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Angela Merkel rassure sur son aptitude à remplir ses fonctions

German Chancellor Angela Merkel welcomes Ireland's President Michael D. Higgins at the Chancellery in BerlinAngela Merkel a donné sa conférence de presse annuelle ce vendredi à Berlin.

Elle a évoqué son état de santé après que des crises de tremblements se sont emparées d’elle à plusieurs reprises ces dernières semaines.

Elle connaît l’exercice à fond. En près de 14 ans de pouvoir, la chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Angela Merkel, a eu le temps d’en apprendre les rouages. Ce vendredi à Berlin, la cheffe du gouvernement a réuni les journalistes pour sa conférence de presse annuelle, peu avant de partir en vacances et deux jours après son 65e anniversaire.

Bien sûr, les tensions au sein de la coalition à la tête de l’exécutif figuraient au menu. Mais c’est un sujet bien plus personnel qui courait d’un esprit à l’autre parmi les observateurs: la santé de la dirigeante. ces dernières semaines, Angela Merkel a été prise de tremblements incontrôlables lors de plusieurs occasions officielles. Si la question de l’état physique de la chancelière n’a pas fusé tout de suite, elle a effectivement fini par jaillir au cœur de la conférence.

« J’espère que la vie continuera encore quand je ne serai plus chancelière »
Le correspondant du Monde en Allemagne, Thomas Wieder, a relayé la réponse de la femme politique.

« Je comprends les questions sur ma santé. (…) Je peux exercer mes fonctions. Comme personne je m’intéresse aussi à ma santé et j’espère qu’après 2021, quand je ne serai plus chancelière, la vie continuera encore », a-t-elle dit, allusive.

Question sur la santé de Merkel. « Je comprends les questions sur ma santé. (…) Je peux exercer mes fonctions. Comme personne je m’intéresse aussi à ma santé et j’espère qu’après 2021, quand je ne serai plus chancelière, la vie continuera encore ».

Pour le reste, Angela Merkel a évoqué en détail la situation internationale : sa solidarité avec les parlementaires américaines victimes des remarques racistes de Donald Trump, la nécessaire désescalade avec l’Iran, et son estime pour Theresa May. Elle s’est toutefois permise une autre note personnelle, abordant les traits qui lui ont été le plus utiles au pouvoir. Elle a cité, comme un vade-mecum à l’égard de ceux qui lui succéderont à la chancellerie : « Un réalisme optimiste, la joie et rester toujours curieuse vis à vis des autres ».

Quelles qualités vous ont été le plus utiles comme chancelière ?
– « Un réalisme optimiste », répond Angela Merkel, avant d’ajouter : « la joie » et « rester toujours curieuse vis à vis des autres ».

La discrétion des Allemands
Cette retenue concernant la santé d’Angela Merkel ce vendredi peut étonner mais notre correspondante en Allemagne, Déborah Berlioz, a apporté un élément d’explication sur notre antenne : « Selon un récent sondage, 59% des Allemands estiment que ses crises de tremblements relèvent de la sphère privée ».

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La Norvège promet 100 millions d’euros pour la lutte contre les violences sexuelles

norvegeDans le monde, une femme sur trois subit au cours de son existence des violences sexuelles ou sexistes, selon les estimations de l’ONU, un phénomène exacerbé en période de crises humanitaires.

La Norvège s’est engagée ce vendredi à verser un peu plus de 100 millions d’euros sur trois ans à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans les crises humanitaires, un fléau qui affecte des millions de victimes à travers le monde.

« La violence à caractère sexuel et sexiste détruit les personnes, elle détruit les communautés locales et il est extrêmement difficile de réparer les dégâts », a déclaré la cheffe de la diplomatie norvégienne, Ine Eriksen Søreide.

« C’est pour cela qu’il faut faire plus en matière de prévention », a plaidé la ministre à l’ouverture d’une conférence internationale sur ce thème à Oslo. Le riche pays scandinave a promis de consacrer 1 milliard de couronnes (102,5 millions d’euros) à la lutte contre ce fléau entre 2019 et 2021, dont 350 millions dès cette année. Les Emirats arabes unis se sont aussi engagés à hauteur de 10 millions de dollars.

Éveiller les consciences
Coorganisée par la Norvège, l’Irak, la Somalie et les Emirats arabes unis, l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en présence du gynécologue congolais Denis Mukwege, colauréat du prix Nobel de la paix 2018, la conférence vise à éveiller les consciences et à lever des fonds.

Plusieurs participants ont insisté sur l’importance de la prévention et de la lutte contre l’impunité.  « Quand j’ai commencé à travailler dans les crises humanitaires à travers le monde il y a plus de 35 ans, personne ne parlait de la violence à caractère sexuel et sexiste. Ce n’est pas parce qu’il n’y en avait pas. Il y en avait. Mais c’était une horreur cachée », a confié secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock.

« Une des choses les plus importantes qu’on puisse faire (…) est de braquer une lumière éclatante sur ce problème », a-t-il affirmé. Selon Mark Lowcock, quelque 660 millions de dollars sont nécessaires cette année pour financer les programmes de lutte contre les violences sexuelles.

Une femme sur trois
Dans le monde, une femme sur trois subit au cours de son existence des violences sexuelles ou sexistes, selon les estimations de l’ONU, un phénomène exacerbé en période de crises humanitaires. Celles-ci touchent aujourd’hui 140 millions de personnes, dont environ 35 millions de femmes et filles en âge de procréer.

Fin avril, le Conseil de sécurité avait approuvé une résolution en faveur des victimes sexuelles largement amputée de sa substance par les États-Unis, la Russie et la Chine.

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Facebook lance une nouvelle version de son application avec une fonction « Secret Crush »

facebook plusÀ l’occasion de la conférence annuelle dédiée aux développeurs de Facebook, le patron du réseau social Mark Zuckerberg a annoncé plusieurs nouveautés dont le lancement d’une nouvelle version de son application, centrée sur les groupes et sur les interactions privées avec notamment la création d’une fonction « Secret Crush ». Messenger et Instagram connaîtront également quelques modifications.

Vous avez le béguin pour un autre usager de Facebook ?  Le réseau social veut vous aider à lui signifier votre « crush » secret : c’est l’une des nouvelles fonctionnalités dévoilées ce mardi par l’entreprise, qui veut mettre les « groupes » et l’intime au centre de son application, entièrement redessinée.

Le célèbre réseau social a lancé ce mardi une toute nouvelle version de son application, qui perd sa célèbre couleur bleue au passage. Elle mettra les « communautés » et « groupes » au « centre », au même titre que les « amis », a expliqué le PDG Mark Zuckerberg lors de sa conférence annuelle des développeurs.

Une application plus centrée sur les groupes
Ces changements font écho aux annonces récentes de Mark Zuckerberg, qui a promis en mars un virage fondamental vers une plateforme plus soucieuse de l’intimité, censée répondre à deux enjeux: le goût croissant des internautes pour les interactions plus restreintes que le traditionnel « fil d’actualités », mais aussi les inquiétudes liées à la gestion des données personnelles. « A mesure que le monde (…) devient plus connecté, nous avons besoin de ressentir de l’intimité plus que jamais », a dit mardi le jeune patron.

« C’est pourquoi je pense que l’avenir est privé », a-t-il lancé, en forme de nouveau mantra pour son groupe tant critiqué pour sa gestion -jugée laxiste et opaque des données personnelles. Il a redit toutefois que ce changement de stratégie prendrait des années pour être entièrement mené à bien au sein de l’entreprise.

L’application a donc été revue pour placer les groupes au centre de « l’expérience » Facebook et encourager les internautes à se rencontrer en chair et en os, via des centres d’intérêt communs ou des rencontres amoureuses.

Une nouvelle fonction « Secret Crush »
Coté cœur, Facebook a décidé d’étendre géographiquement sa fonction « Rencontres », désormais proposée dans une vingtaine de pays (mais pas en Europe ni aux États-Unis), et d’y ajouter la fonction « Secret Crush » (béguin secret), qui permet de sélectionner des « amis » que l’on aimerait mieux connaître et de le leur faire savoir discrètement.

Les groupes, dont il existe « des dizaines de millions », seront plus facilement visibles, grâce à une nouvelle présentation de l’application, et leur accès sera encouragé via par exemple des recommandations basées sur les centres d’intérêt ou les « événements ».

Même si cela peut sembler contre-intuitif, Facebook pense que les groupes peuvent aider à interagir avec des gens qui n’ont pas les mêmes idées politiques, alors que les utilisateurs des réseaux sociaux ont tendance à être enfermés dans ce que l’on nomme la « filter bubble » (littéralement, la « bulle de filtrage »), car n’interagissant qu’avec des personnes ou organisations ayant des opinions proches des leurs.

« Les groupes peuvent créer des liens malgré les divisions »
Parce que leurs algorithmes priorisent les contenus en fonction des goûts des usagers, les réseaux sociaux sont accusés d’entretenir et d’amplifier cette « bulle », qui peut devenir un prisme idéologique déformant.

« Les groupes peuvent créer des liens malgré les divisions », estime Fidgi Simo, à la tête de l’application Facebook. Ainsi, « si vous êtes amateur de chiens, vous trouverez d’autres amateurs de chiens malgré des divergences, politiques ou autres », ajoute-t-elle, précisant que plus de 400 millions d’utilisateurs appartiennent à des groupes. Facebook revendique 2,37 milliards d’utilisateurs mensuels.

Des nouveautés pour Messenger et Instagram
D’autres responsables du réseau social ont annoncé des modifications pour les applications Messenger et Instagram qui permettront aux entreprises de communiquer plus facilement avec leurs clients. Ces derniers pourront notamment échanger directement avec les entreprises via des publicités, selon Reuters. Le groupe a également dit vouloir rendre l’application Messenger « plus rapide ».

Il lancera par ailleurs une nouvelle version de Messenger pour Mac et Windows. Une première puisque le service n’était jusqu’à présent disponible sur ordinateur qu’en passant par le site Facebook. Enfin, une fonctionnalité baptisée « Catalogue de produits » pour WhatsApp Business verra le jour.

Les changements annoncés mardi concerneront d’abord la version mobile, puis d’ici quelques mois la version site internet. Le groupe est depuis plus de deux ans aux prises avec des controverses à répétition, de la manipulation du réseau à des fins politiques par des pays étrangers à la gestion des données de ses utilisateurs, qui constituent le fondement de son modèle économique. Élus et régulateurs tirent à boulets rouges sur le groupe, qui fait l’objet de poursuites et d’enquêtes tous azimuts dans plusieurs pays, dont les États-Unis.

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Le Medef veut repousser l’âge légal de départ à 64 ans d’ici 2028

MedefL’organisation patronale souhaite relever l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans sur huit ans, à raison d’un trimestre par an à compter de 2020.

Le Medef a proposé ce jeudi de relever l’âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans d’ici 2028, afin d’assurer l’équilibre comptable du système et de financer la réforme de la dépendance. « Nous proposons, à partir de 2020, de procéder au relèvement de l’âge légal de 62 à 64 ans, sur huit ans, à raison d’un trimestre par an », a déclaré son président Geoffroy Roux de Bézieux lors d’une conférence de presse.

Cette mesure générerait, selon l’organisation patronale, 17 milliards d’euros de « ressource nette », en tenant compte du surplus de cotisations, de pensions plus tardives mais plus élevées, ainsi que de la hausse prévisible des dépenses liées au chômage, à la maladie et à l’invalidité. Une manne qui « permettrait de faire deux choses : la prise en charge de la dépendance et l’adaptation de l’offre de soins aux pathologies du vieillissement », a indiqué Geoffroy Roux de Bézieux.

Et qui éviterait en outre de creuser de nouveaux déficits. « L’équilibre des retraites est atteint si on arrive à une âge effectif de départ de 64 ans. L’important c’est d’y arriver », a expliqué son vice-président Claude Tendil.

« Dire la vérité aux Français »
Le Medef privilégie cependant un report de l’âge légal, plutôt qu’un mécanisme de décote-surcote dont « l’effet financier est beaucoup moins fort », a justifié Geoffroy Roux de Bézieux, affirmant que « si on ne fait rien, le régime tombera dans le rouge dès l’année prochaine ». « Il faut qu’on dise la vérité aux Français », a-t-il insisté, appelant le gouvernement à « sortir de ce mensonge par omission qui consiste à dire ‘on ne touche pas à l’âge légal de la retraite' ».

L’exécutif peine à afficher une position claire sur le sujet depuis un mois, plusieurs ministres ayant plaidé pour un allongement de la durée de travail, quand le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, est resté arc-bouté sur le maintien de l’âge légal à 62 ans, comme l’avait promis Emmanuel Macron.

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Stabilisation mondiale du nombre de cancers de la prostate

cancer prostateLe cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent dans 96 pays, mais le nombre et la mortalité se sont stabilisés ou ont baissé dans des dizaines de pays depuis les années 2000, a rapporté mardi l’American Cancer Society.

Sur 44 pays pour lesquels les données étaient disponibles, l’incidence du cancer de la prostate s’est stabilisée dans 33 pays, a augmenté dans quatre pays dont la Bulgarie et a baissé dans sept pays, au cours des cinq dernières années disponibles (jusqu’à 2012 ou 2015 selon les pays).

Quant à la mortalité, elle s’est stabilisée dans 54 pays, a augmenté dans trois et a baissé dans quatorze, selon une présentation partielle de l’étude mardi à une conférence à Atlanta.

C’est aux États-Unis que le recul du taux de cancers de la prostate a été le plus notable. Cela s’explique par la baisse du recours à un test de dépistage controversé, qui identifiait trop de tumeurs non dangereuses, selon l’auteure principale de l’étude, MaryBeth Freeman.

L’incidence des cancers de la prostate dans ce pays a augmenté des années 1980 au début des années 1990, au fur et à mesure que le test de dépistage sanguin PSA (antigène spécifique de la prostate) se développait.

Mais ce test est imprécis et mène à trop de sur-diagnostics. Le dosage du PSA permet de repérer un taux anormal de cette protéine produite par la prostate, qui peut signaler un cancer mais est plus souvent le symptôme d’autres maladies. Il produit fréquemment de faux résultats positifs.

En outre, de nombreux cancers de la prostate ne sont pas agressifs et ne poseront pas de risque, les tumeurs ne se développant pas suffisamment. Un faux résultat positif peut avoir des conséquences néfastes sur le patient: anxiété, complications liées à la biopsie ou aux traitements anticancéreux.

En 2012, l’organisme de référence américain US Preventive Services Task Force a déconseillé le dépistage PSA. Depuis 2018, il a assoupli les recommandations et indique que pour les hommes de 55 à 69 ans, le test doit être une décision « individuelle ». Après 70 ans, le dépistage reste déconseillé.

En France comme dans de nombreux pays, il n’est pas non plus recommandé de façon systématique.

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Des Israéliens dévoilent « la plus longue grotte de sel du monde »

stalactites de selDes spéléologues israéliens ont annoncé qu’une grotte de sel abritant des stalactites impressionnantes et découverte près de la mer Morte était « la plus longue du monde », battant ainsi selon eux le record détenu par une cavité iranienne.

La grotte nommée Malham, qui s’étend sur plus de 10 kilomètres, traverse le mont Sedom, la plus large montagne d’Israël, et atteint l’extrémité sud de la mer Morte adjacente.  Des stalactites de sel descendent des plafonds et certaines parois brillent de cristaux de sel. Des gouttes d’eau salée sont visibles au bout de certaines stalactites.

Dans les années 1980, Amos Frumkin, fondateur et directeur du Centre de recherches sur les grottes de l’Université hébraïque de Jérusalem, avait cartographié environ cinq kilomètres de Malham, située dans la région présumée de la Sodome biblique.

En 2017, le spéléologue israélien Yoav Negev a estimé que le temps était venu d’achever le travail d’Amos Frumkin, et a appelé à des spéléologues bulgares à la rescousse.

Fondateur du club israélien d’explorateurs de grottes, M. Negev s’est associé à Boaz Langford, chercheur au Centre de recherches sur les grottes de l’Université Hébraïque, pour mettre sur pied une équipe de huit spéléologues européens et de 20 autres locaux.

Des spéléologues israéliens

Ils ont passé une dizaine de jours à travailler dans la grotte en 2018.  Une deuxième expédition de 10 jours en 2019 avec 80 spéléologues locaux et internationaux a permis d’achever la cartographie avec des outils de mesure au laser, déterminant ainsi la longueur de la grotte: plus de 10 kilomètres.

Le mont Sedom est essentiellement un énorme bloc de sel recouvert d’une mince couche de roches. Les rares pluies dans cette zone désertique pénètrent dans les fissures de la roche et dissolvent le sel pour former de petites grottes qui descendent vers la mer Morte.

« Les dix commandements »
Une grande partie de l’intérieur de la grotte est recouverte d’une fine poussière provenant du désert.

vue exterieur grotte

D’importantes masses de sel, certaines de couleur ambrée provenant d’un mélange de poussière et de minéraux, font saillie pour former des stalactites spectaculaires. Une fine plaque de sel sortant du sol est surnommée « la guillotine ». Des plaques jumelles imposantes ont reçu le surnom « les dix commandements ».

Les journalistes qui ont visité mercredi le site ont dû grimper et ramper à travers les passages étroits de la grotte avant d’atteindre la « salle des mariages », où des centaines de stalactites blanches de formes et longueurs diverses créent un décor de fête.

« Il n’y a rien d’équivalent en Israël », déclare M. Negev. Evoquant le vaste réseau de « cavernes, passages, piliers, plateaux, l’un sur l’autre », il s’émerveille devant la grotte « la plus impressionnante d’Israël et l’une des plus belles et des plus fascinantes que j’ai vues ».

En 2006, avant la reprise des travaux en Israël, des chercheurs ont cartographié plus de six kilomètres de la grotte N3 sur l’île de Qeshm en Iran, ce qui lui avait valu le titre de « la plus longue grotte de sel au monde ».

M. Negev n’attache trop d’importance au fait de reprendre le titre à l’Iran, considéré comme le principal ennemi d’Israël. Il confie avoir noué des « liens excellents » avec des spéléologues iraniens à travers les réseaux sociaux et à l’occasion de conférences professionnelles.

« La rivalité politique crée un désir de contact et une curiosité mutuelle. Ce sont vraiment d’excellents spéléologues et j’espère pouvoir y aller un jour », dit-il en parlant de l’Iran et de ses grottes.

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L’intégralité de la tribune d’Emmanuel Macron

emmanuel macron« Pour une renaissance européenne », la tribune d’Emmanuel Macron, président de la République.

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence.

Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne, ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire.

Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ?  Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ?  Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ?  Le repli nationaliste ne propose rien,  c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire. Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe.

C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ?   Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ?   Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ?

L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises.

Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ?  Que fait l’Europe ?  ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent.

Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe, car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties.

Nous sommes à un moment décisif pour notre continent,  un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.

Défendre notre liberté
Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes.

Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères.

Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.

Protéger notre continent
Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus).

Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’ un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume Uni pour préparer nos décisions collectives.

Assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.  Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ?  Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.

Retrouver l’esprit de progrès
L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. L’Union européenne doit fixer son ambition, 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025  et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique,  force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments,  contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé …

Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe ,toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat. Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes …), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des États-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles …

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action.

Mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique sans tabou, pas même la révision des traités. Partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des États, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités.

Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’UE traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?  Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.