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10 mai : le jour du dépassement pour les Européens en 2019

10 mai le jour du dépassement pour les Européens en 2019A partir de ce 10 mai, les 512 millions d’habitants de l’Union européenne vivent à crédit. Ils ont en effet absorbé la totalité de ce que peut produire la Terre en nourriture, fibres et matériaux.

Pour la première fois, le WWF et l’organisme Global Footprint Network ont calculé le poids écologique des 28 États de l’Union européenne et l’ont traduit dans un « jour de dépassement », date à partir de laquelle la consommation des hommes excède la capacité de la Terre à fournir durablement de quoi se nourrir (agriculture et élevage), se vêtir (laine, coton, lin), se protéger dans un habitat sûr (ciment, acier, verre, bois). Ce 10 mai 2019, la production annuelle a donc été consommée. L’homme tape dans le capital.

Concrètement, les prélèvements de la pêche excèdent les capacités de reproduction des poissons, les besoins en viande animale et en plantes provoquent la destruction de forêts et de milieux naturels, l’activité économique génère du carbone en excès dans l’atmosphère ce qui signifie que ce 10 mai, pour éviter de faire grimper les températures mondiales, les 28 Etats membres devraient cesser toute utilisation de pétrole, de gaz et de charbon jusqu’à la fin de l’année. Le  » jour du dépassement  » de la planète entière interviendra début août.

Le mode de vie des habitants des pays développés excède les capacités de la planète
La démarche de Global Footprint consiste à traduire également cette surconsommation non durable en une surface de la planète nécessaire pour répondre aux besoins humains. Ainsi, le mode de vie des Européens nécessite actuellement les capacités de production de 2,8 Terres. Traduit en surface, cela représente 2,3 milliards d’hectares alors qu’on ne devrait pas dépasser le milliard d’hectares. Les Européens usent 20% de la production biologique de la planète alors qu’ils ne représentent que 7% de la population mondiale. L’Union est ainsi le troisième « occupant de surface » derrière la Chine et les États-Unis, un classement qu’il faut corriger par le nombre d’habitants. Avec 1,4 milliard de ressortissants, la Chine a ainsi l’empreinte écologique la plus forte mais son « jour de dépassement » est prévu pour le 14 juin. Les 330 millions d’États-uniens vivent, eux, à crédit depuis le 15 mars.

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Les jours de dépassement dans le monde. Les disparités sont immenses entre le Luxembourg et son jour de dépassement le 15 février et le Niger qui l’atteindra le 25 décembre. © Global Footprint Network

Au sein de l’Union européenne, les situations sont très diverses. Plus gros pollueur du continent, le Luxembourg est largement en tête du classement, notamment, estime le WWF, du fait des subventions qui font du Duché l’endroit d’Europe où l’essence est la moins chère (ce qui incite les habitants des régions voisines à venir y faire le plein) et les cylindrées des automobiles les plus grosses. L’Estonie est seconde du fait de l’exploitation de ses forêts. La France, en situation médiane, bénéficie à ce jour d’une électricité plus décarbonée du fait du parc nucléaire et d’un vaste massif forestier sous-exploité. Sans surprise, on trouve en queue de classement les États membres les plus pauvres, Bulgarie et Roumanie.

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Le classement des pays européens. Le Luxembourg est largement en tête. La France est 19ème sur 28. © Global Footprint network

Les solutions existent, il suffit de les appliquer
En moyenne, chaque Européen a besoin de 1,6 hectare pour satisfaire son actuel niveau de vie. Le continent a commencé à voir son empreinte globale devenir négative au début des années 1960. Elle a fortement augmenté jusqu’au milieu des années 2000 avec un record en 2007 avec jour du dépassement au 23 avril. La crise économique de 2008-2009 ainsi que plus marginalement l’essor des politiques de lutte contre le réchauffement climatique, ont permis de réduire l’impact de l’activité humaine sur la nature. Mais il existe aussi des contingences climatiques qui peuvent expliquer de fortes variations. Ainsi le jour du dépassement de la France qui interviendra le 15 mai prochain s’est amélioré de 10 jours par rapport aux années précédentes. Mais l’explication n’est pas à mettre au crédit des politiques de transition énergétique. Il s’agit plutôt d’un rattrapage après des années 2016 et 2017 très mauvaises pour l’agriculture et l’élevage où inondations et météo défavorable ont alourdi l’empreinte de ces secteurs.

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L’évolution des jours du dépassement depuis 1961 en Europe. © Global Footprint Network

Le WWF n’a évidemment pas perdu de vue que ce jour de dépassement européen intervient deux semaines avant les élections européennes du 26 mai. L’ONG rappelle en effet que toutes les solutions techniques, politiques et sociales sont disponibles et qu’il revient aux gouvernants de les mettre en œuvre. « Les élections européennes sont une occasion unique pour faire savoir à nos représentants élus que nous leur faisons confiance pour qu’ils montrent la voie de notre protection et de celle de la planète en renforçant les politiques environnementales et en appliquant les engagements de l’accord de Paris », conclut ainsi Ester Asin, directrice du bureau des politiques européennes du WWF.

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Pauvreté : où se situent les Français par rapport à leurs voisins ?

pauvretéSelon l’Insee, la pauvreté monétaire touchait 13,6% de la population française en 2016. C’est le sixième taux le plus faible de l’Union européenne.

Il convient néanmoins d’analyser dans le même temps le taux de privation matérielle et sociale pour avoir une vision plus juste des inégalités de niveau de vie dans le continent.

Représentant 22% du PIB mondial, l’Union européenne s’affirme aujourd’hui comme la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis (24%). Cette performance ne saurait toutefois occulter les inégalités de niveau de vie persistantes entre les États-membres, avec d’un côté, les pays du Sud et de l’Est et de l’autre, les pays du Nord et de l’Ouest. Alors que certains n’hésitent pas à parler d’une Europe « en crise », ce tableau moins séduisant comptera sans doute parmi les principaux enjeux des élections européennes fin mai.

Pauvreté monétaire
En France, la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (20.624 euros en France), touchait en 2016 13,6% de la population, contre 17,3% au niveau de l’Union européenne (87 millions de personnes), selon l’Insee. L’Hexagone affiche ainsi le sixième taux de pauvreté monétaire le plus faible du bloc, en partie grâce à ses retraités qui sont relativement moins pauvres que chez nos voisins.

Dans l’UE, le taux de pauvreté monétaire oscille entre 10% de la population en République Tchèque et 25% en Roumanie. Mais les seuils de pauvreté pris en compte peuvent être très différents d’un pays à l’autre compte tenu des niveaux de vie médians particulièrement dispersés entre les États-membres. En effet, 60% du revenu médian en France n’est pas la même chose que 60% du revenu médian à Malte.

Le revenu médian français est par exemple quatre fois supérieur à celui de la Roumanie (4728 euros) et 25% inférieur à celui du Luxembourg (27.973 euros). Autrement dit, une personne considérée comme pauvre au Luxembourg pourrait potentiellement être très riche en Roumanie. C’est en ce sens que le taux de pauvreté monétaire manque de pertinence.

Privation matérielle et sociale
Pour comparer les niveaux de vie entre les pays de l’Union européenne, l’approche par le taux de pauvreté monétaire, qui n’est qu’une approche relative, se révèle donc limitée. Pour affiner son analyse, l’Insee s’appuie sur un outil complémentaire : le taux de privation matérielle et sociale.

Grâce à un questionnaire unifié fourni aux 28 États-membres, cet indicateur mesure la proportion de personnes se déclarant « incapables de couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».

15,7% de la population de l’UE, soit 78 millions de personnes, indique ainsi éprouver des difficultés dans au moins cinq postes de dépenses (logement, habillement, de loisirs, etc.) sur 13 et est donc considérée en situation de privation matérielle et sociale. Là encore, des écarts importants subsistent. La pauvreté matérielle et sociale touche notamment 3% de la population en Suède, contre 50% en Roumanie. Elle est de 9% en Allemagne et de 13% au Royaume-Uni.

Contrairement au taux de pauvreté monétaire, cet outil se base davantage sur un ressenti mais a le mérite d’être plus juste pour analyser la pauvreté en Europe en écartant de son champ d’application les écarts de niveaux de vie entre pays.

infographie pauvrete 1Le taux de privation matérielle est en outre généralement plus fortement corrélé au niveau de vie médian. De fait, six des sept pays dont le niveau de vie médian est inférieur à 10.000 SPA (standard pouvoir d’achat) ont un taux de privation supérieur à 24% quand tous les pays (à l’exception de l’Irlande) dont le niveau de vie médian est supérieur à 17.000 SPA, soit 12 pays sur 28, ont un taux de privation inférieur à 15%.

Quid de la France ?
En France, 12,7% de la population se dit en situation de privation matérielle et sociale. L’Hexagone se situe seulement au niveau de la médiane européenne. Au sein de l’Europe du Nord et de l’Ouest, il affiche le quatrième taux de privation le plus élevé.

Parmi les plus grandes difficultés financières éprouvées par les Français, 32,8% des individus (31,9% en Europe du Nord et de l’Ouest) en situation de privation matérielle et sociale disent ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, 24% (23,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile et 23,7% (20,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage.

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Paradoxalement, si les retraités français enregistrent le taux de pauvreté monétaire le plus faible de l’Union européenne, ils affichent le taux de privation matérielle et sociale le plus élevé des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest (9%).

Évolution de la pauvreté
Au total, un Français sur cinq est concerné par une des deux formes de pauvreté, contre moins de 15% de la population en Finlande et près de la moitié en Bulgarie et en Roumanie. 5,5% des Français cumulent par ailleurs pauvreté monétaire et pauvreté matérielle et sociale.

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Étonnamment, les deux taux de pauvreté n’évoluent pas toujours dans le même sens. En France, le taux de privation matérielle a baissé de manière continue entre 2009 et 2016 alors que le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2009, avant de se stabiliser. Les raisons de cette évolution contrastée « sont mal connues », souligne l’Insee, ajoutant que « cela pourrait s’expliquer entre autres, par la part subjective de l’autoévaluation des conditions de vie et le fait que les ménages auraient tendance à adapter leurs appréciations en temps de difficulté ».

Au niveau européen, cette même divergence a été observée à partir de 2013. Celle-ci pourrait s’expliquer « par le redressement du niveau de vie médian dans plusieurs pays améliorant les conditions de vie mais relevant mécaniquement le seuil de pauvreté monétaire », précise l’Institut de la statistique.

Les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés
Sans surprise, les chômeurs sont environ quatre fois plus touchés par les deux types de pauvreté que les actifs occupés. Sur ce point, la France fait partie des mauvais élèves avec un taux de chômage au sens du BIT de 9,4% en 2017, soit le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne.

Plus largement, c’est la main-d’œuvre sous-utilisée regroupant à la fois les individus sans emploi mais souhaitant travailler et les individus en emploi à temps partiel souhaitant accroître leur temps de travail qui est concernée par la pauvreté. Cette sous-utilisation de la main d’œuvre, plus fréquente chez les femmes et les non-diplômés, représente 15% de la population de l’Union européenne et 17,7% en France. Enfin, les familles monoparentales sont trois fois plus touchées que les couples sans enfants par la pauvreté dans l’Union européenne.

Insatisfaction
À noter que la part des personnes insatisfaites dans leur vie est la plus forte dans les pays où les taux de pauvreté monétaire et de privation matérielle et sociale sont les plus élevés. Mais la corrélation est encore plus prononcée avec ce dernier indicateur. Cela signifie que les européens déterminent davantage leur satisfaction par leurs conditions d’existence que par leur propre niveau de vie.

En France, près de 19% de la population déclarent avoir une faible satisfaction de leur vie, contre 21% dans l’Union européenne. Les Pays-Bas affichent le taux le plus faible (6%), à l’inverse de la Bulgarie (60%).

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Européennes 2019 : les élections de la dernière chance ?

Européennes 2019Cohésion menacée, percée des eurosceptiques …

Le 26 mai se tient un scrutin particulièrement chargé en incertitudes et périls pour l’Union européenne. France 24 est au rendez-vous pour vous intéresser à tous ses enjeux.

L’année 2019 sera-t-elle un bon cru pour les élections européennes ?  Intronisé en 2014, le patron de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait déclaré diriger la « Commission de la dernière chance » : un exécutif censé obtenir des résultats concrets avec une direction plus « politique ». Cinq ans plus tard, le 26 mai, d’aucuns prédisent des « élections de la dernière chance ».

L’Europe serait ainsi au pied du mur et sa cohésion menacée par la percée de partis nationalistes, populistes ou eurosceptiques. On a constaté, ces dernières années, leur progression dans les scrutins nationaux : l’extrême droite a accédé au pouvoir dans au moins six pays. En Italie, où le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini éclipse ses partenaires de coalition repoussant les navires de réfugiés en Méditerranée. En Autriche, où le FPÖ impose son agenda anti-migrants aux conservateurs.

Ces partis sont également en soutien du gouvernement en Bulgarie, en Finlande, en Grèce, et en Slovaquie … Tous d’accord pour repousser les étrangers plus loin et empêcher toute solution solidaire de la crise migratoire.

Atmosphère de fin de règne ?
Que dire des deux pays suivis à la loupe par Bruxelles pour leurs infractions répétées à l’État de droit ?   La Pologne et la Hongrie, où des partis conservateurs-nationalistes tiennent le haut de l’affiche, avec une rhétorique qui rejoint la droite la plus extrême. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, « suspendu » de son parti de centre-droit, le PPE, s’est déclaré favorable à une « démocratie illibérale » et se veut chef de file des rebelles de l’Est.

Du côté de l’extrême-gauche, la cible n’est pas la solidarité mais les accords commerciaux et les politiques européennes jugés ultra-libéraux : et pour cause, mathématiquement, les deux tiers des leaders européens sont classés au centre ou à droite.

Eurosceptiques au cœur des institutions ?
Alors oui, si on fait les comptes, sur les 705 sièges attribués aux eurodéputés de 27 pays (suite du départ du Royaume-Uni), beaucoup risquent d’être occupés par des eurosceptiques : un quart au moins. Est-ce assez pour bloquer la machine communautaire ?   Le Parlement européen devra composer une majorité non plus seulement avec les deux grands partis traditionnels (Parti Populaire européen à droite, socialistes et démocrates à gauche), mais sans doute avec un troisième soutien, voire des majorités à la carte.

Sauf que la Commission européenne va, elle aussi, changer de visage, les pays étant censés nommer de nouveaux commissaires à leur goût,  y compris bon nombre de populistes de plus en plus décomplexés : la méthode « consensuelle », de mise pour faire avancer les dossiers, risque d’en prendre un coup.

Les extrêmes ne cherchent plus la sortie
Ce vote est surtout marqué par des incertitudes sans précédents. Les europhiles se sont réjouis un peu trop tôt du mauvais exemple du Brexit, qui dissuade désormais les souverainistes de se réclamer de l’ »exit » : finie la revendication du ‘Frexit’, ‘Öxit’, ‘Italexit’ et autre ‘Hongrexit’, sauf pour une poignée de marginaux dans le paysage politique.

La mode est de tenter de détricoter le projet européen de l’intérieur. Sauf qu’il y a aujourd’hui un gros point d’interrogation sur le départ programmé des Britanniques : et s’ils restaient ?

Si la date du Brexit est repoussée bien au delà du 12 avril, les Britanniques devront participer au vote : et l’on devrait regonfler les rangs des élus de Strasbourg à 751, dont beaucoup d’élus britanniques pro-Brexit.  L’histoire du serpent qui se mord la queue. Les électeurs vont-ils une fois encore bouder ce scrutin pourtant crucial pour leur avenir ?   À la dernière consultation, ils étaient à peine 42 % à se déplacer. Hâtons-nous de rendre l’élection européenne populaire.

Sur France 24, chaîne internationale de reportages et de débats, nous vous proposons une couverture aussi riche que variée : notre « bus de l’Europe » avec quatre reporters embarqués allant à la rencontre des Européens, deux débats avec des têtes de listes françaises et européennes mais aussi des émissions spéciales en co-production France 24, Deutsche Welle, ou encore France 24, Public Sénat et enfin, dès le 13 mai, un « Journal de l’Europe » tous les jours.

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Stabilisation mondiale du nombre de cancers de la prostate

cancer prostateLe cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent dans 96 pays, mais le nombre et la mortalité se sont stabilisés ou ont baissé dans des dizaines de pays depuis les années 2000, a rapporté mardi l’American Cancer Society.

Sur 44 pays pour lesquels les données étaient disponibles, l’incidence du cancer de la prostate s’est stabilisée dans 33 pays, a augmenté dans quatre pays dont la Bulgarie et a baissé dans sept pays, au cours des cinq dernières années disponibles (jusqu’à 2012 ou 2015 selon les pays).

Quant à la mortalité, elle s’est stabilisée dans 54 pays, a augmenté dans trois et a baissé dans quatorze, selon une présentation partielle de l’étude mardi à une conférence à Atlanta.

C’est aux États-Unis que le recul du taux de cancers de la prostate a été le plus notable. Cela s’explique par la baisse du recours à un test de dépistage controversé, qui identifiait trop de tumeurs non dangereuses, selon l’auteure principale de l’étude, MaryBeth Freeman.

L’incidence des cancers de la prostate dans ce pays a augmenté des années 1980 au début des années 1990, au fur et à mesure que le test de dépistage sanguin PSA (antigène spécifique de la prostate) se développait.

Mais ce test est imprécis et mène à trop de sur-diagnostics. Le dosage du PSA permet de repérer un taux anormal de cette protéine produite par la prostate, qui peut signaler un cancer mais est plus souvent le symptôme d’autres maladies. Il produit fréquemment de faux résultats positifs.

En outre, de nombreux cancers de la prostate ne sont pas agressifs et ne poseront pas de risque, les tumeurs ne se développant pas suffisamment. Un faux résultat positif peut avoir des conséquences néfastes sur le patient: anxiété, complications liées à la biopsie ou aux traitements anticancéreux.

En 2012, l’organisme de référence américain US Preventive Services Task Force a déconseillé le dépistage PSA. Depuis 2018, il a assoupli les recommandations et indique que pour les hommes de 55 à 69 ans, le test doit être une décision « individuelle ». Après 70 ans, le dépistage reste déconseillé.

En France comme dans de nombreux pays, il n’est pas non plus recommandé de façon systématique.

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Uber s’intéresse désormais aux vélos et trottinettes autonomes

uber trottinetteL’entreprise californienne a annoncé recruter des ingénieurs en robotique pour développer un projet de trottinettes et de vélos autonomes. Une innovation majeure pour le géant américain des VTC qui cherche à diversifier ses services et, surtout, devenir rentable.

Des vélos en libre-service qui rouleraient tout seuls vers le client, des trottinettes électriques qui se rendraient d’elles-mêmes à leur base de chargement.  Cette idée, surréaliste en apparence, ne sera pas mise en application demain, mais Uber semble y réfléchir pour après-demain. En effet, la célèbre entreprise de VTC a publié des annonces pour recruter des ingénieurs en «robotique de micro-mobilité».

L’idée fait suite au développement croissant ces dernières années de ces deux-roues en libre-service, dont l’organisation ne dépend pas de bornes de stationnement mais d’une application mobile permettant de les localiser à distance. Trottinettes, vélos ou voitures (dans certaines villes) apparaissent sur l’écran, il ne reste ensuite qu’à les débloquer en scannant un QR code avec son smartphone.

Uber a déjà racheté l’entreprise californienne Jump Bikes au printemps 2018 qui exploitait alors 250 vélos électriques à San Francisco. Le géant du transport a aussi investi dans les trottinettes électriques Lime, débarquées en juin dernier à Paris.

L’objectif de l’automatisation de ces services, qui pourrait sembler n’être qu’un «gadget», est «d’améliorer la sécurité, l’expérience du conducteur et l’efficacité opérationnelle de nos vélos et trottinettes électriques partagés grâce à l’utilisation des technologies de détection et de robotique», explique Uber.

En quête de nouvelles économies
La société californienne ne précise cependant pas que, mécaniquement, une telle innovation lui permettrait de réaliser des économies au niveau du personnel. En effet, les services de partage de vélos et de trottinettes électriques doivent payer des personnes salariées ou non  pour récupérer, charger et réparer les deux-roues durant la nuit, lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

Il s’agit d’opérations logistiques coûteuses qui réduisent considérablement les profits des opérateurs. Rendre les moyens de locomotion autonomes permettrait de baisser les coûts de gestion et, à long terme, de rentabiliser ces services qui impliquent des investissements particulièrement coûteux.

Car Uber ne cesse de perdre de l’argent. En 2016, le géant américain a enregistré une perte nette évaluée à 3 milliards de dollars. L’année suivante, elle atteignait 4,5 milliards. En 2018, rien qu’au deuxième trimestre, l’entreprise perdait encore 891 millions. Ces pertes, qui interviennent alors même que la croissance de l’activité est toujours très forte, s’expliquent par de forts investissements, notamment en recherche et développement.

Le VTC en danger
Uber, comme les autres entreprises de VTC, cherche par tous les moyens à diversifier ses services pour pérenniser son existence. Pour cela, le géant américain manifeste depuis un an sa volonté de réorienter sa stratégie sur le développement des deux-roues. Surtout, de plus en plus de villes tentent de limiter la prolifération des VTC.

Début août 2018, par exemple, la ville de New York a gelé pour un an les nouvelles licences de VTC et imposé un salaire minimum pour les chauffeurs, des mesures inédites aux États-Unis. À Londres, Uber a été temporairement interdit de circuler. En Bulgarie, l’entreprise est interdite. Son activité est également impossible au Danemark et en Hongrie.

En France, la loi Grandguillaume de décembre 2016 a permis de mieux contrôler le statut des chauffeurs VTC. Effective depuis le 1er janvier 2018, elle a entraîné une baisse de 25% du nombre de conducteurs enregistrés sur sa plateforme, ce qui a entraîné une hausse du temps d’attente des clients et du coût moyen des courses.

Enfin, l’image du géant des VTC a été tout particulièrement ternie en mars 2018, lorsqu’une de ses voitures autonomes en phase de test a percuté une femme qui traversait une rue de l’Arizona. L’accident avait stoppé net les recherches en la matière, qui ont finalement pu recommencer. Il est certain qu’avec des trottinettes et des vélos autonomes, Uber s’oriente vers des services beaucoup moins dangereux pour les piétons.