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A quoi s’attendre après la démission du chef du gouvernement en Italie ?

italieL’Italie se retrouve sans gouvernement et dans l’incertitude après la démission du Premier ministre Giuseppe Conte, ce mardi. La coalition populiste de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 Étoiles vole en éclat après 14 mois de cohabitation.

En annonçant son intention d’aller « voir le président de la République pour lui présenter sa démission ce mardi, Giuseppe Conte a fait éclater le 65e gouvernement de la République italienne, né en juin 2018. L’Italie se retrouve ainsi sans gouvernement, ce qui ouvre la voie à plusieurs jours de consultations afin de former un nouveau gouvernement.

Lors de cette annonce, Giuseppe Conte a lancé un virulent réquisitoire contre Matteo Salvini. Dans son discours à charge, Giuseppe Conte a qualifié le vice-président du conseil italien et ministre de l’Intérieur d' »irresponsable », et l’a accusé de faire « courir de graves risques au pays ». Conte a enfin dénoncé l’appel Salvini à ce qu’on lui donne « les pleins pouvoirs », une expression rappelant le régime fasciste de Mussolini, se disant également « préoccupé » de voir le leader des souverainistes appeler ses partisans à « descendre dans la rue » pour le soutenir.

Sergio Mattarella aux manettes
Plusieurs hypothèses se dessinent désormais. Des pourparlers vont devoir débuter entre les différentes positions politiques parmi lesquelles le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate, en vue de former une nouvelle coalition.

Le président de la République, Sergio Mattarella, est désormais l’homme de la situation. C’est lui qui va devoir lancer des consultations pour explorer la possibilité d’une nouvelle majorité, puisqu’il est chargé de vérifier la viabilité de toute nouvelle coalition gouvernementale. S’il juge qu’aucune majorité solide n’existe pour gouverner, il pourrait décider de convoquer rapidement de nouvelles élections législatives.

Vers un second gouvernement Conte ?
L’un des scénarios envisageables est que le chef de l’État demande à Giuseppe Conte de rester à la tête du pays pour piloter un gouvernement de transition. D’autant que dans la presse italienne, beaucoup d’observateurs estiment que le président du Conseil sort grandi de cette crise. Mardi, celui-ci a été accueilli au Sénat par une banderole : « Conte l’Italie t’aime ». Dans une lettre ouverte publiée ce mardi, le chef du M5S Luigi di Maio, l’a même qualifié de « serviteur de la Nation dont l’Italie ne peut pas se passer ».

Si cela venait à se concrétiser, Giuseppe Conte pourrait mener un gouvernement « Conte bis », et ainsi avancer dans l’élaboration du budget pour 2020. Cela pourrait permettre d’éviter une hausse automatique de la TVA prévue l’an prochain si rien n’est fait avant pour combler un trou de 23 milliards dans les caisses de l’État. Cela donnerait le temps au Parti démocrate et au Mouvement 5 Étoiles (M5S) de s’entendre sur un pacte pour « un gouvernement fort et de renouvellement dans son programme », selon les termes du chef du Parti Démocrate Nicola Zingaretti.

L’idée d’une alliance PD-M5S est venue, par surprise, de l’ancien chef de gouvernement Matteo Renzi, toujours poids lourd du PD, qui a proposé à ses anciens ennemis du M5S une réconciliation et un gouvernement « institutionnel ». Pour amadouer certains dirigeants Cinq Étoiles encore réticents, Matteo Renzi a assuré lors du débat parlementaire qu’il « ne ferait pas partie » d’une telle majorité, laissant entendre que le Parti Démocrate pourrait appuyer au parlement un gouvernement entièrement formé de ministres M5S, sans exiger de fauteuils.

L’avènement d’une coalition pro-européenne ?
L’autre piste que pourrait emprunter Sergio Mattarella lui a été soufflée par l’ancien Premier ministre et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi. Celui-ci a proposé un gouvernement pro-européen baptisé « Ursula », du nom de la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. Romano Prodi, toujours très écouté, imagine une alliance gauche-droite pour que l’Italie revienne au premier plan en Europe.

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Succession de Juncker : impasse dans les négociations pour trouver le candidat idéal

JunckerLes délicates négociations engagées au sommet européen pour trouver une personnalité acceptable pour la présidence de la Commission semblaient dans l’impasse jeudi, car aucun des prétendants en lice ne fait consensus.

Le président du Conseil Donald Tusk, mandaté pour trouver un accord entre les chefs d’États et le Parlement, a refroidi les maigres espoirs de parvenir à une solution au cours de cette réunion. « Hier j’étais prudemment optimiste. Aujourd’hui je suis davantage prudent qu’optimiste », a-t-il dit dans un tweet, où on le voit dialoguer avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.

M. Tusk a fait cette déclaration pessimiste après son entretien avec les deux dirigeants, a-t-on souligné dans son entourage. Le sommet s’est ouvert avec un développement majeur : les chefs des groupes Socialiste et centriste Renew Europe au Parlement européen ont annoncé jeudi matin au prétendant du PPE, l’Allemand Manfred Weber, qu’ils ne soutiendraient pas sa candidature en cas de vote, signifiant la fin de ses espoirs de présider la Commission européenne, ont indiqué à l’AFP le président du groupe des Verts Philippe Lamberts et des représentants du groupe PPE.

M. Macron, opposé à la nomination de Manfred Weber, s’est dit satisfait de ce lâchage. Mais Mme Merkel a refusé de le donner pour acquis. Elle a réaffirmé son soutien au système des « Spitzenkandidaten » désignés par chaque famille politique pour prétendre à la présidence de la Commission européenne et laissé entendre qu’aucune décision ne serait prise sur les nominations au cours du sommet.

Le PPE a décidé de maintenir la candidature de Manfred Weber, ont expliqué ses dirigeants à l’AFP. « Manfred Weber n’est pas mort, j’ai déjeuné avec lui », a lancé, caustique, le président du Parlement, l’Italien Antonio Tajani, membre du PPE.

Les deux autres prétendants sont le Néerlandais Frans Timmermans pour les Socialistes et la Danoise Margrethe Vestager pour les Libéraux-centristes de Renew Europe. L’élu, qui succèdera le 1er novembre au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, devra obtenir le soutien de 21 des 28 dirigeants européens et rallier une majorité d’au moins 376 voix au Parlement.

Un coup de Paris et Madrid
« La personne capable de réunir cette double majorité n’est pas encore connue », a confié un diplomate européen. Un accord se dessine pour la répartition des quatre postes de pouvoir. Le PPE, premier groupe au Parlement, revendique la présidence de la Commission européenne, et cette exigence n’est pas contestée mais il faudra un autre candidat que Manfred Weber, ont indiqué à l’AFP trois responsables.

Les Libéraux veulent la présidence du Conseil européen et les Socialistes obtiendraient le poste de chef de la diplomatie européenne et se partageraient les cinq années du mandat de présidence du Parlement avec les Verts, à raison de deux ans et demi chacun.

Restent à trouver les noms pour chacune des fonctions. Le Premier ministre libéral du Luxembourg Xavier Bettel a déclaré ne pas être candidat. Le Belge Charles Michel, cité pour la présidence du Conseil, n’a pas fait de déclarations.

L’accord devra respecter des exigences de parité et d’équilibre géographiques. Donald Tusk s’est engagé à faire nommer deux femmes. Plusieurs autres sujets difficiles ont été inscrits à l’ordre du jour de ce sommet. Des discussions animées sont notamment attendues sur l’objectif de neutralité carbone, un équilibre entre les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre par les sols et les forêts  à l’horizon 2050.

Dans un projet de conclusions vu par l’AFP, cette date, réclamée par les défenseurs de l’environnement comme gage de bonne volonté politique après la forte progression du vote Verts aux européennes, apparaît, mais sous la forme d’une requête et non d’un engagement. Les dirigeants demandent aux ministres et à la Commission de travailler sur « les conditions, les incitations et le cadre à mettre en place, afin de déterminer comment assurer une transition d’ici 2050 » vers cette « neutralité climatique ».

L’Allemagne, qui a mis un peu de temps à se déclarer publiquement, a finalement rejoint le clan de ceux qui soutiennent 2050. « Je peux expressément soutenir cet objectif pour l’Allemagne », a déclaré la chancelière Angela Merkel.

Mais le sommet court à l’échec si les dirigeants européens s’écharpent pendant leurs discussion sur les nominations lors du dîner. Les prises de positions de la chancelière et des autres dirigeants du PPE montraient une irritation contre le mauvais coup porté contre leur prétendant.

« La prise de position des chefs des groupes Libéraux et Socialiste a été prise à Paris et à Madrid », accusaient jeudi les représentants de la famille PPE. En cas d’échec sur les noms jeudi, un sommet extraordinaire est envisagé le 1er juillet, à la veille de la session inaugurale du nouveau Parlement au cours de laquelle il doit élire son président.

« Il faut trouver rapidement un accord car nous devons avoir une Commission européenne opérationnelle pour gérer le Brexit, surtout si Boris Johnson devient Premier ministre du Royaume-Uni », a insisté un diplomate de haut rang.

Les discussions pourraient se poursuivre en marge du sommet du G20 à Osaka vendredi et samedi, où six dirigeants européens seront présents, a estimé un responsable européen.

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Comment le gouvernement veut éviter de nouvelles hausses de tarifs d’électricité

electricitéAlors que les tarifs de l’électricité ont augmenté de 5,9% en juin, et qu’une nouvelle hausse est prévue en août, le gouvernement souhaite modifier les règles pour assurer une stabilité des prix.

C’est une mesure qui devrait éviter une nouvelle flambée des prix l’année prochaine. Alors que l’examen du projet de loi Énergie et climat démarre ce mardi en commission, un amendement du gouvernement prévoit de relever le plafond du nucléaire à tarif réglementé disponible pour les concurrents d’EDF.

Ce plafond, fixé aujourd’hui à 100 térawattheures (un quart de la production d’EDF), passerait à 150 TWH. « C’est le dépassement de ce plafond qui explique en grande partie la forte hausse des prix cette année, car les fournisseurs alternatifs ont dû se fournir sur le marché, à des prix bien plus élevés », selon François Carlier, de l’association de consommateurs CLCV, qui a déposé un recours devant le conseil d’État contre cette hausse.

« Ce qu’on souhaite c’est que tous les consommateurs bénéficient du coût relativement stable de l’électricité produite par les centrales nucléaires historiques », explique François de Rugy, le ministre de la Transition écologique au journal Les Echos, « Il faut donc donner accès à un volume plus important à cette électricité à un prix stable ».

Les tarifs du nucléaire en hausse ?
Problème : EDF est évidemment très défavorable au relèvement du plafond, qui va avoir un impact conséquent sur sa rentabilité. Pour faire passer la pilule, le gouvernement envisage donc d’augmenter le prix de l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique), c’est-à-dire le tarif auquel EDF vend son nucléaire réglementé à ses concurrents.

Pour François de Rugy, « le prix est fixé à 42 euros par mégawattheure depuis plus de 7 ans. Il n’est pas illégitime de demander une réévaluation. Il y a la réalité des consommateurs et la réalité des producteurs ». Dans l’entourage du ministre, on se veut rassurant, et on assure que cette hausse interviendrait dans un second temps, dans le cadre de discussions avec la Commission européenne.

Une solution court-termiste pour les associations de consommateurs
Si les associations de consommateurs s’accordent sur l’effet positif à court terme du relèvement du plafond, elles réclament toujours une réforme de fond permettant de garantir une stabilité des prix pour les consommateurs.

Selon François Carlier, de la CLCV, « grâce au relèvement du plafond, l’an prochain, on aura une relative stabilité des prix. Mais si le tarif du nucléaire vendu par EDF passe de 42 à 46 euros par exemple, les deux effets risquent de s’annuler. Et surtout, en augmentant le prix du nucléaire, le gouvernement entre dans une logique inflationniste, le prix du nucléaire ne baissera plus, et bientôt le problème se posera de nouveau ».

Même son de cloche du côté de l’UFC-Que Choisir. Pour Cédric Musso, directeur national de l’action politique de l’association, « le gouvernement est dans une logique court-termiste. Il n’a pas pris à temps les reformes de fond (fiscalité, reforme de la méthode de calcul) avant la hausse spectaculaire de 6%.

Et aujourd’hui, si la remontée du plafond est une réponse immédiate, dont la portée est conditionnée au tarif de l’Arenh, reste la question cruciale de l’avenir.   Il faut en effet rappeler qu’en principe l’Arenh doit disparaître en 2025, et personne n’en parle ».

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Google de nouveau attaqué pour abus de position dominante

GoogleIdealo, le comparateur de prix du géant Axel Springer, a décidé d’intenter un procès à Google en Allemagne. Il réclame un demi-milliard d’euros de dommages et intérêts au géant américain pour abus de position dominante.

Une autre amende pourrait bientôt s’ajouter à celle de presque 3 milliards d’euros infligée par la Commission européenne à Google. Idealo, le comparateur de prix du groupe internet allemand Axel Springer, vient d’intenter une action en justice contre le géant américain du web. Avec exactement les mêmes griefs que Bruxelles envers Google : l’abus de position dominante.

Idéalo accuse en effet, le groupe américain de favoriser, dans son moteur de recherche, les résultats de son propre comparateur de prix, « Google Shopping ». Ce qui caractérise à ses yeux une violation des lois européennes et allemandes sur la concurrence.

« Depuis 2008, Google a donné un avantage illégal et anticoncurrentiel à son service de comparaison de prix en le plaçant éminemment en tête de ses résultats de recherche et en rétrogradant les offres concurrentes. De plus, le service de comparaison de produits et de prix de Google, en raison de sa faible qualité et de l’absence de contenu propre, n’aurait jusqu’à aujourd’hui légalement aucune possibilité d’obtenir le meilleur classement dans les résultats de recherche par pertinence de Google », écrit Idealo dans son communiqué.

Google et Axel Springer déjà en bisbilles
Le comparateur de prix allemand réclame ainsi un demi-milliard d’euros de dommages et intérêts à Google. Un montant qui pourrait augmenter au cours de la procédure, prévient Idealo qui s’attend par ailleurs « à ce que le différend juridique s’étende sur plusieurs années ».

En 2017, Google a été condamné à 2,74 milliards d’euros d’amende par Bruxelles pour la même raison : la Commission européenne a estimé que le groupe manipulait les résultats de son moteur de recherche pour systématiquement favoriser son service Google Shopping au détriment de la concurrence.

Au total, Google a été mis trois fois à l’amende en Europe pour abus de position dominante. Le géant américain s’est aussi vu réclamer 4,34 milliards pour avoir imposé son moteur de recherche aux smartphone qui utilisent son système d’exploitation mobile, Android, et 1,49 milliard pour les conditions anti-concurrentielles fixées à ses clients à travers sa régie publicitaire, AdSense.

De son côté Axel Springer, le propriétaire d’Idealo, n’en est pas à son premier bras-de-fer avec Google. Déjà en 2014, le géant allemand des médias avait volontairement déréférencé ses titres comme The Welt ou Computerbild, du moteur de recherche américain. Un moyen de dénoncer l’exploitation des contenus photos, extraits et résumé d’article dans « Google Actualités », sans aucune rétribution de ceux qui produisent ces contenus.

Finalement, Axel Springer dont les titres de presse avaient pâti d’une baisse de trafic de 40%, est revenu sur Google. Mais il a intenté avec d’autres médias allemands une action groupée, toujours pour abus de position dominante. L’Allemand a par ailleurs acheté 20% du capital de Qwant, un moteur de recherche français concurrent de Google dont il veut se différencier en restant respectueux de la vie privée de ses utilisateurs.

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Européennes 2019 : les élections de la dernière chance ?

Européennes 2019Cohésion menacée, percée des eurosceptiques …

Le 26 mai se tient un scrutin particulièrement chargé en incertitudes et périls pour l’Union européenne. France 24 est au rendez-vous pour vous intéresser à tous ses enjeux.

L’année 2019 sera-t-elle un bon cru pour les élections européennes ?  Intronisé en 2014, le patron de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait déclaré diriger la « Commission de la dernière chance » : un exécutif censé obtenir des résultats concrets avec une direction plus « politique ». Cinq ans plus tard, le 26 mai, d’aucuns prédisent des « élections de la dernière chance ».

L’Europe serait ainsi au pied du mur et sa cohésion menacée par la percée de partis nationalistes, populistes ou eurosceptiques. On a constaté, ces dernières années, leur progression dans les scrutins nationaux : l’extrême droite a accédé au pouvoir dans au moins six pays. En Italie, où le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini éclipse ses partenaires de coalition repoussant les navires de réfugiés en Méditerranée. En Autriche, où le FPÖ impose son agenda anti-migrants aux conservateurs.

Ces partis sont également en soutien du gouvernement en Bulgarie, en Finlande, en Grèce, et en Slovaquie … Tous d’accord pour repousser les étrangers plus loin et empêcher toute solution solidaire de la crise migratoire.

Atmosphère de fin de règne ?
Que dire des deux pays suivis à la loupe par Bruxelles pour leurs infractions répétées à l’État de droit ?   La Pologne et la Hongrie, où des partis conservateurs-nationalistes tiennent le haut de l’affiche, avec une rhétorique qui rejoint la droite la plus extrême. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, « suspendu » de son parti de centre-droit, le PPE, s’est déclaré favorable à une « démocratie illibérale » et se veut chef de file des rebelles de l’Est.

Du côté de l’extrême-gauche, la cible n’est pas la solidarité mais les accords commerciaux et les politiques européennes jugés ultra-libéraux : et pour cause, mathématiquement, les deux tiers des leaders européens sont classés au centre ou à droite.

Eurosceptiques au cœur des institutions ?
Alors oui, si on fait les comptes, sur les 705 sièges attribués aux eurodéputés de 27 pays (suite du départ du Royaume-Uni), beaucoup risquent d’être occupés par des eurosceptiques : un quart au moins. Est-ce assez pour bloquer la machine communautaire ?   Le Parlement européen devra composer une majorité non plus seulement avec les deux grands partis traditionnels (Parti Populaire européen à droite, socialistes et démocrates à gauche), mais sans doute avec un troisième soutien, voire des majorités à la carte.

Sauf que la Commission européenne va, elle aussi, changer de visage, les pays étant censés nommer de nouveaux commissaires à leur goût,  y compris bon nombre de populistes de plus en plus décomplexés : la méthode « consensuelle », de mise pour faire avancer les dossiers, risque d’en prendre un coup.

Les extrêmes ne cherchent plus la sortie
Ce vote est surtout marqué par des incertitudes sans précédents. Les europhiles se sont réjouis un peu trop tôt du mauvais exemple du Brexit, qui dissuade désormais les souverainistes de se réclamer de l’ »exit » : finie la revendication du ‘Frexit’, ‘Öxit’, ‘Italexit’ et autre ‘Hongrexit’, sauf pour une poignée de marginaux dans le paysage politique.

La mode est de tenter de détricoter le projet européen de l’intérieur. Sauf qu’il y a aujourd’hui un gros point d’interrogation sur le départ programmé des Britanniques : et s’ils restaient ?

Si la date du Brexit est repoussée bien au delà du 12 avril, les Britanniques devront participer au vote : et l’on devrait regonfler les rangs des élus de Strasbourg à 751, dont beaucoup d’élus britanniques pro-Brexit.  L’histoire du serpent qui se mord la queue. Les électeurs vont-ils une fois encore bouder ce scrutin pourtant crucial pour leur avenir ?   À la dernière consultation, ils étaient à peine 42 % à se déplacer. Hâtons-nous de rendre l’élection européenne populaire.

Sur France 24, chaîne internationale de reportages et de débats, nous vous proposons une couverture aussi riche que variée : notre « bus de l’Europe » avec quatre reporters embarqués allant à la rencontre des Européens, deux débats avec des têtes de listes françaises et européennes mais aussi des émissions spéciales en co-production France 24, Deutsche Welle, ou encore France 24, Public Sénat et enfin, dès le 13 mai, un « Journal de l’Europe » tous les jours.

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Après le nouveau rejet de l’accord de Theresa May, où va le Brexit ?

Theresa MayLes députés britanniques ont pour la troisième fois rejeté le plan de sortie de l’Union européenne négocié par Theresa May, ce vendredi. Comment le Royaume-Uni et l’Union européenne peuvent-ils désormais espérer sortir de l’impasse ?

La tension est à son comble au Royaume-Uni. Le scénario d’un Brexit sans accord est « désormais probable », a prévenu la Commission européenne, ce vendredi, alors que les députés britanniques ont refusé pour la troisième fois l’accord de Brexit proposé par Theresa May et négocié avec l’Union européenne. Les implications de ce vote sont « graves », a déclaré la Première ministre britannique, soulignant que le scénario par défaut était désormais un Brexit sans accord le 12 avril.

De son côté, Emmanuel Macron a souligné que ce nouveau rejet (accroissait) « très fortement les risques d’une sortie sans accord ». Le président Emmanuel Macron a d’ores et déjà averti que la France était « prête » à accueillir un Brexit sans commun accord conclu entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Vers une sortie de l’UE sans accord, le 12 avril
Le scénario vers lequel Londres et Bruxelles s’acheminent est donc celui d’un Brexit sans accord. Londres a désormais jusqu’au 12 avril pour proposer une solution alternative à l’Union européenne. Sinon, à cette date, le Royaume-Uni sortira de l’Union avec un « no-deal ».

Le pays mettrait ainsi fin, sans période de transition ni plan pour la suite de leur relation, à 46 ans d’appartenance à l’UE, quittant du jour au lendemain le marché unique et l’union douanière. Un scénario redouté par les milieux économiques. Les deux parties ont intensifié ces derniers mois leurs préparatifs face à cette éventualité. Mais les députés ont une deuxième fois voté contre ce scénario mercredi et Theresa May y est hostile.

Réclamation d’un nouveau report à l’Europe
Le président du Conseil européen Donald Tusk a réagi dans la foulée du vote ce vendredi, annonçant la tenue d’un sommet européen extraordinaire le 10 avril prochain. Les détails de la rencontre sont encore à déterminer mais, à l’image de ce qui a déjà été fait, Theresa May pourrait participer au début de la rencontre, a ajouté cette même source.

Pour les ministres britanniques, cet énième sommet pourrait être l’occasion de demander aux dirigeants européens un nouveau report de la date fatidique.

Un report du Brexit sur le long terme
Les dirigeants de l’Union européenne ont ouvert la possibilité d’un long report, si l’accord de retrait était rejeté, à condition qu’un changement significatif intervienne entre temps.

Theresa May a dit mercredi qu’elle ne serait plus à son poste pour mener de nouvelles négociations. Cela pourrait constituer le changement réclamé par l’UE puisqu’un nouveau gouvernement conservateur, avec d’autres postulats, serait alors en mesure de rouvrir les négociations avec Bruxelles.

Un long report devrait courir au moins jusqu’à fin 2019, a prévenu la Commission européenne, et être approuvé par les 27. Il implique que le Royaume-Uni prenne part aux élections européennes en mai.

La tenue d’élections générales
Autre scénario amenant à un changement de gouvernement: la tenue d’élections générales. Elles peuvent être convoquées si le Parlement et le gouvernement ne parviennent pas à s’entendre sur une solution pour mettre en œuvre le Brexit.

Le Parlement doit voter lundi une nouvelle fois sur plusieurs options possibles pour le Brexit mais ce vote n’est pas contraignant et Theresa May peut alors décider de convoquer des élections générales pour sortir de l’impasse. Un tel scrutin peut aussi être organisé à la suite du vote d’une motion de censure contre le gouvernement.

Pas de Brexit du tout
Bien que Theresa May refuse ce scénario, il ne peut être exclu au vu du chaos ambiant au Royaume-Uni. Selon la Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni peut décider seul de renoncer à quitter l’UE, sans avoir besoin de l’aval des autres États membres.

Mais un tel revirement, soutenu par une minorité de députés, implique l’organisation de nouvelles élections ou d’un nouveau référendum qui renverserait le résultat de la première consultation, en juin 2016, au résultat acquis par 52% des voix.

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Le casse-tête du changement d’heure dans l’Union européenne

hotlogeBruxelles voudrait mettre fin au passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été et inversement dès 2019. Mais pour beaucoup il faudra plus de temps.

Va-t-on encore changer d’heure en 2019, comme on le fait deux fois par an depuis plus de 40 ans ?   La Commission européenne souhaite mettre fin à cette pratique en 2019.

Pas moins de huit Européens sur dix souhaitent en finir avec le changement d’heure, selon une consultation européenne menée l’été dernier. Cette pratique serait non seulement énergivore, mais aurait aussi des effets sur la santé et la sécurité routière selon Karima Delli, la présidente de la commission Transports au Parlement européen.

« Lorsque nous passons de l’heure d’été à l’heure d’hiver, il y a un pic d’accidentalité de plus de 40% notamment sur les piétons parce qu’il y a moins de luminosité donc les gens font moins attention au volant. » Karima Delli

Mais la perspective de ne plus changer d’heure inquiète l’association internationale du transport aérien, qui organise deux fois par an l’allocation des créneaux horaires pour le décollage et l’atterrissage des avions.

« Il y a une allocation des créneaux horaires très stricte et ces créneaux sont rares. Ce sera vraiment un chaos total. Et puis au début, les passagers vont être dans la confusion totale, il y aura des vols ratés » s’inquiète Monique De Smet, la directrice régionale Europe de l’IATA.

Pour laisser le temps à certains secteurs de s’organiser, les Européens pourraient choisir de mettre fin au changement d’heure seulement en 2021. Verdict d’ici quelques semaines.