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« J’ai peur pour toute ma famille » : la colère du père de Fiona, après la sortie de prison de Cécile Bourgeon

Nicolas ChafoulaisNicolas Chafoulais réagit sur France Bleu Auvergne à la décision de la Cour de cassation qui a permis à la mère de Fiona de sortir de prison en attendant un nouveau procès.

« Je suis en colère, c’est un coup à péter les plombs », s »emporte Nicolas Chafoulais, le père de Fiona, au micro de France Bleu Pays d’Auvergne, après la libération de Cécile Bourgeon. La condamnation en appel de Cécile Bourgeon devant la cour d’assises de Haute-Loire en février 2018 a été annulée par la Cour de cassation, mercredi 20 février.

fiona« Je ne suis pas à l’abri, si ça lui passe par la tête de venir à Clermont ou même de se pointer devant l’école de ma fille. On fait comment, là ?  s’indigne le père de Fiona. J’ai peur pour toute ma famille et je ne sais pas ce qu’elle a dans la tête. »

« Savoir qu’il y a une assassin d’enfant qui se promène… »
Cécile Bourgeon a été condamnée en appel à 20 ans de prison pour les coups mortels portés à sa fille Fiona en 2013. « On l’a vu au procès : quelqu’un qui est froid comme ça … Je pense que la population va très mal le prendre de savoir qu’il y a une assassin d’enfant qui se promène juste à côté de chez eux », a-t-il ajouté. Fiona est morte en 2013, à l’âge de 5 ans, son corps n’a jamais été retrouvé.

bourgeon cecileAprès cette décision de la Cour de cassation, Cécile Bourgeon sera une nouvelle fois jugée en appel. « Je retournerai au prochain procès, c’est sûr. Après elle comparaîtra libre, je pense que ça a une incidence sur le jury », s’inquiète Nicolas Chafoulais qui a aujourd’hui la garde de leur deuxième fille, la petite sœur de Fiona.

Bien que la Cour de cassation ne précise pas que cette cassation est « partielle », et en l’absence d’une version définitive de l’arrêt, qui doit être publiée jeudi matin, aucune source n’a été en mesure de confirmer à franceinfo que Berkhane Makhlouf, l’ex-compagnon de la mère de Fiona, est également concerné par l’arrêt de la Cour de cassation. Berkhane Makhlouf a été condamné, comme Cécile Bourgeon, à vingt ans de réclusion pour coups mortels sur la fillette de cinq ans.

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L’Allemagne met un frein à la collecte de données personnelles par Facebook

Facebook.JPGLe gendarme allemand de la concurrence a interdit l’exploitation par Facebook de données issues de deux de ses applications, WhatsApp et Instagram.

L’Allemagne met le hola, le gendarme allemand de la concurrence a fait part ce 7 février de sa volonté d’interdire à Facebook de rattacher au profil de ses utilisateurs les données collectées sur des applications extérieures comme Whatsapp et Instagram.

L’autorité considère que le plus grand réseau social au monde a abusé de sa position dominante sur le marché pour collecter des informations sur les utilisateurs à leur insu, sans leur consentement. En ligne de mire également, le suivi en ligne des personnes n’étant pas membres du réseau, qualifiées sous le nom de « profils fantômes ». Leur activité sur le Web peut notamment être suivie par le biais des boutons « J’aime » sur des pages consultées.

Trois ans d’enquête
« Facebook ne peut plus contraindre ses utilisateurs à accepter une collecte quasiment illimitée de leurs données » via des sites tiers, a résumé le patron de l’autorité allemande, Andreas Mundt, lors d’une conférence de presse.

Facebook a un mois pour faire appel de cette décision, et compte bien y recourir. « Nous ne partageons pas ces conclusions et avons l’intention de faire appel afin que les citoyens allemands continuent à bénéficier pleinement de tous nos services », a déclaré Facebook dans un article de blog.

« Le Bundeskartellamt sous-estime la concurrence féroce à laquelle nous sommes confrontés en Allemagne, interprète de manière erronée notre conformité avec le RGPD (le règlement général sur la protection des données, ndlr.) et menace le mécanisme que la législation européenne prévoit pour garantir des normes de protection des données cohérentes dans l’ensemble de l’UE », complète l’entreprise. La décision, qui n’a vocation à s’appliquer qu’en Allemagne, est le fruit d’une enquête de trois ans.

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La zone euro dit adieu aux billets de 500 euros

billet de 500 eurosExceptions faites de l’Allemagne et de l’Autriche, qui ont eu un délai, plus aucune banque centrale n’émet de billet violet.

À part, peut-être, quelques criminels, peu d’Européens pleureront le billet de 500 euros. La coupure violette a cessé d’être émise dimanche dans 17 des 19 pays de la zone euro.

Seules les banques centrales nationales d’Allemagne et d’Autriche continueront à en émettre jusqu’au 26 avril, afin de « garantir une meilleure transition », selon la Banque centrale européenne (BCE).

L’institution de Francfort avait sonné l’arrêt de mort du billet de 500 euros en 2016, redoutant qu’il ne « facilite les activités illégales ». Surnommée le « Ben Laden », cette coupure permet de transporter discrètement d’énormes montants et de faciliter ainsi la circulation d’argent sale, la corruption et le financement du terrorisme ou d’autres activités illicites.

1 million d’euros en 2,2 kg de papier
Sous cette forme, un million d’euros ne représente que 2,2 kilos de papier et peut être dissimulé dans un sac d’ordinateur portable. La même somme en billets de 100 dollars, la plus grande coupure américaine pèserait près de six fois plus, nécessitant un mode de transport beaucoup moins discret.

La décision de la BCE a pourtant été mal reçue par plusieurs pays, dont l’Allemagne, où l’on craint qu’elle ne préfigure la disparition de l’argent physique et une surveillance généralisée des transactions financières. Certaines critiques craignent que sans ces billets, il soit plus compliqué pour les banques commerciales d’entreposer physiquement de grandes sommes d’argent pour contourner un dépôt coûteux à la BCE, qui demande actuellement un taux d’intérêt négatif de 0,4 %.

Jens Weidmann, gouverneur de la Bundesbank, avait estimé à l’époque que la disparition du billet de 500 euros allait peu perturber les activités criminelles, mais plutôt « endommager la confiance » dans la monnaie unique.

Un billet cher aux Allemands
A la naissance de l’euro, c’est déjà sous la pression de l’Allemagne, qui avait auparavant une coupure de 1 000 Deutschmarks, qu’avait été créé le billet de 500 euros. Pourtant, même dans ce pays, les coupures de 500 euros ne sont pas plus fréquemment utilisées qu’ailleurs en Europe.

En zone euro, seules près de 20 % des personnes interrogées par la BCE en 2015 et 2016 avaient utilisé un billet de 200 ou 500 euros l’année précédente. Selon une étude de la Bundesbank réalisée en 2017, ce sont cependant plus de 60 % des Allemands qui ont eu au moins une fois dans les mains un billet de 500 euros, souvent comme cadeau, moyen d’épargne ou de paiement pour de grands achats.

Les billets de 500 ne représentent que 2,3 % des coupures circulant actuellement en euros. Pour ses quelques détenteurs, inutile toutefois de paniquer : les coupures renvoyées aux Banques centrales seront remplacées par des plus petites, mais les autres continueront d’avoir cours légal et ne perdront jamais leur valeur, avis aux collectionneurs.

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Apifilm, une alternative à l’emballage alimentaire plastique

apifilmCet emballage alimentaire imprégné de cire d’abeille est écologique, réutilisable et compostable. Le produit, 100% français, va être primé au salon international de la restauration, Sirha, qui  a débuté  hier  samedi à Lyon.

La guerre contre le plastique fait rage et les alternatives fleurissent. Après la décision du gouvernement d’interdire les couverts et contenants en plastique d’ici le 1er janvier 2020, d’autres produits pourraient se trouver menacés, comme les emballages alimentaires.

La solution pourrait provenir de l’Isère, à Saint-Just de Claix, près de Grenoble. C’est dans cette commune d’un peu plus de 1000 habitants que vit Delphine Sève, écologiste de longue date. Cette apicultrice gère la boutique «l’Atelier miel de Delphine». Passionnée d’abeilles, elle possède 40 ruches depuis trois ans , elle produit depuis septembre 2017 Apifilm, un emballage alimentaire écologique et durable à base de miel.

100% naturel
Ce produit alternatif au film plastique est constitué d’une toile tissée en coton naturel à laquelle de la cire d’abeille récoltée par l’apicultrice est intégrée. À cette cire naturellement antibactérienne, Delphine Sève ajoute de la résine de Pin des Landes et de l’huile de coco, cette dernière ayant des vertus antifongiques.

Apifilm présente plusieurs avantages, d’abord d’un point de vue pratique. Il s’adapte en effet aux récipients et il est modelable à souhait. On peut emballer un oignon, une pomme entamée ou son sandwich avant un pique-nique, et il supporte sans problème le froid du congélateur. Il convient pour tous les aliments, excepté les viandes et poissons crus.

Ensuite, d’un point de vue éthique : cet emballage a la particularité d’être réutilisable et d’avoir une durée de vie d’un an, au bout de laquelle il peut finir sa vie au compost. Il se lave à la main et à l’eau froide. Et en plus d’être 100% naturel, les matières premières proviennent pour la plupart de France. L’usine qui produit l’emballage, Indutex, est basée à Villers-Cotterêts, dans l’Aisne.

Une idée venue d’Amérique du Nord
Apifilm va se voir décerner ce samedi 26 janvier la mention spéciale «green» des Prix de l’Innovation 2019 du salon Sirha de la restauration et de l’hôtellerie, qui attend près de 200.000 visiteurs à Lyon jusqu’au 30 janvier. C’est la première fois que cette mention est utilisée pour un produit.

«Les organisateurs de Sirha ont décidé de mettre en lumière les initiatives écologiques, se réjouit Delphine Sève, ils ont même prévu d’ouvrir un salon 100% écolo l’an prochain, pour la première fois.» Selon elle, la sensibilisation à l’écologie de ces dernières années a permis le développement d’un marché bio de l’alimentation, et surtout sa démocratisation. «Les magasins bio ont énormément de succès et il s’en ouvre en masse, c’est très encourageant».

L’idée n’est pourtant pas nouvelle. Delphine Sève, qui est ingénieure agronome spécialisée en environnement, s’est inspirée de la tendance des «Bee’s wrap» qui a émergé il y a une dizaine d’années chez les écologistes d’Amérique du Nord. Comme la mise au point de l’emballage était relativement simple, la tendance était de créer son propre emballage à l’aide de matériaux naturels.

«Je connaissais cette tendance, explique-t-elle, alors, je me suis dit que j’allais faire pareil avec la cire que je récoltais. J’ai fait des emballages pour moi, puis pour mes copines. Au fur et à mesure, la demande augmentait, j’ai donc eu l’idée de commercialiser l’emballage». Pour Delphine Sève, le plus important se trouve dans la recette : «on trouve beaucoup de tutoriels sur internet qui expliquent comment on fait un emballage maison, mais c’est plus complexe qu’il n’y paraît, il faut savoir bien doser la cire». Delphine a l’idée de rajouter la résine de pin pour éviter que la cire ne se casse ou se décroche.

Développement croissant
La petite entreprise n’en est qu’à ses débuts. «La production est encore balbutiante, admet l’apicultrice, pour la simple raison que la découpe des emballages est artisanale et nous ne sommes que deux à la faire». Actuellement, Delphine Sève vend environ un millier de lots d’Apifilm par mois, sachant qu’un lot est constitué de trois emballages de trois tailles différentes. La vendeuse estime que deux lots correspondent au besoin d’une famille.

Actuellement, Apifilm est distribué dans une soixantaine de dépôts de vente en vrac. «Mais je compte étendre la production, espère Delphine Sève, vers les magasins bio». Surtout, l’apicultrice cherche à amoindrir les coûts de production. Actuellement, un emballage Apifilm se vend entre 14 et 17 euros, «ce qui correspond au double comparé à la consommation moyenne d’emballage alimentaire d’un ménage», admet Delphine Sève. La solution viendrait du remplacement de la cire d’abeille par de la cire végétale, de carnauba ou de soja. Pour l’instant, l’heure est à la recherche. Mais surtout, pour Delphine Sève, «l’enjeu principal est de faire connaître le produit, et que les gens se rendent compte que, oui, il existe des alternatives au plastique».

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Le fisc italien pourrait réclamer 1,4 milliard d’euros au groupe de luxe Kering

fisc italie.JPGLe fisc italien soupçonne le groupe de luxe d’avoir facturé pour le compte d’une de ses filiales en Suisse des activités réalisées en Italie pour bénéficier d’une fiscalité plus favorable.

Le groupe français de luxe Kering, avec son fleuron italien Gucci, risque un redressement fiscal d’environ 1,4 milliard d’euros en Italie.

Depuis fin 2017, le groupe de François-Henri Pinault fait l’objet d’une enquête fiscale du parquet de Milan. Le parquet de Milan soupçonne Kering d’avoir facturé pour le compte de LGI, sa plateforme logistique située en Suisse, des activités en fait réalisées en Italie pour bénéficier d’une fiscalité plus favorable.

En mars, le site d’information Mediapart avait affirmé que le géant français aurait soustrait environ 2,5 milliards d’euros d’impôts depuis 2002, « pour l’essentiel au préjudice du fisc italien, mais aussi de la France et du Royaume-Uni. »

Mediapart affirmait aussi qu’à la suite du rachat de Gucci en 2000, Kering avait « étendu le système conçu par le groupe italien à toutes ses marques de luxe (hors joaillerie), dont les françaises Balenciaga et Yves Saint Laurent. La maison Saint Laurent a éludé à elle seule le paiement d’environ 180 millions d’euros d’impôts en France », poursuivait le site.

Kering conteste
Vendredi, Kering a annoncé qu’« une équipe d’audit des autorités fiscales italiennes a finalisé un audit fiscal » selon lequel Luxury Goods International (LGI), une de ses filiales suisses, « aurait exercé en Italie des activités qui auraient dû donner lieu au paiement d’impôts sur les sociétés en Italie, ce que Kering conteste », affirme le groupe dans un communiqué.

L’audit porte sur les résultats des années 2011 à 2017,  celui-ci va désormais être examiné au sein du fisc italien « par le service chargé d’évaluer les conclusions du rapport, qui prendra alors sa décision finale » et notifiera un éventuel redressement.

Kering s’est dit « confiant quant à l’issue de la procédure en cours et continuera de collaborer pleinement, en toute transparence, avec l’administration fiscale pour faire valoir tous ses droits ».

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La justice française interdit le Roundup Pro 360 de Monsanto

roundup pro 360 de monsantoLe tribunal administratif de Lyon a annulé ce mardi l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, un désherbant contenant du glyphosate commercialisé par Monsanto.

Le Roundup Pro 360 doit « être considéré comme une substance dont le potentiel cancérogène pour l’être humain est supposé ». Autrement dit, il peut causer le cancer. Pour arriver à cette conclusion, les juges du tribunal administratif de Lyon se sont appuyés sur les études du Centre international de recherche sur le cancer.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait pourtant autorisé ce produit en mars 2017. Mais les juges estiment qu’elle avait commis une erreur d’appréciation au regard du principe de précaution.

C’est le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) qui avait saisi en mai 2017 la justice pour réclamer le retrait de ce désherbant. Pour son avocate, Maître Corinne Lepage, la décision des juges est « absolument majeure », puisque « elle devrait concerner tous les Roundup ». Le tribunal considère en effet que tous les produits contenant du glyphosate sont probablement cancérogènes.

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Alstom et Siemens entament le deuil de leur projet de fusion

alstom et siemensLes constructeurs ferroviaires Alstom et Siemens ont commencé jeudi à douter publiquement du succès de leur projet de créer un « Airbus du rail », refroidis par les concessions exigées par la Commission européenne pour autoriser leur fusion.

Ces réserves formulées ouvertement, très inhabituelles pour un tel projet, interviennent au moment où le gouvernement français avertit la Commission que refuser cette opération serait « une erreur économique et une faute politique », alors que l’Europe peine à faire émerger ses champions industriels face à la Chine.

« Il n’y aura plus de concessions (…). Nous sommes devant un mur trop haut », a déclaré jeudi une source au sein de Siemens, très pessimiste sur les chances de voir aboutir les noces annoncées en fanfare en septembre 2017.

« Nous continuons à nous battre. (…) La décision de la Commission européenne est attendue d’ici le 18 février, mais aujourd’hui il n’y a pas de certitude que le contenu de cette proposition sera suffisante », a estimé de son côté le patron d’Alstom Henri Poupart-Lafarge, en marge de ses résultats trimestriels.

Ligne rouge chez Siemens
Après des semaines de spéculations, Alstom et Siemens ont rendu publics les désinvestissements proposés à la Commission européenne, qui correspondent à 4% du chiffre d’affaires de l’entité combinée.

Bruxelles, chargée de veiller à ce que le redécoupage du secteur du train en Europe n’écrase pas les plus petits groupes ou ne menace les prix, s’inquiète de la position dominante que le nouvel ensemble aurait dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Côté signalisation, les deux fiancés ont proposé de céder des activités embarquées pour Siemens (historiquement françaises, héritées de Matra) et sur voie pour Alstom (non françaises). Dans la grande vitesse, le TGV d’Alstom été écarté du deal car trop franco-français, mais Siemens refuse de nouvelles concessions.

Le groupe allemand n’a aucune objection à se séparer de ses trains à grande vitesse déjà anciens Valero et de même de sa future deuxième génération, Valero Novo. En revanche, elle ne veut pas céder son joyau stratégique, l’ensemble de brevets et licences technologiques permettant de développer les trains rapides du futur, regroupé dans une entité appelée Velaro3G System.

« D’un côté, il y a la crainte de la concurrence de Chine, de l’autre côté, il faudrait accorder à un concurrent une exclusivité de dix ans ?« , fait valoir une source chez Siemens, ajoutant qu’en ce cas Siemens-Alstom serait « totalement exclu du développement de trains à grande vitesse en Europe pendant dix ans ».

 « Mauvais signal » pour l’Europe
Interrogé sur les propos d’Alstom, un porte-parole de la Commission, contacté jeudi par l’AFP, a déclaré : « Nous n’avons pas de commentaire, notre investigation est toujours en cours ». La Commission doit annoncer sa décision le 18 février. Plusieurs autorités nationales de la concurrence de pays européens, dont l’autorité allemande, ont également fait part de leurs réserves sur la faisabilité du projet.

Combattue notamment par l’intersyndicale d’Alstom, la fusion est soutenue avec vigueur par Paris et plus discrètement par Berlin : ils veulent créer un groupe capable de rivaliser avec le géant chinois CRRC. Ce dernier a réalisé l’an dernier près de 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires quand les « trois grands » occidentaux, Bombardier Transport, Siemens Mobility et Alstom, sont autour des 8 milliards.

Mais la réalité de la « menace chinoise » fait débat. Bombardier, le grand rival canadien d’Alstom et Siemens dont les activités ferroviaires sont basées à Berlin soutient notamment que la concurrence de CRRC n’est pas si terrible.

Quant à la commissaire européenne chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, elle a publiquement exprimé ses doutes à plusieurs reprises. Si elle a exhorté mardi les autres commissaires européens à faire des efforts pour « affronter les risques évidents de la concurrence chinoise », elle a aussi défendu « le droit de la concurrence de l’UE qui encourage les bons champions européens ».

« Pour être compétitif à l’étranger, il faut que la concurrence règne à domicile », a-t-elle martelé. Mercredi, le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux avait averti qu’un rejet de cette fusion par Bruxelles serait « une erreur économique et une faute politique » aussi bien qu’un « mauvais signal envoyé aux peuples européens » sur la force de résistance européenne face à la puissance industrielle chinoise.