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Le Royaume-Uni se fâche contre l’UE, qui qualifie Gibraltar de « colonie »

thérésa mayLe gouvernement britannique a jugé « complètement inacceptable » la référence à Gibraltar comme une « colonie » du Royaume-Uni, dans un document publié vendredi par le Conseil européen.

C’est une note de bas de page qui, dans la situation déjà tendue entre l’UE et le Royaume-Uni, ne va pas arranger les choses. Le gouvernement de Theresa May s’est agacé contre la référence à Gibraltar comme une « colonie » britannique, dans un document publié vendredi par le Conseil européen. Cette mention « Gibraltar est une colonie de la couronne britannique »  apparaît discrètement dans ce document qui propose d’exempter de visa les Britanniques souhaitant entrer dans l’espace Schengen après le Brexit pour une courte durée (jusqu’à 90 jours). Est également précisé une « controverse » entre l’Espagne et le Royaume-Uni en ce qui concerne sa souveraineté.

« Il est complètement inacceptable de décrire Gibraltar de cette façon », a réagi le porte-parole de la Première ministre britannique auprès de journalistes. « Gibraltar fait partie à part entière de la famille britannique et cela ne changera pas du fait de notre sortie de l’UE », a-t-il ajouté. Ce territoire de 6,8 km2, à l’extrémité sud de la péninsule ibérique, a été cédé par Madrid en 1713 à la couronne britannique, mais l’Espagne en revendique depuis longtemps la souveraineté.

Gibraltar craint que cet épisode « alimente le conflit »
Les 33.000 habitants du « Rocher » avaient rejeté l’idée d’une souveraineté partagée lors d’un référendum en 2002. « Toutes les parties devraient respecter le souhait démocratique du peuple de Gibraltar d’être britannique », a souligné un autre porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué.

« Le recours à un tel langage (…) ne contribue pas à bâtir un climat de compréhension et de confiance entre Gibraltar et l’Espagne alors que nous nous préparons à quitter l’UE », a réagi de son côté le gouvernement de Gibraltar dans un communiqué. « Cela aura en fait l’effet totalement inverse, en alimentant le conflit plutôt que la coopération », a-t-il ajouté. « Cela n’a pas du tout sa place dans l’Europe moderne d’aujourd’hui ».

Lors du référendum britannique de 2016 sur le Brexit, 96% des habitants de Gibraltar s’étaient exprimés en faveur de l’appartenance au bloc européen, le score le plus élevé pour le maintien. L’accord de divorce conclu entre Londres et Bruxelles, mais rejeté mi-janvier par les députés britanniques, comprend plusieurs dispositions concernant Gibraltar. Ces dernières prévoient de mettre en place des mesures pour collaborer dans la lutte contre la contrebande de tabac, entre polices, ainsi qu’en matière de droits des travailleurs et d’environnement.

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Contrôle des chômeurs : comment font-ils ailleurs ?

pole emploiLe durcissement du contrôle des chômeurs, dont les nouvelles règles ont été dévoilées par un récent décret, passe mal auprès des syndicats.

Ces derniers dénoncent en effet « un signal de défiance » envoyé aux demandeurs d’emploi. Mais qu’en est-il chez nos voisins européens ?   Tour d’horizon

Le Royaume-Uni se montre particulièrement sévère avec ses demandeurs d’emploi
Au Jobcenter plus, sorte de Pôle emploi local, les rendez-vous avec les conseillers sont fréquents et obligatoires. Les chômeurs doivent également passer 35 heures par semaine au minimum sur un site de recherche d’emploi : cette démarche est contrôlée et sanctionnée si elle n’est pas effectuée. Ils ont également l’obligation d’accepter le premier emploi qui leur est proposé, à défaut de quoi leur allocation est suspendue, voire supprimée. Son montant est d’ailleurs bien inférieur à ce que perçoivent les chômeurs français ayant droit à des indemnités : au maximum 400 euros par mois, sur une durée limitée à six mois. Last but not least, les fraudeurs encourent une amende pouvant aller jusqu’à 7000 euros. Outre-Manche, le taux de chômage est particulièrement bas : 4,1%.

Trois mois de vacances pour les chômeurs allemands
En Allemagne, le contrôle des chômeurs est également plus dur qu’en France. Les bénéficiaires d’allocations doivent pouvoir prouver qu’ils cherchent un travail. A défaut, celles-ci peuvent être provisoirement réduites. Ce principe vaut même pour les chômeurs de longue durée. Ceux qui ne se présenteraient pas à un rendez-vous sans motif valable voient leurs indemnités amputées de 10% pendant trois mois. Et s’ils refusent un emploi jugé acceptable, leurs allocations sont réduites de 30% pendant trois mois.

Petite particularité allemandes : les demandeurs d’emploi ont droit chaque année à trois semaines de vacances. Ils ne peuvent en revanche partir loin de leur domicile qu’avec l’accord de leur conseiller.

En Italie, les contrôles sont pour ainsi dire inexistants
Le Figaro nous apprend que les chômeurs n’ont pas besoin de pointer pour toucher leurs allocations.

En Espagne, il n’existe pas de contrôle à proprement parler
Mais les chômeurs doivent renouveler leur inscription sur les listes tous les trois mois, se rendre obligatoirement aux convocations, la participation à des travaux d’intérêt général ou à des formations. A défaut, des sanctions peuvent intervenir, pouvant aller de la suspension à la suppression des allocations.

Et puis il y a le modèle danois, particulièrement strict
La liste des obligations est longue : se rendre aux convocations, postuler à au moins deux offres d’emploi par semaine, et accepter la première offre d’emploi proposée dans un délai de 24 heures, sous peine de perdre le bénéfice des allocations. Les demandeurs d’emploi doivent également se connecter sur un compte dédié tous les jours, à défaut de quoi un avertissement leur est adressé. Au bout de trois avertissements, les allocations sont carrément supprimées.

En revanche, le modèle danois st relativement généreux, puisqu’il accorde à un chômeur 90% de son salaire pendant deux ans. L’indemnité est néanmoins plafonnée à 2500 euros par mois. Là encore, une condition doit être remplie : avoir cotisé à une caisse d’assurance chômage.