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Ondes électromagnétiques : pourquoi tant de haine ?

Ondes électromagnétiquesInhérentes au fonctionnement de nos smartphones ou au transport de l’électricité, les ondes électromagnétiques font régulièrement office de suspectes en raison de leur impact sur notre santé. L’évolution technologique ne fait que renforcer ces inquiétudes.

Elles sont insaisissables, invisibles, et suscitent des craintes grandissantes auprès du grand public. Utilisées depuis des décennies, les ondes électromagnétiques font régulièrement irruption dans le débat citoyen, à mesure du déploiement de nouvelles technologies telles que la 4G, la 5G, ou encore les compteurs Linky.

Entre fantasmes et impact réel sur la santé, il est souvent difficile de faire le tri. La mise en cause des ondes électromagnétiques est renforcée par l’absence de consensus de la communauté scientifique, malgré des études rassurantes et d’importantes contraintes réglementaires.

Basses fréquences et radiofréquences
Si les ondes électromagnétiques de très haute fréquence sont utilisées dans l’industrie médicale ou nucléaire, le grand public est principalement exposé à deux types d’ondes : les ondes d’extrêmement basse fréquence et les radiofréquences. Les premières sont celles qui sont utilisées pour acheminer de l’électricité le long des lignes à haute tension. Les secondes sont utilisées entre autres  par nos smartphones pour envoyer et recevoir des données.

Les ondes d’extrêmement basse fréquences font partie du paysage français depuis de très longues années, suscitant également des inquiétudes de la part des habitants. Et pour cause, ces champs électromagnétiques ont des effets avérés sur nos cellules. Le cas extrême de cette exposition étant l’électrocution.

Mais ce sont les conséquences d’une exposition permanente et bien plus modérée qui attisent le plus de craintes, notamment suite à plusieurs études scientifiques épidémiologiques. Comme le rappelle le ministère des Affaires sociales et de la Santé, une association statistique existe entre une exposition régulière à ce type de champs magnétiques et la leucémie chez l’enfant.

L’arrivée déterminante du mobile
Une étude de de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a constaté un plus grand risque de leucémie chez l’enfant de moins de 15 ans, vivant à moins de 50 mètres d’une ligne à très haute tension (225-400 kV). Les conséquences en termes de santé publique restent cependant limitées: d’après l’étude, qui dénombre 30.000 enfants vivant à moins de 50 mètres d’une ligne à très haute tension, l’excès de risque correspond à moins d’un cas de leucémie aiguë chez l’enfant chaque année.

Avec l’arrivée du téléphone mobile dans les années 90, les radiofréquences ont régulièrement été pointées du doigt pour leur impact potentiel sur la santé humaine. Pour l’heure, les études épidémiologiques sont rassurantes. L’une des principales études internationales, menée en 2012, n’a pas établi d’augmentation de risque de gliome et méningiome (deux cancers cérébraux) avec l’utilisation de téléphones portables.

Un rapport de l’ANSES publié en 2013, basé sur 309 articles scientifiques publiés entre avril 2009 et décembre 2012  évoque cependant la possibilité d’augmentation du nombre de gliomes chez les utilisateurs “intensifs” du téléphone mobile, ayant cumulé plus de 1.640 heures d’exposition.

Afin de respecter le principe de précaution, des limites d’exposition sont imposées aux fabricants de smartphones, ainsi qu’aux opérateurs en charge des antennes-relais. Lors d’une enquête réalisée en 2014 et basée sur près de 3000 mesures, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) a constaté que les valeurs limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques étaient respectées dans l’intégralité des cas.

Du côté des smartphones, certains fabricants ont néanmoins été épinglés pour avoir dépassé la limite réglementaire. Ils ont alors dû procéder à des mises à jour pour s’y conformer.

Des débats cycliques
Toutefois, la majorité de l’exposition aux radiofréquences est liée à la téléphonie mobile. Ce qui implique des débats réguliers, avec la multiplication des appareils en circulation et l’évolution des technologies de transmission des données. Après l’essor de la 4G, la 5G, qui sera déployée au cours des années 2020, suscite de nouvelles craintes quant à l’exposition du public aux ondes.

Pourtant, elle s’appuiera en grande partie sur les infrastructures utilisées pour la 4G, explique Gilles Brégant, directeur de l’ANFR, à BFM Tech. “C’est comme un système de poupées russes. Les fréquences de la 2G ont été réutilisées pour la 3G . La 4G réutilise des fréquences de la 2G et de la 3G. La 5G va réutiliser toutes ces fréquences en complément de ses propres fréquences” détaille-t-il.

Ce sont ces fréquences supplémentaires, bien plus larges et pouvant faire transiter bien plus de données, qui sont visées par les opposants au déploiement de la 5G. Handicapées par une moindre portée, ces dernières devront s’appuyer sur un réseau bien plus dense d’antennes, qui ne seront plus placées sur les toits mais sur les lampadaires ou abribus.

Pour limiter le niveau d’émission, ces dernières ne seront sollicitées qu’en cas de besoin de la part d’un utilisateur à proximité  par exemple pour télécharger un fichier volumineux.

A la différence des antennes-relais déjà installées, elles cibleront chaque smartphone avec précision, préservant les utilisateurs se trouvant à proximité. Ces dispositifs doivent subir des études d’impact avant d’être mis en place et devront se conformer aux limites d’exposition déjà existantes.

La crainte des ondes électromagnétiques a récemment pénétré nos foyers, à l’occasion du déploiement du compteur intelligent Linky par Enedis. Malgré des mesures montrant un impact comparable à celui d’une télévision ou d’un chargeur d’ordinateur portable, Linky a été ciblé par plusieurs associations, y compris devant la justice. Comme le montre un rapport de l’ANSES datant de juin 2017, les associations Priartem électrosensibles de France et Robin des Toits ont été particulièrement actives dans le combat face à Enedis.

“Alors que la controverse sur les antennes-relais a été soulevée par l’installation de sources d’exposition dans l’espace public, la polémique sur les compteurs communicants mobilise d’autres processus psychosociaux dès lors que la source est imposée et implantée dans l’espace privé. Elle est interprétée comme une source de menace venant de l’intérieur du chez-soi, ce qui est difficilement acceptable” complète le rapport, repris par nos confrères de Libération.

Un business florissant
A ces nombreuses craintes s’ajoutent les témoignages d’individus s’estimant électrosensibles. Une maladie qui ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique, et qui se distingue par la multitude des symptômes associés. Dans son rapport de 2013, l’ANSES mentionnait des études mettant en évidence “une association entre les symptômes perçus et la distance à l’antenne relais estimée par les riverains, plutôt que le niveau d’exposition réel”, laissant présager un effet avant tout psychologique.

En mars 2018, l’agence évoque une absence de preuve de causalité entre exposition aux ondes et électrosensibilité, tout en insistant sur la réalité des souffrances exprimées par les patients et sur la nécessité de poursuivre les travaux de recherche sur le sujet. Pour les scientifiques comme pour les régulateurs, le risque ou l’innocuité des ondes électromagnétiques est d’autant plus difficile à établir que ces dernières se multiplient et se cumulent.

Certaines entreprises ont choisi de jouer sur ces peurs pour vendre des produits “anti-ondes”. Leur promesse : préserver l’utilisateur des méfaits des ondes électromagnétiques, quand bien même ces derniers restent hypothétiques. Parfois coûteux, de tels produits  comme des patchs à coller sur son smartphone ou des vêtements spécifiques  se révèlent souvent inutiles. Récemment la marque Petit Bateau a également fait le choix de surfer sur la tendance en proposant à la vente un bonnet anti-ondes pour bébé.

Dans les prochaines années, l’absence de consensus sur les effets des ondes électromagnétiques sur la santé,  notamment à long-terme pourrait laisser une place grandissante aux débats sur le sujet. Face à ces incertitudes, les solutions les plus simples sont aussi les meilleures pour quiconque désire appliquer un principe de précaution supplémentaire : éloigner son smartphone de son oreille, téléphoner lorsque le réseau est bon, ce qui peut réduire de plus de 99% le niveau d’exposition, et limiter la durée des appels. En cas de doute sur le niveau d’exposition de son environnement quotidien, par exemple à proximité d’une antenne-relais, l’ANFR proposer de venir réaliser une mesure gratuitement.

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Les risques liés à l’exposition aux lumières LED

ledCe sont les premières recommandations sanitaires sur l’exposition aux LED depuis 2010. Dans son expertise publiée ce mardi, l’Anses confirme la toxicité des LED sur la rétine, notamment à cause de la lumière bleue qu’elles émettent.

L’agence met aussi en évidence des effets de perturbation des rythmes biologiques. Ces dangers sont encore plus présents chez l’enfant et l’adolescent.

C’est un document de 420 pages, que nous avons pu consulter dès lundi, dans lequel l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) retrace l’état des connaissances scientifiques sur l’exposition aux LED de 2010 à 2017 pour les mettre à jour.

Lampes ou spots à la maison, affichage ou signalisation dans la rue ou dans les transports, jouets ou objets de décoration, sans parler des téléviseurs, téléphones mobiles ou tablettes : les éclairages à LED ont envahi notre quotidien ces dernières années.

Des risques à court et long terme
Les LED, de l’anglais « light-emitting diode », diodes électroluminescentes en français, ont la particularité d’émettre un éclairage intense, avec une lumière riche en longueur d’onde courtes: c’est ce qu’on appelle la lumière bleue. Or notre exposition à cette source lumineuse n’est pas sans conséquence.

La lumière bleue trop puissante peut d’abord conduire à une baisse de la vue, à cause d’un effet toxique sur la rétine. Les données scientifiques recueillies depuis 2010 ont confirmé à la fois des risques à court et long terme. Une exposition chronique pendant plusieurs années à une lumière riche en bleu peut ainsi augmenter les risques d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Bon à savoir, les éclairages à LED de type « blanc chaud »; qui tire vers le jaune (température de couleur inférieure à 3 000 K) présents dans nos habitats présentent un faible risque de toxicité car ils ne se différencient pas trop des éclairages traditionnels. « Reste à savoir ce qu’il se passe sur l’éclairage à long terme. Cela n’a pas été encore bien étudié », estime le professeur Francine Behar-Cohen, ophtalmologue et présidente du groupe de travail sur les LED.

En revanche, les lumières des lampes torches, les phares automobiles, les décorations comme les guirlandes de noël et les jouets peuvent être particulièrement riches en bleu. Et elles ne sont pas pas encadrées par la même réglementation que les lampes domestiques.

« Il faut au moins éviter de les regarder de manière trop proche. L’Agence appelle à réglementer ces objets pour éviter d’avoir sur le marché des objets avec une luminosité trop intense », explique Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’ANSES.

Perturbation du rythme biologique et du sommeil
Deuxième risque pointé par l’Anses, celui d’une perturbation de notre rythme biologique, et donc de notre sommeil. Concrètement, la lumière reçue par la rétine va envoyer des messages vers l’hypothalamus, dans notre cerveau, pour lui donner une indication du moment de la journée. C’est cette zone qui va déterminer la production de la mélatonine, l’hormone du sommeil, dont la sécrétion débute environ 2 heures avant le coucher, à condition d’avoir une intensité de lumière importante pendant la journée et une obscurité totale pendant la nuit.

Avec une exposition à la lumière bleue le soir ou la nuit, aussi faible soit-elle, à travers les écrans (télévision, ordinateur, tablette, téléphones mobiles…), notre rythme biologique est perdu. Notre sommeil dégradé.

« Les effets sanitaires associés à la perturbation de l’horloge biologique peuvent être des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète, des pathologies cardio-vasculaires ou des cancers », précise Dina Attia, chef de projet dans l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’Anses.

Des risques accrus chez les plus jeunes
L’Agence recommande donc de limiter l’usage des dispositifs à LED les plus riches en lumière bleue, surtout chez les enfants. Les deux risques, à savoir la toxicité pour la rétine et la perturbation de notre horloge biologique, sont en effet encore plus vérifiés chez les jeunes: les enfants naissent avec un cristallin clair, qui ne remplit pas son rôle de filtre de lumière bleue. Globalement, les plus de 60 ans filtrent deux fois mieux cette source lumineuse qu’une personne de 20 ans.

Maux de tête, fatigue visuelle… Le troisième risque est celui de la variation de la lumière induite par les LED, très sensibles aux fluctuations du courant électrique. Il en ressort que les enfants, les adolescents, et les professionnels exposés constamment à des LED pourraient être plus sensibles à ces effets.

Des dispositifs de protection à l’efficacité inégale
L’Anses s’intéresse enfin aux moyens de protection contre la lumière bleue : filtres sur écrans d’ordinateurs, verres de lunettes… L’agence note « une efficacité très variable en fonction des dispositifs » pour prévenir les dommages sur la rétine.  « Ce n’est pas forcément une mauvaise idée », estime Olivier Merckel. « Mais l’efficacité est très variable. Nous demandons des référentiels pour que les consommateurs soient informés du taux de réduction de la quantité de lumière bleue, et de l’efficacité avec une exposition à long terme », ajoute l’expert.

Les experts notent en revanche l’utilité de diminuer la température de couleur (vers un blanc chaud) et la luminosité des écrans pour réduire la quantité de bleu.

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Un nouveau test préoccupant alerte sur la composition des tampons et serviettes hygiéniques

Un nouveau test préoccupant alerte sur la composition des tampons et serviettes hygiéniquesL’alerte a de quoi inquiéter : des substances indésirables ont été détectées dans des tampons et serviettes hygiéniques.

Des molécules aux effets potentiellement délétères, et qui peuvent donc représenter un danger. Mais avant de s’affoler, mieux vaut se pencher sur la question du risque.

« Les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent », révèle le magazine 60 millions de consommateurs dans son dernier numéro, paru jeudi. Entre autres résidus détectés lors d’analyses menées sur différentes marques de protections périodiques : des phtalates, ou encore du glyphosate, herbicide controversé dont l’utilisation, en France, devrait encore se poursuivre pendant au moins trois ans.

Des concentrations inférieures aux seuils sanitaires
Comme l’indiquent les termes employés par le magazine, les substances détectées dans les protections intimes l’ont été à l’état de « résidus ». Autrement dit, des traces, présentes « à un niveau largement inférieur aux seuils sanitaires », comme le souligne dans un communiqué le syndicat des fabricants de protections hygiéniques Group’hygiène.

Les révélations du magazine 60 millions de consommateurs succèdent à celles effectuées par l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, qui en juillet dernier, publiait un rapport indiquant lui aussi la présence de substances indésirables dans certaines protections périodiques. Mais comme c’est le cas aujourd’hui, les molécules décelées il y a sept mois l’avaient été « en très faibles concentrations », si bien que l’Anses avait conclu à une absence de risque pour les utilisatrices, comme le rappelle le syndicat Group’hygiène dans son communiqué : « L’Anses a clairement conclu en juillet dernier à l’absence de risques pour l’utilisation de ces produits ».

L’immobilisme des fabricants dénoncé
Reste que l’Agence sanitaire française en avait alors appelé au principe de précaution, en demandant aux industriels « d’améliorer la qualité de [leurs] produits afin d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques ». Des recommandations visiblement non-suivies d’effets, au vu des résultats d’analyse que vient de dévoiler 60 millions de consommateurs.

Au-delà du risque sanitaire, c’est donc plutôt le manque de transparence des fabricants que les révélations du magazine permettent de mettre en lumière. « Encore trop de marques restent floues sur les ingrédients utilisés dans leurs protections périodiques », dénonce le mensuel, qui conclut que « Les marques mises en cause ne sont pas forcément les mêmes mais [que] le constat demeure ».

Un statu quo pour le moins regrettable, mais dont les conséquences en terme de risque sanitaire restent à considérer avec précaution. L’alerte sur le danger a de quoi inquiéter, mais le risque, lui, ne semble pas inviter à céder à la panique.

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L es consommateurs pas assez informés sur les allergènes « émergents »

allergie alimentaireL’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation recommande de rendre obligatoire l’information sur la présence de certains allergènes émergents dans les aliments.

Actuellement, seuls 14 allergènes doivent être signalés sur l’emballage des produits.

Moins connus que les allergènes « classiques », certains aliments comme le kiwi, le sarrasin ou le lait de chèvre sont à l’origine d’allergies graves chaque année en France, pointe l’Anses, hier vendredi. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation recommande de rendre obligatoire l’information sur leur présence dans les aliments.

Allergènes émergents
Actuellement, seuls 14 allergènes inscrits sur une liste établie par l’Union européenne doivent obligatoirement être signalés sur l’emballage des produits. C’est notamment le cas des fruits à coque comme les noisettes, les noix ou les amandes, mais aussi de l’arachide, des crustacés ou du lait et des œufs.

Or, depuis 2002, le sarrasin et les laits de chèvre ou de brebis ont causé, à eux deux, au moins autant d’allergies graves que les mollusques et le soja, selon l’Anses, qui se fonde sur le recensement opéré par le Réseau d’allergo vigilance (RAV). Ceux-ci ont donné lieu à une soixantaine de signalements en seize ans.

Quant au kiwi, au pignon de pin et à l’alpha-galactose,  un glucide présent dans la viande de mammifères, ils sont tous à l’origine de plus d’1% des cas d’allergie graves recensés. Une fréquence plus importante que la moutarde et les sulfites, dont la déclaration est pourtant obligatoire.

« Mieux prévenir le risque d’allergie grave »
Ces chiffres restent partiels, car ils ne recensent que les cas les plus graves – anaphylaxie alimentaire sévère -, et leur déclaration n’est pas obligatoire.

Ils sont cependant suffisamment importants pour inciter l’agence sanitaire à recommander « la mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires qui doivent être signalés afin de mieux prévenir le risque d’allergie grave ».

L’Agence, mandatée par le ministère de la Santé en 2015 pour mettre à jour les connaissances sur les allergies alimentaires en France, souligne également le « manque de données » disponibles sur le sujet, « notamment en raison des limites méthodologiques et de la diversité des méthodes utilisées ».

Données insuffisantes
Résultat, impossible de mesurer la fréquence du phénomène et de dire si les allergies alimentaires sont plus fréquentes qu’il y a une vingtaine d’années ou pas.

« A partir de ce constat, l’Anses recommande aux pouvoirs publics d’améliorer les dispositifs de recueil de données relatives aux allergènes alimentaires, ainsi que l’évaluation de l’incidence ou de la prévalence des allergies, afin de mieux orienter les études et recherches sur les allergies alimentaires ».

Elle préconise également d’évaluer l’efficacité des dispositifs mis en place pour informer les personnes allergiques dans la restauration collective et commerciale.

Dans une étude menée par l’agence en 2014 et 2015, 3,9% des adultes interrogés déclaraient souffrir d’intolérances ou d’allergies alimentaires. Celles-ci avaient été confirmées par un médecin dans un peu moins de la moitié des cas (45%).

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Certains compléments alimentaires sont dangereux et devraient être interdits

complémént alimentaireL’Académie de pharmacie alerte sur les dangers de produits à base de plantes laxatives. Leur utilisation devrait être réservée à un usage pharmaceutique.

Des allergies, ou des lésions au foie, des interactions avec des médicaments pris pour des pathologies graves. Des contre-indications mal connues. Des erreurs d’identification, ou la présence de contaminants dangereux.  Les compléments alimentaires à base de plantes ont beau être vus comme des produits «naturels», ils sont loin d’être sans danger.

Et pourtant, ils sont soumis à une réglementation bien plus légère que les médicaments, et qui a «étonné et interpellé l’Académie nationale de pharmacie», explique-t-elle dans un rapport rendu public ce jeudi. Dans le collimateur des sages : un arrêté du 20 juin 2014, qui transpose une réglementation européenne en listant un demi-millier de plantes (autres que les champignons) autorisés dans les compléments alimentaires. Il y a là des risques pour la santé publique, estiment les académiciens, et des incohérences tant juridiques que scientifiques.

Alerte sur des plantes laxatives
Les sages alertent sur une catégorie de plantes particulières, qui n’ont selon eux rien à faire au rayon des compléments alimentaires : il s’agit des plantes contenant des «hétérosides hydroxyanthracéniques» (suc d’aloès, écorce de bourdaine et cascara, racines de rhubarbe de Chine, séné, cassier, nerprun), et qui ont des propriétés laxatives stimulantes très puissantes. Elles irritent le tube digestif et sont responsables d’une perte de sels minéraux.

Ces plantes ont «jusqu’alors été utilisées comme médicaments compte tenu de leur activité pharmacologique marquée», note le rapport, et n’ont (et pour cause) jamais fait partie de l’alimentation. «L’approche des principales agences de santé au niveau international est unanime», notent les académiciens : ces plantes sont des médicaments, et doivent être réglementées comme telles.

La France est un marché de choix pour ces produits faciles d’accès et pas toujours accompagnés des conseils et informations nécessaires, notamment parce que vendus en grande surface avec un étiquetage aux exigences limitées. Or, alertent les académiciens, «les accidents les plus sévères sont liés au mésusage», d’autant plus fréquent que ces produits «sont considérés comme des produits “naturels”, passant aux yeux des utilisateurs, mais également de certains dispensateurs, pour moins dangereux que des médicaments.» Depuis 2010, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) dispose d’un «dispositif de nutri-vigilance sur les nouveaux aliments, les aliments enrichis, les compléments alimentaires et les denrées destinées à une alimentation particulière».

Plus de 2600 effets indésirables ont été notifiés jusqu’à fin 2016, note l’Académie de pharmacie, avec chaque année 37 à 52% des cas jugés «graves».

En France, 1 adulte sur 5 et 1 enfant sur 10 prendraient des compléments alimentaires, dont respectivement 23 et 12% le font tout au long de l’année. Les malades en usent volontiers, sans toujours prévenir leur médecin : en 2015, une étude française auprès de 1081 survivants du cancer membres de la cohorte Nutrinet-Santé montrait que 62% des femmes et 29% des hommes consommaient ce type de produits, un tiers d’entre eux n’en ayant pas avisé leur médecin. Or, 18% des utilisateurs avaient une consommation potentiellement à risques.

Les Académiciens demandent donc que la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires soit plus restreinte, en excluant celles présentant un danger pour les utilisateurs, mais aussi celles n’ayant pas d’effet nutritionnel connu, ou pour la sécurité desquelles la littérature scientifique manque de données. Les sages exigent, aussi, un renforcement des contrôles et de l’information des consommateurs, et un meilleur enseignement en faculté de pharmacie.

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La justice française interdit le Roundup Pro 360 de Monsanto

roundup pro 360 de monsantoLe tribunal administratif de Lyon a annulé ce mardi l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, un désherbant contenant du glyphosate commercialisé par Monsanto.

Le Roundup Pro 360 doit « être considéré comme une substance dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé ». Autrement dit, il peut causer le cancer. Pour arriver à cette conclusion, les juges du tribunal administratif de Lyon se sont appuyés sur les études du Centre international de recherche sur le cancer.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait pourtant autorisé ce produit en mars 2017. Mais les juges estiment qu’elle avait commis une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution.

C’est le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) qui avait saisi en mai 2017 la justice pour réclamer le retrait de ce désherbant. Pour son avocate, Maître Corinne Lepage, la décision des juges est « absolument majeure », puisque « elle devrait concerner tous les Roundup ». Le tribunal considère en effet que tous les produits contenant du glyphosate sont probablement cancérogènes.