Publié dans Texte Santé

Le bore-out : déprimer d’ennui au travail

bore-outEtre payé à ne rien faire, le rêve ?    Plutôt le début d’une spirale qui peut mener à la dépression. Décryptage de ce pendant du burn-out qui cause aussi des dégâts.

Ce ne sont pas les cadences folles qui les rendent malades mais au contraire, l’ennui au travail. Et l’on met d’autant plus longtemps à prendre conscience de l’origine de ce mal-être professionnel que l’on n’avoue pas en public mourir d’ennui au travail.  Par pudeur vis-à-vis de ceux qui sont réellement surmenés, mais aussi parce que ce n’est pas très valorisant.

Honte
« Les personnes qui souffrent de bore-out éprouvent une honte, il y a quelque chose de disqualifiant et de peu glorieux qui est différent du burn-out, la maladie de ceux qui travaillent trop », distingue François Baumann, médecin spécialiste des pathologies liées à la souffrance au travail.

Ennui profond et durable
Il estime que si près d’un travailleur sur deux s’ennuie régulièrement au travail, près d’un sur dix souffre réellement de bore-out. Ce n’est pas parce qu’on a une journée, voire une semaine de répit entre deux contrats que l’on risque de sombrer en dépression.

« L’ennui du bore-out est profond et durable. En partant au travail, vous savez que vous allez réellement besogner deux heures et que le reste du temps, vous-vous ennuierez, décrit l’auteur de Le bore-out, quand l’ennui au travail rend malade. D’autant qu’on vous empêche de tuer le temps, on surveille si vous ne jouez pas derrière votre écran ou que vous ne lisez pas en cachette. »

Mis au placard et disqualifié
« Dans les grandes entreprises où l’anonymat règne et dans la fonction publique, cela arrive plus fréquemment. Une paie régulière tombe, ce qui incite à rester, même si l’on s’embête », précise le médecin.

Les personnes mises au placard sont bien sûr concernées, mais aussi celles qui sont disqualifiées. Comme ce polytechnicien venu consulter qui avoue déprimer d’ennui, cantonné à coller des timbres sur des enveloppes toute la journée.

Publié dans Texte Actualité divers

Apprendre le français pour rêver d’un job

La langue françaiseLa langue française est souvent indispensable pour travailler dans les secteurs de la restauration ou même du nettoyage.

Partant du constat que des lacunes en français pouvaient fermer les portes du marché du travail, à de nombreux nouveaux arrivés dans le pays, l’Association de soutien aux travailleurs immigrés (ASTI) a mis en place en janvier 2019 le projet «Connections4Work».

Il est ouvert aux personnes inscrites à l’Adem ou bénéficiant d’une mesure de stabilisation ou d’activation de l’Office national d’inclusion sociale. Par cycle de six mois, les inscrits participent à des cours de français intensifs orientés vers les métiers visés que peuvent être la restauration, le jardinage, le nettoyage. «Nous ciblons les domaines où il y a une forte pénurie de main- d’œuvre pour augmenter les chances d’intégrer le marché de l’emploi», explique Marc Piron, le responsable du projet.

Règles d’hygiène à respecter
En plus des cours de français s’ajoutent des séances d’informations pratiques sur la rédaction de CV par exemple, mais aussi techniques sur les règles d’hygiène à respecter dans la restauration, et un stage non rémunéré en entreprise. La plupart des quinze personnes inscrites à ce projet seront orientées vers des emplois non qualifiés. «Nous avons aussi des personnes qui ont des diplômes dans la restauration et de l’expérience, mais seule la maîtrise du français est un obstacle», ajoute-t-il.

À l’issue de la première session de janvier à juillet 2019, sur les quinze participants, quatre ont trouvé immédiatement un emploi, un a décidé de rejoindre le lycée hôtelier.

Publié dans Texte Actualité divers

L’industrie et le bâtiment, métiers les plus à risque

L'industrie et le bâtiment, métiers les plus à risqueDe 2011 à 2018, les secteurs de l’industrie et le bâtiment ont été les plus touchés par les maladies professionnelles, selon des chiffres publiés ce lundi matin.

De 2011 à 2018, seules 35,9% des maladies professionnelles déclarées ont été reconnues, soit 1 332 cas reconnus sur 3 711 déclarés, selon des chiffres fournis ce lundi matin par le ministre LSAP de la Sécurité sociale, Romain Schneider, en réponse à une question parlementaire du député socialiste Mars Di Bartolomeo.

Et, si le nombre de maladies déclarées fluctue de manière irrégulière entre 399 et 570 sur la période, le nombre de maladies reconnues diminue, lui, régulièrement, passant de 203 en 2014 à 115 en 2018. Ce qui donne une proportion de maladies reconnues qui s’effondre de 41,7% en 2014 à 26,38% en 2018, avec une baisse plus marquée pour cette dernière année, selon le ministre, qui ne donne pas d’explications sur ce phénomène.

En revanche, il détaille les secteurs les plus touchés par les maladies reconnues et, sans surprise, les activités professionnelles nécessitant un important effort physique arrivent largement en tête de ce triste palmarès. Ainsi, les activités industrielles sont les plus touchées, avec 268 cas reconnus de 2011 à 2018.

Juste derrière arrivent des secteurs liés au bâtiment, avec d’abord les salariés de «l’aménagement et le parachèvement, équipements techniques du bâtiment», avec 267 cas, puis le secteur «bâtiment, gros œuvre, travaux de toiture, industries extractives» avec 206 cas. Les salariés travaillant les métaux, le bois et faisant de la maintenance de machines et de voitures suivent avec 136 cas, devant ceux de la production alimentaire (115) et du commerce (72).

Quant aux maladies impliquées, elles répondent à une liste bien précise validée par la Sécurité sociale (le burn out n’en fait toujours pas partie, aucune maladie n’ayant été ajoutée depuis 2016). Le problème de santé le plus fréquent concerne une paralysie des nerfs, avec 353 cas de 2011 à 2018.

Les maladies des tendons suivent, avec 290 cas, devant les affections provoquées par les vibrations des outils pneumatiques (148) et les lésions du genou (98). La poussière d’amiante est, elle, à l’origine de 96 infections de la plèvre. En outre, 68 maladies du dos ont été reconnues comme des cas de maladies professionnelles, ainsi que 30 cancers du poumon, du larynx ou encore de la peau.

Publié dans Texte Santé

Pourquoi votre week-end peut indiquer un burn-out

burn-outEn théorie, le week-end permet de se couper du boulot, de se reposer et de débrancher. Mais en cas de burn-out, on oublie parfois jusqu’au plaisir de faire une pause.

Le burn-out représente un réel risque professionnel, et il ne disparaît pas le vendredi. L’employé(e), fatigué(e), apathique, grincheux (se) au bureau ne cessera pas de ruminer une fois chez lui.

Selon la classification internationale des maladies établie par l’OMS, la simple surcharge de travail n’explique pas à elle seule le burn-out. L’impression d’être sous-employé·e y contribuerait également. Le burn-out se définit comme un stress chronique sur le lieu de travail qui engendre un sentiment d’épuisement, une démotivation et un cynisme croissants.

Quand des pressions professionnelles conduisent au burn-out, on ne sait parfois plus comment profiter de son temps libre. On prend même de mauvaises habitudes le week-end, qui accroissent à leur tour la sensation d’épuisement le lundi matin.

Les psychologues et les spécialistes en ressources humaines détaillent ici les habitudes dominicales qui contribuent au burn-out et proposent des solutions pour y remédier.

Trop attendre des week-ends
Il y a une différence entre attendre avec impatience les réjouissances du week-end et ne vivre que pour ces moments-là. De fait, cette mentalité serait un signe de burn-out sous-jacent. « Les expressions « Je déteste le lundi » ou « Vive le vendredi » prêtent certes à sourire, mais le message qu’elles véhiculent, c’est « ‘80% de ma vie est nulle », explique le psychologue clinicien Ryan Howes.

« Lorsque les gens se mettent à diviser leur semaine, associant d’un côté le travail au négatif et, de l’autre, le week-end au positif, ils alimentent le problème. Ils passent leur temps libre à redouter le retour du lundi et la reprise du travail, à s’en plaindre, à ruminer. »

Solution : mettez un peu du week-end dans votre semaine, et trouvez d’autres occupations. « Si vous consacrez vos week-ends à vos amis, à vous reposer et à partir à l’aventure, trouvez le moyen d’intégrer cela à votre semaine de travail ? », suggère-t-il. En prenant par exemple votre petit-déjeuner avec un-e ami-e qui ne soit pas un-e collègue ou en allant à la librairie pendant la pause déjeuner.

Quand son emploi tue à petit feu, « il faut bien nourrir son âme », explique Adriana Alejandre, thérapeute matrimoniale et familiale agréée. Selon elle, s’entourer de personnes distrayantes s’avère parfois bénéfique et s’essayer à la nouveauté permet de stimuler la curiosité.

Quand on a le sentiment de ne pas être employé-e à sa juste valeur et de s’épuiser dans un emploi insatisfaisant, il est possible de trouver d’autres sources d’épanouissements, déclare Melody Wilding, assistante sociale agréée et coach professionnel. « Les week-ends offrent l’occasion parfaite de s’adonner à une nouvelle activité, faire du bénévolat ou se lancer dans un projet artistique. Tout ce qui peut vous donner le sentiment de vous impliquer davantage », explique-t-elle.

Penser sans cesse au travail et s’en plaindre continuellement
Si se plaindre à n’en plus finir de vos affreux collègues et de votre patron autoritaire durant le week-end apparaît au premier abord comme une façon d’évacuer le stress, ce rabâchage ne fait souvent qu’aggraver la situation sur le long terme.

Quand, incapable de décharger ce que l’on a sur le coeur, on s’enferme dans ces émotions négatives, « il ne s’agit plus de s’épancher, mais de ressasser, radoter, accumuler des rancunes, signe que la verbalisation n’a pas l’effet escompté », selon Ryan Howes.

Solution : prenez du recul et réorientez vos pensées. « Que puis-je y changer ? » fait partie des questions de reformulation que les employé·es sont encouragé·es à se poser afin d’utiliser l’énergie négative à des fins plus productives. « Vider son sac est censé entamer le processus de résolution du problème, et non devenir une fin en soi », dit-il.

Melody Wilding estime qu’un rituel de « purge cérébrale », basé sur des questions invitant à la réflexion autour de la semaine de travail, permet de tourner la page avant le week-end. « Je constate que beaucoup de gens se jettent dans leur week-end sans avoir réellement pris le temps de décompresser », ajoute-t-elle.

Elle estime que certaines des questions à se poser aident à se concentrer sur le positif (« Qu’ai-je accompli cette semaine ?  Où ai-je progressé ?  Qu’aimerais-je améliorer ?« ) ou se projeter (« Quelles leçons puis-je en tirer pour avancer ?« ).

En s’accordant ce moment de thérapie émotionnelle et mentale, on ne laisse pas les pensées professionnelles « s’infiltrer et devenir cette présence envahissante qui hante nos week-ends », poursuit-elle.

Être complètement désinvesti·e, même sur son temps libre
Lorsque l’on est surmené·e, on a tendance à se concentrer sur le travail, le travail et toujours le travail, au risque d’éprouver des difficultés à vivre sa vie en dehors du cadre professionnel le week-end.

« Je vois très souvent des gens tellement submergés par ce qu’ils ont à gérer ou ce qu’ils veulent faire au quotidien qu’ils déclarent forfait le week-end, si bien qu’ils ne profitent pas de ce temps pour se reposer. Ils s’abrutissent devant Netflix, durant des brunchs interminables ou toute autre activité qui les assurera de rester dans l’évitement. »

Solution : agissez en pleine conscience. Cela ne signifie pas qu’il faille arrêter de regarder des films sur le canapé, mais faites-le sciemment. « Il n’y a aucun mal à partir sur un marathon Netflix tant que c’est pour les bonnes raisons, que vous le faites par choix, et que vous savez ce que vous comptez en retirer. Mais s’il ne s’agit que de ne penser à rien, de se cacher dans sa grotte, loin du monde, ce n’est pas sain. »

La technologie vous contrôle, et non l’inverse
Garder son téléphone à proximité contribue au sentiment de rester à la disposition de son patron, même durant les congés. On se surprend même à relever ses courriels et ses notifications professionnels sans y prendre garde.

En premier lieu, identifiez l’origine de ce besoin de disponibilité. « D’habitude, il prend sa source dans la peur. D’où le stress : on a peur de rater quelque chose, de prendre du retard, de ne pas être prêt lundi », rapporte Ryan Howes.

Publié dans Texte Actualité divers

À partir de ce mardi 5 novembre à 16h47, les Françaises travailleront pour rien

egalité salaire homme femmeÀ partir de cette date, les Françaises cesseront d’être symboliquement payées pour leur travail, si l’on compare leur salaire moyen à celui des hommes.

C’est une date qui n’a presque pas évolué en dix ans. À partir de ce mardi 5 novembre, à 16h47 pétantes, les Françaises travailleront symboliquement, pour rien. Selon Eurostat, le salaire brut moyen des Françaises est toujours inférieur de 15,4% à celui des hommes, contre 15,6% en 2010.

Et si le calcul de l’écart salarial est parfois contesté et sa date précise varie selon les calculs, il n’en reste pas moins qu’un écart de rémunération entre les femmes et les hommes demeure. Pour faire émerger la question des inégalités salariales dans le débat public, l’économiste féministe Rebecca Amsellem a créé le mouvement #5novembre16h17 (la date et l’heure sont mis à jour chaque année) il y a quatre ans sur Twitter.

Les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes sont complexes. Pour autant, il a été démontré que plus les femmes avaient d’enfants, plus elles faisaient des pauses dans leur carrière et travaillaient à temps partiel. Selon l’Observatoire des inégalités, les écarts de salaires entre les sexes sont les plus importants chez les cadres supérieurs, avec une différence de salaire de 21% entre les hommes et les femmes, à travail égal. À l’inverse, l’écart le plus faible est observé chez les employés (- 8%), une catégorie socio-professionnelle majoritairement féminine.

Un index pour pointer les inégalités entre les femmes et les hommes
Pour faire face à cette situation, le gouvernement  qui a décrété l’égalité entre les femmes et les hommes grande cause du quinquennat  a réagi en mettant en place un index d’inégalités entre les femmes et les hommes.

Instauré par la loi « pour choisir son avenir professionnel » de septembre 2018 et piloté par le ministère du Travail, cet index mesure une série d’indicateurs dans les entreprises parmi lesquels : les écarts de rémunération, les augmentations et les promotions, le pourcentage de salariées ayant bénéficié d’une augmentation au moment du retour de congé maternité (une obligation depuis 2006) ou encore le nombre de femmes dans les plus hautes fonctions de l’entreprise.

Les sociétés ont l’obligation de communiquer leurs résultats à l’inspection du travail et publier le score global obtenu sur leur site internet. À ce jour, seules les entreprises de plus de 250 employés sont concernées. Au 1er mars, la mesure s’étendra aux entreprises de plus de 50 salariés.

L’écart de salaire entre les femmes et les hommes est de 16% dans l’Union européenne
Dans l’ensemble des 28 pays membres de l’Union Européenne, l’écart de salaire entre les femmes et les hommes est en moyenne un peu plus élevé (16%) qu’en France. Pour cette raison, Bruxelles a fixé la Journée européenne de l’égalité salariale au lundi 4 novembre.

« Cela fait 60 ans que l’égalité des salaires est inscrite dans les traités européens. Pourtant, les femmes européennes continuent de travailler gratuitement pendant deux mois par rapport à leurs collègues masculins et les progrès réalisés sont encore trop lents », ont écrit Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, ainsi que Marianne Thyssen et Vera Jourova, les deux commissaires chargées de l’emploi et de l’égalité des genres dans un communiqué.

L’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 25,6% en Estonie et 21% en Allemagne, et de 5% seulement au Luxembourg. Pour réduire cet écart, l’Union européenne a récemment encouragé les pays membres à mettre en place des dispositifs qui visent à améliorer la transparence des salaires dans les entreprises et le renforcement du congé paternité.

Publié dans Texte Actualité divers

Quelle langue faut-il apprendre pour décrocher les meilleurs postes ?

Quelle langue faut-il apprendre pour décrocher les meilleurs postesLa maîtrise de l’anglais est un minimum pour les cadres qui veulent faire carrière, et ne permet plus de faire la différence.

Les recruteurs sont de plus en plus à la recherche de profils maîtrisant une ou deux langues supplémentaires, selon un sondage Babbel.

Peu de Français font le choix d’apprendre l’italien ou encore le portugais, estimant que cette langue sert surtout pour aller faire du tourisme. Aujourd’hui, ils peuvent se féliciter d’avoir fait le bon choix. Selon l’enquête réalisée par Opinion/Way Babbel, ces langues deviennent de plus en plus utiles dans le monde professionnel. Car la seule maîtrise de l’anglais n’est plus suffisante pour se distinguer des autres candidats. Les recruteurs misent sur des profils sachant parler deux ou trois langues.

Ainsi 70% des cadres parlant italien déclarent avoir décrocher un poste grâce à cette compétence. Ils sont 74% parmi ceux qui parlent le portugais. Mieux encore le russe a permis de faire la différence pour 89% des cadres qui le parlent. Pour comparaison, seulement 41% des cadres ont été choisi pour leur maîtrise de l’anglais.

Un tiers de sondés à obtenu une augmentation
Ces compétences servent aussi pour progresser dans sa carrière: 60% des cadres parlant italien déclarent que cela leur a permis d’obtenir des responsabilités, ils sont 70% pour ceux qui parlent le portugais et 82% pour le russe. L’anglais a permis de décrocher une promotion que pour 37% des cadres.

La maîtrise des langues est aussi un argument à faire valoir lors de la négociation du salaire : 33% des sondés ont ainsi décroché une augmentation. Mais c’est le russe, au vu de sa rareté, qui est le plus monnayable (73%) suivi du portugais (71%) et de l’italien (48%). L’anglais lui n’a été valorisé que dans 24% des cas.

Mais l’étude met aussi en avant que l’allemand est la langue (hormis l’anglais) qui est la plus parlée parmi les hauts salaires : elle est maîtrisée par 52% des cadres gagnant plus de 60.000 euros brut par an.

Publié dans Texte Actualité divers

Une entreprise sur six en « alerte rouge » pour l’égalité salariale

entreprisePrès de 16% des entreprises de 250 à 1.000 salariés ayant publié leur index sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes « sont en alerte rouge » et doivent améliorer leurs pratiques d’ici trois ans, sous peine de sanction, avertit la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Près de 16% des entreprises de 250 à 1.000 salariés ayant publié leur index sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes « sont en alerte rouge » et doivent améliorer leurs pratiques d’ici trois ans, sous peine de sanction, avertit la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Les entreprises moyennes de 250 à 1.000 salariés  avaient pour obligation au 1er septembre de publier le score obtenu sur cet index conçu par le gouvernement pour éradiquer les inégalités au travail d’ici la fin du quinquennat.

« A l’heure actuelle, 64% des entreprises de 250 à 1.000 salariés ont déjà mis en place cet index et 16% d’entre elles sont en alerte rouge », ce qui signifie qu’elles n’obtiennent pas la note de 75 sur 100, a déclaré Muriel Pénicaud dans une interview publiée vendredi par Le Parisien.

L’index mesure les écarts de rémunération, les écarts de taux d’augmentations individuelles, les taux de promotion, le pourcentage de salariées ayant bénéficié d’une augmentation dans l’année au retour d’un congé maternité ainsi que la place des femmes parmi les dix plus hautes rémunérations.

Les entreprises de plus de 1.000 salariés, qui devaient publier leur score au 1er mars dernier, l’ont fait « dans leur quasi totalité », a précisé la ministre. Seule huit d’entre elles n’ont pas réagi aux relances du gouvernement et ont été mises en demeure.

Les entreprises qui ne se conformeront pas à ce demandes dans le délai imparti se verront imposer une sanction financière allant jusqu’à un pour cent de leur masse salariale.

« Révolution culturelle »
Le gouvernement espère, à travers cet outil, créer une véritable « révolution culturelle », la loi étant pour l’instant peu appliquée en la matière. Les écarts de salaire non expliqués entre les hommes et les femmes sont ainsi encore de 9%.

« Nous misons sur l’émulation positive que la transparence des données va entraîner. De nombreuses études démontrent que les entreprises qui pratiquent l’égalité sont aussi plus performantes », explique Muriel Pénicaud.

« Cet index va jouer sur leur réputation. (…) Quelle femme ou quel homme moderne aura envie demain de travailler dans une entreprise ringarde qui discrimine les femmes ?« , précise-t-elle.

Elle admet que la plupart des chefs d’entreprise ne font pas exprès de discriminer, et que certains « tombent des nues » lorsqu’ils apprennent leur score.  Les entreprises de 50 à 200 salariés devront pour leur part publier l’index à partir du 1er mars 2020. Les plus petites entreprises sont exemptes de cette obligation.