Publié dans Texte Santé

La cigarette électronique efficace pour arrêter de fumer, mais pas à long terme

cigarette électroniqueSi vapoter peut aider à réduire ou arrêter le tabagisme, les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique ont une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs.

Les forces et faiblesses de 5400 fumeurs et 2025 ex-fumeurs ont été passées au crible par l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Tous ces Français font partie du programme Constances, une cohorte géante de 200.000 personnes suivies depuis 2012, dont les conclusions ont été présentées ce jeudi.

En France, environ 3% des habitants vapotent. La majorité sont des fumeurs qui essayent d’arrêter. « Nous avons cherché à savoir si ces personnes avaient plus de chances d’arrêter avec cet outil et si le fait de vapoter prédit le succès de l’arrêt du tabac, c’est-à-dire un arrêt durable », nous explique Maria Melchior, directrice de recherches à l’INSERM.

Les vapoteurs ont diminué leur consommation de tabac
L’épidémiologiste poursuit: « Parmi 2000 personnes qui s’étaient arrêtées de fumer, environ 10% s’étaient aidées du vapotage ».

Et chez les 5400 fumeurs, les personnes qui ont vapoté ont diminué leur consommation de tabac. Au bout de deux ans, en moyenne, les fumeurs utilisant la cigarette électronique ont plus réduit leur niveau de tabagisme que les non-utilisateurs, à hauteur de 4,4 à 2,7 cigarettes par jour.

Vapoter peut aider à arrêter de fumer, mais pas durablement
Autre résultat notable, 40% des fumeurs vapoteurs ont arrêté de fumer pendant le suivi, contre 25% des fumeurs qui n’utilisaient pas la cigarette électronique. « Oui, vapoter peut aider à arrêter de fumer mais ce n’est pas toujours un arrêt durable », note Maria Melchior.

C’est le gros bémol de ces conclusions encourageantes : les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique ont une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs (31 contre 16%).

Selon la chercheuse de l’INSERM, « ce résultat sous-entend un risque : que la cigarette électronique entretient l’addiction à la nicotine. Par exemple, quand elle ne fonctionne pas, qu’il n’y a plus de liquide, plus de batterie etc., on peut être amené à refumer ».

Se faire aider pour limiter le risque de rechute
En résumé, la cigarette électronique permet aux fumeurs de réduire leur niveau de tabagisme ou d’arrêter de fumer, mais cet arrêt ne semble pas toujours durable. « Le plus efficace reste la motivation. Cela souligne l’intérêt pour les gros fumeurs notamment de se faire aider pour limiter le risque de rechute, car la cigarette électronique ne suffit pas toujours », conclut Maria Melchior.

L’étude de l’INSERM n’est pas terminée. Le recueil de données se poursuit pour mesurer de nouveaux critères chez ces fumeurs, vapoteurs ou ex-fumeurs; comme la durée moyenne de vapotage, le volume de e-liquides consommés par semaine et la reprise du tabagisme.

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Publié dans Texte Sexualité

Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfant ?

Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfantAvec Internet, les adolescents ont accès à la pornographie de plus en plus jeunes.

Cette banalisation des relations sexuelles se ressent dans leur comportement : en Gironde, une directrice de collège a tiré la sonnette d’alarme face à l’attitude « hypersexualisée » des élèves. BFMTV.com a interrogé un psychologue et un médiateur scolaire afin de savoir comment aborder la question de la pornographie avec les enfants.

Les adolescents visionnent des images pornographiques de plus en plus jeunes. Mardi, la principale d’un collège de Mios, en Gironde, a tiré la sonnette d’alarme concernant « l’hypersexualité » des élèves de 6e et de 5e dans son établissement. Elle évoque le « visionnage de films à caractère pornographique, l’exhibitionnisme, la masturbation dans la cour de récrée » ou encore la « réalisation de vidéos à caractère pornographique » par une quinzaine de collégiens. La directrice constate, effarée, que dès 10 ans et demi, les enfants de son établissement ont accès à ce type de contenu via leurs ordinateurs et téléphones portables.

8% des ados regardent du porno plusieurs fois par jour
Le phénomène ne se limite pas à l’enceinte du collège de Mios. D’après une étude réalisée en 2018 par la Fondation pour l’innovation politique, le Fonds actions addictions et la fondation Gabriel-Péri, 8% des jeunes garçons de 14-15 ans affirment regarder du porno plusieurs fois par jour, et 21% en consomment au moins une fois par semaine.

« On peut estimer que ces chiffres sont en partie dus à la facilité d’accès des mineurs aux produits censés leur être prohibés; 92% des mineurs jugent qu’il est facile d’accéder à la pornographie », note l’étude.

Pourtant, l’article 227-24 du Code pénal français dispose que la diffusion d’un message à caractère pornographique « par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support […] est punie de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ». Reste que, sur les sites de streaming, la loi est largement contournée.

« Les contenus pornographiques sont à la portée des enfants, ils n’ont même pas besoin de savoir lire pour y accéder. Il leur suffit de cliquer sur un onglet pour atterrir sur un site qui propose des vidéos en streaming », rappelle à BFMTV.com Christophe Butstraen, médiateur scolaire et auteur de Parlez du porno à vos enfants avant qu’Internet ne le fasse.

Limiter l’accès à Internet
« Avant, on découvrait la sexualité par les témoignages de nos copains qui nous racontaient leur premier baiser, leurs premières caresses. Désormais, notre référent c’est Google, sauf que le navigateur ouvre tous les champs des possibles et nous renvoie très rapidement vers la pornographie. Et les ados prennent ce qu’ils voient comme les pratiques à appliquer », nous détaille le psychologue Samuel Comblez.

Pour rétablir les standards de la sexualité, Christophe Butstraen recommande aux parents d’installer des logiciels de contrôle parental sur le matériel informatique qu’ils mettent à la disposition de leur enfant. « Dès qu’il a accès à Internet, il faut le limiter. Puis, petit à petit, on lâche un peu de lest. Comme quand on demande à un enfant de nous tenir la main pour traverser, au début on est strict puis on apprend à lui laisser plus de liberté », illustre-t-il.

Le médiateur scolaire souligne toutefois que tous les efforts mis en place dans le cadre familial pour limiter l’accès à la pornographie « seront anéantis par les copains qui eux ne sont pas bridés dans leur usage d’Internet. C’est pourquoi les parents doivent avant tout mettre l’accent sur le dialogue ».

Instaurer le dialogue le plus tôt possible
« Plus tôt on parle de sexualité avec son enfant, plus sa candeur lui permet d’entendre le message », affirme Christophe Butstraen. « C’est à l’adulte de faire le premier pas et de dédramatiser la situation car de toute façon l’adolescent finira par être confronté à la pornographie », abonde Samuel Comblez.

« Il faut lui expliquer qu’en allumant sa tablette ou son ordinateur il risque de tomber sur des photos de gens nus qui peuvent avoir des comportements qui le dégoûtent ou l’émoustillent mais que ce n’est pas grave », expose-t-il.

Une fois le tabou dépassé, il est nécessaire que les parents expliquent à leur enfant que l’univers pornographique ne correspond pas à la réalité. Christophe Butstraen note d’ailleurs que le porno d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec les films érotiques des années 1970.

« Les pratiques qui y sont présentées sont de plus en plus violentes. Dans les titres des vidéos on retrouve souvent la notion de ‘viol’, d’’inceste’ et autres fantasmes des plus bizarres. Ces vidéos diffusent des images que les enfants ne sont pas prêts à digérer et véhiculent des stéréotypes dont il est difficile de se défaire », déplore-t-il. Le médiateur scolaire constate que le porno développe des complexes chez les garçons concernant la taille de leur sexe, leurs performances. Les filles, elles, ont tendance à avoir une idée distordue du corps de la femme.

Remettre l’ado en phase avec la réalité
« Chez les adolescentes âgées de 13 à 15 ans, les esthéticiens constatent une explosion des demandes d’épilation intégrale. Un standard établi par les images pornographiques », assure Christophe Butstraen.

Pire encore, selon le médiateur scolaire, les films pour adultes annihilent l’importance du consentement dans les relations sexuelles. « Le porno fait croire aux garçons que quand une fille dit non elle veut en réalité dire oui. L’absence de consentement est très utilisée dans le porno : on nous montre une femme qui ne souhaite pas avoir de relation sexuelle mais qui finit par y prendre du plaisir. »

Il incombe donc aux parents d’expliquer à leur enfant que les films pornographiques sont à regarder comme un spectacle, « une fiction et non comme un manuel », assurent le psychologue ainsi que le médiateur scolaire.

« Les adolescents doivent comprendre que dans le porno, des acteurs sont payés pour jouer un rôle. C’est de la mise en scène. Les séquences qui durent 15 minutes sont parfois tournées en plusieurs heures, avec des reprises, des montages. On ne nous montre pas la réalité comme les pannes, l’envie ou le respect de la femme », ajoute Samuel Comblez.

Vérifier l’identité des visiteurs des sites porno
Pour lutter contre cette banalisation du sexe que les adolescents consultent et reproduisent de plus en plus tôt, le dialogue semble donc primordial. « La sexualité, tout le monde y pense mais personne n’en parle. Or, les parents ne doivent pas avoir peur d’aborder le sujet », conclut Samuel Comblez.

En attendant qu’ils osent briser le tabou, le Royaume-Uni va tester un système de vérification de l’âge. A partir du 15 juillet prochain, les majeurs devront scanner leur carte d’identité pour accéder aux sites pornographiques.

Publié dans Texte Sexualité

Les Français plus nombreux que jamais à souffrir de troubles de l’érection

troubles de l'érectionEn France, 61% des hommes ont déjà été victimes de troubles de l’érection, d’après une nouvelle étude de l’Ifop publiée ce mercredi. Un sujet encore majoritairement « tabou » chez la gente masculine, souligne l’étude.

Une étude de l’Ifop pour la plateforme de santé Charles.co, publiée ce mercredi, révèle que les Français n’ont jamais été aussi nombreux à souffrir de problèmes d’érection. Pas moins de 6 hommes sur 10 ont déjà rencontré des troubles érectiles au moins une fois au cours de leur vie : un chiffre en hausse continue ces 15 dernières années.

En 2005, ils n’étaient « que » 44% à en avoir déjà rencontré, contre 61% aujourd’hui. Et pour bon nombre de ces hommes, il ne s’agit pas d’un souvenir lointain ou d’une vague expérience de jeunesse, dans la mesure où ils sont plus d’un sur trois (38%) à admettre avoir connu une forme de troubles du désir ou de l’érection au cours des 12 derniers mois.

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Dépendance aux écrans et baisse de libido
Parmi les variables lourdes qui influent sur ce type de troubles, on trouve l’âge, le stress ainsi que le lieu de résidence. Les hommes habitants en agglomération parisienne (46%) y étant nettement plus sujets que les ruraux (36%).

Pour la toute première fois, cette étude montre aussi que la dépendance aux écrans peut avoir un impact sur la libido masculine. Chez les moins de 35 ans, le nombre d’individus victimes de troubles du désir est nettement supérieure à la moyenne chez les hommes visionnant quotidiennement « des vidéos pornographiques, les réseaux sociaux, les applis d’information ou les films et séries tels qu’en offrent des services comme Netflix ».

« Étant happés par le contenu hautement addictif figurant sur leurs écrans, les jeunes auraient moins d’intérêt physique pour leur partenaire au point de relayer le sexe au second plan », explique François Kraus, directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » à l’Ifop.

Un sujet encore tabou
Or, même en 2019, ces troubles génèrent des complexes chez les hommes, qui ont « une vision très phallocentrée du plaisir sexuel ». D’après l’étude, les hommes concernés ne sont pas toujours disposés à parler de ces troubles, que ce soit à leur partenaire ou à un professionnel de santé.

Près de deux tiers d’entre eux (63%) ont déjà eu des complexes sur leur capacité à avoir une érection, et 62% sur le fait de garder leur sexe en érection pendant tout un rapport. Par conséquent, le nombre d’hommes n’ayant jamais consulté de médecin à ce sujet s’élève à 72%, et seul un quart des hommes concernés en ont déjà parlé à quelqu’un.

Un homme sur trois (33%) reconnaît avoir déjà donné à son conjoint une fausse excuse pour masquer un problème sexuel, la fatigue physique étant de loin l’argument le plus avancé. Par ailleurs, les chiffres montrent que les hommes ayant des troubles de l’érection sont deux fois plus nombreux à être complexés par la taille de leur sexe.

« Une conception pénétrative du plaisir sexuel »
Cette étude révèle que « la gent masculine a encore « une conception très pénétrative du plaisir sexuel masculin ». 56% des hommes, et 64% des hommes de moins de 30 ans, estiment qu' »un rapport sexuel doit impliquer une pénétration pour être pleinement satisfaisant ».

Pour retrouver du désir, la grande part des hommes concernés fait marcher la fabrique à fantasmes. 43% ont recours au porno, et 42% repensent à de précédents rapports sexuels. Mais dans l’ensemble, les Français restent réticents à recourir à des médicaments permettant d’améliorer les problèmes d’érection, même si 56% d’entre eux pourraient l’envisager.

Les jeunes hommes âgés de moins de 30 ans se distinguent de leurs aînés du fait qu’ils recourent davantage aux produits psycho-actifs tels que le Viagra, la forte quantité d’alcool, ou encore la drogue et les produits aphrodisiaques.

Étude IFOP pour Charles.co réalisée en ligne du 19 au 24 avril 2019 auprès d’un échantillon de 1957 personnes, de la population masculine française âgée de 18 ans et plus, résident en France métropolitaine.

Publié dans Texte Animaux

La Chine crée une application pour reconnaître les pandas

pandaL’application permettra aux chercheurs de collecter des informations plus précises sur la population de pandas, à la fois en captivité et à l’état sauvage.

La Chine a développé une application qui permet aux scientifiques d’identifier les pandas individuellement grâce à la technologie de reconnaissance faciale, a annoncé vendredi l’agence étatique Chine nouvelle.

Les chercheurs ont également mis au point une base de données contenant plus de 120.000 photos et 10.000 vidéos de pandas géants pour leur permettre de mieux identifier les animaux, en captivité et à l’état sauvage.

« L’application et la base de données vont nous permettre de collecter des informations plus précises et plus complètes sur la population, sa répartition, son âge, la proportion par genre, les naissances et les décès des pandas sauvages, qui vivent dans des montagnes reculées et sont difficiles à suivre », a expliqué à Chine nouvelle Chen Peng, un chercheur du Centre chinois pour la conservation et l’étude des pandas géants.

L’année dernière, la Chine avait annoncé vouloir créer une réserve pour les pandas géants faisant trois fois la taille du Parc national américain de Yellowstone, pour rapprocher les animaux et encourager les croisements entre les populations de pandas sauvages, notoirement lents à se reproduire.

Moins de 2000 pandas à l’état sauvage
Un budget de plus de 10 milliards de yuans (1,3 milliard d’euros) est prévu pour le Parc national du panda géant, situé dans le sud-ouest montagneux de la Chine dont l’animal est un emblème national, selon le quotidien étatique China Daily.

Les pandas géants ont un taux de fécondité très bas, un facteur clé avec la disparition de leur habitat naturel de leur raréfaction, au point qu’ils sont classés comme espèce menacée.

Plus de 80% des pandas sauvages de la planète vivent dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), le reste se répartissant entre le Shanxi (centre) et le Gansu (nord-ouest). En novembre, 548 pandas géants étaient en captivité, tandis que la population sauvage est passée sous la barre des 2000 individus, selon Chine nouvelle.

Publié dans Texte Santé

Le jeûne thérapeutique, « intuition prometteuse » ou pratique à risque ?

Le jeûne thérapeutiqueLa « détox » et le jeûne sur plusieurs jours ont le vent en poupe, même chez les personnes atteintes d’un cancer souhaitant alléger les effets de la chimiothérapie. Pourtant, la recherche reste très balbutiante sur le sujet et les professionnels de santé rappellent les risques.

« Médicalement, le jeûne aujourd’hui, c’est ‘Circulez, il n’y a rien à voir' » constate auprès de BFMTV.com Bruno Falissard, directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations à l’Inserm. En termes de jeûne, le professeur s’y connaît : il est l’un des auteurs du rapport Évaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique, mené par l’institut de recherche médicale en 2014.

Au regard du nombre de personnes qui le pratiquent chaque année (4000-5000 selon l’Institut national du cancer), les conclusions scientifiques manquent cruellement sur les effets de cette privation de nourriture.

Du jeûne sec sans eau aux stages « jeûne et randonnée » à boire bouillons clairs et tisanes, en passant par le saut de repas ou la consommation d’aliments uniquement crus, les diètes ont le vent en poupe. Le corps aurait besoin de se « détoxifier », de se purifier, le foie d’être nettoyé, le côlon débarrassé de ses impuretés.

A l’origine, la démarche est plutôt saine : s’interroger sur son alimentation, son mode de vie et ce qu’on peut améliorer. Sauf qu’une multitude de pratiques prolifèrent aujourd’hui sans de réel contrôle médical ou législatif.

« Les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez »
« Dans notre société, les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez, pour être honnête », appuie Bruno Falissard à BFMTV.com. « Il y a de la marge. Que des gens partent dans le Larzac faire de la méditation en jeûnant, je n’ai rien contre. Ils font ce qu’ils veulent, a priori ça ne va pas leur faire du mal », souligne le chercheur.

Néanmoins, il confirme que dans « quelques cas », certaines structures « ressemblent à des sectes, avec des gourous, et le jeûne devient une conduite chronique, extrême et avec à la clé des possibilités de carences et de problèmes de santé ».

La mission gouvernementale de surveillance des sectes, la Miviludes, constate « une explosion de thérapeutes qui se prétendent avoir une science médicale ». Ce qui laisse la porte ouverte à un certain nombre de dérives : stages très onéreux, incitation à l’achat de produits dérivés, mise en danger de personnes fragiles (physiquement ou psychologiquement), voire la mort de certains sujets.

A l’exemple des parents de Kérywan, 16 mois, qui avaient été condamnés en 2005 pour avoir laissé leur fils mourir de malnutrition. En plus de ce couple se revendiquant « kinésiologues », trois médecins que Libération présentait alors comme « homéopathes » avaient été condamnés pour « non-assistance à personne en danger ».

Seules deux études exploitables
Au-delà de l’inquiétude sectaire, le jeûne inquiète, voire agace certains professionnels de santé. En août 2017, l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN) a tenu à mettre les points sur les i sur la « détox ». « Le jeûne est dangereux pour l’organisme, qui a besoin de toute l’énergie et de tous les nutriments fournis par l’alimentation », martèle-t-elle.

Diminution de la masse musculaire, déficit du système immunitaire, déficiences en énergie, vitamines et minéraux, déséquilibre électrolytique voire décès. Dans son communiqué, l’AFDN liste les dangers du jeûne, a fortiori pour les personnes fragiles : enfants, personnes âgées, malades, femmes enceintes, etc …

Dans la littérature médicale et scientifique, l’Inserm n’a repéré que quatre études menées avec une population-témoin, dont une seule « méthodologiquement bien menée » qui concluait à des effets positifs sur un petit échantillon.

L’Institut national du cancer confirme de son côté à BFMTV.com que les études cliniques menées sur l’Homme sont « peu nombreuses » et de « faible qualité », « pas suffisamment robustes pour conclure à l’intérêt du jeûne au cours des traitements de cancers, ni même en prévention ».

Jeûner avec un cancer, une « pratique pas sans risque »
Attention donc aux modifications drastiques de son régime alimentaire, à plus forte raison quand on est atteint d’un cancer.

« La pratique du jeûne pour les personnes ayant un cancer n’est pas sans risque », appuie l’Institut national du cancer auprès de BFMTV.com. « Du fait de leur maladie et de leurs traitements, ils présentent déjà un risque de dénutrition qui peut être aggravé par la pratique du jeûne », voire nuire à leur pronostic vital.

Pourtant, « on trouve des choses qui vont plutôt dans le sens positif », remarque Bruno Falissard, qui cite une étude publiée en avril 2018. Dans cet essai clinique avec population-témoin, mené sur 34 personnes, le jeûne à court-terme semble « être bien toléré, améliorer la qualité de vie et réduire la fatigue » durant la chimiothérapie. C’est néanmoins une petite cohorte, « et les petits essais on leur fait dire un peu tout ce qu’on veut », songe le professeur.

Un article publié dans la revue BMC Cancer un mois avant l’étude citée plus haut résume bien l’état des recherches sur l’effet du jeûne pendant la chimio : s’il y a une « intuition prometteuse », elle requiert du temps et des efforts pour être validée par des essais cliniques dignes de ce nom.

Une « intuition prometteuse » qui demande confirmation
L’Institut national du cancer recommande pour le moment aux médecins dont les patients jeûnent de leur rappeler que la pratique est à risque, mais de leur proposer une surveillance adaptée par un nutritionniste s’ils persistent. Quant aux jeûneurs en bonne santé, l’AFDN maintient que « la véritable détox, c’est une vie saine et une alimentation équilibrée ».

Et sa commission scientifique de conclure : « Une semaine de randonnée, de baignade, de vélo, en mangeant trois repas équilibrés par jour, exerce tout autant la volonté, procure autant de plaisir voire plus, et est donc beaucoup plus efficace qu’un jeûne ou une cure détox sur la même durée. Et dans ce cas, les bénéfices sont démontrés : perte durable de poids, amélioration de la respiration et du sommeil et, globalement, meilleur équilibre physiologique et psychologique ».

Publié dans Texte Actualité divers

Les risques liés à l’exposition aux lumières LED

ledCe sont les premières recommandations sanitaires sur l’exposition aux LED depuis 2010. Dans son expertise publiée ce mardi, l’Anses confirme la toxicité des LED sur la rétine, notamment à cause de la lumière bleue qu’elles émettent.

L’agence met aussi en évidence des effets de perturbation des rythmes biologiques. Ces dangers sont encore plus présents chez l’enfant et l’adolescent.

C’est un document de 420 pages, que nous avons pu consulter dès lundi, dans lequel l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) retrace l’état des connaissances scientifiques sur l’exposition aux LED de 2010 à 2017 pour les mettre à jour.

Lampes ou spots à la maison, affichage ou signalisation dans la rue ou dans les transports, jouets ou objets de décoration, sans parler des téléviseurs, téléphones mobiles ou tablettes : les éclairages à LED ont envahi notre quotidien ces dernières années.

Des risques à court et long terme
Les LED, de l’anglais « light-emitting diode », diodes électroluminescentes en français, ont la particularité d’émettre un éclairage intense, avec une lumière riche en longueur d’onde courtes: c’est ce qu’on appelle la lumière bleue. Or notre exposition à cette source lumineuse n’est pas sans conséquence.

La lumière bleue trop puissante peut d’abord conduire à une baisse de la vue, à cause d’un effet toxique sur la rétine. Les données scientifiques recueillies depuis 2010 ont confirmé à la fois des risques à court et long terme. Une exposition chronique pendant plusieurs années à une lumière riche en bleu peut ainsi augmenter les risques d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Bon à savoir, les éclairages à LED de type « blanc chaud »; qui tire vers le jaune (température de couleur inférieure à 3 000 K) présents dans nos habitats présentent un faible risque de toxicité car ils ne se différencient pas trop des éclairages traditionnels. « Reste à savoir ce qu’il se passe sur l’éclairage à long terme. Cela n’a pas été encore bien étudié », estime le professeur Francine Behar-Cohen, ophtalmologue et présidente du groupe de travail sur les LED.

En revanche, les lumières des lampes torches, les phares automobiles, les décorations comme les guirlandes de noël et les jouets peuvent être particulièrement riches en bleu. Et elles ne sont pas pas encadrées par la même réglementation que les lampes domestiques.

« Il faut au moins éviter de les regarder de manière trop proche. L’Agence appelle à réglementer ces objets pour éviter d’avoir sur le marché des objets avec une luminosité trop intense », explique Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’ANSES.

Perturbation du rythme biologique et du sommeil
Deuxième risque pointé par l’Anses, celui d’une perturbation de notre rythme biologique, et donc de notre sommeil. Concrètement, la lumière reçue par la rétine va envoyer des messages vers l’hypothalamus, dans notre cerveau, pour lui donner une indication du moment de la journée. C’est cette zone qui va déterminer la production de la mélatonine, l’hormone du sommeil, dont la sécrétion débute environ 2 heures avant le coucher, à condition d’avoir une intensité de lumière importante pendant la journée et une obscurité totale pendant la nuit.

Avec une exposition à la lumière bleue le soir ou la nuit, aussi faible soit-elle, à travers les écrans (télévision, ordinateur, tablette, téléphones mobiles…), notre rythme biologique est perdu. Notre sommeil dégradé.

« Les effets sanitaires associés à la perturbation de l’horloge biologique peuvent être des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète, des pathologies cardio-vasculaires ou des cancers », précise Dina Attia, chef de projet dans l’unité d’évaluation des risques des agents physiques à l’Anses.

Des risques accrus chez les plus jeunes
L’Agence recommande donc de limiter l’usage des dispositifs à LED les plus riches en lumière bleue, surtout chez les enfants. Les deux risques, à savoir la toxicité pour la rétine et la perturbation de notre horloge biologique, sont en effet encore plus vérifiés chez les jeunes: les enfants naissent avec un cristallin clair, qui ne remplit pas son rôle de filtre de lumière bleue. Globalement, les plus de 60 ans filtrent deux fois mieux cette source lumineuse qu’une personne de 20 ans.

Maux de tête, fatigue visuelle… Le troisième risque est celui de la variation de la lumière induite par les LED, très sensibles aux fluctuations du courant électrique. Il en ressort que les enfants, les adolescents, et les professionnels exposés constamment à des LED pourraient être plus sensibles à ces effets.

Des dispositifs de protection à l’efficacité inégale
L’Anses s’intéresse enfin aux moyens de protection contre la lumière bleue : filtres sur écrans d’ordinateurs, verres de lunettes… L’agence note « une efficacité très variable en fonction des dispositifs » pour prévenir les dommages sur la rétine.  « Ce n’est pas forcément une mauvaise idée », estime Olivier Merckel. « Mais l’efficacité est très variable. Nous demandons des référentiels pour que les consommateurs soient informés du taux de réduction de la quantité de lumière bleue, et de l’efficacité avec une exposition à long terme », ajoute l’expert.

Les experts notent en revanche l’utilité de diminuer la température de couleur (vers un blanc chaud) et la luminosité des écrans pour réduire la quantité de bleu.

Publié dans Texte Santé

La gonorrhée peut être transmise par un simple baiser avec la langue, selon une étude

La gonorrhéeContrairement à l’idée répandue, cette infection ne se transmet pas uniquement lors de rapports sexuels, ont constaté des chercheurs australiens.

Un simple baiser avec la langue peut suffire pour contracter la gonorrhée, ont révélé des chercheurs australiens dans une étude parue le 9 mai 2019 dans la revue Sexually Transmitted Infections. Cette annonce va à l’encontre de l’idée largement répandue, selon laquelle cette infection, aussi connue sous le nom de blennorragie ou « chaude-pisse », se transmet exclusivement lors de rapports sexuels.

Causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae, cette infection sexuellement transmissible peut infecter les organes génitaux, le rectum et la gorge. Les chercheurs australiens ont étudié les questionnaires remplis par 3000 hommes gays ou bisexuels, dont 6% ont été testés positif pour cette infection. Ils ont constaté que les hommes qui ont embrassé un nombre élevé de partenaires, en ayant ou non un rapport sexuel, ont plus de risques de contracter une blennorragie au niveau de la gorge.

Un bain de bouche en prévention
« Ces données remettent en cause les modes de transmission de la gonorrhée connus depuis 100 ans, où le pénis d’un partenaire est considéré comme la source de l’infection de la gorge », a écrit Eric Chow, l’auteur principal de l’étude, dans un courrier électronique au Washington Post.

Cette nouvelle étude pourrait permettre de mieux comprendre la propagation de cette maladie, et donc d’améliorer les moyens de lutte contre sa transmission. Un enjeu capital alors que le nombre d’antibiotiques efficaces pour guérir de cette maladie est de plus en plus réduit, s’inquiète le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis.

« Nous savons qu’il est peu probable que les gens arrêtent de s’embrasser et notre équipe effectue déjà un essai clinique pour déterminer si l’utilisation quotidienne d’un bain de bouche pourrait prévenir la blennorragie. Si cela fonctionne, ce pourrait être une intervention simple et peu coûteuse pour tout le monde », espère Eric Chow, l’auteur de l’étude.