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Facebook continuera de collecter vos données, mais vous pourrez les anonymiser

facebookUne semaine après un énième scandale, Facebook dévoile de nouveaux outils pour permettre de gérer ses données personnelles. Sont concernées les informations collectées sur des sites tiers et utilisées pour proposer de la publicité ciblée aux annonceurs.

Après une longue période marquée par les scandales, Facebook entend redorer son image. Le réseau social a dévoilé lundi une nouvelle fonctionnalité pour permettre à ses utilisateurs de contrôler les données récupérées par le groupe en dehors du réseau social.

L’annonce intervient moins d’une semaine après de nouvelles révélations sur les pratiques de Facebook, qui a reconnu avoir retranscrit les écoutes d’extraits sonores de conversations de certains usagers, alors que la plateforme a longtemps nié agir de la sorte. Les nouveaux réglages de confidentialité seront lancés dès mardi en test en Irlande, Espagne et Corée du Sud avant un déploiement mondial « dans les prochains mois ».

Les données récoltées sur des sites tiers
Avec cette nouvelle fonctionnalité, le groupe explique vouloir « redonner le contrôle » de leurs données à ses utilisateurs. En pratique, ces derniers pourront désormais décider si les informations récupérées par Facebook auprès d’applications ou de sites internet tiers qu’ils consultent, peuvent être ou non liées à leur compte sur le réseau social.

Le groupe américain pioche des données un peu partout (sur des plateformes de commerce électronique, des applications, ou même sur des sites de presse), via les outils que Facebook met à disposition des entreprises pour la publicité, le décompte du trafic ou encore les recherches de produits.

Les données récoltées comprennent notamment le type d’appareil utilisé, sa marque et son emplacement géographique: de quoi permettre à Facebook de proposer ensuite de la publicité ciblée aux annonceurs, vendue plus bien plus cher et source cruciale de revenus pour le réseau social.

C’est par ce biais qu’en cherchant une paire de baskets sur un site de shopping en ligne, un utilisateur voit ensuite les produits qu’il vient de consulter apparaître sous la forme de publicité sur son Facebook.

Des données anonymisées
Facebook ne peut évidemment pas se priver de ces données précieuses qui constituent une véritable mine d’or. La plateforme a donc décidé de ruser : les données continueront d’être collectées, mais elles seront anonymisées.

« Ce procédé nous permettra de continuer à faire des statistiques sur les interactions publicitaires par exemple, mais sans savoir » qui sont les personnes concernées, a précisé Stephanie Max, chef de produit en charge du développement de la fonctionnalité. L’entreprise vante volontiers les efforts nécessaires qu’il a fallu fournir pour dissocier les données d’un profil Facebook, en particulier d’un point de vue technique.

« Nous avons dû changer une partie de notre architecture pour pouvoir créer cette fonctionnalité, construire de nouvelles infrastructures (de réseau, ndlr) afin d’avoir la possibilité de décorréler les données du compte », s’est vantée Stephanie Max. « C’est une première dans l’industrie ».

Facebook dans la tourmente
L’enjeu est de taille pour Facebook : pendant très longtemps, le réseau social a défendu le principe d’une transparence totale au sujet de la vie de ses utilisateurs. Son fondateur Mark Zuckerberg expliquait même en 2010, lors d’une interview accordée au site TechCrunch, que la vie privée était un concept dépassé.

Mais le groupe est désormais soumis à une attention toute particulière, notamment de la part des gouvernements, tant aux États-Unis qu’en Europe, concernant la gestion des données personnelles de ses utilisateurs. Surtout depuis le scandale Cambridge Analytica survenu en mars 2018.

Facebook a été condamné fin juillet à une amende record de 5 milliards de dollars par la FTC, l’autorité américaine de régulation des communications, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs. Longtemps opposé à une régulation d’internet, le fondateur et PDG de Facebook a viré de bord fin mars, appelant les États à mettre en place une réelle régulation et estimant notamment que le Règlement européen de protection des données (RGPD) entré en vigueur en mai 2018 pouvait servir de référence en la matière.

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A quoi s’attendre après la démission du chef du gouvernement en Italie ?

italieL’Italie se retrouve sans gouvernement et dans l’incertitude après la démission du Premier ministre Giuseppe Conte, ce mardi. La coalition populiste de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 Étoiles vole en éclat après 14 mois de cohabitation.

En annonçant son intention d’aller « voir le président de la République pour lui présenter sa démission ce mardi, Giuseppe Conte a fait éclater le 65e gouvernement de la République italienne, né en juin 2018. L’Italie se retrouve ainsi sans gouvernement, ce qui ouvre la voie à plusieurs jours de consultations afin de former un nouveau gouvernement.

Lors de cette annonce, Giuseppe Conte a lancé un virulent réquisitoire contre Matteo Salvini. Dans son discours à charge, Giuseppe Conte a qualifié le vice-président du conseil italien et ministre de l’Intérieur d' »irresponsable », et l’a accusé de faire « courir de graves risques au pays ». Conte a enfin dénoncé l’appel Salvini à ce qu’on lui donne « les pleins pouvoirs », une expression rappelant le régime fasciste de Mussolini, se disant également « préoccupé » de voir le leader des souverainistes appeler ses partisans à « descendre dans la rue » pour le soutenir.

Sergio Mattarella aux manettes
Plusieurs hypothèses se dessinent désormais. Des pourparlers vont devoir débuter entre les différentes positions politiques parmi lesquelles le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate, en vue de former une nouvelle coalition.

Le président de la République, Sergio Mattarella, est désormais l’homme de la situation. C’est lui qui va devoir lancer des consultations pour explorer la possibilité d’une nouvelle majorité, puisqu’il est chargé de vérifier la viabilité de toute nouvelle coalition gouvernementale. S’il juge qu’aucune majorité solide n’existe pour gouverner, il pourrait décider de convoquer rapidement de nouvelles élections législatives.

Vers un second gouvernement Conte ?
L’un des scénarios envisageables est que le chef de l’État demande à Giuseppe Conte de rester à la tête du pays pour piloter un gouvernement de transition. D’autant que dans la presse italienne, beaucoup d’observateurs estiment que le président du Conseil sort grandi de cette crise. Mardi, celui-ci a été accueilli au Sénat par une banderole : « Conte l’Italie t’aime ». Dans une lettre ouverte publiée ce mardi, le chef du M5S Luigi di Maio, l’a même qualifié de « serviteur de la Nation dont l’Italie ne peut pas se passer ».

Si cela venait à se concrétiser, Giuseppe Conte pourrait mener un gouvernement « Conte bis », et ainsi avancer dans l’élaboration du budget pour 2020. Cela pourrait permettre d’éviter une hausse automatique de la TVA prévue l’an prochain si rien n’est fait avant pour combler un trou de 23 milliards dans les caisses de l’État. Cela donnerait le temps au Parti démocrate et au Mouvement 5 Étoiles (M5S) de s’entendre sur un pacte pour « un gouvernement fort et de renouvellement dans son programme », selon les termes du chef du Parti Démocrate Nicola Zingaretti.

L’idée d’une alliance PD-M5S est venue, par surprise, de l’ancien chef de gouvernement Matteo Renzi, toujours poids lourd du PD, qui a proposé à ses anciens ennemis du M5S une réconciliation et un gouvernement « institutionnel ». Pour amadouer certains dirigeants Cinq Étoiles encore réticents, Matteo Renzi a assuré lors du débat parlementaire qu’il « ne ferait pas partie » d’une telle majorité, laissant entendre que le Parti Démocrate pourrait appuyer au parlement un gouvernement entièrement formé de ministres M5S, sans exiger de fauteuils.

L’avènement d’une coalition pro-européenne ?
L’autre piste que pourrait emprunter Sergio Mattarella lui a été soufflée par l’ancien Premier ministre et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi. Celui-ci a proposé un gouvernement pro-européen baptisé « Ursula », du nom de la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. Romano Prodi, toujours très écouté, imagine une alliance gauche-droite pour que l’Italie revienne au premier plan en Europe.

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Les ventes de cognac ont bondi à 3,4 milliards d’euros en 2018-2019

cognacTirées par l’appétit non démenti des américains pour l’eau-de-vie charentaise, les expéditions de cognac ont progressé de 6,9% en valeur lors de la campagne 2018-2019 qui vient de s’achever, selon le Bureau national interprofessionnel du cognac.

C’est tout simplement l’appellation de vins et spiritueux française qui réalise le plus gros chiffre d’affaires à l’export, devant même le champagne.

Les ventes de cognac ont à nouveau battu des records au terme de la campagne 2018-2019, close fin juillet, selon les chiffres dévoilés lundi par le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), la fédération des viticulteurs, bouilleurs et négociants de la célèbre appellation charentaise.

Lors de cette campagne (du 1er août 2018 au 31 juillet dernier), les expéditions de cognac ont progressé de plus de 2,5% en volume et de près de 6,9% en valeur. Au total, ce sont ainsi 211,1 millions de bouteilles qui ont été expédiées, pour un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros au départ de Cognac, communique le BNIC.

10% des parcelles de vignes plantées en France, 25% des exportations
Le cognac contribue ainsi largement à l’excédent commercial des vins et spiritueux français, représentant à lui seul près d’un quart des exportations de vins et spiritueux français en valeur. Ceci alors que le vignoble consacré au cognac n’est que de 76.000 hectares, sur un total de près de 750.000 hectares de vignes plantées en France.

Le cognac se place ainsi « en tête des grandes appellations », souligne le bureau. Le montant des exportations dépasse en effet nettement celles de champagne, dont le chiffre d’affaires à l’export atteignait 2,9 milliards d’euros en 2018, d’après les chiffres du Comité Champagne. Le champagne reste cependant la première appellation française en termes de chiffre d’affaires total, étant donné le poids du marché intérieur (la France absorbe 42% de la production champenoise, mais moins de 2% de celle de cognac).

S’agissant du cognac, c’est l’Amérique du Nord qui représente de loin le plus gros marché, avec 46% des expéditions soit 97,7 millions de bouteilles sur la campagne 2018-2019 (+8,8 % en volume et +17,6 % en valeur). Toujours leader, les États-Unis portent cette dynamique avec 94,3 millions de bouteilles expédiées. Ce goût des Américains pour l’eau-de-vie charentaise s’explique notamment « par la présence historique du cognac sur ce marché, les investissements constants des maisons, et la présence marquée de la consommation en cocktail aux États-Unis », note le BNIC.

Au cours de cette campagne, les expéditions vers l’Asie ont légèrement décliné (-1,5% en volume et +1,8% en valeur) à 60,0 millions de bouteilles. Les professionnels de la filière disent rester « confiants sur le potentiel important de développement de cette zone, tirée par le marché chinois et l’appétence d’une population appréciant l’excellence du savoir-faire français et l’image d’un produit haut-de-gamme ».

Plus contrastées, les expéditions en Europe ont reculé de 4,6% en volume et de 6,4% en valeur, avec un total de plus de 39,4 millions de bouteille, compte tenu d’une contraction au Royaume-Uni (premier marché européen) et en Allemagne, alors que les ventes en Europe de l’Est ont continué à croître.

Par ailleurs les ventes dans des zones à fort potentiel (Afrique du Sud, Nigéria, Caraïbes) ont encore augmenté tant en volume (+12,3%) qu’en valeur (+13,2%). « La part de ces nouveaux marchés a été multipliée par trois sur les dix dernières campagnes », souligne le bureau.

Par qualité, les expéditions de cognacs VSOP (Very Superior Old Pale, vieillissement d’au moins quatre années comptées à partir du 1er avril suivant l’année de la vendange) ont progressé de 0,4% en volume et de 7,8% en valeur, celles des qualités VS (Very Special, vieillissement d’au moins deux ans) de 5,7% en volume et de 12,7% en valeur.

Afin d’assurer son développement à moyen et long terme, la filière Cognac met en œuvre un plan de plantations sur trois ans de 10.000 hectares, en ligne avec ses prévisions d’expéditions. Une fois ces nouvelles vignes plantées, le potentiel du vignoble sera de 86.000 hectares.

Le top 10 des expéditions directes d’eaux-de-vie de Cognac en 2018-2019 (en millions de bouteilles) :
1) États-Unis : 94,3 millions                        /  2) Singapour : 26,6 millions
3) Chine : 24,8 millions                               /   4) Royaume-uni : 10 millions
5) France : 4,7 millions                              /    6) Allemagne : 4,5 millions
7) Hong-Kong : 4,3 millions                     /     8) Lettonie : 3,8 millions
9) Afrique du Sud : 3,3 millions             /    10) Pays-Bas : 2,6 millions

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La traversée de l’Atlantique de Greta Thunberg fait polémique

Greta ThunbergDimanche, l’équipe du voilier a assuré que les émissions de carbone liées à ce déplacement seraient compensées.

Nouvelle polémique autour de Greta Thunberg. L’adolescente est critiquée quant aux émissions de carbone du voilier à bord duquel elle réalise la traversée de l’Atlantique, et le retour dudit bateau en Europe. Dimanche, l’équipe du bateau a assuré que les émissions liées à son déplacement seraient toutes compensées.

L’adolescente suédoise, à l’origine d’un mouvement mondial en faveur du climat, est partie le 15 août avec son père à bord d’un voilier de course zéro carbone, le Malizia II, afin d’assister au sommet mondial de l’ONU à New York en évitant d’avoir recours à l’avion, moyen de transport beaucoup plus polluant.

Mais un porte-parole du navigateur allemand Boris Herrmann qui skippe le bateau avec un membre de la famille princière monégasque a indiqué au journal berlinois TAZ que plusieurs personnes, cinq en tout, prendraient l’avion pour New York afin de ramener le bateau pour l’Europe après la traversée de Greta Thunberg, et que Boris Herrmann rentrerait aussi par les airs.

Un trajet plus polluant que l’avion ?
Le quotidien allemand en a déduit que le trajet des Thunberg en bateau serait au final plus polluant que s’ils avaient pris l’avion, six billets d’avion devant être achetés selon ce cas de figure d’après le média, contre simplement deux pour Greta Thunberg et son père, sans que ne soit posée la question du retour. Une conclusion, qui ne tient pas compte du cinéaste accompagnant la militante écologiste et son père, largement reprise sur les réseaux sociaux, où la jeune égérie compte de nombreux détracteurs.

« Nous avons planifié ce voyage à New York à la dernière minute, et en conséquence deux personnes devront se rendre en avion à New York pour ramener le bateau », a corrigé auprès de l’AFP Holly Cova, responsable de l’équipe Malizia, dans une déclaration transmise par l’entourage de Greta Thunberg.

« En tout, ce sont quatre membres d’équipage qui ramèneront le bateau. Ce sont des décisions logistiques qui ont été prises uniquement par l’équipe du Malizia », a-t-elle indiqué, précisant que « tous les vols de l’équipe sont compensés » même si « nous reconnaissons que cette solution est imparfaite ».

Avec ce nouveau compte, c’est au minimum trois billets d’avions qui doivent être achetés. Problème, croit savoir Die Welt, Pierre Casiraghi aurait également des obligations en Europe et rentrerait à son tour en avion. Pour parfaire ce calcul, deux des quatre personnes qui ramèneront le voilier en Europe se trouvent déjà aux États-Unis. Se pose alors la question de leur voyage initial, comme le fait remarquer France Info, ou de comment elles rentreront chez elles si elles sont résidentes américaines. Ce qui pour l’heure n’a pas été précisé, et qui pourrait in fine alourdir encore un peu plus l’empreinte carbone en question.

« Compenser ces émissions, c’est mieux que de ne rien faire »
« Le monde n’a pas encore trouvé le moyen de traverser un océan sans laisser d’empreinte carbone », a ajouté Holly Cova. « Nous pensons que compenser ses émissions, c’est mieux que de ne rien faire et espérons que ce voyage avec lequel nous accompagnons Greta permettra une prise de conscience sur cet important sujet. »

Sur la manière employée pour « compenser » les émissions pointées du doigt, aucun détail supplémentaire n’a été livré.  Avant le sommet de l’ONU le 23 septembre, Greta Thunberg, qui a pris une année sabbatique, participera à de nombreuses rencontres sur le climat. Elle a également prévu de se rendre au Canada, au Mexique et au Chili pour une autre conférence de l’ONU en décembre. « Je ne sais pas encore comment je vais rentrer à la maison », a-t-elle dit.

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Comment la cigarette est devenue indésirable à la plage

PST1.jpgDe plus en plus de municipalités prennent des arrêtés interdisant le tabac sur leurs plages. Le bannissement dépasse même les frontières des bords de mer. Car les enjeux sont considérables pour la santé humaine mais aussi l’environnement.

Le tabac tabou à la plage ?   Alors que la France compte près de 16 millions de fumeurs, selon Tabac-info-service, la cigarette est en passe de devenir persona non grata en bord de mer. Aujourd’hui, il existe quelque 60 plages qui bannissent la cigarette sur tout le littoral français, selon la Ligue nationale contre le cancer qui a créé le label « plage sans tabac ». On peut ainsi citer La Rochelle, Royan, Biarritz, Mimizan, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, le Grau-du-Roi, Saint-Malo, Ouistreham ou encore Propriano et Ajaccio.

Un enjeu de santé publique
La toute première plage non-fumeur a vu le jour en 2011 à La Ciotat, suivant l’exemple de New York qui interdisait à la même époque le tabac dans les lieux de plein air notamment ses 1700 parcs, 22 kilomètres de plages et quartiers piétonniers comme Times Square. L’année suivante, c’était la plage du Centenaire à Nice, sur la Promenade des Anglais, qui faisait de même.

« Près de 80% des fumeurs veulent arrêter, ils ont conscience de leur dépendance et de la difficulté que cela représente, pointe Emmanuel Ricard, délégué à la prévention au sein de la Ligue nationale contre le cancer, pour BFMTV.com. Chez un ancien fumeur, la simple vision d’un autre fumeur peut donner envie d’allumer une cigarette. Ils doivent pouvoir trouver des espaces sans sollicitation. »

L’association rappelle que le tabac est la première cause évitable de mortalité en France et responsable de plus de 78.000 morts par an. Si l’ambition est ainsi de donner un coup de pouce aux futurs repentis du tabac, le but est aussi d’éliminer l’exposition au tabagisme passif et de réduire l’initiation. Car l’urgence, selon Emmanuel Ricard, est de protéger les enfants alors qu’un jeune de 15 à 19 ans sur trois fume.

« Au début, il y avait de fortes réticences aux plages sans tabac, mais elles sont tombées en axant l’argumentaire sur les enfants. On leur doit une exemplarité. Sans compter qu’un enfant dont l’entourage fume a une probabilité supplémentaire à lui-même fumer plus tard. Il y a une vraie contamination sociale. »

Un déchet dangereux
En plus des questions de santé publique, l’interdiction de la cigarette répond à des enjeux environnementaux. Début juin, trois plages de Marseille ont ainsi banni le tabac. L’arrêté municipal précise que l’objectif est de « protéger les non-fumeurs des dangers du tabagisme passif » mais aussi « préserver le littoral des déchets ».

Chaque année, 20 à 25.000 tonnes de mégots sont jetés dans la nature en France, indique le ministère de la Transition écologique. « Le filtre contient plusieurs milliers de substances chimiques (acide cyanhydrique, naphtalène, nicotine, ammoniac, cadmium, arsenic, mercure, plomb) dont certaines sont toxiques pour les écosystèmes, un mégot jeté par terre et emporté par les eaux aura toutes les chances de rejoindre les mers et les océans ». C’est le déchet plastique le plus retrouvé sur les plages juste après les bouteilles en plastiques.

Une problématique à laquelle Thierry Lerévérend, directeur de l’association Teragir, qui accompagne des projets de développement durable, est régulièrement confrontée.

« Jeter son mégot, c’est un geste culturellement installé, regrette-t-il pour BFMTV.com. On s’imagine qu’emporté dans le caniveau, il sera récupéré en station d’épuration. Mais c’est faux. Si certains égouts unitaires emportent les eaux pluviales avec les eaux usées vers les stations d’épuration, d’autres égouts séparatifs ne traitent pas les eaux de pluie et les rejettent directement vers les cours d’eau. »

« Jeter un mégot par terre, ce n’est ni un geste normal ni anodin »
L’association Surfrider, qui œuvre en faveur de la protection de l’océan, organise régulièrement des « initiatives océanes », des opérations de ramassage des déchets. Le mégot arrive systématiquement en tête. L’année dernière à Paris, aux abords du bassin de La Villette, 23.000 mégots ont été ramassés en seulement une heure et demie.

Pour Diane Beaumenay, chargée de mission européenne pour Surfrider, la première solution reste la sensibilisation. « On peut aussi mettre à disposition des cendriers de poche, ou encore interdire de fumer sur les plages, explique-t-elle pour BFMTV.com. Mais il faut avant tout expliquer que jeter un mégot de cigarette par terre, ce n’est ni un geste normal ni anodin. Sans sensibilisation, il est difficile de changer les comportements. »

Un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et être ingéré par les animaux marins. Pour qu’il se dégrade dans la nature, il faut compter plusieurs années, selon le milieu. « En réalité, un mégot se fragmente, se décompose et dissémine sa pollution impactant la faune, la flore et les eaux, ce qui provoque une pollution chimique, poursuit Diane Beaumenay. Ses microparticules de plastique ne disparaissent en réalité jamais. »

Thierry Lerévérend, de Teragir, en appelle quant à lui à la responsabilité de chacun. « Les Français ne sont pas de mauvaises personnes mais il y a une vraie prise de conscience à avoir », déclare-t-il. « On ne peut pas mettre un cendrier derrière chaque fumeur. La seule solution est que chacun rapporte son mégot. »

1570 « espaces sans tabac »
Il n’y a pas que les plages qui interdisent la cigarette. Début juin, 52 espaces verts parisiens ont ainsi banni le tabac, soit 10% des parcs et jardins de la capitale. L’année dernière, Strasbourg a été la première ville à interdire la cigarette dans tous ses parcs et jardins publics.

Au total, la Ligue nationale contre le cancer comptabilise 1570 « espaces sans tabac » dans 41 départements, des parcs aux parcours de santé en passant par les entrées d’établissements scolaires ou les espaces extérieurs d’hôpitaux. Le bannissement du tabac est bel et bien en hausse, assure Emmanuel Ricard, « avec un effet boule de neige ». Son objectif : « dénormaliser » le tabagisme dans les espaces publics et rompre le lien entre les loisirs et le tabac. La Ligue nationale contre le cancer vise la mise en place de 3000 de ces espaces d’ici la fin 2020.

Pour Gérard Audureau, président de l’association Les Droits des non-fumeurs, le bannissement de la cigarette répond à une tendance de fond. « Cela concerne tous les espaces extérieurs où l’on a vocation à cohabiter, que ce soit les terrasses de café, les abribus ou les gradins dans les stades, remarque-t-il pour BFMTV.com. Et puis l’intolérance à la fumée de cigarette est de plus en plus grande. Et l’on commence à se rendre compte que c’est agréable de pouvoir respirer tranquillement. »

Son association est actuellement en train de réactualiser le site et l’application « Ma terrasse sans tabac », lancés en 2017 par Marisol Touraine à l’époque ministre des Solidarités et de la santé. Ces plateformes listent bars et restaurants proposant un espace extérieur entièrement non-fumeur.

Changer le regard sur la cigarette
« Il suffit d’un seul fumeur pour que toute une terrasse fermée, notamment l’hiver, devienne irrespirable. De plus en plus de restaurateurs prennent ainsi conscience du problème, assure Gérard Audureau. En proposant des terrasses non-fumeurs, ils ne vont pas perdre de clientèle, c’est une idée préconçue. Ils vont même en gagner. La convivialité ne naît pas du tabac. »

Il accuse les industriels du tabac d’avoir instillé des décennies durant l’idée selon laquelle la norme, c’est de fumer. « Il faudra des générations pour démonter cette construction ». Emmanuel Ricard, de la Ligue contre le cancer, partage la même analyse.

« L’image du tabac est associée au plaisir, dénonce-t-il. Pourtant, les toutes premières cigarettes sont rarement agréables, il faut même se forcer. Fumer serait synonyme de liberté, de moment de détente, de pause. Mais ce ne sont que des arcs-réflexes qui ont été historiquement imposés. Nous ne voulons pas stigmatiser le fumeur, mais changer le regard. »

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Des risques de pénurie d’eau au Luxembourg ?

Des risques de pénurie d'eau au LuxembourgPrès d’un quart de la population mondiale, vivant dans 17 pays, est en situation de pénurie hydrique grave, proche du «jour zéro» lors duquel plus aucune eau ne sortira du robinet, selon un rapport rendu public mardi.

La carte établie par l’Institut World resources (WRI) mesure les risques de pénurie en eau, de sécheresse et d’inondations fluviales. «L’agriculture, l’industrie et les municipalités absorbent 80% de la surface disponible et des eaux souterraines lors d’une année moyenne» dans les 17 pays concernés, principalement situés au Moyen-Orient et dans le nord de l’Afrique, a écrit l’institut.

Ceux-ci sont le Qatar, Israël, le Liban, l’Iran, la Jordanie, la Libye, le Koweït, l’Arabie saoudite, l’Érythrée, les Émirats arabes unis, Saint-Marin, Bahreïn, le Pakistan, le Turkménistan, Oman, le Botswana et l’Inde, deuxième pays le plus peuplé du monde.

Risque «moyennement» élevé au Luxembourg
«La pénurie en eau est la plus grande crise, dont personne ne parle. Ses conséquences prennent la forme d’insécurité alimentaire, de conflit, de migration et d’instabilité financière», a indiqué le PDG de l’institut, Andrew Steer.

«Lorsque la demande rivalise avec les réserves, même de petits épisodes de sécheresse qui vont augmenter avec le changement climatique  peuvent provoquer de terribles conséquences», comme les récentes crises au Cap, Sao Paulo ou Chennai, détaille l’institut.

Vingt-sept autres pays figurent sur la liste des pays présentant une «pénurie hydrique élevée». Parmi eux figurent plusieurs pays européens comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou la Grèce, mais aussi la Belgique.

Quant au Luxembourg, il figure dans la catégorie juste en dessous avec un risque «moyennement élevé». Pas de quoi être totalement à l’abri non-plus.

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Londres veut renforcer les liens économiques avec le Canada

Londres veut renforcer les liens économiques avec le CanadaLe Royaume-Uni veut que les relations commerciales avec le Canada passent « au niveau supérieur » après le Brexit, a annoncé mardi à Toronto le nouveau ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab lors de sa première visite bilatérale à l’étranger.

« Nous voulons élargir nos horizons et élever notre niveau d’ambition dans le monde », a déclaré M. Raab lors d’une conférence de presse en compagnie de son homologue canadienne, Chrystia Freeland.

« Dans ce contexte, nous voulons faire passer notre amitié avec le Canada et le peuple canadien à un niveau supérieur », notamment dans les domaines du commerce, de la coopération en matière de sécurité ou de la lutte contre le changement climatique, a-t-il précisé.

Le Royaume-Uni est le premier partenaire commercial du Canada en Europe et le commerce bilatéral s’élevait à 25,5 milliards de dollars canadiens (17,2 milliards d’euros) en 2018, selon le gouvernement canadien.

« Nous bénéficions tous les deux de liens économiques et commerciaux florissants, nous recherchons des investissements gagnant-gagnant dans le libre-échange », a poursuivi le ministre britannique. Le Royaume-Uni « espère arriver à un accord » avec Bruxelles mais « quittera dans tous les cas l’Union européenne fin octobre », a-t-il rappelé.

« La priorité numéro 1 pour le Royaume-Uni est d’avoir une transition aussi fluide que possible », a estimé M. Raab, ancien ministre du Brexit et diplomate en chef depuis deux semaines au sein du nouveau gouvernement de Boris Johnson.

« Nous n’avons pas seulement des liens étroits, nous ne sommes pas seulement des alliés, mais nous sommes cousins, nous sommes une famille », a estimé Mme Freeland, sans rentrer dans les détails d’un éventuel accord commercial entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie nord-américaine après le Brexit.

« Pour le Royaume-Uni, le Brexit n’est pas seulement de la gestion de crise » mais une occasion de « saisir l’énorme opportunité de notre liberté retrouvée », a affirmé M. Raab, qui doit ensuite se rendre aux États-Unis et au Mexique.