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Le dieu Fuxi emprisonné dans la roche

le-dieu-fuxi.jpgDans la province du Hubei en Chine, se trouve une magnifique représentation de la divinité chinoise Fuxi.

Une sculpture de plusieurs centaines de mètres incrustée dans la roche.

Xiangyang est surveillée par un drôle de personnage. Sur les hauteurs de cette cité du nord-ouest de la province du Hubei, se trouve la sculpture d’une des divinités majeures de la mythologie chinoise ancienne. Il s’agit de Fuxi, dont le corps, aurait été inhumé dans cette ville de 5,8 millions d’habitants, d’après la chaîne de télé chinoise CGTN. Taillé dans la roche, son visage mesure plus de 70 mètres de haut pour 230 mètres de large.

«Fuxi passe pour un des démiurges qui façonna le monde et inventa les trigrammes divinatoires qui servent à lire l’avenir selon les plus anciens textes», nous explique Rémi Mathieu, directeur de recherche émérite au CNRS où il a fait toute sa carrière. «On lui prête d’ailleurs de multiples inventions, comme celle de la cithare, mais aussi celle des règles matrimoniales, entre autres choses.

Il est, avec son épouse Nügua et l’Empereur Jaune (Huang di), l’un des trois empereurs augustes censés avoir fondé le monde et surtout la Chine, centre du monde», poursuit M. Matthieu, qui a publié de nombreuses études sur l’Antiquité chinoise dans les domaines touchant à la mythologie, l’histoire, la poésie et la philosophie.

Meng Haoran
A quelques centaines de mètres de Fuxi, l’éminent poète de la dynastie Tang, Meng Haoran, est également incrusté dans la roche. Sa sculpture, haute de 50 mètres et large de 90 mètres, illustre son poème «Spring Dawn». On peut noter la présence de bambous et de pierres à encre.

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Des prévisions toujours plus pessimistes pour la zone euro

Zone eurosPénalisée par le contexte international, la croissance dans la zone euro devrait fortement ralentir cette année, selon les dernières projections de la BCE et de l’OCDE. Le risque de récession reste en revanche très faible.

C’est de pire en pire. Après l’OCDE mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) a, elle aussi, abaissé une nouvelle fois sa prévision de croissance pour la zone euro en 2019. Et la chute est assez vertigineuse. Après avoir prévu 1,8% dans ses projection de septembre puis 1,7% dans celles de décembre, l’institution basée à Francfort ne table désormais plus que sur 1,1% de croissance. L’OCDE est un petit peu plus pessimiste. L’Organisation prévoit 1% contre 1,8% auparavant.

Les indicateurs économiques demeurent à des niveaux faibles, notamment dans la production de biens industriels. La faute à une demande mondiale moins forte, qui réduit les débouchées des entreprises européennes à l’export, et à des problèmes intrinsèques à certains secteurs, notamment l’automobile. L’effet sur l’économie s’avère plus « durable » que prévu, soulignent les banquiers centraux européens. En conséquence, les prévisions pour les années suivantes ont également été revues à la baisse par la BCE : 1,6% de croissance en 2020 et 1,5% en 2021.

La zone euro est surtout pénalisée par l’incertitude pesant sur la confiance des acteurs économiques. Cette incertitude est nourrie par des facteurs géopolitiques, principalement l’issue toujours floue du Brexit, la menace protectionniste avec la guerre commerciale menée par les États-Unis et la vulnérabilités des marchés émergents (Chine, Inde, Brésil, Turquie…).

« La probabilité d’une récession est très faible »
Ces projections économiques sont calculées en fonction de la situation présente. L’équipe de statisticiens et d’économistes de la BCE n’ont pas pris en compte la possibilité que la Chine et les États-Unis, en guerre commerciale, trouvent finalement un compromis, pas plus qu’il n’ont envisagé un report du Brexit ou une sortie du Royaume-Uni sans accord avec l’Union européenne. Les prévisions pourraient donc changer au fur et à mesure que l’horizon s’éclaircit, pour le meilleur ou pour le pire, sur ces dossiers.

Enfin, à ce stade, les risques économiques et financiers ne sont toujours pas revus à la hausse. Autrement dit, « la probabilité d’une récession est très faible », estime le président de la BCE Mario Draghi. La zone euro est pénalisée par son environnement international mais, à l’intérieur les fondamentaux de l’économie (niveau de consommation, conditions financement, …) sont toujours à de bons niveaux.

La BCE invite néanmoins les pays de la zone euro à augmenter d’un cran la mise en œuvre des réformes structurelles, pour continuer à faire baisser le chômage et augmenter la productivité. Des éléments nécessaires pour augmenter la capacité de résistance des pays partageant l’euro, s’ils devaient être confrontés à d’éventuelles turbulences.

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Nouveau coup dur pour Justin Trudeau après la démission d’une ministre

justin trudeauUne nouvelle ministre canadienne a démissionné, après les accusations d’ingérence de Justin Trudeau et de son entourage dans une procédure judiciaire.

La crise politique sans précédent qui secoue le gouvernement canadien de Justin Trudeau s’est encore aggravée lundi avec la démission surprise d’une ministre, dans la foulée des accusations d’ingérence du Premier ministre et de son entourage dans une procédure judiciaire.

« Je me suis penchée sur les événements qui ont secoué le gouvernement fédéral ces dernières semaines et après une sérieuse réflexion, j’en ai conclu que je devais démissionner », explique Jane Philpott dans une lettre au Premier ministre libéral. Ancienne ministre de la Santé puis des affaires autochtones, elle avait été promue présidente du Conseil du Trésor, responsable du budget, lors d’un remaniement mi-janvier.

Bien que cette décision le « déçoive », Justin Trudeau a dit qu’il la « respect(ait) ». Devant des militants libéraux lundi soir à Toronto, il a assuré « prendre très au sérieux (…) les inquiétudes » suscitées par cette affaire qui, selon lui, va générer « plus de questions et de réponses dans les jours et les semaines à venir ».

Le coup est rude pour M. Trudeau alors que des élections législatives sont prévues en octobre : il s’agit de la troisième démission dans son entourage depuis que son ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a dit avoir subi des « pressions » inappropriées du Premier ministre et de son entourage pour qu’elle tente d’éviter un procès au géant du BTP SNC-Lavalin.

Mme Wilson-Raybould elle-même a quitté le gouvernement le 12 février, suivie quelques jours plus tard par le principal conseiller de M. Trudeau, Gerald Butts. Ce dernier, mis en cause par l’ancienne ministre de la Justice, doit livrer sa version des faits mercredi devant les députés.

Accusé depuis 2015 de corruption
Pour justifier sa démission, Mme Philpott, au gouvernement depuis 2015 et réputée proche de Mme Wilson-Raybould, explique n’avoir « plus confiance dans la façon dont le gouvernement a géré cette affaire et dans sa réponse à ces questions ».

Après sa démission, Mme Wilson-Raybould a accusé M. Trudeau et sa garde rapprochée d’avoir exercé sur elle des pressions assorties de « menaces voilées », pour qu’elle intervienne auprès du bureau des procureurs en faveur de SNC-Lavalin.

Le groupe québécois est accusé depuis 2015 de corruption pour avoir versé 48 millions de dollars canadiens de pots-de-vin (32 millions d’euros) à des responsables libyens du temps du dictateur Mouammar Kadhafi, entre 2001 et 2011, pour décrocher d’importants contrats dans ce pays.

Un accord hors cour entre la justice et SNC-Lavalin aurait permis à cette société, qui emploie 50 000 personnes dans le monde dont 9000 au Canada, d’échapper à une condamnation pouvant compromettre son avenir. Mme Wilson-Raybould a finalement refusé d’intervenir et un procès est toujours prévu, à une date encore indéterminée.

Une crise diplomatique avec la Chine
Le chef de l’opposition conservatrice Andrew Scheer a immédiatement fustigé « un gouvernement en plein chaos, dirigé par un Premier ministre en disgrâce ». En tête dans les derniers sondages, il a appelé les ministres du gouvernement à se poser les mêmes questions que Mme Philpott, et à en tirer les mêmes conséquences.

Lors du remaniement de la mi-janvier, Mme Wilson-Raybould avait été rétrogradée au poste de ministre des Anciens combattants. Elle s’est dite persuadée d’avoir été punie pour n’avoir pas cédé aux pressions.

« L’affaire SNC-Lavalin », comme l’a baptisée la presse canadienne, tombe d’autant plus mal pour le Premier ministre qu’il doit déjà affronter une crise diplomatique sans précédent avec la Chine depuis l’arrestation de la directrice financière du géant chinois Huawei début décembre à Vancouver.

Meng Wanzhou a été arrêtée à la demande des États-Unis, qui exigent son extradition pour violation présumée des sanctions américaines contre l’Iran. La Chine n’a cessé depuis d’appeler Ottawa à la remettre en liberté. Justin Trudeau, de son côté, n’a cessé d’invoquer l’indépendance du système judiciaire canadien, qui vient de donner son feu vert au processus d’extradition de Mme Meng.

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Tony Blair : « Je ne crois pas à un Brexit dur »

Tony Blair.jpgA un peu plus d’un mois du Brexit, l’ancien Premier ministre du Royaume-Uni Tony Blair maintient que seul un nouveau référendum permettrait d’éviter une catastrophe.

« Comment ça va à Paris ? » Ample sourire, la soixantaine fringante, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair reçoit le JDD dans son vaste bureau, ce jour-là inondé de soleil. Le siège de sa fondation, ambitieusement baptisée Institute for Global Change (son objet officiel est d’aider les pays à faire bénéficier la mondialisation au plus grand nombre), est situé au centre de Londres, dans un immeuble branché aux murs de briques et aux larges baies vitrées. Spectateur (très) engagé de l’interminable feuilleton du Brexit, il décrypte les enjeux et analyse les soubresauts actuels des deux côtés de la Manche.

Theresa May n’en finit pas de négocier le Brexit, pensez-vous toujours qu’il faudrait en sortir par un nouveau référendum ?
Oui, après bientôt trois ans de négociations, c’est toujours la confusion,  nous ne savons pas de quoi sera faite demain la relation entre le Royaume-Uni et l’Europe. Or les citoyens britanniques y voient beaucoup plus clair qu’en 2016, quand ils ont voté le Brexit. L’inquiétude monte. Notre monnaie a été dévaluée d’au moins 12%, notre croissance fléchit, nos investissements chutent. L’image de notre pays se dégrade. Avant d’entériner le divorce, la moindre des choses serait de redemander aux citoyens ce qu’ils veulent vraiment. Car l’enjeu est décisif pour l’avenir du pays.

Quelles conséquences aurait un Brexit « no deal » pour l’économie britannique ?
Ce serait une catastrophe, mais je ne pense pas qu’il y aura un Brexit dur, car la majorité des parlementaires veut aboutir à un accord, et beaucoup de ministres seraient prêts à démissionner si Theresa May tente de sortir sans accord. Cela dit, il n’y a pas que le Brexit sans accord qui serait dommageable : le Brexit tout court aussi! Car l’unité de l’Europe devient de plus en plus nécessaire à mesure que le monde change, en particulier face à l’émergence de la Chine. Dans ce siècle, il y aura trois géants : les États-Unis, la Chine et probablement l’Inde. Si les Européens veulent défendre leurs intérêts et leurs valeurs, ils doivent rester ensemble.

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Cannabis : les professionnels du chanvre regrettent un « flou juridique » en France qui « freine l’industrie »

cannabisLa loi française ne fait pas la distinction entre le chanvre « récréatif », le chanvre à usage « bien-être », et le chanvre thérapeutique, qui ne contiennent eux quasiment que du cannabidiol (CBD), une molécule aux propriétés apaisantes, non stupéfiante et légale.

Les professionnels du chanvre regrettent une législation française trop complexe sur le cannabis, ce qui freine selon eux le développement de la filière au moment où le Parlement européen vient de voter une résolution en faveur du cannabis thérapeutique.

« En France, la loi n’est pas claire, on est dans un flou juridique qui freine l’industrie du chanvre », explique Aurélien Delecroix, président du syndicat professionnel du chanvre de bien-être (SPCBE), qui assistait avec quelque 500 acteurs du secteur au congrès Cannabis Europa organisé début février à Paris.

Aurélien Delecroix prône la légalisation du cannabis thérapeutique, pour apaiser les douleurs des malades, et du cannabis « bien-être », utilisé en automédication, dans l’alimentation et les cosmétiques notamment.

La loi française ne fait pas la distinction entre le chanvre « récréatif » qui contient beaucoup de tétrahydrocannabinol (le THC, une substance psychotrope et illégale), le chanvre à usage « bien-être », et le chanvre thérapeutique, qui ne contiennent eux quasiment que du cannabidiol (CBD), une molécule aux propriétés apaisantes, non stupéfiante, et légale.

Seules la fibre et les graines peuvent être utilisées
En France, troisième producteur mondial de chanvre derrière la Chine et le Canada, l’utilisation industrielle et commerciale de la plante est très réglementée. Seules la fibre et les graines peuvent être utilisées, pas la fleur, riche en CBD, et la plante doit contenir moins de 0,2% de THC.

« On utilise les fibres de la tige dans l’automobile, dans l’éco-construction, mais on jette la fleur et la feuille, alors que le CBD pourrait être valorisé », regrette Aurélien Delecroix.

La réglementation européenne autorise la commercialisation du chanvre en utilisant la plante entière. Le 23 octobre 2018, la cour d’appel d’Aix-en-Provence, qui devait statuer sur le sort de KanaVape, pionnière de la cigarette électronique au chanvre, a saisi la Cour de justice européenne pour avis, estimant que la réglementation française pouvait ne pas être compatible avec celle de l’UE.

« Le CBD : une opportunité pour l’agriculture française »
« Cette situation est pleine d’hypocrisie », remarque Laure Bouguen. Son entreprise, Ho Karan, produit des cosmétiques à base d’huile de chanvre. « On touche les limites du ridicule. Le CBD, c’est une opportunité pour l’agriculture française », répète Jean-Baptiste Moreau, député (LREM) de la Creuse misant sur la légalisation du cannabis thérapeutique et de « bien-être » pour redynamiser son département.

« Un hectare de chanvre absorbe autant de CO2 qu’un hectare de forêt et peut apporter jusqu’à 2500 euros de rendements aux paysans, contre 300 euros pour un hectare de blé », développait-il dans une tribune au Journal du Dimanche début décembre.

En se basant sur les effets de la légalisation du chanvre « bien-être » en Suisse, le SPCBE estime que la filière pourrait « représenter jusqu’à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France d’ici quelques années ». « Il faut une harmonisation européenne, mais il faut d’abord qu’on clarifie la situation en France », ajoute Jean-Baptiste Moreau.

Des avancées sur le cannabis thérapeutique
Si, selon lui, « les mentalités progressent », la première étape reste avant tout la légalisation du cannabis thérapeutique. Au total, 21 pays de l’Union européenne autorisent déjà le cannabis à usage thérapeutique, mais pas la France. Les patients français voulant recourir au cannabis thérapeutique pour se soulager sont jusqu’à présent contraints de se fournir sur le marché illégal ou d’aller à l’étranger.

En décembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a toutefois souhaité qu’une expérimentation du cannabis thérapeutique en France puisse être mise en place avant fin 2019. Et le 13 février, le Parlement européen a voté une résolution sur la légalisation de cannabis thérapeutique. Guillaume Balas, député européen (Génération.s), co-rapporteur de la proposition de résolution, souhaite que ce vote soit un déclencheur. « J’espère que la Commission va se saisir de la question pour qu’une législation européenne existe », explique-t-il à l’AFP.

« Le cannabis thérapeutique, on sait que ça va soulager des symptômes qu’on n’arriverait pas à soulager autrement. Bien encadré, il n’y a pas de raison de bloquer », explique le professeur Nicolas Authier, du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand.

Nicolas Authier émet toutefois un peu plus de réserves sur une légalisation du cannabis « bien-être ». « Il faut rester prudent, le CBD n’est pas une molécule anodine. Si les gens y trouvent un mieux-être, pourquoi pas, mais c’est avant tout un business, ses vertus sont très peu démontrées ».

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Alstom et Siemens entament le deuil de leur projet de fusion

alstom et siemensLes constructeurs ferroviaires Alstom et Siemens ont commencé jeudi à douter publiquement du succès de leur projet de créer un « Airbus du rail », refroidis par les concessions exigées par la Commission européenne pour autoriser leur fusion.

Ces réserves formulées ouvertement, très inhabituelles pour un tel projet, interviennent au moment où le gouvernement français avertit la Commission que refuser cette opération serait « une erreur économique et une faute politique », alors que l’Europe peine à faire émerger ses champions industriels face à la Chine.

« Il n’y aura plus de concessions (…). Nous sommes devant un mur trop haut », a déclaré jeudi une source au sein de Siemens, très pessimiste sur les chances de voir aboutir les noces annoncées en fanfare en septembre 2017.

« Nous continuons à nous battre. (…) La décision de la Commission européenne est attendue d’ici le 18 février, mais aujourd’hui il n’y a pas de certitude que le contenu de cette proposition sera suffisante », a estimé de son côté le patron d’Alstom Henri Poupart-Lafarge, en marge de ses résultats trimestriels.

Ligne rouge chez Siemens
Après des semaines de spéculations, Alstom et Siemens ont rendu publics les désinvestissements proposés à la Commission européenne, qui correspondent à 4% du chiffre d’affaires de l’entité combinée.

Bruxelles, chargée de veiller à ce que le redécoupage du secteur du train en Europe n’écrase pas les plus petits groupes ou ne menace les prix, s’inquiète de la position dominante que le nouvel ensemble aurait dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Côté signalisation, les deux fiancés ont proposé de céder des activités embarquées pour Siemens (historiquement françaises, héritées de Matra) et sur voie pour Alstom (non françaises). Dans la grande vitesse, le TGV d’Alstom été écarté du deal car trop franco-français, mais Siemens refuse de nouvelles concessions.

Le groupe allemand n’a aucune objection à se séparer de ses trains à grande vitesse déjà anciens Valero et de même de sa future deuxième génération, Valero Novo. En revanche, elle ne veut pas céder son joyau stratégique, l’ensemble de brevets et licences technologiques permettant de développer les trains rapides du futur, regroupé dans une entité appelée Velaro3G System.

« D’un côté, il y a la crainte de la concurrence de Chine, de l’autre côté, il faudrait accorder à un concurrent une exclusivité de dix ans ?« , fait valoir une source chez Siemens, ajoutant qu’en ce cas Siemens-Alstom serait « totalement exclu du développement de trains à grande vitesse en Europe pendant dix ans ».

 « Mauvais signal » pour l’Europe
Interrogé sur les propos d’Alstom, un porte-parole de la Commission, contacté jeudi par l’AFP, a déclaré : « Nous n’avons pas de commentaire, notre investigation est toujours en cours ». La Commission doit annoncer sa décision le 18 février. Plusieurs autorités nationales de la concurrence de pays européens, dont l’autorité allemande, ont également fait part de leurs réserves sur la faisabilité du projet.

Combattue notamment par l’intersyndicale d’Alstom, la fusion est soutenue avec vigueur par Paris et plus discrètement par Berlin : ils veulent créer un groupe capable de rivaliser avec le géant chinois CRRC. Ce dernier a réalisé l’an dernier près de 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires quand les « trois grands » occidentaux, Bombardier Transport, Siemens Mobility et Alstom, sont autour des 8 milliards.

Mais la réalité de la « menace chinoise » fait débat. Bombardier, le grand rival canadien d’Alstom et Siemens dont les activités ferroviaires sont basées à Berlin soutient notamment que la concurrence de CRRC n’est pas si terrible.

Quant à la commissaire européenne chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, elle a publiquement exprimé ses doutes à plusieurs reprises. Si elle a exhorté mardi les autres commissaires européens à faire des efforts pour « affronter les risques évidents de la concurrence chinoise », elle a aussi défendu « le droit de la concurrence de l’UE qui encourage les bons champions européens ».

« Pour être compétitif à l’étranger, il faut que la concurrence règne à domicile », a-t-elle martelé. Mercredi, le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux avait averti qu’un rejet de cette fusion par Bruxelles serait « une erreur économique et une faute politique » aussi bien qu’un « mauvais signal envoyé aux peuples européens » sur la force de résistance européenne face à la puissance industrielle chinoise.

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Berlin et Pékin veulent renforcer la coopération financière

berlin-et-pekin.jpgL’Allemagne et la Chine veulent signer vendredi deux accords renforçant leur coopération dans le secteur financier, suivant un document du gouvernement allemand dont Reuters a pris connaissance.

Selon ce document, la Bafin, l’autorité de tutelle des marchés financiers allemands, signera un accord avec la Commission chinoise de réglementation l’assurance et de la banque (CBIRC) et un autre avec la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières.

Durant une visite de deux jours, qui débute jeudi, le ministre des Finances allemand Olaf Scholz rencontrera le vice-Premier ministre chinois Liu He et plaidera pour une plus grande ouverture du marché chinois, en particulier dans la banque et l’assurance. « Nous sommes dans les dernières étapes en vue de sceller les deux accords avec la Chine », a dit un haut fonctionnaire de Berlin. « Nous espérons que les derniers obstacles pourront être levés durant nos discussions à Pékin ».

La Chine a autorisé en novembre l’assureur allemand Allianz à établir la première holding d’assurance étrangère de Chine. Scholz tentera aussi de convaincre les Chinois de faire de l’Allemagne une place prépondérante en Europe pour les produits financiers chinois et ceux libellés en yuan, Berlin espérant profiter du Brexit pour attirer de nombreux acteurs financiers hors de Londres.

La dette internationale est un autre dossier chaud. La Chine est devenue l’un des premiers créanciers des pays émergents mais n’est pas membre du Club de Paris. « Scholz exhortera la Chine à accepter une amélioration des échanges de données avec le Club de Paris afin d’augmenter la transparence de la dette », a dit un porte-parole du ministère des Finances.