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La Chine veut bannir les PC et logiciels américains de son administration d’ici 2022

La Chine veut bannir les PC et logiciels américains de son administration d'ici 2022Une directive proposant de se passer de matériel informatique américain aurait été discrètement rédigée au printemps dernier par les autorités chinoises. HP, Dell et Microsoft sont en première ligne.

Alors que les États-Unis maintiennent la pression sur Huawei, banni du territoire, interdit de commercer avec les acteurs américains et accusé d’espionnage, la Chine aurait lancé une contre-mesure pénalisant les acteurs technologiques américains.

Selon le Financial Times, Pékin aurait décidé de bannir de nombreuses technologies américaines de son territoire à travers une directive rédigée au printemps dernier, jusque là restée secrète mais dont l’existence a été confirmée aux journalistes du quotidien britannique par des employés d’une entreprise privée de cybersécurité.

Cette directive prévoit en effet d’interdire à l’administration et aux institutions chinoises d’utiliser d’ici à 2022 du matériel et des logiciels étrangers et de privilégier des acteurs locaux. Les entreprises technologiques américaines ne sont pas nommément citées mais elles sont clairement visées. On peut ainsi évoquer HP et Dell dans le domaine des ordinateurs et Microsoft dans celui des systèmes d’exploitation (Windows).

Un marché global de 150 milliards de dollars par an pour les Américains
Concrètement, selon cette directive, 30% des technologies étrangères actuellement utilisées dans l’administration devront être remplacées en 2020. L’année suivante, une nouvelle tranche de 50% d’entre elles seront remplacées. Les 20% de matériels et de logiciels restant seront changés en 2022. D’où le nom de « 3,5,2 » de cette directive. Selon le courtier China Securities, 20 à 30 millions d’unités informatiques devront être remplacées à la suite de la directive chinoise.

S’il est effectivement appliqué, le texte pourrait faire mal à ces géants américains qui pour certains ont fait beaucoup d’efforts pour se plier aux exigences des autorités du pays. Microsoft a ainsi dû développer une version « spéciale » de Windows dénuée de certaines fonctions pour maintenir ses activités dans le pays. Il faut dire que le marché informatique chinois générerait 150 milliards de dollars par an de revenus pour les acteurs américains selon les analystes de Jefferies (un montant qui englobe la commande publique et privée).

Pas encore d’alternative à Windows
Pékin peut s’appuyer sur un puissant fabricant de PC, en l’occurrence Lenovo qui s’était offert en 2005 les PC d’IBM et qui est devenu le numéro deux mondial du secteur, mais ces machines sont truffées de composants non-chinois (processeurs, disques durs …). S’en passer nécessitera du temps. Bref, on peut émettre des doutes sur la capacité de la Chine à renouveler aussi vite matériel et logiciels de son parc administratif.

Et en matière de système d’exploitation, Windows règne en maître et il n’existe pas encore d’alternative locale même si des travaux de développement en ce sens seraient en cours sous la pression des autorités et des acteurs locaux de la cyber-sécurité, notamment pour la défense et l’armée.

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La France est championne du monde des taxes et des impôts mais pas de la justice social

franceSelon la vaste étude de la Fondation allemande Bertelsmann, qui compare le degré de justice sociale (éducation, santé, égalité des chances …) des pays de l’Europe et de l’OCDE, la France ne figure même pas dans le top 10 mondial.

On le sait, la France dépense beaucoup pour son système de protection sociale réputé très protecteur et généreux ou encore dans l’éducation. De quoi justifier, selon les gouvernements qui se succèdent, sa place de championne du monde des prélèvements obligatoires avec un taux de 46% du produit intérieur brut (PIB) en 2018, selon la dernière étude de l’OCDE.

Mais quelle est l’efficacité du modèle social français au vu de ces dépenses ?  La dernière étude de la Fondation allemande Bertelsmann (Social Justice Index), qui compare le degré de justice sociale des 41 pays de l’Europe et de l’OCDE en 2019, donne des éléments de réponses. Et ils risquent de décevoir.

Globalement, la France n’arrive qu’en 15e position avec un indice de 6,53. C’est un peu mieux qu’en 2018 (6,48) mais moins bien qu’en 2009 (6,65). Notre pays se classe ainsi largement derrière les pays scandinaves : l’Islande (7,90), la Norvège (7,68), le Danemark (7,67), la Finlande (7,24), la Suède (6,98).

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Derrière l’Allemagne et l’Angleterre
Mais surtout, la France arrive également derrière les Pays-Bas (6,97), la Slovénie (6,88), la République Tchèque (6,8), la Nouvelle-Zélande (6,75), l’Allemagne (6,64) et même l’Angleterre (6,64), le Canada (6,57), l’Irlande et la Suisse (6,56).

La moyenne des pays observés se fixe à 6,09. Le pays au plus faible score est le Mexique (4,76), pays où les prélèvements obligatoires sont les plus faibles (16%).

Ce score englobe différents paramètres: prévention de la pauvreté, égalité face à l’éducation, accès au marché du travail, inclusion sociale et non-discrimination, égalité intergénérationnelle ou encore système de santé.

La France se distingue assez nettement dans le domaine de la santé (4e rang mondial) et dans la prévention de la pauvreté (7e rang). Mais affiche de piètres performances dans l’égalité intergénérationnelle (20e rang), l’inclusion sociale (21e), l’égalité face à l’éducation (35e) et l’accès au marché du travail (38e). De quoi lourdement plomber sa performance globale dans ce classement.

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Ainsi, si les experts de la Fondation Bertelsmann jugent « admirable » la position de la France en matière de santé, et « attribuent le risque relativement faible de pauvreté au généreux modèle de protection sociale français, qui protège largement de la pauvreté et de l’exclusion sociale », ils soulignent que dans le même temps, « certaines régions rurales et certains migrants sont touchés par l’exclusion sociale ».

La faible performance en matière d’éducation est clairement un frein à la justice sociale, expliquent les auteurs. « La justice sociale des systèmes éducatifs se manifeste notamment dans la mesure où ils offrent aux enfants et aux jeunes des chances égales de succès dans leur carrière éducative. Dans ce contexte, le faible résultat obtenu par la France en matière d’éducation équitable tient notamment à la forte sélectivité sociale du système éducatif ». La Fondation ne voit « dans aucun autre des 41 pays de l’UE et de l’OCDE, (une telle) influence du contexte socio-économique sur les possibilités d’éducation des enfants et des jeunes ».

Éducation : un résultat « alarmant »
Et d’asséner : « Ce résultat est alarmant, car une bonne éducation est une condition préalable essentielle pour pouvoir accéder ultérieurement aux opportunités du marché du travail et donc également pour la participation sociale ». « La qualité de l’éducation laisse également beaucoup à désirer, la proportion de personnes peu performantes selon le PISA dans toutes les matières est de 14,8% (28e rang), soit environ trois fois plus qu’en Estonie, le meilleur pays pour cet indicateur », peut-on encore lire. « Cependant, les experts signalent également que le gouvernement Macron s’attaque à ce problème et a lancé plusieurs mesures visant à garantir des possibilités d’éducation meilleures et plus équitables ».

En matière d’accès au marché du travail, au contraire, les choses empirent note la Fondation. Le score de 5,96 « est inférieur à ce qu’il était il y a dix ans ». « Sur huit des onze métriques (quantitatives) qui composent cette dimension, la situation de la France est pire qu’il y a dix ans. Alors que le niveau d’emploi aujourd’hui (65,4%, 32e rang) est semblable à celui d’il y a dix ans, la Fondation épingle la part des travailleurs occupant un emploi à temps partiel contre leur volonté (34,9% à 41,8%), un taux de chômage de 9,1% qui reste plus élevé qu’avant la crise financière mondiale (37e rang), le taux de chômage notoirement élevé chez les jeunes (20,8%, 37e rang) et le fait que les travailleurs nés à l’étranger, surtout les jeunes, rencontrent d’énormes difficultés pour s’intégrer sur le marché du travail (30e rang).

Il n’y a guère que le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans qui soit un motif de satisfaction. Il « a considérablement augmenté, passant de 38,2% à 52,1% ».

La conclusion est sans appel. « Ces lacunes mettent en évidence les occasions manquées d’intégrer les jeunes et les adultes marginalisés à la société française. Le gouvernement Macron a également lancé des mesures immédiates pour améliorer les qualifications des chômeurs de longue durée et des jeunes ayant quitté l’école sans diplôme, programme doté de 15 milliards d’euros sur cinq ans, mais les résultats de ces interventions politiques sont encore à voir ».

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Une majorité d’entreprises est encore incapable de se conformer aux exigences du RGPD

europeLe règlement européen de protection des données personnelles fixe par exemple à un mois le délai à une demande d’accès ou de portabilité de données personnelles. Peu d’entreprises y parviennent, selon une étude.

Opérationnel en Europe depuis mai 2018, le RGPD doit permettre aux citoyens de mieux gérer la collecte, la gestion et l’exploitation de leurs données personnelles par les services en ligne. Il introduit les notions de consentement lorsqu’un internaute visite un site Web mais aussi d’accès et de portabilité de ces données et ce dans un délai d’un mois si un internaute en fait la demande.

Il prévoit également des sanctions lourdes en cas de manquement, pouvant aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires, contre 300.000 euros maximum auparavant.

Plus d’un an après, la conformité des entreprises européennes reste moyenne, selon une étude de Talend, un éditeur de logiciel. 103 entreprises de tous secteurs ont été interrogées dans le monde, très principalement (84%) en Europe.

Il apparaît ainsi que 58% des entreprises sondées n’ont pas été en mesure de répondre aux demandes d’accès aux données et de portabilité dans le délai d’un mois. Si une majorité d’entreprises n’est donc pas en conformité, on peut néanmoins observer qu’elles sont bien moins nombreuses qu’en 2018 (70%).

En haut des entreprises les plus conformes, on trouve celles du secteur financier (47%), devant la distribution (46%, 42% en France) et le voyage/transport (45%).

Le secteur public à la traîne
En bas de l’échelle, seulement 29% des entreprises du secteur public interrogées (16% en France) ont pu fournir les données dans le délai d’un mois. Ce n’est pas vraiment mieux dans les médias et télécoms pourtant très friands de données personnelles avec 32%.

En moyenne, les entreprises répondent aux demandes dans les 16 jours et il y a encore 7% d’entreprises qui ont mis en place aucun système automatisé pour répondre aux requêtes des internautes.

La pression risque de s’accentuer sur les entreprises. Les questions de gestion des données personnelles sont de plus en plus prioritaires pour les européens effrayés par les multiples affaires de fuite de données ou d’exploitation par des tiers sans aucun consentement (notamment le scandale Cambridge Analytica).

Selon une étude de la Commission européenne, pas moins de 67% des européens ont entendu parler du RGPD.  Et les autorités locales de régulation veillent au grain. Les premières sanctions pour manquement au RGPD sont tombées cette année. En France, la Cnil a ainsi infligé 50 millions d’euros d’amende à Google, un record. En Grande-Bretagne, British Airways a lui écopé de 200 millions euros d’amende. Et plusieurs dossiers seraient à l’instruction partout en Europe.

Reste que l’application stricte du RGPD a un coût pour les entreprises. Le cabinet d’études Gartner a ainsi évalué à 1400 dollars le coût moyen pour répondre à une requête d’accès ou de portabilité de données personnelles.

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L’Europe, un marché que rêveraient de conquérir les professionnels du cannabis légal

cannabisAlors que plusieurs acteurs ont émergé aux États-Unis et au Canada après la légalisation du cannabis, les professionnels du secteur tentent de séduire les autorités européennes. Le marché total sur le Vieux continent, y compris illégal, pèserait 55 milliards de dollars par an.

Après l’Amérique du Nord, les professionnels du cannabis rêvent de conquérir le marché européen, en particulier le Royaume-Uni, et misent sur un changement d’image de la plante psychoactive, malgré les freins réglementaires et les débats éthiques.

Santé, cosmétique, bien-être, alimentaire … Les multiples déclinaisons de la marijuana étaient au centre d’une journée dédiée à la promotion de ce secteur et organisée jeudi à Londres par la banque d’affaires Bryan Garnier. Pour l’heure, le marché du cannabis légal en Europe, où l’usage médicinal est autorisé dans la plupart des pays de l’UE et actuellement testé en France, tourne autour de 1 milliard de dollars, explique à l’AFP Nikolaas Faes, analyste pour la banque d’affaires. Par comparaison, le marché américain légal pèse 12 à 13 milliards de dollars.

« L’Europe est un marché très petit, notamment à cause de la diversité des problèmes légaux (…). Les responsables politiques ne sont pas encore complètement prêts, mais ça progresse », estime Nikolaas Faes. Selon lui, la légalisation pourrait rapporter gros, puisque le marché total en Europe, en incluant le trafic illégal, est estimé à 55 milliards de dollars.

Mouvement lancé au Canada et aux États-Unis
Les dirigeants du secteur s’appuient sur l’exemple nord-américain. Le Canada a légalisé le cannabis l’an dernier. Aux États-Unis, la loi fédérale le considère comme une drogue dure mais onze États ainsi que la capitale américaine ont légalisé son usage récréatif.

Au Royaume-Uni, le parti des libéraux-démocrates a proposé dans son programme pour les élections législatives du 12 décembre de légaliser la marijuana. Près de la moitié des Britanniques (48%) sont pour, selon un sondage publié en juillet par YouGov pour le compte d’un groupe de réflexion du parti conservateur. Le débat reste toutefois vif et le système de santé britannique, le NHS, ne manque pas de rappeler les effets néfastes de l’usage récréatif du cannabis, qui augmente notamment les risques de développer des maladies comme la schizophrénie.

Le Royaume-Uni a néanmoins légalisé en novembre 2018 l’usage thérapeutique, une décision intervenue à la suite de l’histoire de deux enfants britanniques épileptiques qui n’avaient pas pu faire venir dans le pays leur traitement à base de cannabis, ce qui avait créé une polémique. Si les médecins ont désormais la possibilité de prescrire des médicaments basés sur la plante controversée, il est dans les faits très difficile pour les patients d’en obtenir du fait du manque de traitements disponibles et des questions sur leur efficacité.

Des entreprises qui tentent de surfer sur les produits relaxants
« Il faut comprendre qu’un marché légal ne signifie pas un marché ouvert. Au Royaume-Uni nous avons des marchés légaux mais nous avons moins de 200 patients », souligne Stephen Murphy, à la tête de Noble, un cabinet de recherche sur le cannabis. Au-delà du domaine médical, une myriade d’entreprises tentent de surfer sur la mode des produits à base de CBD (cannabidiol), un des principes actifs du cannabis non psychoactif, contrairement au tetrahydrocannabinol (THC).

Le CBD est censé avoir des effets relaxants et anti-inflammatoires, et se vend sous forme d’extraits ou d’huile par exemple, mais son marché souffre de l’absence de règles claires. « Cela cause des problèmes parce que les gens ne savent pas ce qui est légal ou non », regrette Farzad Moshfeghi, directeur général de Winchester MD, société britannique qui vend des produits CBD. Et le produit ne rassure pas les autorités sanitaires, alors qu’en Belgique, début novembre, un jeune de 18 ans est mort des suites d’une insuffisance respiratoire attribuée par les autorités sanitaires au vapotage d’une e-cigarette contenant du cannabidiol.

Par ailleurs, la légalisation du cannabis ne permet pas nécessairement de tuer le marché noir, notamment à cause de problèmes de pénurie. Ainsi au Canada, qui a légalisé le cannabis en octobre 2018, selon la dernière enquête de Statistique Canada sur le sujet publiée fin octobre, 53% seulement des consommateurs déclaraient obtenir tout ou partie de leur cannabis de source légale au 2e et 3e trimestre de cette année (dont 28% uniquement auprès de distributeurs respectant la loi). Le nombre de consommateurs, à 5,2 millions de Canadiens, est quant à lui stable par rapport à il y a un an.

Déjà des géants du cannabis en Bourse
Quoi qu’il en soit, en l’absence d’une réglementation harmonisée et à cause d’une image encore sulfureuse, les start-up en Europe ont du mal à trouver des financements, alors que certaines entreprises nord-américaines sont déjà cotées en Bourse, même si, après avoir vu leurs actions flamber dans un premier temps, leur parcours sur les marchés est plutôt chaotique depuis.

Le plus gros acteur est sans conteste Canopy Growth, coté sur le Nyse, qui affiche une capitalisation boursière de 6,6 milliards de dollars, malgré une action en repli de 46% sur un an. Vient ensuite le canadien Aurora Cannabis, avec 2,6 milliards de dollars de capitalisation sur le Nyse (avec un titre en repli de 58% sur un an). Parmi les autres acteurs les plus importants outre-Atlantique, on pourra également citer les américains Cronos (qui pèse 2,4 milliards de dollars en Bourse sur le Nasdaq-GS, et dont le cours est en baisse de 26% sur un an) et Tilray (2 milliards de dollars de valorisation sur le Nasdaq-GS, dont l’action a chuté de 80% sur un an).

Malgré les différents freins au marché, les professionnels croient au potentiel du marché européen, quitte à patienter encore quelques années. « L’Europe deviendra le plus grand marché au monde d’ici dix ans. La demande est là », lance, confiant, Stephen Murphy.

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Signalement des cas de maltraitance d’enfants

signalement-des-cas-de-maltraitance-denfants.jpgMéconnaissance des plateformes d’aides, peur de mal faire, peur des auteurs des violences ou tout simplement sentiment qu’il s’agit d’affaires privées.

Les témoins de maltraitance envers les enfants ne vont pas systématiquement signaler ces violences aux autorités, alors que la loi les y oblige.

Jonathan L., 34 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Reims mardi pour « non-dénonciation de mauvais traitements ». Son voisin, Tony trois ans, avait été battu à mort par son beau-père en 2016, et Jonathan L. avait reconnu avoir entendu des cris et des coups, sans intervenir.

Selon l’article 434-4 du Code Pénal « le fait, pour quiconque ayant connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger (…) de ne pas en informer les autorités judiciaires », est passible de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.

« Les gens ne savent absolument pas quoi faire »
Le voisin, qui a été relaxé mardi soir, a raconté avoir tenté de dénoncer la situation auparavant, notamment en parlant des faits de maltraitances auprès du bailleur,  ce que l’organisme a démenti. Il a également déclaré avoir posé une affiche dans l’ascenseur de l’immeuble concernant les violences faites aux femmes et aux enfants.

« Ce qui est évident, c’est que les gens ne savent absolument pas quoi faire, comment signaler », explique Laura Morin, directrice nationale de l’association l’Enfant Bleu – Enfance maltraitée, contactée par BFMTV.com. « C’est un exemple typique », déclare-t-elle à propos de la réaction de Jonathan L. Cette association a été partie civile au procès.

Les différents cas de figure
Deux cas de figure peuvent se poser, selon Laura Morin. D’une part, une urgence si on entend ou voit des violences claires, des coups portés sur un enfant. « Dans ce cas il faut agir très vite, appeler la police pour qu’ils interviennent rapidement et puissent constater les violences », explique-t-elle.

D’autre part, les violences plus « habituelles », celles qui sont suspectées par quelqu’un de l’entourage. « Signaler, ce n’est pas faire placer automatiquement l’enfant », précise Laura Morin. « Je sais que certains ont peur de se tromper, mais quand on a un doute il faut alerter et contacter le 119, le numéro d’appel pour les enfants en danger, ou une association protégeant les enfants maltraités », comme l’Enfant Bleu.

Traces de coups, brûlures, maladies répétées, accidents domestiques à répétition, difficultés scolaires … Plusieurs sites, comme celui de la Ville de Paris par exemple, listent les signes pouvant interroger sur la sécurité d’un enfant, notamment quand ils sont cumulés. Voisins, professeurs, ou amis peuvent faire un signalement, par exemple à une cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). En cas d’information inquiétante, une enquête est lancée.

Pour maître Marie Grimaud, avocate de l’association Innocence en danger – également partie civile au procès -, contactée par BFMTV.com, une autre distinction peut s’opérer. « Il y a le témoin visuel, qui se sent plus légitime à agir, et le témoin auditif. Le problème c’est que ce dernier ne se sent pas légitime, car si on lui demande ce qu’il s’est passé, il n’a rien vu », précise-t-elle.

Pourquoi les signalements ne sont pas toujours faits ?
L’Enfant Bleu déplore le manque d’informations sur le sujet, et rêve d’une grande campagne d’information sur le signalement de la maltraitance des enfants. En 2017, cette association a mené avec Harris Interactive un sondage sur la perception de la maltraitance en France. La moitié des personnes interrogées déclare ne pas être intervenue face à un soupçon de cas de violence.

« Chez ceux admettant ne pas être intervenus, les arguments avancés tournent principalement autour de la peur de se tromper (40%), d’une non-connaissance de l’identité de l’enfant ou de son entourage (25%), ou du sentiment que cela ne les regardait pas (18%) », explique le sondage.

« Il faut que les gens comprennent que face à la loi on a l’obligation de dénoncer ces comportements », martèle maître Marie Grimaud. « Quand on est témoin, on a pour obligation de dénoncer et on doit se sentir légitime à le faire. »

« Il faut arrêter de se dire ‘c’est chacun sa vie' »
Face aux doutes que peuvent rencontrer les témoins, et au manque d’informations concernant les signalements possibles, la directrice nationale n’est pas pour envoyer des témoins devant les tribunaux, comme Jonathan L., pour non-dénonciation de maltraitance. « Cela risque de faire encore plus peur aux gens, et prolonger le silence », selon elle.

Pour Maître Grimaud, la relaxe de Jonathan L. n’encouragera pas non plus la population à témoigner de violences. « Détourner le regard, c’est ce qui amène les parents à se sentir tout puissants, et une violence qui se rajoute, qui se rajoute », explique Maître Grimaud.

« Il faut arrêter de se dire ‘c’est chacun sa vie’, ‘chacun à ses problèmes », lance Laura Morin. « Et il faut surtout arrêter de détourner les yeux ».

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Les mesures de qualité du réseau mobile en 2019 de différent opérateur

arcepL’Arcep publie son rapport sur la qualité des services mobiles pour l’année 2019. Les quatre opérateurs ont été passés au crible dans l’Hexagone.

Depuis le début de l’année, 1,5 million de mesures ont été réalisées par l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms. Le but : mesurer la qualité du réseau mobile en France métropolitaine, selon les opérateurs. Plusieurs types d’usages ont été évalués, à commencer par les appels et l’envoi de SMS. Mais c’est au niveau de l’internet mobile (essentiellement 3G et 4G) que ces données sont les plus attendues, en raison de disparités toujours importantes dans le pays.

Des débits en forte progression
Globalement, l’Arcep souligne une importante progression des débits, pour l’ensemble des opérateurs et des zones géographiques. En 2019, un smartphone peut télécharger des fichiers à une moyenne de 45 Mbit/s, contre 30 Mbit/s en 2018. Dans les grandes villes, cette moyenne grimpe à 62 Mbit/s. En zone rurale, elle atteint 28 Mbit/s. Un débit moindre, mais qui est suffisant pour télécharger de la musique ou regarder des vidéos sur YouTube ou Netflix.

“En internet mobile, Orange affiche les meilleurs résultats sur l’ensemble de la campagne de mesures. Bouygues Telecom conserve son avantage sur SFR. Enfin, Free Mobile reste derrière mais progresse et réduit l’écart par rapport aux trois autres opérateurs.” explique l’Arcep dans un communiqué de presse.

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Pour étudier les performances des opérateurs plus en détails, l’Arcep a mesuré le nombre de cas dans lesquels il est possible de lire une vidéo de deux minutes en haute définition. Orange, Bouygues Telecom et SFR (Groupe Altice, également propriétaire de BFMTV) oscillent en moyenne autour des 80% au niveau national, tandis que Free accuse un léger retard (68%).

operateur mobileDans les quinze plus grandes villes françaises, le taux de succès est de 89 et 90% pour SFR et Bouygues Telecom, contre 95% pour Orange. Free permet de lire une vidéo dans des conditions optimales dans 79% des cas.

Des disparités en zones rurales
Si des chiffres comparables sont constatés pour les agglomérations de taille intermédiaires, les disparités s’accentuent dans les communes de moins de 10.000 habitants. Ainsi, la lecture de vidéos dans de bonnes conditions est possible dans 68% des cas chez Orange et SFR, contre seulement 51% des cas chez Free. Bouygues Telecom est le plus performant en zone rurale, avec 72% de vidéos consultées dans des conditions optimales.

L’Arcep s’intéresse aussi à la qualité du réseau mobile dans les transports, en mesurant le nombre de pages Web chargées en moins de 10 secondes. Là encore, les disparités sont importantes entre Free et la concurrence.

Dans le TGV, la consultation de sites Web se fait correctement dans 87% des cas chez SFR, contre 77% des cas chez Orange, 71% des cas chez Bouygues Telecom et seulement 40% des cas chez Free. Free se révèle également moins performant dans les Intercités et TER avec 50% de pages Web chargées en moins de 10 secondes, contre 73% pour SFR et 78% pour Bouygues Telecom et Orange.

Le régulateur revient par ailleurs sur les usages élémentaires des téléphones, à commencer par les appels et SMS. Des usages qui fonctionnent de manière efficace et rapide (moins de 10 secondes pour recevoir un SMS) sur plus de 90% du territoire, chez tous les opérateurs. Mais là encore, les zones rurales restent pénalisées par une moindre couverture. Dans les communes de moins de 10.000 habitants, il reste difficile de passer des appels dans de bonnes conditions dans environ 30% des cas chez SFR, Orange et Bouygues Telecom, et dans près de 40% des cas chez Free.

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Afin d’aider chaque français à choisir son opérateur, l’Arcep met en ligne l’intégralité des données sous forme d’une carte interactive, accessible sur le site Mon Réseau Mobile. Commune par commune, il est ainsi possible de déterminer la qualité de réseau de chaque opérateur, pour la voix, les SMS et l’internet mobile.

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Un tiers des Français seraient dépendants aux écrans

hyper connexionEn moyenne, les Français passeraient 4 heures et 6 minutes par jour, sans distinction entre cadre professionnel ou privé, sur leurs écrans.

Les conclusions de cette étude Elabe pour AXA Prévention et SOS Addictions sont on ne peut plus claires : les Français souffrent d’hyper connexion. Devenus une extension de la main, smartphones et autres tablettes sont ainsi désormais incontournables pour un tiers des Français, qui se disent dépendants aux écrans. Pour 60% des sondés, il serait même inconcevable de passer une journée sans son téléphone.

Interrogés par BFMTV, plusieurs occupants d’une terrasse parisienne tentent d’expliquer le pourquoi d’une telle dépendance. Pour Christophe, sans smartphone, « on se dit que comme avec les clés, on va être en galère si on ne l’a pas. » « Tu regardes l’heure, puis une notification, puis tu restes dessus », précise quant à lui Simon, qui assure occuper deux heures de ses journées sur ses applications.

Toujours selon cette étude, les habitudes du quotidien tendent confirmer cette idée de dépendance. Ainsi, pour 61% des Français, le premier réflexe au lever est de consulter son smartphone et près d’un Français sur 2 (48 %) consulte « au cas où » son mobile ou sa tablette toutes les 10 minutes.

Risques d’athazagoraphobie ?
Toujours à notre antenne, Laurent Karila, addictologie et porte-parole de SOS addictions, pointe du doigt les dangers insoupçonnés d’une utilisation continue du smartphone et d’autres appareils électroniques.

« C’est devenu un doudou, le smartphone, il y en a même qui développent ce qu’on appelle l’athazagoraphobie (peur d’être oublié ou ignoré, ndlr), ils attendent de manière anxieuse qu’on réponde à leur SMS, leurs emails, leurs statuts sur les réseaux sociaux etc … », explique-t-il.

Pourtant, parmi les interrogés, la prise de conscience de tels dangers semble réelle. Ainsi, ils sont 87% considérer comme néfaste la surexposition aux écrans, en particulier chez leurs enfants.

Afin d’éviter l’hyper connexion, il est ainsi conseillé de pratiquer une activité physique quotidienne et bannir les écrans lors des pauses repas. Si l’addiction ne peut se résoudre immédiatement, il convient également de réaliser une déconnexion progressive, en retirant quelques applications de son smartphone par exemple.