Publié dans Texte Actualité divers

Voici les mots qui ont marqué les médias en 2018

jeanne_bordeau_linguistiqueSi de nombreux mots nouveaux ont fait leur apparition dans le langage courant et parfois même dans le dictionnaire, une utilisation répétée dans les médias permet de dresser en filigrane un portrait de l’année écoulée.

Depuis maintenant 11 ans, la linguiste Jeanne Bordeau dresse le palmarès des mots des médias, caractérisant toutes les évolutions du langage et les tendances de la société de chaque année écoulée, entre ceux qui sont revenus le plus souvent et ceux qui ont fait leur apparition. « Fracture », « infox », « illectronisme » et même « héros », font partie des 1.000 mots de l’année 2018 de Jeanne Bordeau, dont le bureau d’étude, l’Institut de la qualité de l’expression, conseille de nombreux groupes dans leur communication.

Pour rassembler ces 1.000 mots, la linguiste réalise un travail de fourmi : « Nous ciblons dès le 1er mars les grands médias et nous regardons quels sont les mots les plus répétés tout au long de l’année et quels sont ceux qui font leur apparition ». Les mots sont ensuite répartis en 10 catégories, du développement durable à la culture, de la communication à la politique, de la société aux femmes en passant par l’économie. En découpant ces mots et en les classant, Jeanne Bordeau en tire des œuvres d’art.

« Illectronisme » et « infox »
Sans surprise, le mot ‘fracture’, est régulièrement revenu, notamment sous trois thèmes. Le premier est celui de la fracture sociale, « sous-jacent depuis 10 ans en raison des nombreuses grèves », nous précise Jeanne Bordeau, et marqué cette année par le mouvement des gilets jaunes. Mais il est également question de fracture sociale, en raison des changements du monde du travail, explique la linguiste, avec l’apparition des « slasheurs » par exemple, ces personnes « qui ont inventé une nouvelle manière de travailler en cumulant plusieurs missions et plusieurs métiers ».

La fracture territoriale est la seconde catégorie de fractures identifiées, en raison de la ‘rurbanisation’ notamment, l’introduction dans des petits villages de pratiques sociales et d’activités traditionnellement liées aux grandes villes. Enfin, il est question de « fracture numérique » et d' »illectronisme », un nouveau mot qui désigne les 23% de Français « illettrés du numérique et de l’électronique », explique Jeanne Bordeau. Si chaque année des mots disparaissent du dictionnaire ou du langage courant, d’autres y font leur entrée.

« Happycratie »
L »illectronisme » fait ainsi partie de ces mots qui ont fait leur arrivée en 2018, comme « happycratie », qui désigne les « fabriques de bonheur », ou le verbe ‘instagramiser’, lié à l’explosion d’Instagram.   « On ‘instragamise’ à tout bout de portable. Tout le monde s’y met, la preuve, un verbe se crée : ‘instragramiser' », assurait la linguiste dans un communiqué de presse.

L’utilisation répétée du terme « fake news » notamment par le président des États-Unis Donald Trump, a même poussé la commission d’enrichissement de la langue française à le franciser en créant le mot « infox », entré en 2018 dans le dictionnaire français. « Le mot ‘vérité’ a également été un des grands thèmes de débat », précise Jeanne Bordeau.

Une année marquée par les héros des Français
Parmi les mots de la langue française qui ont été fréquemment utilisés, revient aussi le terme ‘héros’. D’abord avec la mort du gendarme Arnaud Beltrame, qui en mars dernier s’était substitué à une otage avant d’être tué lors de l’attentat de Trèbes, dans l’Aude.

Ensuite avec Mamadou Gassama, un Malien sans papiers qui avait été filmé escaladant la façade d’un immeuble à Paris pour sauver un enfant suspendu dans le vide. Enfin, grâce à la victoire de l’Equipe de France de Football à la Coupe du monde en Russie cet été. « La population a besoin d’avoir des histoires qui transcendent », estime Jeanne Bordeau.

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Internet risque d’être ralenti chez les clients de Free Mobile

free mobilePour certains clients Free Mobile, la 3G a été encore davantage bridée depuis le 1er janvier. Cela tient à un contrat vieux de 2011, signé entre l’opérateur et Orange.

Les Freenautes se confrontent à un nouveau bridage. Depuis le 1er janvier, certains abonnés Free Mobile font face à une diminution de leur débit Internet. Cela vaut essentiellement pour les clients qui résident dans une zone encore non couverte par le réseau 3G de Free. Dans ces zones spécifiques, ces mêmes clients, dits en « itinérance », sont redirigés vers un réseau 3G d’Orange, conformément à un accord entre les deux opérateurs.

Cet accord remonte à 2011. A l’époque, Free entreprend de s’attaquer au marché de la téléphonie mobile. Sans réseau, il conclut un partenariat avec Orange, alors opérateur historique. Un accord d’itinérance nationale est signé entre les deux opérateurs, pour que le jeune entrant puisse utiliser la 2G et la 3G de son aîné, en attendant de bâtir son propre réseau.

Une limitation progressive
Pour encourager Free à devenir indépendant, et sur la volonté de l’Arcep, le régulateur français des télécoms, une limitation progressive des débits en itinérance a été prévue. Ces derniers ne pouvaient pas excéder 5 Mb/s en téléchargement entre le 1er septembre et le 31 décembre 2016, et 448 kb/s en envoi, avant d’être réduits à 1Mb/s pour les années 2017 et 2018, sans modifier la vitesse d’envoi.

Ce découplage progressif a fait l’objet d’un autre accord entre Orange et Free Mobile et qui a été approuvé en juin 2016. Celui-ci organise, sur une période de quatre ans s’étalant de 2016 à 2020, la fin de l’itinérance nationale, par un bridage de plus en plus marqué de la vitesse de connexion.

Pour 2019, la nouvelle diminution appliquée à la vitesse maximale en itinérance sur le réseau Orange a été fxée à 768 kb/s, contre 384 kb/s pour l’envoi. Le régime, valable toute l’année, sera encore durci l’année prochaine.

Ces restrictions seront loin d’affecter la majorité des clients de Free Mobile. Le réseau de l’opérateur, presque achevé, permet de faire transiter de plus en plus de communications de façon indépendante. Le 13 novembre 2018, à l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, Free a annoncé couvrir 96% de la population en 3G et 92% en 4G. La fin de l’itinérance 3G est, elle, prévue pour 2020.