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Les ventes de cognac ont bondi à 3,4 milliards d’euros en 2018-2019

cognacTirées par l’appétit non démenti des américains pour l’eau-de-vie charentaise, les expéditions de cognac ont progressé de 6,9% en valeur lors de la campagne 2018-2019 qui vient de s’achever, selon le Bureau national interprofessionnel du cognac.

C’est tout simplement l’appellation de vins et spiritueux française qui réalise le plus gros chiffre d’affaires à l’export, devant même le champagne.

Les ventes de cognac ont à nouveau battu des records au terme de la campagne 2018-2019, close fin juillet, selon les chiffres dévoilés lundi par le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), la fédération des viticulteurs, bouilleurs et négociants de la célèbre appellation charentaise.

Lors de cette campagne (du 1er août 2018 au 31 juillet dernier), les expéditions de cognac ont progressé de plus de 2,5% en volume et de près de 6,9% en valeur. Au total, ce sont ainsi 211,1 millions de bouteilles qui ont été expédiées, pour un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros au départ de Cognac, communique le BNIC.

10% des parcelles de vignes plantées en France, 25% des exportations
Le cognac contribue ainsi largement à l’excédent commercial des vins et spiritueux français, représentant à lui seul près d’un quart des exportations de vins et spiritueux français en valeur. Ceci alors que le vignoble consacré au cognac n’est que de 76.000 hectares, sur un total de près de 750.000 hectares de vignes plantées en France.

Le cognac se place ainsi « en tête des grandes appellations », souligne le bureau. Le montant des exportations dépasse en effet nettement celles de champagne, dont le chiffre d’affaires à l’export atteignait 2,9 milliards d’euros en 2018, d’après les chiffres du Comité Champagne. Le champagne reste cependant la première appellation française en termes de chiffre d’affaires total, étant donné le poids du marché intérieur (la France absorbe 42% de la production champenoise, mais moins de 2% de celle de cognac).

S’agissant du cognac, c’est l’Amérique du Nord qui représente de loin le plus gros marché, avec 46% des expéditions soit 97,7 millions de bouteilles sur la campagne 2018-2019 (+8,8 % en volume et +17,6 % en valeur). Toujours leader, les États-Unis portent cette dynamique avec 94,3 millions de bouteilles expédiées. Ce goût des Américains pour l’eau-de-vie charentaise s’explique notamment « par la présence historique du cognac sur ce marché, les investissements constants des maisons, et la présence marquée de la consommation en cocktail aux États-Unis », note le BNIC.

Au cours de cette campagne, les expéditions vers l’Asie ont légèrement décliné (-1,5% en volume et +1,8% en valeur) à 60,0 millions de bouteilles. Les professionnels de la filière disent rester « confiants sur le potentiel important de développement de cette zone, tirée par le marché chinois et l’appétence d’une population appréciant l’excellence du savoir-faire français et l’image d’un produit haut-de-gamme ».

Plus contrastées, les expéditions en Europe ont reculé de 4,6% en volume et de 6,4% en valeur, avec un total de plus de 39,4 millions de bouteille, compte tenu d’une contraction au Royaume-Uni (premier marché européen) et en Allemagne, alors que les ventes en Europe de l’Est ont continué à croître.

Par ailleurs les ventes dans des zones à fort potentiel (Afrique du Sud, Nigéria, Caraïbes) ont encore augmenté tant en volume (+12,3%) qu’en valeur (+13,2%). « La part de ces nouveaux marchés a été multipliée par trois sur les dix dernières campagnes », souligne le bureau.

Par qualité, les expéditions de cognacs VSOP (Very Superior Old Pale, vieillissement d’au moins quatre années comptées à partir du 1er avril suivant l’année de la vendange) ont progressé de 0,4% en volume et de 7,8% en valeur, celles des qualités VS (Very Special, vieillissement d’au moins deux ans) de 5,7% en volume et de 12,7% en valeur.

Afin d’assurer son développement à moyen et long terme, la filière Cognac met en œuvre un plan de plantations sur trois ans de 10.000 hectares, en ligne avec ses prévisions d’expéditions. Une fois ces nouvelles vignes plantées, le potentiel du vignoble sera de 86.000 hectares.

Le top 10 des expéditions directes d’eaux-de-vie de Cognac en 2018-2019 (en millions de bouteilles) :
1) États-Unis : 94,3 millions                        /  2) Singapour : 26,6 millions
3) Chine : 24,8 millions                               /   4) Royaume-uni : 10 millions
5) France : 4,7 millions                              /    6) Allemagne : 4,5 millions
7) Hong-Kong : 4,3 millions                     /     8) Lettonie : 3,8 millions
9) Afrique du Sud : 3,3 millions             /    10) Pays-Bas : 2,6 millions

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La nanocellulose aiguise les appétits de l’industrie

nanocelluloseExtraite de plantes ou de papier, la nanocellulose est biodégradable, renouvelable, compostable et très résistante.

Elle s’impose comme un matériau d’avenir en application de surface ou dans des mélanges pour fabriquer papiers, carton, panneaux de bois, cosmétiques …

La nanocellulose constitue un matériau prometteur aux applications industrielles variées, même si les recherches se poursuivent pour préciser ses débouchés et améliorer sa rentabilité, selon des spécialistes du secteur. « Un énorme potentiel : c’est le futur de l’emballage et de la cosmétique (…) Vous en aurez partout d’ici moins de dix ans », affirme Karim Missoum, PDG d’Inofib, une start-up issue du pôle de recherche Grenoble INP étudiant les applications possibles.

En avril, une étude du cabinet de conseil EY pour le ministère de l’Économie, menée avec les fédérations industrielles du papier et de la chimie, plaçait la nanocellulose parmi les solutions les plus encourageantes pour l’avenir de ces filières. Son atout clé : « La nanofibre de cellulose est cinq fois plus légère que l’acier et cinq fois plus résistante », indiquait ce rapport, publié par le pôle de prospective du ministère, vantant « l’ouverture vers de nouveaux marchés » pour les industriels du secteur. De fait, les recherches s’intensifient depuis plusieurs années sur ce matériau de taille nanométrique (milliardième de mètre).

Pour renforcer l’imperméabilité du carton
Ainsi, à Grenoble, le Centre technique du papier (CTP) et l’institut technologique FCBA travaillent depuis 2006 sur la production, puis sur les applications, en testant différentes matières de base (pâte à papier, poussières de découpe, résidus de l’industrie papetière), explique Michel Petit-Conil, qui dirige une équipe sur le sujet. Le processus consiste à libérer des fibrilles de cellulose de la paroi de la fibre papetière, qui s’agglomèrent sous forme de gel. « La nanocellulose, c’est de la cellulose pure, c’est biodégradable, renouvelable, compostable, durable », souligne Michel Petit-Conil.

Les débouchés potentiels sont nombreux, en application de surface ou dans des mélanges (papiers et carton, panneaux de bois, vernis, encres, cosmétiques). Le laboratoire du CTP a ainsi développé une application de « lamination humide » pour les emballages, avec « un film 100% nanocellulose qu’on dépose à la surface d’un papier ou d’un carton » pour en renforcer l’imperméabilité, explique Michel Petit-Conil.

Réduire la consommation énergétique lors de la fabrication
Mais l’objectif est maintenant de produire des nanocelluloses à très haute concentration, et de réduire la consommation énergétique liée à la fabrication, qui reste un enjeu majeur même si elle été « réduite de façon drastique », ajoute-t-il. La nanocellulose existe aussi sous une deuxième forme, les nanocristaux de cellulose, qui ont des propriétés différentes des fibrilles et se dispersent bien dans l’eau sans former de gel.

« Il y a des propriétés optiques qui ne sont possibles qu’avec les nanocristaux, qui forment des cristaux liquides » ou permettent d’obtenir « une couleur sans aucun colorant », explique Isabelle Capron, qui anime une équipe de recherche sur les nanostructures à l’Inra de Nantes.

Un marché estimé à 661 millions de dollars en 2023
Reste la difficulté liée aux autorisations pour les nanomatériaux, notamment en France. « Mais pour tous les pays asiatiques, qui n’ont jamais eu de réglementation sur les nanocelluloses (…) ça se fait très bien », observe Isabelle Capron. « Il y a un vrai boom, tant au niveau des brevets que des articles et de la production », ajoute-t-elle.

Le marché mondial de la nanocellulose est estimé à 285 millions de dollars et devrait plus que doubler pour atteindre 661 millions de dollars en 2023, selon le groupe canadien CelluForce, en pointe dans la production de cristaux de nanocellulose, qui se réfère à une étude indépendante.

« Le produit est vraiment encore récent », mais « il y a un vrai engouement », confirme Karim Missoum, le PDG d’Inofib. « En 2012, on était trois à vouloir essayer d’industrialiser ce produit. Fin 2018, ils étaient 63 producteurs à travers le monde, ça a pris un vrai essor », note-t-il. Pour lui, « il y a vraiment une filière à créer, à industrialiser, et les acteurs français ont encore leur place sur le marché s’ils se motivent. Il y a encore du marché à prendre ».

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Boris Johnson annonce que le Brexit sera effectif le 31 octobre

boris johnsonLe nouveau Premier ministre a promis que son pays aurait quitté l’UE, qu’il ait réussi ou non à renégocier l’accord conclu avec les dirigeants européens.

C’est officiel. Boris Johnson a annoncé ce dimanche avoir ordonné pour le 31 octobre l’abrogation de la loi britannique qui a permis au Royaume-Uni d’adhérer à l’Union européenne. C’est la date prévue du Brexit, qui a déjà été reporté deux fois.

« C’est un signal clair aux citoyens de ce pays : nous allons quitter l’UE comme promis le 31 octobre quelles que soient les circonstances », a déclaré dans un communiqué Steve Barclay, ministre chargé du Brexit. « C’est un moment historique de reprise de contrôle sur nos lois par rapport à Bruxelles ».

Boris Johnson veut faire pression sur l’UE pour obtenir un nouvel accord en agitant la menace, de plus en plus imminente, d’un Brexit sans accord alors que Bruxelles refuse jusqu’à présent de rouvrir les négociations.

« Notre pays est au bord d’une crise économique »
Il doit rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel mercredi à Berlin et le président français Emmanuel Macron jeudi à Paris. Puis il sera du 24 au 26 août à Biarritz pour le sommet du G7 où il s’entretiendra notamment avec le président américain Donald Trump, avec lequel il espère conclure un accord de libre-échange ambitieux après le Brexit.

L’annonce suit la publication dimanche d’une lettre dans laquelle plus de 100 parlementaires britanniques appellent Boris Johnson à convoquer immédiatement le Parlement, actuellement en vacances, pour qu’il siège en permanence jusqu’au 31 octobre.

« Notre pays est au bord d’une crise économique alors que nous nous dirigeons vers un Brexit sans accord », écrivent ces parlementaires qui veulent empêcher un tel scénario. « Nous sommes devant une urgence nationale, et le Parlement doit être convoqué immédiatement ».

Une motion de censure prévue contre Boris Johnson
Les députés sont censés retourner au Parlement le 3 septembre. Jeremy Corbyn, chef de l’opposition travailliste compte passer une motion de censure contre Boris Johnson, dont le gouvernement ne dispose que d’une majorité d’une voix.

Si la motion aboutit, Jeremy Corbyn espère devenir chef du gouvernement par intérim, pour obtenir un nouveau report de la date du départ de l’UE afin d’éviter un Brexit sans accord, et convoquer ensuite des élections anticipées.

« Ce qu’il nous faut, c’est un gouvernement qui soit prêt à négocier avec l’Union européenne pour que nous n’ayons pas une sortie en catastrophe le 31 » octobre, a déclaré Jeremy Corbyn samedi.

Vers une pénurie de denrées alimentaires ?
En cas de Brexit sans accord, The Sunday Times a révélé ce dimanche que le Royaume-Uni serait probablement confronté à une pénurie de denrées alimentaires, d’essence et de médicaments, à des blocages dans les ports ou encore à un retour d’une frontière physique entre les deux Irlande.

Le journal se fonde sur un rapport gouvernemental qui a fuité. « Les documents présentent les plus probables conséquences d’un Brexit sans accord et non les pires scénarios », a-t-il souligné.

Ce qu’a réfuté Michael Gove, bras droit du gouvernement, assurant sur Twitter que ces documents décrivaient « le pire scénario » et que « des mesures très significatives ont été prises ces trois dernières semaines pour accélérer les préparations du Brexit ».

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Le premier téléphérique transfrontière au monde reliera la Russie à la Chine

téléphériqueUn projet inédit de téléphérique transfrontière est enclenché dans l’Extrême-Orient russe.

Ses télécabines relieront en 7 minutes la Russie à la Chine en enjambant le grand fleuve Amour qui sépare les deux nations en ce lieu. Un cabinet d’architecte néerlandais a été retenu pour concevoir la future gare côté russe.

Alors que les téléphériques urbains fleurissent dans le monde, c’est un projet totalement inédit qui prend corps en Asie, dans l’Extrême-Orient russe. Le premier téléphérique transnational au monde reliera bientôt la Chine et la Russie, enjambant le fleuve Amour, vraie frontière naturelle dans cette zone.

Longue de 970 mètres, la future liaison acheminera dès 2022, en moins de 7 minutes, des passagers entre les villes de Heihe en Chine et de Blagoveshchensk en Russie, situées sur chaque rive du fleuve. D’une capacité de 457 passagers par heure et de 6000 à 7000 passagers au quotidien, ce projet impliquera un investissement, côté russe, de plus de 3,5 milliards de roubles (49,68 millions d’euros).

Le début des travaux fut lancé symboliquement en juillet
« Dans le monde, il n’existe pas d’États reliés par un téléphérique au-dessus d’une rivière. Ce projet créera un effet multiplicatif par le développement des infrastructures touristiques » a expliqué Vassili Orlov, gouverneur de la région côté russe, rapporte le site d’information francophone chine-magazine.com.

Un événement solennel marquant le début des travaux de construction devait se tenir le 18 juillet dernier, le départ symbolique du projet étant donné depuis une barge flottant au milieu du fleuve Amour.

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C’est côté russe que le projet paraît cependant le plus avancé. Il est géré par Strelka KB, un cabinet-conseil en urbanisme et en stratégie basé en Russie. Le cabinet d’architectes néerlandais UNStudio a déjà été retenu pour la conception de la future gare de Blagoveshchensk en Russie d’où partiront et arriveront les cabines du téléphérique survolant le fleuve.

Les architectes néerlandais ont prévu un bâtiment comportant quatre niveaux et offrant une plate-forme d’observation surélevée au-dessus de l’Amour faisant face à la cité chinoise de Heihe de l’autre côté du fleuve. En revanche, l’architecte qui concevra, côté chinois, la future station accueillant les cabines à Heihe n’a pas encore été annoncé publiquement.

L’Amour, qui est souvent totalement gelé en hiver, constitue depuis toujours un lien entre les deux villes de Heihe et Blagoveshchensk. Les deux cités ont de ce fait multiplié les échanges commerciaux et les transports entre elles. L’arrivée d’un téléphérique devrait y ajouter la dimension des flux touristiques circulant entre ces deux cultures si proches géographiquement en cet endroit, mais si différentes.

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Plutôt que de les détruire, Amazon va donner les invendus

amazonLe géant du e-commerce va lancer le 1er septembre un programme s’adressant aux vendeurs tiers qui stockent leurs marchandises dans ses entrepôts aux États-Unis et au Royaume-Uni. Sauf opposition de leur part, les invendus seront donnés à un programme de charité.

Les images diffusées en début d’année par le magazine Capital sur M6 avaient choqué. On y voyait des tonnes de produits neufs, provenant des entrepôts d’Amazon dans le Loiret, mis à la benne en vue d’être détruits. Il s’agissait des marchandises invendues ou retournées par les clients appartenant à des vendeurs de la market-place, stockés par le géant du e-commerce.

Amazon va mettre fin à cette pratique, pour le moment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le e-commerçant vient d’annoncer le lancement de son programme « FBA », selon des informations de CNBC repérées par le Parisien. Il consiste à donner les marchandises invendues à des organisations caritatives. Ce sera l’option par défaut appliquée par Amazon à compter du 1er septembre quand les vendeurs tiers voudront se débarrasser de leur stock.

Des associations caritatives chargées de la redistribution
S’ils ne souhaitent pas participer à ce programme, ils devront donc le faire savoir à Amazon. Mais selon des témoignages de vendeurs recueillis par CNBC, ce programme de don serait financièrement intéressant. Actuellement, Amazon facture 50 centimes de dollars la restitution d’un invendu et 15 centimes sa destruction, d’où ce choix souvent adopté par les vendeurs.

Les marchandises invendues seront données sur le territoire américain au réseau Good 360, qui les redistribuera à des associations caritatives. Au Royaume-Uni, les bénéficiaires seront des organisations caritatives telles que Newlife, Salvation Army et Barnado’s. Amazon précise dans un communiqué qu’il se chargera de la logistique pour simplifier le processus de donation.

Selon le magazine Capital, ce sont plus de 3 millions de produits qui ont ainsi été détruits par Amazon en France au cours de l’année. Les États-Unis étant le plus gros marché d’Amazon, le nombre d’objets détruits serait donc bien supérieur. Pour apaiser les esprits, Amazon précise toutefois que la majorité des produits qui lui reste sur les bras sont revendus à des liquidateurs ou déjà donnés à des associations quand leur état le permet.

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Si la croissance résiste aux USA, c’est grâce aux consommateurs

croissanceGrâce aux nombreuses créations d’emplois, à l’augmentation des salaires, à la faible inflation, les Américains ont le moral et dépensent en masse.

Une vitalité qui permet de compenser la morosité du secteur industriel, frappé par l’affaiblissement de l’économie à l’étranger et les tensions commerciales avec la Chine.

L’économie des États-Unis montre des signes ambivalents, mêlant inquiétude et vitalité vis-à-vis du ralentissement mondial. Les consommateurs américains ont dopé leurs dépenses en juillet, les ventes au détail ayant grimpé de 0,7%, bien au-dessus des attentes des analystes. Magasins et distributeurs en ligne d’appareils électroniques, d’habillement et d’ameublement ont vu leurs ventes gonfler le mois dernier. Walmart, numéro un mondial de la distribution, qui annonçait ses résultats jeudi, a battu les prévisions de bénéfice au 2e trimestre et se montre optimiste pour le reste de l’année.

Si les ventes au détail ne représentent environ qu’un gros quart de la consommation, car les Américains dépensent davantage dans les services; elles donnent une première idée de l’évolution des dépenses de consommation des ménages.

Une consommation soutenue attendue au 3e trimestre
La consommation est la locomotive de l’économie américaine, générant 75% de la croissance du PIB. Alors que la croissance du Produit intérieur brut a atteint 2,1% en rythme annuel au 2e trimestre, l’expansion du 3e trimestre devrait se tasser un peu mais rester soutenue autour de 1,9%, selon la dernière projection de la banque centrale régionale d’Atlanta.

« Nous pensons que la solide confiance des consommateurs, les fortes créations d’emplois, la faible inflation et la croissance des salaires vont continuer à soutenir les dépenses de consommation au 3e trimestre, ce qui va contrebalancer le ralentissement de la croissance », a estimé Gregory Daco, économiste en chef pour les États-Unis d’Oxford Economics.

Une faible progression de la production industrielle
Car si l’optimisme semble de rigueur chez le consommateur, les industriels sont plus inquiets face à l’affaiblissement de l’économie à l’étranger et aux tensions commerciales. La production industrielle américaine s’est repliée en juillet (-0,2%) pour la seconde fois en quatre mois, plombée par un recul encore plus important (-0,4%) de la production manufacturière. Sur un an, de juillet 2018 à juillet 2019, la production industrielle, secteur cher à l’administration Trump qui veut « rendre à l’Amérique sa grandeur », n’a progressé que de 0,7%.

« Ce secteur manufacturier est en récession mais pas au point de menacer l’ensemble de l’économie », a commenté Ian Shepherdson, économiste en chef pour Pantheon Macroeconomics.

Pour Andrew Hunter, économiste pour Capital Economics, « la récession manufacturière s’est poursuivie au début du 3e trimestre. Mais les derniers chiffres donnent des raisons d’être optimiste, de même que les chiffres des ventes de détail ». « Il y a peu de signes que le malaise s’étende plus largement à l’économie », estime-t-il aussi.

Donald Trump lâche du lest dans son bras de fer avec la Chine
Consciente des signes d’affaiblissement de l’activité mais aussi de l’importance de la consommation pour la croissance, l’administration Trump a levé le pied dans l’escalade des tarifs douaniers avec la Chine. En début de semaine, le président américain a reporté à la mi-décembre l’imposition de taxes supplémentaires sur une partie des 300 milliards de dollars de marchandises chinoises importées qui devait entrer en vigueur dès le 1er septembre.

De son propre aveu, Donald Trump a admis ne pas vouloir mettre en danger la saison des achats de fin d’année. Une hausse des tarifs douaniers sur les produits de grande consommation, allant des téléphones aux jouets, tous fabriqués en Chine, risquerait en effet d’être répercutée sur les prix à la vente aux États-Unis.

« Les consommateurs sont dans la meilleure forme de tous les temps, avec plein d’argent », a lancé Donald Trump dans un tweet jeudi. Devant la presse plus tard dans la journée, Donald Trump a par ailleurs assuré que la prochaine session de négociations commerciales entre Pékin et Washington programmée début septembre était « toujours prévue ». « Nous parlons au téléphone, nous avons des entretiens productifs », a-t-il affirmé. Il a répété que la Chine « voulait parvenir à un accord » commercial et qu’il allait « bientôt » parler au président chinois Xi Jinping.

Alors que sur le front international, la conjoncture s’affaiblit,  l’activité en Allemagne et en Grande-Bretagne s’étant contractée au 2e trimestre,  les investisseurs se sont rués sur les bons du Trésor américains, provoquant une forte volatilité boursière et une chute des rendements sur les obligations d’État.

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Allemagne : la fin du miracle économique ?

angela merkelLe PIB de l’Allemagne s’est contracté au deuxième trimestre de 2019 et les entreprises tirent la sonnette d’alarme : les exportations reculent

Les beaux jours de l’économie allemande sont-ils en train de toucher à leur fin ?  L’Allemagne est-elle à la veille d’une récession ?  Depuis quelque temps, les indicateurs économiques sont au rouge et les rapports alarmants se succèdent. Celui de l’Office fédéral des statistiques est le dernier en date.

Après une décennie de forte croissante marquée par un taux de chômage très bas, des exportations record, une hausse régulière des salaires et de la consommation des ménages et des caisses de l’État pleines à craquer, les chiffres officiels sont en berne, comme le note l’Office fédéral des statistiques.

Pour le deuxième trimestre de cette année, le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne s’est contracté de 0,1 % par rapport au trimestre précédent et surtout la sonnette d’alarme  pour ce pays champion à l’exportation, les entreprises annoncent une nette réduction de leurs ventes à l’étranger. « Les exportations ont diminué plus fortement que les importations », confirme l’Office des statistiques.

Ces chiffres ne sont pas une surprise, mais la confirmation d’une tendance observée depuis quelque temps déjà. Les experts mettent en garde depuis un moment et annoncent un net ralentissement de la croissance dans ce pays traditionnellement meilleur élève de la classe européenne.

Au mois de mai déjà, l’hebdomadaire Der Spiegel faisait son titre de la gueule de bois prévisible. On y voit un aigle en train de scruter le fond vide d’une bouteille de champagne et cette légende : « Les années grasses sont terminées. Pourquoi le miracle économique allemand est menacé. » Pessimiste, alarmiste presque, le journal s’attend à ce que l’Allemagne glisse en deuxième division des grandes puissances économiques.

Pas de plan de relance en vue
Selon le dernier rapport de la Bundesbank, la banque centrale allemande, la raison principale de cet essoufflement réside dans la chute des exportations qui représentent presque la moitié du PIB de ce pays troisième exportateur au monde. Et pas d’amélioration en vue. Les analystes estiment que cette tendance va se poursuivre pour le troisième trimestre 2019 déjà entamé, ce qui confirmerait officiellement la récession, définie comme une contraction du PIB pendant deux trimestres consécutifs.

Le ralentissement de l’économie mondiale, les incertitudes face à la guerre commerciale entre les USA et la Chine et les conséquences d’un Brexit imminent et brutal, voilà les facteurs responsables de cette détérioration. C’est avant tout l’industrie automobile allemande qui trinque. Trump, estiment les analystes, touche au cœur le succès du modèle allemand.

Et que fait le gouvernement face à cette situation préoccupante ?  Il continue de prêcher l’épargne. Il est exclu, vient de décider Angela Merkel, de s’endetter pour mettre en place un plan de relance destiné à revigorer l’économie. Pas question par conséquent de délier les cordons de la bourse de l’État pour le moment. La chancelière reconnaît que son pays traverse « une phase difficile » et attribue ce coup de mou aux tensions commerciales internationales ainsi qu’aux « nombreuses erreurs » commises par l’industrie automobile allemande.