Publié dans Texte Actualité divers

Certaines assurances vie évacuent discrètement la garantie totale du capital

assurances vieAprès enquête, l’association de défense des consommateurs CLCV accuse certains assureurs de ne plus garantir à 100% le capital épargné sur les fonds en euros alors que cela a toujours été la règle.

Les contrats d’assurance-vie en fonds euros sont en plein bouleversement, une révolution qui touche une grande partie des épargnants puisque ces contrats représentent 80% des encours en France.

Avec des taux d’intérêt de plus en plus faibles, les grands assureurs baissent les rémunération et appellent les épargnants à diversifier leurs contrats avec des unités de compte plus risquées mais plus rémunératrices. D’autres ont même décidé de limiter l’accès à ces contrats à capital garanti comme Allianz qui n’ouvrira plus de contrats à 100% en fonds euros.

Et il semble que la notion même de « capital garanti » qui structure ces contrats depuis toujours soit remise en cause. C’est en tout cas une des conclusions d’une enquête de l’association de défense des consommateurs CLCV qui a envoyé 955 questionnaires, un par contrat d’assurance nouveau ou ancien, à 113 contacts, assureurs ou distributeurs.

« Les épargnants ont été trompés » par les acteurs du marché « sur les points majeurs du fonds en euros », dont certains contrats ont « perdu leur garantie intégrale en capital », accuse l’association.

Traditionnellement, les fonds « euros » fonctionnaient de la manière suivante: « Si un épargnant a investi 100 euros, après paiement des frais sur versement, il doit être assuré de récupérer 100, quoi qu’il arrive et quels que soient les autres frais », rappelle CLCV.

L’association vise les frais de gestion demandés par les assureurs : selon CLCV, la moitié des nouveaux contrats permet aux compagnies de prélever ces frais même si cela conduit l’épargnant à se retrouver in fine avec un montant inférieur à sa mise initiale.

Tour de passe-passe
« Si la quasi-unanimité des contrats fermés à la souscription propose une telle garantie, près de 49% des contrats ouverts à la souscription ne l’offrent plus. Dans ce cas, le plus souvent, l’assureur s’autorise à imputer tous les ans les frais de gestion sur le capital. Ainsi, la garantie du capital baisse avec le temps avec une garantie de l’ordre de 92 % seulement au bout de huit ans », peut-on lire. La CLCV note que les anciens contrats, fermés à la souscription, n’amputent eux presque jamais le capital initialement investi.

« Avec ce tour de passe-passe, les assureurs sont parvenus à transformer la garantie totale du fonds en euros en garantie partielle, mais aussi à s’assurer la perception des frais de gestion, quel que soit l’environnement économique », s’étrangle la CLCV.

L’association n’hésite pas à nommer les établissements qui de fait n’offrent plus une garantie à 100% du capital. « Sont concernés les contrats de notre panel proposés par HSBC, mais également par Prédica, la filiale assurance vie du Crédit Agricole. Floriane 2, LCL Vie ou encore Espace Liberté 3 n’ont pas de garantie intégrale en capital. Du côté des assureurs traditionnels : ces pratiques sont particulièrement visibles chez Generali et Spirica ».

Face à cette situation, l’association demande « la mention expresse de l’absence de garantie sur le fonds en euros dans les documents commerciaux, publicitaires et contractuels dès lors que l’assuré n’est pas sûr de récupérer 100 à tout moment s’il a investi 100 après frais sur versements ».

Contactée par l’AFP, la Fédération française de l’assurance n’était pas immédiatement disponible pour commenter les conclusions de cette étude.

Publié dans Texte Actualité divers

Les Restos du cœur servent deux fois plus de repas qu’il y a 15 ans

resto-du-coeur-1.jpgLes Restos du cœur lancent cette semaine leur campagne d’hiver de distribution de repas gratuits pour leurs 900.000 bénéficiaires.

En 2018, plus de 133 millions de repas ont été servis par les Restos du cœur, soit deux fois plus qu’il y a 15 ans (67 millions de repas servis en 2004). Des proportions probablement inimaginables pour Coluche lorsqu’il a créé l’association, il y a 35 ans.

A l’époque, le 26 septembre 1985, l’humoriste déclare avoir l’ambition de « distribuer deux ou trois mille couverts par jour ». Mais dès la première campagne hivernale, plus de huit millions de repas seront distribués.

Deux ans plus tard, la barre des 20 millions de repas est franchie. Il faut attendre le milieu des années 1990 pour atteindre le cap symbolique des 50 millions de repas. Après une stagnation de ce chiffre pendant quelques années, la demande explose à nouveau durant la deuxième moitié des années 2000, jusqu’à atteindre 100 millions de repas en 2008, en pleine crise financière.

De 8 à 133 millions de repas servis
L’infographie ci-dessous retrace l’évolution du nombre de repas servis par les Restos du cœur depuis leur création jusqu’à aujourd’hui.

Resto du coeur

Pour les Restos du cœur, le nombre de repas pourrait être « divisé par deux »
Actuellement, un repas sur quatre est financé par l’aide alimentaire européenne, « aujourd’hui fortement menacée », selon l’association. De 2014 à 2020, le budget global du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) pour la France était de 587 millions d’euros, soit un tiers de l’aide alimentaire française.

Une aide qui pourrait être drastiquement réduite lors du prochain vote du budget européen en 2020, conduisant à diviser par « deux voire par quatre le nombre de repas qu’on pourrait distribuer », dénoncent les Restos du cœur.

« Ce fonds est le principal outil de lutte contre la pauvreté en Europe (…) et malheureusement, la pauvreté ne diminue pas en France », souligne Patrice Blanc, président de l’association : « Il y a de plus en plus de personnes sous le seuil de pauvreté et les inégalités augmentent (…) Derrière ces chiffres, ce sont des femmes, des enfants, des familles qui vivent dans des situations de précarité inacceptables ».

Publié dans Texte Actualité divers

Mois sans alcool : même sans le gouvernement, des associations vont lancer leur « Dry January »

mois sans alcoolLa Fédération française d’addictologie dénonce une pression des lobbys et entend encourager les gens à relever ce défi malgré l’abandon du projet par le ministère de la Santé.

L’opération « Janvier sans alcool », campagne portée par le ministère de la Santé et l’agence nationale Santé Publique France qui devait être lancée en janvier 2020, a finalement été abandonnée par le gouvernement. La raison officielle : le « Dry January » (ou « Janvier sec ») n’avait « pas été validé », selon Agnès Buzyn.

Mais face à ce qu’elles considèrent plutôt comme une reculade du gouvernement devant le lobby de l’alcool, des associations ont tout de même décidé de lancer leur propre « Mois sans alcool », même sans la participation du ministère de la Santé.

« La Fédération Française d’Addictologie (FFA) et l’ensemble des associations sur le champ de l’addictologie (…) ont décidé de se mettre en mouvement pour que l’opération de mobilisation sociale sur le risque d’alcool initialement prévue par le Ministère de la Santé et Santé publique France, ait bien lieu en janvier 2020, malgré l’annulation du soutien de l’État par l’Élysée sous la pression des milieux viticoles », peut-on lire dans un communiqué de la FFA datant du 22 novembre.

Sur la base du volontariat, la FFA qui regroupe de nombreuses associations intervenant dans le champ des addictions  propose aux personnes de tenter l’expérience d’une pause dans leur consommation d’alcool durant tout le mois de janvier, de manière à évaluer leur rapport aux boissons alcoolisées.

Pour aider les participants à relever ce défi, les organisateurs mettront en place « une page Facebook et un slogan ». « On travaille aussi à la création d’un site », ajoute Amine Benyamina. Il sera également possible de suivre le compte Twitter « Dry January FRANCE » ou le hashtag #LeDéfiDeJanvier pour obtenir des informations sur l’opération et être soutenu pour ce défi par toute une communauté de participants.

La FFA explique qu’elle entend « réussir cette mobilisation citoyenne et de la société civile pour intervenir sur la deuxième cause de mortalité évitable à l’échelle nationale », qui fait 42.000 morts par ans dans l’Hexagone.

Publié dans Texte Actualité divers

Ce qui change au 1er novembre

ChangementNovembre, c’est le mois pour arrêter de fumer, se laisser pousser la moustache, et jeter un oeil aux nouvelles règles du chômage.

Les tarifs réglementés de vente du gaz augmentent de 3%
Appliqués par Engie à environ quatre millions de foyers français, ces tarifs réglementés vont augmenter de 3% au 1er novembre. L’augmentation est de 0,8% pour les clients qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 1,8% pour ceux qui ont un double usage, cuisson et eau chaude, et de 3,2% pour les foyers qui se chauffent au gaz.

Cigarettes
Voilà un changement qui motivera plus d’une personne à participer à l’action « Mois sans tabac ». Dès le 1er novembre, le prix du paquet de cigarettes augmentera d’environ 50 centimes, du fait d’une hausse des taxes prévue par le gouvernement. Par exemple, les Marlboro Red passent de 8,80 euros à 9,30 euros. C’est la deuxième fois que le gouvernement augmente les prix des paquets cette année. Son objectif est d’atteindre 10 euros pour 20 cigarettes d’ici à novembre 2020 pour réduire la consommation.

Chômage
Plusieurs mesures de la réforme de l’assurance chômage prennent effet à compter du 1er novembre.

Droit aux indemnisations :  Pour avoir accès au chômage, il faudra désormais avoir travaillé 130 jours, soit 6 mois, sur les 24 derniers mois. Auparavant, la durée minimale s’élevait à 4 mois sur les 28 derniers mois. Le seuil minimum pour le rechargement des droits est aussi porté à 6 mois, contre seulement 1 mois avant la réforme.

Réduction des indemnités :  Cette réforme touche seulement les salariés aux revenus supérieurs à 4500 euros bruts. Leurs indemnités seront réduites de 30 % à partir du 7ème mois de chômage, avec un plancher fixé à 2261 euros nets par mois.

Indépendants : En cas de liquidation judiciaire, les travailleurs indépendants pourront toucher une somme de 800 euros par mois pendant six mois. L’activité doit avoir généré des revenus d’au moins 10 000 € par an sur les deux années précédentes.

Démission :  Les salariés ayant au moins 5 ans d’ancienneté dans leur entreprise pourront bénéficier de l’assurance chômage en cas de démission pour réaliser un projet professionnel. Une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) devra attester du caractère « réel et sérieux » du projet.

Test du suivi numérique :  Les deux régions Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val-de-Loire vont expérimenter la mise en place du « journal de la recherche d’emploi ». Ce « journal de bord » numérique est destiné à mieux suivre les personnes en recherche d’emploi qui devront renseigner chaque mois les démarches effectuées pour retrouver un travail.

Allocations aux adultes handicapés
Les AAH seront désormais attribuées à hauteur maximale de 900 euros par mois sans limitation de durée. Avant le 1er novembre, l’indemnisé pouvait percevoir jusqu’à 860 euros sur une durée maximale de 20 ans. Pour les recevoir, il faut présenter un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80 % dont les limitations d’activités « ne sont pas susceptibles d’évolution favorable », selon les termes du gouvernement. Pour les autres situations, la durée d’attribution peut aller jusqu’à 10 ans au lieu de 5 ans. Les ressources perçues pendant l’année de référence (soit l’année 2017 pour l’AAH versée en 2019), ne doivent pas dépasser un plafond annuel fixé à 10 320 euros pour une personne seule et 19 504,80 euros pour un couple.

Complémentaire santé
La couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l’aide pour une complémentaire santé (ACS) fusionnent pour laisser place à la « complémentaire santé solidaire ». Rien ne change pour les assurés de l’ancienne CMU-C. En revanche, pour la population éligible à l’ACS (moins de 1007 euros pour un célibataire, 1813 euros pour un couple avec enfant), cette mesure est présentée comme une « simplification »: les garanties seront alignées sur celles de la CMU-C, moyennant une « participation financière » croissante avec l’âge.

Selon le gouvernement, 200 000 personnes supplémentaires bénéficieront de la nouvelle complémentaire. Selon leurs ressources, elle pourra être gratuite ou coûter moins de 1€ part jour.

Retraite du privé
La pension des retraites complémentaires du privé Agirc-Arrco seront revalorisées de 1 % au premier du mois. « La valeur de service du point de retraite a été définie à 1,2714 € et celle d’achat du point à 17,3982 € », détaille l’État.

Trêve hivernale
A partir du 1er novembre, il ne sera plus possible d’expulser les locataires qui n’auraient pas payé leurs loyers. Cet interdit est valable jusqu’au 31 mars. La trêve concerne aussi les fournisseurs d’énergie et de gaz qui ne peuvent pas couper leurs services pendant cette période. Toutefois, l’expulsion reste possible si le locataire bénéficie d’une solution de relogement adaptée, si l’habitation est reconnue comme dangereuse ou si des squatteurs sont entrés illégalement dans le lieu.

Au moins un menu végétarien par semaine
Une des mesures de la loi EGalim du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation sera mise en application ce mois-ci pour les élèves. Les cantines scolaires devront servir au moins un menu végétarien par semaine. La mesure concerne un menu unique (ou un menu alternatif dans le cas ou plusieurs menus sont proposés) sans viande ni poisson, crustacés et fruits de mer. Il pourra néanmoins comporter des œufs ou des produits laitiers. Cette expérimentation aura lieu pendant deux ans au sein d’un secteur qui sert 3,5 milliards de repas par an.

Ile-de-France : le carnet de 10 tickets de métro et bus augmente de 2 euros
Que vous soyez Francilien ou de passage à Paris, sachez que le carnet de 10 tickets augmente de 2 euros le 1er novembre. Il sera vendu 16,90 euros au lieu de 14,90 euros à partir de vendredi. La région veut inciter les voyageurs à utiliser des cartes Navigo ou son smartphone: sur ces supports dématérialisés le prix du ticket ne changera pas.

Un geste contre le cancer
Novembre, c’est aussi l’occasion de se laisser pousser la moustache. Depuis 2003, l’association Movember se bat contre le cancer de la prostate et pour la santé masculine. Elle fait de la moustache un symbole de la mobilisation : « utilisez votre moustache comme un prétexte pour engager des conversations et récolter des fonds pour la santé masculine », encourage Movember.

Les pneus hiver ne seront pas obligatoires cette année
Contrairement à ce que pouvaient annoncer les réseaux sociaux, le décret d’application qui doit imposer la pose d’équipements hiver sur les voitures n’a pas encore été signé. Le décret d’application semble cependant bien en cours de rédaction. France 3 Auvergne Rhône-Alpes renvoie vers le site du député des Deux-Alpes Joël Giraud. Il y publie une lettre envoyée aux préfets, dans le cadre de l’écriture du futur décret. Les préfets devront en effet définir les communes concernées par la future obligation dans chaque département, comme ces modalités. Et dans ce projet, ce ne sont pas forcément toujours les pneus hiver qui sont rendus obligatoires. Les chaînes à neige sont proposées comme alternative. Cependant, les délais sont désormais trop courts pour appliquer la réglementation cet hiver.

Publié dans Texte Actualité divers

Signalement des cas de maltraitance d’enfants

signalement-des-cas-de-maltraitance-denfants.jpgMéconnaissance des plateformes d’aides, peur de mal faire, peur des auteurs des violences ou tout simplement sentiment qu’il s’agit d’affaires privées.

Les témoins de maltraitance envers les enfants ne vont pas systématiquement signaler ces violences aux autorités, alors que la loi les y oblige.

Jonathan L., 34 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Reims mardi pour « non-dénonciation de mauvais traitements ». Son voisin, Tony trois ans, avait été battu à mort par son beau-père en 2016, et Jonathan L. avait reconnu avoir entendu des cris et des coups, sans intervenir.

Selon l’article 434-4 du Code Pénal « le fait, pour quiconque ayant connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger (…) de ne pas en informer les autorités judiciaires », est passible de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.

« Les gens ne savent absolument pas quoi faire »
Le voisin, qui a été relaxé mardi soir, a raconté avoir tenté de dénoncer la situation auparavant, notamment en parlant des faits de maltraitances auprès du bailleur,  ce que l’organisme a démenti. Il a également déclaré avoir posé une affiche dans l’ascenseur de l’immeuble concernant les violences faites aux femmes et aux enfants.

« Ce qui est évident, c’est que les gens ne savent absolument pas quoi faire, comment signaler », explique Laura Morin, directrice nationale de l’association l’Enfant Bleu – Enfance maltraitée, contactée par BFMTV.com. « C’est un exemple typique », déclare-t-elle à propos de la réaction de Jonathan L. Cette association a été partie civile au procès.

Les différents cas de figure
Deux cas de figure peuvent se poser, selon Laura Morin. D’une part, une urgence si on entend ou voit des violences claires, des coups portés sur un enfant. « Dans ce cas il faut agir très vite, appeler la police pour qu’ils interviennent rapidement et puissent constater les violences », explique-t-elle.

D’autre part, les violences plus « habituelles », celles qui sont suspectées par quelqu’un de l’entourage. « Signaler, ce n’est pas faire placer automatiquement l’enfant », précise Laura Morin. « Je sais que certains ont peur de se tromper, mais quand on a un doute il faut alerter et contacter le 119, le numéro d’appel pour les enfants en danger, ou une association protégeant les enfants maltraités », comme l’Enfant Bleu.

Traces de coups, brûlures, maladies répétées, accidents domestiques à répétition, difficultés scolaires … Plusieurs sites, comme celui de la Ville de Paris par exemple, listent les signes pouvant interroger sur la sécurité d’un enfant, notamment quand ils sont cumulés. Voisins, professeurs, ou amis peuvent faire un signalement, par exemple à une cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). En cas d’information inquiétante, une enquête est lancée.

Pour maître Marie Grimaud, avocate de l’association Innocence en danger – également partie civile au procès -, contactée par BFMTV.com, une autre distinction peut s’opérer. « Il y a le témoin visuel, qui se sent plus légitime à agir, et le témoin auditif. Le problème c’est que ce dernier ne se sent pas légitime, car si on lui demande ce qu’il s’est passé, il n’a rien vu », précise-t-elle.

Pourquoi les signalements ne sont pas toujours faits ?
L’Enfant Bleu déplore le manque d’informations sur le sujet, et rêve d’une grande campagne d’information sur le signalement de la maltraitance des enfants. En 2017, cette association a mené avec Harris Interactive un sondage sur la perception de la maltraitance en France. La moitié des personnes interrogées déclare ne pas être intervenue face à un soupçon de cas de violence.

« Chez ceux admettant ne pas être intervenus, les arguments avancés tournent principalement autour de la peur de se tromper (40%), d’une non-connaissance de l’identité de l’enfant ou de son entourage (25%), ou du sentiment que cela ne les regardait pas (18%) », explique le sondage.

« Il faut que les gens comprennent que face à la loi on a l’obligation de dénoncer ces comportements », martèle maître Marie Grimaud. « Quand on est témoin, on a pour obligation de dénoncer et on doit se sentir légitime à le faire. »

« Il faut arrêter de se dire ‘c’est chacun sa vie' »
Face aux doutes que peuvent rencontrer les témoins, et au manque d’informations concernant les signalements possibles, la directrice nationale n’est pas pour envoyer des témoins devant les tribunaux, comme Jonathan L., pour non-dénonciation de maltraitance. « Cela risque de faire encore plus peur aux gens, et prolonger le silence », selon elle.

Pour Maître Grimaud, la relaxe de Jonathan L. n’encouragera pas non plus la population à témoigner de violences. « Détourner le regard, c’est ce qui amène les parents à se sentir tout puissants, et une violence qui se rajoute, qui se rajoute », explique Maître Grimaud.

« Il faut arrêter de se dire ‘c’est chacun sa vie’, ‘chacun à ses problèmes », lance Laura Morin. « Et il faut surtout arrêter de détourner les yeux ».

Publié dans Texte Sexualité

L’éjaculation précoce, un trouble très répandu mais toujours tabou

lc3a9jaculation-prc3a9coce.jpgPeu d’hommes osent en parler et pourtant ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit à en souffrir. L’éjaculation prématurée concerne 20 à 30% de la gent masculine.

C’est le trouble sexuel masculin le plus fréquent. L’éjaculation prématurée, également appelée éjaculation précoce ou rapide, touche en moyenne un homme sur trois à un homme sur cinq. 71% de la gent masculine assure en avoir déjà souffert, indique une enquête réalisée par l’Ifop pour Charles, une plateforme de consultations médicales réservée aux troubles sexuels masculins.

« Peu d’hommes peuvent se vanter de ne jamais avoir rencontré ce problème », affirme à BFMTV.com François Kraus, directeur du pôle genre, sexualités et santé sexuelle à l’Ifop.

« Ce n’est pas une anomalie »
Selon l’Association française d’urologie, on parle d’éjaculation prématurée lorsque celle-ci survient de manière quasi systématique avant la pénétration, au moment de la pénétration ou juste après celle-ci, « avec inaptitude à retarder/contrôler ce réflexe lors de toutes ou presque toutes les pénétrations et comportant des conséquences personnelles négatives telles que peine, mal-être, frustration et/ou évitement de l’intimité sexuelle ».

Pourtant, il ne s’agit pas d’une maladie. « C’est tout le paradoxe de l’éjaculation prématurée, analyse pour BFMTV.com Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue à Lille ainsi que pour la plateforme Charles. Elle est tellement fréquente chez les hommes, hétérosexuels comme homosexuels, et dans toutes les tranches d’âge, qu’on ne la considère pas comme une anomalie, bien que l’on puisse la soigner. Il s’agit en réalité d’un réflexe. Les primates sont mêmes programmés pour éjaculer vite. Mais on peut apprendre à contrôler ce réflexe. »

Cette affection demeure sous-diagnostiquée et sous-médicalisée, même si tous les hommes qui éjaculent rapidement n’en souffrent pas. « L’éjaculation prématurée conserve un certain mystère », ajoute l’Association française d’urologie pour expliquer cette sous-médicalisation. En effet, ses causes et ses origines restent débattues. « Les croyances, les freins, les tabous font que les patients craignent d’en parler. »

Honte et tabou
À peine plus d’un tiers des hommes touchés l’ont déjà évoqué auprès de leur partenaire, selon l’étude de l’Ifop. Et ils sont encore moins nombreux à avoir consulté un professionnel de santé : seuls 16% d’entre eux ont osé se confier.

« Ils ont honte, note Gilbert Bou Jaoudé. Ils pensent qu’il n’y a pas de solution ou qu’ils vont la trouver par eux-mêmes, avec des techniques grappillées sur Internet. Ça leur pourrit la vie et ça nuit à leur couple. Ils ont l’impression de ne pas être un bon amant, de ne pas pouvoir contenter leur partenaire et de ne pas être un homme à part entière. »

Pourtant, il existe des solutions pour traiter l’éjaculation prématurée. Les méthodes combinant traitements médicamenteux, sexologie, psychologie et exercices musculaires s’avèrent d’ailleurs particulièrement efficaces. Car sans cela, ce trouble impacte bien au-delà de la vie sexuelle des patients.

« L’éjaculation précoce a de réelles répercussions psychologiques, poursuit le médecin. Ces hommes sont plus anxieux, se sentent moins légitimes pour séduire, ils n’osent plus entamer de nouvelles relations et s’isolent. »

Il évoque le cas de l’un de ses patients qui draguait une femme depuis un an mais évitait systématiquement tout rapprochement physique. Et trouvait des excuses pour repousser le rendez-vous qui aurait pu aboutir à une relation sexuelle.

« 100% de chance pour que ça plante »
Cela a longtemps été le cas de Stéphane (le prénom a été modifié pour préserver son anonymat). Ce Parisien âgé de 32 ans souffre depuis le début de sa vie sexuelle d’éjaculation précoce, « avec des hauts et des bas », confie-t-il à BFMTV.com. Au point d’adopter des stratégies d’évitement.

« On adapte sa sexualité avec plus de préliminaires, car les rapports peuvent être courts, voire très très courts. On prend son temps avant la première relation sexuelle, on est très câlin. On censure les rencontres, c’est pesant. C’est un poids sur les épaules, ça tape sur la confiance en soi et c’est quelque chose qui vous échappe complètement. »

Le jeune homme dénonce une « omerta » et assure avoir longtemps eu l’impression d’être seul. Jamais il ne s’est senti à l’aise pour en parler, même à son meilleur ami. « On prend l’éjaculation précoce à la rigolade, notamment avec le film Mary à tout prix. Mais beaucoup confondent ne pas se maîtriser une ou deux fois et quelque chose qui est systématique, récurrent. Si vous devez avoir un rapport sexuel, vous savez que vous avez 100% de chance pour que ça plante. »

En couple depuis peu, Stéphane a décidé de consulter un sexologue pour ne pas mettre en péril sa relation. Depuis, les choses s’améliorent progressivement. « Il y a des exercices pratiques, mais rien que d’avoir libéré la parole, je me sens mieux. »

« Un culte de la performance sexuelle masculine »
L’enquête montre également une méconnaissance des hommes quant à ce qui relève de l’éjaculation précoce ou non. Alors qu’ils souhaitent en grande majorité que leurs rapports sexuels durent plus longtemps, la moitié des hommes interrogés considère qu’en-dessous de cinq minutes de coït, on peut parler d’éjaculation précoce. Or, ce seuil est bien inférieur.

Il n’y a pas de consensus quant à la définition de l’éjaculation précoce, qui peut survenir dès le début de la vie sexuelle ou plus tardivement. Selon les sociétés savantes, on parle d’éjaculation prématurée lorsqu’elle survient moins d’une minute après le début de la pénétration, deux minutes pour d’autres ou encore en une quinzaine de poussées pelviennes. Pour François Kraus, de l’Ifop, la problématique autour de l’éjaculation prématurée est avant tout le reflet de changements sociétaux.

« Si l’importance accordée aux problèmes d’éjaculation précoce reflète une prise de conscience du plaisir féminin, elle est aussi le révélateur d’une survalorisation de la sexualité coïtale. Cela s’accompagne d’un culte de la performance sexuelle masculine associée à la taille du sexe, l’érection et la durée du rapport, notamment véhiculé par la pornographie. »

Complexant ainsi ces hommes qui ont l’impression de ne pas correspondre au modèle de mâle alpha. Sans compter que les aspirations en matière de durée de pénétration sont, selon François Kraus, « largement au-delà des normes biologiques. »

Publié dans Texte Actualité divers

Ondes électromagnétiques : pourquoi tant de haine ?

Ondes électromagnétiquesInhérentes au fonctionnement de nos smartphones ou au transport de l’électricité, les ondes électromagnétiques font régulièrement office de suspectes en raison de leur impact sur notre santé. L’évolution technologique ne fait que renforcer ces inquiétudes.

Elles sont insaisissables, invisibles, et suscitent des craintes grandissantes auprès du grand public. Utilisées depuis des décennies, les ondes électromagnétiques font régulièrement irruption dans le débat citoyen, à mesure du déploiement de nouvelles technologies telles que la 4G, la 5G, ou encore les compteurs Linky.

Entre fantasmes et impact réel sur la santé, il est souvent difficile de faire le tri. La mise en cause des ondes électromagnétiques est renforcée par l’absence de consensus de la communauté scientifique, malgré des études rassurantes et d’importantes contraintes réglementaires.

Basses fréquences et radiofréquences
Si les ondes électromagnétiques de très haute fréquence sont utilisées dans l’industrie médicale ou nucléaire, le grand public est principalement exposé à deux types d’ondes : les ondes d’extrêmement basse fréquence et les radiofréquences. Les premières sont celles qui sont utilisées pour acheminer de l’électricité le long des lignes à haute tension. Les secondes sont utilisées entre autres  par nos smartphones pour envoyer et recevoir des données.

Les ondes d’extrêmement basse fréquences font partie du paysage français depuis de très longues années, suscitant également des inquiétudes de la part des habitants. Et pour cause, ces champs électromagnétiques ont des effets avérés sur nos cellules. Le cas extrême de cette exposition étant l’électrocution.

Mais ce sont les conséquences d’une exposition permanente et bien plus modérée qui attisent le plus de craintes, notamment suite à plusieurs études scientifiques épidémiologiques. Comme le rappelle le ministère des Affaires sociales et de la Santé, une association statistique existe entre une exposition régulière à ce type de champs magnétiques et la leucémie chez l’enfant.

L’arrivée déterminante du mobile
Une étude de de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a constaté un plus grand risque de leucémie chez l’enfant de moins de 15 ans, vivant à moins de 50 mètres d’une ligne à très haute tension (225-400 kV). Les conséquences en termes de santé publique restent cependant limitées: d’après l’étude, qui dénombre 30.000 enfants vivant à moins de 50 mètres d’une ligne à très haute tension, l’excès de risque correspond à moins d’un cas de leucémie aiguë chez l’enfant chaque année.

Avec l’arrivée du téléphone mobile dans les années 90, les radiofréquences ont régulièrement été pointées du doigt pour leur impact potentiel sur la santé humaine. Pour l’heure, les études épidémiologiques sont rassurantes. L’une des principales études internationales, menée en 2012, n’a pas établi d’augmentation de risque de gliome et méningiome (deux cancers cérébraux) avec l’utilisation de téléphones portables.

Un rapport de l’ANSES publié en 2013, basé sur 309 articles scientifiques publiés entre avril 2009 et décembre 2012  évoque cependant la possibilité d’augmentation du nombre de gliomes chez les utilisateurs “intensifs” du téléphone mobile, ayant cumulé plus de 1.640 heures d’exposition.

Afin de respecter le principe de précaution, des limites d’exposition sont imposées aux fabricants de smartphones, ainsi qu’aux opérateurs en charge des antennes-relais. Lors d’une enquête réalisée en 2014 et basée sur près de 3000 mesures, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) a constaté que les valeurs limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques étaient respectées dans l’intégralité des cas.

Du côté des smartphones, certains fabricants ont néanmoins été épinglés pour avoir dépassé la limite réglementaire. Ils ont alors dû procéder à des mises à jour pour s’y conformer.

Des débats cycliques
Toutefois, la majorité de l’exposition aux radiofréquences est liée à la téléphonie mobile. Ce qui implique des débats réguliers, avec la multiplication des appareils en circulation et l’évolution des technologies de transmission des données. Après l’essor de la 4G, la 5G, qui sera déployée au cours des années 2020, suscite de nouvelles craintes quant à l’exposition du public aux ondes.

Pourtant, elle s’appuiera en grande partie sur les infrastructures utilisées pour la 4G, explique Gilles Brégant, directeur de l’ANFR, à BFM Tech. “C’est comme un système de poupées russes. Les fréquences de la 2G ont été réutilisées pour la 3G . La 4G réutilise des fréquences de la 2G et de la 3G. La 5G va réutiliser toutes ces fréquences en complément de ses propres fréquences” détaille-t-il.

Ce sont ces fréquences supplémentaires, bien plus larges et pouvant faire transiter bien plus de données, qui sont visées par les opposants au déploiement de la 5G. Handicapées par une moindre portée, ces dernières devront s’appuyer sur un réseau bien plus dense d’antennes, qui ne seront plus placées sur les toits mais sur les lampadaires ou abribus.

Pour limiter le niveau d’émission, ces dernières ne seront sollicitées qu’en cas de besoin de la part d’un utilisateur à proximité  par exemple pour télécharger un fichier volumineux.

A la différence des antennes-relais déjà installées, elles cibleront chaque smartphone avec précision, préservant les utilisateurs se trouvant à proximité. Ces dispositifs doivent subir des études d’impact avant d’être mis en place et devront se conformer aux limites d’exposition déjà existantes.

La crainte des ondes électromagnétiques a récemment pénétré nos foyers, à l’occasion du déploiement du compteur intelligent Linky par Enedis. Malgré des mesures montrant un impact comparable à celui d’une télévision ou d’un chargeur d’ordinateur portable, Linky a été ciblé par plusieurs associations, y compris devant la justice. Comme le montre un rapport de l’ANSES datant de juin 2017, les associations Priartem électrosensibles de France et Robin des Toits ont été particulièrement actives dans le combat face à Enedis.

“Alors que la controverse sur les antennes-relais a été soulevée par l’installation de sources d’exposition dans l’espace public, la polémique sur les compteurs communicants mobilise d’autres processus psychosociaux dès lors que la source est imposée et implantée dans l’espace privé. Elle est interprétée comme une source de menace venant de l’intérieur du chez-soi, ce qui est difficilement acceptable” complète le rapport, repris par nos confrères de Libération.

Un business florissant
A ces nombreuses craintes s’ajoutent les témoignages d’individus s’estimant électrosensibles. Une maladie qui ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique, et qui se distingue par la multitude des symptômes associés. Dans son rapport de 2013, l’ANSES mentionnait des études mettant en évidence “une association entre les symptômes perçus et la distance à l’antenne relais estimée par les riverains, plutôt que le niveau d’exposition réel”, laissant présager un effet avant tout psychologique.

En mars 2018, l’agence évoque une absence de preuve de causalité entre exposition aux ondes et électrosensibilité, tout en insistant sur la réalité des souffrances exprimées par les patients et sur la nécessité de poursuivre les travaux de recherche sur le sujet. Pour les scientifiques comme pour les régulateurs, le risque ou l’innocuité des ondes électromagnétiques est d’autant plus difficile à établir que ces dernières se multiplient et se cumulent.

Certaines entreprises ont choisi de jouer sur ces peurs pour vendre des produits “anti-ondes”. Leur promesse : préserver l’utilisateur des méfaits des ondes électromagnétiques, quand bien même ces derniers restent hypothétiques. Parfois coûteux, de tels produits  comme des patchs à coller sur son smartphone ou des vêtements spécifiques  se révèlent souvent inutiles. Récemment la marque Petit Bateau a également fait le choix de surfer sur la tendance en proposant à la vente un bonnet anti-ondes pour bébé.

Dans les prochaines années, l’absence de consensus sur les effets des ondes électromagnétiques sur la santé,  notamment à long-terme pourrait laisser une place grandissante aux débats sur le sujet. Face à ces incertitudes, les solutions les plus simples sont aussi les meilleures pour quiconque désire appliquer un principe de précaution supplémentaire : éloigner son smartphone de son oreille, téléphoner lorsque le réseau est bon, ce qui peut réduire de plus de 99% le niveau d’exposition, et limiter la durée des appels. En cas de doute sur le niveau d’exposition de son environnement quotidien, par exemple à proximité d’une antenne-relais, l’ANFR proposer de venir réaliser une mesure gratuitement.