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Les enfants boivent de moins en moins de lait

laitLa consommation de lait a reculé de 21% en 13 ans chez l’enfant et l’adolescent, principalement parce qu’ils prennent de moins en moins de petit déjeuner.

Le lait serait-il démodé chez les plus jeunes ?  A l’occasion d’un congrès de pédiatrie, le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL) est revenu ce jeudi sur l’évolution des comportements alimentaires chez les enfants et adolescents français. Il s’est pour cela appuyé sur les données du Crédoc, publiées tous les trois ans, sur les Comportements et Consommations Alimentaires en France (CCAF).

20% des 3-5 ans et 37% des 6-8 ans en deçà des besoins moyens en calcium
Premier enseignement : entre 2010 et 2016, la consommation de lait est passée de 237 à 202 millilitres par jour chez les 3 à 5 ans et de 211 à 181 millilitres par jour chez les 6-8 ans. Les apports en calcium ont donc diminué et le nombre d’enfants en dessous du BNM (besoin nutritionnel moyen) en calcium a mécaniquement progressé. En l’espace de 6 ans, il a bondi de 4% à 20% chez les 3 à 5 ans. Et de 20% à 37% chez les 6-8 ans.

Selon le CNIEL, la diminution de la consommation de lait n’est pas compensée par d’autres produits laitiers ou aliments consommés à un autre repas. « Pour les enfants que je suis régulièrement, la consommation en lait infantile est correcte jusqu’à 2 ans et demi ou 3 ans. Après l’âge de 3 ans, ils consomment plutôt des laitages ou des fromage », explique à BFMTV le docteur Sandra Brancato, pédiatre à Nîmes et chargée de nutrition à l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA).

« En revanche, si l’apport en calcium est correct avec ces produits dérivés du lait, ils peuvent conduire une surconsommation de protéines et des lipides, c’est-à-dire de gras », met en garde la spécialiste.

Une baisse « multifactorielle »
Pour expliquer cette baisse de la consommation de lait chez les plus jeunes, le CNIEL avance d’abord « l’augmentation du nombre de petits déjeuners sautés au cours de la semaine, la baisse de la quantité de lait prise au petit déjeuner pour ceux qui en prennent et un désengagement des parents, les enfants se préparant eux-mêmes le petit déjeuner ».

« C’est multifactoriel », assure Sandra Brancato. « Certains enfants n’aiment pas le lait. Certains parents n’aimant pas le lait eux-mêmes, et n’en donnent pas à leurs enfants. Il y a aussi des familles qui ne prennent pas de petit déjeuner. Il y a probablement autant d’explications que d’enfants! », ajoute le médecin.

« Risque de carence pour la croissance de l’enfant »
Selon le docteur Brancato, « le lait a pu souffrir d’une mauvaise réputation chez certaines catégories de la population, mais il n’y a aucun danger à consommer des produits laitiers ou du lait de vache. Le danger serait plutôt d’avoir des apports trop faibles en calcium, avec des risques de carence pour la croissance de l’enfant ».

Pour rappel, les besoins nutritionnels moyens en calcium sont de 385 milligrammes par jour pour les 1-3 ans, 539 milligrammes par jour pour les 4-6 ans et 693 milligrammes par jour pour les 7-9 ans. Sachant qu’un verre de lait équivaut à un apport en calcium de 170 mg, un yaourt à 160 mg et une part de 20 g de fromage à 126 mg.

La pédiatre nîmoise préconise à sa patientèle de consommer un produit laitier à chaque repas jusqu’à l’adolescence : « un enfant peut boire du lait tant qu’il le tolère et le digère bien. Chez les enfants qui souffrent d’une intolérance partielle au lactose, ils ne peuvent plus boire du lait pur mais peuvent recourir à des produits dérivés du lait comme les yaourts ou le fromage. »

Parallèlement à la diminution de la consommation du lait chez les enfants, les spécialistes notent globalement une baisse de la diversité des aliments consommés. Près d’un enfant de 3 à 17 ans sur deux (45%) consomme moins de deux portions de fruits et légumes par jour.

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L’Insee confirme une croissance qui tient le coup et un chômage en baisse pour 2019

L'Insee confirme une croissance qui tient le coup et un chômage en baisse pour 2019L’Insee prévoit une croissance de 1,3% en France cette année, principalement alimentée par la consommation des ménages. Cette performance est meilleure que la moyenne de la zone euro et devrait permettre de continuer à faire baisser le chômage.

Après une courte période d’accalmie, l’horizon s’est à nouveau assombri pour l’économie mondiale. Alors qu’en début d’année, les négociations entre la Chine et les États-Unis semblaient se détendre, Donald Trump a relancé la machine à taxes sur les importations. Les incertitudes se sont renforcées, le commerce mondial devrait sensiblement ralentir cette année, tout comme l’ensemble des économies.

Pour compenser ces effets négatifs, les principaux pays de la zone euro, dont la France, ont décidé de mettre en place des mesures de soutien budgétaire. Le pari est de maintenir l’économie à niveau grâce à la consommation intérieure. Quoi qu’il en soit, la croissance de la zone euro ralentirait à 1,2% cette année, après 1,9% en 2018.

Moins sensible que ses voisins à l’évolution du commerce mondial, la France devrait un peu mieux s’en sortir. Dans sa note de conjoncture publiée ce jeudi, l’Insee prévoit une croissance de 1,3%, portée principalement par la consommation, mais aussi l’investissement des entreprises, bien qu’il soit moins dynamique. La croissance tricolore poursuivrait ainsi son ralentissement, après 1,7% en 2018 et 2,4% l’année précédente, mais à un rythme modéré. Pour mémoire, la croissance tournait autour de 1% entre 2014 et 2016.

L’attentisme des Français va-t-il se poursuivre ?
La situation n’est donc pas catastrophique. Toutefois, les statisticiens s’attendaient jusque-là à mieux. Lors de sa précédente estimation en mars, l’Insee tablait sur une croissance de 0,4% au premier et au deuxième trimestre de 2019. Désormais, il ne compte plus que sur un rythme de 0,3% pour les quatre trimestres de l’année, soit le même depuis un an et demi.

Que s’est-il passé ?   « La consommation a accéléré, mais moins que ce qu’on aurait pu attendre », explique Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l’Insee. Le pouvoir d’achat a pourtant bondi de 0,9% au premier trimestre, sous l’effet des mesures d’urgences sociales, en particulier la prime exceptionnelle. Malgré ce gain, la consommation a progressé de 0,4%, contre 0,5% attendu.

Cette prudence des ménages reflète un certain « attentisme », observe Julien Pouget. La crise des gilets jaunes est sans doute encore dans les têtes, même si la mobilisation dans la rue a fortement chuté. De manière générale, les experts de l’Insee ont observé que lorsque les Français ont des gains de pouvoir d’achat, ils mettent entre 9 et 21 mois pour les dépenser.

Le comportement des ménages pourraient encore changer dans les prochains mois. Sur l’ensemble de l’année, leur pouvoir d’achat aura augmenté en moyenne de 2,3%, du jamais-vu depuis 2007. Les mesures ont certes été décidées fin décembre mais certaines, comme le remboursement de la CSG pour les retraités ayant une pension entre 1200 et 2000 euros, sont intervenues il y a peu. Par ailleurs, la seconde baisse de la taxe d’habitation, qui constitue un fort gain de pouvoir d’achat, ne sera visible qu’à l’automne. Sachant que, depuis le point bas de fin 2018, la confiance des ménages se redresse nettement ces derniers mois, « on n’est pas à l’abri d’avoir de bonnes surprises », estime Julien Pouget.

Le chômage à 8,3%
Même si la croissance progresse à un rythme de 1,3% sur l’année, cela devrait rester suffisant pour faire baisser le chômage. Après 182.000 créations nettes d’emplois en 2018, l’Insee en prévoit 240.000 pour cette année. L’industrie et la construction seront les principaux pourvoyeurs d’emplois et les experts ont observé une bonne surprise du côté de l’intérim, dont l’évolution est stable alors qu’elle était attendue en baisse.

Par ailleurs, la population active (autrement dit les salariés et les chômeurs) croît à un niveau moins élevé qu’auparavant, notamment à cause du vieillissement de la population. Cela signifie qu’il y a plus de nouveaux retraités chaque année que de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. De plus de 100.000 par an, la population active ne devrait gagner que 70.000 personnes en 2019. Les créations d’emplois étant nettement supérieures à ce niveau, le chômage devrait continuer sa décrue. L’Insee table sur une baisse de 0,5 point par rapport à fin 2018, pour atteindre 8,3%.

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Des taux d’intérêt négatifs pour l’État, qu’est-ce que ça change pour vous ?

Des taux d'intérêt négatifs pour l’ÉtatLe taux d’emprunt à 10 ans de l’État français est devenu négatif durant un court instant mardi. Déjà bas, celui-ci n’a cessé de diminuer en 2019. Une bonne nouvelle pour les emprunteurs, mais pas pour les épargnants.

Imaginez : vous faites un prêt et ce n’est pas vous, mais votre banquier qui vous verse des intérêts. Cette situation rêvée, l’État français l’a connue, indirectement, pour la première fois mardi.

Le taux d’intérêt de ses emprunts à dix ans, l’OAT (Obligation assimilable du Trésor), est devenu négatif à -0,002%. Autrement dit, si un investisseur a avait prêté 10.000 euros à la France, celle-ci lui aurait remboursé sur dix ans 9999,80 euros. Le taux est rapidement remonté au-dessus de zéro. Il en reste néanmoins très proche et surtout à un niveau bien inférieur de celui de 2018 (0,8% en moyenne).

Comment est-on arrivé dans cette situation ?
Les incertitudes sur l’économie mondiale, alimentées principalement par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, augmentent les risques de pertes sur les actions et les emprunts des entreprises. Les investisseurs se tournent donc vers les dettes souveraines des pays développés, car elles sont plus sûres et permettent ainsi de compenser de possibles pertes. Deuxième économie de la zone euro, la France est un placement idéal car l’Allemagne emprunte de moins en moins et la dette italienne est de plus en plus risquée.

L’autre explication est purement réglementaire. Les professionnels ont l’obligation de proposer à leurs clients des placements financiers composés en partie de dettes d’États. À cela s’ajoute la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Ses dirigeants ont fait savoir cette semaine qu’elle allait continuer à soutenir l’économie plus longtemps que prévu, certains même ont évoqué la possibilité de remettre l’économie sous perfusion monétaire.

L’État gagnant, les emprunteurs aussi
Bien évidemment, des taux si bas sont une bonne nouvelle pour les comptes publics. Cela signifie que l’État consacrera moins d’argent à rembourser ses dettes. Mais pas seulement.

Le taux auquel emprunte l’État sert de référence pour les taux des crédits aux particuliers. Les banques n’iront pas jusqu’à prêter à des taux d’intérêt négatifs. En France, elles n’y sont pas autorisées. En revanche elles peuvent en proposer des plus avantageux, alors qu’ils sont déjà historiquement bas.

Pour les crédits à la consommation de 15.000 euros sur douze mois, le taux moyen du crédit auto est déjà de seulement 1,90% et de 1,24% pour un prêt personnel, selon le courtier MeilleurTaux.com. Pour les meilleurs dossiers, les taux peuvent tomber respectivement à 0,8% et 0,4% selon Empruntis. Quant aux taux de crédit immobilier, ils atteignent en moyenne 1,45 % sur vingt ans. Et pour les meilleurs dossier, de 0,5% à 1,1% selon la durée du prêt, d’après Vousfinancer.

Dans un environnement de taux souverains très bas, « le crédit immobilier est plus que jamais stratégique pour les banques, car c’est un moyen rentable et peu risqué de placer » leur argent frais, analyse Jérôme Robin, directeur général de Vousfinancer.

Les banques vont continuer à baisser leurs taux, notamment pour attirer les meilleurs dossiers. « Les écarts de taux entre les profils se creusent à nouveau … », constate Sandrine Allonier porte-parole de Vousfinancer. « Les banques ciblent toutes les clients haut-de-gamme, quitte à dégager une plus faible rentabilité au départ sur le crédit en raison des taux très faibles, mais avec un risque proche de zéro et un remboursement plus rapide ». Ainsi, elles récupèrent de l’argent frais plus rapidement et peuvent le placer à nouveau dans 10 à 15 ans.

Par ailleurs, attirer des clients avec des taux bas permet ensuite aux établissements de leur vendre des services bancaires, puisque ceux-ci doivent ouvrir un compte dans la banque où ils ont contracté leur prêt.

Les épargnants font triste mine
Si l’avenir semble plutôt radieux pour les emprunteurs, les choses sont bien différentes pour les épargnants. En France, l’assurance-vie est largement plébiscitée avec un encours dépassant les 1700 milliards d’euros. Une partie est investie dans les fonds « sans risque », composés en majorité de titres de dettes d’État. La baisse des taux est donc une mauvaise nouvelle, la France n’étant pas la seule à bénéficier de taux proche ou en-dessous de zéro, à l’instar de l’Allemagne et des Pays-Bas par exemple.

En revanche, les détenteurs d’un livret A n’ont rien à craindre. Son taux étant réglementé, il restera à 0,75% jusqu’au 1er février 2020, date à laquelle le nouveau mode de calcul entrera en vigueur. Et quoi qu’il en soit, la réglementation prévoit un taux plancher de 0,5%.

Dans ce contexte, les épargnants qui recherchent un placement plus rentable se tourneront, soit vers l’immobilier étant donné le faible coût de l’emprunt, soit vers l’or. L’once vaut plus de 1340 dollars, soit 4,85% de plus qu’en fin d’année dernière.

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Sondage BFMTV : 75% des Français ont une mauvaise image de Donald Trump

Donald TrumpSelon un nouveau sondage, réalisé par l’institut Elabe et diffusé ce mercredi, trois Français sur quatre ont une mauvaise opinion du président américain.

Heureusement que pour la campagne qu’il vient de lancer en vue de sa réélection, Donald Trump n’aura à convaincre que les électeurs américains. Car les Français se sont fait une idée sur son personnage, et elle lui est très défavorable. L’institut Elabe a piloté un sondage, que nous publions ce mercredi, explorant la perception que les Français ont de Donald Trump, comparant même sa cote à celles d’autres dirigeants internationaux.

Il apparaît que le président des États-Unis a une mauvaise image auprès de 75% des sondés, tandis que Vladimir Poutine ne récolte « que » 63% de retours négatifs, l’Italien Matteo Salvini 50% et Viktor Orban, le Hongrois, 40%. La chancelière allemande Angela Merkel s’en sort mieux, et même bien, car 63% des Français s’accordent pour dire qu’elle bénéficie d’une bonne image auprès d’eux. 22% des Français nourrissent en revanche une image négative à son endroit.

Si on considère l’électorat de la dernière présidentielle, c’est auprès des partisans de Marine Le Pen et de François Fillon que Donald Trump limite le mieux la casse, avec respectivement 34% et 28% de bonne image. Mais ce n’est pas la panacée pour autant : 52% des soutiens de Marine Le Pen, comme 66% de ceux de François Fillon en tirent un portrait défavorable. Donald Trump a encore mauvaise presse auprès de plus de 80% des partisans de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, ainsi que d’Emmanuel Macron. L’approche socioprofessionnelle nous apprend enfin que si le président américain obtient 25% d’image favorable auprès des cadres, ce score tombe à 16% auprès des classes moyennes et populaires.

Le bilan divise
Il faut dire que son bilan (au rang duquel on peut ranger le retrait de son pays de l’accord de Paris sur le climat, le durcissement de sa politique migratoire, l’intransigeance envers l’Iran) est reçu de manière contrastée. 43% des Français le jugent négativement, contre 32% qui l’approuvent. 25% ne se prononcent pas. En revanche, son bilan est appuyé par 56% des électeurs de Marine Le Pen et 45% de ceux de François Fillon (quand seulement 27% des soutiens de ce dernier le dénoncent).

En revanche, 75% des anciens électeurs de Benoît Hamon le rejettent, 59% des partisans du chef de l’État en font autant et 50% des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon leur emboîtent le pas (27% d’entre eux seulement la soutiennent). 44% des cadres, là encore, louent toutefois son bilan.

Emmanuel Macron « pas assez ferme »
C’est le volet protectionniste de sa politique, essentiel au mandat de Donald Trump, qui divise le plus. 49% de nos concitoyens s’y opposent, mais 36% l’approuvent. C’est chez les cadres et les classes modestes que son protectionnisme atteint son niveau de popularité le plus haut socialement, avec 42% et 41% de supporteurs. 58% des électeurs de Marine Le Pen, renforcés par 47% des anciens « fillonistes », l’endossent également. En revanche, 74% des citoyens ayant voté pour Emmanuel Macron et 67% de ceux qui avaient choisi Benoît Hamon condamnent cette option économique du président américain. L’électorat de Jean-Luc Mélenchon ne sait pas sur quel pied danser : 37% déclarent qu’ils sont favorables à ce protectionnisme quand 51% s’y disent opposés.

Le dernier point étudié par l’institut Elabe dans son enquête d’opinion concerne l’attitude d’Emmanuel Macron devant son homologue. 52% des Français ne le trouvent pas « assez ferme » avec l’Américain, tandis que 38% d’entre eux posent au contraire que son comportement est le bon.

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Comment le gouvernement veut éviter de nouvelles hausses de tarifs d’électricité

electricitéAlors que les tarifs de l’électricité ont augmenté de 5,9% en juin, et qu’une nouvelle hausse est prévue en août, le gouvernement souhaite modifier les règles pour assurer une stabilité des prix.

C’est une mesure qui devrait éviter une nouvelle flambée des prix l’année prochaine. Alors que l’examen du projet de loi Énergie et climat démarre ce mardi en commission, un amendement du gouvernement prévoit de relever le plafond du nucléaire à tarif réglementé disponible pour les concurrents d’EDF.

Ce plafond, fixé aujourd’hui à 100 térawattheures (un quart de la production d’EDF), passerait à 150 TWH. « C’est le dépassement de ce plafond qui explique en grande partie la forte hausse des prix cette année, car les fournisseurs alternatifs ont dû se fournir sur le marché, à des prix bien plus élevés », selon François Carlier, de l’association de consommateurs CLCV, qui a déposé un recours devant le conseil d’État contre cette hausse.

« Ce qu’on souhaite c’est que tous les consommateurs bénéficient du coût relativement stable de l’électricité produite par les centrales nucléaires historiques », explique François de Rugy, le ministre de la Transition écologique au journal Les Echos, « Il faut donc donner accès à un volume plus important à cette électricité à un prix stable ».

Les tarifs du nucléaire en hausse ?
Problème : EDF est évidemment très défavorable au relèvement du plafond, qui va avoir un impact conséquent sur sa rentabilité. Pour faire passer la pilule, le gouvernement envisage donc d’augmenter le prix de l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique), c’est-à-dire le tarif auquel EDF vend son nucléaire réglementé à ses concurrents.

Pour François de Rugy, « le prix est fixé à 42 euros par mégawattheure depuis plus de 7 ans. Il n’est pas illégitime de demander une réévaluation. Il y a la réalité des consommateurs et la réalité des producteurs ». Dans l’entourage du ministre, on se veut rassurant, et on assure que cette hausse interviendrait dans un second temps, dans le cadre de discussions avec la Commission européenne.

Une solution court-termiste pour les associations de consommateurs
Si les associations de consommateurs s’accordent sur l’effet positif à court terme du relèvement du plafond, elles réclament toujours une réforme de fond permettant de garantir une stabilité des prix pour les consommateurs.

Selon François Carlier, de la CLCV, « grâce au relèvement du plafond, l’an prochain, on aura une relative stabilité des prix. Mais si le tarif du nucléaire vendu par EDF passe de 42 à 46 euros par exemple, les deux effets risquent de s’annuler. Et surtout, en augmentant le prix du nucléaire, le gouvernement entre dans une logique inflationniste, le prix du nucléaire ne baissera plus, et bientôt le problème se posera de nouveau ».

Même son de cloche du côté de l’UFC-Que Choisir. Pour Cédric Musso, directeur national de l’action politique de l’association, « le gouvernement est dans une logique court-termiste. Il n’a pas pris à temps les reformes de fond (fiscalité, reforme de la méthode de calcul) avant la hausse spectaculaire de 6%.

Et aujourd’hui, si la remontée du plafond est une réponse immédiate, dont la portée est conditionnée au tarif de l’Arenh, reste la question cruciale de l’avenir.   Il faut en effet rappeler qu’en principe l’Arenh doit disparaître en 2025, et personne n’en parle ».

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Brexit : l’économie britannique en zone de turbulences

Brexit l'économie britannique en zone de turbulencesPlongée dans l’incertitude, l’économie britannique montre de sérieux signes d’essoufflement à quatre mois et demi du Brexit. Les entreprises espèrent toujours une sortie de l’Union européenne avec accord pour limiter la casse.

Le roseau plie mais ne rompt pas, du moins pas encore. À quelques mois du Brexit, les derniers signaux envoyés par l’économie britannique ne sont pas vraiment rassurants. Il faut dire que le Royaume-Uni vit depuis le référendum de 2016 avec son lot d’incertitudes, les députés étant incapables de s’accorder sur les modalités de sortie. Or c’est bien connu : incertitudes et prospérité économique vont rarement de pair.

Certes l’annonce du Brexit n’a pas conduit au désastre annoncé. L’économie britannique s’est même montrée plutôt résistante au lendemain des résultats du référendum. Mais sa capacité de résilience n’est pas infinie alors que la dégradation entamée dès 2018 se poursuit à un rythme lent et progressif. Il faut surtout rappeler que le Brexit n’a pas encore lieu, celui-ci étant programmé au 31 octobre. Autrement dit, les effets les plus dévastateurs qui pourraient survenir, surtout en cas de no deal, ne se sont pas encore manifestés.

Une croissance qui ralentit
Les derniers indicateurs témoignent en tout cas d’un essoufflement. Après une baisse de 0,1% en mars, l’activité économique du Royaume s’est contractée de 0,4% en avril, a annoncé lundi l’Office des statistiques nationales (ONS). Une baisse plus sévère que celle anticipée par le consensus d’analystes établi par Bloomberg qui tablaient sur -0,1%. Si l’on ne peut pas parler de récession -laquelle correspond à deux trimestres consécutifs de baisse du PIB- difficile de dire que ce recul relève d’un simple accident.

Pas de quoi se montrer trop alarmiste pour autant. Grâce à une consommation toujours aussi solide, la Trésor britannique prévoit une croissance du PIB de 1,4% sur 2019, soit 0,1 point de plus que les prévisions de la Banque de France pour la croissance de l’Hexagone. « Nous sommes rétifs à conclure que l’économie a fondamentalement perdu de l’élan, compte tenu des perspectives encore solides pour le revenu des ménages », souligne auprès de l’AFP Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics.

En effet, le Royaume-Uni, malgré le Brexit, est paradoxalement en situation de quasi plein emploi avec un chômage de 3,8%, au plus bas depuis les années 1970. En tension, le marché du travail encourage les hausses de salaires qui augmentent plus vite l’inflation et stimulent donc la consommation des ménages. Autre point rassurant : le pays, et notamment sa capitale, continue d’attirer les investissements étrangers à quatre mois et demi du Brexit.

Le problème, c’est que le Royaume-Uni affichait la croissance la plus forte des pays du G7 avant le référendum et qu’il se retrouve désormais plutôt dans la deuxième partie du classement des économies européennes. Le Figaro rappelle à ce titre que la Banque d’Angleterre estime à 1,5% la perte de PIB depuis 2016. Goldman Sachs parle même d’une perte de 2,5%.

Les entreprises fragilisées
Si elles ne viennent pas de la demande, les raisons de la perte de vitesse de l’économie britannique sont donc plutôt à chercher du côté l’offre. Rien d’étonnant puisque les entreprises sont les plus exposées aux incertitudes qui règnent outre-Manche. Il suffit de voir l’évolution de la production industrielle qui a accusé un repli de 2,7% en avril. Ou encore du puissant secteur des services qui, lui, a stagné.

La baisse de la production industrielle s’explique par la décision des entreprises de faire une pause dans la constitution de stocks en prévision du Brexit qui était initialement prévu fin mars. C’est d’ailleurs cette augmentation des stocks qui avait en partie soutenu la croissance en début d’année, mais ce coup de pouce n’a été que temporaire. « Le soutien des commandes passées en anticipation de la date initiale de sortie de l’UE s’est estompé », relève Rob Kent-Smith, responsable du PIB pour l’ONS.

Le secteur automobile dégringole
C’est surtout le secteur automobile qui a le plus souffert en raison de fermetures temporaires d’usines, là-encore pour faire face aux incertitudes du Brexit. Selon les chiffres de l’Association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT), la production a dégringolé de 24% sur un mois en avril et de 44,5% sur un an pour tomber à 70.971 unités. Déjà en 2018, les investissements dans ce même secteur avaient chuté de 46%.

Cette dégringolade reflète la décision prise par de nombreux constructeurs implantés au Royaume-Uni d’avancer à avril leur pause annuelle dans la production, traditionnellement prise pendant l’été. Il s’agissait pour eux de se préparer à toute perturbation liée au Brexit. Si la date de sortie de l’UE a finalement été repoussée à fin octobre compte tenu du blocage politique au Royaume-Uni, la décision a été prise trop tard pour que les industriels changent leur plan.

Ces fermetures d’usines interviennent une fois par an et ne pourront pas se répéter le 31 octobre, prévient la SMMT, observant qu’elles s’ajoutent à toute une série de mesures coûteuses, comme la constitution de stocks et la préparation à de nouvelles procédures douanières.

« Un no deal doit être écarté »
« Les chiffres du jour sont une preuve du coût énorme et du bouleversement liés aux incertitudes du Brexit qui affectent les entreprises et les travailleurs de l’industrie automobile britannique », a prévenu Mike Hawes, directeur général de la SMMT. « C’est la raison pour laquelle un ‘no deal’ doit être écarté immédiatement et de manière permanente », selon lui. La SMMT prévoit un recul de 10,5% de la production pour l’ensemble de 2019 mais estime que la baisse devrait être moindre en fin d’année si jamais le Royaume-Uni parvient à valider l’accord de Brexit.

Et le Royaume-Uni n’est pas épargné par les turbulences du commerce international. En avril, ses importations ont baissé de 14,4% sur un mois, le plus fort recul jamais enregistré depuis la création de cette statistique en 1998. De leur côté, les exportations ont chuté de 10,9%. Du jamais vu depuis 2006.

Reste à connaître les conditions dans lesquelles les Britanniques quitteront l’Union européenne. Une sortie avec accord permettra sûrement de limiter la casse tandis qu’un « no deal » risque fort de faire plonger un peu plus l’économie du Royaume-Uni.

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La suppression de la taxe d’habitation pour les ménages aisés encore reportée d’un an

taxe d'habitationPour 80% des Français, la suppression de la taxe d’habitation interviendra toujours en 2020. Mais pour les 20% de ménages les plus aisés, ce ne sera pas 2022, comme annoncé précédemment, mais en 2023.

Petit changement de programme, dans son discours de politique générale, le Premier ministre Édouard Philippe a rappelé que la taxe d’habitation sur les résidences principales serait supprimée pour l’ensemble des Français, mais avec un nouveau calendrier. Pour 80% des « Français les plus modestes (…) leur taxe sera intégralement supprimée en 2020. Pour les 20% restants, la suppression se déploiera sur trois années », a indiqué le Premier ministre.

La suppression intégrale de la taxe d’habitation pour les 20% de ménages les plus aisés interviendra en 2023. Le gouvernement, après avoir un temps promis de supprimer la taxe d’habitation pour l’ensemble des Français « au plus tard d’ici 2021 », évoquait depuis plusieurs mois comme date butoir la fin du quinquennat, soit 2022. Mais les contraintes pesant sur les finances publiques, en raison notamment des mesures annoncées face au mouvement des gilets jaunes, ont obligé l’exécutif à revoir sa copie, pour éviter une envolée du déficit public.

Ce jeudi 13 juin, Bruno Le Maire, ministre des Finances, s’est voulu rassurant au micro de Franceinfo : « La taxe d’habitation sera intégralement supprimée en 2023, et ce sera inscrit dans la loi. Nous faisons les choses progressivement ». Et il s’est justifié : « Qu’est ce qu’on n’aurait pas dit si on s’était précipité pour faire ça vite, avec un impact sur les finances publiques qui aurait été un impact très fort ».

Une mesure qui sera inscrite dans la loi
« L’engagement figurera dans le projet de loi de finances », a par ailleurs insisté le ministre, disant y voir une garantie pour le maintien de cette mesure en cas de changement de majorité présidentielle en 2022. Pour abandonner la suppression totale de la taxe d’habitation, il faudrait « défaire une loi ». « Ce n’est jamais très simple, vous savez, de revenir sur une baisse d’impôts qui a été accordée aux Français », a-t-il assuré.

Concrètement, la taxe d’habitation est déjà en cours de suppression pour 80% des ménages : 30% de la note a été effacée (même si c’est en réalité plus compliqué que cela) en 2018, 65% en 2019 et 100% en 2020. Pour les 20% les plus aisés, elle sera supprimée de la même manière en trois fois de 2021 à 2023. Pour un ménage appartenant aux 20% les plus aisés payant par exemple 1.200 euros de taxe d’habitation actuellement, si on prend l’hypothèse d’une suppression par tiers (et pour simplifier que le montant de la taxe ne bouge pas sur la période), cela signifie que ce foyer ne paiera plus que 800 euros en 2021, 400 euros en 2022 puis 0 euro en 2023.