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Murielle Bolle mise en examen pour « diffamation aggravée » après une plainte de son cousin

murielle bolleDans son livre sur l’affaire Grégory, Murielle Bolle accuse son cousin de faux témoignage. Elle assure qu’il a inventé des violences infligées par sa famille pour qu’elle se rétracte en 1984.

Elle accuse son cousin de faux témoignage, dans un livre donnant sa version de l’affaire Grégory. Murielle Bolle a été mise en examen à Metz (Moselle), mercredi 18 juin, pour « diffamation aggravée » après une plainte déposée par son cousin, a appris l’AFP de source judiciaire, confirmant une information de Vosges Matin.

« Dans un dépôt de plainte pour diffamation avec constitution de partie civile, la mise en examen est automatique, le juge d’instruction a très peu d’appréciation », a expliqué à l’AFP l’avocat du plaignant, Thomas Hellenbrand. « Ce n’est pas une procédure qui me préoccupe beaucoup. Cette mise en examen est automatique dès l’instant où il y a une plainte pour diffamation », a réagi l’avocat de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonnière, dans Vosges Matin.

Dans un livre intitulé Briser le silence et paru en novembre, Murielle Bolle, âgée aujourd’hui de 49 ans, accuse son cousin d’avoir inventé des violences infligées par sa famille pour qu’elle se rétracte après son témoignage. En 1984, l’adolescente de 15 ans avait raconté aux gendarmes puis au juge d’instruction que son beau-frère, Bernard Laroche, avait enlevé en sa présence Grégory Villemin, l’après-midi du 16 octobre 1984. Le corps de l’enfant de 4 ans avait été retrouvé quelques heures plus tard, mains et pieds attachés, dans la rivière la Vologne. Murielle Bolle avait fait volte-face quelques jours plus tard, en assurant avoir subi des pressions des gendarmes.

Vers un procès cette année
Le cousin avait déposé plainte fin décembre contre Murielle Bolle pour « diffamation publique aggravée », auprès de la doyenne des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Metz. La plainte vise également la romancière Pauline Guéna, qui a écrit le livre avec Murielle Bolle, et la maison d’édition Michel Lafon. Selon Thomas Hellenbrand, un procès devant le tribunal correctionnel de Metz pourrait avoir lieu d’ici à la fin de l’année.

En juin 2017, Murielle Bolle, ainsi que Marcel et Jacqueline Jacob, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory, ont été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivie de mort ». Au moment de cette mise en examen, ce cousin avait contacté les gendarmes, affirmant se souvenir que Murielle Bolle avait été à l’époque violentée par sa famille pour revenir sur son témoignage. Les trois mises en examen ont été annulées en avril 2018 pour des raisons de procédure.

En février, la Cour de cassation a reconnu que la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 avait été effectuée en application de dispositions « inconstitutionnelles ». La cour d’appel de Paris doit désormais examiner la question de son annulation.

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Fin du procès Balkany : Eric Dupond-Moretti dénonce la « violence judiciaire » à l’encontre de son client

couple balkanyLe procès Balkany touche à sa fin. Ce mercredi, les derniers mots ont été accordés à la défense du maire de Levallois-Perret accusé de blanchiment de fraude fiscale et de corruption passive. Son avocat, Me Eric Dupond-Moretti, a réclamé une justice « mesurée ». Verdict le 18 octobre.

« Les années de prison réclamées contre Balkany sont monstrueuses, des crimes de sang n’atteignent pas de telles peines. » Ce mercredi, Eric Dupond-Moretti a présenté ses arguments pour la défense du maire de Levallois-Perret accusé de blanchiment de fraude fiscale et de corruption passive.

Pendant près d’une heure, le conseil a plaidé devant trois juges impassibles, réclamant une justice « mesurée » à l’égard de son client contre qui les procureurs ont requis 7 ans de prison ferme, son incarcération immédiate, 10 ans d’inéligibilité et la confiscation de tous ses biens.

avocat dupont moretti« J’ai âprement critiqué ce réquisitoire », a-t-il réagi devant la presse à la fin de sa plaidoirie. Il a attaqué sa diatribe en évoquant la « violence judiciaire, celle qui ne sent pas l’hémoglobine et qui porte un costume de satin et d’hermine. Condamner un innocent c’est terrifiant, condamner un coupable à une peine qu’il ne mérite pas c’est tout aussi terrifiant », a-t-il fait valoir devant les magistrats.

Il a poursuivi son plaidoyer en contestant le mandat de dépôt réclamé par les procureurs : c’est « un scandale, une humiliation qui interdit à Balkany d’user des voies de recours qui sont les siennes. Il s’est présenté à toutes les audiences, il n’y a aucune raison qu’il soit arrêté à la barre. »

« Il ne mérite pas les lourdes peines requises »
Eric Dupond-Moretti a ensuite joué sur l’émotion en rappelant l’âge de son client, septuagénaire. « Sa place n’est pas en prison quoi qu’il ait commis », a-t-il martelé avant d’affirmer que la fraude fiscale, reconnue par le couple Balkany, était un sport national il y a encore quelques années. Une telle infraction « ne mérite pas les lourdes peines requises » par les procureurs, qu’il a qualifiés de « chefs d’orchestre de la morale publique ».

Concernant les faits de corruption reprochés à Patrick Balkany, « nous les contestons pour des questions juridiques », a affirmé Me Dupond-Moretti. Les Balkany ont toujours nié détenir le riad de la palmeraie, acquis en janvier 2010 par une SCI marocaine, elle-même détenue par une société écran panaméenne aux titres au porteur. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales « PB », des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany et livrés dans la villa saharienne.

L’accusation affirme que Patrick Balkany s’est fait offrir cette villa par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour les Tours de Levallois, un juteux projet immobilier qui n’a finalement pas abouti. S’ils se sont parfois violemment opposés à l’audience, Patrick Balkany et Mohamed Al Jaber se sont accordés pour nier tout « pacte de corruption ».

Les « regrets » de Patrick Balkany
L’audience s’est achevée sur les mots de Patrick Balkany qui s’est avancé à la barre pour faire part de ses regrets.  « Bien sûr que j’ai des regrets, de ne pas avoir fait ce que j’aurais dû faire il y a longtemps. J’ai un autre regret, je le dois à mon fils, il n’avait rien à faire ici, il a été traîné en prison et au tribunal alors qu’il n’est responsable de rien », a-t-il déclamé avant d’exprimer son souhait de rester auprès de sa femme, en convalescence après une tentative de suicide début mai. « Elle a besoin de moi », a conclu Patrick Balkany.

Le jugement sera rendu le 13 septembre pour le volet concernant la fraude fiscale. Pour corruption et blanchiment de fraude fiscale, la décision sera rendue le 18 octobre.

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Le convoi du prince William et de Kate Middleton renverse une femme de 83 ans

Le convoi du prince William et de Kate Middleton renverse une femme de 83 ansLe couple princier se rendait à des commémorations lorsque leur convoi a renversé une femme âgée. Elle a été transférée à l’hôpital.

Le convoi du prince William, qui escortait le prince et son épouse Kate Middleton, a renversé une femme de 83 ans lundi.

Une enquête de police a été ouverte selon le Guardian. Le média britannique rapporte que l’accident a eu lieu tandis que le duc et la duchesse de Cambridge étaient conduits de Londres à Windsor, en marge des cérémonies de commémoration de l’Ordre de la Jarretière. Un policier à moto serait impliqué dans la collision.

La victime s’appelle Irene Mayor, elle a été transportée dans un hôpital de la capitale anglaise dans un état sérieux mais stable, toujours d’après la publication.

« Inquiets et attristés »
« Le duc et la duchesse de Cambridge ont été profondément inquiets et attristés en apprenant l’accident, lundi après-midi », a déclaré un porte-parole de Kensington. « Leurs Altesses royales ont envoyé leurs meilleurs vœux à Irene et sa famille et resteront en contact tout au long de son rétablissement. »

Comme le veulent les consignes de sécurité, le convoi a continué à avancer après la collision. Le Guardian rapporte les propos d’un voisin selon lequel lorsque les secouristes sont arrivés, « une moto de police était couchée sur la route. » Le couple princier n’a pas vu l’accident.

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Sondage BFMTV : 75% des Français ont une mauvaise image de Donald Trump

Donald TrumpSelon un nouveau sondage, réalisé par l’institut Elabe et diffusé ce mercredi, trois Français sur quatre ont une mauvaise opinion du président américain.

Heureusement que pour la campagne qu’il vient de lancer en vue de sa réélection, Donald Trump n’aura à convaincre que les électeurs américains. Car les Français se sont fait une idée sur son personnage, et elle lui est très défavorable. L’institut Elabe a piloté un sondage, que nous publions ce mercredi, explorant la perception que les Français ont de Donald Trump, comparant même sa cote à celles d’autres dirigeants internationaux.

Il apparaît que le président des États-Unis a une mauvaise image auprès de 75% des sondés, tandis que Vladimir Poutine ne récolte « que » 63% de retours négatifs, l’Italien Matteo Salvini 50% et Viktor Orban, le Hongrois, 40%. La chancelière allemande Angela Merkel s’en sort mieux, et même bien, car 63% des Français s’accordent pour dire qu’elle bénéficie d’une bonne image auprès d’eux. 22% des Français nourrissent en revanche une image négative à son endroit.

Si on considère l’électorat de la dernière présidentielle, c’est auprès des partisans de Marine Le Pen et de François Fillon que Donald Trump limite le mieux la casse, avec respectivement 34% et 28% de bonne image. Mais ce n’est pas la panacée pour autant : 52% des soutiens de Marine Le Pen, comme 66% de ceux de François Fillon en tirent un portrait défavorable. Donald Trump a encore mauvaise presse auprès de plus de 80% des partisans de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, ainsi que d’Emmanuel Macron. L’approche socioprofessionnelle nous apprend enfin que si le président américain obtient 25% d’image favorable auprès des cadres, ce score tombe à 16% auprès des classes moyennes et populaires.

Le bilan divise
Il faut dire que son bilan (au rang duquel on peut ranger le retrait de son pays de l’accord de Paris sur le climat, le durcissement de sa politique migratoire, l’intransigeance envers l’Iran) est reçu de manière contrastée. 43% des Français le jugent négativement, contre 32% qui l’approuvent. 25% ne se prononcent pas. En revanche, son bilan est appuyé par 56% des électeurs de Marine Le Pen et 45% de ceux de François Fillon (quand seulement 27% des soutiens de ce dernier le dénoncent).

En revanche, 75% des anciens électeurs de Benoît Hamon le rejettent, 59% des partisans du chef de l’État en font autant et 50% des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon leur emboîtent le pas (27% d’entre eux seulement la soutiennent). 44% des cadres, là encore, louent toutefois son bilan.

Emmanuel Macron « pas assez ferme »
C’est le volet protectionniste de sa politique, essentiel au mandat de Donald Trump, qui divise le plus. 49% de nos concitoyens s’y opposent, mais 36% l’approuvent. C’est chez les cadres et les classes modestes que son protectionnisme atteint son niveau de popularité le plus haut socialement, avec 42% et 41% de supporteurs. 58% des électeurs de Marine Le Pen, renforcés par 47% des anciens « fillonistes », l’endossent également. En revanche, 74% des citoyens ayant voté pour Emmanuel Macron et 67% de ceux qui avaient choisi Benoît Hamon condamnent cette option économique du président américain. L’électorat de Jean-Luc Mélenchon ne sait pas sur quel pied danser : 37% déclarent qu’ils sont favorables à ce protectionnisme quand 51% s’y disent opposés.

Le dernier point étudié par l’institut Elabe dans son enquête d’opinion concerne l’attitude d’Emmanuel Macron devant son homologue. 52% des Français ne le trouvent pas « assez ferme » avec l’Américain, tandis que 38% d’entre eux posent au contraire que son comportement est le bon.

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Quand la reconstitution fait basculer une enquête criminelle

jonathan davalalexia davalLundi, la reconstitution criminelle a permis d’obtenir des aveux de Jonathann Daval pour la mort de sa femme Alexia. L’occasion d’expliquer comment cet acte de l’information judiciaire peut faire « sauter un verrou » chez les suspects.

Ranucci, Lelandais, Daval … Derrière ces noms, des affaires criminelles éloignées de près d’un demi-siècle. Elles n’ont à première vue rien en commun mais se rapprochent pourtant sur un point : la reconstitution a été un tournant déterminant dans l’enquête. C’est durant cette étape cruciale de l’information judiciaire que les versions des mis en examen se heurtent aux preuves scientifiques, aux témoignages, mais aussi au poids du souvenir, aussi lourd soit-il.

Complot familial, bagarre conjugale … Depuis 20 mois, Jonathann Daval avait fourni plusieurs versions à la police pour expliquer la mort de sa femme, Alexia. Mais de retour dans le pavillon familial de Gray-la-Ville (Haute-Saône) lundi, l’informaticien a fini par avouer lui avoir porté « entre cinq et dix coups de poing au niveau du visage », avant de l’étrangler « pendant environ quatre minutes » puis avoir brûlé partiellement le corps.

Faire sauter un verrou
La reconstitution a été « un moment fort », a reconnu Etienne Manteaux, procureur de Besançon. Retourner sur la scène a un effet « cathartique » nous explique Annie Verrier, experte en psychologie agréée par la Cour de cassation. Reproduire les gestes, revoir les lieux, le tout en présence de personnes ayant un rôle central -en l’occurrence les parents d’Alexia, la sœur et le beau-frère- sont « une conjonction d’éléments qui peuvent faire sauter des verrous », d’après l’experte.

Ce même verrou a sauté lorsque Nordahl Lelandais a demandé, lors de la reconstitution en septembre 2018, à faire un arrêt à proximité de la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère), où la petite Maëlys avait disparu. Là, aux abords d’une zone commerciale, le maître-chien a reconnu avoir infligé à l’enfant de 8 ans « quatre ou cinq coups très violents ».

« Court-circuit psychique »
Après les aveux de Jonathann Daval, son avocat Samuel Estève a décrit son client comme « soulagé » d’avoir réussi à « se libérer de ce blocage qui le minait ». Retourner sur les lieux sert en effet à « casser les barrières » d’un « mécanisme humain » qui se met en place après « un traumatisme », relate Annie Verrier. Si la peine est éminemment lourde pour les proches des victimes, et bien que cela soit difficilement audible, l’auteur de l’acte a également vécu un traumatisme, que la reconstitution réactive.

« L’idée n’est surtout pas d’enlever de la douleur aux parties civiles, mais on ne sort pas indemne du passage à l’acte, malgré l’impression déshumanisée qui peut ressortir du récit », indique l’expert en psychologie.

Un traumatisme qui peut aller jusqu’au « court-circuit psychique », où l’auteur n’a plus que des souvenirs lacunaires, voire devient amnésique. Le 24 juin 1974, lorsque Christian Ranucci est transporté à l’endroit où le corps de Marie-Dolorès Rambla, 8 ans, a été découvert, lacéré de plusieurs coups de couteau, il perd le contrôle de lui-même. Dans cette champignonnière située à une vingtaine de kilomètres de Marseille, il hurle, convulse, hurle et s’effondre. « C’est obligatoirement moi. Je ne me souviens pas », déclare-t-il à son avocat.

Terrain de jeu
Un acte aussi violent est « quelque chose de lourd à porter pour les personnes ayant une structure moins solide », ajoute Annie Verrier. Ce poids les distingue « des psychopathes et pervers » qui ont une « défense psychique très puissante » et peuvent n’avoir aucune réaction lors d’une reconstitution.

Michel Fourniret et Monique Olivier avaient ainsi « baladé » pendant 48 heures magistrats, avocats et enquêteurs lors de la reconstitution du meurtre d’Isabelle Laville en 2006. La reconstitution devient dans ce cas, pour les mis en examen, un terrain de jeu.

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Affaire Alexia Daval : « On avait besoin de la vérité »

parent alexia davalLa mère d’Alexia Daval, la jeune femme qui avait été étranglée par son mari en octobre 2017, a exprimé son soulagement après les aveux de Jonathann Daval. Ce lundi, il a finalement reconnu avoir mis le feu au corps de son épouse.

La mère d’Alexia Daval a confié être « soulagée »,  lundi, par les aveux de leur beau-fils Jonathann Daval qui a reconnu avoir partiellement brûlé le corps de son épouse, après l’avoir battue le 28 octobre 2017.

« Je suis soulagée qu’il dise la vérité », a déclaré Isabelle Fouillot, mère d’Alexia Daval au micro de BFMTV et de RMC lundi. « On avait besoin de la vérité, parce que s’il avait aimé Alexia, s’il nous a aimé, il fallait qu’il nous dise la vérité pour que nous on puisse avancer, que lui puisse avancer et se reconstruire aussi », a-t-elle poursuivi aux côtés de son mari.

« J’ai cru qu’on allait pas pouvoir lui extirper cette vérité »
« Ça a été tellement dur pour qu’il la dise que j’ai cru qu’on allait pas pouvoir lui extirper cette vérité, donc j’étais soulagée », confie encore cette mère endeuillée par la mort d’Alexia Daval, sa fille. « Je ne sais pas si ça nous apaisera un peu plus mais je voudrais qu’il y ait une fin à tout ça, pour essayer d’avoir un deuil, si on peut ».

Son père, Jean-Pierre Fouillot, explique qu’il y a eu « des gestes très durs à supporter », lors de la reconstitution des faits. Mais « c’était important d’être là, pour Alexia uniquement », car ces aveux « éliminent tous le climat de suspicion qu’il peut encore y avoir derrière, qu’il y aurait pu avoir pendant un ou deux ans, jusqu’au procès. Et ça, c’est un soulagement énorme ».

Lundi, lors de la reconstitution des faits, l’ancien informaticien a admis avoir violenté son épouse pendant une dispute, avant de l’étrangler pendant « 4 minutes » puis de transporter son corps dans la forêt d’Esmoulins pour le calciner partiellement.

Avant cette reconstitution, les parents de la victime l’avaient imploré de livrer ce qui s’était réellement passé. « Nous voulions la vérité, nous l’avons eue », a réagi Isabelle Fouillot plus tôt dans la journée. Elle estime désormais que sa fille « va peut-être pouvoir reposer en paix ». « C’est tellement dur pour l’instant, on l’aimait, le pardon, ça viendra un peu plus tard, chaque chose en son temps », a-t-elle enchaîné, alors que le procureur de Besançon a indiqué que le procès pourrait se tenir au deuxième semestre 2020.

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Affaire Daval : les 3 enjeux de la reconstitution du meurtre d’Alexia lundi

alexia davalLa reconstitution du meurtre d’Alexia Daval se déroule lundi à Gray, en Haute-Saône, et dans le bois d’Esmoulins, où le corps de la jeune femme avait été retrouvé le 30 octobre 2017.

Son mari, qui a reconnu les faits, participe à la reconstitution. Les parents d’Alexia espèrent qu’elle permettra de répondre aux interrogations qui demeurent.

« Ce que mes clients attendent, c’est de connaître ce qui s’est réellement passé. » Voici l’enjeu de la reconstitution du meurtre d’Alexia Daval, selon maître Gilles-Jean Portejoie, qui défend Stéphanie et Grégory Gay, la sœur et le beau-frère de la jeune femme. « Les aveux se sont faits a minima », rappelle encore le conseil à France 3 Bourgogne Franche-Comté. La reconstitution débutera tôt, lundi matin, à Gray-la-Ville, en Haute-Saône, en présence des enquêteurs, des experts, des magistrats et des avocats mais aussi, évidemment, de l’accusé, Jonathann Daval.

Les parents d’Alexia, sa sœur Stéphanie et son beau-frère Grégory Gay, seront également présents, selon la chaîne, qui précise que c’est à leur demande. « Bien sûr que mes clients seront là. C’est un moment de confrontation familiale qui sera intense », prédit maître Gilles-Jean Portejoie.

jonathan davalLes allers-retours de Jonathann Daval
La famille d’Alexia Daval espère que cette reconstitution permettra de faire émerger la vérité. Car les derniers aveux de Jonathann Daval, en décembre et après une confrontation avec la mère de la jeune femme, n’ont pas permis de répondre à toutes les questions.

Pour rappel, l’informaticien avait d’abord déclaré la disparition de sa femme, partie faire un jogging, et joué les veufs éplorés, avant de faire des premiers aveux en janvier 2018, évoquant la personnalité écrasante de sa femme. Il était finalement revenu sur cette version des faits quelques mois plus tard, accusant son beau-frère, Grégory Gay, d’avoir tué la jeune femme en tentant de la calmer, alors que celle-ci faisait une « crise » dont elle était selon lui coutumière.

Mais face à Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia, dans le bureau du juge en décembre dernier, il avait finalement craqué, quand celle-ci lui avait montré une photo de sa fille et du chat du couple.

Il avait ensuite livré des aveux, qui n’ont toutefois pas permis
de répondre à trois questions :

1) Que s’est-il réellement passé dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 ?
Jonathann Daval évoque une bagarre au domicile du couple après un dîner chez les parents d’Alexia, puis une chute de sa femme dans l’escalier. Mais l’autopsie fait état de nombreuses traces de coups, notamment au visage.

Le procureur de la République en charge du dossier, Etienne Manteaux, a fait état de « violences incontestables ». « Je pense qu’il y a pour Jonathann Daval des choses difficilement avouables », avait-il ajouté lors d’une conférence de presse après les aveux du trentenaire. « Il y a encore des incohérences sur les coups portés, Jonathann Daval les minimise », a de nouveau rappelé le magistrat sur France 3.

Et d’ajouter : « Le but de cette reconstitution est de savoir le plus précisément ce qui s’est passé. Les gestes de Jonathann Daval seront examinés par les enquêteurs pour voir s’ils sont compatibles avec les éléments médicaux-légaux retrouvés sur le corps de la victime.

2) Qui a mis le feu au corps de la jeune femme ?
Lui a toujours nié l’avoir fait. C’est d’ailleurs le seul élément constant dans sa défense. Ses avocats ont maintes fois évoqué l’hypothèse d’un complice. Mais rien n’est jamais venu étayer cette thèse.

« Aucun élément dans le dossier ne laisse à penser à l’intervention d’un tiers », avait balayé Etienne Manteaux en décembre. Il avait par exemple précisé que la mère de Jonathann Daval, indirectement désignée comme complice par Grégory Gay, qui avait fait un rapprochement, à la lecture du dossier d’instruction, entre une trace ADN retrouvée dans le coffre de la voiture professionnelle de l’informaticien et l’ADN de sa mère Martine Henry, avait un alibi à l’heure à laquelle Jonathann Daval a déposé le corps de sa femme dans la forêt.

Des éléments matériels peuvent en revanche incriminer Jonathann Daval : une bombe aérosol a été découverte au domicile du couple et un capuchon pouvant lui correspondre, sous le bras d’Alexia, dans la forêt d’Esmoulins. Or, selon un expert, une telle bombe aurait pu être utilisée pour mettre le feu au corps.

3) Comment expliquer la présence de trois médicaments suspects dans le corps d’Alexia ?
Ce n’est certes pas la reconstitution en tant que telle qui permettra de répondre à cette question, mais reproduire ses propres gestes, en présence des parents d’Alexia, pourrait le conduire à livrer de nouveaux détails. Ces trois molécules, dont l’une avait été retirée du marché en 2013, sont contre-indiquées en cas de grossesse, alors que la jeune femme souhaitait un enfant.

Par ailleurs, sa famille, dont elle était très proche, n’avait pas connaissance d’un tel traitement. Comme demandé par la famille, le dossier médical de Jonathann Daval a été saisi afin de voir si ces molécules ont pu, à un moment donné, lui avoir été prescrites. Avant les aveux de décembre, les proches d’Alexia et leurs conseils s’interrogeaient sur un empoisonnement de la jeune femme.

Le procureur de la République ne semblait toutefois pas croire à ce scénario. Les médicaments, « ça ne nous permet pas de penser à une thèse d’empoisonnement, même si on a pas d’explication sur ce point », avait-t-il ainsi déclaré lors de la conférence de presse. « Si vraiment il y avait eu préméditation, je pense que Jonathann Daval s’y serait pris différemment. Il a fait preuve d’amateurisme en laissant énormément d’indices pour qu’on remonte jusqu’à lui. Rien n’accrédite la thèse d’une crime réfléchi. »

Mis en examen pour meurtre sur conjoint, Jonathann Daval encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès devrait se tenir courant 2020.