Publié dans Texte Réflexion

Mon nom est Chris

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Mon nom est Chris, j’ai trois ans, mes yeux sont gonflés, je ne peux pas y voir. Je dois être bête, je dois être mauvais, quoi d’autre aurait pu faire, mon papa est si fou ?

Je voudrais être mieux, j’aimerais ne pas être laid. Alors peut-être ma maman voudrais toujours me faire un câlin. Je ne peux rien faire, je ne peux pas parler du tout, ou bien je suis enfermé toute la journée.

Quand je suis réveillé, je suis tout seul, la maison est sombre, mes parents ne sont pas à la maison. Quand ma maman rentre à la maison, j’essaye d’être gentil, alors peut-être que je vais juste obtenir un coup de fouet ce soir.

Je viens d’entendre une voiture, mon papa est de retour du bar. Je l’entends maudire, mon nom est prononcé, je me presse contre le mur. J’essaie de me cacher,
de ses yeux diaboliques, j’ai tellement peur maintenant, je commence à pleurer.

Il me trouve en pleurs, m’insulte. Il dit que c’est ma faute, il souffre au travail. Il me gifle et me frappe et me crie plus encore dessus. Je me libère enfin et cours à la porte.

Il l’a déjà verrouillé et je commence à hurler. Il me prend et me jette contre le mur dur. Je tombe sur le sol avec mes os presque brisés et mon papa continue avec plus de gros mots.

« Je suis désolé « , Je crie, mais il est maintenant beaucoup trop tard, son visage est énervé d’une forme inimaginable. Le mal et la douleur encore et encore, o s’il vous plaît laissez-le en finir avec moi.

Et il s’arrête finalement et se dirige vers la porte pendant que je suis là, immobile affalé sur le sol. Mon nom est Chris, j’ai trois ans, ce soir mon papa m’a assassiné.

Publié dans Texte Famille

Comment cultiver la curiosité de mon enfant ?

cultiver emerveillement enfant« Le succès vient de la curiosité, de la concentration, de la persévérance et de l’autocritique », disait Albert Einstein.

Alors, comment éveiller la curiosité de vos enfants ?  Il n’existe en réalité pas de réponse toute faite, mais entre la juste stimulation et la sur-stimulation, il n’y a qu’un petit pas dangereux à franchir comme l’explique Catherine L’Ecuyer.

Cette docteure en sciences de l’éducation et psychologie est l’auteure du best-seller  » Cultiver l’émerveillement et la curiosité naturelle de nos enfants ». Un ouvrage à mettre entre les mains de tous les parents pour leur rappeler combien il est crucial de protéger l’enfance qui n’est pas une simple étape de vie, mais bien une autre forme de vie.

Retour à l’émerveillement
Comment susciter l’intérêt de nos enfants ?  Comment éviter que leur attention ne se disperse ?  Comment en faire des adolescents motivés et avides d’apprendre ?  Voilà bien des défis auxquels les parents d’aujourd’hui tentent de répondre, souvent en quête de la bonne méthode. Pourtant, d’après Catherine L’Ecuyer, « a priori, les jeunes enfants n’ont besoin de personne pour se motiver ». En tant qu’adultes, « nous devons simplement leur aménager un environnement favorable à la découverte ».

Pourquoi ?  Car l’enfant est naturellement doté d’une capacité d’émerveillement. Celle-ci est inscrite dans sa nature profonde : l’enfant voit l’extraordinaire dans l’ordinaire, comme lorsqu’il s’immobilise dans la cour de la crèche pour regarder une feuille d’arbre tomber, prémisse de son intérêt pour la loi de la gravité. Comme le disait Saint Thomas d’Aquin, « l’étonnement est un certain désir de savoir ». Ainsi, l’émerveillement est ce qui suscite l’intérêt chez une personne, il est une forme de transcendance par rapport à quelque chose qui nous dépasse : « Pourquoi la pluie descend et ne remonte pas ?« , s’interroge un petit garçon. Une question qui n’appelle en réalité pas de réponse, et qui est simplement une manière d’admirer. « Les enfants abordent le mystère avec humilité car ils se disent qu’ils ne peuvent pas tout comprendre. En tant que parent, notre rôle n’est pas de tout rationaliser, car cela aurait pour conséquence de réduire leur vision du monde », estime Catherine L’Ecuyer.

La sur-stimulation, inutile voire inefficace
Pour aiguiser la curiosité des enfants, il existe certains programmes se voulant « éducatifs » à l’image de la série de dessins animés « Baby Einstein » qui pourrait être visionnée par les petits dès l’âge de 2 ans. Pour l’auteure, ce type de support, tout comme les DVD éducatifs ou jeux sur le smartphone, contribuent à noyer les tout-petits dans un flot de stimuli externes. Le risque ? « Étouffer la capacité de l’enfant à se motiver par lui-même et le pousser à partir en quête de sensations toujours plus fortes ». Elle ajoute : « l’absence totale de stimulation nuit à l’apprentissage, mais aucune étude n’a prouvé l’intérêt d’une stimulation précoce (…) Une sur-stimulation peut même entraîner de l’inattention, de l’impulsivité et une perte d’intérêt à apprendre ». D’autant que le ministère de la Santé préconise d’éviter tout exposition aux écrans aux enfants de moins de 3 ans en raison d’un risque pour leur développement et leur santé physique et cognitive.

Alors quel est le juste milieu ?  En réalité, un environnement ordinaire apporte amplement tout ce dont l’enfant a besoin : un bébé de 6 mois n’est-il pas plus intéressé par l’observation de ses mains que par les hochets qui pendent au-dessus de lui ?  « Il ne faut pas confondre l’émerveillement et la fascination passive (…) le goût pour l’apprentissage vient de la soif de savoir et non pas de motivations extérieures aux enfants », ajoute-t-elle. La spécialiste différencie ainsi le verbe inculquer du verbe éduquer, afin d’amener chaque enfant vers la meilleure version de lui-même, mais dans le respect de ce dont sa nature est capable.

Les écrans, l’ennemi n°1
A l’image de Boris Cyrulnik qui préconisait il y a peu, tout comme le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, l’absence totale d’écrans avant 3 ans, Catherine L’Ecuyer livre elle-aussi une guerre ouverte au numérique. Elle cite notamment plusieurs travaux dont une étude récente reliant l’utilisation fréquente des dispositifs numériques et le TDAH pendant l’adolescence.

Et pas question non plus d’ouvrir les vannes après 3 ans. Aux États-Unis, les pédiatres recommandent de ne pas exposer les enfants aux écrans plus d’1H par jour jusqu’à leurs 5 ans. Catherine L’Ecuyer le martèle tout au long de son livre : c’est bien à la réalité que l’enfant doit être exposé, car son cerveau a été façonné pour apprendre à son contact et non celui des écrans. D’ailleurs Steve Jobs lui-même limitait l’accès de ses enfants à la technologie.

Les bons ingrédients pour éveiller la curiosité

L’attachement
Tous les spécialistes s’accordent sur ce point : c’est dans la qualité du lien d’attachement que l’enfant aura noué avec ses parents que s’éveillera son intérêt pour le monde. « L’enfant cultive sa curiosité à travers ses interactions avec les personnes qui s’occupent de lui », souligne Catherine L’Ecuyer. Dès son plus jeune âge, le bébé va développer ce que l’on appelle l’attention conjointe. Si par exemple, un inconnu entre dans la pièce, il va tout d’abord vérifier auprès de son parent en regardant dans ses yeux si cette personne représente ou non un danger. Pour notre spécialiste, les câlins et les moments de partage entre les parents et les enfants ne pourront donc jamais être remplacés par un DVD éducatif. Et surtout, les parents doivent eux-aussi cultiver leur propre capacité à s’émerveiller pour transmettre à leurs enfants toute leur gratitude envers la beauté du monde.

Le jeu
« Le développement intellectuel de l’enfant découle en premier lieu de sa curiosité, un mécanisme qui nourrit l’apprentissage. Le jeu est le contexte idéal pour lâcher la bride à leur curiosité », relate un article du Harvard Educational Review. Le jeu n’est jamais une perte de temps pour l’enfant. Il stimule l’imagination et la créativité, il pousse à l’action. A mi-chemin entre l’ennui et l’anxiété, la créativité permet à l’enfant de s’adonner à des activités qui le « challengent », sans pour autant le mettre en échec. C’est pour cela que les enfants préfèrent remonter les toboggans que les descendre : parce qu’ils cherchent des défis qui s’ajustent à leurs capacités.

Un environnement préparé
A travers le jeu, le parent n’intervient pas pour brider l’enfant, mais simplement pour exercer une guidance. Et à partir de l’âge de 6 ou 7 ans, le parent peut commencer à réellement structurer les apprentissages. L’enfant ne perçoit plus le monde uniquement à travers ses sensations, mais devient capable de penser de manière abstraite. « Si l’enfant a conservé son élan intérieur, le fait de structurer ses jeux ne viendra pas contraindre l’émerveillement mais apportera les conditions propices à son épanouissement. Idem pour l’adolescent », affirme l’auteure.

Cette découverte guidée doit se faire dans un environnement préparé. Celui-ci doit éviter les jeux utilisant des piles et des boutons, mais aussi tous les contenus qui ne sont pas appropriés à l’âge de l’enfant. Attention, beaucoup de dessins animés propulsent les enfants dans le monde des adultes, jouant sur le cynisme, les moqueries ou des évocations de la sexualité.

Le beau
Il convient d’éloigner le plus possible l’enfant de la laideur, ou autrement dit de tout ce qui nivelle l’humain vers le bas, pour l’exposer au beau. « L’enfant sait naturellement ce qui est bon pour lui parce que cela respecte sa vraie nature, son ordre intérieur, ses rythmes (l’enfant a besoin de plus d’heures de sommeil que ses parents), son innocence, sa soif innée d’apprendre », affirme Catherine L’Ecuyer. Un câlin de maman, une fleur sauvage dans un champ ou le bruit du souffle du vent vont être de vraies sources d’émerveillement chez le tout petit. C’est ensuite aux adultes de protéger cet élan inné en filtrant tout ce qui n’est pas approprié pour eux.

La nature et le silence
Pour des ados ou des adultes désabusés, la nature est certainement le meilleur remède pour retrouver l’émerveillement, c’est pourquoi les enfants doivent le plus possible y être exposés. Catherine L’Ecuyer invite notamment les parents à faire le « test de l’ennui » avec leurs enfants en les laissant jouer dans un environnement naturel sans aucun autre support avec leurs cousins ou amis. Normalement, un enfant de 3 à 6 ans ne doit pas s’ennuyer. Pour y parvenir, Catherine L’Ecuyer fait l’éloge de la simplicité : moins de smartphone, moins d’objets coûteux, et plus de temps en famille, de vélo dans la nature et d’écoute du silence, si essentiel pour faire émerger la réflexion. « Nous devons faire la différence entre ce que nous demande l’enfant, et ce que demande sa nature profonde », ajoute-t-elle.

L’auteure rappelle notamment la règle de base qui consiste à ne jamais céder, ce qui n’est pas toujours simple chez un jeune enfant qui doit apprendre peu à peu à accepter les limites de la réalité. Une grossesse, un papillon qui sort de sa chrysalide, l’amour, l’amitié …  Peu à peu, l’enfant va comprendre que tout ce qui a de la valeur met du temps à se développer et requière des efforts.

Respectons l’enfance
L’auteure rappelle enfin que l’enfance est une forme différente de vie, qu’il faut donc faire preuve de patience et non pas tenter de précipiter l’enfant vers le monde des adultes en accélérant ses apprentissages. Catherine L’Ecuyer en est convaincue : « Nous devons transformer la société pour qu’elle réponde mieux aux besoins des enfants ». C’est ainsi que nous en ferons des adultes curieux et responsables.

Publié dans Texte Famille

Les blessures les plus difficiles à guérir

BlessureQuel que soit notre sentiment par rapport à la famille, les blessures les plus difficiles à guérir et qui nous marquent le restant de notre vie sont souvent exclusivement familiales.

Le stress vécu à l’âge précoce laisse des traces dans le cerveau, il crée des sillages dans l’esprit qui ne seront jamais comblés. Cela a pour résultat un adulte vulnérable avec un grand risque de troubles émotionnels.

C’est parce que la famille est considérée comme étant un refuge, le seul lieu où l’on devrait pouvoir bien se sentir, se sentir aimé et entouré.

Lorsqu’un membre de notre famille nous trahi ou nous déçoit ou nous blesse, c’est nos racines et notre identité qui est altéré. Cela n’a rien à voir avec une trahison de la part d’un ami ou d’un collègue.

La blessure familiale serait génétiquement transmise à travers les générations
L’épigénétique a prouvé que tous les événements qui se produisent dans notre environnement proche affecte nos gènes. Cela explique pourquoi les enfants souvent peuvent hériter du caractère ou des sentiments de leurs parents comme la peur, le stress et certains traumatismes.

Blessure vive malgré la distance
Si l’on décide de couper les ponts avec une famille ou un membre toxique et traumatisant, pensant que cela résoudra le problème, nous nous trompons. La distance permet peut-être de camoufler la blessure, mais ne la guérit pas.

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Le Père Noël de la Poste attend ses lettres

Père NoëlLes enfants ont jusqu’au 17 décembre pour envoyer leur liste de cadeaux au Père Noël.

Le secrétariat du Père Noël ouvrira mercredi 6  novembre pour éplucher les lettres que lui adressent chaque année des centaines de milliers d’enfants, a annoncé mardi 5 novembre 2019 la Poste.

« Rue des nuages, pôle Nord, Au pays des étoiles filantes. Il suffit d’indiquer ‘Père Noël’ sur l’enveloppe pour que la Poste la repère » et l’aiguille vers le secrétariat du bonhomme rouge, installé à Libourne (Gironde), a indiqué l’entreprise publique.

Une soixantaine de personnes sont mobilisées chaque année par la Poste pour répondre à ces courriers. Plus de 1,2 million d’enfants « des quatre coins du monde » écrivent chaque année au Père Noël.

Les données pas conservées
Les lettres sont sous forme papier pour l’écrasante majorité d’entre elles (1,1 million) mais aussi parfois sous forme électronique (94.000 courriers électronique envoyés depuis le site internet du Père Noël). Les enfants reçoivent en retour une réponse à leur nom, avec une carte postale à colorier et à envoyer à leurs proches. « Très important : il faut indiquer clairement le prénom, le nom de l’enfant et son adresse complète pour qu’il puisse recevoir sa réponse », a précisé la Poste.

Le secrétariat du Père Noël est une tradition vieille de 57 ans, qui permet de « faire vivre les valeurs de partage, d’espoir et de générosité ». Interrogée par l’AFP, la Poste a précisé que le nom et l’adresse des enfants étaient uniquement utilisés pour la réponse et n’étaient pas conservés. Le secrétariat du Père Noël fermera le 17 décembre.

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Signalement des cas de maltraitance d’enfants

signalement-des-cas-de-maltraitance-denfants.jpgMéconnaissance des plateformes d’aides, peur de mal faire, peur des auteurs des violences ou tout simplement sentiment qu’il s’agit d’affaires privées.

Les témoins de maltraitance envers les enfants ne vont pas systématiquement signaler ces violences aux autorités, alors que la loi les y oblige.

Jonathan L., 34 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Reims mardi pour « non-dénonciation de mauvais traitements ». Son voisin, Tony trois ans, avait été battu à mort par son beau-père en 2016, et Jonathan L. avait reconnu avoir entendu des cris et des coups, sans intervenir.

Selon l’article 434-4 du Code Pénal « le fait, pour quiconque ayant connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger (…) de ne pas en informer les autorités judiciaires », est passible de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.

« Les gens ne savent absolument pas quoi faire »
Le voisin, qui a été relaxé mardi soir, a raconté avoir tenté de dénoncer la situation auparavant, notamment en parlant des faits de maltraitances auprès du bailleur,  ce que l’organisme a démenti. Il a également déclaré avoir posé une affiche dans l’ascenseur de l’immeuble concernant les violences faites aux femmes et aux enfants.

« Ce qui est évident, c’est que les gens ne savent absolument pas quoi faire, comment signaler », explique Laura Morin, directrice nationale de l’association l’Enfant Bleu – Enfance maltraitée, contactée par BFMTV.com. « C’est un exemple typique », déclare-t-elle à propos de la réaction de Jonathan L. Cette association a été partie civile au procès.

Les différents cas de figure
Deux cas de figure peuvent se poser, selon Laura Morin. D’une part, une urgence si on entend ou voit des violences claires, des coups portés sur un enfant. « Dans ce cas il faut agir très vite, appeler la police pour qu’ils interviennent rapidement et puissent constater les violences », explique-t-elle.

D’autre part, les violences plus « habituelles », celles qui sont suspectées par quelqu’un de l’entourage. « Signaler, ce n’est pas faire placer automatiquement l’enfant », précise Laura Morin. « Je sais que certains ont peur de se tromper, mais quand on a un doute il faut alerter et contacter le 119, le numéro d’appel pour les enfants en danger, ou une association protégeant les enfants maltraités », comme l’Enfant Bleu.

Traces de coups, brûlures, maladies répétées, accidents domestiques à répétition, difficultés scolaires … Plusieurs sites, comme celui de la Ville de Paris par exemple, listent les signes pouvant interroger sur la sécurité d’un enfant, notamment quand ils sont cumulés. Voisins, professeurs, ou amis peuvent faire un signalement, par exemple à une cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). En cas d’information inquiétante, une enquête est lancée.

Pour maître Marie Grimaud, avocate de l’association Innocence en danger – également partie civile au procès -, contactée par BFMTV.com, une autre distinction peut s’opérer. « Il y a le témoin visuel, qui se sent plus légitime à agir, et le témoin auditif. Le problème c’est que ce dernier ne se sent pas légitime, car si on lui demande ce qu’il s’est passé, il n’a rien vu », précise-t-elle.

Pourquoi les signalements ne sont pas toujours faits ?
L’Enfant Bleu déplore le manque d’informations sur le sujet, et rêve d’une grande campagne d’information sur le signalement de la maltraitance des enfants. En 2017, cette association a mené avec Harris Interactive un sondage sur la perception de la maltraitance en France. La moitié des personnes interrogées déclare ne pas être intervenue face à un soupçon de cas de violence.

« Chez ceux admettant ne pas être intervenus, les arguments avancés tournent principalement autour de la peur de se tromper (40%), d’une non-connaissance de l’identité de l’enfant ou de son entourage (25%), ou du sentiment que cela ne les regardait pas (18%) », explique le sondage.

« Il faut que les gens comprennent que face à la loi on a l’obligation de dénoncer ces comportements », martèle maître Marie Grimaud. « Quand on est témoin, on a pour obligation de dénoncer et on doit se sentir légitime à le faire. »

« Il faut arrêter de se dire ‘c’est chacun sa vie' »
Face aux doutes que peuvent rencontrer les témoins, et au manque d’informations concernant les signalements possibles, la directrice nationale n’est pas pour envoyer des témoins devant les tribunaux, comme Jonathan L., pour non-dénonciation de maltraitance. « Cela risque de faire encore plus peur aux gens, et prolonger le silence », selon elle.

Pour Maître Grimaud, la relaxe de Jonathan L. n’encouragera pas non plus la population à témoigner de violences. « Détourner le regard, c’est ce qui amène les parents à se sentir tout puissants, et une violence qui se rajoute, qui se rajoute », explique Maître Grimaud.

« Il faut arrêter de se dire ‘c’est chacun sa vie’, ‘chacun à ses problèmes », lance Laura Morin. « Et il faut surtout arrêter de détourner les yeux ».

Publié dans Texte Actualité divers

Les enfants boivent de moins en moins de lait

laitLa consommation de lait a reculé de 21% en 13 ans chez l’enfant et l’adolescent, principalement parce qu’ils prennent de moins en moins de petit déjeuner.

Le lait serait-il démodé chez les plus jeunes ?  A l’occasion d’un congrès de pédiatrie, le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL) est revenu ce jeudi sur l’évolution des comportements alimentaires chez les enfants et adolescents français. Il s’est pour cela appuyé sur les données du Crédoc, publiées tous les trois ans, sur les Comportements et Consommations Alimentaires en France (CCAF).

20% des 3-5 ans et 37% des 6-8 ans en deçà des besoins moyens en calcium
Premier enseignement : entre 2010 et 2016, la consommation de lait est passée de 237 à 202 millilitres par jour chez les 3 à 5 ans et de 211 à 181 millilitres par jour chez les 6-8 ans. Les apports en calcium ont donc diminué et le nombre d’enfants en dessous du BNM (besoin nutritionnel moyen) en calcium a mécaniquement progressé. En l’espace de 6 ans, il a bondi de 4% à 20% chez les 3 à 5 ans. Et de 20% à 37% chez les 6-8 ans.

Selon le CNIEL, la diminution de la consommation de lait n’est pas compensée par d’autres produits laitiers ou aliments consommés à un autre repas. « Pour les enfants que je suis régulièrement, la consommation en lait infantile est correcte jusqu’à 2 ans et demi ou 3 ans. Après l’âge de 3 ans, ils consomment plutôt des laitages ou des fromage », explique à BFMTV le docteur Sandra Brancato, pédiatre à Nîmes et chargée de nutrition à l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA).

« En revanche, si l’apport en calcium est correct avec ces produits dérivés du lait, ils peuvent conduire une surconsommation de protéines et des lipides, c’est-à-dire de gras », met en garde la spécialiste.

Une baisse « multifactorielle »
Pour expliquer cette baisse de la consommation de lait chez les plus jeunes, le CNIEL avance d’abord « l’augmentation du nombre de petits déjeuners sautés au cours de la semaine, la baisse de la quantité de lait prise au petit déjeuner pour ceux qui en prennent et un désengagement des parents, les enfants se préparant eux-mêmes le petit déjeuner ».

« C’est multifactoriel », assure Sandra Brancato. « Certains enfants n’aiment pas le lait. Certains parents n’aimant pas le lait eux-mêmes, et n’en donnent pas à leurs enfants. Il y a aussi des familles qui ne prennent pas de petit déjeuner. Il y a probablement autant d’explications que d’enfants! », ajoute le médecin.

« Risque de carence pour la croissance de l’enfant »
Selon le docteur Brancato, « le lait a pu souffrir d’une mauvaise réputation chez certaines catégories de la population, mais il n’y a aucun danger à consommer des produits laitiers ou du lait de vache. Le danger serait plutôt d’avoir des apports trop faibles en calcium, avec des risques de carence pour la croissance de l’enfant ».

Pour rappel, les besoins nutritionnels moyens en calcium sont de 385 milligrammes par jour pour les 1-3 ans, 539 milligrammes par jour pour les 4-6 ans et 693 milligrammes par jour pour les 7-9 ans. Sachant qu’un verre de lait équivaut à un apport en calcium de 170 mg, un yaourt à 160 mg et une part de 20 g de fromage à 126 mg.

La pédiatre nîmoise préconise à sa patientèle de consommer un produit laitier à chaque repas jusqu’à l’adolescence : « un enfant peut boire du lait tant qu’il le tolère et le digère bien. Chez les enfants qui souffrent d’une intolérance partielle au lactose, ils ne peuvent plus boire du lait pur mais peuvent recourir à des produits dérivés du lait comme les yaourts ou le fromage. »

Parallèlement à la diminution de la consommation du lait chez les enfants, les spécialistes notent globalement une baisse de la diversité des aliments consommés. Près d’un enfant de 3 à 17 ans sur deux (45%) consomme moins de deux portions de fruits et légumes par jour.

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Nous ne vendons pas de parents

fille tristeUn jeune couple entra dans le plus beau magasin de la ville.
L’homme et la femme regardaient les nombreux jouets colorés, alignés sur les étagères, suspendus au plafond ou présentés en un gai désordre sur les rayonnages.

Il y avait des poupées qui pleuraient, d’autres qui riaient. Il y avaient des jouets électriques, des cuisines miniatures où l’on pouvait confectionner des gâteaux ou des pizzas.Ils n’arrivaient pas à se décider, quand une gracieuse vendeuse s’approcha d’eux.

« Voyez », explique la jeune femme, « nous avons une petite fille, toute jeune encore, mais nous sommes absents toute la journée et souvent le soir. »

« C’est une petite fille qui ne sourit pas beaucoup », ajouta l’homme.

« Nous voudrions quelque chose qui la rende heureuse, reprit la femme, même quand nous ne sommes pas là. Quelque chose qui la rende heureuse aussi quand elle est seule. »

« Je regrette », dit la vendeuse avec un gentil sourire, « mais nous ne vendons pas de parents. »