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Légalisation du cannabis : qu’en disent les médecins ?

cannabisSi la question de la légalisation du cannabis divise sur le plan politique, les avis de spécialistes de la santé divergent tout autant. Quand certains appellent au « pragmatisme », d’autres tirent la sonnette d’alarme sur les limites d’un éventuel encadrement.

La question de la légalisation du cannabis est de nouveau sur la table. Ce jeudi les députés doivent déposer une proposition de loi pour une légalisation régulée du cannabis récréatif. L’objectif selon eux, sortir d’une posture « répressive, hypocrite et immorale » alors que 5 millions de Français consommeraient du cannabis. Surtout, ils souhaitent aligner la fiscalité du cannabis sur celle du tabac, ce qui rapporterait 1,8 milliards d’euros à l’État pour des actions de prévention ou de sensibilisation.

Mieux accompagner les fumeurs
C’est députés ne sont pas les seuls à faire cette proposition. Dans un rapport publié ce jeudi, le Conseil d’analyse économique (CAE), un groupement d’économistes rattaché à Matignon, se positionne clairement en faveur de sa pénalisation et appelle à créer un « monopole public de production et de distribution du cannabis », avec producteurs agréés et boutiques spécialisées. De même que les 70 personnalités qui ont signé une tribune à ce sujet publiée mercredi dans l’Obs, appellent les pouvoirs publics « à agir vite » pour légaliser le cannabis au nom du « pragmatisme ».

Mais outre le point de vue économique, les spécialistes de la santé,eux, n’ont pas tous le même son de cloche. Pour certains médecins, la légalisation du cannabis permettrait de mieux l’encadrer. C’est ce que pense William Lowenstein, médecin et président de SOS Addiction. Selon lui – alors que les adolescents français sont les plus grands consommateurs de cannabis en Europe, sa légalisation serait un moyen de dire « stop à l’hypocrisie », pour accompagner au mieux ces fumeurs : « Il ne faut pas envoyer le message que légaliser signifie favoriser l’accès mais plutôt le réguler et prévenir des méfaits des consommations », explique-t-il, tout en insistant sur le fait que le cannabis reste très dangereux pour les adolescents.

Les limites de l’encadrement
Pour le chef du service de toxicologie du CHU de Garches, Jean-Claude Alvarez, invité de BFMTV, il en est autrement. En effet légaliser le cannabis ne permettrait pas de résoudre totalement les problèmes liés à cette drogue selon lui, et aurait sans doute d’autres conséquences : « Aujourd’hui on essaie de faire diminuer la consommation d’alcool chez les jeunes, la consommation de tabac, et là subitement on se dit qu’on va autoriser la consommation de cannabis par un système légalisé (…) Je me pose des questions d’un point de vue santé publique », explique-t-il.

Récemment, le Canada ainsi que plusieurs États américains ont suivi l’exemple de l’Uruguay, premier pays du monde à avoir légalisé le cannabis récréatif en 2013. Mais pour Jean-Claude Alvarez, cet encadrement a des limites : « Aux États-Unis c’est interdit aux mineurs, et pourtant le marché parallèle existe toujours pour ces mineurs. Il ne faut pas l’oublier. »

Un volet préventif
Si le cannabis était légalisé, les produits mis en vente dans des boutiques spécialisées contiendraient moins de THC (Tetrahydrocannabidol) que le cannabis classique avec 0,2% maximum contre 15 à 30% pour les produits vendus de façon illicite. Mais pour certains, cette vente de produits « de meilleure qualité » sur le degré de THC ne servirait donc pas aux mineurs qui pourraient continuer à se procurer de la drogue, et encore plus nocive.

« Il faut communiquer sur la dangerosité du cannabis et dire à nos jeunes que c’est interdit. On n’entend jamais de campagnes expliquant que le cannabis c’est dangereux », regrette encore Jean-Claude Alvarez.

En décembre 2017, l’Académie nationale de médecine s’était dite inquiète de la progression de la consommation de cannabis dans un communiqué de presse. Elle y expliquait que la teneur en THC proposée à l’achat n’a cessé de croître, ce qui constitue selon les médecins un facteur aggravant des effets sur la santé physique et psychique. Elle recommandait même au contraire la totale banalisation de cette drogue.

Pour l’heure le gouvernement s’est dit quant à lui totalement opposé à une légalisation du cannabis récréatif, concédant simplement qu’il pourrait y avoir des « réflexions » sur un usage thérapeutique.

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Des députés prônent une « légalisation contrôlée » du cannabis

cannabisUne quinzaine de députés de différents bords politiques vont déposer une proposition de loi favorable à la dépénalisation du cannabis à usage récréatif. Ils réclament une légalisation « contrôlée ».

Le débat sur la dépénalisation du cannabis va-t-il être relancé par l’Assemblée nationale ?  Paris Match révèle ce mardi qu’une quinzaine de députés s’apprêtent à déposer une proposition de loi relative à « une légalisation régulée du cannabis par la mise en place d’un monopole public de production et de distribution ».

D’après le magazine, les députés plaident pour le passage à « une politique d’encadrement régulé » de l’usage du cannabis, et estiment notamment que « la France doit sortir de ses postures répressives, hypocrites et morales pour en débattre avec sérénité et détermination ».

La politique de répression, « un échec complet »
Pour eux, il est nécessaire de mettre sur pied une société nationale afin d’avoir le monopole sur la production et la vente au détail du cannabis. Cette entreprise publique, qui serait baptisée « Société d’exploitation du cannabis », aurait ainsi pour but de fournir les semences aux agriculteurs et de « fixer les prix planchers aux débitants ».

Enfin, assurent ces élus, la fiscalité du cannabis serait alignée sur celle du tabac, « avec la création d’une taxe additionnelle ». Ce qui, selon les députés, permettrait de dégager une manne de « 1,8 milliard d’euros de recettes fiscales ».

La vente, par les buralistes, serait interdite aux mineurs. Un arrêté du ministre de la Santé fixerait le taux autorisé de THC, principale substance psychoactive de la plante. Et le produit des taxes sur le cannabis pourrait être pour partie « consacré aux politiques de prévention et de réduction des risques, notamment en direction des jeunes et des populations vulnérables ».

Soutien d’élus LaREM, Insoumis et PS
Paris Match indique que le député des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert, du groupe Libertés et territoires, est à l’initiative de cette proposition de loi. Il considère que « la politique de forte répression est un échec complet ».

Mais d’autres élus, de quatre bords politiques différents, comptent soutenir cette proposition de loi, parmi lesquels des élus LaREM (Delphine Bagarry, Annie Chapelier, Hubert Julien-Laferrière, Pierre-Alain Raphan et Cécile Rilhac), deux Insoumis (Eric Coquerel, Loic Prud’homme), un socialiste (Régis Juanico) et plusieurs autres membres du groupe Libertés et territoire (Sylvia Pinel, Paul Molac, Jean-Michel Clément, Jeanine Dubié, Frédérique Dumas, François Pupponi).

« La politique française de lutte contre le cannabis, essentiellement répressive, n’a pas permis de juguler les trafics et de faire diminuer la consommation. Pire, la demande est en augmentation constante », font valoir ces élus.

Début avril, le Premier ministre Édouard Philippe avait estimé qu’il serait « absurde » de s’interdire d’étudier les possibilités du cannabis thérapeutique. Mais « il ne s’agit en aucun cas d’une légalisation de la vente de cannabis », avait précisé Matignon.

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Theresa May propose un nouvel accord aux députés et la possibilité d’un nouveau référendum

Theresa May Visits Northern IrelandLa Première ministre britannique propose aux parlementaires un nouveau projet d’accord pour tenter de sortir de l’impasse. Les élus pourront aussi décider de la mise en place d’un nouveau référendum pour confirmer le texte, s’il est voté.

La Première ministre britannique a annoncé mardi une série de compromis, dont la possibilité de voter sur un second référendum et le maintien dans une union douanière temporaire avec l’Union européenne, afin de tenter de rallier à son plan de Brexit la majorité des députés.

Theresa May les a enjoints de la soutenir, assurant qu’il s’agissait de la « dernière chance de trouver un moyen » de répondre à la volonté des Britanniques, qui ont voté à 52% pour la sortie de leur pays de l’Union européenne en juin 2016.

Les élus ont rejeté à deux reprises l’accord de Brexit conclu en novembre par la dirigeante avec Bruxelles, l’obligeant à repousser à deux reprises la date de la sortie britannique, désormais programmée pour le 31 octobre au plus tard. Cela a aussi contraint le gouvernement à organiser en catastrophe des élections européennes qui se tiennent jeudi près de trois ans après le référendum en faveur du Brexit.

La possibilité d’un référendum si l’accord est voté
Si les députés approuvent le projet de loi, qui leur sera présenté début juin, elle entend les faire voter sur la tenue d’un nouveau référendum pour confirmer l’accord, ainsi que sur le maintien temporaire du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE.

Au sujet de ce possible nouveau référendum, Theresa May a rappelé sa position: « Je ne crois pas que ce soit la route que nous devrions prendre, parce que je pense que nous devrions être en train de mettre en œuvre le résultat du premier référendum et non pas demander au peuple britannique de voter pour un second. »

« Mais je reconnais la véritable et sincère force de conviction à travers la Chambre sur ce sujet important. C’est pourquoi le gouvernement inclura dans l’accord de sortie en introduction la condition de voter sur la tenue ou non d’un second référendum […] pour confirmer l’accord. »

La dirigeante conservatrice a affirmé que son projet de loi donnera des garanties supplémentaires sur les droits des travailleurs et les protections environnementales, ce qui était aussi réclamé par l’opposition travailliste.

Ces annonces interviennent quatre jours après la rupture par le Labour des discussions avec Theresa May destinées à trouver une solution pour mettre en œuvre le Brexit.

Arrangements alternatifs au backstop
La Première ministre, qui avait promis de faire une « offre audacieuse » sur le Brexit a déclaré mardi avoir aussi écouté les inquiétudes des unionistes du petit parti nord-irlandais DUP à propos du filet de sécurité (« backstop » en anglais) une solution incluse dans le Traité de retrait de l’UE et destinée à éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et l’Irlande, après le Brexit afin de préserver les accords de paix de 1998 et l’intégrité du marché unique européen.

Il s’agit d’une solution de dernier recours qui n’entrerait en vigueur qu’après la période de transition si aucune autre solution n’est trouvée d’ici à la mi-2020 entre Londres et Bruxelles. Theresa May a précisé que le gouvernement aura l’obligation de chercher des arrangements alternatifs au backstop d’ici décembre 2020.

Qu’ils adoptent ou rejettent ce projet de loi, Theresa May devra se préparer à céder sa place. Jeudi, elle a été sommée au cours d’une réunion avec le « comité 1922 », responsable de l’organisation des Tories, de « convenir » dès juin « d’un calendrier pour l’élection d’un nouveau chef du parti conservateur », selon le président du comité Graham Brady.

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Pourquoi le Parlement européen se situe à la fois à Strasbourg et à Bruxelles ?

Parlement européen se situe à la fois à Strasbourg et à BruxellesChaque jour, RMC se pose une question concrète au sujet de l’Europe.

Les députés européens doivent faire la navette une semaine par mois entre les deux villes. Des voyages qui coûtent cher : plus de 114 millions d’euros pas an.

Historiquement, le Parlement européen est installé à Strasbourg, ville symbole de la réconciliation franco-allemande. Et officiellement, il est encore et toujours à Strasbourg. C’est là-bas que se déroulent la plupart des séances plénières et où les députés adoptent donc les textes européens.

Mais au fil des années, Strasbourg est devenu étroit et surtout pas très pratique. La commission et le conseil siègent à Bruxelles. Et c’est donc naturellement que Bruxelles a aussi accueilli le Parlement. Pour faciliter la communication et les travaux des députés en commission.

Bientôt un regroupement ?
Pour résumer, à Bruxelles, on travaille et à Strasbourg, on vote. Les députés, et toutes leurs équipes, font donc la navette, une semaine par mois, entre les deux villes. C’est la grande transhumance, les piles de dossiers, les grosses malles, les hôtels, les restaurants. Tout cela coûte cher: au moins 114 millions d’euros par an.

A l’automne dernier, une majorité d’eurodéputés ont voté un texte pour dire que tout serait plus simple s’ils travaillaient en un seul et même lieu.

Mais il faut que ce texte soit validé par les 28 ou bientôt 27 chefs d’État ou de gouvernement, dès lors que le Royaume-Unis sera sorti de l’Union européenne. Et pour le moment, aucun n’a osé. Surtout pas de chef d’État français qui porterait la responsabilité de faire disparaître l’hémicycle alsacien.

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Parlement, Commission, Conseil européen …

union europenne europe drapeau europenSouvent perçues comme lointaines et absconses, les institutions européennes ont chacune un rôle spécifique et des ramifications diverses, qui se sont complexifiées avec le temps.

Tous les cinq ans, les projecteurs se tournent vers elles. Sans doute à tort, mais leur complexité en dissuade beaucoup d’y jeter un œil. Les institutions européennes, multiples, vont pour partie être renouvelées après mai 2019, à commencer par le Parlement.

BFMTV.com vous fait un rapide tour d’horizon des différents étages de cette fusée qui, depuis sa construction initiale dans les années 1950, s’est diversifiée et souvent,  c’est ce que lui reprochent de nombreux citoyens européens, complexifiée.

Commission européenne
C’est la branche exécutive de l’UE. Présidée depuis 2014 par l’ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, la Commission européenne est « chargée d’élaborer des propositions législatives et met en œuvre les décisions du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne ». Gardienne des traités (TUE et TFUE), elle s’appuie sur ces derniers pour établir les budgets annuels de l’UE, qui doivent être approuvés par le Parlement et le Conseil de l’UE.

Son président est proposé par les chefs d’État et de gouvernement réunis au sein du Conseil européen, en tenant compte des résultats des élections du Parlement européen. Pour être élu, le candidat doit être approuvé par la majorité des députés européens. Les commissaires et vice-présidents de la nouvelle équipe sont, eux, sélectionnés par le président élu, sur la base des propositions des États membres.

En coordination avec la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), la célèbre instance bruxelloise veille à l’application correcte de la législation européenne dans tous les États membres. Elle peut décider d’en sanctionner certains pour non-respect de principes « fondamentaux » de l’UE. Ce qu’elle a fait pour la première fois contre la Pologne, fin 2017, via une procédure de l’article 7.

La Commission européenne vérifie par ailleurs l’application correcte des traités et des décisions à l’échelle européenne, ainsi que l’attribution des subventions publiques. Elle peut saisir la CJUE dans le cas où un État membre manque à ses devoirs. Elle veille aussi à l’application,  cette fonction fait d’ailleurs l’objet de beaucoup de critiques au niveau des populations,  des règles de concurrence et sanctionne les entreprises ne les respectant pas.

Parlement européen
Il s’agit d’un des organes les plus visibles de l’UE et c’est par son truchement que l’Europe revient au cœur des actualités politiques nationales en 2019. Ses 751 membres, qui remettent leur siège en jeu lors des élections européennes (du 23 au 26 mai prochain), adoptent la législation de l’Union conjointement avec le Conseil de l’UE.

Le Parlement européen se prononce aussi sur les accords internationaux et sur les potentiels élargissements de la zone. Il établit le budget de l’UE, conjointement avec le Conseil, et approuve le « cadre financier pluriannuel », budget de long terme.

Ses travaux s’articulent, de manière semblable au fonctionnement de l’Assemblée nationale française, autour de séances en commission (il y en a vingt, auxquelles s’ajoutent deux sous-commissions) à Bruxelles et de sessions plénières, où ont lieu les votes définitifs. Elles se déroulent normalement à Strasbourg quatre jours par mois, mais des sessions supplémentaires ont parfois lieu à Bruxelles.

Conseil européen
Il se tient plusieurs fois par an, souvent à Bruxelles, et est toujours agrémenté du même rituel: les chefs d’États membres de l’UE arrivent un à un, se succèdent devant les micros avant de retrouver Jean-Claude Juncker, lui serrer la main, prendre la pose pour les caméras, puis rentrer dans une enceinte. À la sortie, les participants prennent le temps de s’adresser aux médias pour faire leur bilan du sommet, entre « avancées », « délibérations » et « progrès ». C’est cela, un Conseil européen.

Réunissant l’ensemble des dirigeants des pays de l’UE afin de définir les priorités politiques de celle-ci, cette instance représente le plus haut niveau de coopération entre États membres. S’y côtoient Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May, Alexis Tsipras ou Viktor Orban, pour citer des exemples connus.

Le Conseil européen (à ne pas confondre avec le Conseil de l’UE, encore moins avec le Conseil de l’Europe) se réunit généralement de façon trimestrielle, sous la houlette d’un président permanent, en l’occurrence le Polonais Donald Tusk. Des réunions extraordinaires peuvent être convoquées, comme ce fut le cas tout au long de la crise grecque.

Du Conseil européen émanent les « grandes orientations » et priorités politiques de l’UE. Il n’adopte aucun acte législatif, mais s’occupe plutôt des questions complexes qui nécessite le plus élevé niveau de coopération intergouvernementale. Il définit la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE et désigne les candidats à certaines hautes fonctions européennes, comme la présidence de la BCE ou de la Commission. Sur chaque question, le Conseil européen peut demander à ladite Commission d’élaborer une proposition ou se tourner vers le Conseil de l’UE.

Conseil de l’Union européenne
En apparence, c’est le grade inférieur au Conseil européen. Mais c’est ici que beaucoup de politiques européennes se déterminent. Le Conseil de l’UE réunit régulièrement, une fois par mois selon les cas, les ministres nationaux de chaque pays dans des domaines spécifiques. Il se décline en dix « formations »: Agriculture & pêche,  Compétitivité, Affaires économiques & financières, Environnement,  Affaires étrangères,  Affaires générales, etc …

Habilités à engager l’action de leur gouvernement sur les points convenus lors des réunions, les ministres examinent, modifient, adoptent des lois et coordonnent ensemble les politiques européennes. Ils délibèrent, au même titre que le Parlement européen, en proposant des amendements à des textes soumis par la Commission. En cas de désaccord, une deuxième et une troisième lectures sont possibles.

En outre et plus fondamentalement, le Conseil de l’UE coordonne les politiques des États membres; développe la politique étrangère et de sécurité émanant du Conseil européen, conclut des accords entre l’UE et les pays extérieurs ou les organisations internationales et adopte le budget annuel de l’UE de concert avec le Parlement européen. À l’issue des débats, qui sont publics, les décisions sont généralement prises à la majorité qualifiée (soit 55% des pays, soit des pays qui, ensemble, représentent au moins 65% de la population totale de l’UE).

Cour de justice de l’Union européenne
La CJUE interprète la législation européenne afin d’en garantir l’application uniforme dans tous les pays de l’UE. Elle statue sur les différends juridiques opposant les gouvernements des États membres et les institutions européennes.

Elle peut également, dans certaines circonstances, être saisie par des particuliers, des entreprises ou des organisations souhaitant intenter une action contre une institution de l’UE lorsqu’ils estiment qu’elle a porté atteinte à leurs droits. Notamment ceux ayant trait à la concurrence libre et non faussée.

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Les députés britanniques votent contre toutes les solutions alternatives au plan de Theresa May

brexitLes élus ont rejeté aux quatre nouvelles options de sortie de l’Union européenne qui leur avaient été présentées par Theresa May afin de conserver une coopération étendue avec l’UE.

Les députés britanniques ont voté ce lundi soir contre les quatre options alternatives à l’accord de Brexit conclu par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles.

Après avoir rejeté trois fois déjà l’accord de Theresa May, avoir voté la semaine dernière contre huit propositions parlementaires pour tenter de sortir de l’impasse, les élus ont rejeté les nouvelles options, d’initiative parlementaire, qui leur étaient présentées.

4 propositions refusées
Parmi les solutions proposées figuraient les deux qui ont recueilli le plus de suffrages mercredi, à savoir l’organisation d’un référendum sur tout accord de divorce conclu avec Bruxelles et la mise en place d’une union douanière avec l’UE. Une troisième option proposait d’arrêter le processus de Brexit en cas d’absence d’accord à deux jours de la date de sortie, qui a été reportée au 12 avril.

Enfin, la proposition d’un modèle « Norvège + », également connue sous le nom de « Common Market 2.0 », préconisait le maintien du Royaume-Uni au sein du marché unique, synonyme de liberté de circulation des biens, capitaux, services et personnes, comme la Norvège, ainsi qu’une union douanière spécifique avec l’UE, soit une politique de droits de douane et commerciale commune.

Un no-deal devenu « presque inévitable »
Le parlement « a une nouvelle fois échoué à trouver une majorité claire pour chacune des options » présentées, a réagi le secrétaire d’État au Brexit Stephen Barclay.  « La position légale par défaut est que le Royaume-Uni va quitter l’UE dans onze jours » sans accord, a-t-il ajouté.

L’auteur de la proposition « Norvège + », le conservateur Nick Boles a immédiatement annoncé qu’il quittait le Parti conservateur.  « J’ai tout donné pour tenter de trouver un compromis qui pourrait mener le pays hors de l’UE tout en maintenant notre puissance économique et notre cohésion politique », a-t-il dit visiblement très ému. « J’accepte que j’ai échoué. J’ai échoué surtout parce que mon parti refuse le compromis », a-t-il accusé.

Theresa May n’a de son côté pas exclu de présenter une quatrième fois au vote son accord de divorce. Quant au référent Brexit du parlement européen Guy Verhofstadt, il a affirmé sur Twitter qu’une sortie du Royaume-Uni de l’UE « sans accord » était devenue « presque inévitable », juste après les votes des parlementaires britanniques.

« Mercredi, c’est la dernière chance pour le Royaume-Uni de sortir de l’impasse ou faire face à l’abyme », a déclaré l’eurodéputé belge libéral Verhofstadt.

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Theresa May envisage de soumettre une 4ème fois l’accord de Brexit aux députés

Theresa MayLa Première ministre britannique Theresa May envisageait samedi de soumettre une quatrième fois aux députés l’accord de retrait de l’Union européenne, pour éviter une sortie brutale, sans accord, de l’UE le 12 avril.

Le texte a été rejeté vendredi par les députés par 344 voix contre 286, une marge cependant plus faible que les deux fois précédentes.  « La position du gouvernement est que nous pensons que la meilleure façon de respecter le référendum est de mettre en œuvre l’accord », a déclaré samedi à la BBC le président du Parti conservateur, Brandon Lewis.

L’adoption du texte est censée permettre au Royaume-Uni de quitter le giron de l’UE avec une période de transition jusqu’à fin 2020, afin d’éviter une rupture trop brutale de liens tissés pendant 46 ans.

Plusieurs députés très eurosceptiques comme Boris Johnson, Jacob Rees-Mogg ou Dominic Raab ont finalement soutenu l’accord, changeant leur fusil d’épaule.  « Au moins nous nous dirigeons dans la bonne direction », a déclaré à des journalistes un porte-parole de Theresa May vendredi.

Les députés doivent étudier lundi des scénarios alternatifs de sortie de l’Union européenne, après avoir échoué mercredi à rassembler une majorité sur huit options qui leur étaient présentées.

Le leader du Labour appelle Theresa May à la démission
Devant les députés, Theresa May a assuré vendredi qu’elle continuerait à « plaider en faveur d’un Brexit ordonné », mais elle a reconnu aussi la nécessité de se mettre d’accord sur une « autre voie ».

Selon plusieurs quotidiens britanniques, Downing Street envisage de mettre les députés face à un choix: soit ils votent l’accord de Theresa May, soit un projet alternatif qui recueillerait le soutien de nombreux députés lundi et pencherait pour un Brexit plus doux que le texte actuel.

La cheffe du gouvernement espèrerait ainsi convaincre les eurosceptiques de son parti conservateur de voter pour son accord de retrait, qu’ils rejettent jusqu’à présent car ils considèrent qu’il ne coupe pas suffisamment les liens avec l’UE.

Près de trois ans après le référendum de juin 2016, qui avait vu le camp du « Leave » l’emporter à 52%, le Parlement reste très divisé et le sentiment de frustration domine dans la population.

Pour sortir de l’impasse, la députée conservatrice et ancienne ministre, Nicky Morgan, a évoqué l’idée d’un « gouvernement d’union nationale », une hypothèse rejetée par Brandon Lewis qui estime que cela « ne change pas l’arithmétique parlementaire », les députés ayant été jusqu’à présent incapables de s’accorder sur le Brexit.

Le leader du Labour, principal parti d’opposition, a lui appelé Theresa May à démissionner. De leur côté, les eurosceptiques font pression pour que le Royaume-Uni se détache de l’UE, quitte à partir sans accord. Des milliers de manifestants pro-Brexit, drapeaux britanniques en main, se sont rassemblés à Londres vendredi, jour où le pays était censé quitter l’UE.

Un sommet européen spécial convoqué le 10 avril
Faute d’accord approuvé par le Parlement, un « no deal » (sortie sans accord) le 12 avril, hypothèse qui affole les milieux économiques, reste le scénario « par défaut », a averti vendredi Theresa May.

Le « no deal » est une « possibilité croissante », a déclaré le Premier ministre irlandais Leo Varadkar. Le rejet de l’accord « accroît très fortement les risques d’une sortie sans accord », a aussi réagi la présidence française, appelant les Britanniques à « présenter dans les tous prochains jours un plan alternatif (élections législatives, référendum, union douanière …) ».

Pour éviter cette sortie brutale, Theresa May pourrait se résigner à demander un nouveau report, de plus longue durée, mais qui l’obligerait à organiser des élections européennes fin mai. Un sommet européen spécial a été convoqué le 10 avril.

Selon le tabloïd The Sun, 170 députés conservateurs, dont une dizaine de ministres, ont écrit à la cheffe de gouvernement pour exiger que le Royaume-Uni quitte l’UE rapidement et ne participe pas aux élections européennes.

Brandon Lewis a confirmé avoir connaissance de cette lettre, qu’il n’a lui-même « pas signée ». « Nous devrions faire tout ce que l’on peut pour quitter l’UE de manière ordonnée le plus rapidement possible », a-t-il déclaré à la BBC, ajoutant :  « l’accord est la bonne façon de le faire ».