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La traversée de l’Atlantique de Greta Thunberg fait polémique

Greta ThunbergDimanche, l’équipe du voilier a assuré que les émissions de carbone liées à ce déplacement seraient compensées.

Nouvelle polémique autour de Greta Thunberg. L’adolescente est critiquée quant aux émissions de carbone du voilier à bord duquel elle réalise la traversée de l’Atlantique, et le retour dudit bateau en Europe. Dimanche, l’équipe du bateau a assuré que les émissions liées à son déplacement seraient toutes compensées.

L’adolescente suédoise, à l’origine d’un mouvement mondial en faveur du climat, est partie le 15 août avec son père à bord d’un voilier de course zéro carbone, le Malizia II, afin d’assister au sommet mondial de l’ONU à New York en évitant d’avoir recours à l’avion, moyen de transport beaucoup plus polluant.

Mais un porte-parole du navigateur allemand Boris Herrmann qui skippe le bateau avec un membre de la famille princière monégasque a indiqué au journal berlinois TAZ que plusieurs personnes, cinq en tout, prendraient l’avion pour New York afin de ramener le bateau pour l’Europe après la traversée de Greta Thunberg, et que Boris Herrmann rentrerait aussi par les airs.

Un trajet plus polluant que l’avion ?
Le quotidien allemand en a déduit que le trajet des Thunberg en bateau serait au final plus polluant que s’ils avaient pris l’avion, six billets d’avion devant être achetés selon ce cas de figure d’après le média, contre simplement deux pour Greta Thunberg et son père, sans que ne soit posée la question du retour. Une conclusion, qui ne tient pas compte du cinéaste accompagnant la militante écologiste et son père, largement reprise sur les réseaux sociaux, où la jeune égérie compte de nombreux détracteurs.

« Nous avons planifié ce voyage à New York à la dernière minute, et en conséquence deux personnes devront se rendre en avion à New York pour ramener le bateau », a corrigé auprès de l’AFP Holly Cova, responsable de l’équipe Malizia, dans une déclaration transmise par l’entourage de Greta Thunberg.

« En tout, ce sont quatre membres d’équipage qui ramèneront le bateau. Ce sont des décisions logistiques qui ont été prises uniquement par l’équipe du Malizia », a-t-elle indiqué, précisant que « tous les vols de l’équipe sont compensés » même si « nous reconnaissons que cette solution est imparfaite ».

Avec ce nouveau compte, c’est au minimum trois billets d’avions qui doivent être achetés. Problème, croit savoir Die Welt, Pierre Casiraghi aurait également des obligations en Europe et rentrerait à son tour en avion. Pour parfaire ce calcul, deux des quatre personnes qui ramèneront le voilier en Europe se trouvent déjà aux États-Unis. Se pose alors la question de leur voyage initial, comme le fait remarquer France Info, ou de comment elles rentreront chez elles si elles sont résidentes américaines. Ce qui pour l’heure n’a pas été précisé, et qui pourrait in fine alourdir encore un peu plus l’empreinte carbone en question.

« Compenser ces émissions, c’est mieux que de ne rien faire »
« Le monde n’a pas encore trouvé le moyen de traverser un océan sans laisser d’empreinte carbone », a ajouté Holly Cova. « Nous pensons que compenser ses émissions, c’est mieux que de ne rien faire et espérons que ce voyage avec lequel nous accompagnons Greta permettra une prise de conscience sur cet important sujet. »

Sur la manière employée pour « compenser » les émissions pointées du doigt, aucun détail supplémentaire n’a été livré.  Avant le sommet de l’ONU le 23 septembre, Greta Thunberg, qui a pris une année sabbatique, participera à de nombreuses rencontres sur le climat. Elle a également prévu de se rendre au Canada, au Mexique et au Chili pour une autre conférence de l’ONU en décembre. « Je ne sais pas encore comment je vais rentrer à la maison », a-t-elle dit.

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Pour réduire le réchauffement climatique, le GIEC préconise un changement d’alimentation

consoL’agriculture, la sylviculture et les autres usages de la terre, comme l’élevage, représentent 23% du total des émissions de gaz a effet de serre soulignent les experts.

Après avoir été approuvé mercredi par les 195 délégations des pays membres au terme d’une session marathon à Genève, le rapport des experts du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a été rendu public ce jeudi.

Depuis vendredi, l’ensemble des délégations étaient réunies pour examiner ce rapport spécial des experts de l’ONU pour le climat consacré au « changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres. »

Un système alimentaire qui pèse lourd
Dans le rapport, dont la rédaction a été initiée en 2016, plusieurs facettes ont été étudiées. Dans le viseur, le système alimentaire mondial, ses limites et l’évolution des régimes alimentaires. Est notamment mise en cause la consommation croissante de viande, qui influe inévitablement sur la modification de l’usage des terres joue sur le climat.

Notre système alimentaire actuel pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture, la sylviculture et les autres usages de la terre, comme l’élevage, représentent 23% du total des émissions.

Elles sont encore plus importantes en prenant en compte la totalité du système alimentaire et devraient augmenter à l’avenir, « tirées par la croissance démographique, des revenus et les changements de régime alimentaire ».

Les habitudes alimentaires ont évolué au cours des derniers 50 ans : l’approvisionnement en viande par habitant a plus que doublé en moyenne depuis 1961, alors même que 820 millions de personnes souffrent de la faim. Dans le même temps, deux milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses et « 25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée ».

« Systèmes résilients » et « durables »
Ainsi, plusieurs changements dans les modes de consommation seront nécessaires et peuvent être orientés par des choix politiques, selon le GIEC.

« Des régimes équilibrés reposant sur des aliments à base de plantes, tels que ceux basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et légumes, les fruits à coque et les graines et des aliments d’origine animale produits dans des systèmes résilients, durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre présentent d’importantes opportunités », souligne le rapport, qui encourage aussi la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Ce texte rappelle aussi la nécessité, déjà mise en avant dans le précédent rapport du GIEC, de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter « des pertes irréversibles » au sein des écosystèmes nécessaires pour la nourriture, la santé et l’habitat des humains.

Depuis la période pré-industrielle, la température moyenne mondiale sur les surfaces émergées a progressé de 1,53°C, martèle le rapport.

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Des risques de pénurie d’eau au Luxembourg ?

Des risques de pénurie d'eau au LuxembourgPrès d’un quart de la population mondiale, vivant dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave, proche du «jour zéro» lors duquel plus aucune eau ne sortira du robinet, selon un rapport rendu public mardi.

La carte établie par l’Institut World resources (WRI) mesure les risques de pénurie en eau, de sécheresse et d’inondations fluviales. «L’agriculture, l’industrie et les municipalités absorbent 80% de la surface disponible et des eaux souterraines lors d’une année moyenne» dans les 17 pays concernés, principalement situés au Moyen-Orient et dans le nord de l’Afrique, a écrit l’institut.

Ceux-ci sont le Qatar, Israël, le Liban, l’Iran, la Jordanie, la Libye, le Koweït, l’Arabie saoudite, l’Érythrée, les Émirats arabes unis, Saint-Marin, Bahreïn, le Pakistan, le Turkménistan, Oman, le Botswana et l’Inde, deuxième pays le plus peuplé du monde.

Risque «moyennement» élevé au Luxembourg
«La pénurie en eau est la plus grande crise, dont personne ne parle. Ses conséquences prennent la forme d’insécurité alimentaire, de conflit, de migration et d’instabilité financière», a indiqué le PDG de l’institut, Andrew Steer.

«Lorsque la demande rivalise avec les réserves, même de petits épisodes de sécheresse qui vont augmenter avec le changement climatique  peuvent provoquer de terribles conséquences», comme les récentes crises au Cap, Sao Paulo ou Chennai, détaille l’institut.

Vingt-sept autres pays figurent sur la liste des pays présentant une «pénurie hydrique élevée». Parmi eux figurent plusieurs pays européens comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou la Grèce, mais aussi la Belgique.

Quant au Luxembourg, il figure dans la catégorie juste en dessous avec un risque «moyennement élevé». Pas de quoi être totalement à l’abri non-plus.

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La canicule revient dès lundi en france

caniculeTrois semaines après la canicule exceptionnelle de la fin du mois de juin, un nouvel épisode de fortes chaleurs est attendu à partir de lundi 22 juillet, alerte Météo France.

Les températures maximales dépasseront alors souvent la barre des 35°C pour ne descendre que rarement en dessous de 20°C la nuit.

Canicule, acte II, avec l’extension de l’anticyclone des Açores en direction de la France à partir du début de semaine, un flux de sud-ouest va se mettre en place. En conséquence, une masse d’air très chaud va envahir le pays depuis la péninsule ibérique. Sans atteindre les valeurs records de la fin du mois de juin, les températures afficheront des valeurs supérieures jusqu’à 10°C en moyenne aux normales de saison. Cette fois-ci, le nord et le nord-est ne seront pas épargnés avec des pointes proches de 40°C également pour ces régions. LCI fait le point sur l’évolution des prochains jours.

Début de la canicule lundi, généralisation mardi
Fin des orages, début de la canicule. Voilà comment peut être résumée cette journée de lundi avec la mise en place de cette période très ensoleillée et surtout extrêmement chaude. Les premiers 35°C (seuil des très fortes chaleurs) seront atteints ou dépassés du sud-ouest aux régions centrales avec 35°C attendus à Limoges, Tarbes, Nîmes, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Bourges ou encore Tours, 36°C à Angoulême, 37°C à Montélimar et Auch et jusqu’à 38°C à Bordeaux, Agen, Toulouse et Montauban. La nuit suivante, il ne fera pas moins de 20 à 23°C en Nouvelle-Aquitaine.

Mardi, l’épisode caniculaire va se généraliser avec plus de 35°C cette fois-ci dans une large moitié ouest, en exceptant l’ouest de la Bretagne et le Cotentin ainsi que dans le centre et le centre-est. Il fera jusqu’à 38°C à Paris et Lyon, 39°C à Rennes, Nantes, Limoges et Nevers. La barre des 40°C sera atteinte à Angers, Bourges, Poitiers, Bergerac, Avignon et Toulouse et même dépassée à Bordeaux avec 41°C. Des pointes à 42 voire 43°C seront localement possibles dans le sud-ouest. Durant la nuit de mardi à mercredi, de plus en plus de grandes agglomérations ne verront pas le thermomètre descendre en dessous de 20°C aux heures les moins chaudes.

meteo

Mercredi et jeudi, journées les plus chaudes de l’épisode
La canicule continuera de progresser en milieu de semaine pour atteindre les régions de l’est et du nord-est. Ainsi, les journées de mercredi et de jeudi seront les plus chaudes de l’épisode au niveau national. Les 35°C seront alors dépassés dans la plupart des régions, exceptions faites des zones littorales et de montagne. Mercredi, les 40°C pourront être approchés des Pyrénées jusqu’à l’Île-de-France. La nuit suivante, l’atmosphère restera étouffante avec des thermomètres qui ne descendront pas en dessous de 25°C dans le sud-ouest, le centre et en région parisienne.

Jeudi, c’est dans une zone centrale autour de Paris, Troyes ou encore Orléans qu’il fera le plus chaud avec ponctuellement plus de 40°C. Des records pour un mois de juillet pourraient ainsi être battus. Dans le même temps, il commencera à faire un peu moins chaud près de l’Atlantique avec des maximales ne dépassant plus 30 à 34°C à l’ombre.

Plus respirable à partir de vendredi
Selon les derniers scénarios, la fin de la canicule se confirme pour la fin de semaine avec l’arrivée d’une dégradation orageuse qui fera baisser fortement les températures vendredi dans les régions du nord, du centre et du sud-ouest. Plus à l’est, il faudra patienter jusqu’à samedi pour retrouver des températures ne dépassant plus les 30°C l’après-midi. En revanche, et comme lors de la précédente canicule du mois de juin, ces températures extrêmes devraient persister encore quelques jours dans les régions du sud-est et notamment dans l’arrière-pays méditerranéen.

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Canicule aux États-Unis : New York en état d’alerte, 150 millions de personnes touchées

canicule etat unisUne vague de chaleur exceptionnelle touche le centre et l’est des États-Unis. Les températures ont dépassé les 40 degrés et la ville de New York est en état d’alerte pour tout le week-end du 20 juillet 2019.

Près de 150 millions d’Américains suffoquent. Une vague de chaleur exceptionnelle touche ce week-end le centre et l’est des États-Unis. À New York, où les températures ont déjà atteint 42°C, le maire Bill de Blasio a déclaré l’état d’alerte et a averti que « la journée de samedi va être vraiment, vraiment pénible et ce, jusqu’à dimanche ».

La température à l’ombre devrait dépasser 38°C à Washington et dans la Grosse pomme, où 500 centres ont été ouverts pour que les habitants puissent se rafraîchir, et où les piscines ont été exceptionnellement ouvertes. « Prenez soin de vous, ne vous exposez pas à la chaleur si cela n’est pas nécessaire.  C’est du sérieux », a ajouté le maire de New York.

La crainte d’un black out électrique
Cette vague de chaleur, la plus forte depuis sept ans selon l’édile, va toucher 150 millions de personnes habitant du Midwest à la côte Est américaine. Dans certains endroits, la température ressentie devrait atteindre 45°C et s’accompagner d’un fort taux d’humidité.

En raison de cette canicule, le triathlon de New York a été annulé. Les autorités de la ville ont également demandé à ce que l’air conditionné des bâtiments soit réglé à 25°C afin de réguler la demande d’électricité pour éviter un black out.

32°C en Alaska
Cette vague de chaleur intervient alors qu’à plusieurs milliers de kilomètres de là, l’Alaska connaît aussi des températures anormalement élevées. Dans cet état à cheval sur le cercle polaire arctique, un nouveau record absolu de température a été enregistré 32°C à Anchorage dans la semaine. Selon les scientifiques, le réchauffement climatique est deux fois plus rapide en Alaska que la moyenne mondiale.

32°C dans le sud de l’Alaska : le record de chaleur battu
Au niveau mondial, le mois de juin 2019 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés, notamment en raison d’une canicule exceptionnelle en Europe, selon les données du service européen Copernicus sur le changement climatique.

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Réchauffement climatique : tempéré, méditerranéen ou continental, le climat va-t-il changer en France ?

caniculeCanicule, réchauffement généralisé, inondations et précipitations, les épisodes extrêmes se succèdent dans le pays. Le climat tempéré français est-il appelé à se diluer et se transformer ?  Un climatologue de Météo France nous répond.

Des canicules de plus en plus fréquentes, des hivers moins froids mais parfois traversés d’épisodes extrêmes, le dérèglement climatique change en profondeur l’atmosphère française. Si le phénomène travaille le monde, et notre pays, depuis des décennies, il est désormais indubitable, au point de défigurer notre climat et de nous forcer à le redéfinir ?

Les cours de géographie l’apprennent aux jeunes Français de génération en génération : la France est dominée par un climat tempéré, porté par le régime océanique de l’Ouest, mâtiné au Sud d’un temps méditerranéen, et mordu à l’Est par l’air continental. C’est donc la question d’une possible fin, à petit feu, de notre climat tempéré qui se pose. David Salas y Melia, climatologue à Météo France, nous aide à y voir plus clair.

Définitions complexes
Selon lui, l’équation climatique ne se présente pas tout à fait en ces termes, en raison notamment de la complexité des définitions. « Qu’est-ce qu’un climat tempéré ?  C’est compliqué, il existe pas mal de réponses », pose-t-il en préambule. La principale se construit par la négative: est tempéré, ce qui n’est ni tropical, ni polaire. « Même en 2100, et peu importe le scénario, on sera toujours dans un climat tempéré en France. Car le climat ne sera bien entendu pas devenu polaire et le climat tropical connaît des températures d’au moins 18°C aux périodes les plus froides », fait-il valoir auprès de BFMTV.com.

Sans en arriver à ce stade, des changements atmosphériques plus nuancés mais également très significatifs pourraient peut-être transformer le fond de l’air tempéré océanique français. Mais là encore, David Salas y Melia pointe les limites d’une telle perspective.

« On peut imaginer une extension du climat continental, mais ce climat se définit par un hiver relativement froid. Or, on ne va pas vers ça », remarque-t-il. Un élargissement de la zone méditerranéenne ne lui paraît pas plus pertinent. « On peut définir le climat méditerranéen par le taux d’ensoleillement. Il faut au moins 2500 heures d’ensoleillement par an. Mais on devrait au contraire continuer à avoir des hivers relativement gris. Peut-être que la végétation méditerranéenne va investir des régions où elle n’est pas présente jusqu’à présent, mais ça ne veut pas dire que le climat serait méditerranéen ».

Des tendances de plus en plus marquées
D’autant que le Midi n’est pas exempt de bouleversements. C’est même dans le Sud qu’ils ont été les plus marqués, qu’on se souviennent des récentes inondations dans l’Aude ou de la neige sur les plages de Biarritz à la fin du mois de février 2018.

« Il semble qu’il y ait une augmentation de l’intensité des précipitations dans le pourtour méditerranéen, mais ça n’exclut pas une réduction des cumuls de pluie annuels. On peut avoir la double peine » poursuit David Salas y Melia.

Loin de la typologie du climat à laquelle la France pourrait être astreinte à l’avenir, le chercheur préconise de s’en tenir aux faits observés pour tracer, avec plus de précision, les grandes tendances des décennies se profilant devant nous. Il les esquisse, peignant des « vagues de froid moins fréquentes, avec des épisodes extrêmes qui vont se réchauffer, des vagues de chaud qui vont se réchauffer mais de façon moindre, et une baisse des précipitations ».  Autant de schémas que les Français connaissent déjà de mieux en mieux.

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10 mai : le jour du dépassement pour les Européens en 2019

10 mai le jour du dépassement pour les Européens en 2019A partir de ce 10 mai, les 512 millions d’habitants de l’Union européenne vivent à crédit. Ils ont en effet absorbé la totalité de ce que peut produire la Terre en nourriture, fibres et matériaux.

Pour la première fois, le WWF et l’organisme Global Footprint Network ont calculé le poids écologique des 28 États de l’Union européenne et l’ont traduit dans un « jour de dépassement », date à partir de laquelle la consommation des hommes excède la capacité de la Terre à fournir durablement de quoi se nourrir (agriculture et élevage), se vêtir (laine, coton, lin), se protéger dans un habitat sûr (ciment, acier, verre, bois). Ce 10 mai 2019, la production annuelle a donc été consommée. L’homme tape dans le capital.

Concrètement, les prélèvements de la pêche excèdent les capacités de reproduction des poissons, les besoins en viande animale et en plantes provoquent la destruction de forêts et de milieux naturels, l’activité économique génère du carbone en excès dans l’atmosphère ce qui signifie que ce 10 mai, pour éviter de faire grimper les températures mondiales, les 28 Etats membres devraient cesser toute utilisation de pétrole, de gaz et de charbon jusqu’à la fin de l’année. Le  » jour du dépassement  » de la planète entière interviendra début août.

Le mode de vie des habitants des pays développés excède les capacités de la planète
La démarche de Global Footprint consiste à traduire également cette surconsommation non durable en une surface de la planète nécessaire pour répondre aux besoins humains. Ainsi, le mode de vie des Européens nécessite actuellement les capacités de production de 2,8 Terres. Traduit en surface, cela représente 2,3 milliards d’hectares alors qu’on ne devrait pas dépasser le milliard d’hectares. Les Européens usent 20% de la production biologique de la planète alors qu’ils ne représentent que 7% de la population mondiale. L’Union est ainsi le troisième « occupant de surface » derrière la Chine et les États-Unis, un classement qu’il faut corriger par le nombre d’habitants. Avec 1,4 milliard de ressortissants, la Chine a ainsi l’empreinte écologique la plus forte mais son « jour de dépassement » est prévu pour le 14 juin. Les 330 millions d’États-uniens vivent, eux, à crédit depuis le 15 mars.

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Les jours de dépassement dans le monde. Les disparités sont immenses entre le Luxembourg et son jour de dépassement le 15 février et le Niger qui l’atteindra le 25 décembre. © Global Footprint Network

Au sein de l’Union européenne, les situations sont très diverses. Plus gros pollueur du continent, le Luxembourg est largement en tête du classement, notamment, estime le WWF, du fait des subventions qui font du Duché l’endroit d’Europe où l’essence est la moins chère (ce qui incite les habitants des régions voisines à venir y faire le plein) et les cylindrées des automobiles les plus grosses. L’Estonie est seconde du fait de l’exploitation de ses forêts. La France, en situation médiane, bénéficie à ce jour d’une électricité plus décarbonée du fait du parc nucléaire et d’un vaste massif forestier sous-exploité. Sans surprise, on trouve en queue de classement les États membres les plus pauvres, Bulgarie et Roumanie.

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Le classement des pays européens. Le Luxembourg est largement en tête. La France est 19ème sur 28. © Global Footprint network

Les solutions existent, il suffit de les appliquer
En moyenne, chaque Européen a besoin de 1,6 hectare pour satisfaire son actuel niveau de vie. Le continent a commencé à voir son empreinte globale devenir négative au début des années 1960. Elle a fortement augmenté jusqu’au milieu des années 2000 avec un record en 2007 avec jour du dépassement au 23 avril. La crise économique de 2008-2009 ainsi que plus marginalement l’essor des politiques de lutte contre le réchauffement climatique, ont permis de réduire l’impact de l’activité humaine sur la nature. Mais il existe aussi des contingences climatiques qui peuvent expliquer de fortes variations. Ainsi le jour du dépassement de la France qui interviendra le 15 mai prochain s’est amélioré de 10 jours par rapport aux années précédentes. Mais l’explication n’est pas à mettre au crédit des politiques de transition énergétique. Il s’agit plutôt d’un rattrapage après des années 2016 et 2017 très mauvaises pour l’agriculture et l’élevage où inondations et météo défavorable ont alourdi l’empreinte de ces secteurs.

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L’évolution des jours du dépassement depuis 1961 en Europe. © Global Footprint Network

Le WWF n’a évidemment pas perdu de vue que ce jour de dépassement européen intervient deux semaines avant les élections européennes du 26 mai. L’ONG rappelle en effet que toutes les solutions techniques, politiques et sociales sont disponibles et qu’il revient aux gouvernants de les mettre en œuvre. « Les élections européennes sont une occasion unique pour faire savoir à nos représentants élus que nous leur faisons confiance pour qu’ils montrent la voie de notre protection et de celle de la planète en renforçant les politiques environnementales et en appliquant les engagements de l’accord de Paris », conclut ainsi Ester Asin, directrice du bureau des politiques européennes du WWF.