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Un jeune Français sur 20 illettré, un sur dix en difficulté de lecture

Un jeune Français sur 20 illettré, un sur dix en difficulté de lectureSelon une étude réalisée par le ministère de l’Éducation, 11,5% des 713.000 jeunes à avoir participé à la Journée Défense et citoyenneté en 2018 « sont en difficulté de lecture ».

C’est l’un des objectifs de la Journée Défense et citoyenneté (JDC) que les jeunes Français suivent à l’adolescence : faire un état des lieux des capacités de lecture et d’écriture parmi les plus de 16 ans.

D’après une étude du ministère de l’Éducation publiée ce jeudi, plus d’un jeune Français sur dix (11,25%) est « en difficulté de lecture » et un sur vingt en situation d’illettrisme. L’étude s’appuie sur les tests conduits auprès des 713.000 participants à la JDC en 2018, âgés de 16 à 25 ans.

Ceux qui rencontrent les difficultés les plus sévères et qui représentent 5,2% de l’ensemble « peuvent être considérés en situation d’illettrisme » caractérisé notamment par « un déficit important de vocabulaire ». Les jeunes du niveau au-dessus (6,3% de l’ensemble) ont, quant à eux, « un niveau lexical oral correct, mais ne parviennent pas à comprendre les textes écrits ».

Plus de trois quarts de « lecteurs efficaces »
On trouve ensuite, selon les données de l’enquête, 10,9% de jeunes « aux acquis limités », qui « parviennent à compenser leurs difficultés pour accéder à un certain niveau de compréhension ». Pour ces profils, la lecture « reste une activité laborieuse mais qu’ils savent mettre en œuvre pour en retirer les fruits ».

Selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), à l’origine de la note, quelque 77,6% de jeunes sont enfin des « lecteurs efficaces ». Les jeunes en difficulté de lecture sont « de moins en moins nombreux à mesure que le niveau d’études s’élève », souligne l’étude. Ils représentent 45,8% chez ceux qui n’ont pas dépassé le niveau collège et 4,7% chez ceux qui déclarent suivre ou avoir suivi une filière générale ou technologique au lycée.

Par ailleurs le pourcentage de jeunes en difficulté est très différent selon le sexe : 13,2% des garçons contre 9,6% des filles, poursuit l’enquête, qui est menée tous les ans depuis 2009.

La fréquence des difficultés de lecture est enfin plus prononcée dans les départements du Nord et certains en Île-de-France (17,2% de jeunes en difficulté de lecture dans l’Aisne, 15,4% dans la Somme, 12,3% en Seine-Saint-Denis).

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Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de mortalité, selon deux études

Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de mortalité, selon deux étudesLa consommation régulière de plats ultra-transformés ou de sodas se révèle être associée à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, d’obésité, d’hypertension artérielle, voire de cancers, d’après deux études européennes.

L’abus de plats industriels « ultra-transformés » augmente le risque cardiovasculaire et de décès, suggèrent deux études européennes menées auprès de plus de 120.000 personnes et publiées jeudi.

Obésité, hypertension, cancer
Ces nouvelles études parues dans le British Medical Journal (BMJ), même si elles ne permettent pas de démontrer un lien direct de cause à effet, renforcent les arguments de travaux précédents liant les plats hautement transformés à un risque accru d’obésité, d’hypertension artérielle, voire de cancers.

La nouvelle étude française de l’Inserm dirigée par la Dr Mathilde Touvier porte sur plus de 100.000 participants, en majorité des femmes, participant à l’étude NutriNet-Santé (suivis entre 2009 et 2018, sur six ans maximum). Elle a évalué la consommation de 3300 aliments et boissons, classés selon leur degré de transformation industrielle.

La consommation d’aliments ultra-transformés s’est révélée être associée à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires (1409 cas sur les 105.159 participants), et en particulier de maladies coronariennes (665 cas) et de maladies cérébro-vasculaires (829 cas).

Une augmentation de 10 points de pourcentage d’aliments ultra-transformés dans la nourriture  en passant par exemple de 15% à 25% est associée à une augmentation de 12% du risque de maladies cardiovasculaires (13% pour les maladies coronariennes et 11% pour les AVC et leur forme transitoire).

Risque supérieur associé à l’alcool et le tabac
« L’étude ne permet pas à elle seule de conclure à un lien de cause à effet, mais l’association entre aliments ultra-transformés et risque de maladies cardiovasculaires est statistiquement significative en tenant compte des autres caractéristiques des participants (tabac, alcool, niveau d’activité physique, statut socio économique, âge, sexe, poids etc …) », précise Mathilde Touvier.

« Par exemple, à statut tabagique, niveau d’activité physique et poids équivalents, les personnes qui avaient une proportion d’aliments ultra-transformés dans leur alimentation plus élevée avaient plus de risque de développer une maladie cardiovasculaire », ajoute-t-elle.

Consommation régulière
L’étude de Maira Bes-Rastrollo (Université de Navarre, Pampelune, Espagne) et ses collègues évalue les associations possibles entre l’ingestion d’aliments ultra-traités et le risque de décès quelle qu’en soit la cause. Elle porte sur 19.899 diplômés universitaires espagnols (dont 12.113 femmes) âgés en moyenne de 38 ans. Là aussi, les aliments ont été regroupés selon le degré de transformation et les décès ont été dénombrés sur une moyenne de 10 ans.

Selon cette étude, une consommation plus élevée d’aliments ultra-transformés (plus de 4 portions par jour) est associée à un risque accru de mortalité toutes causes confondues de 62 % comparativement à une consommation moindre (moins de 2 portions par jour). Chaque portion journalière supplémentaire d’aliments ultra-transformés, augmentait le risque de mortalité de 18 %.

« Il ne faut pas être alarmiste et dire que si on consomme de temps en temps un plat ultra-transformé ou un soda, on augmente son risque de faire un accident cardiaque de 12%. C’est la consommation régulière qui importe », souligne Docteur Touvier qui, comme ses collègues, prône la consommation d’aliments bruts (légumes, fruits, poisson, lentilles, noix…).

Plus riches en sel, en graisses saturées
Des aliments sont considérés ultra-transformés quand ils ont subi des procédés industriels de transformation (huile hydrogénée, amidon modifié, etc …) et contiennent de nombreux ingrédients, notamment des additifs.

Un plat préparé, sans additifs, congelé ou pas, n’en fait pas partie. Mais la plupart des plats prêts à réchauffer, les sodas sucrés ou contenant des édulcorants, les « steaks » végétaux reconstitués avec additifs, les saucisses, les soupes en poudre et les snacks en général en font partie.

Ils sont généralement plus riches en sel, graisses saturées, sucre et pauvres en vitamines et en fibres, selon les chercheurs. S’y ajoutent des contaminants provenant des emballages et des contenants en plastique. Ce type d’aliments représente plus de la moitié des apports énergétiques dans de nombreux pays occidentaux, selon l’Inserm.

Publié dans Texte Santé

La cigarette électronique efficace pour arrêter de fumer, mais pas à long terme

cigarette électroniqueSi vapoter peut aider à réduire ou arrêter le tabagisme, les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique ont une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs.

Les forces et faiblesses de 5400 fumeurs et 2025 ex-fumeurs ont été passées au crible par l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Tous ces Français font partie du programme Constances, une cohorte géante de 200.000 personnes suivies depuis 2012, dont les conclusions ont été présentées ce jeudi.

En France, environ 3% des habitants vapotent. La majorité sont des fumeurs qui essayent d’arrêter. « Nous avons cherché à savoir si ces personnes avaient plus de chances d’arrêter avec cet outil et si le fait de vapoter prédit le succès de l’arrêt du tabac, c’est-à-dire un arrêt durable », nous explique Maria Melchior, directrice de recherches à l’INSERM.

Les vapoteurs ont diminué leur consommation de tabac
L’épidémiologiste poursuit: « Parmi 2000 personnes qui s’étaient arrêtées de fumer, environ 10% s’étaient aidées du vapotage ».

Et chez les 5400 fumeurs, les personnes qui ont vapoté ont diminué leur consommation de tabac. Au bout de deux ans, en moyenne, les fumeurs utilisant la cigarette électronique ont plus réduit leur niveau de tabagisme que les non-utilisateurs, à hauteur de 4,4 à 2,7 cigarettes par jour.

Vapoter peut aider à arrêter de fumer, mais pas durablement
Autre résultat notable, 40% des fumeurs vapoteurs ont arrêté de fumer pendant le suivi, contre 25% des fumeurs qui n’utilisaient pas la cigarette électronique. « Oui, vapoter peut aider à arrêter de fumer mais ce n’est pas toujours un arrêt durable », note Maria Melchior.

C’est le gros bémol de ces conclusions encourageantes : les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique ont une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs (31 contre 16%).

Selon la chercheuse de l’INSERM, « ce résultat sous-entend un risque : que la cigarette électronique entretient l’addiction à la nicotine. Par exemple, quand elle ne fonctionne pas, qu’il n’y a plus de liquide, plus de batterie etc., on peut être amené à refumer ».

Se faire aider pour limiter le risque de rechute
En résumé, la cigarette électronique permet aux fumeurs de réduire leur niveau de tabagisme ou d’arrêter de fumer, mais cet arrêt ne semble pas toujours durable. « Le plus efficace reste la motivation. Cela souligne l’intérêt pour les gros fumeurs notamment de se faire aider pour limiter le risque de rechute, car la cigarette électronique ne suffit pas toujours », conclut Maria Melchior.

L’étude de l’INSERM n’est pas terminée. Le recueil de données se poursuit pour mesurer de nouveaux critères chez ces fumeurs, vapoteurs ou ex-fumeurs; comme la durée moyenne de vapotage, le volume de e-liquides consommés par semaine et la reprise du tabagisme.

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Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfant ?

Comment aborder le sujet de la pornographie avec son enfantAvec Internet, les adolescents ont accès à la pornographie de plus en plus jeunes.

Cette banalisation des relations sexuelles se ressent dans leur comportement : en Gironde, une directrice de collège a tiré la sonnette d’alarme face à l’attitude « hypersexualisée » des élèves. BFMTV.com a interrogé un psychologue et un médiateur scolaire afin de savoir comment aborder la question de la pornographie avec les enfants.

Les adolescents visionnent des images pornographiques de plus en plus jeunes. Mardi, la principale d’un collège de Mios, en Gironde, a tiré la sonnette d’alarme concernant « l’hypersexualité » des élèves de 6e et de 5e dans son établissement. Elle évoque le « visionnage de films à caractère pornographique, l’exhibitionnisme, la masturbation dans la cour de récrée » ou encore la « réalisation de vidéos à caractère pornographique » par une quinzaine de collégiens. La directrice constate, effarée, que dès 10 ans et demi, les enfants de son établissement ont accès à ce type de contenu via leurs ordinateurs et téléphones portables.

8% des ados regardent du porno plusieurs fois par jour
Le phénomène ne se limite pas à l’enceinte du collège de Mios. D’après une étude réalisée en 2018 par la Fondation pour l’innovation politique, le Fonds actions addictions et la fondation Gabriel-Péri, 8% des jeunes garçons de 14-15 ans affirment regarder du porno plusieurs fois par jour, et 21% en consomment au moins une fois par semaine.

« On peut estimer que ces chiffres sont en partie dus à la facilité d’accès des mineurs aux produits censés leur être prohibés; 92% des mineurs jugent qu’il est facile d’accéder à la pornographie », note l’étude.

Pourtant, l’article 227-24 du Code pénal français dispose que la diffusion d’un message à caractère pornographique « par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support […] est punie de trois ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ». Reste que, sur les sites de streaming, la loi est largement contournée.

« Les contenus pornographiques sont à la portée des enfants, ils n’ont même pas besoin de savoir lire pour y accéder. Il leur suffit de cliquer sur un onglet pour atterrir sur un site qui propose des vidéos en streaming », rappelle à BFMTV.com Christophe Butstraen, médiateur scolaire et auteur de Parlez du porno à vos enfants avant qu’Internet ne le fasse.

Limiter l’accès à Internet
« Avant, on découvrait la sexualité par les témoignages de nos copains qui nous racontaient leur premier baiser, leurs premières caresses. Désormais, notre référent c’est Google, sauf que le navigateur ouvre tous les champs des possibles et nous renvoie très rapidement vers la pornographie. Et les ados prennent ce qu’ils voient comme les pratiques à appliquer », nous détaille le psychologue Samuel Comblez.

Pour rétablir les standards de la sexualité, Christophe Butstraen recommande aux parents d’installer des logiciels de contrôle parental sur le matériel informatique qu’ils mettent à la disposition de leur enfant. « Dès qu’il a accès à Internet, il faut le limiter. Puis, petit à petit, on lâche un peu de lest. Comme quand on demande à un enfant de nous tenir la main pour traverser, au début on est strict puis on apprend à lui laisser plus de liberté », illustre-t-il.

Le médiateur scolaire souligne toutefois que tous les efforts mis en place dans le cadre familial pour limiter l’accès à la pornographie « seront anéantis par les copains qui eux ne sont pas bridés dans leur usage d’Internet. C’est pourquoi les parents doivent avant tout mettre l’accent sur le dialogue ».

Instaurer le dialogue le plus tôt possible
« Plus tôt on parle de sexualité avec son enfant, plus sa candeur lui permet d’entendre le message », affirme Christophe Butstraen. « C’est à l’adulte de faire le premier pas et de dédramatiser la situation car de toute façon l’adolescent finira par être confronté à la pornographie », abonde Samuel Comblez.

« Il faut lui expliquer qu’en allumant sa tablette ou son ordinateur il risque de tomber sur des photos de gens nus qui peuvent avoir des comportements qui le dégoûtent ou l’émoustillent mais que ce n’est pas grave », expose-t-il.

Une fois le tabou dépassé, il est nécessaire que les parents expliquent à leur enfant que l’univers pornographique ne correspond pas à la réalité. Christophe Butstraen note d’ailleurs que le porno d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec les films érotiques des années 1970.

« Les pratiques qui y sont présentées sont de plus en plus violentes. Dans les titres des vidéos on retrouve souvent la notion de ‘viol’, d’’inceste’ et autres fantasmes des plus bizarres. Ces vidéos diffusent des images que les enfants ne sont pas prêts à digérer et véhiculent des stéréotypes dont il est difficile de se défaire », déplore-t-il. Le médiateur scolaire constate que le porno développe des complexes chez les garçons concernant la taille de leur sexe, leurs performances. Les filles, elles, ont tendance à avoir une idée distordue du corps de la femme.

Remettre l’ado en phase avec la réalité
« Chez les adolescentes âgées de 13 à 15 ans, les esthéticiens constatent une explosion des demandes d’épilation intégrale. Un standard établi par les images pornographiques », assure Christophe Butstraen.

Pire encore, selon le médiateur scolaire, les films pour adultes annihilent l’importance du consentement dans les relations sexuelles. « Le porno fait croire aux garçons que quand une fille dit non elle veut en réalité dire oui. L’absence de consentement est très utilisée dans le porno : on nous montre une femme qui ne souhaite pas avoir de relation sexuelle mais qui finit par y prendre du plaisir. »

Il incombe donc aux parents d’expliquer à leur enfant que les films pornographiques sont à regarder comme un spectacle, « une fiction et non comme un manuel », assurent le psychologue ainsi que le médiateur scolaire.

« Les adolescents doivent comprendre que dans le porno, des acteurs sont payés pour jouer un rôle. C’est de la mise en scène. Les séquences qui durent 15 minutes sont parfois tournées en plusieurs heures, avec des reprises, des montages. On ne nous montre pas la réalité comme les pannes, l’envie ou le respect de la femme », ajoute Samuel Comblez.

Vérifier l’identité des visiteurs des sites porno
Pour lutter contre cette banalisation du sexe que les adolescents consultent et reproduisent de plus en plus tôt, le dialogue semble donc primordial. « La sexualité, tout le monde y pense mais personne n’en parle. Or, les parents ne doivent pas avoir peur d’aborder le sujet », conclut Samuel Comblez.

En attendant qu’ils osent briser le tabou, le Royaume-Uni va tester un système de vérification de l’âge. A partir du 15 juillet prochain, les majeurs devront scanner leur carte d’identité pour accéder aux sites pornographiques.

Publié dans Texte Sexualité

Les Français plus nombreux que jamais à souffrir de troubles de l’érection

troubles de l'érectionEn France, 61% des hommes ont déjà été victimes de troubles de l’érection, d’après une nouvelle étude de l’Ifop publiée ce mercredi. Un sujet encore majoritairement « tabou » chez la gente masculine, souligne l’étude.

Une étude de l’Ifop pour la plateforme de santé Charles.co, publiée ce mercredi, révèle que les Français n’ont jamais été aussi nombreux à souffrir de problèmes d’érection. Pas moins de 6 hommes sur 10 ont déjà rencontré des troubles érectiles au moins une fois au cours de leur vie : un chiffre en hausse continue ces 15 dernières années.

En 2005, ils n’étaient « que » 44% à en avoir déjà rencontré, contre 61% aujourd’hui. Et pour bon nombre de ces hommes, il ne s’agit pas d’un souvenir lointain ou d’une vague expérience de jeunesse, dans la mesure où ils sont plus d’un sur trois (38%) à admettre avoir connu une forme de troubles du désir ou de l’érection au cours des 12 derniers mois.

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Dépendance aux écrans et baisse de libido
Parmi les variables lourdes qui influent sur ce type de troubles, on trouve l’âge, le stress ainsi que le lieu de résidence. Les hommes habitants en agglomération parisienne (46%) y étant nettement plus sujets que les ruraux (36%).

Pour la toute première fois, cette étude montre aussi que la dépendance aux écrans peut avoir un impact sur la libido masculine. Chez les moins de 35 ans, le nombre d’individus victimes de troubles du désir est nettement supérieure à la moyenne chez les hommes visionnant quotidiennement « des vidéos pornographiques, les réseaux sociaux, les applis d’information ou les films et séries tels qu’en offrent des services comme Netflix ».

« Étant happés par le contenu hautement addictif figurant sur leurs écrans, les jeunes auraient moins d’intérêt physique pour leur partenaire au point de relayer le sexe au second plan », explique François Kraus, directeur du pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle » à l’Ifop.

Un sujet encore tabou
Or, même en 2019, ces troubles génèrent des complexes chez les hommes, qui ont « une vision très phallocentrée du plaisir sexuel ». D’après l’étude, les hommes concernés ne sont pas toujours disposés à parler de ces troubles, que ce soit à leur partenaire ou à un professionnel de santé.

Près de deux tiers d’entre eux (63%) ont déjà eu des complexes sur leur capacité à avoir une érection, et 62% sur le fait de garder leur sexe en érection pendant tout un rapport. Par conséquent, le nombre d’hommes n’ayant jamais consulté de médecin à ce sujet s’élève à 72%, et seul un quart des hommes concernés en ont déjà parlé à quelqu’un.

Un homme sur trois (33%) reconnaît avoir déjà donné à son conjoint une fausse excuse pour masquer un problème sexuel, la fatigue physique étant de loin l’argument le plus avancé. Par ailleurs, les chiffres montrent que les hommes ayant des troubles de l’érection sont deux fois plus nombreux à être complexés par la taille de leur sexe.

« Une conception pénétrative du plaisir sexuel »
Cette étude révèle que « la gent masculine a encore « une conception très pénétrative du plaisir sexuel masculin ». 56% des hommes, et 64% des hommes de moins de 30 ans, estiment qu' »un rapport sexuel doit impliquer une pénétration pour être pleinement satisfaisant ».

Pour retrouver du désir, la grande part des hommes concernés fait marcher la fabrique à fantasmes. 43% ont recours au porno, et 42% repensent à de précédents rapports sexuels. Mais dans l’ensemble, les Français restent réticents à recourir à des médicaments permettant d’améliorer les problèmes d’érection, même si 56% d’entre eux pourraient l’envisager.

Les jeunes hommes âgés de moins de 30 ans se distinguent de leurs aînés du fait qu’ils recourent davantage aux produits psycho-actifs tels que le Viagra, la forte quantité d’alcool, ou encore la drogue et les produits aphrodisiaques.

Étude IFOP pour Charles.co réalisée en ligne du 19 au 24 avril 2019 auprès d’un échantillon de 1957 personnes, de la population masculine française âgée de 18 ans et plus, résident en France métropolitaine.

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Le jeûne thérapeutique, « intuition prometteuse » ou pratique à risque ?

Le jeûne thérapeutiqueLa « détox » et le jeûne sur plusieurs jours ont le vent en poupe, même chez les personnes atteintes d’un cancer souhaitant alléger les effets de la chimiothérapie. Pourtant, la recherche reste très balbutiante sur le sujet et les professionnels de santé rappellent les risques.

« Médicalement, le jeûne aujourd’hui, c’est ‘Circulez, il n’y a rien à voir' » constate auprès de BFMTV.com Bruno Falissard, directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations à l’Inserm. En termes de jeûne, le professeur s’y connaît : il est l’un des auteurs du rapport Évaluation de l’efficacité de la pratique du jeûne comme pratique à visée préventive ou thérapeutique, mené par l’institut de recherche médicale en 2014.

Au regard du nombre de personnes qui le pratiquent chaque année (4000-5000 selon l’Institut national du cancer), les conclusions scientifiques manquent cruellement sur les effets de cette privation de nourriture.

Du jeûne sec sans eau aux stages « jeûne et randonnée » à boire bouillons clairs et tisanes, en passant par le saut de repas ou la consommation d’aliments uniquement crus, les diètes ont le vent en poupe. Le corps aurait besoin de se « détoxifier », de se purifier, le foie d’être nettoyé, le côlon débarrassé de ses impuretés.

A l’origine, la démarche est plutôt saine : s’interroger sur son alimentation, son mode de vie et ce qu’on peut améliorer. Sauf qu’une multitude de pratiques prolifèrent aujourd’hui sans de réel contrôle médical ou législatif.

« Les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez »
« Dans notre société, les problèmes viennent du fait qu’on mange trop plutôt que pas assez, pour être honnête », appuie Bruno Falissard à BFMTV.com. « Il y a de la marge. Que des gens partent dans le Larzac faire de la méditation en jeûnant, je n’ai rien contre. Ils font ce qu’ils veulent, a priori ça ne va pas leur faire du mal », souligne le chercheur.

Néanmoins, il confirme que dans « quelques cas », certaines structures « ressemblent à des sectes, avec des gourous, et le jeûne devient une conduite chronique, extrême et avec à la clé des possibilités de carences et de problèmes de santé ».

La mission gouvernementale de surveillance des sectes, la Miviludes, constate « une explosion de thérapeutes qui se prétendent avoir une science médicale ». Ce qui laisse la porte ouverte à un certain nombre de dérives : stages très onéreux, incitation à l’achat de produits dérivés, mise en danger de personnes fragiles (physiquement ou psychologiquement), voire la mort de certains sujets.

A l’exemple des parents de Kérywan, 16 mois, qui avaient été condamnés en 2005 pour avoir laissé leur fils mourir de malnutrition. En plus de ce couple se revendiquant « kinésiologues », trois médecins que Libération présentait alors comme « homéopathes » avaient été condamnés pour « non-assistance à personne en danger ».

Seules deux études exploitables
Au-delà de l’inquiétude sectaire, le jeûne inquiète, voire agace certains professionnels de santé. En août 2017, l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN) a tenu à mettre les points sur les i sur la « détox ». « Le jeûne est dangereux pour l’organisme, qui a besoin de toute l’énergie et de tous les nutriments fournis par l’alimentation », martèle-t-elle.

Diminution de la masse musculaire, déficit du système immunitaire, déficiences en énergie, vitamines et minéraux, déséquilibre électrolytique voire décès. Dans son communiqué, l’AFDN liste les dangers du jeûne, a fortiori pour les personnes fragiles : enfants, personnes âgées, malades, femmes enceintes, etc …

Dans la littérature médicale et scientifique, l’Inserm n’a repéré que quatre études menées avec une population-témoin, dont une seule « méthodologiquement bien menée » qui concluait à des effets positifs sur un petit échantillon.

L’Institut national du cancer confirme de son côté à BFMTV.com que les études cliniques menées sur l’Homme sont « peu nombreuses » et de « faible qualité », « pas suffisamment robustes pour conclure à l’intérêt du jeûne au cours des traitements de cancers, ni même en prévention ».

Jeûner avec un cancer, une « pratique pas sans risque »
Attention donc aux modifications drastiques de son régime alimentaire, à plus forte raison quand on est atteint d’un cancer.

« La pratique du jeûne pour les personnes ayant un cancer n’est pas sans risque », appuie l’Institut national du cancer auprès de BFMTV.com. « Du fait de leur maladie et de leurs traitements, ils présentent déjà un risque de dénutrition qui peut être aggravé par la pratique du jeûne », voire nuire à leur pronostic vital.

Pourtant, « on trouve des choses qui vont plutôt dans le sens positif », remarque Bruno Falissard, qui cite une étude publiée en avril 2018. Dans cet essai clinique avec population-témoin, mené sur 34 personnes, le jeûne à court-terme semble « être bien toléré, améliorer la qualité de vie et réduire la fatigue » durant la chimiothérapie. C’est néanmoins une petite cohorte, « et les petits essais on leur fait dire un peu tout ce qu’on veut », songe le professeur.

Un article publié dans la revue BMC Cancer un mois avant l’étude citée plus haut résume bien l’état des recherches sur l’effet du jeûne pendant la chimio : s’il y a une « intuition prometteuse », elle requiert du temps et des efforts pour être validée par des essais cliniques dignes de ce nom.

Une « intuition prometteuse » qui demande confirmation
L’Institut national du cancer recommande pour le moment aux médecins dont les patients jeûnent de leur rappeler que la pratique est à risque, mais de leur proposer une surveillance adaptée par un nutritionniste s’ils persistent. Quant aux jeûneurs en bonne santé, l’AFDN maintient que « la véritable détox, c’est une vie saine et une alimentation équilibrée ».

Et sa commission scientifique de conclure : « Une semaine de randonnée, de baignade, de vélo, en mangeant trois repas équilibrés par jour, exerce tout autant la volonté, procure autant de plaisir voire plus, et est donc beaucoup plus efficace qu’un jeûne ou une cure détox sur la même durée. Et dans ce cas, les bénéfices sont démontrés : perte durable de poids, amélioration de la respiration et du sommeil et, globalement, meilleur équilibre physiologique et psychologique ».

Publié dans Texte Santé

La gonorrhée peut être transmise par un simple baiser avec la langue, selon une étude

La gonorrhéeContrairement à l’idée répandue, cette infection ne se transmet pas uniquement lors de rapports sexuels, ont constaté des chercheurs australiens.

Un simple baiser avec la langue peut suffire pour contracter la gonorrhée, ont révélé des chercheurs australiens dans une étude parue le 9 mai 2019 dans la revue Sexually Transmitted Infections. Cette annonce va à l’encontre de l’idée largement répandue, selon laquelle cette infection, aussi connue sous le nom de blennorragie ou « chaude-pisse », se transmet exclusivement lors de rapports sexuels.

Causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae, cette infection sexuellement transmissible peut infecter les organes génitaux, le rectum et la gorge. Les chercheurs australiens ont étudié les questionnaires remplis par 3000 hommes gays ou bisexuels, dont 6% ont été testés positif pour cette infection. Ils ont constaté que les hommes qui ont embrassé un nombre élevé de partenaires, en ayant ou non un rapport sexuel, ont plus de risques de contracter une blennorragie au niveau de la gorge.

Un bain de bouche en prévention
« Ces données remettent en cause les modes de transmission de la gonorrhée connus depuis 100 ans, où le pénis d’un partenaire est considéré comme la source de l’infection de la gorge », a écrit Eric Chow, l’auteur principal de l’étude, dans un courrier électronique au Washington Post.

Cette nouvelle étude pourrait permettre de mieux comprendre la propagation de cette maladie, et donc d’améliorer les moyens de lutte contre sa transmission. Un enjeu capital alors que le nombre d’antibiotiques efficaces pour guérir de cette maladie est de plus en plus réduit, s’inquiète le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis.

« Nous savons qu’il est peu probable que les gens arrêtent de s’embrasser et notre équipe effectue déjà un essai clinique pour déterminer si l’utilisation quotidienne d’un bain de bouche pourrait prévenir la blennorragie. Si cela fonctionne, ce pourrait être une intervention simple et peu coûteuse pour tout le monde », espère Eric Chow, l’auteur de l’étude.