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Sept signes qui doivent vous alerter sur le burn out parental

Burn-outD’après une étude menée par l’UCLouvain, 5 à 8 % des parents belges seraient en situation de burn out parental. C’est la première étude sur la prise en charge de cet épuisement, encore trop méconnu.

Les trajets maison-école, les repas à préparer, la bataille du coucher, les lessives et le ménage, les activités périscolaires … La routine d’une vie de famille peut vite se transformer en machine infernale. À tel point que certains parents n’arrivent plus à supporter leurs enfants, épuisés rien qu’à l’idée de passer une journée avec eux.

Un phénomène qui porte un nom : le burn out parental. Ce syndrome, qui touche les parents exposés à un stress chronique, sans parvenir à en compenser les effets, a fait l’objet d’une étude menée par la Mutualité chrétienne et l’UCLouvain. Environ 20 % des parents seraient « en difficulté dans leur parentalité » à un moment de leur vie de parents. Franceinfo a listé sept signes qui peuvent précéder un burn out parental et qui doivent vous alerter.

1) L’épuisement physique
L’arrivée d’un enfant apporte évidemment de la fatigue, liée aux nuits raccourcies et à la multiplication des tâches. En juin dernier, une étude britannique (en anglais) pour une marque de literie, a relevé que les jeunes parents dorment en moyenne 4h44 par nuit, pendant l’année qui suit l’arrivée de l’enfant. Soit 59 % de temps de sommeil en moins que les 8 heures préconisées par les spécialistes.

Dès 2013, une enquête du réseau de mères actives soulignait que 63 % d’entre elles se disaient « épuisées ». Un épuisement qui survient quand les parents ne parviennent plus à se libérer du temps pour récupérer : « Tous les parents vivent des périodes de grande fatigue, comme lorsqu’un enfant tombe malade pendant 15 jours », estime Stéphanie Allenou, maman de quatre enfants qui a raconté son burn out parental dans Mère épuisée.

mere epuiséeLa différence avec l’épuisement parental, c’est que ça dure des mois ou des années. Stéphanie Allenou, auteure de « Mère épuisée »

Quand la fatigue cloue au lit dès le réveil, qu’elle limite l’attention accordée à ses enfants, ce sont les premiers symptômes de l’épuisement parental. Ce vide émotionnel et physique empêche de réfléchir. « Si on se sent très fatigué depuis deux semaines et qu’on commence à être fortement irritable, c’est un signal d’alarme », alerte la docteure Moïra Mikolajczak, professeure et directrice de recherche sur le burn out parental à l’UCLouvain.

2) Le désir de vouloir tout contrôler
Les experts interrogés par franceinfo sont unanimes : les parents touchés par l’épuisement parental sont souvent ceux qui se sont faits une haute estime de leur rôle, avant la naissance de leur enfant. En clair, ils veulent être parfaits et se mettent la pression : « C’est ce qui les épuise en fait, pointe la docteure Mikolajczak. Et c’est ce qui est paradoxal : car en voulant être parfaits, ils se retournent contre leurs enfants. »

Burn-out parentaleMême au bord de l’épuisement, les mères continuent de s’agiter et de vouloir tout gérer comme des chefs d’entreprise du CAC40 mais un jour, le corps dit ‘stop’ et elles ne peuvent plus se lever, elles ne peuvent plus rien faire.  « Depuis les années 1980-1990, la place de l’enfant a profondément changé, elle est devenue primordiale », estime la docteure Liliane Holstein, psychanalyste et auteure de Burn out parental.

Il est au centre de toutes les préoccupations de la famille : il ne doit manquer de rien pour bien grandir et le parent doit être aimant, disponible, attentif à tous les instants. « Les parents sont dans une course à la perfection pour être aimés par leurs enfants, souligne Liliane Holstein. Ce qui fait qu’il n’y a jamais de détente du matin jusqu’au soir, que les parents sont épuisés. »

3) Une tendance à l’isolement
Cette volonté de toujours faire mieux peut également entraîner un repli sur soi jusqu’à l’isolement. Les parents en proie à l’épuisement ont l’impression que leurs amis et leur famille font mieux qu’eux. Que leur enfant est le plus difficile, qu’ils sont les plus débordés, les plus en retard.  La docteure Moïra Mikolajczak donne l’exemple de l’attente à la sortie de l’école quand les parents s’observent : « On est tous des mini-juges, on se juge les uns les autres en permanence ».

Face aux autres parents qui leur semblent parfaits, les parents en burn out ont l’impression de ne plus savoir gérer le quotidien et souffrent de la comparaison, ce qui est un autre facteur de stress. « Quand on arrive à dire qu’on leur donne des fessées, qu’on ne les supporte plus, soit on nous juge, soit on nous dit ‘c’est pas grave, toutes les mères passent par là et ça ira mieux ensuite' », raconte Stéphanie Allenou.

Claire, maman à 39 ans d’une petite fille d’un an, a pourtant essayé d’en parler avec ses collègues : « Tous les matins, on arrive à la machine à café avec des cernes, en n’ayant pas dormi de la nuit, tout le monde nous dit ‘ça ira mieux’, ‘c’est normal’ et nous taquine, mais non, ça n’a ira pas mieux demain. » L’incompréhension que les parents en burn out ressentent les pousse ainsi à ne plus parler de leur mal-être et à s’enfermer.

4) Le sentiment de culpabilité
Les parents épuisés ont souvent l’impression de ne plus contrôler leur vie, qui ne ressemble en rien à ce qu’ils avaient imaginé, avant la naissance de leur enfant. Un contraste qui peut donner le sentiment d’être de « mauvais » parents et/ou d’avoir de « mauvais » enfants.

Selon Stéphanie Allenou, désormais à la tête d’une association de soutien à la parentalité, l’Îlôt Familles, et d’un lieu d’accueil parents-enfants à Nantes, c’est « une histoire de reconnaissance qui est le troisième pilier de l’épuisement. » Les mères actives qu’elle rencontre lui font part de leur culpabilité permanente : elles culpabilisent devant leurs collègues quand elles quittent le travail trop tôt et font de même quand elles viennent chercher leur enfant trop tard à la crèche. De quoi faire naître une « impression qu’ils n’en font jamais assez », ou jamais assez bien, qui entraîne une dévalorisation personnelle et une perte de confiance en soi.

5) Des troubles du sommeil, de l’appétit et du désir
Des heures à tourner dans le lit, à compter les moutons et à regarder les minutes défiler sur le réveil. Pourtant épuisés, les parents à bout parviennent difficilement, voire pas du tout, à trouver le sommeil, le soir venu.

Enfin au lit, ils égrènent dans leur tête la liste des tâches qu’ils vont devoir accomplir dès le réveil et angoissent d’avance. L’accumulation d’autres symptômes peut être un signal d’alarme comme un amaigrissement ou une prise de poids importante et l’éloignement avec le conjoint.

6) Un épuisement émotionnel intense
L’épuisement s’accumule face à la répétition quotidienne des mêmes crises : pour se laver, pour manger, pour s’habiller …  Pour que la colère n’éclate pas à la moindre bêtise, les parents prennent sur eux et refoulent leurs propres émotions. « J’essaie de faire des activités avec les enfants, qu’ils soient propres et bien habillés, que la maison soit tenue correctement, le frigo rempli, souffle une mère qui préfère rester anonyme. Mais dans tout ça, je me suis abandonnée. »

Cet épuisement émotionnel doit être un signal d’alarme avant le burn out parental. Les parents qui en sont victimes ne sont plus en mesure de réguler leurs émotions. « Ils peuvent dire qu’ils adorent leurs enfants et en même temps, dire juste après, pourquoi je les ai faits ?   Si je pouvais les tuer, je le ferais », assure la docteure Liliane Holstein. Ils gèrent les tâches de la vie quotidienne de manière automatique, presque robotisée.

7) Une distanciation affective avec les enfants
Les parents contactés décrivent une absence d’émotions qui génère une véritable distance avec leurs enfants. Marie, 27 ans et maman d’un petit garçon d’un an et demi, a vécu cette situation au moins d’août. « J’ai expliqué à mon médecin que je ne supportais plus mon fils, que j’avais envie de le taper. Des fois, je le regardais et je n’avais pas envie de le prendre dans mes bras. Je le regrette, c’est quelque chose d’horrible. »

Selon la docteure Mikolajczak, cette distanciation affective, synonyme de burn out parental, multiplie par vingt le risque de violenter ses enfants : « Dès qu’on a une parole ou un geste qui tranche totalement avec ce qu’on fait habituellement, c’est un signe qu’il faut aller consulter : si je suis une personne attentive et que d’un coup, je dis à mon enfant : ‘ma vie était tellement plus belle quand tu n’étais pas là’, je dois absolument aller consulter. » C’est l’accumulation de ces symptômes au quotidien qui doit vous alerter.

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Vers la création d’un passeport santé numérique international

pass careAlcatel-Lucent Enterprise et la start-up InnovHealth lancent une plateforme interactive de communication et de partage de l’information médicale (ordonnances, examens, comptes rendus médicaux …) entre patients et professionnels de santé qui s’appuie sur la technologie de la blockchain.

C’est une innovation qui pourrait changer le quotidien des patients atteints de maladies chroniques (15 millions en France) qui accumulent ordonnances, consultations chez des spécialistes et examens en tous genres. Elle devrait aussi faciliter la vie de ceux qui voyagent et sont amenés à être soignés partout dans le monde. Alcatel-Lucent Enterprise et la start-up InnovHealth lancent PassCare, une plateforme interactive de communication et de partage de l’information médicale (ordonnances, examens, comptes rendus médicaux …) entre patients et professionnels de santé.

L’innovation se matérialise par une carte associée à un QR code et à un mot de passe et fonctionne via une application. «Pass’Care a vocation à jouer le rôle de passeport numérique universel, accessible partout dans le monde à condition d’être connecté à Internet, explique Adnan El Bakri, chirurgien urologue, spécialiste du big data et de l’intelligence artificielle, qui a fondé InnovHealth en 2016. Nous sommes partis du constat suivant : il n’existe à ce jour aucune technologie permettant de lier les systèmes informatiques des établissements de santé et les logiciels des praticiens avec leurs patients. Ces derniers deviennent maîtres de leurs données de santé.»

En ayant une vision d’ensemble du dossier de leur patient, les médecins y voient un gain de 5 à 10 minutes par consultation. Grâce à l’intelligence artificielle, PassCare facilite prévention et dépistage via un système d’alertes personnalisées. La technologie de la blockchain permet de sécuriser les données qui sont immédiatement anonymisées.

L’acteur Christophe Lambert en ambassadeur
PassCare, dont la version pilote a couvert 250.000 patients, est officiellement lancé le 1er février. S’il est accessible aux particuliers (à partir de 2,99 euros par mois), son modèle économique repose avant tout sur les professionnels : les entreprises peuvent abonner leurs salariés. L’Oréal et d’Alcatel-Lucent figurent parmi les premiers clients. Les établissements de soin et professionnels de santé sont également prescripteurs. Le groupement de pharmaciens Totum, les hôpitaux universitaires de l’Est parisien Tenon, les mutuelles Hélium ou encore le courtier en assurance Servyr ont également sauté le pas. InnovHealth est par ailleurs en discussions «très avancées» avec un État africain qui pourrait lui confier la gestion de son système de santé.

En collaborant avec Alcatel-Lucent Enterprise (ALE), InnovHealth a enrichi son offre des fonctionnalités de chats, messageries instantanées, vidéos et téléconsultation. «Notre ambition est de contribuer à optimiser le parcours de soins en associant notre écosystème Rainbow, précise Nicole Hill, directrice santé d’Alcatel-Lucent Enterprise. Le système de santé dépasse aujourd’hui les murs de l’hôpital.» De son côté, ALE l’a inclus à la palette de services qu’il propose à ses clients. Sa force de frappe internationale devrait aider PassCare à grossir.

InnovHealth s’apprête à lancer une deuxième levée de fonds avec l’ambition de recueillir 5 millions d’euros pour accélérer son développement commercial et la R&D. Parmi sa vingtaine d’actionnaires, il compte l’acteur Christophe Lambert qui en est devenu l’un des premiers clients aux États-Unis et l’ambassadeur. L’entreprise conçoit son offre comme complémentaire aux dispositifs nationaux comme le dossier médical partagé (DMP) en France, une sorte de carnet de santé numérique. Avec PassCare, elle espère aussi apporter sa pierre à la recherche. «L’objectif est aussi de fournir des cohortes de patients grâce aux données collectées sur la plateforme», ajoute Adnan El Bakri. Un énorme marché en perspective. Il devrait passer d’ici cinq ans de 690 millions à 1,35 milliard de dollars, selon l’entreprise Iqvia (ex-IMS Health).

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Hygiène intime et fuites urinaires

fuite urinaireAprès un accouchement ou lors de la ménopause, les fuites urinaires sont fréquentes. Trois millions de femmes seraient concernées en France.

Handicapant la vie au quotidien, ces troubles souvent tabous peuvent être traités. Le point sur les règles d’hygiène intime et les solutions adaptées.

Trois millions de femmes souffriraient d’incontinence en France. Les conséquences psychosociales sont lourdes. Une bonne hygiène intime et des protections adaptées peuvent améliorer le quotidien de ces femmes. Mais la rééducation périnéale ou la chirurgie sont parfois nécessaires.

Hygiène intime et fuites urinaires
Après un accouchement ou lors de la ménopause, les muscles du périnée peuvent être affaiblis. Les femmes sont alors victimes d’incontinence urinaire, lors d’un effort (sport, rire, éternuement) ou en permanence. Plusieurs attitudes sont à suivre en matière d’hygiène intime. Les odeurs liées à l’incontinence amènent souvent les femmes à renouveler les toilettes intimes.

L’usage d’un savon ou gel approprié est recommandé une à deux fois par jour. Si la fréquence de la toilette doit être augmentée, il faut la pratiquer à l’eau claire, sans savon. En effet, un « excès » de propreté diminue les défenses naturelles et créé des conditions favorables au développement de germes. Les douches vaginales sont vivement déconseillées pour les mêmes raisons.

L’usage de protections adaptées à l’incontinence est vivement conseillé. Plusieurs modèles existent en fonction de l’importance des fuites. La fréquence de changement de ces protections peut aller d’une à plusieurs fois par jour. Les produits proposés aujourd’hui possèdent généralement un système de « contrôle » d’odeur efficace. Mais lorsque les fuites urinaires handicapent la femme au quotidien, d’autres solutions existent.

La rééducation et la chirurgie
Contraignant, le port de protection n’est pas la panacée des fuites urinaires. La rééducation périnéale suffit parfois. Elle consiste à re-muscler le périnée pour qu’il retrouve sa fonction de contrôle. Des exercices simples peuvent être pratiqués à la maison. On peut s’entraîner à retenir le jet lors de la miction. Si ces exercices ne suffisent pas, un kinésithérapeute peut proposer des séances à l’aide de sondes introduites dans le vagin.

La première technique, appelée l’électro-stimulation, consiste à stimuler électriquement les muscles du périnée. L’autre technique est le biofeedback. Toujours à l’aide d’une sonde, la femme peut évaluer l’efficacité de ses contractions via un écran ou un signal sonore. Elle peut ainsi s’entraîner à contracter les « bon » muscles. Ces deux méthodes sont sans douleur et suffisent parfois à enrayer les problèmes de fuites urinaires.

En cas d’échec, la chirurgie est alors le seul moyen de traiter l’incontinence. Elle s’avère efficace chez 90 % des patientes. Pour les fuites liées à l’effort, l’urologue proposera la pose de bandelettes synthétiques visant à comprimer l’urètre lors des efforts. Cette intervention se fait sous anesthésie locale et la femme ressort de l’hôpital le soir même. Concernant autres types de fuites, si certains traitements médicamenteux ne suffisent pas, la pose d’un sphincter artificiel est très efficace.

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Les recettes de la Suède pour soigner mieux et pas plus cher

suéde soin medicauxUrgences saturées, pénurie de médecins : ces contraintes ont poussé l’Etat providence à innover pour mieux soigner, avec des moyens identiques.

Renvoyer les patients chez eux au plus vite. Maria Taranger, qui dirige les urgences gériatriques de l’immense hôpital de Sahlgrenska, à Göteborg, deuxième ville de Suède, en a fait son cheval de bataille. Cette blonde pétulante a lancé une vaste réorganisation visant à réduire la durée des hospitalisations, coûteuses et, surtout, dangereuses.

A l’hôpital, les patients âgés risquent des infections et perdent en mobilité et en autonomie. « Médicalement, je me sens plus rassurée lorsqu’un patient quitte l’hôpital », admet-elle. Maria Taranger préfère les bichonner à domicile grâce aux économies réalisées : « Un séjour de huit jours à l’hôpital permet de financer 106 visites par une infirmière, trente-huit jours dans une maison de repos et 56 visites chez un généraliste », relève-t-elle.

Son service des urgences a même créé, en 2016, des « équipes mobiles » formées d’un infirmier et d’un médecin, qui se rendent au domicile des patients jugés fragiles dans les jours suivant l’hospitalisation. Son coéquipier, Max, infirmier, embraie : « On se rend compte de l’état du patient dans sa vie réelle. Sur leur lit, tous les patients se ressemblent. Chez eux, certains se révèlent plus actifs qu’on imaginait ou, à l’inverse, plus fragiles ». Ces équipes mixtes ont aussi plus de temps qu’un généraliste à consacrer à ces malades délicats : « Nous voyons cinq patients par jour, un généraliste en voit 20. »

Comme en France, L’État providence suédois offre à sa population une couverture santé généreuse. Les deux pays font d’ailleurs partie des plus dépensiers, avec un bon accès aux soins. Mais, comme dans l’Hexagone, le système suédois est sous pression. « Nous avons une population qui vieillit, des urgences saturées, un taux d’occupation des lits de 105 %, des ressources financières limitées et une pénurie de médecins », résume Maria Taranger.

Ces contraintes ont un côté salutaire : elles ont poussé les Suédois à multiplier les innovations afin de mieux soigner avec des ressources financières identiques et face à des besoins qui explosent. En appliquant la méthode nordique du consensus : « Les huit partis politiques ont soutenu notre stratégie, votée au Parlement régional », explique Tobias Nilsson, directeur de la stratégie santé de la région de Göteborg.

Rentable télémédecine
Avec ses régions du Nord faiblement peuplées et ensevelies sous la neige pendant les longs mois d’hiver, la Suède s’est lancée notamment dans la télémédecine. A Göteborg, le dermatologue John Paoli a ainsi développé une application permettant aux généralistes d’obtenir, par une simple photo faite sur smartphone, le diagnostic du dermatologue hospitalier sur la dangerosité d’un vilain grain de beauté.

Son invention, qui a reçu le prix de l’innovation suédoise en 2013, a déjà été adoptée par 20 centres de santé régionaux. Testée sur deux groupes de quelque 800 patients, elle a permis une prise en charge bien plus rapide des cas de mélanomes (neuf jours au lieu de trente-cinq), évitant 20 % de visites inutiles à l’hôpital. Un gain de 10 millions d’euros pour la collectivité.

Contrat patient-hôpital
Autre recette dont pourrait s’inspirer la médecine française : le Person Centered Care, le soin centré sur la personne. « J’étais très sceptique quand les chercheurs de l’Université de Göteborg m’ont proposé d’adopter cette méthode », admet le docteur Jerzy Kaszyncki, le chef du département gastro-entérologie.

En 2011, il accepte le projet. « Le principe général est de voir dans un patient non pas un malade mais une personne, qui devient acteur de santé », dit-il. Après deux jours de remue-méninges, un groupe de six médecins et neuf infirmières a élaboré une nouvelle façon d’accueillir les malades. « Dans les 24 heures suivant son arrivée, chaque patient passe un entretien. Nous lui demandons pourquoi il se trouve là et quelles sont ses attentes. »

Un document, court et intelligible, formalise le « contrat » passé entre l’hôpital et le malade, et indique le jour de sa sortie. « Les patients sont invités à participer à la planification de leur traitement, quand les symptômes baissent un peu », précise le professeur Mats Gustafsson, du département psychiatrie.

L’amélioration, qualitative et financière, est évidente : taux de satisfaction en nette hausse et durée d’hospitalisation réduite de 25 % en six ans. Avec d’importantes économies à la clé. Un sujet dont les médecins suédois parlent sans complexe : « Ne pas être attentif aux coûts revient à priver la collectivité de ressources pour une autre branche de la médecine, souligne Maria Taranger. Pour nous, il est tout à fait éthique de parler d’argent. »

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Manque de sommeil : symptômes et conséquences

sommeilLe sommeil est particulièrement important pour votre corps et votre santé, aussi bien physiologique que psychologique.

Maxisciences vous en dit plus sur les conséquences du manque de sommeil sur votre bien-être et sur ses manifestations.

Diabète, surpoids et maladies cardiovasculaires
Souvent liés, ces trois problèmes de santé peuvent être rencontrés à cause du manque de sommeil. En effet, le développement du diabète est plus présent en cas de manque de sommeil car celui-ci diminuerait la sensibilité à l’insuline. Ainsi, les risques de développer un diabète de type 2 sont augmentés, de même que la dégradation du contrôle glycémique. C’est particulièrement le cas chez les personnes atteintes d’obésité.

Cette désensibilisation à l’insuline est également responsable de la prise de poids. Qui plus est, plusieurs études montrent que les personnes dormant moins ou ayant un sommeil de moins bonne qualité seraient conduites à manger jusqu’à 400 calories de plus, pour une dépense énergétique identique voire réduite. Le diabète, de même que l’obésité, joue ensuite un rôle important sur le système cardiovasculaire.

Dormir peu favoriserait largement l’augmentation du stress oxydant et irait jusqu’à l’altération de la réponse inflammatoire mais aussi des mécanismes menant aux maladies cardiovasculaires. Dormir peu est ainsi associé par plusieurs études aux maladies coronariennes, à l’hypertension ainsi qu’à l’arythmie. Cependant, dormir trop est un problème aussi, puisque cela favoriserait les AVC.

Manque de sommeil et troubles de l’humeur
Le manque de sommeil est directement lié à notre état mental, à notre façon de percevoir la vie et à la manière de nous adapter aux différentes situations que nous rencontrons. Mais cela peut être à double tranchant.

Le manque de sommeil peut mener à la dépression, augmenter les troubles de l’humeur. Cependant, les personnes dépressives dorment trop et il convient de les aider à dormir moins pour les soigner.

Néanmoins, les insomnies sont souvent les premiers symptômes d’une dépression, et elles ont tendance à aggraver l’ensemble des autres symptômes, favorisant ainsi l’installation de la maladie.

Les autres manifestations du manque de sommeil
Le manque de sommeil peut provoquer des troubles digestifs, à cause de la formation de molécules inflammatoires dérangeantes. Les reflux gastro-œsophagiens deviennent par exemple un problème pour le sommeil, entraînant souvent le dormeur dans un cercle vicieux dans lequel ce qui l’empêche de dormir est provoqué par son incapacité à dormir.

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Grippe : le stade épidémique atteint dans une première région de France

vaccin grippeLe virus de la grippe gagne du terrain. Depuis la semaine dernière, l’épidémie a débuté en Occitanie. Dix régions métropolitaines sont en phase pré-épidémique.

La saison de la grippe est lancée. Le virus est particulièrement présent en Occitanie, première région à être classée en épidémie cet hiver, comme le détaille Santé publique France dans un communiqué. Toutes les autres régions de métropole sont en phase pré-épidémique, exceptées la Corse et les Pays de la Loire.

La grippe, qui se manifeste par une forte fièvre, de la toux ou des difficultés à respirer, des courbatures et des frissons, a déjà entraîné plus de 2500 passages aux urgences en France. Parmi ceux-ci, 89 cas graves admis en réanimation, dont 3 décès.

infographie pré epidemie grippe

Le stade épidémique est, cet hiver, atteint plus tardivement que lors des deux dernières années. L’an passé, le pic du virus avait été atteint lors de la semaine de Noël, alors que la grippe commençait à peine à émerger cette année à la même période. Mais « rien d’exceptionnel », explique Sibylle Bernard-Stoecklin, épidémiologiste à Santé publique France.

« Un début de circulation avec une première région en épidémie début janvier n’a rien d’exceptionnel quand on regarde les épidémies des 10 dernières années. Toutes les épidémies arrivent entre novembre et mars »

pic epidemie grippe

Un vaccin très demandé
Quant au contenu de ces microbes, « ce sont des virus de type A ((H1N1) et (H3N2)) qui circulent très majoritairement cette année. Il est encore tôt pour avoir des données sur l’efficacité du vaccin. Mais ce qui est certain, c’est que l’augmentation de la couverture vaccinale est une bonne nouvelle », poursuit la spécialiste.

Les autorités sanitaires estiment à plus de 540.000 le nombre de personnes à risque (plus de 65 ans, malades chroniques, femmes enceintes) vaccinées supplémentaires, rien qu’au 30 novembre, par rapport à l’an dernier.

Si le vaccin met 15 jours à être efficace, il n’est pourtant pas trop tard. Même si le quasi-épuisement des réserves complique la tâche des candidats à l’immunité.  « Il est encore temps de se faire vacciner pour les personnes à risque, à condition qu’elles trouvent des vaccins disponibles » explique Sibylle Bernard-Stoecklin.

Certes, les autorités sanitaires ont prévu 10% de doses supplémentaires par rapport à l’an dernier, soit plus de 11 millions de doses sur le marché. Mais début décembre, plus de 80% étaient déjà écoulées, soit 2 millions de vaccins de plus que sur tout l’hiver dernier.

Le carton de la vaccination en pharmacie
Parmi les explications, le carton de la vaccination en pharmacie dans les 4 régions expérimentatrices : Auvergne Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France et Occitanie. Selon l’Ordre des pharmaciens contacté par BFMTV, à ce jour, plus de 690.000 personnes ont été vaccinées dans les 6700 pharmacies participantes.

« Au lieu de multiplier par deux, avec deux fois plus de régions expérimentatrices, on a largement multiplié par quatre », se réjouit Gilles Bonnefond, président de l’USPO (Union des syndicats de pharmaciens d’officine).

Autre facteur : pour la première fois cette année, les pharmaciens des régions tests et les infirmiers ont la possibilité de vacciner les Français à risque qui ne l’ont jamais été.