’attendre à des miracles car le prix d’achat est déterminé par le site acquéreur à l’aide d’un algorithme. Celui-ci calcule le prix d’un article susceptible d’être revendu, selon le stock actuel de l’article, la demande et selon une estimation de la rapidité avec laquelle le site internet juge pouvoir revendre l’article, tirée de sa propre expérience. Le degré de nouveauté ou d’ancienneté du livre joue aussi un rôle dans la fixation du prix d’achat.

« Si le prix proposé se situe entre 0,15 et 0,25 euro, nous supposons un risque de revente élevé, car les facteurs décrits ci-dessus sont plutôt négatifs. En général, le prix d’achat d’un article est en moyenne d’environ 2 euros » explique t-on chez Momox.

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Jeûner, est-ce bon pour la santé ?

jec3bbner-est-ce-bon-pour-la-santc3a9.jpgDangereux, bénéfique, inconscient : on en dit tout, et son contraire.

Qu’en penser et qu’en attendre ?  Le point sur une pratique simple et ancienne pas si farfelue,  ni extrême.

Dans notre société de surabondance, où les troubles liés aux excès ou erreurs alimentaires explosent, le jeûne participe d’une démarche inverse qui, bien que ne faisant pas l’unanimité dans le milieu médical, compte de plus en plus de pratiquants convaincus, qui revendiquent meilleure énergie et réduction de certains troubles.

Arrêter de s’alimenter peut sembler paradoxal car nous croyons nos trois repas quotidiens impératifs à notre vitalité. Pourtant, le corps humain saurait gérer les périodes de jeûne grâce à ses réserves graisseuses : une femme « normale » (ou « sans excès de poids ») peut tenir 40 jours et certains grévistes de la faim ont atteint les 70 voire 80 jours. Non nourri, le corps met en place des stratégies pour se fournir en énergie : il puise dans ses réserves en glycogène, puis dans les acides aminés avant d’utiliser ses graisses, transformées par le foie en corps cétoniques aux effets coupe-faim.

Pourquoi jeûner ?
Pour la majorité de pratiquants, le jeûne est avant tout une parenthèse de complet repos digestif, dont le corps va profiter pour entreprendre un auto-nettoyage de ses déchets métaboliques et toxines. En cela, il participe d’une démarche globale engagée non pour maigrir, mais pour ralentir,  car on en profite pour se reposer et pratiquer des activités douces, retrouver sa vitalité et appréhender différemment l’acte de se nourrir. On distingue le jeûne complet, lors duquel on ne boit que de l’eau, du jeûne partiel pendant lequel on peut consommer un minimum de calories (de 250 à 300) apportées par des jus de légumes ou des bouillons.

Des jeûnes thérapeutiques encadrés
Le jeûne dit « thérapeutique » est ancien en Russie ou en Allemagne, et proposé dans des cliniques avec suivi médical, pour soulager des pathologies chroniques contre lesquelles la médecine classique reste démunie : allergies, arthrose, polyarthrite, problèmes de sommeil.  Des travaux menés sur des malades atteints notamment de polyarthrite montrent que le jeûne réduirait l’inflammation impliquée dans ces maladies.

Des études d’observance, parfois basées sur des diagnostics cliniques, montrent aussi une réduction du risque cardio-vasculaire, une régularisation des constantes biologiques (cholestérol LDL, triglycérides), et de la tension artérielle, ainsi que des effets sur la digestion, le sommeil ou la dermatite atopique. Elles restent souvent à petite échelle car difficiles à mener pour des raisons pratiques.

Enfin, d’après quatre études, dont les travaux de Professeur Valter D. Longo, le jeûne présenterait des effets positifs chez les patients cancéreux, car privées de carburant, les cellules tumorales sont plus sensibles au traitement. La publication de cas de malades ayant jeûné (en accord avec leur oncologue) la veille, le jour et le lendemain des séances de chimiothérapie note une baisse des effets secondaires indésirables (nausées, diarrhées, fatigue, perte de poids). Le jeûne n’est toutefois pas recommandé à tous. il faut être prudent, car certains patients sont dénutris. Par ailleurs, aucune étude n’a montré un effet préventif anti-cancer du jeûne.

Quelles précautions ?
Une récente étude américaine, publiée en 2018 par John S. Finnel, a suivi 768 patients ayant jeûné (sous contrôle médical) et a montré que certains troubles peuvent survenir pendant le jeûne, surtout les trois premiers jours, qui sont aussi les plus difficiles : fatigue, nausées, insomnies, maux de tête, douleurs dorsales. Dans la majorité des cas, ils restent légers et ne remettent en cause ni la santé, ni la suite du jeûne.

Toutefois, on peut conseiller d’effectuer un bilan médical avant son premier jeûne, et de consulter si les troubles ne s’estompent pas ou s’aggravent. La pratique est bien sûr interdite aux femmes enceintes ou allaitantes, ados, personnes âgées, sportifs.  Le ministère de la Santé recommande prudemment de l’effectuer dans une structure médicalisée mais il n’en existe pas en France. Certains lieux proposent un accompagnement non médicalisé par des pratiquants réguliers et naturopathes pour aider à gérer la pratique.

Pour s’initier moins de 36 heures : Une journée de jeûne hebdomadaire permet de se familiariser avec la pratique. On dîne le soir, on jeûne toute la journée du lendemain pour ne remanger que le soir (24 heures) ou même le lendemain matin suivant (36 heures).

Pour s’y mettre vraiment de 4 à 10 jours : Idéalement, on se prépare quelques jours avant, en réduisant progressivement ses apports et supprimant certains aliments.
J-5 : viandes, poissons et excitants (thé, café, alcool, chocolat).
J-4 : produits laitiers, légumineuses et oeufs.
J-3 : céréales et blé. Jusqu’au jeûne: on consomme des fruits et légumes, crus et cuits, avec des huiles végétales.
Après : on recommence à s’alimenter progressivement en réintégrant les aliments en sens inverse de leur suppression.

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Pauvreté : où se situent les Français par rapport à leurs voisins ?

pauvretéSelon l’Insee, la pauvreté monétaire touchait 13,6% de la population française en 2016. C’est le sixième taux le plus faible de l’Union européenne.

Il convient néanmoins d’analyser dans le même temps le taux de privation matérielle et sociale pour avoir une vision plus juste des inégalités de niveau de vie dans le continent.

Représentant 22% du PIB mondial, l’Union européenne s’affirme aujourd’hui comme la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis (24%). Cette performance ne saurait toutefois occulter les inégalités de niveau de vie persistantes entre les États-membres, avec d’un côté, les pays du Sud et de l’Est et de l’autre, les pays du Nord et de l’Ouest. Alors que certains n’hésitent pas à parler d’une Europe « en crise », ce tableau moins séduisant comptera sans doute parmi les principaux enjeux des élections européennes fin mai.

Pauvreté monétaire
En France, la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (20.624 euros en France), touchait en 2016 13,6% de la population, contre 17,3% au niveau de l’Union européenne (87 millions de personnes), selon l’Insee. L’Hexagone affiche ainsi le sixième taux de pauvreté monétaire le plus faible du bloc, en partie grâce à ses retraités qui sont relativement moins pauvres que chez nos voisins.

Dans l’UE, le taux de pauvreté monétaire oscille entre 10% de la population en République Tchèque et 25% en Roumanie. Mais les seuils de pauvreté pris en compte peuvent être très différents d’un pays à l’autre compte tenu des niveaux de vie médians particulièrement dispersés entre les États-membres. En effet, 60% du revenu médian en France n’est pas la même chose que 60% du revenu médian à Malte.

Le revenu médian français est par exemple quatre fois supérieur à celui de la Roumanie (4728 euros) et 25% inférieur à celui du Luxembourg (27.973 euros). Autrement dit, une personne considérée comme pauvre au Luxembourg pourrait potentiellement être très riche en Roumanie. C’est en ce sens que le taux de pauvreté monétaire manque de pertinence.

Privation matérielle et sociale
Pour comparer les niveaux de vie entre les pays de l’Union européenne, l’approche par le taux de pauvreté monétaire, qui n’est qu’une approche relative, se révèle donc limitée. Pour affiner son analyse, l’Insee s’appuie sur un outil complémentaire : le taux de privation matérielle et sociale.

Grâce à un questionnaire unifié fourni aux 28 États-membres, cet indicateur mesure la proportion de personnes se déclarant « incapables de couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».

15,7% de la population de l’UE, soit 78 millions de personnes, indique ainsi éprouver des difficultés dans au moins cinq postes de dépenses (logement, habillement, de loisirs, etc.) sur 13 et est donc considérée en situation de privation matérielle et sociale. Là encore, des écarts importants subsistent. La pauvreté matérielle et sociale touche notamment 3% de la population en Suède, contre 50% en Roumanie. Elle est de 9% en Allemagne et de 13% au Royaume-Uni.

Contrairement au taux de pauvreté monétaire, cet outil se base davantage sur un ressenti mais a le mérite d’être plus juste pour analyser la pauvreté en Europe en écartant de son champ d’application les écarts de niveaux de vie entre pays.

infographie pauvrete 1Le taux de privation matérielle est en outre généralement plus fortement corrélé au niveau de vie médian. De fait, six des sept pays dont le niveau de vie médian est inférieur à 10.000 SPA (standard pouvoir d’achat) ont un taux de privation supérieur à 24% quand tous les pays (à l’exception de l’Irlande) dont le niveau de vie médian est supérieur à 17.000 SPA, soit 12 pays sur 28, ont un taux de privation inférieur à 15%.

Quid de la France ?
En France, 12,7% de la population se dit en situation de privation matérielle et sociale. L’Hexagone se situe seulement au niveau de la médiane européenne. Au sein de l’Europe du Nord et de l’Ouest, il affiche le quatrième taux de privation le plus élevé.

Parmi les plus grandes difficultés financières éprouvées par les Français, 32,8% des individus (31,9% en Europe du Nord et de l’Ouest) en situation de privation matérielle et sociale disent ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, 24% (23,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile et 23,7% (20,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage.

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Paradoxalement, si les retraités français enregistrent le taux de pauvreté monétaire le plus faible de l’Union européenne, ils affichent le taux de privation matérielle et sociale le plus élevé des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest (9%).

Évolution de la pauvreté
Au total, un Français sur cinq est concerné par une des deux formes de pauvreté, contre moins de 15% de la population en Finlande et près de la moitié en Bulgarie et en Roumanie. 5,5% des Français cumulent par ailleurs pauvreté monétaire et pauvreté matérielle et sociale.

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Étonnamment, les deux taux de pauvreté n’évoluent pas toujours dans le même sens. En France, le taux de privation matérielle a baissé de manière continue entre 2009 et 2016 alors que le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2009, avant de se stabiliser. Les raisons de cette évolution contrastée « sont mal connues », souligne l’Insee, ajoutant que « cela pourrait s’expliquer entre autres, par la part subjective de l’autoévaluation des conditions de vie et le fait que les ménages auraient tendance à adapter leurs appréciations en temps de difficulté ».

Au niveau européen, cette même divergence a été observée à partir de 2013. Celle-ci pourrait s’expliquer « par le redressement du niveau de vie médian dans plusieurs pays améliorant les conditions de vie mais relevant mécaniquement le seuil de pauvreté monétaire », précise l’Institut de la statistique.

Les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés
Sans surprise, les chômeurs sont environ quatre fois plus touchés par les deux types de pauvreté que les actifs occupés. Sur ce point, la France fait partie des mauvais élèves avec un taux de chômage au sens du BIT de 9,4% en 2017, soit le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne.

Plus largement, c’est la main-d’œuvre sous-utilisée regroupant à la fois les individus sans emploi mais souhaitant travailler et les individus en emploi à temps partiel souhaitant accroître leur temps de travail qui est concernée par la pauvreté. Cette sous-utilisation de la main d’œuvre, plus fréquente chez les femmes et les non-diplômés, représente 15% de la population de l’Union européenne et 17,7% en France. Enfin, les familles monoparentales sont trois fois plus touchées que les couples sans enfants par la pauvreté dans l’Union européenne.

Insatisfaction
À noter que la part des personnes insatisfaites dans leur vie est la plus forte dans les pays où les taux de pauvreté monétaire et de privation matérielle et sociale sont les plus élevés. Mais la corrélation est encore plus prononcée avec ce dernier indicateur. Cela signifie que les européens déterminent davantage leur satisfaction par leurs conditions d’existence que par leur propre niveau de vie.

En France, près de 19% de la population déclarent avoir une faible satisfaction de leur vie, contre 21% dans l’Union européenne. Les Pays-Bas affichent le taux le plus faible (6%), à l’inverse de la Bulgarie (60%).