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La chatte Choupette de Karl Lagarfeld héritera-t-elle vraiment de sa fortune ?

choupetteLe couturier allemand vouait une admiration sans limite à son animal de compagnie. Au point de vouloir tout lui léguer.

Alors que le Kaiser de la mode vient de s’éteindre, la question de son héritage refait surface. D’autant qu’en 2015 dans l’émission « Le Divan » de Marc-Olivier Fogiel, Karl Lagerfeld avait fait cette étonnante confidence à propos de Choupette, son chat Sacré de Birmanie : « Elle a sa propre petite fortune, c’est une héritière : s’il m’arrive quelque chose, la personne qui s’en occupera ne sera pas dans la misère ». Avant d’ajouter que « l’argent des pubs où elle apparaît » avait été « mis de côté pour elle. Choupette est une fille riche ».

choupette-lagerfeld.jpgIl avait donné des détails supplémentaires quelques semaines plus tard dans un entretien au New York Magazine. Il indiquait alors que son chat, qui compte aujourd’hui 126.000 abonnés sur Instagram, avait gagné 3 millions de dollars rien qu’en 2014 grâce à de juteux contrats publicitaires. La chatte dispose d’ailleurs d’un train de vie particulièrement luxueux, avec deux dames de compagnie et un garde du corps. L’animal ne mangeait par ailleurs que dans des plats en argent, d’après le livre « Choupette, la vie enchantée d’un chat fashion », sorti chez Flammarion en 2014.

Malgré tout l’amour que Karl Lagerfeld portait à son animal domestique, Choupette héritera-t-elle vraiment de sa fortune ?   Certes, le directeur artistique de la maison Chanel n’avait pas de descendants et n’était pas marié. De ce fait, le couturier était libre de léguer sa fortune à qui il le souhaitait. En droit français, ce qu’on appelle la réserve héréditaire implique de transmettre une part minimale de l’héritage aux descendants du défunt. Il est en effet impossible en France de déshériter ces derniers. « Mais si vous n’avez pas d’enfant, vous pouvez léguer vos biens à qui vous voulez », résume Maître David Ambrosiano, vice-président du Conseil supérieur du notariat. Karl Lagerfeld n’avait donc pas de contrainte sur ce point.

Passer par un tiers de confiance
En revanche, un héritage ne peut être transmis qu’à une personne physique ou à une personne morale. Or, si les animaux sont considérés depuis 2015 comme « des êtres vivants doués de sensibilité », ils « sont soumis au régime des biens » (article 515-14 du Code civil). Dit autrement, ils n’ont donc pas de personnalité juridique et ne peuvent ni avoir de compte bancaire à leur nom ni hériter d’un patrimoine en France. « L’animal est considéré par le droit français comme un bien meuble, une chose. Or vous ne pouvez pas léguer votre patrimoine à une commode. D’ailleurs, en l’occurrence, le chat fait ici partie du patrimoine », décrypte David Ambrosiano.

En revanche, il est possible de procéder à ce qu’on appelle un legs avec charges. Karl Lagerfeld avait la possibilité de léguer à une personne morale (soit une association, soit une fondation reconnue d’utilité publique) ou à une personne physique sa fortune, à condition que celle-ci suive les obligations inscrites dans le testament, comme le fait de prendre soin d’un animal jusqu’au décès de ce dernier. Il faut néanmoins prévoir dans ce cas ce qui arrivera une fois que l’animal décédera à son tour.

Mais à qui faire confiance ?  Il existe aussi une question fiscale. En désignant une personne physique non-parente, elle sera imposée jusqu’à 60% sur le montant de l’héritage. En revanche, une association ou une fondation d’utilité publique n’aura à verser d’impôt que sur la part de l’héritage revenant effectivement aux ayants droits (ici l’animal de compagnie). Rappelons ici que le couturier avait aussi la possibilité de transmettre son patrimoine à plusieurs héritiers différents.

Enfin, dernier élément particulier dans le cas de Karl Lagerfeld, ce dernier avait le choix pour sa succession entre le droit allemand et le droit français. En effet, par défaut, c’est la loi du pays où résidait le défunt qui s’applique dans ce domaine dans l’Union européenne.

Toutefois depuis 2015, « avant leur décès, les personnes peuvent choisir que la loi applicable sera la loi du pays dont elles possèdent la nationalité », en raison du règlement (UE) n 650/2012 en matière de successions et de certificat successoral européen. Or, Karl Lagerfeld était de nationalité allemande. Il aurait eu cependant les mêmes problèmes qu’avec le droit français, puisqu’en Allemagne les animaux ne peuvent pas non plus hériter directement. Là encore, car ils n’ont pas de capacité légale. Il existe quoi qu’il en soit des montages relativement similaires au legs avec charges français, les fiducies, pour s’assurer du bien-être de son animal après sa mort.

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Le potentiel émotionnel de la couleur de vos vêtements

Couleur vetementLes coloris de nos habits peuvent avoir un effet sur nos émotions, une réaction cérébrale.

Il fait gris, le ciel est couvert, les rayons du soleil ne filtrent que très peu derrière la masse nuageuse. Et, de toute façon, la luminosité n’est jamais de longue durée : le soleil se couche en fin d’après-midi, c’est l’hiver, ça vous déprime.

Alors, parfois, pour contrer cette morosité ambiante, vous décidez d’enfiler une écharpe vert prairie, un manteau jaune d’or, un pull rouge cerise ou un T-shirt bleu électrique. Comme si la coloration de votre garde-robe avait le pouvoir de vous remonter le moral, c’est en tout cas l’objectif. Une stratégie vestimentaire qui peut s’avérer opérationnelle. Sauf que ce ne sont pas vraiment les couleurs qui vont jouer sur votre psychisme en berne, et ce, même si votre cerveau est aux commandes.

Comme l’explique John Maule, chercheur post-doctorant qui travaille sur la perception et le discernement des couleurs, «il n’y a pas vraiment de preuve scientifique appuyant l’hypothèse que la couleur a un effet direct sur l’humeur». Lui qui est pourtant membre du Sussex Colour Group n’a pas même connaissance de confrère ni de consœur travaillant sur cette question (ce qui est, remarque-t-il, étonnant au vu de cette conviction partagée que porter des couleurs vives a quelque chose de dynamisant et influerait positivement notre psyché).

«Bien sûr, les gens peuvent associer certains vêtements avec un sentiment de mieux-être. Mais ça ne veut pas dire que c’est la couleur en tant que telle qui en est à l’origine ni qu’un habit d’une autre couleur ne pourrait pas être associé aussi fortement avec ce sentiment», précise-t-il. C’est bien pour cela qu’«il n’existe pas de prescription médicale d’une couleur de vêtement pour aller mieux», comme le constatait le psychiatre Michel Lejoyeux dans un article de Madame Figaro publié en octobre 2018. Pas de réaction physiologique automatique: de la même façon que l’on ne s’arrête pas par réflexe face au rouge ni n’avance au vert, on ne se déride pas en endossant une couleur dite gaie. C’est culturel.

Personnage en costume
La psychologue et psychanalyste Ludivine Beillard-Robert, qui a mené une thèse sur la psychopathologie du corps féminin habillé, convoque l’exemple d’une patiente qui avait revêtu une jupe jaune vif au travail. «Tout le monde lui avait fait la remarque qu’elle était lumineuse, qu’elle amenait un rayon de soleil. Elle était assez étonnée que ce vêtement ait égayé la journée de ses collègues. Pour elle, sa jupe était jaune, point.» C’est en fait cette association symbolique, laquelle varie suivant les cultures, qui peut amener à s’attifer avec des couleurs chaudes ou éclatantes pour booster son moral. C’est à travers le regard des autres que les couleurs prennent sens et viennent accomplir leur prophétie autoréalisatrice

une-couleur-ne-vient-jamais-seule.jpgCe n’est pas tant que l’on croit profondément que le tissu va rendre notre journée ou notre vie plus éclatante, c’est davantage que l’on endosse un costume, celui d’un personnage chatoyant. Parce que les couleurs sont symboliques, comme le rappelait l’historien spécialiste des couleurs et des symboles Michel Pastoureau, notamment dans ses ouvrages Une couleur ne vient jamais seule (éd. du Seuil, 2017) et Les couleurs de nos souvenirs (Seuil, 2010). Les siècles passés les ont chargées de sens et nous n’en percevons pas seulement les longueurs d’ondes. Elles sont devenues des indices sociaux, des signes d’appartenance.

Les couleurs de nos souvenirsLa couleur des vêtements, par l’imaginaire qu’elle convoque, peut aider à catégoriser les gens, le noir aux gothiques par exemple. Le mécanisme est le suivant, détaille Ludivine Beillard-Robert : «On ne s’habille pas que pour soi mais aussi pour l’autre social. On s’imagine que tel groupe de personne est représenté par tel habit et on veut le porter pour s’y inclure. C’est un peu comme si c’était le dossard d’une équipe.» C’est donc à travers le regard des autres que les couleurs prennent sens et viennent accomplir leur prophétie autoréalisatrice.

Déshabillez-moi«L’habit est destiné à porter un message à soi et aux autres», pointait la psychiatre Catherine Joubert, co-autrice de l’ouvrage Déshabillez-moi, Psychanalyse des comportements vestimentaires (Fayard, 2011), dans une interview à Psychologies de 2015. «On a tendance à voir le vêtement comme porteur, en soi, d’une histoire. [Le mettre] devient une façon de s’approprier une autre image», ajoutait sa co-autrice et consœur Sarah Stern.

«Cintre à humeurs»
Une image marquée qui tient aussi à nos comportements. «Lorsque l’on est maussade, on va avoir tendance à se cacher et, plutôt que de s’habiller en jaune pétant, se vêtir le plus communément possible afin de se fondre dans la masse», détaille Ludivine Beillard-Robert. On associe donc les tons grisâtres à la petite déprime et les teintes pétillantes à un état d’esprit joyeux ou un caractère expansif. Pour bien montrer aux autres (et s’en convaincre par la même occasion) que l’on est gai, on se fringuera de manière colorée. Un peu comme si l’on se faisait remarquer par un grand éclat de rire.

«Pendant très longtemps, il convenait de s’habiller en noir quand on était en public, d’où l’expression “noir de monde”» Ludivine Beillard-Robert, psychanalyste.  Car la couleur a aussi ceci de notable qu’elle permet de sortir du lot. «Pendant très longtemps, il convenait de s’habiller en noir quand on était en public, d’où l’expression “noir de monde”», complète la psychanalyste. Certes, ce n’est plus le cas mais, à tous enfiler des jeans, les frusques aux couleurs pétulantes ne sont pas nombreuses.

rester beau«On met de la couleur pour orienter et provoquer le regard, en espérant que cela va produire un effet. Et, de fait, cela produit un effet par contraste», qui plus est par un hiver sans soleil, expose le philosophe du corps Bernard Andrieu, entre autres auteur de l’article «Sentir sa couleur de la santé par les teintes ?  Quel détournement du modèle oriental» (Communications, 2010) et de l’ouvrage Rester beau (éd. Le Murmure, 2017). «On parle bien de couleurs pétantes, comme si c’était quelque chose qui allait exploser à l’œil et au regard», souligne Ludivine Beillard-Robert.

Derrière ce message codifié, il y a aussi l’idée que d’«une perméabilité entre l’intérieur et l’extérieur», indiquait Catherine Joubert à Psychologies. «On se sert de la couleur comme d’un cintre à humeurs, pour exprimer et manifester la sienne dans un cadre codé», abonde Bernard Andrieu. De la même manière que l’on cherche à créer une harmonie entre la couleur de sa peau, de ses yeux, de ses cheveux et ses vêtements et à présenter une «cohérence chromatique», indique le philosophe, on croit confusément que l’«on exprime ses sentiments internes en les projetant sur ses vêtements» et que ces bouts de tissu servent à relier «corps intérieur et extérieur, surface et profondeur». Un moyen d’exprimer son identité et d’en revêtir une nouvelle au fil de son humeur. Pas étonnant que l’idée que les couleurs vives contribuent au bien-être ne dépérisse pas.

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Curry de poisson et riz basmati

Curry de poisson et riz basmatiIngrédients pour 2 personnes
– 2 cuillère à soupe d’huile d’olive
– 150 g de riz basmati
– 300 g de poisson à chair ferme (lotte, mérou ou empereur)
– 1 oignons
– 1 cuillère à soupe de raisins secs blonds
– 1 cuillère à soupe de pâte de curry doux (dans les rayons asiatiques)
– 1 pomme verte Granny-Smith
– sel

1001 idées pour cuisiner sans se ruinerPréparation
1) Faites chauffer 1 cuillerée à soupe d’huile d’olive dans une petite casserole et faites revenir le riz jusqu’à ce que les grains soient translucides.
2) Couvrez-le d’eau, salez et faites-le cuire sur feu doux de 11 à 15 minutes.
3) Coupez le poisson en gros cubes. Pelez et émincez les oignons.
4) Dans une sauteuse, faites-les dorer dans l’huile d’olive restante. Ajoutez les raisins, les cubes de poisson et la pâte de curry.
5) Mélangez pour bien enrober le poisson de cette pâte, salez, couvrez et laissez mijoter 5 minutes.
6) Lavez et séchez la pomme. Au dernier moment, coupez-la en quatre, enlevez le trognon et détaillez-la en fins quartiers.
7) Servez dans l’assiette le riz et le poisson. Décorez avec les quartiers de pomme.

1001 idées pour cuisiner sans se ruiner »
De Camille Depraz
Collection « 1001 idées » , Éditions Larousse

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Velouté de cèpes et lard de Bigorre

Velouté de cèpes et lard de BigorreIngrédients pour 2 personnes
– 1 cuillère à soupe de beurre
– 1 échalotes émincées
– 1 gousse d’ail hachée
– 150 g de cèpes
– 20 cl de bouillon de volaille
– 1 cuillères à soupe de crème fraîche épaisse
– 4 tranches fines de lard de Bigorre
– sel, poivre concassé

autour de ma bierrePréparation
1) Dans une cocotte, sur feu moyen, faire fondre les échalotes et l’ail dans le beurre; puis ajouter les cèpes, assaisonner et laisser cuire environ 5 minutes, ajouter le bouillon, couvrir, baisser le feu et laisser cuire 15 minutes.
2) Hors du feu, ajouter la crème, mixer le tout pour obtenir un velouté assez épais.
3) Au moment de servir, faire griller à sec, dans une poêle, les tranches de lard.
4) Les servir avec le velouté.

Et ma bière ?  Une bière brune pour ses notes grillées sur le lard de cochon, créant un univers sensoriel très automnal.

Extrait de « Autour d’une bière », cherche midi éditeur.

Relaxnews

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Sept signes qui doivent vous alerter sur le burn out parental

Burn-outD’après une étude menée par l’UCLouvain, 5 à 8 % des parents belges seraient en situation de burn out parental. C’est la première étude sur la prise en charge de cet épuisement, encore trop méconnu.

Les trajets maison-école, les repas à préparer, la bataille du coucher, les lessives et le ménage, les activités périscolaires … La routine d’une vie de famille peut vite se transformer en machine infernale. À tel point que certains parents n’arrivent plus à supporter leurs enfants, épuisés rien qu’à l’idée de passer une journée avec eux.

Un phénomène qui porte un nom : le burn out parental. Ce syndrome, qui touche les parents exposés à un stress chronique, sans parvenir à en compenser les effets, a fait l’objet d’une étude menée par la Mutualité chrétienne et l’UCLouvain. Environ 20 % des parents seraient « en difficulté dans leur parentalité » à un moment de leur vie de parents. Franceinfo a listé sept signes qui peuvent précéder un burn out parental et qui doivent vous alerter.

1) L’épuisement physique
L’arrivée d’un enfant apporte évidemment de la fatigue, liée aux nuits raccourcies et à la multiplication des tâches. En juin dernier, une étude britannique (en anglais) pour une marque de literie, a relevé que les jeunes parents dorment en moyenne 4h44 par nuit, pendant l’année qui suit l’arrivée de l’enfant. Soit 59 % de temps de sommeil en moins que les 8 heures préconisées par les spécialistes.

Dès 2013, une enquête du réseau de mères actives soulignait que 63 % d’entre elles se disaient « épuisées ». Un épuisement qui survient quand les parents ne parviennent plus à se libérer du temps pour récupérer : « Tous les parents vivent des périodes de grande fatigue, comme lorsqu’un enfant tombe malade pendant 15 jours », estime Stéphanie Allenou, maman de quatre enfants qui a raconté son burn out parental dans Mère épuisée.

mere epuiséeLa différence avec l’épuisement parental, c’est que ça dure des mois ou des années. Stéphanie Allenou, auteure de « Mère épuisée »

Quand la fatigue cloue au lit dès le réveil, qu’elle limite l’attention accordée à ses enfants, ce sont les premiers symptômes de l’épuisement parental. Ce vide émotionnel et physique empêche de réfléchir. « Si on se sent très fatigué depuis deux semaines et qu’on commence à être fortement irritable, c’est un signal d’alarme », alerte la docteure Moïra Mikolajczak, professeure et directrice de recherche sur le burn out parental à l’UCLouvain.

2) Le désir de vouloir tout contrôler
Les experts interrogés par franceinfo sont unanimes : les parents touchés par l’épuisement parental sont souvent ceux qui se sont faits une haute estime de leur rôle, avant la naissance de leur enfant. En clair, ils veulent être parfaits et se mettent la pression : « C’est ce qui les épuise en fait, pointe la docteure Mikolajczak. Et c’est ce qui est paradoxal : car en voulant être parfaits, ils se retournent contre leurs enfants. »

Burn-out parentaleMême au bord de l’épuisement, les mères continuent de s’agiter et de vouloir tout gérer comme des chefs d’entreprise du CAC40 mais un jour, le corps dit ‘stop’ et elles ne peuvent plus se lever, elles ne peuvent plus rien faire.  « Depuis les années 1980-1990, la place de l’enfant a profondément changé, elle est devenue primordiale », estime la docteure Liliane Holstein, psychanalyste et auteure de Burn out parental.

Il est au centre de toutes les préoccupations de la famille : il ne doit manquer de rien pour bien grandir et le parent doit être aimant, disponible, attentif à tous les instants. « Les parents sont dans une course à la perfection pour être aimés par leurs enfants, souligne Liliane Holstein. Ce qui fait qu’il n’y a jamais de détente du matin jusqu’au soir, que les parents sont épuisés. »

3) Une tendance à l’isolement
Cette volonté de toujours faire mieux peut également entraîner un repli sur soi jusqu’à l’isolement. Les parents en proie à l’épuisement ont l’impression que leurs amis et leur famille font mieux qu’eux. Que leur enfant est le plus difficile, qu’ils sont les plus débordés, les plus en retard.  La docteure Moïra Mikolajczak donne l’exemple de l’attente à la sortie de l’école quand les parents s’observent : « On est tous des mini-juges, on se juge les uns les autres en permanence ».

Face aux autres parents qui leur semblent parfaits, les parents en burn out ont l’impression de ne plus savoir gérer le quotidien et souffrent de la comparaison, ce qui est un autre facteur de stress. « Quand on arrive à dire qu’on leur donne des fessées, qu’on ne les supporte plus, soit on nous juge, soit on nous dit ‘c’est pas grave, toutes les mères passent par là et ça ira mieux ensuite' », raconte Stéphanie Allenou.

Claire, maman à 39 ans d’une petite fille d’un an, a pourtant essayé d’en parler avec ses collègues : « Tous les matins, on arrive à la machine à café avec des cernes, en n’ayant pas dormi de la nuit, tout le monde nous dit ‘ça ira mieux’, ‘c’est normal’ et nous taquine, mais non, ça n’a ira pas mieux demain. » L’incompréhension que les parents en burn out ressentent les pousse ainsi à ne plus parler de leur mal-être et à s’enfermer.

4) Le sentiment de culpabilité
Les parents épuisés ont souvent l’impression de ne plus contrôler leur vie, qui ne ressemble en rien à ce qu’ils avaient imaginé, avant la naissance de leur enfant. Un contraste qui peut donner le sentiment d’être de « mauvais » parents et/ou d’avoir de « mauvais » enfants.

Selon Stéphanie Allenou, désormais à la tête d’une association de soutien à la parentalité, l’Îlôt Familles, et d’un lieu d’accueil parents-enfants à Nantes, c’est « une histoire de reconnaissance qui est le troisième pilier de l’épuisement. » Les mères actives qu’elle rencontre lui font part de leur culpabilité permanente : elles culpabilisent devant leurs collègues quand elles quittent le travail trop tôt et font de même quand elles viennent chercher leur enfant trop tard à la crèche. De quoi faire naître une « impression qu’ils n’en font jamais assez », ou jamais assez bien, qui entraîne une dévalorisation personnelle et une perte de confiance en soi.

5) Des troubles du sommeil, de l’appétit et du désir
Des heures à tourner dans le lit, à compter les moutons et à regarder les minutes défiler sur le réveil. Pourtant épuisés, les parents à bout parviennent difficilement, voire pas du tout, à trouver le sommeil, le soir venu.

Enfin au lit, ils égrènent dans leur tête la liste des tâches qu’ils vont devoir accomplir dès le réveil et angoissent d’avance. L’accumulation d’autres symptômes peut être un signal d’alarme comme un amaigrissement ou une prise de poids importante et l’éloignement avec le conjoint.

6) Un épuisement émotionnel intense
L’épuisement s’accumule face à la répétition quotidienne des mêmes crises : pour se laver, pour manger, pour s’habiller …  Pour que la colère n’éclate pas à la moindre bêtise, les parents prennent sur eux et refoulent leurs propres émotions. « J’essaie de faire des activités avec les enfants, qu’ils soient propres et bien habillés, que la maison soit tenue correctement, le frigo rempli, souffle une mère qui préfère rester anonyme. Mais dans tout ça, je me suis abandonnée. »

Cet épuisement émotionnel doit être un signal d’alarme avant le burn out parental. Les parents qui en sont victimes ne sont plus en mesure de réguler leurs émotions. « Ils peuvent dire qu’ils adorent leurs enfants et en même temps, dire juste après, pourquoi je les ai faits ?   Si je pouvais les tuer, je le ferais », assure la docteure Liliane Holstein. Ils gèrent les tâches de la vie quotidienne de manière automatique, presque robotisée.

7) Une distanciation affective avec les enfants
Les parents contactés décrivent une absence d’émotions qui génère une véritable distance avec leurs enfants. Marie, 27 ans et maman d’un petit garçon d’un an et demi, a vécu cette situation au moins d’août. « J’ai expliqué à mon médecin que je ne supportais plus mon fils, que j’avais envie de le taper. Des fois, je le regardais et je n’avais pas envie de le prendre dans mes bras. Je le regrette, c’est quelque chose d’horrible. »

Selon la docteure Mikolajczak, cette distanciation affective, synonyme de burn out parental, multiplie par vingt le risque de violenter ses enfants : « Dès qu’on a une parole ou un geste qui tranche totalement avec ce qu’on fait habituellement, c’est un signe qu’il faut aller consulter : si je suis une personne attentive et que d’un coup, je dis à mon enfant : ‘ma vie était tellement plus belle quand tu n’étais pas là’, je dois absolument aller consulter. » C’est l’accumulation de ces symptômes au quotidien qui doit vous alerter.

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Le prochain atelier d’écriture du Figaro littéraire démarre le 14 mars

Mohammed AïssaouiAnimées par Mohammed Aïssaoui, ces six séances de quatre heures ont pour objectif d’aller vers son style personnel pour aller au bout de son projet d’écriture.

Après les ateliers d’écriture de Grégoire Delacourt et celui d’Étienne de Montety, le prochain démarrera le jeudi 14 mars, avec Mohammed Aïssaoui, écrivain et journaliste au Figaro littéraire.

mohammed aissaoui livre esclavageIl est l’auteur de L’Affaire de l’esclave Furcy (Gallimard, puis Folio), Prix Renaudot de l’essai, Prix RFO du livre, Prix du roman historique. Le texte a été adapté au théâtre. Il a également écrit L’Étoile jaune et le Croissant, Petit éloge des souvenirs et Le Goût d’Alger, et des fictions radiophoniques pour France Inter, dont Madame Bovary au tribunal, le procès fait à Flaubert.

Mohammed Aïssaoui a mis en place les ateliers d’écriture du Figaro littéraire. Il en anime depuis huit ans, en librairies et pour les entreprises.

Combien sommes-nous à vouloir écrire et à «bloquer» sur un chapitre ou au milieu du gué ?  À commencer et à ne pas finir ?   À avoir des «bouts» de textes, des idées, des désirs, mais ne pas savoir quoi en faire ?   C’est justement le premier but de ces ateliers d’écriture. Arriver à «débloquer» ce genre de situation, mais aussi à désacraliser l’écriture, cela est très important. Chacun porte un livre en soi, et il existe des techniques pour le faire sortir de soi.

Techniques d’écriture et ficelles du métier
On explorera les différentes pistes d’écriture et nous irons, pour les participants qui le désirent, à la rencontre des textes de chacun. Tous les territoires seront passés en revue : récit, roman, autobiographie, biographie, témoignages …  L’atelier se propose d’accompagner chacun dans sa propre écriture et dans son projet personnel.

À travers de nombreux exercices, mais aussi des travaux à la maison, on apprendra à reconnaître la singularité de son style, sa touche personnelle. À retravailler les textes, car écrire, c’est aussi réécrire. Savoir mener un récit et la discipline à tenir en fonction de ses objectifs sont des buts essentiels. Nous nous appuierons sur des techniques d’écriture et sur les «ficelles» du métier, parce qu’écrire est aussi une technique, même si ce n’est évidemment pas qu’une technique. Avec des exemples de questions que l’auteur se pose : quand se relire ?  Quand réécrire ?  Sur quels matériaux travailler, le réel, l’imaginaire, comment associer les deux ?

Un écrivain ou un éditeur viendra lors d’une de ces six séances pour que les participants puissent lui poser les questions qui le souhaitent. À la fin du stage, le participant devrait repartir avec une confiance en soi et une discipline qui lui permette d’aller au bout de son projet, qu’il désire écrire pour lui-même ou pour être publié.  Vous pouvez contacter les Ateliers du Figaro Littéraire si besoin à l’adresse suivante : ateliersdecriture@lefigaro.fr

L’atelier se tiendra dans les locaux du Figaro, au 14, boulevard Haussmann, 75009 Paris. Détail des séances : les jeudis 14, 21 et 28 mars et les jeudis 4, 11 et 18 avril 2019. Pour les modalités pratiques et les inscriptions, Les Ateliers d’écriture du Figaro littéraire sont expliqués ici : Ateliers d’écriture / Figaro Store

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4 idées reçues sur le cycle menstruel

roudoudou« Avoir ses ragnagnas », « les Anglais ont débarqué », « être indisposée »…

Il existe à peu près autant d’expressions pour dire qu’on a ses règles que d’idées fausses sur le sujet. Toujours tabou et méconnu, le cycle menstruel, que les femmes expérimenteront environ 450 fois dans leur vie, mérite que l’on rétablisse quelques vérités.

Il aura fallu attendre 2018 pour qu’une une marque de protections hygiéniques utilise enfin dans ses publicités du liquide rouge pour représenter le sang des menstruations. Jusque-là un fluide bleu avait toujours été employé. C’est dire si le sujet met mal à l’aise.

La preuve avec quelques chiffres récoltés par l’association Plan International qui montrent que 52 % des parents préfèrent parler de sexe avec leur fille plutôt que des règles. Plus inquiétant encore : 48% des filles en Iran, 10 % en Inde et 7 % en Afghanistan croient encore que les règles sont une maladie. Il est temps de tordre le cou à quelques idées reçues concernant cette fonction naturelle.

Le sang des règles est sale : FAUX
Et pourquoi serait-il plus dégoûtant que celui qui coule quand on se coupe ?   Il suffit de connaître sa composition pour s’en rendre compte. Le sang des règles est constitué d’eau, de lymphe, de globules rouges et de cellules d’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus qui s’épaissit pendant la première moitié de chaque cycle menstruel et qui desquame quand il n’y a pas eu de fécondation.

Qu’est-ce qui n’est pas propre là-dedans ?   Et la couleur marron qu’il peut arborer parfois au début ou à la fin des menstruations s’explique par le fait que le sang a pris davantage de temps pour quitter l’utérus. Plus il reste dans le corps, plus la muqueuse utérine le brunit.

800-questions-au-gynecologue.jpgLes femmes perdent beaucoup de sang chaque mois : FAUX
Chacune a son propre cycle, qui est loin d’obéir à un calendrier de 28 jours. Il peut varier de 21 à 36 jours selon les femmes. Et toutes ne perdent pas non plus la même quantité de sang selon la durée de leurs règles et l’intensité de leur flux.

D’après les données du livre 800 questions au gynécologue du Dr Alain Tamborini (édition Marabout), il faut compter, en moyenne, entre 50 à 150 ml de sang sur 3 à 6 jours de règles. Pour vous donner une idée 100 ml c’est la contenance d’un demi-verre à eau et 150 ml équivalent à une mini-canette de soda.

On ne peut pas tomber enceinte quand on a ses règles : FAUX
A en juger le nombre de réponses (plus de 7 millions) sur lesquelles on tombe quand on pose la question sur un moteur de recherches, on peut estimer que l’information est mal passée. Même si la probabilité est rare, elle existe.

Notamment chez les femmes qui ont des cycles courts, comme l’explique l’organisation American Pregnancy. Celles qui ont des cycles de 21 à 24 jours ovulent donc plus tôt au cours de leur cycle et peuvent avoir du mal à calculer ce moment.

Sachant aussi que les spermatozoïdes conservent leur aptitude à féconder pendant 2 à 5 jours après un rapport sexuel non-protégé, il est possible « qu’après un rapport ayant eu lieu vers la fin de vos menstruations vous puissiez tomber enceinte 4 ou 5 jours plus tard ».

On ne doit pas avoir de rapports sexuels pendant ses règles : FAUX
La vie ne s’arrête pas quelques jours par mois parce qu’on a ses règles et heureusement. Quant à faire des galipettes à cette période-là, tout est une question de choix personnel. Quand certaines ne veulent pas être approchées à moins de 150 mètres d’autres, au contraire, remarquent une libido qui monte en flèche à ce moment précis.

Si les deux partenaires sont à l’aise avec l’idée, rien n’empêche d’avoir des rapports sexuels pendant ses règles. D’autant plus que le cerveau va libérer des endorphines, les hormones du bien-être, qui peuvent aussi agir ponctuellement comme des antalgiques naturels. Un bon moyen pour calmer les éventuelles douleurs que certaines peuvent connaître pendant leurs menstruations. Sans oublier qu’il existe désormais un tampon spécifique qui permet de faire l’amour pendant ses règles.