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Décès du philosophe et académicien Michel Serres

Michel SerresAuteur de plus de 80 ouvrages, dont le best-seller Petite Poucette, Michel Serres est décédé « paisiblement » à l’âge de 88 ans.

Le philosophe Michel Serres, figure intellectuelle familière du grand public, est décédé samedi à l’âge de 88 ans, a annoncé sa maison d’édition, Le Pommier.

« Il est mort très paisiblement à 19h entouré de sa famille », a déclaré son éditrice Sophie Bancquart.  Mathématicien, sociologue, historien, académicien, analyste brillant, ce philosophe s’est intéressé à toutes les formes du savoir, scientifique comme littéraire, anticipant les bouleversements liés aux nouvelles technologies de la communication.

Officier de marine
Né le 1er septembre 1930 à Agen, fils d’un marinier de la Garonne, il entre à l’École navale en 1949, puis à l’École normale supérieure en 1952. Agrégé de philosophie trois ans plus tard, ce spécialiste de Leibniz, bouleversé par le bombardement d’Hiroshima en 1945, entreprend pourtant une carrière d’officier de marine, sillonne l’Atlantique et la Méditerranée, et participe comme enseignant de vaisseau à la réouverture du canal de Suez.

Il quitte la marine en 1958 et se tourne vers l’enseignement. A Clermont-Ferrand, où il côtoie Michel Foucault, puis à la Sorbonne, où lui, le philosophe, enseigne l’histoire des sciences. À partir de 1984, il enseigne la philosophie à l’université californienne de Stanford, où il passe une partie de l’année.

Un optimiste des nouvelles technologies
Michel Serres place l’environnement au centre de sa réflexion, s’interroge sur « le passage du local au global » et porte un jugement résolument optimiste sur le développement des nouvelles technologies.

En 1990, il est élu à l’Académie française, où il est reçu sans la traditionnelle épée, « en signe de paix ». Il devient dès lors une figure intellectuelle familière et touche un plus large public.

petite poucetteEn 2012, Petite Poucette (clin d’œil à la maestria avec laquelle certains utilisent leurs pouces pour taper sur leurs portables) se vendit à plus de 270.000 exemplaires.

« Voyageur infatigable de la pensée »
« Voyageur infatigable de la pensée », comme le décrit sur son site internet Le Pommier, son éditeur de longue date, Michel Serres est l’auteur de quelque 80 ouvrages et continuait de publier régulièrement ces dernières années. Son dernier livre, Morales espiègles, était paru en février.

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Invité de « Questions politiques » sur France inter dimanche dernier, il disait à propos de ce livre vouloir éviter de paraître « donneur de leçons ». « S’il y a une voie pour un signal moral, c’est le rire », ajoutait ce philosophe que le grand public a également pu écouter dans des chroniques dominicales à la radio pendant plusieurs années.

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Mini-délices aux pépites de chocolat noir

mini-dc3a9lices-aux-pc3a9pites-de-chocolat-noir.jpgIngrédients pour 2 personnes
– 55 g de farine + un peu de farine pour étaler la pâte
– 50 g de tofu soyeux
– 13 g de beurre allégé à 60% de matières grasses
– 10 g de pépites de chocolat noir à 52% de cacao pur beurre de cacao

chocolat minceurPréparation
1) Préchauffez le four à 210°C (thermostat 7).
2) Faites fondre le beurre à feu doux.
3) Dans une terrine, mélangez le Tofu et la farine. Ajoutez le beurre fondu. Mélangez bien (la pâte doit être souple).
4) Coupez la pâte en 4 morceaux. Étalez les morceaux de pâte en disques sur une feuille de papier sulfurisé.
5) Mettez au centre de chaque cercle 5g de pépites de chocolat.
6) Remontez 2 bords par 2 bords et pincez la pâte pour former des petits paniers.
7) Enfournez pour 20mn.
8) Servez tiède ou froid le jour même.

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Marvel fête ses 80 ans avec un album spécial

Marvel fête ses 80 ans avec un album spécialLa maison d’édition fête ses 80 ans et publie Marvel Comics No. 1000, un album spécial qui racontera l’histoire de tous ses héros depuis sa création en 1939.

Marvel Comics fêtera son quatre-vingtième anniversaire cette année en août. La maison d’édition, qui depuis une dizaine d’années bat des records au cinéma, sortira à cette occasion Marvel Comics No. 1000, un album spécial qui racontera l’évolution de tous ses héros depuis sa création en 1939.

Comme le révèle le New York Times, chaque page du comic racontera une année de l’histoire de Marvel. Les lecteurs pourront revenir le temps de 80 pages sur la création de héros aussi iconiques que Captain America, Spider-Man et les Quatre Fantastiques. Et en découvrir d’autres moins connus, comme Blue Marvel ou Night Thrasher.

Marvel fête ses 80 ans avec un album spécial suite80 pages, 80 équipes
« C’est de loin le plus livre le plus complexe et difficile que j’ai eu à concevoir », a déclaré Tom Brevoort, éditeur de Marvel. Si la majorité des bandes dessinées sont conçues par un scénariste et une équipe de dessinateurs, Marvel Comics No. 1000 a été imaginé par 80 équipes différentes, chacune se chargeant d’une page.

Parmi les contributeurs figurent des vétérans de Marvel, mais aussi des nouveaux venus, comme le rappeur Taboo, des Black Eyed Peas, et les réalisateurs Phil Lord et Christopher Miller, scénaristes et producteurs de Spider-Man : New Generation.

La couverture de l’album, qui réunit notamment Thanos, Wolverine et Black Panther, a été réalisée par le maître Alex Ross, connu pour ses peintures hyperréalistes des héros et héroïnes de Marvel.

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Boule et Bill fête ses 60 ans

Boule et Bill fête ses 60 ansLe célèbre petit garçon et son cocker fêtent leur soixante ans cette année. Retour sur leur histoire et celle de leur créateur, Jean Roba.

Avec Le Petit Nicolas et Astérix, Boule et Bill est une des créations majeures de l’année 1959. Imaginées par Jean Roba (1930-2006), les aventures de Boule et Bill ont connu un succès mondial. Traduits dans une quinzaine de langues, les recueils des gags du garçon et de son cocker se sont vendus à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde.

Tout commence le 24 décembre 1959 dans les pages du Spirou. Sous l’impulsion du scénariste Maurice Rosy, « donneur d’idées » du journal, Roba publie Boule et Bill contre les mini-requins, dont les personnages lui ont été inspirés par son fils et son cocker. Bienveillante, drôle et offrant une vision idyllique de la réalité, l’histoire plaît d’emblée aux lecteurs. La machine est lancée.

Destiné à la jeunesse, Boule et Bill met en scène un héros irréprochable. Le cocker hérite, contrairement à son maître, d’un prénom humain et devient le réceptacle de toutes les pulsions que Boule ne peut pas exprimer. Bill incarnera ainsi la paresse, la vanité, la gourmandise, etc. Dans une histoire publiée à la fin de sa vie, Roba imagine la rencontre entre le chien et un cambrioleur. L’animal le laissera pénétrer chez lui avant de le convaincre de dérober ses produits de nettoyage pour échapper à son bain hebdomadaire.

Boule et Bill 1

« Je suppose que Boule et Bill sont arrivés au bon moment »
L’humour de Roba, « qui trouve son subtil équilibre entre une véritable gentillesse et une intelligence malicieuse », est selon le Dictionnaire de la BD de Larousse la clef du succès d’une série qui « témoigne d’un sens aigu de l’observation, décrivant avec humour et tendresse les mille et une péripéties de la vie quotidienne. » La publication loue aussi le graphisme « tout en rondeur et en harmonie, d’une lisibilité totale » comme Les Schtroumpfs ou Tintin.

Interrogé sur le succès de la série, Roba confiait quelques mois avant sa mort : « Je n’en sais rien. J’imagine ou je suppose [que Boule et Bill] sont arrivés au bon moment. A l’époque il n’y avait pas tellement d’histoire d’un petit garçon et de son chien, il n’y avait pas d’histoire où l’on voyait le papa, la maman. Il y avait un côté gentil, frais, familial […] J’ai besoin d’un monde gai comme celui-là »

Le monde de Boule et Bill ne connaît en effet ni la guerre ni la maladie, ni la mort. Boule se rend rarement à l’école et passe la majorité de ses journées à jouer dans son jardin ou à se promener en forêt avec son meilleur ami Pouf ou Caroline la tortue. Dessinateur de l’insouciance et la joie de vivre, Roba met en scène des balades, des vacances. Même les voleurs sont gentils. « Je rêve parfois d’un gag avec une feuille morte qui tombe. C’est tout. Une feuille morte qui tombe dans un jardin, c’est le prototype de l’événement familial. Un instant d’émotion, de rêverie », disait-il en 1978.

Toute sa vie, Roba s’est amusé avec cet univers destiné aux enfants et à leurs parents: « Boule et Bill s’adresse d’abord à moi, puis aux enfants. En général, les adolescents décrochent, mais je les attends au tournant : ils reviennent quand ils sont mariés, avec des enfants et un cocker », s’est-il amusé en 1999 dans le quotidien belge Le Soir. Fidèle aux enfants qui ont assuré son succès, il a toujours poursuivi dans cette voie: « J’ai envie de faire sourire, de permettre l’oubli des tracas, d’offrir un peu de bonheur. Pourquoi devrais-je parler des malheurs de l’existence ? »

Boule et Bill

« Je ne voulais pas que Boule et Bill soient enterrés avec moi »
Cette version idyllique n’est pas exempte de défauts. Il a reçu quelques critiques pour sa vision de la femme dans le couple : « Cette notion de la famille est de mon époque », s’était-il justifié en 2001. « Il m’est arrivé, assez rarement d’ailleurs, notamment dans un article du Ligueur [journal bimensuel belge de la Ligue des familles, NDLR] écrit par une sociologue assez vindicative, d’avoir certaines remarques sur ma vision de la famille. Mais dans l’ensemble, le public ne s’y trompe pas et, souvent, c’est le public qui prend ma défense, face à ces journalistes. »

Contrairement à son autre série, La Ribambelle, dont il n’écrivait pas le scénario, Roba signait chaque gag de Boule et Bill. Accaparé par le succès de la série, il s’est fait aider pendant trois ans à l’encrage par le dessinateur Laurent Verron. Après 28 albums de Boule et Bill, Roba lui a cédé la main en 2003. Roba ne pouvait plus suivre le rythme de publication en raison d’un problème à la main.

Boule et Bill fête ses 60 ansIl était ravi de voir ses personnages poursuivre leur vie sans lui : « J’ai toujours dit que je ne voulais pas que Boule et Bill soient enterrés avec moi », avait-il indiqué dans une interview accordée en 2003 à BD Zoom. Depuis le départ de Laurent Verron en 2014, le dessinateur Jean Bastide et le scénariste Christophe Cazenove ont pris le relais.

Un livre réunit les meilleurs gags de la série (Boule et Bill, Bon anniversaire, Dargaud, 48 pages, 10,95 euros.)

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Pascal Obispo invite dans son nouveau clip l’homme qu’il a sauvé d’un violent accident de la route

Pascal Obispo invite dans son nouveau clip l'homme qu'il a sauvé d'un violent accident de la routePascal Obispo dévoile le clip de sa chanson On n’est pas seul sur la Terre, où il retrouve Nicolas Lacambre, un homme qu’il a sauvé après un accident de la route.

Depuis onze ans, Pascal Obispo a noué une amitié très forte avec Nicolas Lacambre, dont il a sauvé la vie après un violent accident de la route. Cette semaine, le chanteur a fait de celui que l’on surnomme « L’homme de fer » la star de son nouveau clip, On n’est pas seul sur la Terre.

Leur histoire débute en février 2008, sur une route reliant le Cap Ferret à Bordeaux : « Je vois au loin une mobylette se faire exploser par une voiture », s’est souvenu Obispo dans Le Parisien l’année dernière. Il poursuit :  « Je me suis approché, c’était catastrophique. J’ai ramassé cet homme, je l’ai mis sur le bas-côté. J’ai fait appeler les pompiers, je suis parti juste avant qu’ils n’arrivent pour éviter de faire la une des magazines. Cela n’a rien d’exceptionnel, tout le monde l’aurait fait, sauf le gars en voiture qui s’est barré. »

Un an plus tard, Nicolas Lacambre, qui a perdu sa jambe et son bras droits dans l’accident, est allé à la rencontre du chanteur. « Depuis, nous comptons l’un pour l’autre. Et il a vécu des choses incroyables. Cela relativise tout », raconte Obispo. En septembre prochain, Nicolas Lacambre sortira un livre où il témoignera de son expérience. Le titre ? On n’est pas seul sur la Terre.

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Dix commandements pour bien choisir ses aliments

Guide d’achat pour bien manger, aux éditions FirstGuide d’achat pour bien manger, aux éditions First, le médecin nutritionniste Jean-Michel Cohen passe en revue 700 produits de consommation courante.

Il nous dévoile ses dix conseils clés pour bien les sélectionner.  Et donc, pour mieux manger.

1) Faire une liste de courses
« Cela paraît bête, mais beaucoup de gens vont faire leur courses sans savoir quoi acheter. La première erreur pour éviter cette situation c’est bien sûr de faire une liste de courses, pour n’acheter que ce dont vous avez vraiment besoin », conseille le nutritionniste.

2) Étudier tout le rayon
Machinalement, on a tendance à prendre le premier produit devant soi, à portée de main et à hauteur de vue, sans s’attarder sur les autres. Mauvaise habitude selon le Dr Cohen : « L’offre est large et l’on retrouve des produits plus sains et moins chers dans les rayons supérieurs ou inférieurs. Donc un conseil : étudiez tout le rayon avant de choisir ».

3) Se méfier des emballages
« Le packaging des produits est fait pour attirer l’œil, et pousser le client à consommer ces produits », met en garde Jean-Michel Cohen. Et les produits les plus tape-à-l’œil, on les retrouve généralement à l’entrée du magasin ou en tête de rayon. « Mais aussi dans les allées elles-mêmes, comme par exemple les céréales du petit déjeuner, dont les emballages sont couverts de dessins et de jeux pour attirer les enfants et inciter les parents à les acheter ».

4) Ne pas prêter trop d’attention aux portions
« Les industriels indiquent volontairement sur leurs emballages des portions déculpabilisantes, avec un taux de calories acceptable. Comme les portions de 30 grammes indiquées sur les emballages de chips, par exemple, alors que l’on sait pertinemment que l’on va en manger plus », constate avec raison le médecin-nutritionniste.

5) Toujours lire les indications caloriques
Indispensable pour le Dr Cohen : « La valeur calorique est un bon indicateur pour reconnaître la qualité d’un produit. Dans tous les cas, elle ne doit pas dépasser 400 kcal pour 100 grammes. Au-delà, le produit est beaucoup trop riche ». Quelques minutes de plus à regarder les étiquettes, mais des minutes essentielles.

6) Bien regarder les ingrédients
La liste des ingrédients d’un produit parle d’elle-même. « Au-delà de 6 lignes d’ingrédients, je déconseille d’acheter le produit », explique Jean-Michel Cohen. « Cela veut dire qu’on est loin de l’aliment premier, qu’il est vraiment trop transformé. »

7) Savoir choisir un produit équivalent
« On a tendance à se focaliser sur les marques connues, qui, il y a dix ans, étaient gage de qualité. Mais cela n’est plus toujours vrai aujourd’hui », dénonce le nutritionniste. « Il faut se dire qu’il existe toujours un équivalent à la marque connue que l’on a en tête et que ce sera parfois un produit meilleur ».

8) Vérifier la nature des matières grasses
« Si l’on pousse un peu plus loin l’étude des étiquettes, il faut s’attarder sur la composition des graisses. D’une manière générale, elles ne doivent pas dépasser les 20 % du total, soit 20 grammes pour 100 grammes de produit », nous explique le spécialiste. « Ensuite, vérifier de quelle graisse il s’agit, les meilleures étant les huiles de colza et de tournesol, éliminer les produits contenant des graisses hydrogénées ».

9) Éliminer le sirop de glucose-fructose
« Concernant les sucres, toujours dans la liste des ingrédients, c’est le sirop de glucose-fructose qui est à fuir absolument » D’après Jean-Michel Cohen, il serait l’un des premiers responsables de l’épidémie d’obésité qui sévit aux États-Unis.

10) Choisir des produits simples
Enfin, vérifier tout bonnement que le produit que l’on veut acheter apparaît bien en premier dans la liste des ingrédients. Car l’ordre d’apparition indique également la proportion de l’ingrédient dans le produit fini. « Si j’achète du chocolat, la pâte de cacao doit être indiquée en premier et non pas le sucre, sinon, ce n’est pas vraiment du chocolat », conclut le nutritionniste.

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Comment devenir journaliste malgré la crise ?

journalisteDans un contexte de crise de confiance envers les journalistes, et surtout de crise que traversent les grands médias, ce métier continue de séduire les jeunes.

Mais comment peut-on devenir journaliste ?  En quoi consiste le métier ?  Quel est le salaire des débutants ?  Quelles sont les meilleures écoles ?  Comment trouver son premier poste ?   Le Figaro Étudiant vous donne les pistes à suivre.

Si journaliste fait partie des métiers les plus détestés des Français, et des professions qui recrutent le moins, ce métier attire paradoxalement toujours autant les jeunes. La preuve, le dernier concours de l’IJBA Bordeaux a attiré 913 candidats pour seulement 36 places, soit 3,9 % de réussite seulement. Élise Lucet, la célèbre présentatrice de «Cash Investigation» et d’«Envoyé Spécial» ou David Pujadas, aujourd’hui présentateur sur LCI font toujours rêver. En 2018, selon l’Observatoire des métiers de la presse, on comptait 35 297 journalistes en France. 57,7% des journalistes travaillent en presse écrite, 16,7 % en télévision, 9,7% en radio et 9,1% en agence de presse.

La création de newsrooms a provoqué un appel d’air
La presse écrite reste le secteur dominant parmi les cartes de presse. Mais la crise qui sévit dans de nombreux journaux a des conséquences. Le nombre de cartes de presse est, en 2018, en baisse de 0,4 % par rapport à 2017. «On a connu beaucoup de regroupements de titres de presse ainsi que des plans sociaux parmi les gros titres, donc, oui, forcément, la crise a un impact sur le nombre de journalistes», affirme Claude Cordier, vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. «Toutefois, la création de newsrooms (salles de presse web) a provoqué un appel d’air», souligne Julie Joly, directrice du CFJ, qui souligne que ses diplômés trouvent tous du travail à l’issue de leurs études.

Quel métier ?
«La plus belle définition du métier de journaliste est celle d’Albert Londres : «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie». Le journaliste a pour principale mission d’informer le public. Le reporter recueille une nouvelle et la vérifie. Doté d’une grande réactivité, il est à l’affût de l’actualité. Une fois la nouvelle récoltée, il croise ses sources afin de mettre à la disposition de son public une information fiable. Il cisèle ensuite son écriture pour rendre le message accessible au lecteur et choisit un angle d’attaque original, susceptible de l’attirer. «Mais comme l’explique Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire du Figaro, être journaliste, c’est aller plus loin que la «petite phrase», et expliquer le sens des petits et des grands silences, c’est aller auprès des gens, raconter leur vie non pas comme nous l’imaginons mais comme ils la vivent. C’est douter à chaque instant de ce qu’on nous dit, en n’oubliant jamais que rien n’est pire que de se faire instrumentaliser sans s’en rendre compte».

«Le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses clairs et ses obscurs»
Pour Charles Haquet, grand reporter au service étranger de L’Express, «un journaliste décrit la réalité, telle qu’il la perçoit. Il apporte à ses lecteurs des clés de compréhension du monde, en essayant d’être le plus objectif possible, et de donner la parole à toutes les parties. Affranchi des pouvoirs, le journaliste donne un éclairage indépendant, c’est le garant de sa crédibilité. En reportage, le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses contrastes, ses clairs et ses obscurs. Le journaliste joue aussi un rôle de contre-pouvoir».

Le journaliste peut travailler pour la télévision, la radio, une agence de presse, un journal papier ou un site web. Ce métier recouvre un large panel de fonctions, allant du journaliste reporter d’images (JRI), au journaliste radio, en passant par le secrétaire de rédaction et par l’agencier. Le JRI (journaliste reporte d’image) réalise des reportages pour la télévision ou le web. Le journaliste radio doit avant tout avoir une bonne voix, une bonne diction. Quant au secrétaire de rédaction (SR), il relit et corrige les papiers des rédacteurs, destinés au print, c’est-à-dire à la presse papier. Il est un maillon essentiel de la chaîne. L’agencier, lui, travaille au service d’une agence de presse. Autrement dit, il travaille dans un organisme qui recueille des informations et les vend aux médias. Ainsi, ces derniers obtiennent des informations sur des pays dans lesquels ils n’ont pas assez ou pas du tout de journalistes et peuvent informer leurs lecteurs en temps réel.

Internet a transformé le métier de journaliste
L’arrivée d’Internet dans les années 2000 a bouleversé le métier de journaliste. Les journalistes d’aujourd’hui doivent être plus réactifs, écrire rapidement avec des titres plus accrocheurs. Les médias usent des réseaux sociaux afin de partager leur contenu et d’augmenter leur audience. Jean Bernard Litzler, journaliste au Figaro Immobilier, est témoin de cette évolution. «Le web offre plus de liberté, de souplesse que le papier mais j’avais choisi la presse écrite pour avoir un temps de recul. Maintenant, c’est fini. Le web c’est la tyrannie du temps réel», assène-t-il. Un journaliste peut se spécialiser dans divers domaines dont le sport, l’économie, la culture ou encore la politique. «Dans mon cas, être journaliste c’est expliquer de manière pédagogique la fabrique de la loi et ses conséquences sur le quotidien des Français», explique Delphine Girard, journaliste à Public Sénat, chaîne de télévision politique et parlementaire.

La carte de presse permet d’entrer dans les tribunaux
Le statut de journaliste donne droit à une carte de presse, renouvelée tous les ans et attribuée par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Elle certifie que l’individu exerce en tant que journaliste. «La carte de presse est un outil de travail, qui permet d’entrer dans les tribunaux, le palais de justice ou les ministères, par exemple. Elle donne des accréditations pour couvrir des manifestations officielles. C’est aussi un outil de protection qui permet aux journalistes de passer les checkpoints (frontières), en temps de guerre. En tant qu’outil social, elle permet de voir son ancienneté professionnelle reconnue au sein de son entreprise. Cet outil professionnel établit également que l’on est journaliste», définit Claude Cordier vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. La carte de presse permet aussi au journaliste d’obtenir une entrée gratuite dans les musées nationaux. Elle offre enfin à son bénéficiaire des avantages fiscaux. Chaque journaliste peut ainsi déduire de ses revenus imposables une somme plafonnée à 7650 euros.

60 ans de journalismeLa profession a toutefois perdu de son prestige, et avec le web, les conditions d’exercice sont beaucoup plus rudes que par le passé, comme le souligne le plus vieux journaliste de France, Philippe Bouvard, qui a connu la presse des années 50. «Seuls les détenteurs d’une véritable vocation ne cherchent pas plus loin que la fonction qui consiste à servir d’intermédiaire entre l’actualité et le consommateur d’informations. Pour le statut social, ils repasseront car il y a belle lurette que, même en province, les journalistes ont cessé d’être considérés comme des notables», écrit-il dans son ouvrage Je crois me souvenir… , 60 ans de journalisme (Flammarion).

Les plus du métier : Cette profession est véritablement exaltante. Exit le quotidien morose et répétitif. Le journaliste découvre sans cesse de nouveaux visages et des paysages inconnus. «J’aime m’intéresser au quotidien des autres», explique Johan, tout juste sorti du CUEJ Strasbourg. Marguerite, étudiante en dernière année à l’EjT, rejoint Johan sur cette impression de découverte permanente. Elle apprécie de faire de nouvelles rencontres. «L’avantage de ce métier pour moi, qui suis surtout intéressée par la culture, c’est qu’on a accès aux coulisses et à un nombre insensé de choses auxquelles le grand public n’aura jamais accès», s’extasie-t-elle. C’est également un métier stimulant d’un point de vue intellectuel. Le journaliste ne cesse d’apprendre des nouvelles choses. Il peut aussi retirer la satisfaction d’apprendre quelque chose à son public, qu’il soit auditeur, téléspectateur ou lecteur.

Les moins du métier : Ce métier est prenant, voire chronophage. Charles Haquet, de L’Express, reconnaît que son métier est difficilement compatible avec une vie de famille : «Dans mon cas, je voyage fréquemment, ce qui implique une charge de travail plus importante pour ma femme qui doit s’occuper des enfants lorsque je suis parti. Et puis, les dîners annulés en cas de départ précipité, les week-ends passés à l’étranger, le décalage horaire au retour : toutes ces contraintes demandent beaucoup de compréhension de sa part», avoue-t-il.

En effet, le journaliste ne compte pas ses heures. Il doit être prêt à travailler le week-end et les soirs de semaine. En radio, les matinaliers doivent être prêts à se lever à 4 heures du matin. De même, comme le souligne Marguerite, élève de l’EJT, l’actualité est imprévisible. Il n’est donc pas aisé de s’organiser. Enfin, autre inconvénient, c’est un travail qui peut être précaire. À la sortie de l’école, les jeunes diplômés trouvent rarement un CDD ou un CDI et ont souvent le statut de pigiste.

Quel profil ?
Il n’y a pas un seul profil type pour devenir journaliste. «À partir du moment où la personne est curieuse, passionnée, désireuse d’apprendre et de transmettre, ce métier est ouvert dans l’absolu», constate Pierre Ginabat, directeur de l’EJT. «Nous avons dans l’école aussi bien des «geeks» (passionnés d’informatique NDLR), que des littéraires, des passionnés d’actu. Mais ils ont un point commun, la curiosité et la volonté de transmettre l’information», complète Julie Joly, directrice du CFJ. Cette profession nécessite toutefois certaines qualités: une solide culture générale, un esprit critique prononcé, une certaine «originalité», selon Johan, et un goût pour le contact humain. Il est également préférable de maîtriser plusieurs techniques de réalisation : l’écriture, la photo et la vidéo. C’est un métier ouvert aux femmes. D’ailleurs, la profession se féminise de plus en plus. En effet, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels relève 47% de femmes et 53% d’hommes parmi les détenteurs de la carte de presse en 2018.

Quel âge ?
Il n’y a pas d’âge pour être journaliste. Toutefois, en ce qui concerne les études de journalisme, c’est différent. Certaines écoles imposent une limite d’âge aux candidats. Pour postuler au CFJ Paris, par exemple, il faut être âgé de moins de 26 ans au 31 décembre de l’année du concours, sauf si la direction accorde une dérogation.

Quel bac ?
Si les étudiants qui se destinent à des études de journalisme suivent un bac général, il n’est pas obligatoire de faire un bac littéraire. Certains cursus sont accessibles dès le bac mais la plupart exigent un bac+3 minimum ainsi que des stages dans des médias.

Quelles études ?
Aucune formation spécifique n’est obligatoire pour devenir journaliste. Toutefois, le fait de faire une école de journalisme permet de trouver plus facilement du travail. «L’étudiant va découvrir ses atouts, apprendre aux côtés de journalistes confirmés, occupera tous les postes d’une rédaction, participera à des concours organisés par de grands médias. Ce qui lui permettra de se faire repérer, et de faciliter son insertion professionnelle», expose Julie Joly du CFJ.

Il existe deux types d’écoles de journalisme. Les plus convoitées sont les 14 écoles reconnues par la profession, ce sont les écoles qui répondent aux critères de la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes).

Les écoles publiques reconnues : Parmi les écoles, certaines sont publiques: l’école de journalisme de Sciences Po, l’IUT de Lannion, l’IUT de Nice, l’EPJT de Tours, le CUEJ de Strasbourg, le Celsa de Paris, l’EJDG de Grenoble, l’IFP Paris, l’IJBA de Bordeaux et l’EJCAM de Marseille.

Les écoles privées reconnues : D’autres formations, à l’instar du CFJ Paris, de l’EJT Toulouse, de l’ESJ Lille ou de l’IPJ Paris sont privées. L’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille est considérée comme la meilleure école, à l’échelle nationale, selon le classement des meilleures écoles de journalisme du Figaro Etudiant réalisé en 2018.

Ces écoles sont le plus souvent accessibles sur concours après un bac +3. Aucune licence n’est privilégiée. Certains font une classe préparatoire (littéraire, économique voire scientifiques), ou une licence d’histoire de sciences politiques ou un IEP (Institut d’études politiques). «La base, c’est de s’intéresser énormément à l’actualité et aux autres. Pour cela, on peut faire de la littérature, des maths, des sciences, de l’histoire, du droit, de l’économie», insiste Pierre Ginabat, directeur de l’École de journalisme de Toulouse. À titre d’exemple, Jean-Bernard Litzler, journaliste au Figaro immobilier, a suivi des études à l’IEP Strasbourg avant d’entrer au CFJ Paris.

Des prépas en journalisme existent pour se préparer aux concours (moins de 5 % de réussite). L’ESJ Lille propose, par exemple, la prépa égalité des chances. Il s’agit d’une préparation aux concours des écoles de journalisme ouverte à de jeunes boursiers. Ipésup propose une formation spécialisée aux sept meilleures écoles de journalisme, à raison d’une demi-journée hebdomadaire de cours pendant quatre mois. Depuis 2017, le CFJ s’associe à l’école W pour proposer une préparation aux concours de journalisme.

Toutefois, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues restent minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Que valent les écoles non reconnues ?
Beaucoup sortent d’écoles non reconnues. On peut citer, de manière non exhaustive le CFPJ, l’ESJ Pro, l’IEJ Paris, l’ISCPA, l’ISFJ, Studio école de France, HEJ, EFJ à Levallois. D’autres sortent de l’université lesquelles proposent des formations professionnelles comme le master 2 métiers du journalisme de l’Université de Montpellier par exemple, ou le master journalisme de l’Université de Cergy-Pontoise. Moins sélectives que les écoles reconnues, elles permettent néanmoins aux meilleurs éléments d’intégrer des rédactions nationales. À titre d’exemple, Adrien Renouard vient de signer un CDI à l’édition premium du Figaro, à 26 ans, après avoir fait une licence d’histoire puis un master de journalisme à l’Université Catholique de Lille, cursus non reconnu par la profession. Il enrichit des articles et les met en valeur.

Toutefois, encore aujourd’hui, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues sont minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Combien coûtent les études ?
Lorsque l’école est publique, les élèves paient des droits universitaires. Il faudra compter 4 500 euros par an pour l’ESJ Lille, une école privée, par exemple. Les frais de scolarité de l’EJT Toulouse, école privée elle aussi, s’élèvent à 4 250 euros par an, en première et en deuxième année, et à 3 000 euros en dernière année. Pour l’IJBA Bordeaux,école publique, les frais d’inscription universitaires sont appliqués, soit environ 256 €. Pour l’ESJ Paris, cursus non reconnu, il faut payer 6 000 euros par an environ.

Comment trouver son premier job ?
Il n’est pas aisé pour les journalistes débutants de s’assurer une situation stable. Pour se faire remarquer positivement, Pierre Ginabat recommande vivement de se montrer appliqué et rigoureux. «Un journaliste impliqué, sur qui on peut s’appuyer et avoir confiance se démarquera du lot», assure-t-il.

Delphine Girard, de Public Sénat, conseille de «tout lire, les journaux, les hebdos, des romans. S’informer tout le temps. Il faut s’accrocher car le métier n’est pas facile et la précarité reste la règle avec beaucoup de CDD ou de piges mais c’est un métier formidable avec une actualité toujours surprenante».

Charles Haquet, grand reporter à L’Express, recommande de s’entraîner à la manière d’un sportif. «C’est un métier «artisanal», qui demande de la répétition. Il faut travailler ses gestes: apprendre à poser des questions, à mettre à l’aise ses interlocuteurs, à bien préparer ses interviews, à travailler son plan, à bien travailler ses «accroches», à voir comment font les autres, à enrichir son vocabulaire et à réfléchir en permanence à sa pratique», affirme-t-il. Il encourage les jeunes journalistes à ne jamais cesser d’y croire.
Faire jouer son réseau

Le jeune diplômé peut également envoyer des idées de sujets à des rédacteurs en chef afin que ceux-ci puissent leur proposer de piger pour leur média. Si un journaliste souhaite postuler à une offre ou bien soumettre une candidature spontanée, il doit envoyer un CV, bien sûr, mais il ne doit pas hésiter à insérer des liens vers ses publications. Le recruteur sera ainsi à même d’évaluer les productions du candidat.

Faire jouer son réseau, construit lors de l’école de journalisme, est aussi indispensable. Outre les groupes réservés aux étudiants des écoles, des groupes Facebook, comme «Réseau journalistes et médias: offres d’emploi, de piges, de collaborations» ou «Emplois dans la presse.com» ou encore «Entre2piges.com» permettent de publier des offres d’emploi.

Difficile de le nier : le métier se précarise. D’après l’Observatoire des métiers de la presse, il y a 10 ans, les CDI représentaient la plus grande part du total des premières demandes de cartes de presse, élément servant à prouver l’activité de journaliste. Aujourd’hui, ce sont les pigistes rémunérés à l’article, au reportage ou à la photo qui sont en tête (37,2%). Les CDD représentent 34,1% des nouvelles demandes de cartes et les CDI, 28,3%. Paradoxalement, le chômage est faible. Et seulement 1350 cartes chômeurs ont été attribuées en 2018 (3,82 % des journalistes). Elles sont accordées à des journalistes titulaires de la carte de presse mais qui sont au chômage. La particularité de ce métier est qu’un journaliste qui perd son travail peut toujours travailler comme pigiste.

Quel salaire ?
Selon l’Observatoire des métiers de la presse, le revenu médian brut mensuel des journalistes en CDI, en 2017, était de 3 591 euros brut. Les CDD gagnaient 1 954 euros. En ce qui concerne les pigistes, ils avaient un revenu médian de 2 000 euros.

Selon la grille des salaires publiée par le SNJ (syndicat national des journalistes), dans un quotidien parisien, la pige est payée 66,98 € le feuillet (1500 signes), un rédacteur stagiaire (diplômé d’une école agréé par la profession, embauché mais pas encore titulaire de la carte de presse) 2162, 62 € brut, un chef de service 3541,32 € par mois, un rédacteur en chef adjoint 4517,25 €, un rédacteur en chef 5430 , 49 €.