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10 mai : le jour du dépassement pour les Européens en 2019

10 mai le jour du dépassement pour les Européens en 2019A partir de ce 10 mai, les 512 millions d’habitants de l’Union européenne vivent à crédit. Ils ont en effet absorbé la totalité de ce que peut produire la Terre en nourriture, fibres et matériaux.

Pour la première fois, le WWF et l’organisme Global Footprint Network ont calculé le poids écologique des 28 États de l’Union européenne et l’ont traduit dans un « jour de dépassement », date à partir de laquelle la consommation des hommes excède la capacité de la Terre à fournir durablement de quoi se nourrir (agriculture et élevage), se vêtir (laine, coton, lin), se protéger dans un habitat sûr (ciment, acier, verre, bois). Ce 10 mai 2019, la production annuelle a donc été consommée. L’homme tape dans le capital.

Concrètement, les prélèvements de la pêche excèdent les capacités de reproduction des poissons, les besoins en viande animale et en plantes provoquent la destruction de forêts et de milieux naturels, l’activité économique génère du carbone en excès dans l’atmosphère ce qui signifie que ce 10 mai, pour éviter de faire grimper les températures mondiales, les 28 Etats membres devraient cesser toute utilisation de pétrole, de gaz et de charbon jusqu’à la fin de l’année. Le  » jour du dépassement  » de la planète entière interviendra début août.

Le mode de vie des habitants des pays développés excède les capacités de la planète
La démarche de Global Footprint consiste à traduire également cette surconsommation non durable en une surface de la planète nécessaire pour répondre aux besoins humains. Ainsi, le mode de vie des Européens nécessite actuellement les capacités de production de 2,8 Terres. Traduit en surface, cela représente 2,3 milliards d’hectares alors qu’on ne devrait pas dépasser le milliard d’hectares. Les Européens usent 20% de la production biologique de la planète alors qu’ils ne représentent que 7% de la population mondiale. L’Union est ainsi le troisième « occupant de surface » derrière la Chine et les États-Unis, un classement qu’il faut corriger par le nombre d’habitants. Avec 1,4 milliard de ressortissants, la Chine a ainsi l’empreinte écologique la plus forte mais son « jour de dépassement » est prévu pour le 14 juin. Les 330 millions d’États-uniens vivent, eux, à crédit depuis le 15 mars.

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Les jours de dépassement dans le monde. Les disparités sont immenses entre le Luxembourg et son jour de dépassement le 15 février et le Niger qui l’atteindra le 25 décembre. © Global Footprint Network

Au sein de l’Union européenne, les situations sont très diverses. Plus gros pollueur du continent, le Luxembourg est largement en tête du classement, notamment, estime le WWF, du fait des subventions qui font du Duché l’endroit d’Europe où l’essence est la moins chère (ce qui incite les habitants des régions voisines à venir y faire le plein) et les cylindrées des automobiles les plus grosses. L’Estonie est seconde du fait de l’exploitation de ses forêts. La France, en situation médiane, bénéficie à ce jour d’une électricité plus décarbonée du fait du parc nucléaire et d’un vaste massif forestier sous-exploité. Sans surprise, on trouve en queue de classement les États membres les plus pauvres, Bulgarie et Roumanie.

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Le classement des pays européens. Le Luxembourg est largement en tête. La France est 19ème sur 28. © Global Footprint network

Les solutions existent, il suffit de les appliquer
En moyenne, chaque Européen a besoin de 1,6 hectare pour satisfaire son actuel niveau de vie. Le continent a commencé à voir son empreinte globale devenir négative au début des années 1960. Elle a fortement augmenté jusqu’au milieu des années 2000 avec un record en 2007 avec jour du dépassement au 23 avril. La crise économique de 2008-2009 ainsi que plus marginalement l’essor des politiques de lutte contre le réchauffement climatique, ont permis de réduire l’impact de l’activité humaine sur la nature. Mais il existe aussi des contingences climatiques qui peuvent expliquer de fortes variations. Ainsi le jour du dépassement de la France qui interviendra le 15 mai prochain s’est amélioré de 10 jours par rapport aux années précédentes. Mais l’explication n’est pas à mettre au crédit des politiques de transition énergétique. Il s’agit plutôt d’un rattrapage après des années 2016 et 2017 très mauvaises pour l’agriculture et l’élevage où inondations et météo défavorable ont alourdi l’empreinte de ces secteurs.

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L’évolution des jours du dépassement depuis 1961 en Europe. © Global Footprint Network

Le WWF n’a évidemment pas perdu de vue que ce jour de dépassement européen intervient deux semaines avant les élections européennes du 26 mai. L’ONG rappelle en effet que toutes les solutions techniques, politiques et sociales sont disponibles et qu’il revient aux gouvernants de les mettre en œuvre. « Les élections européennes sont une occasion unique pour faire savoir à nos représentants élus que nous leur faisons confiance pour qu’ils montrent la voie de notre protection et de celle de la planète en renforçant les politiques environnementales et en appliquant les engagements de l’accord de Paris », conclut ainsi Ester Asin, directrice du bureau des politiques européennes du WWF.

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Espèces menacées : pourquoi la cause du panda fédère-t-elle plus que le ver de terre?

pandaDu majestueux lion à l’insignifiant ver de terre, les représentations des animaux dans l’imaginaire collectif influencent programmes de conservation, levées de fonds, jusqu’au nombre d’études scientifiques qui leur sont consacrées.

« Ce ne sont pas juste les grands animaux charismatiques qui comptent, mais bien le coléoptère, le ver de terre, la chauve-souris  qui sont la clé de voûte des écosystèmes », rappelle auprès de l’AFP Robert Watson, président de la plateforme scientifique sur la biodiversité (IPBES) qui se réunit à partir de ce lundi à Paris.

Est-ce parce qu’une chenille est moche qu’elle ne mérite pas d’être protégée ?  Absolument pas, mais elle est moins susceptible de s’attirer l’affection du grand public quand il s’agit d’évoquer sa survie; certains sont d’ailleurs prompts à simplement l’écraser s’ils croisent son chemin. L’image des animaux n’est pas neutre dans l’intérêt qu’ils suscitent, au détriment parfois de l’impact bénéfique qu’ils ont sur leur environnement.

Taille, rareté, ressemblance avec l’être humain ou forme étrange, intelligence, comportement, danger.  De multiples facteurs influencent notre réaction face un animal.

« Ils nous rappellent un bébé humain »
« Mais l’un des plus importants, c’est s’il est mignon : des caractéristiques physiques comme des grands yeux et des traits doux éveillent nos instincts parentaux parce qu’ils nous rappellent un bébé humain », explique à l’AFP Hal Herzog, professeur de psychologie à l’université américaine West Carolina.

Exemple : le panda avec son masque noir, ses roulades et son air un peu perdu. Mais comparez-le avec une autre espèce asiatique encore plus en danger: la salamandre géante de Chine, suggère le spécialiste des relations hommes-animaux : « Elle ressemble à un gros sac de 65 kilos de bave brune avec de petits yeux perçants ».

Quant aux vers de terre sans yeux ni jambes, « ils ressemblent plus à une vie extraterrestre primitive qu’à un animal avec lequel un humain peut s’identifier », poursuit-il.

Tout de suite, ça fait moins envie. Ils sont pourtant essentiels à la vie des sols, mais comme les asticots, rats ou serpents, ils inspirent souvent le dégoût. Au contraire du tigre, du lion ou de l’éléphant, jugés comme les animaux sauvages les plus charismatiques dans une étude publiée dans PLOS One en juillet 2018.

Un animal n’est pas jugé « charismatique » forcément parce qu’il est « beau », « mignon » ou « majestueux », relevait d’ailleurs le travail universitaire. Le tigre, le lion et l’éléphant apparaissent plus facilement « dangereux » ou « impressionnantes ».

La culture populaire est aussi à l’œuvre : entre Sauvez Willy et Les Dents de la Mer, il y a un monde de représentations conscientes et inconscientes, susceptibles de susciter instinctivement le dégoût ou la sympathie pour un animal.

Et le grand public n’est pas le seul concerné: une étude de Scientific Reports a montré en 2017 une corrélation entre les préférences sociétales et les espèces les plus étudiées par les scientifiques. Une étude publiée en mars 2016 dans Mammal Review faisait le même constat.

Plus l’animal est mignon, plus il récolte des fonds
« Peut-être parce qu’il est plus facile d’obtenir de l’argent » pour ces travaux, avance auprès de l’AFP l’un des auteurs de la première étude Frédéric Legendre, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle en France. Plus facile aussi pour lever des fonds, assure Christo Fabricius, de l’ONG WWF, qui affiche depuis un demi siècle un panda comme logo. « Les reptiles par exemple ne sont pas très vendables. »

« Les programmes de conservation pour les espèces en danger fonctionnent mieux quand ils sont soutenus par le grand public (de même que les ONG et gouvernements) en termes de financement, de réglementation ou de programmes participatifs », rappelaient en 2018 les auteurs de l’étude sur les animaux charismatiques.

Et si certains peuvent parfois s’agacer de voir l’argent et l’attention se focaliser sur ces fameux pandas et d’autres grands mammifères charismatiques, les favoriser n’est pas absurde.

Les espèces emblématiques aident les moins populaires
« Quand on protège les espèces emblématiques, on protège leur habitat et tous les organismes qui sont dedans en bénéficient », souligne ainsi Frédéric Legendre.

« Personne ne va s’intéresser à mon très bel âne de Somalie, qui est pourtant en danger critique d’extinction », confiait en août 2018 à BFMTV.com Delphine Delord, directrice de la communication du zoo de Beauval. Mais, tempérait-elle, leur bébé panda Yuan Meng fait office d’ambassadeur pour les espèces moins charismatiques : l‘argent récolté via parrainages et autres va à la conservation de toutes les espèces.

De plus, œuvrer à la survie d’une espèce consiste aussi à sauver son environnement, ce dont peuvent à leur tour bénéficier d’autres animaux.

Mais être un éléphant ou un tigre n’est pas non plus une garantie de survie. Selon une étude publiée en avril dans PLOS Biology, la présence « virtuelle » massive de ces espèces charismatiques sur nos écrans, dans les livres pour enfants, sur les T-shirts ou les boîtes de céréales fait croire à la population qu’ils sont tout aussi répandus dans la nature.

Or, la plupart sont en danger. Et plus elles sont rares, « plus leur valeur est accrue pour la médecine traditionnelle, pour la chasse aux trophées, et donc elles sont d’autant plus chassées, comme le rhinocéros », commente auprès de l’AFP l’auteur principal Franck Courchamp, écologue au CNRS.

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Pourquoi le monde entier s’arrache le miel cubain

mielAlors que partout dans le monde le nombre d’abeilles diminue, elles trouvent un environnement favorable à leur développement à Cuba.

Une situation qui ravit les apiculteurs locaux : 95% de la production est exportée, essentiellement vers l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne et la Suisse, pour un chiffre d’affaires de 18 millions de dollars en 2017.

Dans les vallées de la province de Matanzas, à Cuba, les abeilles virevoltent au grand air sans la menace des pesticides qui déciment leur population dans le reste du monde.

« L’abeille n’est faite ni pour les zones urbaines ni pour les zones rurales, elle est faite pour la montagne », affirme l’ingénieur en mécanique Rogelio Marcelo Fundora, 51 ans, propriétaire avec son frère Santiago Esteban,  un enseignant de 54 ans,  de 600 ruches où s’activent des milliers d’ouvrières ailées. Dans cette atmosphère idyllique, « l’an dernier nous avons obtenu 80 tonnes de miel », se félicite Santiago.

Quasiment pas de produits chimiques
Partout dans le monde, scientifiques et défenseurs de l’environnement tirent la sonnette d’alarme sur la diminution du nombre d’abeilles sous l’effet de l’agriculture intensive, des maladies et des pesticides. Mais pas à Cuba, où les abeilles semblent particulièrement en forme.

Leur environnement est devenu pur avec la crise économique des années 1990 provoquée par l’effondrement de l’Union soviétique  : celle-ci fournissait à l’île des milliers de tonnes de pesticides, fertilisants et herbicides,  quand cet apport a subitement cessé, Cuba n’a pas eu d’autre choix que de développer des alternatives naturelles, ce qui a réduit à quasiment zéro le recours aux produits chimiques, si néfastes aux populations d’abeilles et à la qualité du miel.

Jusqu’à 160 kilos de miel par ruche
A Cuba, la production moyenne est de 51 kilos de miel par ruche, un niveau considéré comme élevé. Les frères Fundora, rois de l’apiculture sur l’île, affichent des rendements jusqu’à trois fois supérieurs, allant jusqu’à 160 kilos de miel par ruche. De leurs 21 ruchers, à flanc de colline près du village de Navajas (140 km à l’est de La Havane), les deux frères extraient un miel qu’ils assurent « propre », libre de tout produit chimique.

Malgré ses 8.834 tonnes de miel produites en 2018,  soit 1.300 de plus que l’objectif visé par l’Entreprise apicole cubaine (Apicuba, public).  Cuba reste bien loin derrière l’Argentine, premier producteur d’Amérique latine avec 76.000 tonnes de miel en 2018, selon les chiffres de 2017 de l’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Sur le total cubain, « environ 1.900 tonnes » ont été certifiées comme miel biologique, un « record » national, se félicite auprès de l’AFP le directeur de la technique et du développement d’Apicuba, Dayron Alvarez.

Presque toute la production de miel cubain est exportée (95%), essentiellement vers l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne et la Suisse, pour un chiffre d’affaires de 18 millions de dollars en 2017. Et « nous essayons d’entrer sur le marché chinois et celui de l’Arabie saoudite », indique Dayron Alvarez.

Plus de 2600 dollars la tonne
Apicuba a le monopole sur l’exportation : les apiculteurs ayant plus de cinq ruches doivent lui vendre leur miel. En échange, l’organisme leur fournit à prix réduits carburant et matériel. Il paie jusqu’à 1.000 dollars par tonne aux apiculteurs (l’île en compte 1.660) et vend son miel à des prix différents selon les pays, qui ne sont pas rendus publics. A partir des chiffres de 2017, on peut en déduire un prix moyen de 2655 dollars la tonne.

Avec une qualité excellente grâce à « la tendance à peu utiliser les produits chimiques », explique le biologiste Adolfo Pérez, directeur du Centre d’investigations apicoles. Dans la campagne cubaine, les abeilles ne sont exposées à aucun grand risque naturel ni menace humaine et profitent d’une température estivale toute l’année et d’une humidité qui leur assure des fleurs en permanence, affirme Santiago. « Nous n’utilisons aucun produit chimique lors de la fumigation des ruchers ou du désherbage », ni « aucun antibiotique », ajoute-t-il, des produits de toute façon difficiles à obtenir en raison de l’embargo américain en vigueur depuis 1962.

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Acheter en vrac pour préserver la planète : les Français s’y mettent

acheter en vracDe plus en plus de Français, qui souhaitent réduire les emballages, privilégier les produits locaux tout en maîtrisant leur budget, se sont tournées vers la vente en vrac. Le succès est tel que la grande distribution s’y est mise.

La vente en vrac a capté l’air du temps et conquiert les consommateurs en France, même s’il s’agit encore d’un marché de niche. S’approvisionner dans une épicerie vrac est « une de mes résolutions de la nouvelle année » : « je suis devenue végétalienne l’année dernière et je me suis rendue compte que c’était dans la logique des choses de faire du zéro déchet », confie à l’AFP Nolween Delage, graphiste de 25 ans et cliente de La Recharge à Bordeaux.

Cette épicerie a réintroduit le système de consigne avec l’objectif de travailler en circuit court avec des producteurs locaux, explique à l’AFP son cogérant, Jules Rivet, dont la clientèle a quadruplé en quatre ans.

La France est en avance
Un chiffre qui n’étonne pas Célia Rennesson, directrice générale de Réseau Vrac, l’organisation qui fédère 600 acteurs de la filière: « dans les faits et dans les chiffres, la France est en avance sur ses homologues européens », souligne-t-elle à l’AFP.

De 15 épiceries spécialisées dans le vrac il y a quelques années, la France en compte désormais 200, loin devant la Belgique, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Et selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), 47% des Français ont acheté au moins une fois en 2018 des produits alimentaires en vrac, contre 32% en 1998.

Pour Célia Rennesson, plusieurs raisons expliquent ce succès : « le commerce de bouche, de proximité, est clairement inscrit dans l’ADN français; on a pris depuis très longtemps des habitudes de vrac dans les magasins bio comme Biocoop et enfin le mouvement zéro déchet est très ancré en France ».

Franprix a équipé 150 de ses magasins
Littéralement, « le vrac est la vente de produits à la pesée, donc au poids, et non pré-emballés », sachant que l’alimentaire compte pour 80% de l’offre, le reste étant de l’hygiène/beauté, souligne Célia Rennesson. Si le vrac connaît un tel développement, c’est que les clients « sont précautionneux sur ce qu’ils consomment, qu’ils veulent plus de transparence, de sain et de bio, et qu’ils sont attachés à l’origine et la traçabilité des produits qu’ils achètent », selon elle.

Le succès est tel que la grande distribution s’y est mise : Franprix (groupe Casino) a ainsi équipé, en seulement six mois, au moins 150 de ses magasins de rayons vrac. Et dans l’idée de réduire les emballages, Carrefour vient de lancer son opération « apporte ton contenant », autorisant ses clients à emmener leurs boîtes ou bocaux pour qu’y soient servis « les produits des stands en vente assistée »: poissonnerie, boucherie, charcuterie, fromagerie et pâtisserie.

Elargir le nombre de produits distribués en vrac
Pour Didier Onraita, président de « Day by day », le premier réseau du secteur avec ses cinquante points de vente, « il n’y pas vraiment de portrait-type du consommateur de vrac ». « Il y a les +engagés-pragmatiques+, très concernés par les impacts environnementaux et qui cherchent à maîtriser quantités et tarifs, puis les curieux, à la recherche d’un bénéfice personnel, et enfin les pressés, qui viennent chercher des produits de grignotage », détaille-t-il à l’AFP. « Quand on a commencé en 2013, c’était une habitude de consommation en voie de disparition et qui n’avait pas trouvé son modèle économique », relève ce connaisseur du secteur.

Aujourd’hui, « en apportant une réponse complète, on a recréé une dynamique de marché, présente sur tous les circuits de distribution », se réjouit-il. Pourtant, malgré le développement du réseau des épiceries, seule une minorité (moins de 1% de la population), s’est pour l’instant engagée de manière régulière dans ce mouvement.

Pour Célia Rennesson, « si on veut changer les choses, si on veut que ça ait un impact en termes de réduction du gaspillage alimentaire et des emballages, il faut augmenter le nombre de produits vendus en vrac et proposer une offre à moins de 10 minutes de chez soi ».

Mais attention, prévient Jules Rivet, « il faut que ce soit cohérent: faire du vrac industriel ou qui vienne du bout du monde, à quoi ça rime? ».

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Les gestes à connaître pour réduire notre production de déchets

ca commence par moiAuteur du livre « Ça commence pour moi », Julien Vidal nous délivre quelques astuces pour être davantage écoresponsables.

Chaque année, un Français produit en moyenne 350 kilos de déchets. Le premier geste écoresponsable conseillé par Julien Vidal est de faire ses provisions dans une épicerie en vrac.

Équipé d’un sac en tissu et de quelques récipients, il y trouve une gamme diverse d’aliments mais aussi des produits cosmétiques dépourvus de tout emballage. Ces magasins proposent des articles bons pour la santé et permettent de réduire drastiquement le gaspillage alimentaire et le rejet de détritus difficilement recyclables. « Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas », explique le militant écologiste.

Il est également possible de revaloriser nos ordures. Épluchures de fruits et de légumes, coquilles d’œufs, sachets de thé …  Tous les déchets organiques peuvent être déversés dans un composteur partagé si vous avez la chance d’en détenir un près de chez vous. « Ils vont lentement se dégrader pour se transformer en engrais », précise Julien Vidal.

Sensibiliser la population
Munis d’une pince et d’un sac, les membres de l’association Green bird se réunissent tous les mois pour collecter pendant une heure les déchets qui pavent Paris. « Un mégot comme ça, ça peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau », souligne Julien Vidal après avoir ramassé le bout de cigarette. Plus que de nettoyer la ville, l’association cherche à sensibiliser les citadins à la propreté des rues. « La nature, elle ne produit pas de déchets, (…) on ferait mieux de s’en inspirer », propose Julien Vidal.

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« La plus grandes des épidémies » décime les grenouilles à grande vitesse

grenouilleKermit pourrait bientôt devenir le symbole d’une espèce disparue.

En effet, comme le révèle un collectif de 41 scientifiques dans un article publié, le 29 mars, dans la revue Science, les grenouilles sont en danger d’extinction. Victimes d’une panzootie dont la gravité avait jusque-là été sous-estimée, plusieurs centaines d’espèces d’amphibiens sont déjà touchées.

Un champignon très contagieux
Tout commence dans les années 70 quand les chercheurs constatent que les mêmes populations d’amphibiens déclinent rapidement alors qu’elles évoluent dans un environnement préservé, non pollué et n’ayant pas subi la déforestation. 10 ans plus tard, ils notent que certaines espèces ont carrément disparu.

Il faut attendre la fin des années 90, comme le rappelle le New York Times pour que les scientifiques découvrent que les grenouilles en Australie et au Panama sont infectées par le même champignon mortel qu’ils nomment le Batrachochytrium dendrobatidis (appelé également le Bd, ndlr). Ce parasite aquatique est alors repéré dans d’autres pays à travers le monde et les chercheurs remontent sa piste et situent son origine dans la Péninsule de Corée.

Le Bd, qui provoque la maladie de la chytridiomycose, se contracte au contact d’autres animaux ou par les spores fongiques laissées à la surface de l’eau. Le champignon microscopique atteint alors les cellules de la peau et se multiplie. Les créatures infectées ne peuvent plus respirer par la peau, se mettent à peler et à suffoquer. Mais avant de mourir, elles parviennent encore à propager le parasite en sautant de mares en mares.

Plus de 500 espèces déjà tuées
Jusqu’à présent les scientifiques avaient estimé que 200 espèces de grenouilles et de salamandres avaient été touchées par la maladie mais la nouvelle étude montre des chiffres beaucoup plus alarmants.

Au moins 501 espèces d’amphibiens ont été affectées par la chytridiomycose et 90 espèces auraient disparu à cause de l’épidémie liée au Bd. L’Australie, l’Amérique centrale et du sud sont les plus durement touchées mais les populations d’amphibiens d’Afrique, d’Europe et de l’Amérique du nord sont également concernées. Selon ce rapport, on serait face à la plus grande épidémie ayant causé le plus de pertes au niveau de la biodiversité.

« C’est stupéfiant, jusqu’à présent, nous n’avions jamais eu affaire à une seule et même maladie capable de provoquer l’extinction de multiples espèces, sur de multiples continents et tout cela en même temps », a réagi auprès du journal San Francisco Gate, Jonathan Kolby, co-auteur de l’étude et herpétologue à l’Université James Cook en Australie.

Afin d’enrayer l’épidémie, certains chercheurs et organisations préconisent l’interdiction d’importer des amphibiens dont le commerce international augmente la propagation de l’agent pathogène.

Le Canada a déjà fait un pas en ce sens en limitant, depuis le 12 mai 2018, l’importation de toutes les espèces appartenant à l’ordre des Caudata (comme les salamandres, les tritons et les nectures), à moins qu’elle ne soit autorisée par un permis afin de « protéger les espèces de salamandres sauvages du Canada d’un champignon nuisible », précise le site du gouvernement. Quels autres pays suivront le mouvement pour préserver la biodiversité ?

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Des produits ménagers à remplacer pour être plus écolo à la maison

menageAfin de protéger l’environnement et votre santé, voici quelques alternatives vertes aux produits ménagers.

Les composés volatiles issus des produits ménagers classiques représentent un véritable danger pour notre santé, et constituent une part importante de la pollution de l’air à l’intérieur de nos maisons.

Une partie des composants, nocifs pour la faune et la flore, parviennent également à se glisser au travers des filtres des usines de traitement des eaux usées et polluent les cours d’eau et leurs rives. Voici donc quelques alternatives pour des produits plus économiques, plus sûrs, et plus respectueux de l’environnement.

Pour les surfaces
Pour les surfaces n’entrant pas directement en contact avec des aliments, telles que votre évier, lavabo, toilettes, céramique, etc., un simple mélange de bicarbonate de soude et de vinaigre blanc suffit. Deux options se présentent à vous : saupoudrer la surface de bicarbonate, pulvériser de vinaigre blanc et laisser agir pendant une dizaine de minutes avant de nettoyer avec une éponge, ou utiliser ces deux produits directement sur l’éponge.

Pour des situations plus difficiles, comme dans le cas d’un évier bouché ou de dépôts de calcaire importants, optez pour les cristaux de soude. Versez-en une poignée dans votre évier ou saupoudrez-en en très fine couche sur la zone à traiter, et ajoutez du vinaigre blanc. Laissez agir une demi-heure avant de rincer à l’eau chaude, et dans le cas du calcaire, de nettoyer avec une éponge grattante. Pour les vitres, 3/4 d’eau tiède pour 1/4 de vinaigre blanc feront le travail parfaitement.

Pour nettoyer des surfaces en bois (parquet, table, ou autre) et les sols en terre cuite non vernissée, optez pour le savon noir. Mélangez-le à parts égales avec de l’eau chaude, nettoyez votre surface, puis rincez bien avec un linge humide. Le savon noir a l’avantage supplémentaire de nourrir le bois et ne contient généralement que 3 ingrédients : eau, potasse et huile de lin. Pour les tâches incrustées, le bicarbonate de soude et le citron pourront venir à la rescousse.

Pour le linge
Le savon noir s’avère être un allié de taille contre les taches de gras sur les vêtements. Frottez légèrement l’envers du vêtement avec un peu de savon là où se trouve la tache, puis lavez-le à la machine. Pour une machine classique, pensez à remplacer votre adoucissant par du vinaigre blanc (idéal contre le calcaire) et votre lessive industrielle par du savon de Marseille.

Pour un litre de lessive maison, mélangez 50g de savon de Marseille en paillettes et deux cuillères à soupe de bicarbonate de soude dans une casserole d’eau chaude (non bouillante). Une fois le mélange homogène, laissez-le tiédir puis stockez-le dans un récipient fermé que vous agiterez régulièrement jusqu’à ce que la lessive soit froide. Le dosage se fait comme avec une lessive classique, déposez le produit directement dans le tambour, sur le linge.

Pour la vaisselle
Ce n’est pas là la seule utilité du savon de Marseille. Grâce à cette même recette, vous pouvez également laver votre vaisselle. Une autre recette consiste à mélanger un tiers d’eau chaude, 1 terre de savon noir et un tiers de vinaigre blanc dans un récipient avec une cuillère de bicarbonate de soude. Vous pouvez aussi choisir la solution plus simple de laver votre vaisselle au vinaigre blanc. Et pour faire des tablettes maison destinées au lave-vaisselle, c’est ici.

Dans tous les cas, pensez à porter des gants, en particulier lorsque vous manipulez du savon noir ou des cristaux de soude, abrasifs. Ventilez correctement la pièce : si ces produits sont bien plus sûrs, ils peuvent néanmoins causer des réactions chez les personnes asthmatiques ou allergiques, tout comme les produits ménagers industriels.