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L’intégralité de la tribune d’Emmanuel Macron

emmanuel macron« Pour une renaissance européenne », la tribune d’Emmanuel Macron, président de la République.

Citoyens d’Europe,

Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous, ce n’est pas seulement au nom de l’histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C’est parce qu’il y a urgence.

Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l’avenir de notre continent. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l’Europe, qui n’a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n’est pas l’appartenance à l’Union européenne, ce sont le mensonge et l’irresponsabilité qui peuvent la détruire.

Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ?  Qui leur a parlé de perdre l’accès au marché européen ?  Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé ?  Le repli nationaliste ne propose rien,  c’est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire. Face à ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d’abord ce qu’est l’Europe.

C’est un succès historique : la réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l’oublions jamais. Et ce projet continue à nous protéger aujourd’hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ?   Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ?   Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l’euro, qui est une force pour toute l’Union ?

L’Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l’accès rapide à Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l’Europe comme la paix ne sont jamais acquises.

Au nom de la France, je le mène sans relâche pour faire progresser l’Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu’on nous disait inaccessible, la création d’une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l’autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : « Où est l’Europe ?  Que fait l’Europe ?  ». Elle est devenue à leurs yeux un marché sans âme. Or l’Europe n’est pas qu’un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent.

Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l’Europe, car c’est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties.

Nous sommes à un moment décisif pour notre continent,  un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C’est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.

Défendre notre liberté
Le modèle européen repose sur la liberté de l’homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes.

Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d’indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères.

Nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité.

Protéger notre continent
Fondée sur la réconciliation interne, l’Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège. La frontière, c’est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à plat l’espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus).

Une police des frontières commune et un office européen de l’asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l’autorité d’ un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à une Europe qui protège à la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s’appliquer à la défense. D’importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume Uni pour préparer nos décisions collectives.

Assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.  Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ?  Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l’impôt et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.

Retrouver l’esprit de progrès
L’Europe n’est pas une puissance de second rang. L’Europe entière est une avant garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c’est aussi prendre la tête du combat écologique. L’Union européenne doit fixer son ambition, 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025  et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique,  force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments,  contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé …

Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe ,toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat. Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. C’est pour cela qu’elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes …), mais aussi financer l’innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des États-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles …

Liberté, protection, progrès. Nous devons bâtir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d’une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l’incantation. L’humanisme européen est une exigence d’action.

Mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique sans tabou, pas même la révision des traités. Partout les citoyens demandent à participer au changement. Alors d’ici la fin de l’année, avec les représentants des institutions européennes et des États, mettons en place une Conférence pour l’Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités.

Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l’UE traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à différents rythmes, en restant ouverte à tous ?  Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j’en suis sûr, trouvera toute sa place.

Citoyens d’Europe, l’impasse du Brexit est une leçon pour tous. Sortons de ce piège, donnons un sens aux élections à venir et à notre projet. A vous de décider si l’Europe, les valeurs de progrès qu’elle porte, doivent être davantage qu’une parenthèse dans l’histoire. C’est le choix que je vous propose, pour tracer ensemble le chemin d’une Renaissance européenne.

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Alexandre Benalla et Vincent Crase restent en prison

Vincent et Alexandre BenallaLes avocats des deux hommes ont interjeté appel de leur placement en détention provisoire. Il sera examiné mardi prochain.

Placé en détention provisoire mardi dernier pour non-respect de son contrôle judiciaire, Alexandre Benalla, ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, devra encore passer quelques jours à la prison de la Santé.

Vendredi, le président de la Chambre de l’instruction a rejeté la demande de suspension des effets du mandat de dépôt, a annoncé une source judiciaire consultée par BFMTV. La décision concerne également Vincent Crase, qui quant a lui a été écroué à la prison de Bois-d’Arcy dans les Yvelines.

Un appel examiné mardi prochain
Ils avaient été convoqués le matin même au tribunal de Paris, conséquence de la révélation par Mediapart d’enregistrements clandestins d’une conversation entre les deux hommes, datée du 26 juillet, soit quatre jours après leur mise en examen et alors que la justice leur avait interdit d’entrer en contact.

Outre cette procédure d’urgence du référé-liberté, les avocats d’Alexandre Benalla et Vincent Crase ont également interjeté appel de leur placement en détention provisoire. Il sera examiné mardi matin par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, réunie en formation collégiale.

La légalité des enregistrements en question
Les avocats contestent la légalité des enregistrements publiés par Mediapart, estimant leur origine douteuse car ne provenant selon eux ni d’écoutes judiciaires, ni d’écoutes administratives.

La défense d’Alexandre Benalla a déposé une plainte le 14 février pour « détention illicite d’appareils ou dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interceptions », « atteinte à l’intimité de la vie privée », « atteinte à la représentation de la personne » et « faux ». Vincent Crase a lui aussi porté plainte.

Une affaire qui empoisonne l’exécutif
L’affaire Benalla, qui a débuté en juillet, n’a cessé depuis d’empoisonner l’exécutif, avec ses multiples volets et rebondissements. Cette semaine encore, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire afin de déterminer s’il y a pu avoir des « dissimulations de preuves » dans le cadre des différentes procédures visant l’ancien chargé de mission de l’Élysée et son entourage.

Au Sénat, la commission d’enquête mise sur pied l’été dernier a rendu ses conclusions et demandé au président de la Chambre haute de saisir le parquet pour « faux témoignage », soupçonnant MM. Benalla et Crase d’avoir menti sous serment.

Elle a également mis en cause les témoignages de trois hauts responsables au palais présidentiel, Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne,  les soupçonnant d' »omissions, incohérences » et « contradictions ».

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Affaire Alexandre Benalla : la justice ouvre une enquête pour « corruption » au sujet du contrat russe

alexandre benallaSelon Mediapart, le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour « corruption » sur le contrat de sécurité signé avec l’oligarque russe Iskander Makhmudov, négocié par Alexandre Benalla du temps où il était à l’Élysée.

Les investigations ont été confiées à un service enquêteur de police de la préfecture de police de Paris.

A l’origine des principales révélations dans l’affaire du contrat russe liée à l’affaire d’Alexandre Benalla, le pure player avait publié le 31 janvier des documents audio où l’on peut entendre Alexandre Benalla se confier notamment sur son implication dans un contrat de sécurité signé par Mars, la société de Vincent Crase, avec l’oligarque russe Iskander Makhmudov.

En décembre, Mediapart avait révélé l’existence d’un versement de 294 000 euros, le 28 juin 2018, vers la société de conciergerie de Vincent Crase, dénommée Mars, depuis un compte appartenant à Iskander Makhmoudov, proche de Vladimir Poutine et à la tête d’un empire industriel.

Selon le pureplayer, une partie des fonds a transité via une société de sécurité privée, du nom de Velours, dont Alexandre Benalla a été conseillé entre 2013 et 2015.  L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron a affirmé devant la commission d’enquête sénatoriale, le 21 janvier, que « jamais » il n’a « contribué » à la « négociation » ou à la « conclusion » de ce contrat russe.

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Emmanuel Macron veut remanier en profondeur son cabinet

emmanuel macronBien décidé à profiter de la crise des Gilets jaunes pour relancer son mandat, le président concocte son Big bang.

« Il est enfin décidé à tout changer, la crise des Gilets jaunes l’a reboosté », assure, satisfait, un « textoteur du soir » du président. Après vingt et un mois au pouvoir, Emmanuel Macron se prépare à remanier en profondeur son cabinet à l’Élysée et à se séparer d’une partie de l’équipe qui l’a porté au sommet, véritable garde de fer que l’on surnomme les Mormons.

Voilà des mois qu’il y réfléchit. « C’est un fidèle, il n’aime pas virer les gens », décrypte un ami. Mais ses proches l’ont alerté sur le fait qu’une partie de son équipe créait comme un écran entre lui et les Français. « Ils m’infantilisent », s’est un jour emporté le chef de l’État après un déplacement raté. « Les hommes de la conquête ne sont pas toujours calibrés pour l’exercice du pouvoir », concède un conseiller du Château.

Ce vendredi, Sylvain Fort, le directeur de la communication, démissionnaire, a quitté le Palais pour de « longues vacances », dit-il. Pour l’heure, aucun candidat n’émerge pour lui succéder. L’ancien Monsieur com de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier, qui a rencontré  Emmanuel Macron, a décliné pour briguer la mairie de La Baule.  Évoquée, la piste Clément Léonarduzzi, président de Publicis Consultants, serait aussi abandonnée.

«On ne va pas ressortir un Jacques Séguéla»
« Ils n’ont pas trouvé, c’est très difficile. On ne va pas ressortir un Jacques Séguéla. Emmanuel Macron est plutôt jeune génération », souffle un intime du président. En attendant de trouver l’hypothétique perle rare, une piste tient la corde : redéployer l’équipe actuelle autour de la conseillère presse et com Sibeth Ndiaye. « Ça va se finir par une Sibeth renforcée », spécule la même source.

Le danger est grand, dans une équipe parfois surnommée « la secte », qu’une greffe extérieure ne prenne pas. Dans l’entourage d’Emmanuel Macron,  aucuns font le constat qu’il a plutôt fait « une bonne séquence » depuis les fêtes, malgré un « dircom » sur le départ. «Comme la Belgique qui n’avait plus de gouvernement et ne s’en portait pas mal », rit l’un.

Autre départ possible à moyen terme, celui du conseiller spécial Ismaël Emelien, même si rien n’est acté. Le 4 février, Philippe Grangeon, 61 ans, vieux complice d’Emmanuel Macron, fera par ailleurs son arrivée comme conseiller spécial, à mi-temps et à titre bénévole, comme nous l’annoncions fin septembre. « Il va ramener de la séniorité dans le staff », salue un vieil ami.

Certains le pressent de remanier aussi son gouvernement
Quid du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, considéré par ses détracteurs comme « trop techno » ?  Plusieurs sources évoquent un possible atterrissage à la direction financière du groupe Renault. Le nom de Nicolas Revel, ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée sous François Hollande, circule. Certains suggèrent une idée originale : « Gérald Darmanin veut quitter Bercy pour la mairie de Tourcoing ?   Alexis Kohler ferait un excellent ministre du Budget » Mais selon un proche, le président n’aurait aucune intention de se séparer de son bras droit, tour de contrôle de l’exécutif.

Emmanuel Macron en restera-t-il là ?   Autour de lui, certains le pressent de remanier aussi son gouvernement pour remplacer Édouard Philippe, après le Grand débat ou après les européennes. Les noms de François Bayrou  qui jure ne pas vouloir du job  et de Jean-Yves Le Drian tournent. «Jean-Yves Le Drian a réglé pour François Hollande la crise des bonnets rouges. Tous les grands élus se reconnaîtraient en lui », argumente un de ses partisans.

« Il faut un type de confiance qui prenne les coups pour Emmanuel Macron », plaide un pro-Bayrou. Un proche du président achève, philosophe : « Les Français s’en foutent, ils veulent juste que ce soit efficace … »

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Ce qu’il faut retenir de l’audition de d’Alexandre Benalla au Sénat

alexandre benallaL’ex-chef de cabinet à l’Élysée a été réentendu une deuxième fois par les sénateurs ce lundi. Dans un climat tendu, il n’a pas répondu à toutes les questions ni levé toutes les interrogations.

Plus de deux heures d’audition, mais toujours des zones d’ombre. Alexandre Benalla a de nouveau été entendu ce lundi après-midi par la commission des lois du Sénat, chargée d’enquêter sur le rôle et le comportement de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, doublement mis en examen pour les événements du 1er mai dernier, à Paris, et pour son usage de passeports diplomatiques.

Accompagné de son avocate, l’air sûr de lui et adoptant un ton posé, comme lors de sa première audition du 19 septembre dernier, l’ancien conseiller de l’Élysée n’a pas levé tous les mystères pour autant. Et le climat s’est plusieurs fois tendu avec les sénateurs, Benalla refusant de répondre à de nombreuses questions, du fait de l’information judiciaire en cours.

Il n’a pas hésité non plus à s’en prendre au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda. Auditionné par les mêmes sénateurs mercredi dernier, ce dernier avait révélé que Alexandre Benalla allait être prochainement entendu par des juges.

Ce qu’on a appris

Les passeports diplomatiques
Alexandre Benalla reconnaît s’être servi de ses passeports diplomatiques « début août », puis il assure les avoir rendus « dans le courant du mois d’août » (ou plutôt « fin août », a-t-il ensuite précisé), après avoir reçu deux courriers du ministère des Affaires étrangères. Le 19 septembre, face aux sénateurs, il avait assuré sous serment que ces passeports se trouvaient alors « dans (son) bureau, à l’Élysée ». Ce lundi, il a maintenu sa version, affirmant que ces passeports lui « ont été rendus à nouveau par un salarié de l’Élysée début octobre ». À l’en croire, il n’a donc pas menti lors de sa première audition.

23 utilisations depuis juillet 2018
L’Élysée avait révélé que Alexandre Benalla s’était servi « une vingtaine de fois » de ses passeports diplomatiques après son licenciement de l’Élysée. Alexandre Benalla a précisé s’en être servi « 23 fois », « uniquement pour donner mon identité ». « Ils ne m’ont fait bénéficier d’aucun avantage, sauf à deux reprises du fast-track (NDLR : un accès plus facile et plus rapide au moment de l’embarquement) », a-t-il aussi garanti.

L’utilisation du téléphone Teorem
En plus de ses passeports, Alexandre Benalla disposait également d’un téléphone chiffré Teorem, qu’il a conservé jusqu’à début janvier. « Je n’ai pas connaissance que je l’avais gardé. Je m’en suis rendu compte lors d’un nouveau déménagement le 20 novembre, en faisant un inventaire complet », s’est-il défendu. Il n’explique donc n’en avoir fait « aucun usage depuis juillet 2018 », car il « n’avait pas connaissance de l’avoir encore en (sa) possession ».

Les zones de flou qui demeurent

Qui lui a rendu les passeports diplomatiques ?
Relancé à de très nombreuses reprises par plusieurs sénateurs, Alexandre Benalla a refusé de dire qui, précisément, à l’Élysée, lui a rendu ses deux passeports diplomatiques en octobre. Le mystère reste donc entier sur ce point. Alexandre Benalla reconnaît en tout cas « une connerie » et une « bêtise » : s’être servi de ses passeports en novembre et décembre. Il savait en effet très bien qu’il n’était pas censé en avoir le droit.

Qui a été prévenu de ses voyages au Tchad ?
Concernant son voyage au Tchad début décembre, quelques jours avant la venue d’Emmanuel Macron dans le pays africain, Alexandre Benalla explique en avoir informé, « par courtoisie », des membres de la présidence de la République. Mais seulement « a posteriori » de son voyage, a-t-il concédé, soucieux qu’il n’y ait « pas de confusions » et que l’Élysée soit « un minimum au courant » de ses nouvelles activités. Mais il refuse d’en dire davantage, notamment sur les personnes qu’il a informées.

Comment a-t-il obtenu un passeport de service ?
Dans « des conditions d’obtention normales », a assuré Alexandre Benalla. Entendu par cette même commission des lois mercredi dernier, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, l’avait pourtant accusé de « faux » pour se le procurer. La commission n’a toutefois pas pu insister sur ce sujet, empiétant sur le travail de la justice.

Saisie de la commission de déontologie
En tant qu’ancien conseiller à l’Élysée, Alexandre Benalla avait l’obligation de saisir la commission de déontologie avant de retourner travailler dans le privé, ce qu’il a fait depuis cet automne. Il reconnaît pourtant ne pas avoir effectué une telle démarche, plaidant le fait que ce n’était pas l’usage pour des membres de la chefferie de cabinet de l’Élysée. À l’en croire, son avocate est en train de s’en occuper.

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Un nouveau sondage confirme la hausse de popularité d’Emmanuel Macron

emmanuel macronD’après le baromètre Ifop pour le JDD, la popularité du président de la République gagne 4 points par rapport au mois de décembre.

C’est une remontée qui se confirme, la popularité d’Emmanuel Macron est en hausse de 4 points par rapport à décembre dernier et atteint désormais les 27% d’opinion favorable, selon le baromètre Ifop pour le JDD. Depuis le début de l’année, plusieurs autres sondages attestaient déjà de cette embellie.

L’hebdomadaire détaille le résultat de son sondage : “le président gagne trois points chez les « plutôt satisfaits » (22%) et un chez les « très satisfaits » (5%). Les « plutôt mécontents » augmentent d’un point à 32% quand les « très mécontents » baissent de cinq points à 40%.”

Niveau de popularité historiquement bas
Déjà le 10 janvier, la cote de confiance d’Emmanuel Macron regagnait un point pour s’établir à 22% dans le sondage Kantar Sofres Onepoint pour Le Figaro Magazine. Le lendemain, le sondage YouGov indiquait que la côte d’Emmanuel Macron gagnait trois points, après trois mois de baisse consécutive. Cette semaine encore, le sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio donnait une hausse de 4 points au Président, pour atteindre les 30% d’opinion favorable.

Si l’essentiel des sondages montrent un regain de popularité d’Emmanuel Macron, tous insistent aussi sur le fait qu’il reste un niveau historiquement bas. D’après le JDD, janvier est le cinquième mois consécutif où les insatisfaits de sa politique “dépassent les 70%”.

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Popularité : Emmanuel Macron regagne du terrain

emmanuel macronLe président de la République, Emmanuel Macron, remonte dans l’opinion publique

Après une chute amorcée l’été dernier, et qui s’est accélérée sous la pression des « Gilets jaunes », le chef de l’État tente de reprendre la main, notamment depuis ses vœux prononcés aux Français le 31 décembre en se rapprochant des préoccupations des Français au quotidien.

Retour à son niveau du premier tour des élections présidentielles
Les dernières enquêtes ont clairement démontré qu’Emmanuel Macron avait regagné quelques points de popularité, entre 1 et 5 selon les sondages, pour se situer entre 23 et 28%, autrement dit à peu près au niveau de son score du premier tour des élections présidentielles.

Un regain de confiance qui correspond donc aux dernières prises de paroles du président de la République, en particulier à l’occasion de l’ouverture du Grand débat national en Normandie, qui s’est transformée en exercice-marathon de question-réponse avec les maires pendant près de 7H. Les sondés semblent approuver le choix présidentiel d’adopter une ligne mêlant réalisme, fermeté et appel au dialogue.

Les Européennes en ligne de mire
A quelques mois des élections européennes, ces études sont de bon augure pour le président de la République et son parti LREM. Un sondage Ifop-Fiducial montre en outre une embellie pour l’alliance La République en marche-Mouvement démocrate (LaRem-MoDem), qui gagne 5 points en un mois et repasse devant le Rassemblement national en terme d’intentions de vote en vue du scrutin du 26 mai.

Il faudra désormais convaincre durant le Grand débat et répondre concrètement aux attentes des Français qui sont nombreuses. Celui-ci prendra fin mi-mars et, dans la foulée, le président de la République annoncera les axes retenus pour la suite du quinquennat.