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Les terribles aveux de Jonathann Daval

jonathann davalCe sont des mots qui font froid dans le dos. Jonathann Daval, qui doit être jugé l’an prochain pour le meurtre de son épouse Alexia, s’est confié cet été au psychiatre mandaté par la juge d’instruction.

Suivant une information du Point, qui a pu consulter le rapport de l’expert versé au dossier, l’ancien informaticien a ainsi détaillé les difficultés de couple et qui duraient depuis plusieurs années, en dressant un portrait peu flatteur d’Alexia : «Elle est devenue violente, en paroles et en actes, et m’humiliait en disant que j’étais un bon à rien […]. J’encaissais les coups et j’esquivais».

Une relation conflictuelle qui aurait finalement dégénéré pour l’éternité dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 à Gray-la-Ville (Haute-Saône), durant laquelle Jonathann a tué sa femme.

«Elle m’a dit : ‘T’es pas un homme ‘ Elle m’a frappé avec les pieds et les mains, elle m’a poussé, alors je l’ai bloquée, je l’ai étranglée et je l’ai frappée. Ce que je voulais, c’est qu’elle se taise», confesse celui qui, après le drame, avait joué les maris éplorés devant les caméras.

«Une pathologie de personnalité» évidente
Selon l’expert-psychiatre, Jonathann possèderait «une personnalité obsessionnelle», propice à «un refoulement de l’agressivité» qui a pris racine dès l’adolescence, à la suite de «sévères» troubles obsessionnels compulsifs (TOC) tels «amour de l’ordre, de la propreté, du rangement et une persistance de rites de vérification».

Des traits qui, d’une certaine façon, pourraient expliquer pourquoi Jonathann se serait obstiné jusqu’au bout dans une attitude de mari parfait. D’ailleurs Jonathann Daval l’assure, il était «amoureux de sa femme» et l’est «toujours» aujourd’hui, deux ans après sa mort.

Enfin, si les conclusions du médecin évoquent «une pathologie de personnalité» plutôt évidente, il ne relève pour autant aucune «dangerosité psychiatrique» chez le mis en cause, allant à l’encontre d’une première expertise psy.

De fait, la responsabilité pénale de Jonathann Daval devrait être pleinement engagée lors du son procès à venir.

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Affaire Maëlys : la justice valide l’expertise psychologique de Nordahl Lelandais

Nordahl LelandaisLe témoignage du codétenu accablant Nordahl Lelandais et l’expertise psychologique de ce dernier restent dans le dossier sur la mort de Maëlys. La défense avait demandé l’annulation de ces deux pièces.

C’est un récit que la défense de Nordahl Lelandais aurait bien voulu voir disparaître du dossier sur la mort de Maëlys. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble a validé ce document reprenant un témoignage mettant en cause l’ancien maître-chien qui a reconnu être à l’origine de la mort de la petite Maëlys en 2017, a appris BFMTV auprès du parquet de Grenoble. La semaine dernière, la défense du meurtrier présumé avait réclamé son annulation.

Ce témoignage est celui d’un homme détenu pendant six mois dans une cellule voisine à celle de Nordahl Lelandais au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère. Il a assuré que ce dernier lui aurait confié avoir violé Maëlys avant de lui asséner des coups mortels. Un témoignage qui venait contredire les dépositions du suspect qui, depuis le début de l’affaire, a toujours assuré avoir tué « accidentellement » la fillette.

L’expertise conservée en partie
Sur la base de ce témoignage notamment, l’avocat des parents de Maëlys, Jenifer et Joachim de Araujo, a déposé la semaine dernière une demande de requalification auprès des juges d’instruction pour réclamer que les poursuites à l’encontre de Nordahl Lelandais soient modifiées. Pour l’instant, l’ancien militaire est mis en examen pour « enlèvement suivi de meurtre », la famille de la petite fille veut qu’il soit poursuivi pour « assassinat » et « viol ». Une procédure distincte qui n’a pas encore été tranchée.

La justice a également validé l’expertise psychologique de Nordahl Lelandais dont, là encore, la défense avait demandé l’annulation. La cour d’appel de Grenoble demande toutefois que certains termes soient retirés de cette expertise. Ce document de 73 pages, réalisé à la suite de cinq entretiens de deux heures, estime que l’ancien militaire présente « une insensibilité morale et une imperméabilité au sentiment de culpabilité car la notion même de faute lui paraît incompréhensible ».

À cela s’ajoutent une « mythomanie constante » et une capacité à « manipuler » accentuée par son impression d’être en « position de toute puissance ».

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Les parents de Maëlys demandent que Nordahl Lelandais soit jugé pour viol et assassinat

maelys.JPGLes parents de Maëlys, disparue le 27 août 2017, souhaitent que Nordahl Lelandais, son meurtrier présumé, soit jugé pour assassinat et viol.

Ils souhaitent que les circonstances aggravantes soient retenues contre Nordahl Lelandais. Les parents de Maëlys, disparue le 27 août 2017, ont demandé à la justice que son meurtrier présumé soit jugé pour assassinat et viol. Actuellement, l’ancien militaire est mis en examen pour enlèvement suivi de meurtre.

L’avocat des parents de Jenifer et Joachim de Araujo a déposé une demande de requalification auprès des juges d’instruction pour réclamer que les poursuites à l’encontre de Nordahl Lelandais soient modifiées. « Aujourd’hui, Nordahl Lelandais n’est pas mis en examen pour des faits de nature sexuelle sur Maëlys, de la même manière qu’il n’est pas mis en examen pour des faits d’assassinat sur Maëlys et mes clients ont eu l’occasion de dire que cette qualification pénale ne leur convenait pas », a fait savoir Me Rajon.

« Mais qu’elle ne convienne pas, c’est une chose. Que l’on ait en revanche des éléments objectifs qui nous laissent craindre que Maëlys de Araujo ait fait l’objet de ces sévices-là en est une autre et nous disposons de ces éléments », a jouté l’avocat des parents de la fillette, en référence au témoignage d’un ancien co-détenu de Lelandais.

Demande d’annulation d’un témoignage
En août dernier, un homme, qui a occupé durant six mois une cellule voisine de celle de Nordahl Lelandais au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, a assuré que ce dernier lui aurait confié avoir violé Maëlys avant de lui asséner des coups mortels. Un témoignage qui venait contredire les dépositions du suspect qui, depuis le début de l’affaire, a toujours assuré avoir tué « accidentellement » la fillette.

Ce jeudi, l’avocat de Nordahl Lelandais, Me Alain Jakubowicz, a demandé à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble l’annulation de ce témoignage mettant en cause l’ancien militaire. La décision a été mise en délibéré à la semaine prochaine.

« La manifestation de la vérité dans le cas de l’affaire Maëlys est une entreprise très difficile et qu’il ne faut pas compter sur Nordahl Lelandais pour avancer, a réagi Me Rajon. En revanche, former une telle demande, je considère que c’est entravé la manifestation de la vérité, c’est la raison pour laquelle si le témoignage a été recueilli d’une manière régulière, il n’a pas lieu de l’écarter. »

Nordahl Lelandais encourt déjà la réclusions criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté au terme de laquelle il serait libérable. Mais si les chefs d’assassinat et de viol sur mineur étaient retenus comme poursuites, Nordahl Lelandais encourraient alors la réclusion criminelle de perpétuité réelle, c’est-à-dire sans possibilité d’être libérable. Une peine exceptionnelle prise « par décision spéciale » de la cour.

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Le nom de Nordahl Lelandais apparaît dans l’enquête sur la mort de Thomas Rauschkold

Nordahl LelandaisCe jeudi, les parents de Thomas Rauschkolb ont intenté une action en justice pour le meurtre de leur fils.

Si cette plainte ne vise pas directement Nordahl Lelandais, elle relance les soupçons autour de son implication dans la mort de Thomas Rauschkolb, dont le cadavre a été retrouvé en 2015 près d’une rivière, en Savoie.

Classée en 2017 par les enquêteurs comme une mort accidentelle, l’affaire Thomas Rauschkolb pourrait prendre un nouveau tournant. Ce jeudi, les parents du jeune homme ont déposé une plainte contre X pour meurtre, a annoncé leur avocat à BFMTV, confirmant une information de RTL. Ils ne visent pas directement Nordahl Lelandais, mais le spectre de celui qui a déjà avoué les meurtres de Maëlys et d’Arthur Noyer pèse sur ce cold case.

« C’est une plainte avec constitution de partie civile entre les mains du doyen des juges d’instruction. Elle est contre X naturellement, puisque moi je ne dis pas que monsieur Lelandais est à l’origine de l’homicide de Thomas Rauschkolb. Simplement, on dit que c’est une piste à explorer », a déclaré ce jeudi matin sur notre antenne Me Bernard Boulloud, l’avocat des parents.

Photo troublante
Le 28 décembre 2015, Thomas Rauschkolb est retrouvé mort au bord d’une rivière après avoir passé une soirée dans une boîte de nuit de Grésy-sur-Aix, en Savoie. Après deux ans d’enquête, la police clôt les investigations estimant que le garçon de 18 ans a fait une chute accidentelle en sortant d’une soirée bien arrosée. Mais cette issue est loin de convaincre ses parents, qui pointent plusieurs éléments troublants.

Le jeune homme est retrouvé avec une chaussure en moins et sa ceinture pend à un grillage près de son corps comme s’il avait « tenté d’échapper à quelqu’un qui le poursuivait », avance son père dans les colonnes du Parisien. Surtout, une photo suspecte refait surface.

Celle de la victime posant aux côtés de Nordahl Lelandais au Studio 54, la discothèque où il se trouvait le soir de sa mort. La photographie date de 2012 et a été prise par une serveuse de l’établissement.

« Rien ne dit que Nordahl Lelandais n’y était pas aussi le jour de sa mort. Ça fait trop de coïncidences (…) Le caporal Noyer a été tué en sortant d’une boîte de nuit », avait alors réagi auprès du quotidien le père de la victime.

Son avocat, Me Bernard Boulloud avait toutefois nuancé : « Attention, cette photo ne prouve pas à ce stade qu’il est lié à la mort de Thomas Rauschkolb. Juste qu’il a fréquenté la même discothèque. »

Nordahl Lelandais soupçonné dans 40 dossiers de disparition
Mais lundi, l’interview d’une ancienne compagne du maître-chien vient à nouveau relancer les suspicions. Celle-ci déclare à nos confrères qu’il « faudrait notamment creuser le dossier du jeune Thomas Rauschkolb (…) A cette époque, je venais de quitter Nordahl Lelandais une première fois et il était dans le même état de colère, de frustration que lorsqu’il a tué le caporal Noyer. (…) La veille (…), il m’avait fait peur avec une tronçonneuse. »

Aujourd’hui, la mort de Thomas Rauschkolb fait partie des 40 dossiers encore non élucidés par la cellule de gendarmerie Ariane et pour lesquels Nordahl Lelandais est suspecté. Avec cette plainte pour meurtre, il appartient aux enquêteurs d’établir si Nordahl Lelandais est véritablement impliqué ou non dans la mort du jeune homme.

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Quand la reconstitution fait basculer une enquête criminelle

jonathan davalalexia davalLundi, la reconstitution criminelle a permis d’obtenir des aveux de Jonathann Daval pour la mort de sa femme Alexia. L’occasion d’expliquer comment cet acte de l’information judiciaire peut faire « sauter un verrou » chez les suspects.

Ranucci, Lelandais, Daval … Derrière ces noms, des affaires criminelles éloignées de près d’un demi-siècle. Elles n’ont à première vue rien en commun mais se rapprochent pourtant sur un point : la reconstitution a été un tournant déterminant dans l’enquête. C’est durant cette étape cruciale de l’information judiciaire que les versions des mis en examen se heurtent aux preuves scientifiques, aux témoignages, mais aussi au poids du souvenir, aussi lourd soit-il.

Complot familial, bagarre conjugale … Depuis 20 mois, Jonathann Daval avait fourni plusieurs versions à la police pour expliquer la mort de sa femme, Alexia. Mais de retour dans le pavillon familial de Gray-la-Ville (Haute-Saône) lundi, l’informaticien a fini par avouer lui avoir porté « entre cinq et dix coups de poing au niveau du visage », avant de l’étrangler « pendant environ quatre minutes » puis avoir brûlé partiellement le corps.

Faire sauter un verrou
La reconstitution a été « un moment fort », a reconnu Etienne Manteaux, procureur de Besançon. Retourner sur la scène a un effet « cathartique » nous explique Annie Verrier, experte en psychologie agréée par la Cour de cassation. Reproduire les gestes, revoir les lieux, le tout en présence de personnes ayant un rôle central -en l’occurrence les parents d’Alexia, la sœur et le beau-frère- sont « une conjonction d’éléments qui peuvent faire sauter des verrous », d’après l’experte.

Ce même verrou a sauté lorsque Nordahl Lelandais a demandé, lors de la reconstitution en septembre 2018, à faire un arrêt à proximité de la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère), où la petite Maëlys avait disparu. Là, aux abords d’une zone commerciale, le maître-chien a reconnu avoir infligé à l’enfant de 8 ans « quatre ou cinq coups très violents ».

« Court-circuit psychique »
Après les aveux de Jonathann Daval, son avocat Samuel Estève a décrit son client comme « soulagé » d’avoir réussi à « se libérer de ce blocage qui le minait ». Retourner sur les lieux sert en effet à « casser les barrières » d’un « mécanisme humain » qui se met en place après « un traumatisme », relate Annie Verrier. Si la peine est éminemment lourde pour les proches des victimes, et bien que cela soit difficilement audible, l’auteur de l’acte a également vécu un traumatisme, que la reconstitution réactive.

« L’idée n’est surtout pas d’enlever de la douleur aux parties civiles, mais on ne sort pas indemne du passage à l’acte, malgré l’impression déshumanisée qui peut ressortir du récit », indique l’expert en psychologie.

Un traumatisme qui peut aller jusqu’au « court-circuit psychique », où l’auteur n’a plus que des souvenirs lacunaires, voire devient amnésique. Le 24 juin 1974, lorsque Christian Ranucci est transporté à l’endroit où le corps de Marie-Dolorès Rambla, 8 ans, a été découvert, lacéré de plusieurs coups de couteau, il perd le contrôle de lui-même. Dans cette champignonnière située à une vingtaine de kilomètres de Marseille, il hurle, convulse, hurle et s’effondre. « C’est obligatoirement moi. Je ne me souviens pas », déclare-t-il à son avocat.

Terrain de jeu
Un acte aussi violent est « quelque chose de lourd à porter pour les personnes ayant une structure moins solide », ajoute Annie Verrier. Ce poids les distingue « des psychopathes et pervers » qui ont une « défense psychique très puissante » et peuvent n’avoir aucune réaction lors d’une reconstitution.

Michel Fourniret et Monique Olivier avaient ainsi « baladé » pendant 48 heures magistrats, avocats et enquêteurs lors de la reconstitution du meurtre d’Isabelle Laville en 2006. La reconstitution devient dans ce cas, pour les mis en examen, un terrain de jeu.

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Affaire Alexia Daval : « On avait besoin de la vérité »

parent alexia davalLa mère d’Alexia Daval, la jeune femme qui avait été étranglée par son mari en octobre 2017, a exprimé son soulagement après les aveux de Jonathann Daval. Ce lundi, il a finalement reconnu avoir mis le feu au corps de son épouse.

La mère d’Alexia Daval a confié être « soulagée »,  lundi, par les aveux de leur beau-fils Jonathann Daval qui a reconnu avoir partiellement brûlé le corps de son épouse, après l’avoir battue le 28 octobre 2017.

« Je suis soulagée qu’il dise la vérité », a déclaré Isabelle Fouillot, mère d’Alexia Daval au micro de BFMTV et de RMC lundi. « On avait besoin de la vérité, parce que s’il avait aimé Alexia, s’il nous a aimé, il fallait qu’il nous dise la vérité pour que nous on puisse avancer, que lui puisse avancer et se reconstruire aussi », a-t-elle poursuivi aux côtés de son mari.

« J’ai cru qu’on allait pas pouvoir lui extirper cette vérité »
« Ça a été tellement dur pour qu’il la dise que j’ai cru qu’on allait pas pouvoir lui extirper cette vérité, donc j’étais soulagée », confie encore cette mère endeuillée par la mort d’Alexia Daval, sa fille. « Je ne sais pas si ça nous apaisera un peu plus mais je voudrais qu’il y ait une fin à tout ça, pour essayer d’avoir un deuil, si on peut ».

Son père, Jean-Pierre Fouillot, explique qu’il y a eu « des gestes très durs à supporter », lors de la reconstitution des faits. Mais « c’était important d’être là, pour Alexia uniquement », car ces aveux « éliminent tous le climat de suspicion qu’il peut encore y avoir derrière, qu’il y aurait pu avoir pendant un ou deux ans, jusqu’au procès. Et ça, c’est un soulagement énorme ».

Lundi, lors de la reconstitution des faits, l’ancien informaticien a admis avoir violenté son épouse pendant une dispute, avant de l’étrangler pendant « 4 minutes » puis de transporter son corps dans la forêt d’Esmoulins pour le calciner partiellement.

Avant cette reconstitution, les parents de la victime l’avaient imploré de livrer ce qui s’était réellement passé. « Nous voulions la vérité, nous l’avons eue », a réagi Isabelle Fouillot plus tôt dans la journée. Elle estime désormais que sa fille « va peut-être pouvoir reposer en paix ». « C’est tellement dur pour l’instant, on l’aimait, le pardon, ça viendra un peu plus tard, chaque chose en son temps », a-t-elle enchaîné, alors que le procureur de Besançon a indiqué que le procès pourrait se tenir au deuxième semestre 2020.

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Affaire Daval : les 3 enjeux de la reconstitution du meurtre d’Alexia lundi

alexia davalLa reconstitution du meurtre d’Alexia Daval se déroule lundi à Gray, en Haute-Saône, et dans le bois d’Esmoulins, où le corps de la jeune femme avait été retrouvé le 30 octobre 2017.

Son mari, qui a reconnu les faits, participe à la reconstitution. Les parents d’Alexia espèrent qu’elle permettra de répondre aux interrogations qui demeurent.

« Ce que mes clients attendent, c’est de connaître ce qui s’est réellement passé. » Voici l’enjeu de la reconstitution du meurtre d’Alexia Daval, selon maître Gilles-Jean Portejoie, qui défend Stéphanie et Grégory Gay, la sœur et le beau-frère de la jeune femme. « Les aveux se sont faits a minima », rappelle encore le conseil à France 3 Bourgogne Franche-Comté. La reconstitution débutera tôt, lundi matin, à Gray-la-Ville, en Haute-Saône, en présence des enquêteurs, des experts, des magistrats et des avocats mais aussi, évidemment, de l’accusé, Jonathann Daval.

Les parents d’Alexia, sa sœur Stéphanie et son beau-frère Grégory Gay, seront également présents, selon la chaîne, qui précise que c’est à leur demande. « Bien sûr que mes clients seront là. C’est un moment de confrontation familiale qui sera intense », prédit maître Gilles-Jean Portejoie.

jonathan davalLes allers-retours de Jonathann Daval
La famille d’Alexia Daval espère que cette reconstitution permettra de faire émerger la vérité. Car les derniers aveux de Jonathann Daval, en décembre et après une confrontation avec la mère de la jeune femme, n’ont pas permis de répondre à toutes les questions.

Pour rappel, l’informaticien avait d’abord déclaré la disparition de sa femme, partie faire un jogging, et joué les veufs éplorés, avant de faire des premiers aveux en janvier 2018, évoquant la personnalité écrasante de sa femme. Il était finalement revenu sur cette version des faits quelques mois plus tard, accusant son beau-frère, Grégory Gay, d’avoir tué la jeune femme en tentant de la calmer, alors que celle-ci faisait une « crise » dont elle était selon lui coutumière.

Mais face à Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia, dans le bureau du juge en décembre dernier, il avait finalement craqué, quand celle-ci lui avait montré une photo de sa fille et du chat du couple.

Il avait ensuite livré des aveux, qui n’ont toutefois pas permis
de répondre à trois questions :

1) Que s’est-il réellement passé dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 ?
Jonathann Daval évoque une bagarre au domicile du couple après un dîner chez les parents d’Alexia, puis une chute de sa femme dans l’escalier. Mais l’autopsie fait état de nombreuses traces de coups, notamment au visage.

Le procureur de la République en charge du dossier, Etienne Manteaux, a fait état de « violences incontestables ». « Je pense qu’il y a pour Jonathann Daval des choses difficilement avouables », avait-il ajouté lors d’une conférence de presse après les aveux du trentenaire. « Il y a encore des incohérences sur les coups portés, Jonathann Daval les minimise », a de nouveau rappelé le magistrat sur France 3.

Et d’ajouter : « Le but de cette reconstitution est de savoir le plus précisément ce qui s’est passé. Les gestes de Jonathann Daval seront examinés par les enquêteurs pour voir s’ils sont compatibles avec les éléments médicaux-légaux retrouvés sur le corps de la victime.

2) Qui a mis le feu au corps de la jeune femme ?
Lui a toujours nié l’avoir fait. C’est d’ailleurs le seul élément constant dans sa défense. Ses avocats ont maintes fois évoqué l’hypothèse d’un complice. Mais rien n’est jamais venu étayer cette thèse.

« Aucun élément dans le dossier ne laisse à penser à l’intervention d’un tiers », avait balayé Etienne Manteaux en décembre. Il avait par exemple précisé que la mère de Jonathann Daval, indirectement désignée comme complice par Grégory Gay, qui avait fait un rapprochement, à la lecture du dossier d’instruction, entre une trace ADN retrouvée dans le coffre de la voiture professionnelle de l’informaticien et l’ADN de sa mère Martine Henry, avait un alibi à l’heure à laquelle Jonathann Daval a déposé le corps de sa femme dans la forêt.

Des éléments matériels peuvent en revanche incriminer Jonathann Daval : une bombe aérosol a été découverte au domicile du couple et un capuchon pouvant lui correspondre, sous le bras d’Alexia, dans la forêt d’Esmoulins. Or, selon un expert, une telle bombe aurait pu être utilisée pour mettre le feu au corps.

3) Comment expliquer la présence de trois médicaments suspects dans le corps d’Alexia ?
Ce n’est certes pas la reconstitution en tant que telle qui permettra de répondre à cette question, mais reproduire ses propres gestes, en présence des parents d’Alexia, pourrait le conduire à livrer de nouveaux détails. Ces trois molécules, dont l’une avait été retirée du marché en 2013, sont contre-indiquées en cas de grossesse, alors que la jeune femme souhaitait un enfant.

Par ailleurs, sa famille, dont elle était très proche, n’avait pas connaissance d’un tel traitement. Comme demandé par la famille, le dossier médical de Jonathann Daval a été saisi afin de voir si ces molécules ont pu, à un moment donné, lui avoir été prescrites. Avant les aveux de décembre, les proches d’Alexia et leurs conseils s’interrogeaient sur un empoisonnement de la jeune femme.

Le procureur de la République ne semblait toutefois pas croire à ce scénario. Les médicaments, « ça ne nous permet pas de penser à une thèse d’empoisonnement, même si on a pas d’explication sur ce point », avait-t-il ainsi déclaré lors de la conférence de presse. « Si vraiment il y avait eu préméditation, je pense que Jonathann Daval s’y serait pris différemment. Il a fait preuve d’amateurisme en laissant énormément d’indices pour qu’on remonte jusqu’à lui. Rien n’accrédite la thèse d’une crime réfléchi. »

Mis en examen pour meurtre sur conjoint, Jonathann Daval encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès devrait se tenir courant 2020.