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Ce qui change en cette rentrée scolaire 2019 au lycée

lycéeLa rentrée, qui repeuple les classes ce lundi, se double cette année d’une réforme majeure du lycée. L’importance et le nombre des changements font craindre une déstabilisation des établissements à certains membres du personnel de l’Éducation nationale.

C’est un sacré virage, ce lundi, tandis que 12,4 millions de jeunes Français accomplissent leur rentrée scolaire, les regards se braquent sur les lycéens, notamment ceux qui intègrent la classe de première première. Car, alors que la réforme des lycées débarque dans les cours en ce début d’édition 2019, ce sont eux qui vont devoir fournir le plus gros effort.

C’est la fin des filières L, S, ES
Le chambardement redessine toute la structure de leur année. En effet, les filières L, S, ES etc … qui encadraient la dernière montée des études secondaires depuis les années 90 disparaissent. Les lycéens devront dès cette année se couler dans le schéma d’un tronc commun de 16 heures, auxquelles s’ajouteront le suivi de trois enseignements de spécialité, puis 1h30 (là aussi hebdomadaire) d’orientation et un enseignement d’option.

Le tronc commun des classes de première se décompose comme suit: 4 heures de français, 3 heures d’histoire-géographie, 0h30 d’enseignement moral et civique, 4h30 de langues vivantes, 2 heures d’éducation physique et sportive, 2 heures d’humanités scientifiques et économiques. Ce tronc commun verra une nouvelle branche pousser en terminale avec l’arrivée de la philosophie, elle aussi déclinée en 4 heures hebdomadaires.

De nouvelles matières apparaissent
Autour de ce tronc commun gravitent les disciplines de spécialité. On en compte 10, les élèves qui entrent en première ce lundi ont dû en retenir 3 à la fin de leur seconde et devront en abandonner une en poursuivant leurs études en terminale. Chacune de ces matières représente 4 heures d’apprentissage en première, et 6 heures en terminale.

Ces dix disciplines, en gardant à l’esprit que toutes ne sont pas présentes dans l’intégralité des établissements, sont : les arts, l’histoire-géographie et sciences politiques,  les humanités, littérature et philosophie, langues et littératures étrangères, mathématiques,  numérique et sciences informatiques, science de la vie et de la terre, sciences économiques et sociales,  physique-chimie.

Le cours permettant de pratiquer le latin et le grec, dont l’intitulé est « littérature, langues et cultures de l’antiquité », a rang d’option. Les élèves de première ont en effet pu prendre une option, facultative, et ceux de terminale pourront lui en adjoindre une supplémentaire.

Les élèves risquent d’avoir des « emplois du temps à trous »
Une nouvelle organisation entraîne nécessairement un nouvel emploi du temps. Or, la part prise par les disciplines de spécialité et la refonte des classes mêlant dorénavant des lycéens au cursus très dissemblables interrogent proviseurs et professeurs. La perspective de plannings « à trous » inquiète particulièrement.

Le syndicat SNES-FSU, qui cumule le plus grand nombre d’adhérents, a ainsi dénoncé : « La mise en place de ‘triplettes librement’ choisies va obliger les lycées à aligner les horaires de nombreuses disciplines, pour permettre des combinaisons diverses. Le résultat ?  Des contraintes très fortes sur l’ensemble des horaires. A la clé, des emplois du temps à trous, sur l’ensemble de la semaine, avec très peu de possibilité de demi-journées libérées ».

Le bac se réforme, avec de nouvelles épreuves dès la première
Au début de l’été 2021, le bac présentera un visage complètement revu et corrigé. Mais dès cette année 2020, les élèves de première essuieront les plâtres. C’est là l’autre grand chantier de la réforme. Le nouveau barème ménageant 40% de contrôle continu en plus des 60% dévolus aux épreuves de français, philosophie, à deux disciplines de spécialité et un grand oral, ils devront se tenir prêts dès cette année.

Mais sur ces 40% de contrôle continu, seuls 10% relèveront de leurs bulletins de première et de terminale. Les 30% restant seront liés à deux sessions d' »épreuves communes », mises en place par les établissements eux-mêmes, c’est-à-dire d’examens portant sur l’histoire-géographie, les langues, les mathématiques et l’enseignement scientifique. Ils testeront les connaissances tirées de l’enseignement de leur troisième spécialité via une troisième session.

La profusion de ces épreuves communes sème là aussi le trouble. « Nous ne voulons pas que nos lycées se transforment en mini-centres d’examens trois fois dans l’année, ce qui nous empêcherait de maintenir les cours pour les classes non concernées par les épreuves », a ainsi posé Philippe Vincent, secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale, auprès de 20Minutes.fr.

De surcroît, l’obligation de faire viser les copies par d’autres professeurs que ceux ayant habituellement la charge des élèves concernés, sans quoi l’anonymat de l’exercice serait en péril, fait craindre des problèmes d’effectifs.

Un comité de suivi est mis en place
Jean-Michel Blanquer a multiplié les rencontres avec les syndicats enseignants ces dernières semaines afin d’assurer le service après-vente de sa réforme du lycée et d’apaiser les tensions avec des professeurs qui ont déposé plusieurs préavis tout au long du mois de septembre. Il a également mis sur pied un « comité de suivi » pour penser d’éventuels aménagements de la réforme.

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Quels sont les dispositif anti-fraude lors du baccalauréat ?

bacMalgré de la prévention, de nombreuses interdictions et moyens de surveillance, en 2018, 528 cas de fraude ont été sanctionnés lors du baccalauréat.

Quels moyens l’Éducation nationale met-elle en place pour lutter contre la fraude lors de cette épreuve notable ?

Parmi les 743.594 inscrits au baccalauréat 2019, certains ont certainement fait l’impasse sur des sujets ou matières, et préparé leurs anti-sèches afin d’éviter la copie blanche le jour J. Sur 753.148 candidats en 2018, 528 cas de fraude ont été recensés et sanctionnés (572 en 2017). Qu’a prévu le gouvernement pour palier les triches cette année ?

Pour prévenir toute fraude, les élèves sont informés dès le début de l’épreuve de ce qu’ils sont autorisés à faire, ou non. « Une notice d’information affichée à la porte de chaque salle d’examen est lue par les surveillants au début de chaque épreuve », explique le rapport 2019 du baccalauréat du ministère de l’Éducation nationale.

Quel est le rôle des surveillants ?
Les surveillants sont chargés de surveiller qu’aucun candidat ne communique avec un autre pendant l’épreuve, n’utilise aucune information, document ou matériel non autorisé par le sujet, et que personne ne s’est substitué à la personne inscrite. Les téléphones, mais également tous les appareils non autorisés, doivent être rangés dans les sacs des candidats.

Si le surveillant est témoin d’une tricherie, « il n’empêche pas le candidat de poursuivre l’épreuve mais saisit les pièces ou matériels qui permettront d’établir ultérieurement la réalité des faits (document papiers…) », explique le site Service-public.

Un procès-verbal est rédigé et « transmis au recteur qui saisit la commission de discipline du bac », qui prendra une décision sur ce cas. En attendant le délibéré de cette commission, l’élève n’aura pas ses résultats et ne pourra pas s’inscrire dans un établissement public d’enseignement supérieur.

Des détecteurs de téléphones depuis 2013
« Depuis 2013, toutes les académies sont équipées de détecteurs de téléphones portables dont le nombre et l’emplacement sont confidentiels », explique le rapport du ministère. « Ce dispositif a pour but de lutter préventivement contre l’utilisation frauduleuse des nouvelles technologies ».

Il ne s’agit pas de brouilleurs d’ondes, mais de moyens de détecter des échanges via un téléphone, alors que son utilisation est formellement interdite, quelle que soit l’épreuve. « Les recteurs sont chargés de répartir les appareils de façon aléatoire dans l’académie et veillent à les faire circuler entre les centres d’examen tout au long des épreuves », explique le ministère de l’Éducation.

Quelles sanctions sont prononcées pour fraude ?

Les sanctions administratives
Au menu des sanctions les moins graves : le blâme (rappel à l’ordre écrit et solennel), la privation de toute mention portée sur le diplôme finalement délivré au candidat admis. Puis viennent: l’interdiction de passer tout examen conduisant à l’obtention du baccalauréat ou du diplôme d’un établissement public post-baccalauréat pour une durée maximum de cinq ans. Le fraudeur avéré peut également être interdit de s’inscrire dans un établissement public de l’enseignement supérieur pour une durée maximum de cinq ans.

Les sanctions pénales
Des sanctions plus lourdes, avec amende et prison, sont aussi possibles en cas de triches plus graves, selon la loi du 23 décembre 1901 réprimant les fraudes dans les examens et concours publics.

Les fraudeurs sont passibles de trois ans de prison et 9000 euros d’amende s’ils communiquent « avant l’examen ou le concours, à quelqu’une des parties intéressées, le texte ou le sujet de l’épreuve, ou bien en faisant usage de pièces fausses, telles que diplômes, certificats, extraits de naissance ou autres, ou bien en substituant une tierce personne au véritable candidat ». Les complices de la tricherie encourent les même peines.

Quelles fraudes sont les plus commises ?
En 2018, 170 interdictions de deux ans assorties de sursis ont été prononcées, d’après les chiffres du ministère de l’Éducation Nationale diffusés ce jeudi, une baisse de 8% par rapport à 2017. 165 interdictions d’un an assorties de sursis (+ 32%). Le nombre de blâmes avait, lui, diminué de 14%, avec 160 blâmes.

Malgré le dispositif des détecteurs de portables, l’utilisation de nouvelles technologies (téléphones portables, lecteur mp3) pour frauder au baccalauréat reste la tricherie numéro une, avec 43,75% des cas en 2018 (40,38% en 2017). Les classiques anti-sèches se placent en deuxième position (31,82% en 2018, 29,54% en 2017).

Plus complexes, les falsifications de dossiers d’épreuves pratiques représentent 11,55% des fraudes (17,66% en 2017). La falsification de copies, « plagiat de documents tel que copie du manuel, copie du cours ou d’Internet », représente 4,17% (1,73% en 2017). Enfin les cas de communication entre candidats restent mineurs : 2,84% des cas en 2018, 4,55% en 2017.

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Parcoursup : du 15 mai au 19 juillet, le calendrier à respecter

A partir de mercredi soir 19h et jusqu’au 19 juillet, les 900.000 inscrits de Parcoursup auront affaire aux listes d’attente, réactualisations et autres changements de vœux.

Parcoursup

C’est à partir de 19h que les jeunes recevront les premières réponses aux vœux inscrits au premier trimestre 2019. Parcoursup, la plateforme d’accès aux études supérieures, dévoile mercredi soir les premières réponses aux vœux des quelque 900.000 candidats inscrits, principalement des lycéens de terminale et des étudiants en réorientation.

Pour faire face à l’afflux de connections, la plateforme ne sera dans un premier temps que « consultable », avant de permettre aux candidats, plus tard dans la soirée, de répondre aux propositions.

Premières réponses à partir du 15 mai
Pour les filières sélectives (IUT, BTS, classes prépa, écoles avec entrée sur concours ou sur dossier, etc …), les réponses mercredi seront : « oui », « non » ou « en attente ».

Pour les filières non sélectives (licences générales), « oui », « en attente » ou « oui si », si l’université considère que le candidat ne possède pas toutes les connaissances et compétences requises. Il est accepté à condition de suivre un parcours d’accompagnement.

Du 15 au 19 mai, les jeunes auront cinq jours (J+4) pour accepter  définitivement ou non refuser ou placer « en attente » la ou les propositions reçues. Les propositions s’actualisant quotidiennement, le délai est ramené à trois jours à partir du 20 mai.

#Parcoursup info,  pour préparer vos réponses à partir du 15 mai :
✅Échangez avec vos professeurs et les conseillers d’orientation
✅Participez aux temps d’échange organisés dans votre lycée cette semaine
✅Posez vos questions au 0800400070 ou sur la boite contact du site pic.twitter.com/874cTxLiMB
— Parcoursup (@parcoursup_info) 13 mai 2019

« Chaque fois qu’un candidat confirmera ou renoncera à une proposition reçue, il libérera des places qui seront ensuite proposées à d’autres candidats », explique le site Parcoursup. « Chaque jour, de nouveaux candidats auront donc de nouvelles propositions. »

L’attente des « en attente »
Après chaque changement sur les listes Parcoursup, les candidats recevront un mail, un sms et une notification sur l’appli dédiée avec le nouveau délai de réponse à chaque fois précisé. A noter que la plateforme sera figée et les délais de réponses suspendus pendant les épreuves écrites du bac (du 17 au 24 juin).

Cette année, les candidats en liste d’attente seront également informés du rang du dernier admis l’an dernier. Une information supplémentaire qui sera affichée pour les licences générales et les prépas, mais pas pour les BTS, IUT, instituts infirmiers (IFSI) et écoles d’ingénieurs et de commerce post-bac.

Réorienter les « non » dès le 16 mai
Pour ceux qui n’avaient demandé que des filières sélectives et n’ont reçu que des « non » mercredi soir, ou dans les semaines qui suivent: les lycéens peuvent demander un rendez-vous, à partir du 16 mai, avec un membre de l’équipe pédagogique de leur établissement, et les étudiants avec le service d’orientation de leur université.

Du 25 au 27 juin : la phase complémentaire
Les personnes n’ayant obtenu que des « non » peuvent formuler de nouveaux vœux pendant cette phase complémentaire pour des formations encore disponibles, et solliciter la commission d’accès à l’enseignement supérieur de leur académie à partir du 6 juillet.

Les personnes ayant encore des vœux en attente doivent les confirmer pendant cette période de trois jours. « Si ce délai n’est pas respecté, vos vœux en attente puis votre éventuelle proposition d’admission, seront considérés comme abandonnés », explique le site Parcoursup.

Un deuxième point d’étape de ce type aura lieu du 6 au 8 juillet. Ces phases permettent de mettre à jour les places disponibles dans les différentes écoles.

Inscriptions dans les établissements
Ceux qui ont accepté de manière définitive une proposition d’ici le 15 juillet devront ensuite s’inscrire dans l’établissement avant le 19 juillet (fin de la phase principale).

Du 17 au 19 juillet 2019, « si vous avez accepté une proposition en maintenant un/des vœu(x) en attente, vous devrez dans la période définie, confirmer votre choix d’inscription dans la formation acceptée. »

Pour les autres, les inscriptions doivent s’effectuer avant le 27 août. L’an dernier, les inscriptions clôturaient fin septembre, trop tard pour que les places vacantes puissent profiter à quiconque.

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Comment devenir journaliste malgré la crise ?

journalisteDans un contexte de crise de confiance envers les journalistes, et surtout de crise que traversent les grands médias, ce métier continue de séduire les jeunes.

Mais comment peut-on devenir journaliste ?  En quoi consiste le métier ?  Quel est le salaire des débutants ?  Quelles sont les meilleures écoles ?  Comment trouver son premier poste ?   Le Figaro Étudiant vous donne les pistes à suivre.

Si journaliste fait partie des métiers les plus détestés des Français, et des professions qui recrutent le moins, ce métier attire paradoxalement toujours autant les jeunes. La preuve, le dernier concours de l’IJBA Bordeaux a attiré 913 candidats pour seulement 36 places, soit 3,9 % de réussite seulement. Élise Lucet, la célèbre présentatrice de «Cash Investigation» et d’«Envoyé Spécial» ou David Pujadas, aujourd’hui présentateur sur LCI font toujours rêver. En 2018, selon l’Observatoire des métiers de la presse, on comptait 35 297 journalistes en France. 57,7% des journalistes travaillent en presse écrite, 16,7 % en télévision, 9,7% en radio et 9,1% en agence de presse.

La création de newsrooms a provoqué un appel d’air
La presse écrite reste le secteur dominant parmi les cartes de presse. Mais la crise qui sévit dans de nombreux journaux a des conséquences. Le nombre de cartes de presse est, en 2018, en baisse de 0,4 % par rapport à 2017. «On a connu beaucoup de regroupements de titres de presse ainsi que des plans sociaux parmi les gros titres, donc, oui, forcément, la crise a un impact sur le nombre de journalistes», affirme Claude Cordier, vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. «Toutefois, la création de newsrooms (salles de presse web) a provoqué un appel d’air», souligne Julie Joly, directrice du CFJ, qui souligne que ses diplômés trouvent tous du travail à l’issue de leurs études.

Quel métier ?
«La plus belle définition du métier de journaliste est celle d’Albert Londres : «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie». Le journaliste a pour principale mission d’informer le public. Le reporter recueille une nouvelle et la vérifie. Doté d’une grande réactivité, il est à l’affût de l’actualité. Une fois la nouvelle récoltée, il croise ses sources afin de mettre à la disposition de son public une information fiable. Il cisèle ensuite son écriture pour rendre le message accessible au lecteur et choisit un angle d’attaque original, susceptible de l’attirer. «Mais comme l’explique Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire du Figaro, être journaliste, c’est aller plus loin que la «petite phrase», et expliquer le sens des petits et des grands silences, c’est aller auprès des gens, raconter leur vie non pas comme nous l’imaginons mais comme ils la vivent. C’est douter à chaque instant de ce qu’on nous dit, en n’oubliant jamais que rien n’est pire que de se faire instrumentaliser sans s’en rendre compte».

«Le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses clairs et ses obscurs»
Pour Charles Haquet, grand reporter au service étranger de L’Express, «un journaliste décrit la réalité, telle qu’il la perçoit. Il apporte à ses lecteurs des clés de compréhension du monde, en essayant d’être le plus objectif possible, et de donner la parole à toutes les parties. Affranchi des pouvoirs, le journaliste donne un éclairage indépendant, c’est le garant de sa crédibilité. En reportage, le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses contrastes, ses clairs et ses obscurs. Le journaliste joue aussi un rôle de contre-pouvoir».

Le journaliste peut travailler pour la télévision, la radio, une agence de presse, un journal papier ou un site web. Ce métier recouvre un large panel de fonctions, allant du journaliste reporter d’images (JRI), au journaliste radio, en passant par le secrétaire de rédaction et par l’agencier. Le JRI (journaliste reporte d’image) réalise des reportages pour la télévision ou le web. Le journaliste radio doit avant tout avoir une bonne voix, une bonne diction. Quant au secrétaire de rédaction (SR), il relit et corrige les papiers des rédacteurs, destinés au print, c’est-à-dire à la presse papier. Il est un maillon essentiel de la chaîne. L’agencier, lui, travaille au service d’une agence de presse. Autrement dit, il travaille dans un organisme qui recueille des informations et les vend aux médias. Ainsi, ces derniers obtiennent des informations sur des pays dans lesquels ils n’ont pas assez ou pas du tout de journalistes et peuvent informer leurs lecteurs en temps réel.

Internet a transformé le métier de journaliste
L’arrivée d’Internet dans les années 2000 a bouleversé le métier de journaliste. Les journalistes d’aujourd’hui doivent être plus réactifs, écrire rapidement avec des titres plus accrocheurs. Les médias usent des réseaux sociaux afin de partager leur contenu et d’augmenter leur audience. Jean Bernard Litzler, journaliste au Figaro Immobilier, est témoin de cette évolution. «Le web offre plus de liberté, de souplesse que le papier mais j’avais choisi la presse écrite pour avoir un temps de recul. Maintenant, c’est fini. Le web c’est la tyrannie du temps réel», assène-t-il. Un journaliste peut se spécialiser dans divers domaines dont le sport, l’économie, la culture ou encore la politique. «Dans mon cas, être journaliste c’est expliquer de manière pédagogique la fabrique de la loi et ses conséquences sur le quotidien des Français», explique Delphine Girard, journaliste à Public Sénat, chaîne de télévision politique et parlementaire.

La carte de presse permet d’entrer dans les tribunaux
Le statut de journaliste donne droit à une carte de presse, renouvelée tous les ans et attribuée par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Elle certifie que l’individu exerce en tant que journaliste. «La carte de presse est un outil de travail, qui permet d’entrer dans les tribunaux, le palais de justice ou les ministères, par exemple. Elle donne des accréditations pour couvrir des manifestations officielles. C’est aussi un outil de protection qui permet aux journalistes de passer les checkpoints (frontières), en temps de guerre. En tant qu’outil social, elle permet de voir son ancienneté professionnelle reconnue au sein de son entreprise. Cet outil professionnel établit également que l’on est journaliste», définit Claude Cordier vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. La carte de presse permet aussi au journaliste d’obtenir une entrée gratuite dans les musées nationaux. Elle offre enfin à son bénéficiaire des avantages fiscaux. Chaque journaliste peut ainsi déduire de ses revenus imposables une somme plafonnée à 7650 euros.

60 ans de journalismeLa profession a toutefois perdu de son prestige, et avec le web, les conditions d’exercice sont beaucoup plus rudes que par le passé, comme le souligne le plus vieux journaliste de France, Philippe Bouvard, qui a connu la presse des années 50. «Seuls les détenteurs d’une véritable vocation ne cherchent pas plus loin que la fonction qui consiste à servir d’intermédiaire entre l’actualité et le consommateur d’informations. Pour le statut social, ils repasseront car il y a belle lurette que, même en province, les journalistes ont cessé d’être considérés comme des notables», écrit-il dans son ouvrage Je crois me souvenir… , 60 ans de journalisme (Flammarion).

Les plus du métier : Cette profession est véritablement exaltante. Exit le quotidien morose et répétitif. Le journaliste découvre sans cesse de nouveaux visages et des paysages inconnus. «J’aime m’intéresser au quotidien des autres», explique Johan, tout juste sorti du CUEJ Strasbourg. Marguerite, étudiante en dernière année à l’EjT, rejoint Johan sur cette impression de découverte permanente. Elle apprécie de faire de nouvelles rencontres. «L’avantage de ce métier pour moi, qui suis surtout intéressée par la culture, c’est qu’on a accès aux coulisses et à un nombre insensé de choses auxquelles le grand public n’aura jamais accès», s’extasie-t-elle. C’est également un métier stimulant d’un point de vue intellectuel. Le journaliste ne cesse d’apprendre des nouvelles choses. Il peut aussi retirer la satisfaction d’apprendre quelque chose à son public, qu’il soit auditeur, téléspectateur ou lecteur.

Les moins du métier : Ce métier est prenant, voire chronophage. Charles Haquet, de L’Express, reconnaît que son métier est difficilement compatible avec une vie de famille : «Dans mon cas, je voyage fréquemment, ce qui implique une charge de travail plus importante pour ma femme qui doit s’occuper des enfants lorsque je suis parti. Et puis, les dîners annulés en cas de départ précipité, les week-ends passés à l’étranger, le décalage horaire au retour : toutes ces contraintes demandent beaucoup de compréhension de sa part», avoue-t-il.

En effet, le journaliste ne compte pas ses heures. Il doit être prêt à travailler le week-end et les soirs de semaine. En radio, les matinaliers doivent être prêts à se lever à 4 heures du matin. De même, comme le souligne Marguerite, élève de l’EJT, l’actualité est imprévisible. Il n’est donc pas aisé de s’organiser. Enfin, autre inconvénient, c’est un travail qui peut être précaire. À la sortie de l’école, les jeunes diplômés trouvent rarement un CDD ou un CDI et ont souvent le statut de pigiste.

Quel profil ?
Il n’y a pas un seul profil type pour devenir journaliste. «À partir du moment où la personne est curieuse, passionnée, désireuse d’apprendre et de transmettre, ce métier est ouvert dans l’absolu», constate Pierre Ginabat, directeur de l’EJT. «Nous avons dans l’école aussi bien des «geeks» (passionnés d’informatique NDLR), que des littéraires, des passionnés d’actu. Mais ils ont un point commun, la curiosité et la volonté de transmettre l’information», complète Julie Joly, directrice du CFJ. Cette profession nécessite toutefois certaines qualités: une solide culture générale, un esprit critique prononcé, une certaine «originalité», selon Johan, et un goût pour le contact humain. Il est également préférable de maîtriser plusieurs techniques de réalisation : l’écriture, la photo et la vidéo. C’est un métier ouvert aux femmes. D’ailleurs, la profession se féminise de plus en plus. En effet, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels relève 47% de femmes et 53% d’hommes parmi les détenteurs de la carte de presse en 2018.

Quel âge ?
Il n’y a pas d’âge pour être journaliste. Toutefois, en ce qui concerne les études de journalisme, c’est différent. Certaines écoles imposent une limite d’âge aux candidats. Pour postuler au CFJ Paris, par exemple, il faut être âgé de moins de 26 ans au 31 décembre de l’année du concours, sauf si la direction accorde une dérogation.

Quel bac ?
Si les étudiants qui se destinent à des études de journalisme suivent un bac général, il n’est pas obligatoire de faire un bac littéraire. Certains cursus sont accessibles dès le bac mais la plupart exigent un bac+3 minimum ainsi que des stages dans des médias.

Quelles études ?
Aucune formation spécifique n’est obligatoire pour devenir journaliste. Toutefois, le fait de faire une école de journalisme permet de trouver plus facilement du travail. «L’étudiant va découvrir ses atouts, apprendre aux côtés de journalistes confirmés, occupera tous les postes d’une rédaction, participera à des concours organisés par de grands médias. Ce qui lui permettra de se faire repérer, et de faciliter son insertion professionnelle», expose Julie Joly du CFJ.

Il existe deux types d’écoles de journalisme. Les plus convoitées sont les 14 écoles reconnues par la profession, ce sont les écoles qui répondent aux critères de la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes).

Les écoles publiques reconnues : Parmi les écoles, certaines sont publiques: l’école de journalisme de Sciences Po, l’IUT de Lannion, l’IUT de Nice, l’EPJT de Tours, le CUEJ de Strasbourg, le Celsa de Paris, l’EJDG de Grenoble, l’IFP Paris, l’IJBA de Bordeaux et l’EJCAM de Marseille.

Les écoles privées reconnues : D’autres formations, à l’instar du CFJ Paris, de l’EJT Toulouse, de l’ESJ Lille ou de l’IPJ Paris sont privées. L’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille est considérée comme la meilleure école, à l’échelle nationale, selon le classement des meilleures écoles de journalisme du Figaro Etudiant réalisé en 2018.

Ces écoles sont le plus souvent accessibles sur concours après un bac +3. Aucune licence n’est privilégiée. Certains font une classe préparatoire (littéraire, économique voire scientifiques), ou une licence d’histoire de sciences politiques ou un IEP (Institut d’études politiques). «La base, c’est de s’intéresser énormément à l’actualité et aux autres. Pour cela, on peut faire de la littérature, des maths, des sciences, de l’histoire, du droit, de l’économie», insiste Pierre Ginabat, directeur de l’École de journalisme de Toulouse. À titre d’exemple, Jean-Bernard Litzler, journaliste au Figaro immobilier, a suivi des études à l’IEP Strasbourg avant d’entrer au CFJ Paris.

Des prépas en journalisme existent pour se préparer aux concours (moins de 5 % de réussite). L’ESJ Lille propose, par exemple, la prépa égalité des chances. Il s’agit d’une préparation aux concours des écoles de journalisme ouverte à de jeunes boursiers. Ipésup propose une formation spécialisée aux sept meilleures écoles de journalisme, à raison d’une demi-journée hebdomadaire de cours pendant quatre mois. Depuis 2017, le CFJ s’associe à l’école W pour proposer une préparation aux concours de journalisme.

Toutefois, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues restent minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Que valent les écoles non reconnues ?
Beaucoup sortent d’écoles non reconnues. On peut citer, de manière non exhaustive le CFPJ, l’ESJ Pro, l’IEJ Paris, l’ISCPA, l’ISFJ, Studio école de France, HEJ, EFJ à Levallois. D’autres sortent de l’université lesquelles proposent des formations professionnelles comme le master 2 métiers du journalisme de l’Université de Montpellier par exemple, ou le master journalisme de l’Université de Cergy-Pontoise. Moins sélectives que les écoles reconnues, elles permettent néanmoins aux meilleurs éléments d’intégrer des rédactions nationales. À titre d’exemple, Adrien Renouard vient de signer un CDI à l’édition premium du Figaro, à 26 ans, après avoir fait une licence d’histoire puis un master de journalisme à l’Université Catholique de Lille, cursus non reconnu par la profession. Il enrichit des articles et les met en valeur.

Toutefois, encore aujourd’hui, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues sont minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Combien coûtent les études ?
Lorsque l’école est publique, les élèves paient des droits universitaires. Il faudra compter 4 500 euros par an pour l’ESJ Lille, une école privée, par exemple. Les frais de scolarité de l’EJT Toulouse, école privée elle aussi, s’élèvent à 4 250 euros par an, en première et en deuxième année, et à 3 000 euros en dernière année. Pour l’IJBA Bordeaux,école publique, les frais d’inscription universitaires sont appliqués, soit environ 256 €. Pour l’ESJ Paris, cursus non reconnu, il faut payer 6 000 euros par an environ.

Comment trouver son premier job ?
Il n’est pas aisé pour les journalistes débutants de s’assurer une situation stable. Pour se faire remarquer positivement, Pierre Ginabat recommande vivement de se montrer appliqué et rigoureux. «Un journaliste impliqué, sur qui on peut s’appuyer et avoir confiance se démarquera du lot», assure-t-il.

Delphine Girard, de Public Sénat, conseille de «tout lire, les journaux, les hebdos, des romans. S’informer tout le temps. Il faut s’accrocher car le métier n’est pas facile et la précarité reste la règle avec beaucoup de CDD ou de piges mais c’est un métier formidable avec une actualité toujours surprenante».

Charles Haquet, grand reporter à L’Express, recommande de s’entraîner à la manière d’un sportif. «C’est un métier «artisanal», qui demande de la répétition. Il faut travailler ses gestes: apprendre à poser des questions, à mettre à l’aise ses interlocuteurs, à bien préparer ses interviews, à travailler son plan, à bien travailler ses «accroches», à voir comment font les autres, à enrichir son vocabulaire et à réfléchir en permanence à sa pratique», affirme-t-il. Il encourage les jeunes journalistes à ne jamais cesser d’y croire.
Faire jouer son réseau

Le jeune diplômé peut également envoyer des idées de sujets à des rédacteurs en chef afin que ceux-ci puissent leur proposer de piger pour leur média. Si un journaliste souhaite postuler à une offre ou bien soumettre une candidature spontanée, il doit envoyer un CV, bien sûr, mais il ne doit pas hésiter à insérer des liens vers ses publications. Le recruteur sera ainsi à même d’évaluer les productions du candidat.

Faire jouer son réseau, construit lors de l’école de journalisme, est aussi indispensable. Outre les groupes réservés aux étudiants des écoles, des groupes Facebook, comme «Réseau journalistes et médias: offres d’emploi, de piges, de collaborations» ou «Emplois dans la presse.com» ou encore «Entre2piges.com» permettent de publier des offres d’emploi.

Difficile de le nier : le métier se précarise. D’après l’Observatoire des métiers de la presse, il y a 10 ans, les CDI représentaient la plus grande part du total des premières demandes de cartes de presse, élément servant à prouver l’activité de journaliste. Aujourd’hui, ce sont les pigistes rémunérés à l’article, au reportage ou à la photo qui sont en tête (37,2%). Les CDD représentent 34,1% des nouvelles demandes de cartes et les CDI, 28,3%. Paradoxalement, le chômage est faible. Et seulement 1350 cartes chômeurs ont été attribuées en 2018 (3,82 % des journalistes). Elles sont accordées à des journalistes titulaires de la carte de presse mais qui sont au chômage. La particularité de ce métier est qu’un journaliste qui perd son travail peut toujours travailler comme pigiste.

Quel salaire ?
Selon l’Observatoire des métiers de la presse, le revenu médian brut mensuel des journalistes en CDI, en 2017, était de 3 591 euros brut. Les CDD gagnaient 1 954 euros. En ce qui concerne les pigistes, ils avaient un revenu médian de 2 000 euros.

Selon la grille des salaires publiée par le SNJ (syndicat national des journalistes), dans un quotidien parisien, la pige est payée 66,98 € le feuillet (1500 signes), un rédacteur stagiaire (diplômé d’une école agréé par la profession, embauché mais pas encore titulaire de la carte de presse) 2162, 62 € brut, un chef de service 3541,32 € par mois, un rédacteur en chef adjoint 4517,25 €, un rédacteur en chef 5430 , 49 €.

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Parcoursup : des progrès mais peut mieux faire

ParcoursupLes lycéens qui pouvaient s’inscrire sur Parcoursup jusqu’à hier, ont jusqu’au 4 avril pour compléter leur dossier d’admission post-bac.

Dans cette version 2 de la plate-forme, de nombreuses améliorations ont été apportées. Détaillées par son chef de projet, Jérôme Teillard à Challenges, elles présentent encore quelques failles.

Ça y est, depuis hier soir, les inscriptions dans Parcoursup sont closes. Les 680 000 lycéens en Terminale inscrits sur la plateforme d’admission post-bac ont désormais jusqu’au 4 avril pour peaufiner leurs candidatures, compléter leur dossier et confirmer leurs vœux.

Avant que les formations, facs, prépas et autres IUT les classent. La procédure a été nettement améliorée par rapport à l’an dernier, où les élèves avaient essuyé les plâtres d’une réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, menée tambour battant. Il fallait bien mettre fin au scandale du tirage au sort qui prévalait dans la procédure précédente, APB. Résultat, la première année d’exercice de Parcoursup, sans catastrophe, avait tout de même révélé quelques gros défauts. Que le gouvernement s’est attelé à corriger ou pas.

Un calendrier raccourci et accéléré
D’abord, sur le déroulé du calendrier et le stress généré. La ministre de l’Enseignement supérieur avait prévenu : elle ne veut pas d’une hiérarchisation des vœux, meilleure moyen, d’après elle, pour éviter l’autocensure des élèves. Ce choix, politique, a un prix : la lenteur du processus d’admission, le temps que chaque élève qui se voit proposer une formation décide, oui ou non, de l’accepter, temporairement ou définitivement, libérant alors des places dans les autres formations souhaitées.

L’an dernier, la procédure durait jusqu’au 5 septembre. Elle est cette année avancée au 19 juillet. Les délais de réponse des élèves sont également raccourcis, de 5 à 3 jours, dès le 3 mai (au lieu du 26 juin l’an dernier). Et des points d’étape sont imposés, après les écrits du bac, le 25 juin, et après les résultats du bac, le 6 juillet, pour « aider le jeune à la décision ». Pour précipiter encore les choses, un bouton d’acceptation définitive sera ajouté dans la plateforme. Et un répondeur automatique sera mis à disposition des élèves qui ne souhaitent pas subir le stress de la consultation quotidienne de Parcoursup pour connaitre l’évolution, ou non, de leurs candidatures.

« A partir du 25 juin, les élèves pourront classer leurs vœux restants en attente afin que la plateforme leur attribue automatiquement leur souhait préféré au gré des réponses des formations. Bien sûr, c’est une faculté, pas une obligation », explique Jérôme Teillard, le chef du projet Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur. Il le reconnait : l’an dernier, le mois d’août avait créé un mois d’attente et de stress inutile pour des dizaines de milliers de jeunes puisqu’au 31 juillet 2018, 97 % des candidats de la phase principale avaient déjà reçu la proposition d’admission qu’ils allaient accepté à la clôture de la procédure, le 5 septembre.

Il ne servait donc à rien à tous ces jeunes de consulter leur profil, d’espérer et d’angoisser. On peut encore regretter que le ministère n’ait toujours pas cru judicieux d’intégrer une vraie obligation de hiérarchisation des vœux, seule véritable garantie de vélocité du système de « matching ». La star internationale de l’économie, Ester Duflo s’en étonnait l’an dernier : « C’est un moyen extrêmement efficace puisqu’il assure de maximiser la satisfaction des usagers, et ce, quasiment instantanément » Et un expert ajoute : « Il n’y a qu’en Mongolie intérieure que l’on procède de cette façon »

La non-discrimination, encore en question
Ensuite, promesse avait été faite d’assurer une plus grande équité sociale et géographique. Le ministère s’en félicite souvent : « Contrairement au sentiment qui a pu être ressenti, il n’y a pas eu de discrimination. » Et d’appuyer son affirmation sur quelques chiffres répétés en boucle : « +21% de boursiers admis dans l’enseignement supérieur. Et +65% de candidats de l’académie de Créteil ont reçu une proposition à Paris intra-muros. » Mais sur ces deux points, ultra-sensibles et pour lesquels le ministère avait mis en place des quotas, le Comité d’éthique et scientifique de Parcoursup, dans son rapport sorti discrètement fin janvier, est plus nuancé : les comptes ne sont pas si bons.

Concernant la mobilité géographique, en Ile-de-France en particulier, où le problème est central, « l’objectif affiché de favoriser une plus grande mobilité géographique au sein de l’espace francilien n’a pas été réellement atteint. » Les admis de Créteil à Paris sont en nombre équivalent entre 2017 et 2018. Et « comparer les propositions reçues dans Parcoursup à celles reçues dans APB pose un problème » car APB ne formulait en tout et pour tout qu’une seule proposition à chaque candidat. « Le chiffre de +65% n’a donc aucun sens » s’énerve un spécialiste. Sans le reconnaître formellement, la ministre Frédéric Vidal a tout de même décidé de désectoriser l’Ile-de-France afin que tous les candidats des trois académies franciliennes puissent postuler à égalité dans toutes les formations d’Ile-de-France, y compris les plus prisées dans Paris.

70% des facs n’ont pas joué le jeu des quotas de boursiers
Mais dans ce nouveau cas de figure, le risque est grand de voir les facs parisiennes attirer tous les meilleurs profils de toutes les académies, laissant les universités de banlieues avec les candidats les moins prometteurs. « Il aurait fallu accompagner cette décision d’un accent fort porté sur les quotas de boursiers imposés aux formations. Ce qui n’est pas le cas », regrette un expert.

D’autant que sur ce deuxième point non plus, les bienfaits de Parcoursup ne sont pas univoques. Là encore le Comité éthique et scientifique de Parcoursup a analysé la procédure passée. Malgré le bon résultat global évoqué au ministère (+21%), sa conclusion est plus sévère : « 70% des formations non sélectives ont appliqué un quota de boursiers inférieur à leur proportion parmi les candidats » ! Le comité a même réalisé une étude plus poussée sur les licences de Droit en Ile-de-France, et Paris 1 (Panthéon Sorbonne), Paris 2 (Assas) et Paris 5 (Descartes) sont particulièrement chiches en la matière.

Jérôme Teillard l’assure : « La ministre a clairement donné mandat aux recteurs de travailler en concertation avec les formations en vue d’augmenter la mobilité sociale qui découle de la procédure. » Ils ont jusqu’au 5 avril pour se concerter avec les formations et négocier les quotas de boursiers qui ne seraient plus seulement indicatifs, mais un plancher en-deçà duquel les facs ne pourront pas aller. D’autant moins que le résultat, public, « sera rendu plus accessible aussi ».

L’anonymat des dossiers : un progrès insuffisant
En attendant d’en voir la couleur, et pour répondre au « sentiment d’injustice perçu », Frédérique Vidal a donc accepté un autre ajustement de Parcoursup : l’anonymisation des dossiers de candidature. « Les nom, prénom, âge et adresse seront rendus anonymes dans Parcoursup », précise Jérôme Teillard. A quelques exceptions près. Et un impact très relatif. « C’est une mesure symbolique, qui n’aura pas beaucoup d’effet, confiait au Monde Frédéric Dardel, président de l’université Paris-Descartes. On ne prenait déjà pas en compte ces quatre données personnelles dans l’examen des candidatures. »

Surtout, le lycée d’origine demeurera visible ! « Nous assumons pleinement que l’examen des dossiers se fonde sur des éléments personnels. Or, le lycée d’origine permet d’apprécier l’environnement dans lequel un élève a évolué », explique Jérôme Teillard. Les lycéens du 9-3, eux, ne s’en trouvent pas très rassurés. Et les syndicats étudiants hurlent à l’arnaque. Mais, pour l’heure, le ministère n’ira pas plus loin.

La transparence accrue …
Enfin, l’amélioration a porté sur la transparence du système. APB n’était pas franchement transparent. L’algorithme qui agissait, sans intervention humaine, derrière cette appellation, n’avait jamais été rendu public. Contrairement à celui de Parcoursup. Il y avait par ailleurs des règles non officielles qui avaient rendu APB injuste pour les non-initiés. Il fallait, par exemple, demander six licences en fac pour espérer être accepté dans l’une d’entre elle.

Encore fallait-il le savoir, avec Parcoursup, le progrès est net : chaque filière a publié des attendus. Mais assez flous et généraux, le ministère a exigé des établissements cette année qu’ils précisent aussi leurs « critères d’examen des vœux ». C’est mieux, mais encore très général. Sans surprise, le lycée Louis-le-Grand requiert pour sa prépa scientifique « un excellent niveau en mathématiques, physique et chimie ». Et précise aussitôt : « Mais le niveau dans les autres matières est aussi examiné avec soin. » Sans compter « l’autonomie », « la motivation », « la qualité de rédaction » …

Mais il s’agit d’une filière officiellement sélective et qui n’a jamais auparavant précisé ses critères d’évaluation. C’est donc un progrès. Mais, alors qu’elles ne sont pas sélectives, les facultés publiques, aussi, ont établi des critères d’évaluation. Car, avec Parcoursup, il s’agit de dire aux candidats, s’ils sont « adaptés » à la formation briguée. C’est aussi, pour les filières très demandées, ou la demande est supérieure à l’offre, une façon d’annoncer les éléments qui permettront aux facs de faire leur tri. Sauf que, là encore, ces critères sont très élémentaires. Pour la très prisée licence de Droit à Paris 2 (Assas), il est indiqué : « Pour l’examen du vœu du candidat, sont notamment prises en compte les notes de première, de terminale, des épreuves anticipées du baccalauréat et pour les candidats en réorientation, les notes également du baccalauréat (ou de son équivalent) et de l’enseignement supérieur. »

Puis : « Les notes examinées lorsqu’elles font partie des enseignements suivis sont notamment les notes de français, de philosophie, d’histoire géographie, d’anglais et de mathématiques. » Or, le ministère avait bien assuré que les notes ne pourraient servir, seules, à classer les élèves. On reste donc dans le flou le plus total.

… mais pas jusqu’au bout
Le ministère, comme les universités bien en peine de devoir se justifier, se réfugie derrière « le secret des délibérations d’un jury ». Mais le Défenseur des droits, saisis de cette question par quelques parlementaires et syndicats d’étudiants, n’est pas convaincu. Et l’a fait savoir dans un tonitruant avis, fin janvier. Le tribunal administratif de Guadeloupe aussi a jugé l’argument insuffisant, dans une décision communiquée à l’Université des Antilles du 5 février.

« Notre lecture de la loi a été confirmée par la CADA et la CNIL. Le Tribunal administratif de Guadeloupe a pris une décision et un pourvoi en cassation a été formé par l’université des Antilles. L’affaire est désormais entre les mains du Conseil d’Etat qui dira le droit », indique Jérôme Teillard. Qui insiste : « Nous répondons par ailleurs à cette question par un nouveau droit garanti par la loi ORE du 8 mars 2018 que nous avons ouvert aux candidats déçus : l’obligation faite aux formations de justifier leur décision auprès de tout candidat qui le demanderait. » A l’en croire, ils étaient très peu nombreux à le réclamer l’an dernier. Et seulement 13 recours ont été déposés auprès des tribunaux.

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Parcoursup : le Défenseur des droits demande plus de transparence sur la procédure d’affectation

parcoursupIl se dit « favorable à l’idée d’anonymiser les candidatures déposées dans Parcoursup afin que le lieu de résidence ne soit pas visible ».

Parcoursup est une nouvelle fois critiqué, le Défenseur des droits épingle le dispositif, lundi 21 janvier. Il réclame davantage de transparence sur la procédure d’affectation des étudiants et souhaite des progrès sur « la prise en compte des étudiants en situation de handicap ».

Jacques Toubon souhaite que soient rendus publics « les critères de tri précis utilisés dans chacune des formations  et pour la première fois dans les universités pour classer les millions de candidatures des futurs bacheliers », note Le Monde.

La question du lycée d’origine
Le Défenseur des droits « rappelle que le recours au critère du lycée d’origine pour départager les candidats peut être assimilé à une pratique discriminatoire s’il aboutit à exclure des candidats sur ce fondement ». Il se dit « favorable à l’idée d’anonymiser les candidatures déposées dans Parcoursup afin que le lieu de résidence ne soit pas visible ».

« Tant que la transparence ne sera pas faite sur ces critères, on ne lèvera pas le profond sentiment d’injustice ressenti par les lycéens des quartiers populaires », a déclaré au Monde Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, l’un des élus qui a saisi le Défenseur.