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Cannabis : les professionnels du chanvre regrettent un « flou juridique » en France qui « freine l’industrie »

cannabisLa loi française ne fait pas la distinction entre le chanvre « récréatif », le chanvre à usage « bien-être », et le chanvre thérapeutique, qui ne contiennent eux quasiment que du cannabidiol (CBD), une molécule aux propriétés apaisantes, non stupéfiante et légale.

Les professionnels du chanvre regrettent une législation française trop complexe sur le cannabis, ce qui freine selon eux le développement de la filière au moment où le Parlement européen vient de voter une résolution en faveur du cannabis thérapeutique.

« En France, la loi n’est pas claire, on est dans un flou juridique qui freine l’industrie du chanvre », explique Aurélien Delecroix, président du syndicat professionnel du chanvre de bien-être (SPCBE), qui assistait avec quelque 500 acteurs du secteur au congrès Cannabis Europa organisé début février à Paris.

Aurélien Delecroix prône la légalisation du cannabis thérapeutique, pour apaiser les douleurs des malades, et du cannabis « bien-être », utilisé en automédication, dans l’alimentation et les cosmétiques notamment.

La loi française ne fait pas la distinction entre le chanvre « récréatif » qui contient beaucoup de tétrahydrocannabinol (le THC, une substance psychotrope et illégale), le chanvre à usage « bien-être », et le chanvre thérapeutique, qui ne contiennent eux quasiment que du cannabidiol (CBD), une molécule aux propriétés apaisantes, non stupéfiante, et légale.

Seules la fibre et les graines peuvent être utilisées
En France, troisième producteur mondial de chanvre derrière la Chine et le Canada, l’utilisation industrielle et commerciale de la plante est très réglementée. Seules la fibre et les graines peuvent être utilisées, pas la fleur, riche en CBD, et la plante doit contenir moins de 0,2% de THC.

« On utilise les fibres de la tige dans l’automobile, dans l’éco-construction, mais on jette la fleur et la feuille, alors que le CBD pourrait être valorisé », regrette Aurélien Delecroix.

La réglementation européenne autorise la commercialisation du chanvre en utilisant la plante entière. Le 23 octobre 2018, la cour d’appel d’Aix-en-Provence, qui devait statuer sur le sort de KanaVape, pionnière de la cigarette électronique au chanvre, a saisi la Cour de justice européenne pour avis, estimant que la réglementation française pouvait ne pas être compatible avec celle de l’UE.

« Le CBD : une opportunité pour l’agriculture française »
« Cette situation est pleine d’hypocrisie », remarque Laure Bouguen. Son entreprise, Ho Karan, produit des cosmétiques à base d’huile de chanvre. « On touche les limites du ridicule. Le CBD, c’est une opportunité pour l’agriculture française », répète Jean-Baptiste Moreau, député (LREM) de la Creuse misant sur la légalisation du cannabis thérapeutique et de « bien-être » pour redynamiser son département.

« Un hectare de chanvre absorbe autant de CO2 qu’un hectare de forêt et peut apporter jusqu’à 2500 euros de rendements aux paysans, contre 300 euros pour un hectare de blé », développait-il dans une tribune au Journal du Dimanche début décembre.

En se basant sur les effets de la légalisation du chanvre « bien-être » en Suisse, le SPCBE estime que la filière pourrait « représenter jusqu’à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France d’ici quelques années ». « Il faut une harmonisation européenne, mais il faut d’abord qu’on clarifie la situation en France », ajoute Jean-Baptiste Moreau.

Des avancées sur le cannabis thérapeutique
Si, selon lui, « les mentalités progressent », la première étape reste avant tout la légalisation du cannabis thérapeutique. Au total, 21 pays de l’Union européenne autorisent déjà le cannabis à usage thérapeutique, mais pas la France. Les patients français voulant recourir au cannabis thérapeutique pour se soulager sont jusqu’à présent contraints de se fournir sur le marché illégal ou d’aller à l’étranger.

En décembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a toutefois souhaité qu’une expérimentation du cannabis thérapeutique en France puisse être mise en place avant fin 2019. Et le 13 février, le Parlement européen a voté une résolution sur la légalisation de cannabis thérapeutique. Guillaume Balas, député européen (Génération.s), co-rapporteur de la proposition de résolution, souhaite que ce vote soit un déclencheur. « J’espère que la Commission va se saisir de la question pour qu’une législation européenne existe », explique-t-il à l’AFP.

« Le cannabis thérapeutique, on sait que ça va soulager des symptômes qu’on n’arriverait pas à soulager autrement. Bien encadré, il n’y a pas de raison de bloquer », explique le professeur Nicolas Authier, du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand.

Nicolas Authier émet toutefois un peu plus de réserves sur une légalisation du cannabis « bien-être ». « Il faut rester prudent, le CBD n’est pas une molécule anodine. Si les gens y trouvent un mieux-être, pourquoi pas, mais c’est avant tout un business, ses vertus sont très peu démontrées ».

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Les États-Unis pourraient taxer les importations de voitures pour une raison « effrayante » selon Angela Merkel

angela merkel et donald trumpLe ministère du Commerce américain estime que les importations de voitures sont une menace pour la sécurité nationale.

La chancelière allemande juge cet argument « effrayant ». L’industrie germanique serait la première touchée par des taxes sur les importations américaines de voitures.

La chancelière allemande a jugé samedi « effrayant » que les États-Unis considèrent les automobiles européennes importées comme une menace pour la sécurité nationale, une mesure qui aggraverait encore les tensions americano-européennes.

« Si ces voitures […] deviennent soudainement une menace pour la sécurité des États-Unis, alors on trouve cela effrayant. Et je ne peux que souligner qu’il serait bon qu’on en arrive à de vrais pourparlers », a affirmé Angela Merkel. L’industrie automobile allemande serait la première concernée par des mesures douanières américaines.

S’exprimant à la conférence sur la sécurité de Munich, où le vice-président américain Mike Pence doit prendre la parole aussi, Angela Merkel a souligné que les voitures fabriquées en Bavière n’étaient pas plus une menace que les mêmes véhicules produits en Caroline du Sud où se « trouve la plus grande usine BMW au monde ».

Le ministère américain du Commerce a conclu que les voitures et les équipements automobiles importés menaçaient la sécurité nationale des États-Unis en affaiblissant leur industrie automobile, ont indiqué des sources concordantes à l’AFP. Le rapport du ministère devrait être remis au président Donald Trump d’ici la date butoir de dimanche soir. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles taxes douanières et intensifier les tensions avec l’Europe pour laquelle l’automobile est un point sensible.

Les groupes automobiles allemands, dont les géants Volkswagen, Daimler (Mercedes Benz), et BMW ont exporté 470.000 voitures de l’Allemagne vers les États-Unis en 2018, selon les chiffres de la fédération des constructeurs VDA, ce qui représente près d’un tiers de la valeur totale des exportations allemandes vers le pays.

Menace de nouvelles taxes sur les importations
En toile de fond, Washington agite la menace d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires pouvant atteindre 25% sur les importations de voitures et d’équipements automobiles, un épouvantail pour cette industrie en Europe et notamment en Allemagne.

Pour imposer des droits de douane supplémentaires en mars 2018 sur l’acier et l’aluminium importés, Donald Trump s’était servi d’une procédure rarement invoquée de la législation commerciale américaine : l’article 232, qui s’appuie sur des arguments liés à la défense nationale pour limiter l’importation de produits et de biens aux États-Unis.

Après avoir exempté l’Union européenne et le Canada, la Maison Blanche avait finalement imposé en juin des taxes sur l’acier de ses alliés, suscitant leur indignation et leur incompréhension face à un argumentaire jugé irrecevable et « absurde ».

Le porte-parole de la Commission européenne Daniel Rosario a rappelé jeudi que Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s’étaient mis d’accord fin juillet 2018 pour ne pas imposer de taxes douanières supplémentaires tant que les deux parties étaient en discussions.

« L’UE riposterait si les États-Unis décidaient d’adopter une quelconque mesure », a dit Daniel Rosario. Bruxelles a d’ores et déjà préparé une liste de produits qui pourraient être taxés en représailles, à hauteur de 20 milliards d’euros.

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Les « deep fake » sont encore plus dangereuses que les fake news

deep fakeLes trucages de vidéos sont de plus en plus aboutis. A tel point que différents pays craignent des manipulations en période de campagne électorale.

Les « deep fake » inquiètent autant qu’ils fascinent. Ces outils permettent de modifier le visage et/ou la voix d’une personne pour un résultat quasi parfait. La vidéo de l’actrice Jennifer Lawrence, dont les traits ont été remplacés par ceux de l’Américain Steve Buscemi, est la preuve des avancées technologiques en la matière. Ce faux très réussi a été repéré par Mikael Thalen, journaliste indépendant. Son auteur serait l’internaute « VillainGuy ».

Le « deep fake » sur Barack Obama
Le « deep fake » le plus célèbre concerne Barack Obama. Dans une vidéo publiée par Buzzfeed en avril, l’ancien président des États-Unis insulte Donald Trump « d’idiot absolu ». « Nous entrons dans une ère où nos ennemis peuvent faire croire que n’importe qui dit n’importe quoi à n’importe quel moment », peut-on entendre de la bouche de Barack Obama. Ce discours n’a évidemment jamais eu lieu. Le cinéaste Jordan Peele a modifié le mouvement des lèvres de Barack Obama pour lui faire dire ce qu’il souhaitait à l’aide d’une intelligence artificielle spécialisée. La vidéo comptabilise aujourd’hui 5,5 millions de vues.

Des craintes de manipulations
Aux États-Unis, plusieurs élus craignent l’utilisation de ces fausses vidéos pendant la campagne présidentielle de 2020. L’agence de recherche américaine de défense liée au Pentagone, la DARPA, a d’ailleurs dépensé 68 millions de dollars pour financer des outils capables de les repérer. En France, un rapport sur la désinformation publié en septembre tire la sonnette d’alarme : « Un plus grand danger encore, car plus subtil que la création d’un faux, est l’altération discrète d’une partie seulement d’un contenu audio ou vidéo, un discours par exemple ».

Les traits de plusieurs célébrités sont déjà utilisés pour produire des « deep fake », parfois à caractère pornographique. Début janvier, l’actrice Scarlett Johansson expliquait que lutter contre ces vidéos « était inutile et une cause perdue ». Pour l’instant, le trucage des vidéos n’est pas parfait. Mais les outils se perfectionnent. Des chercheurs travaillant pour l’entreprise Nvidia ont ainsi élaboré un programme informatique capable de créer des visages qui n’existent pas. Et la technologie développée par la start-up canadienne Lyrebird peut imiter n’importe quelle voix en se basant sur un enregistrement d’une minute à peine.

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Vous pouvez acheter cette maison à 1,1 millions d’euros pour 16 euros

canadienne organise un concours pour gagner sa maison luxueuse, à seulement 16 euros l'entréeUne Canadienne organise un concours pour gagner sa maison luxueuse, à seulement 16 euros l’entrée.

Au lieu de passer par le traditionnel circuit de vente, une femme canadienne a décidé d’offrir sa maison au plus méritant d’un concours de rédaction. Avec une mise de 16,50 euros (25 dollars canadiens) et un essai de 350 mots, vous pourriez être sélectionnés pour gagner une maison de 3 chambres, au bord d’un lac et évaluée à 1,1 millions d’euros (1,7 millions de dollars canadiens). Située à Millarville dans l’Alberta, la maison luxueuse est idéalement placée proche de la grande ville de Calgary tout en étant nichée au milieu des plaines et montagnes verdoyantes de l’Ouest du Canada.

Le concours, lancé sur Facebook le 5 janvier sous le nom de « Write a Letter, Win a House », est ouvert jusqu’à début avril. Alla Wagner, la propriétaire de la maison, demande aux participants de répondre, en 350 mots, à la question suivante : « Pourquoi emménager dans cette maison de rêve changera votre vie? » L’organisatrice du concours dit avoir été inspirée par une mode récente aux États-Unis, qui consiste à offrir des biens immobiliers à travers un concours.

Si il y a un intérêt solidaire à cette pratique, offrant une chance « égale » à tout le monde sur des biens de luxe, c’est aussi un moyen d’éviter le traditionnel circuit de vente, en esquivant ses aspects négatifs. Alla Wagner affirme donner sa maison car sa santé se détériore, et son chez-soi ne convient plus à ses besoins médicaux. La propriétaire indique que le concours ne sera mené à terme que si le volume d’entrée comble le prix de vente de la maison, soit 68 000 participants à 25 dollars l’entrée. Si l’objectif n’est pas atteint avant la fin du concours, tout le monde sera remboursé, si l’on en croit les termes et conditions de l’événement.

Un panel de juges analysera les rédactions envoyées à Alla Wagner, et l’histoire la plus touchante et originale permettra à son auteur(e) de poser ses valises dans la belle propriété au bord du lac. Pour vous inspirer, un petit tour de la maison canadienne :

 

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L’e-cigarette Juul démarre très fort en France

l'e-cigarette juulLa Juul, une vapoteuse américaine au design épuré, très simple d’utilisation et très fortement dosée en nicotine, a discrètement débarqué en France le mois dernier. Elle y rencontre un succès fou.

« Ça part comme des petits pains, il ne se passe pas un jour sans que je vende une Juul », se réjouit ce gérant de magasin de e-cigarettes parisien. Son échoppe est l’une des cinquante qui ont obtenu de vendre la Juul, cette nouvelle vapoteuse, dès son arrivée en France le 6 décembre dernier. « Le succès est tel qu’au début, la start-up ne parvenait pas à nous livrer suffisamment. Elle avait sous-estimé la demande », continue le revendeur.

Six semaines plus tard, conforté par les excellents retours des revendeurs « Juul se lance dans de nouveaux magasins chaque jour », se félicite Ludivine Baud, la directrice générale de Juul France. Paris commence à être très bien maillé, et alors qu’il n’y a aujourd’hui que deux revendeurs en région, « on travaille sur notre déploiement dans les autres grandes villes », ajoute-t-elle.

Ce carton est né du bouche-à-oreille, puisque dans l’Hexagone, la start-up californienne qui fabrique la Juul n’a fait aucune publicité autour de son arrivée. Elle n’en avait pas besoin : « Les gens entrent dans mon magasin en disant ‘je veux la Juul et des recharges à tel parfum' », souligne le revendeur parisien. Les Français en ont sans doute aussi entendu parler dans les médias et sur les réseaux sociaux qui racontent depuis des mois l’engouement impressionnant pour la Juul dans son pays d’origine, les États-Unis.

70% de parts de marché aux USA
Née en 2015, la e-cigarette y capte aujourd’hui 70% du marché du vapotage. Non sans s’attirer les foudres de la Fud and Drugs Administration qui constatait que des jeunes se mettaient à la Juul alors qu’ils n’avaient jamais fumé auparavant. Depuis, la start-up a dû cesser de vendre trois des cinq parfums de sa gamme de recharges en novembre dernier. En l’occurrence, ceux aux fruits, plébiscités par les plus jeunes, et qui représentaient 45% de ses ventes outre-Atlantique.

En France en revanche, ces saveurs (pomme verte, mangue ou vanille) sont bien disponibles à la vente. Et la Juul se dirige vers la même position hégémonique qu’outre-Atlantique, où l’on revendique désormais de « juuler », comme on dirait « vapoter » ou « fumer ».

Mais qu’est-ce qui fait que la Juul surpasse les autres vapoteuses ?   En premier lieu, « son prix, moins de 30 euros hors recharges, très attractif », avance sur sa page YouTube le patron de DashVapes, la plus grande chaine de e-cigarette au Canada. David Praph évoque aussi « son design épuré » qui n’est pas sans rappeler l’allure des produits Apple, et surtout sa simplicité d’utilisation incomparable. Pas de bouton à enclencher pour « tirer », pas de liquide à verser mais des recharges toutes prêtes, à clipper dans la vapoteuse.

Un système à la Nespresso
Pourtant, DashVapes a décidé de ne pas distribuer la Juul. D’abord parce que quand ses concurrentes se rechargent en liquide nicotinique avec des petites bouteilles, la Juul ne fonctionne qu’avec des « pods ». De minuscules recharges pré-remplies qui coûtent 3 euros pièce. Un système à la Nespresso avec les capsules que dénonce vertement le gérant de la chaîne canadienne. Selon ses calculs, les 30 millilitres de recharge, qui coûtent environ 15 dollars en fiole, reviennent à 270 dollars en « Juulpods ». Soit 50 fois plus cher.

Du côté de Juul, on explique ces pods pré-remplis, dont le fonctionnement et le liquide sont brevetés, sont « essentiels pour rendre l’expérience si proche de la cigarette, et aussi satisfaisante pour l’utilisateur », affirme la directrice de la filiale France. A priori, il n’y a donc aucune chance que les pods deviennent rechargeables, et donc moins onéreux. Accessoirement, la firme assure s’être fixé comme priorité de travailler à leur recyclage.

Une forte dose de nicotine
Autre problème aux yeux du géant canadien de la vapote : les Juulpods ont tous le même et très élevé dosage en nicotine : 20 milligrammes par millilitre, le plus haut taux autorisé. Alors que pour les autres vapoteuses, la concentration en nicotine des liquides de recharge commence à 0 milligramme et s’échelonne ensuite jusqu’à 20 milligrammes.

Certes, la nicotine en elle-même n’est pas cancérigène, lit-on sur Tabac-Info-service. Mais c’est bien elle qui provoque la dépendance. Donc le fumeur qui mise sur la e-cigarette pour se désaccoutumer de la nicotine risque bien de rester addict à sa e-cigarette. De quoi allécher des géants du tabac à la peine sur leurs marchés historiques. La maison-mère de Marlboro vient de prendre 35% du capital de Juul. Mais cette population qui aurait quitté le tabac pour devenir accro à la vapote ne représente pas le gros des troupes en France. Sur les 2,5% de la population qui vapote, selon l’Observatoire Français des drogues et des toxicomanies, six sur dix continuent de fumer des blondes en parallèle.

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Canada : trois mois après sa légalisation, le prix du cannabis est en forte hausse

cannabisAvec une augmentation de 17,4% du cannabis légal, l’écart se creuse avec les prix du marché noir.

Le prix du cannabis a crû de 17,4% au Canada depuis sa légalisation mi-octobre, à 8,02 dollars canadiens (5,25 euros) le gramme en moyenne, selon Statistique Canada qui relève de gros écarts entre réseau légal et marché noir.

« Avant la légalisation, le prix moyen non pondéré par gramme de cannabis en 2018 était de 6,83 dollars » et depuis la légalisation le 17 octobre, « le prix moyen par gramme s’est fixé à 8,02 dollars », indique l’institut officiel dans un rapport se basant sur les déclarations de plusieurs centaines de consommateurs.

« Entre le 17 octobre et le 31 décembre, le prix moyen payé pour le cannabis séché provenant de fournisseurs légaux (9,70 dollars) était supérieur au prix payé pour le cannabis séché acheté auprès de fournisseurs illégaux (6,51 dollars) », souligne Statistique Canada dans ce rapport publié mercredi.

Les nombreuses pénuries de cannabis légal ayant suivi l’entrée en vigueur de cette mesure phare du gouvernement de Justin Trudeau, mais aussi l’imposition de ce produit, pourraient expliquer en partie la hausse des prix, estiment les observateurs.

Avant que la consommation récréative ne soit autorisée, quelque 4,9 millions de Canadiens soit 13% de la population  avaient déjà fumé du cannabis en 2018, selon Statistique Canada.

Le marché noir loin d’être asséché
Même si l’un des objectifs affichés de la légalisation était d’assécher le marché noir, aucun expert ne s’attendait à ce qu’il disparaisse du jour au lendemain. Depuis mi-octobre « environ la moitié des personnes ont acheté du cannabis auprès d’un fournisseur légal », a ainsi relevé l’institut.

En moyenne, un consommateur canadien de cannabis a acheté 8,3 grammes auprès d’un vendeur autorisé et deux fois plus sur le marché noir (17,2 grammes).

Statistique Canada a relevé que cette première étude depuis la légalisation reposait sur les observations de prix fournies par 300 personnes, puis ajustées statistiquement. L’organisme a donc appelé à « faire preuve de prudence lors de l’interprétation des données » en raison de la taille limitée de l’échantillon utilisé.

Cinq ans après l’Uruguay, le Canada est devenu le 17 octobre le second pays à légaliser le cannabis à des fins récréatives. Le gouvernement fédéral a laissé à chaque province le soin d’en organiser le commerce, certaines comme le Québec choisissant d’imposer un monopole public, d’autres comme l’Alberta optant pour une privatisation complète.