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Le parlement britannique publie un rapport au vitriol sur Facebook, «un gangster numérique»

facebookLes députés estiment que Facebook outrepasse allègrement la loi. Ils recommandent l’instauration d’un code de déontologie contraignant qui serait supervisé par une régulateur indépendant.

Les réseaux sociaux, en particulier Facebook, doivent être davantage régulés afin de les empêcher d’agir comme des « gangsters numériques » et de publier des infox, ont conclu des parlementaires britanniques dans un rapport très critique publié lundi. « Les entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des gangsters numériques dans le monde en ligne, en se considérant au-dessus des lois », souligne la Commission sur le numérique, la culture, les médias et le sport de la Chambre des communes (DCMS) dans ce document.

Durant plus d’un an, cette commission a enquêté sur le phénomène des « fake news » et son impact sur les récents scrutins au Royaume-Uni, dont le référendum sur le Brexit en juin 2016, s’attardant principalement sur les pratiques de Facebook. Le géant américain est empêtré dans plusieurs affaires, comme les accusations d’ingérence russe sur sa plateforme dans l’élection présidentielle américaine de 2016 mais aussi le scandale de l’exploitation par la firme Cambridge Analytica de données d’utilisateurs à leur insu à des fins politiques, de même qu’une faille de sécurité ayant conduit au piratage de millions de comptes.

Poursuites judiciaires et lourdes amendes
Pour lutter contre les « contenus préjudiciables » ou « illégaux » et protéger les données personnelles des utilisateurs, le rapport d’une centaine de pages recommande l’instauration d’un « code de déontologie contraignant », dont le respect serait assuré par un régulateur indépendant, habilité à déclencher des poursuites judiciaires et à infliger de lourdes amendes.

Le président de la commission, Damian Collins, a dit à l’AFP espérer que « d’ici la fin de l’année, il y ait une solide proposition de législation » établissant le fonctionnement de ce régulateur. « Ces entreprises ne sont pas juste des plateformes », « ne sont pas neutres » et ont une « responsabilité limitée pour le contenu posté » a souligné M. Collins.

Se disant « ouvert à une réglementation significative », Facebook a assuré ne pas avoir attendu la publication du rapport pour agir. « Nous avons déjà opéré des changements substantiels pour que toute annonce politique sur Facebook soit autorisée, mentionne son financement et soit ensuite classée dans des archives consultables durant sept ans », a détaillé Karim Palant, responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Facebook ne fait pas assez d’efforts
Il a affirmé que l’entreprise avait « triplé la taille de l’équipe œuvrant à détecter et protéger les utilisateurs de mauvais contenus (en la portant) à 30.000 personnes et investi massivement dans l’apprentissage automatique, l’intelligence artificielle et la technologie de vision par ordinateur pour aider à empêcher ce type d’abus ».

Mais les membres de la Commission britannique estiment que « Facebook ne fait pas assez pour lutter contre la désinformation et d’autres formes de contenu nuisibles, ni pour protéger la confidentialité des données et agit de manière agressive contre d’autres entreprises qui pourraient représenter une menace commerciale pour Facebook », a dit M. Collins à l’AFP.

Le rapport appelle également le gouvernement britannique à mener une « enquête indépendante » sur l’« influence étrangère », russe notamment, et la désinformation lors du référendum sur le Brexit, mais aussi les élections législatives anticipées de 2017 et le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014.

Mark Zuckerberg s’est montré méprisant
Le ministre de la Culture, Jeremy Wright, s’entretiendra cette semaine aux États-Unis avec des représentants des géants Google, Facebook, Twitter et Apple, a indiqué un porte-parole du gouvernement. L’exécutif devrait aussi publier un « livre blanc » dans le courant de cette année, énonçant des propositions pour sécuriser davantage les réseaux sociaux. Le patron du géant américain, Mark Zuckerberg, est également mis sur la sellette par les députés pour s’être dérobé à leurs convocations et avoir envoyé à sa place un de ses adjoints. « En choisissant de ne pas comparaître devant le Comité et en choisissant de ne répondre personnellement à aucune de nos invitations, Mark Zuckerberg a manifesté son mépris », souligne le rapport. Damian Collins l’a accusé d’avoir « manqué de leadership ».

Avant le Royaume-Uni, Facebook était déjà dans le viseur de la France et de l’Allemagne. Début février, le gendarme allemand de la concurrence a restreint l’exploitation par le groupe des données de ses utilisateurs en lui interdisant de piocher d’autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales, comme Instagram et WhatsApp. En novembre, le Parlement français avait adopté deux propositions de loi pour lutter contre « la manipulation de l’information » en période électorale.

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A Munich, le fossé se creuse entre États-Unis et Europe

Angela Merkel mike penceLa conférence internationale qui s’est achevée dimanche a mis en lumière les désaccords transatlantiques sur plusieurs dossiers cruciaux, sur fond de dislocation de l’ordre international.

Si certains avaient encore des illusions sur l’état de la relation transatlantique à l’ère Trump, la 55e conférence de Munich sur la sécurité, réunie du vendredi 15 au dimanche 17 février, devrait leur avoir ouvert les yeux pour de bon : tant les interventions publiques des dirigeants que les rencontres à huis clos entre délégations ont révélé au grand jour la dégradation spectaculaire des rapports entre l’Europe et les États-Unis sur plusieurs dossiers cruciaux, dans une atmosphère de plus en plus acrimonieuse et sur fond de dislocation de l’ordre international.

La fracture est allée en s’aggravant depuis que, en mai 2018, le président Trump a annoncé le retrait de Washington de l’accord multilatéral sur le nucléaire iranien (JCPOA), malgré les efforts déployés par le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et la première ministre britannique Theresa May pour l’en dissuader. Sans surprise, c’est à nouveau sur l’Iran que s’est cristallisée l’opposition entre les Européens et l’administration Trump ces derniers jours.

Discours moralisateur
A Varsovie, où les États-Unis avaient convoqué une réunion internationale, les 13 et 14 février, pour tenter de monter un front contre Téhéran, le vice-président américain Mike Pence a appelé les Européens à se retirer eux aussi du JCPOA, alors même que plusieurs pays de l’Union européenne (UE), dont la France et l’Allemagne, avaient ostensiblement refusé d’envoyer leur ministre des affaires étrangères à cette réunion.

M. Pence a ensuite fait le voyage à Munich, où devant un parterre de hauts-responsables européens, il a réitéré cette exigence, accompagnée de la demande à l’adresse des trois grands pays membres de l’UE (Allemagne, France, Royaume-Uni), de « cesser d’affaiblir les sanctions américaines contre l’Iran » allusion au mécanisme Instex récemment mis en place pour tenter de contourner l’extra-territorialité de ces sanctions en matière de commerce.

Le discours moralisateur débité par M. Pence à Munich, samedi 16 février, mêlant admonestations et reproches, sans même s’encombrer des habituelles fioritures transatlantiques sur la solidité des engagements des États-Unis à l’égard de leurs alliés ou au sein de l’OTAN, a reçu un accueil glacial.

Le vice-président a longuement évoqué la crise vénézuélienne, se félicitant cette fois-ci que « quelque 30 pays alliés en Europe » aient « suivi » les États-Unis pour reconnaître l’opposant Juan Guaido comme « seul président légitime » et priant l’UE d’en faire autant. Il a également mis en garde les Européens contre la société chinoise Huawei et les achats de gaz russe. « Sous Donald Trump, a-t-il conclu, les États-Unis sont de nouveau le leader du monde libre. »

Une partie du « monde libre », cependant, s’accommode visiblement assez mal des méthodes de ce leadership. Le ton n’est pas tout à fait nouveau pour les Européens, déjà secoués, en décembre 2018, par un discours très dur du secrétaire d’État Mike Pompeo à Bruxelles.

Mais au-delà du ton, les contentieux s’accumulent. Sur la Syrie, par exemple, les partenaires européens engagés militairement aux côtés des États-Unis sont furieux de la manière dont est organisé  ou plutôt n’est pas organisé,  le retrait de leurs troupes brusquement annoncé par M. Trump en décembre. Les alliés, selon un haut-responsable français, se trouvent « mis devant le fait accompli » par des dirigeants américains qui leur disent « on part, vous restez » et cherchent à leur faire porter la responsabilité d’une décision prise à la hâte. « J’ai abordé sans fard les questions que cela soulevait », a tweeté, vendredi, la ministre française de la défense, Florence Parly, à l’issue d’une réunion visiblement sans résultat de la coalition contre l’organisation État islamique (EI) avec les Américains.

Une critique en règle
Face à cet assaut, et en l’absence d’Emmanuel Macron qui, en raison de la situation tendue en France, avait renoncé à venir à Munich, c’est Angela Merkel qui s’est chargée de la riposte, dans un discours d’une fermeté sans précédent à l’égard des États-Unis. Que ce rôle soit revenu à la chancelière allemande, autrement dit à la dirigeante du pays qui, pendant plus d’un demi-siècle, fut le plus fidèle allié de Washington sur le continent européen, en dit long sur l’état délétère de la relation transatlantique.

Samedi matin, c’est à une critique en règle des positions de M. Trump que s’est livrée Mme Merkel. Sur le commerce, par exemple, où elle n’a pas hésité à se dire « choquée » par les récentes accusations de l’administration américaine qualifiant les importations d’automobiles européennes de menaces pour la sécurité nationale. « Si ces voitures deviennent soudainement une menace pour la sécurité des États-Unis, alors je trouve cela effrayant », s’est-elle indignée.

Sur les dossiers sécuritaires, Mme Merkel ne s’est pas davantage privée de faire la leçon au président américain, même si elle s’est gardée de prononcer une seule fois son nom. Si elle n’a pas manqué d’évoquer ses désaccords sur l’Iran et la Syrie, c’est surtout sur le retrait des États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (dit « traité FNI »), signé en 1987 par Washington et Moscou, qu’elle s’est attardée. A ses yeux, cette décision est « une très mauvaise nouvelle » car ce traité concerne au premier chef la « sécurité » des Européens, a-t-elle rappelé, avant d’inviter la Chine à se joindre aux Américains et aux Russes pour participer à des négociations sur le réarmement.

La proposition de Mme Merkel a cependant aussitôt été rejetée par le responsable des affaires internationales du parti communiste chinois, Yang Jiechi, également présent à Munich : « La Chine, a-t-il dit, développe ses capacités strictement en fonction de ce dont elle a besoin pour se défendre et ne pose aucune menace à qui que ce soit. Nous sommes donc opposés à la multi-latéralisation du traité FNI. »

« Se défait comme un puzzle »
De son côté, Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères russe, a voulu mettre à profit les « tensions » qu’il a constatées entre Américains et Européens pour appeler ces derniers à se rapprocher de la Russie et de la « communauté eurasiatique ». Malgré ses assurances sur la disponibilité de Moscou à discuter du renouvellement du traité New Start sur la limitation des armes nucléaires stratégiques, qui arrive à échéance en 2021, les experts se font peu d’illusions sur les chances de voir celui-ci aboutir.

Alors qu’elle s’apprête à quitter prochainement le pouvoir, au plus tard en 2021, Mme Merkel croit-elle encore possible, « dans ce monde qui se défait comme un puzzle », de « trouver des solutions partagées » ?  Si elle nourrit des doutes, elle ne les a, en tout cas, pas montrés, citant pour conclure une phrase prononcée, vendredi, par le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham : « Le multilatéralisme, c’est compliqué, mais c’est toujours plus simple que d’agir seul », avait-il déclaré. « J’ai été heureuse de l’entendre », s’est-elle félicitée avant de quitter la tribune sous une standing-ovation digne de celles qu’on réserve aux artistes que l’on croyait éternels et dont on s’aperçoit qu’ils font peut-être leur dernière tournée.

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A Munich, Angela Merkel fait l’éloge de sa méthode

angela merkelA l’occasion de cette conférence internationale sur la sécurité, la chancelière allemande a ciblé avec une fermeté inhabituelle la politique actuelle des États-Unis.

Beaucoup d’observateurs l’ont remarqué. Ces dernières semaines, la parole d’Angela Merkel s’est comme libérée. Un ton plus tranché, un verbe plus acéré. Comme si, sentant la fin de son long règne approcher, la chancelière allemande se souciait de plus en plus de son legs, du message qu’elle laissera avant de céder la place à d’autres, au plus tard en 2021 si sa coalition n’éclate pas d’ici là.

C’est donc un de ces discours testamentaires qu’a prononcé Mme Merkel, samedi 16 février, lors de la 55e conférence de Munich sur la sécurité. Sur la scène de la salle de réception du Bayerischer Hof, ce palace de la capitale bavaroise où chefs d’État et de gouvernement, ministres et experts en relations internationales se réunissent pendant trois jours, chaque hiver, pour discuter de la marche du monde, son intention était manifestement de frapper les esprits. Ce qu’elle a fait en ciblant avec une fermeté inhabituelle la politique actuelle des États-Unis.

Donald Trump dont le nom n’est pas prononcé
C’est sur le terrain du commerce que la chancelière a été la plus sévère, n’hésitant pas à se dire « choquée » par les récentes accusations de l’administration américaine qualifiant les automobiles européennes de menaces pour la sécurité nationale. « Si ces voitures deviennent soudainement une menace pour la sécurité des États-Unis, alors je trouve cela effrayant », a-t-elle déclaré, ajoutant que de telles accusations sont d’autant plus infondées que les constructeurs allemands sont eux-mêmes pourvoyeurs d’emplois outre-Atlantique. A commencer par BMW, dont « la plus grande usine au monde se trouve en Caroline du Sud » et non en Bavière, a-t-elle rappelé, suscitant de vifs applaudissements dans la salle.

Sur les questions sécuritaires, Mme Merkel a également dit à quel point elle était en désaccord avec Donald Trump  dont elle n’a toutefois jamais prononcé le nom, en particulier au sujet de sa décision de retirer les États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (dit « traité FNI »), signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Cette décision est « une très mauvaise nouvelle », a-t-elle déclaré, estimant celle-ci d’autant plus regrettable qu’elle avait été prise sans concertation avec les Européens, qui seraient pourtant les premiers menacés en cas de « course aveugle aux armements ».

Autre sujet : Nord Stream 2. Depuis des semaines, les États-Unis font monter la pression, en menaçant de sanctions les entreprises associées à la construction de ce gazoduc qui doit permettre d’acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz russe vers l’Allemagne, chaque année, en passant par la mer Baltique, et qui doit voir le jour avant fin 2019.

En soutenant ce projet, l’Allemagne n’accroît-elle pas dangereusement sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, comme le martèle Washington ? « Une molécule de gaz russe reste une molécule de gaz russe, qu’elle transite par l’Ukraine ou par la mer Baltique », a répondu la chancelière. « Si nous avons importé du gaz russe en si grande quantité pendant la guerre froide, je ne vois pas ce qui, dans la situation actuelle, devrait nous faire dire que la Russie ne doit plus être notre partenaire », a-t-elle ajouté, en faisant référence à sa jeunesse passée en ex-Allemagne de l’Est.

Rappeler les valeurs communes
De la part d’une chancelière allemande réputée « atlantiste », qui plus est dans une telle enceinte, de telles paroles ne sont pas anodines. Depuis sa création, en 1963, la conférence de Munich est un des lieux privilégiés du dialogue transatlantique, l’occasion, pour les dirigeants allemands, de rappeler leur attachement aux États-Unis et à l’OTAN.

Deux ans après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, la donne a changé. Et Mme Merkel qui, du temps de Barack Obama, était l’interlocutrice privilégiée de Washington en Europe, joue désormais un autre rôle : celle de vigie dont la priorité est désormais de rappeler, à un président américain qui a tendance à les oublier, les valeurs sur lesquelles s’est fondé le partenariat transatlantique après la seconde guerre mondiale.

Car Mme Merkel en est convaincue : plus que jamais, les relations internationales ont besoin de « structures », a-t-elle rappelé. En 2017, lors de sa précédente venue à la conférence de Munich sur la sécurité, elle s’était attardée sur l’importance de l’ONU. Cette fois, c’est sur le rôle de l’OTAN  dont l’utilité a été souvent mise en question par le président américain qu’elle s’est attardée.

« Nous avons besoin de l’OTAN en tant qu’ancre de stabilité dans une époque agitée. Nous en avons besoin en tant que communauté de valeurs », a-t-elle insisté, tout en précisant que l’augmentation des dépenses militaires de l’Allemagne était bien un « point essentiel » à ses yeux, alors que M. Trump ne cesse de rappeler aux membres de l’OTAN qu’ils doivent porter à 2 % la part de leur budget consacrée à la défense (elle est actuellement de 1,25 % en Allemagne).

Face à des États-Unis avec lesquels l’Allemagne est de moins en moins en phase, quelles sont les alternatives ?  A cette question, Mme Merkel n’a pas directement répondu, se contentant de pointer les risques de la politique menée par la Maison Blanche.

Sur la Syrie, par exemple : « Est-ce une bonne idée pour les Américains de se retirer soudainement et rapidement de Syrie ?  Cela ne renforcera-t-il pas encore la capacité de l’Iran et de la Russie d’exercer leur influence ? », a-t-elle ainsi interrogé. Même chose à propos de la décision de M. Trump de retirer les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Genève en juillet 2015. « Est-ce en déchirant l’accord existant que nous atteindrons notre objectif commun de contenir les effets potentiellement dangereux de la politique iranienne ? », a demandé la chancelière.

Mike Pence intraitable sur l’Iran
Mme Merkel le savait en prononçant son discours : sur beaucoup de sujets, sa parole risque de rester lettre morte et de se heurter à l’inflexibilité de ceux qu’elle veut rallier à ses vues. La suite de la conférence de Munich en a été la confirmation. Ainsi de l’Iran. « Le moment est venu que les partenaires européens se retirent de l’accord », a déclaré le vice-président américain Mike Pence, quelques minutes après elle, à la même tribune.

Même déconvenue sur le désarmement. « Nous sommes contre une multi-latéralisation du traité FNI », a fait savoir, un peu plus tard, le ministre chinois des affaires étrangères Jiang Jiechi. « Le désarmement est quelque chose qui nous concerne tous, et on se réjouirait si de telles négociations avaient lieu pas seulement avec les États-Unis, l’Europe et la Russie, mais aussi la Chine », avait pourtant tenté la chancelière, une heure plus tôt.

Privilégier le dialogue au soliloque, décider ensemble plutôt que faire cavalier seul.  Au fond, Mme Merkel conçoit les relations internationales comme la politique intérieure, comme une scène où on bâtit des coalitions et où on recherche des compromis. C’est le message qu’elle est venue délivrer à Munich, expliquant que, dans un monde qui « se défait comme un puzzle », la seule question qui compte est de savoir si l’on trouve des solutions « de façon partagée ou si on agit seul ».

Alors qu’elle s’apprête à quitter prochainement le pouvoir, Mme Merkel croit-elle encore que l’héritage peut être sauvé ?  Si elle nourrit des doutes, elle ne les a, en tout cas, pas montrés, citant pour conclure une phrase prononcée la veille par le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham : « Le multilatéralisme, c’est compliqué, mais c’est toujours plus simple que d’agir seul », avait déclaré l’Américain. « J’ai été heureuse de l’entendre », s’est félicitée la chancelière, avant de quitter la tribune sous une standing-ovation digne de celles qu’on réserve aux artistes que l’on croyait éternels et dont on s’aperçoit qu’ils font peut-être leur dernière tournée.

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Les États-Unis pourraient taxer les importations de voitures pour une raison « effrayante » selon Angela Merkel

angela merkel et donald trumpLe ministère du Commerce américain estime que les importations de voitures sont une menace pour la sécurité nationale.

La chancelière allemande juge cet argument « effrayant ». L’industrie germanique serait la première touchée par des taxes sur les importations américaines de voitures.

La chancelière allemande a jugé samedi « effrayant » que les États-Unis considèrent les automobiles européennes importées comme une menace pour la sécurité nationale, une mesure qui aggraverait encore les tensions americano-européennes.

« Si ces voitures […] deviennent soudainement une menace pour la sécurité des États-Unis, alors on trouve cela effrayant. Et je ne peux que souligner qu’il serait bon qu’on en arrive à de vrais pourparlers », a affirmé Angela Merkel. L’industrie automobile allemande serait la première concernée par des mesures douanières américaines.

S’exprimant à la conférence sur la sécurité de Munich, où le vice-président américain Mike Pence doit prendre la parole aussi, Angela Merkel a souligné que les voitures fabriquées en Bavière n’étaient pas plus une menace que les mêmes véhicules produits en Caroline du Sud où se « trouve la plus grande usine BMW au monde ».

Le ministère américain du Commerce a conclu que les voitures et les équipements automobiles importés menaçaient la sécurité nationale des États-Unis en affaiblissant leur industrie automobile, ont indiqué des sources concordantes à l’AFP. Le rapport du ministère devrait être remis au président Donald Trump d’ici la date butoir de dimanche soir. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles taxes douanières et intensifier les tensions avec l’Europe pour laquelle l’automobile est un point sensible.

Les groupes automobiles allemands, dont les géants Volkswagen, Daimler (Mercedes Benz), et BMW ont exporté 470.000 voitures de l’Allemagne vers les États-Unis en 2018, selon les chiffres de la fédération des constructeurs VDA, ce qui représente près d’un tiers de la valeur totale des exportations allemandes vers le pays.

Menace de nouvelles taxes sur les importations
En toile de fond, Washington agite la menace d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires pouvant atteindre 25% sur les importations de voitures et d’équipements automobiles, un épouvantail pour cette industrie en Europe et notamment en Allemagne.

Pour imposer des droits de douane supplémentaires en mars 2018 sur l’acier et l’aluminium importés, Donald Trump s’était servi d’une procédure rarement invoquée de la législation commerciale américaine : l’article 232, qui s’appuie sur des arguments liés à la défense nationale pour limiter l’importation de produits et de biens aux États-Unis.

Après avoir exempté l’Union européenne et le Canada, la Maison Blanche avait finalement imposé en juin des taxes sur l’acier de ses alliés, suscitant leur indignation et leur incompréhension face à un argumentaire jugé irrecevable et « absurde ».

Le porte-parole de la Commission européenne Daniel Rosario a rappelé jeudi que Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s’étaient mis d’accord fin juillet 2018 pour ne pas imposer de taxes douanières supplémentaires tant que les deux parties étaient en discussions.

« L’UE riposterait si les États-Unis décidaient d’adopter une quelconque mesure », a dit Daniel Rosario. Bruxelles a d’ores et déjà préparé une liste de produits qui pourraient être taxés en représailles, à hauteur de 20 milliards d’euros.

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L’Allemagne met un frein à la collecte de données personnelles par Facebook

Facebook.JPGLe gendarme allemand de la concurrence a interdit l’exploitation par Facebook de données issues de deux de ses applications, WhatsApp et Instagram.

L’Allemagne met le hola, le gendarme allemand de la concurrence a fait part ce 7 février de sa volonté d’interdire à Facebook de rattacher au profil de ses utilisateurs les données collectées sur des applications extérieures comme Whatsapp et Instagram.

L’autorité considère que le plus grand réseau social au monde a abusé de sa position dominante sur le marché pour collecter des informations sur les utilisateurs à leur insu, sans leur consentement. En ligne de mire également, le suivi en ligne des personnes n’étant pas membres du réseau, qualifiées sous le nom de « profils fantômes ». Leur activité sur le Web peut notamment être suivie par le biais des boutons « J’aime » sur des pages consultées.

Trois ans d’enquête
« Facebook ne peut plus contraindre ses utilisateurs à accepter une collecte quasiment illimitée de leurs données » via des sites tiers, a résumé le patron de l’autorité allemande, Andreas Mundt, lors d’une conférence de presse.

Facebook a un mois pour faire appel de cette décision, et compte bien y recourir. « Nous ne partageons pas ces conclusions et avons l’intention de faire appel afin que les citoyens allemands continuent à bénéficier pleinement de tous nos services », a déclaré Facebook dans un article de blog.

« Le Bundeskartellamt sous-estime la concurrence féroce à laquelle nous sommes confrontés en Allemagne, interprète de manière erronée notre conformité avec le RGPD (le règlement général sur la protection des données, ndlr.) et menace le mécanisme que la législation européenne prévoit pour garantir des normes de protection des données cohérentes dans l’ensemble de l’UE », complète l’entreprise. La décision, qui n’a vocation à s’appliquer qu’en Allemagne, est le fruit d’une enquête de trois ans.

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Europa-Park : Le parc d’attractions propose 700 postes pour sa saison 2019

europa park allemagneLe parc allemand recrute du personnel pour ses attractions, la restauration, l’hôtellerie ou encore l’entretien du site

Comme souvent, pour préparer la saison estivale du site allemand, Europa-Park recrute. Ce sont, cette fois, 700 emplois sont à pourvoir dans le parc d’attractions, situé à Rust.

Du personnel (emplois à temps plein et partiel) est recherché dans les secteurs d’activité suivants : les attractions, la restauration, l’hôtellerie (réceptionnistes, serveurs, cuisiniers, agents d’entretien), les boutiques (vendeurs) et l’entretien.

Trois journées de l’emploi
A cette occasion, le parc propose du 14 au 16 février, trois journées de l’emploi à Europa-Park organisé en partenariat avec le Pôle emploi de Sélestat (Bas-Rhin).

Les candidats doivent impérativement être mobiles et avoir des notions courantes d’allemand (niveau A1 à C1) ou d’alsacien. Ils peuvent postuler via le site Internet dédié ou au 00 49 78 22 77 15 444

Les demandeurs d’emploi doivent néanmoins s’inscrire aux ateliers préparatoires de Pôle emploi Sélestat : le prochain aura lieu le 31 janvier à 9h. Après validation de la candidature, les postulants sont convoqués à un entretien de recrutement individuel.

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La zone euro dit adieu aux billets de 500 euros

billet de 500 eurosExceptions faites de l’Allemagne et de l’Autriche, qui ont eu un délai, plus aucune banque centrale n’émet de billet violet.

À part, peut-être, quelques criminels, peu d’Européens pleureront le billet de 500 euros. La coupure violette a cessé d’être émise dimanche dans 17 des 19 pays de la zone euro.

Seules les banques centrales nationales d’Allemagne et d’Autriche continueront à en émettre jusqu’au 26 avril, afin de « garantir une meilleure transition », selon la Banque centrale européenne (BCE).

L’institution de Francfort avait sonné l’arrêt de mort du billet de 500 euros en 2016, redoutant qu’il ne « facilite les activités illégales ». Surnommée le « Ben Laden », cette coupure permet de transporter discrètement d’énormes montants et de faciliter ainsi la circulation d’argent sale, la corruption et le financement du terrorisme ou d’autres activités illicites.

1 million d’euros en 2,2 kg de papier
Sous cette forme, un million d’euros ne représente que 2,2 kilos de papier et peut être dissimulé dans un sac d’ordinateur portable. La même somme en billets de 100 dollars, la plus grande coupure américaine pèserait près de six fois plus, nécessitant un mode de transport beaucoup moins discret.

La décision de la BCE a pourtant été mal reçue par plusieurs pays, dont l’Allemagne, où l’on craint qu’elle ne préfigure la disparition de l’argent physique et une surveillance généralisée des transactions financières. Certaines critiques craignent que sans ces billets, il soit plus compliqué pour les banques commerciales d’entreposer physiquement de grandes sommes d’argent pour contourner un dépôt coûteux à la BCE, qui demande actuellement un taux d’intérêt négatif de 0,4 %.

Jens Weidmann, gouverneur de la Bundesbank, avait estimé à l’époque que la disparition du billet de 500 euros allait peu perturber les activités criminelles, mais plutôt « endommager la confiance » dans la monnaie unique.

Un billet cher aux Allemands
A la naissance de l’euro, c’est déjà sous la pression de l’Allemagne, qui avait auparavant une coupure de 1 000 Deutschmarks, qu’avait été créé le billet de 500 euros. Pourtant, même dans ce pays, les coupures de 500 euros ne sont pas plus fréquemment utilisées qu’ailleurs en Europe.

En zone euro, seules près de 20 % des personnes interrogées par la BCE en 2015 et 2016 avaient utilisé un billet de 200 ou 500 euros l’année précédente. Selon une étude de la Bundesbank réalisée en 2017, ce sont cependant plus de 60 % des Allemands qui ont eu au moins une fois dans les mains un billet de 500 euros, souvent comme cadeau, moyen d’épargne ou de paiement pour de grands achats.

Les billets de 500 ne représentent que 2,3 % des coupures circulant actuellement en euros. Pour ses quelques détenteurs, inutile toutefois de paniquer : les coupures renvoyées aux Banques centrales seront remplacées par des plus petites, mais les autres continueront d’avoir cours légal et ne perdront jamais leur valeur, avis aux collectionneurs.