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L’ultimatum du gouvernement aux chaînes de fast-food

brunepoirsonLa secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a convoqué les patrons des grandes chaînes de restauration rapide ce jeudi.

Elles leur demandent de trouver d’ici la fin du mois de mars un plan « très concret de mise en conformité avec la réglementation » en matière de tri des déchets.

Les chaînes de restauration rapide ont jusqu’à la fin du mois de mars pour proposer « un plan de mise en conformité » en matière de tri des déchets, a annoncé ce jeudi Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire.

McDonald’s, Burger King, Starbucks ou Domino’s : Brune Poirson a convoqué les patrons des principales chaînes de restauration rapide afin de leur rappeler leurs obligations réglementaires en matière de gestion de déchets. « Je leur ai dit très clairement que d’ici la fin du mois du mars, je voulais qu’ils remettent un plan très concret de mise en conformité avec la réglementation », a-t-elle déclaré.

« Des moyens de pression très clairs »
Cette réunion faisait suite à des contrôles effectués par les équipes du ministère dans une cinquantaine de salles de restauration rapide sur l’ensemble du territoire français. Selon la secrétaire d’État, « aucune » d’entre elle n’était en « conformité totale » avec la réglementation sur le tri des déchets. Elles ne proposaient pour la plupart « même pas » une infrastructure le permettant.

Brune Poirson a rappelé qu’il existait des « moyens de pressions très clairs » contre les mauvais trieurs, des amendes, mais aussi « des sanctions pénales qui peuvent aller jusqu’à des peines de prison ». Le non-respect du tri des cinq flux (papier et carton, métal, plastique, verre, bois) est passible d’une sanction administrative d’un montant maximal de 150.000 euros et constitue une infraction pénale punie d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Brune Poirson menace de dévoiler les noms des mauvais trieurs
Elle a également affirmé qu’elle se « réservait le droit » de « donner publiquement les noms » des chaînes qui ne respecteraient pas la réglementation, formalisée par un décret de mars 2016.

« On peut pas changer les habitudes comme ça d’un claquement de doigts par un décret ou par un arrêté », a réagi Dominique Bénézet, délégué général du syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide à l’issue de cette réunion, tout en concédant qu’il y avait « des efforts à faire ». « On est tous d’accord pour dire qu’il faut faire en sorte qu’on vive mieux sur cette planète » a-t-il ajouté.

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Nicolas Hulot va retrouver la tête de sa fondation

nicolas hulotCinq mois après sa démission du gouvernement, Nicolas Hulot devrait probablement retrouver la tête de sa fondation, mercredi, actant le départ d’Audrey Pulvar.

Le retour de Nicolas Hulot à la tête de sa fondation se profile, cinq mois après sa démission du gouvernement, avec sa probable désignation mercredi comme président d’honneur, a appris l’AFP lundi auprès de la Fédération pour la nature et l’homme (FNH).

Le retour du nom « Fondation Nicolas Hulot » figure aussi à l’ordre du jour du conseil d’administration de mercredi. La FNH était devenue « Fondation pour la nature et l’Homme » après l’entrée de son fondateur au gouvernement en mai 2017. Il en avait été de même en 2011, le temps que Nicolas Hulot mène campagne, sans succès, lors de la primaire écologiste à la présidentielle de 2012.

« Proximité avec la Fondation »
Administrateur à vie en tant que fondateur, il veut « retrouver une proximité avec la Fondation » avec la présidence d’honneur, explique-t-on à la structure, créée en 1990. A son départ du gouvernement en août 2018, l’ex-ministre de l’Écologie avait dit son intention de rester mobilisé, « sous une forme ou sous une autre » mais pas en politique. « Il faut que je fasse une chose à laquelle je crois, ça passera par la société civile, ça passera par les citoyens », a-t-il encore dit la semaine dernière à la télévision suisse RTS.

Audrey Pulvar quitte la fondation
Mercredi matin, le conseil d’administration de la Fondation est aussi appelé à acter la démission de son actuelle présidente, Audrey Pulvar. « C’est Audrey Pulvar qui fait le choix de démissionner », indique la Fondation, qui devra chercher un nouveau président, au côté du président d’honneur.

Lundi, la journaliste faisait ses cartons, comme elle l’a indiqué dans un tweet. « Je n’ai aucun ressentiment à l’égard de Nicolas, il fallait clarifier la situation devenue compliquée après son départ du gouvernement », avait assuré au journal Le Monde la responsable, élue en mai 2017, tout en avouant « un peu de tristesse et de frustration à quitter (la) FNH ».

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Apifilm, une alternative à l’emballage alimentaire plastique

apifilmCet emballage alimentaire imprégné de cire d’abeille est écologique, réutilisable et compostable. Le produit, 100% français, va être primé au salon international de la restauration, Sirha, qui  a débuté  hier  samedi à Lyon.

La guerre contre le plastique fait rage et les alternatives fleurissent. Après la décision du gouvernement d’interdire les couverts et contenants en plastique d’ici le 1er janvier 2020, d’autres produits pourraient se trouver menacés, comme les emballages alimentaires.

La solution pourrait provenir de l’Isère, à Saint-Just de Claix, près de Grenoble. C’est dans cette commune d’un peu plus de 1000 habitants que vit Delphine Sève, écologiste de longue date. Cette apicultrice gère la boutique «l’Atelier miel de Delphine». Passionnée d’abeilles, elle possède 40 ruches depuis trois ans , elle produit depuis septembre 2017 Apifilm, un emballage alimentaire écologique et durable à base de miel.

100% naturel
Ce produit alternatif au film plastique est constitué d’une toile tissée en coton naturel à laquelle de la cire d’abeille récoltée par l’apicultrice est intégrée. À cette cire naturellement antibactérienne, Delphine Sève ajoute de la résine de Pin des Landes et de l’huile de coco, cette dernière ayant des vertus antifongiques.

Apifilm présente plusieurs avantages, d’abord d’un point de vue pratique. Il s’adapte en effet aux récipients et il est modelable à souhait. On peut emballer un oignon, une pomme entamée ou son sandwich avant un pique-nique, et il supporte sans problème le froid du congélateur. Il convient pour tous les aliments, excepté les viandes et poissons crus.

Ensuite, d’un point de vue éthique : cet emballage a la particularité d’être réutilisable et d’avoir une durée de vie d’un an, au bout de laquelle il peut finir sa vie au compost. Il se lave à la main et à l’eau froide. Et en plus d’être 100% naturel, les matières premières proviennent pour la plupart de France. L’usine qui produit l’emballage, Indutex, est basée à Villers-Cotterêts, dans l’Aisne.

Une idée venue d’Amérique du Nord
Apifilm va se voir décerner ce samedi 26 janvier la mention spéciale «green» des Prix de l’Innovation 2019 du salon Sirha de la restauration et de l’hôtellerie, qui attend près de 200.000 visiteurs à Lyon jusqu’au 30 janvier. C’est la première fois que cette mention est utilisée pour un produit.

«Les organisateurs de Sirha ont décidé de mettre en lumière les initiatives écologiques, se réjouit Delphine Sève, ils ont même prévu d’ouvrir un salon 100% écolo l’an prochain, pour la première fois.» Selon elle, la sensibilisation à l’écologie de ces dernières années a permis le développement d’un marché bio de l’alimentation, et surtout sa démocratisation. «Les magasins bio ont énormément de succès et il s’en ouvre en masse, c’est très encourageant».

L’idée n’est pourtant pas nouvelle. Delphine Sève, qui est ingénieure agronome spécialisée en environnement, s’est inspirée de la tendance des «Bee’s wrap» qui a émergé il y a une dizaine d’années chez les écologistes d’Amérique du Nord. Comme la mise au point de l’emballage était relativement simple, la tendance était de créer son propre emballage à l’aide de matériaux naturels.

«Je connaissais cette tendance, explique-t-elle, alors, je me suis dit que j’allais faire pareil avec la cire que je récoltais. J’ai fait des emballages pour moi, puis pour mes copines. Au fur et à mesure, la demande augmentait, j’ai donc eu l’idée de commercialiser l’emballage». Pour Delphine Sève, le plus important se trouve dans la recette : «on trouve beaucoup de tutoriels sur internet qui expliquent comment on fait un emballage maison, mais c’est plus complexe qu’il n’y paraît, il faut savoir bien doser la cire». Delphine a l’idée de rajouter la résine de pin pour éviter que la cire ne se casse ou se décroche.

Développement croissant
La petite entreprise n’en est qu’à ses débuts. «La production est encore balbutiante, admet l’apicultrice, pour la simple raison que la découpe des emballages est artisanale et nous ne sommes que deux à la faire». Actuellement, Delphine Sève vend environ un millier de lots d’Apifilm par mois, sachant qu’un lot est constitué de trois emballages de trois tailles différentes. La vendeuse estime que deux lots correspondent au besoin d’une famille.

Actuellement, Apifilm est distribué dans une soixantaine de dépôts de vente en vrac. «Mais je compte étendre la production, espère Delphine Sève, vers les magasins bio». Surtout, l’apicultrice cherche à amoindrir les coûts de production. Actuellement, un emballage Apifilm se vend entre 14 et 17 euros, «ce qui correspond au double comparé à la consommation moyenne d’emballage alimentaire d’un ménage», admet Delphine Sève. La solution viendrait du remplacement de la cire d’abeille par de la cire végétale, de carnauba ou de soja. Pour l’instant, l’heure est à la recherche. Mais surtout, pour Delphine Sève, «l’enjeu principal est de faire connaître le produit, et que les gens se rendent compte que, oui, il existe des alternatives au plastique».

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La diversité de la faune poursuit son déclin en France

faune rapportDans un rapport présentant les chiffres clés de la biodiversité en France en 2018, le Commissariat général au développement durable, l’Agence française pour la biodiversité et l’Observatoire national de la biodiversité alertent sur un phénomène en constante évolution : l’érosion de la biodiversité. Dans l’Hexagone, plus d’un quart des espèces animales seraient ainsi menacées.

« L’érosion de la biodiversité, que ce soit à l’échelle locale ou mondiale, constitue l’une des principales menaces auxquelles est confrontée l’humanité », avance Sylvain Moreau, chef du service de la donnée et des études statistiques (SDES) dans un rapport publié il y a quelques jours par le Commissariat général au développement durable, l’Agence française pour la biodiversité et l’Observatoire national de la biodiversité. Une « érosion » menaçante partout dans le monde, y compris en France, qui « héberge [à elle seule] 10 % de la biodiversité mondiale », selon les termes du rapport.

Sans grande surprise, le principal responsable de cette disparition préoccupante de biodiversité n’est autre que l’Homme. Le rapport dénombre en effet pas moins de 73 % d’habitats dans un état de conservation dit « défavorable », pâtissant pour beaucoup de multiples pressions anthropiques.

Il en va de même pour les eaux de surface, dont près de 40 % sont dans un état écologique moyen, et même « médiocre ou mauvais » pour 16 % d’entre elles. « Une dégradation de l’état des eaux douces et marines [qui] reflète une pression accrue exercée sur le milieu (pollution, eutrophisation, fragmentation …) ou une exploitation excessive de la ressource en eau, [et qui] est susceptible d’affecter de manière significative la biodiversité aquatique », expliquent les auteurs du rapport.

Plus d’un quart des espèces animales menacées dans l’Hexagone
Résultat, « en l’état actuel des connaissances, 26 % des espèces évaluées présentent [au 1er avril 2018] un risque de disparition au niveau français. Ce risque est nettement plus élevé dans les Outre-mer (40 %) par rapport à la métropole (22 %) », annoncent les auteurs du rapport. Parmi ces 26 %  plus d’un quart des espèces,  quelque 3 % sont éteintes, 4 % en danger critique, et 6 % en danger.

Pour quatre groupes d’animaux métropolitains, l’évolution constatée est jugée « préoccupante ». Pour les amphibiens, les oiseaux nicheurs, les mammifères et les reptiles, « l’indice associé au risque d’extinction, qui traduit les changements réels de statut de menace des espèces de ces quatre groupes (pris dans leur ensemble) […] a [en effet] augmenté de 15 % en quelques années seulement », annoncent les auteurs du rapport.

Des groupes révélateurs de la tendance
Les oiseaux communs dits « spécialistes », c’est à dire vivant dans un habitat spécifique : forêt, milieu agricole ou bâti, ont ainsi vu leur abondance chuter de 22 % en métropole depuis la fin des années 1980.

Seul signe d’espoir, a priori : « Les espèces dites « généralistes », qui peuplent une grande variété d’habitats, tendent quant à elles à augmenter (+ 19 %) ». Une once d’optimisme vite douchée par les auteurs, qui soulignent que « ces tendances illustrent une homogénéisation des communautés d’oiseaux dont la composition évolue vers des espèces peu spécialisées, présentes dans tous les milieux ». En d’autres termes, l’augmentation de l’effectif de quelques espèces se fait au détriment de la diversité générale des oiseaux.

Outre les oiseaux, un autre groupe se révèle lui-aussi emblématique de la tendance actuelle à l’érosion de la biodiversité : les chauves-souris. Des mammifères ailés dont les effectifs ont décliné en moyenne de 38 % en 10 ans, et qui s’avèrent particulièrement révélateur de la responsabilité humaine vis à vis de la diminution de la diversité du vivant.

« Les chauves-souris sont sensibles à des facteurs tels que la destruction de leurs habitats, la pollution lumineuse, la raréfaction de leur régime alimentaire, le développement des éoliennes, le dérangement des colonies et sites d’hibernation.  L’évolution des effectifs de chauves-souris est donc un bon marqueur du niveau de pression exercé par les activités humaines sur la biodiversité », expliquent les auteurs du rapport, qui notent toutefois une forte disparité des tendances selon les espèces. La Pipistrelle de Kuhl semble ainsi par exemple particulièrement bien s’accommoder du réchauffement climatique, avec des effectifs en augmentation d’environ 12 %.

Aucun groupe ne semble plus épargné
Enfin, même si certains signes d’espoir se manifestent pour eux, les grands prédateurs ne sont pas non plus épargnés par la perte d’habitat. « Leur aire de distribution s’est fortement réduite du fait de la chasse, de la destruction de leurs habitats et de la raréfaction de leurs ressources alimentaires », expliquent les spécialistes. Des grands prédateurs parmi lesquels figurent notamment le Loup gris, le Lynx boréal ou encore l’Ours brun et qui « participent [pourtant] à l’équilibre des écosystèmes en régulant notamment les effectifs des grands herbivores ».

Face à cette succession de constats alarmants, la conclusion des rédacteurs du rapport est naturellement sans appel : « la 6e extinction massive qui menace la diversité animale et végétale invite les pouvoirs publics, la société civile et les citoyens à agir à tous les niveaux. » Un énième appel lancé en faveur de la protection du vivant, et qui  espérons-le, sera enfin suivi de faits.