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Le «Momo Challenge» n’aurait en fait jamais existé

momo challengeCe jeu dangereux, accusé d’être responsable de la mort de plusieurs adolescents dans le monde, ne serait qu’une légende urbaine

« Salut, je suis Momo »… Depuis l’été dernier, les parents du monde entier s’inquiètent du « Momo Challenge », un défi effrayant sur WhatsApp qui pousserait leurs enfants à se suicider. C’est en Argentine que la première victime de ce jeu dangereux aurait été recensée l’été dernier.

Depuis, de nombreux autres cas ont été signalés au Mexique, aux États-Unis, en Belgique, en Allemagne.  Et en novembre dernier en France, où un père de famille a accusé le jeu d’être responsable du suicide de son fils de 14 ans.

Seulement voilà, aucune enquête n’a permis jusqu’à aujourd’hui d’établir que le « Momo Challenge » existait réellement. En Argentine, d’où est partie toute l’affaire, les investigations ont révélé que le suicide de la jeune fille n’avait rien à voir avec un quelconque challenge. Aucune association de protection de l’enfance n’a également recensé de cas avérés pouvant accréditer l’existence de ce défi. Pour beaucoup, ce serait tout simplement la psychose médiatique qui aurait popularisé le « Momo Challenge » dans le monde entier.

Une pure invention médiatique ?
Cette poupée effrayante, aux yeux exorbités, au visage émacié et aux cheveux filandreux, a récemment fait les gros titres des journaux en Grande-Bretagne. YouTube a été accusé outre-Manche de laisser passer des messages incitant au « Momo Challenge » dans des vidéos du dessin animé pour enfants Peppa Pig. La police d’Irlande du Nord a même diffusé en février un avertissement, incitant « les parents à faire preuve de vigilance ».

La National Society for the Prevention of Cruelty to Children (NSPCC), une association de protection de l’enfance, a assuré avoir reçu plus d’appels à ce sujet de la part des médias que des familles, expliquant ainsi n’avoir aucune preuve que le « Momo Challenge » existait vraiment. Le UK Safer Internet Center (Centre pour un Internet plus sûr) a même qualifié le phénomène de « fake news ».

Selon le Guardian, cette médiatisation a fait exploser le nombre de requêtes Google, créant ainsi une véritable psychose outre-Manche. « Le « Momo Challenge » n’existe pas. Plusieurs articles faisant état de cette « rumeur » ont poussé les institutions à communiquer sur ses dangers potentiels, donnant ainsi lieu à encore plus d’articles sur le sujet », explique le quotidien britannique.

« Pas de suicide, ni de blessé en France »
En France aussi, ce sont aussi les médias et la publication de plusieurs articles qui ont « popularisé » le « Momo Challenge ». « Entre le 15 et le 20 août 2018, période à laquelle ce jeu dangereux a été médiatisé en France, on a reçu une dizaine d’appels sur notre ligne d’écoute, principalement des parents d’ados fragiles, mais aussi des jeunes, qui se disaient effrayés par le personnage », indique à 20 Minutes Samuel Comblez, directeur des opérations de l’association e-Enfance.

« On a très vite coordonné nos actions avec nos différents partenaires, Facebook, Twitter, Snapchat et bien sûr la plateforme Pharos. Après une période d’observation, on en a tout simplement conclu que cette histoire était un non-phénomène, une simple légende urbaine », ajoute Samuel Comblez qui précise qu’« il n’y a pas eu de cas de suicide ni de blessé lié au «Momo Challenge» en France ». En Bretagne, un père de famille a pourtant porté plainte en novembre dernier contre YouTube, Whatsapp et l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Il a accusé le jeu d’être responsable du suicide de son fils de 14 ans. « Nous restons très prudents », avait alors indiqué à l’époque le procureur de la République de Rennes à 20 Minutes.

« Quand j’étais petit, c’était la Dame blanche, aujourd’hui c’est Momo »
Le personnage fictif de Momo a surtout été alimenté par de nombreuses vidéos YouTube très populaires, totalisant des millions de vues, sans qu’il ne soit jamais question de challenge ni de suicide. « Momo, c’est d’abord une histoire pour faire peur. Les ados adorent les histoires effrayantes. Ce n’est qu’une légende urbaine parmi d’autres. Quand j’étais petit, c’était la Dame blanche, qui dans son genre était toute aussi effrayante. Aujourd’hui c’est Momo », ajoute Samuel Comblez.

Le « Momo Challenge » semble aujourd’hui être « passé de mode » en France. La plateforme téléphonique de l’association e-Enfance indique n’avoir reçu aucun signalement depuis novembre dernier. « Les jeunes sont rodés. Après le «Blue Whale Challenge» [défi mortel également lancé sur les réseaux sociaux], ils font preuve de plus de prudence ». L’artiste japonais, qui a créé la poupée effrayante, a également indiqué début mars l’avoir détruite. « Elle était censée faire peur aux gens, oui, mais pas de faire du mal à quiconque », a-t-il expliqué. Une manière de tirer un trait définitif sur cette histoire.

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Les géants d’internet font leur rapport à l’UE au compte-goutte

fake newAlors qu’approchent les élections européennes, Bruxelles a déploré jeudi que Facebook, Twitter et Google n’aient pas fourni de données dans la lutte contre la désinformation en ligne.

Bruxelles a déploré jeudi le manque de données fournies par les géants de l’internet dans la lutte contre la désinformation en ligne, en particulier la politique de Facebook et Twitter en matière de transparence des publicités politiques.

La Commission européenne a beau avoir haussé le ton en début d’année, Facebook, Twitter et Google sont encore loin de donner satisfaction à l’Union européenne (UE), à trois mois des élections européennes. « Les plateformes n’ont pas fourni assez de détails montrant que les nouvelles politiques et les nouveaux outils étaient déployés en temps utile et avec des ressources suffisantes dans tous les États membres de l’UE », déplorent les commissaires européens en charge du suivi du dossier, dans un communiqué. « Les rapports fournissent trop peu d’informations sur les résultats réels des mesures déjà prises », ajoutent-ils.

Un « code de pratiques contre la désinformation ». Entre janvier et mai 2019, date des élections, la Commission a demandé aux trois géants américains, qui se sont engagés dans un « code de pratiques contre la désinformation » en ligne, de fournir un bilan mensuel des efforts réalisés. Dans ce deuxième rapport, la Commission déplore que Facebook n’ait pas fourni les résultats sur son activité en janvier en matière de placements publicitaires, et ne donne pas d’éléments sur la suppression de faux comptes.

Facebook, Twitter et Google, de mauvais élèves ?   Facebook avait annoncé fin janvier à Bruxelles le lancement de « nouveaux outils » pour lutter contre les ingérences lors des européennes, mais pas avant fin mars. Selon la Commission, Twitter lui n’a pas fourni les données attendues en matière de transparence des publicités politiques. De son côté Google a transmis des données, même si selon la Commission elles ne sont « pas assez spécifiques » et « ne clarifient pas dans quelle mesure les actions lancées s’attaquent à la désinformation ».

La Commission invite les mastodontes d’internet à « accélérer leurs efforts ». En conséquence, la Commission, « inquiète de la situation » appelle une nouvelle fois les trois sociétés à « accélérer leurs efforts », rappelant que la campagne électorale pour les européennes doit véritablement commencer en mars. L’exécutif européen prévoit une « évaluation globale » de l’application du code de pratiques d’ici la fin de l’année.

« Notre approche privilégiée est de ne pas réguler, c’est pourquoi nous faisons ce code. Nous avons juste commencé cet exercice », a noté une porte-parole de la Commission, Mina Andreeva, lors du point presse quotidien de l’institution. « Il faut lui donner un chance, avant d’envisager toute mesure régulatoire de suivi », a-t-elle ajouté.

La publicité des rapports mensuels permet par ailleurs de « mettre une certaine pression » sur les trois groupes, afin de les pousser « à prendre leurs responsabilités », a encore estimé Mina Andreeva.

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Le parlement britannique publie un rapport au vitriol sur Facebook, «un gangster numérique»

facebookLes députés estiment que Facebook outrepasse allègrement la loi. Ils recommandent l’instauration d’un code de déontologie contraignant qui serait supervisé par une régulateur indépendant.

Les réseaux sociaux, en particulier Facebook, doivent être davantage régulés afin de les empêcher d’agir comme des « gangsters numériques » et de publier des infox, ont conclu des parlementaires britanniques dans un rapport très critique publié lundi. « Les entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des gangsters numériques dans le monde en ligne, en se considérant au-dessus des lois », souligne la Commission sur le numérique, la culture, les médias et le sport de la Chambre des communes (DCMS) dans ce document.

Durant plus d’un an, cette commission a enquêté sur le phénomène des « fake news » et son impact sur les récents scrutins au Royaume-Uni, dont le référendum sur le Brexit en juin 2016, s’attardant principalement sur les pratiques de Facebook. Le géant américain est empêtré dans plusieurs affaires, comme les accusations d’ingérence russe sur sa plateforme dans l’élection présidentielle américaine de 2016 mais aussi le scandale de l’exploitation par la firme Cambridge Analytica de données d’utilisateurs à leur insu à des fins politiques, de même qu’une faille de sécurité ayant conduit au piratage de millions de comptes.

Poursuites judiciaires et lourdes amendes
Pour lutter contre les « contenus préjudiciables » ou « illégaux » et protéger les données personnelles des utilisateurs, le rapport d’une centaine de pages recommande l’instauration d’un « code de déontologie contraignant », dont le respect serait assuré par un régulateur indépendant, habilité à déclencher des poursuites judiciaires et à infliger de lourdes amendes.

Le président de la commission, Damian Collins, a dit à l’AFP espérer que « d’ici la fin de l’année, il y ait une solide proposition de législation » établissant le fonctionnement de ce régulateur. « Ces entreprises ne sont pas juste des plateformes », « ne sont pas neutres » et ont une « responsabilité limitée pour le contenu posté » a souligné M. Collins.

Se disant « ouvert à une réglementation significative », Facebook a assuré ne pas avoir attendu la publication du rapport pour agir. « Nous avons déjà opéré des changements substantiels pour que toute annonce politique sur Facebook soit autorisée, mentionne son financement et soit ensuite classée dans des archives consultables durant sept ans », a détaillé Karim Palant, responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Facebook ne fait pas assez d’efforts
Il a affirmé que l’entreprise avait « triplé la taille de l’équipe œuvrant à détecter et protéger les utilisateurs de mauvais contenus (en la portant) à 30.000 personnes et investi massivement dans l’apprentissage automatique, l’intelligence artificielle et la technologie de vision par ordinateur pour aider à empêcher ce type d’abus ».

Mais les membres de la Commission britannique estiment que « Facebook ne fait pas assez pour lutter contre la désinformation et d’autres formes de contenu nuisibles, ni pour protéger la confidentialité des données et agit de manière agressive contre d’autres entreprises qui pourraient représenter une menace commerciale pour Facebook », a dit M. Collins à l’AFP.

Le rapport appelle également le gouvernement britannique à mener une « enquête indépendante » sur l’« influence étrangère », russe notamment, et la désinformation lors du référendum sur le Brexit, mais aussi les élections législatives anticipées de 2017 et le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014.

Mark Zuckerberg s’est montré méprisant
Le ministre de la Culture, Jeremy Wright, s’entretiendra cette semaine aux États-Unis avec des représentants des géants Google, Facebook, Twitter et Apple, a indiqué un porte-parole du gouvernement. L’exécutif devrait aussi publier un « livre blanc » dans le courant de cette année, énonçant des propositions pour sécuriser davantage les réseaux sociaux. Le patron du géant américain, Mark Zuckerberg, est également mis sur la sellette par les députés pour s’être dérobé à leurs convocations et avoir envoyé à sa place un de ses adjoints. « En choisissant de ne pas comparaître devant le Comité et en choisissant de ne répondre personnellement à aucune de nos invitations, Mark Zuckerberg a manifesté son mépris », souligne le rapport. Damian Collins l’a accusé d’avoir « manqué de leadership ».

Avant le Royaume-Uni, Facebook était déjà dans le viseur de la France et de l’Allemagne. Début février, le gendarme allemand de la concurrence a restreint l’exploitation par le groupe des données de ses utilisateurs en lui interdisant de piocher d’autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales, comme Instagram et WhatsApp. En novembre, le Parlement français avait adopté deux propositions de loi pour lutter contre « la manipulation de l’information » en période électorale.

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Les Français sont de plus en plus préoccupés par les «fake news»

fakenewsSelon un sondage Odoxa Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo, la moitié des Français estiment que les fake news sont un problème «très important» et 88% soutiennent la loi visant à lutter contre leur propagation en période électorale.

Les Français sont de plus en plus préoccupés par la question des fake news. En une année, ils ont très sensiblement changé de point de vue sur le danger des fausses informations propagées sur Internet (dites aussi «fake news» ou «infox»). En janvier 2018, ils étaient 29% à estimer que les fake news n’étaient «pas un problème important». Ils ne sont aujourd’hui plus que 12% à le penser, selon un sondage Odoxa Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. Pour 50% des sondés, les fausses nouvelles sont désormais un problème «très important»: c’est 29 points de plus qu’en 2018.

En toute logique, ces mêmes sondés soutiennent massivement la loi de lutte contre la désinformation en période électorale, votée par le Parlement en novembre 2018. Pour 81% des personnes interrogées, cette loi «est une bonne chose.» Le rejet est toutefois important chez les personnes s’informant via les réseaux sociaux et les blogs : pour 33% d’entre eux, cette loi «est une mauvaise chose car elle risque de porter atteinte à la liberté d’expression.»

«Le gouvernement pourra se satisfaire de voir l’une de ses lois plébiscitée par l’ensemble du spectre politique», note Gaël Sliman, président d’Odoxa. «Non seulement cette loi enchante les sympathisants LREM (95%), mais elle est aussi approuvée par plus des trois quarts des sympathisants de gauche (84% des PS et 77% des Insoumis) comme de droite (75% des LR et 73% des RN).»

Plus de perméabilité aux infox chez les personnes s’informant sur les réseaux sociaux
Une partie des sondés savent qu’ils sont susceptibles de se faire manipuler par ces informations trop belles pour être vraies. Ainsi, 30% des personnes interrogées reconnaissent avoir déjà relayé auprès de leurs proches une nouvelle dont elles se sont ensuite aperçues qu’elle était mensongère. «Ce résultat est remarquablement stable dans le temps: il était le même l’année dernière, la tendance est donc lourde», note Gaël Sliman.

«Et encore, poursuit-il, cette statistique ne tient compte que des réponses fournies par des personnes lucides et honnêtes, capables de reconnaître leur erreur. La proportion réelle de relayeurs de fake news est donc probablement encore supérieure à ce chiffre de 30%.» Chez les internautes s’informant principalement via des sources non-professionnelles, c’est-à-dire via des blogs ou des comptes sur les réseaux sociaux tenus par des particuliers, 45% reconnaissent avoir déjà propagé involontairement une infox.

Le sondage montre que les Français ont globalement confiance dans la fiabilité de l’information issue des médias professionnels. 69% estiment que la radio «véhicule rarement des fake news», un taux qui passe à 64% pour la presse écrite. Les chaînes d’information en continu sont plus sévèrement jugées (52%).

A contrario, 86% des sondés pensent que les particuliers sur Internet, via leurs blogs ou réseaux sociaux, «véhiculent souvent des fake news.» Ils pointent notamment le mouvement des «gilets jaunes», nid à fausses nouvelles pour 64% d’entre eux. Les Français sont aussi très critiques vis-à-vis des partis d’opposition, coupables selon 74% d’entre eux de propager des infox. Le gouvernement est jugé bien plus fiable en comparaison : moins de la moitié des sondés (44%) estime que l’exécutif véhicule des fake news.

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Facebook promet de lutter contre les ingérences

facebookAprès le scandale Cambridge Analytica, le géant d’internet annonce se doter de « nouveaux outils » avant l’élection.

Haro sur les fake news, Facebook a annoncé ce lundi à Bruxelles le lancement, fin mars, de « nouveaux outils » pour lutter contre les ingérences étrangères lors des élections européennes qui auront lieu fin mai 2019. Le réseau social tente ainsi de répondre aux craintes exprimées notamment par la Commission européenne.

Nick Clegg, le directeur mondial des affaires publiques de la firme américaine, a promis le lancement « à la fin de mars de nouveaux outils pour aider à prévenir l’ingérence dans les prochaines élections et rendre la publicité politique sur Facebook plus transparente ». Celui qui a été vice-Premier ministre britannique de 2010 à 2015 répond ainsi à l’appel à la mobilisation contre la désinformation, lancé début décembre par la Commission européenne.

Une mention « payée par » sur les publicités
Parmi les géants d’internet, Facebook est particulièrement sous pression, ayant été la cible de vives critiques pour ne pas avoir su détecter des campagnes de manipulation de l’électorat américain lors de la présidentielle de 2016, attribuées à la Russie. L’affaire Cambridge Analytica, le scandale récent de l’exploitation de données d’utilisateurs de Facebook à leur insu pour des fins politiques, a également terni sa réputation.

Devant des journalistes réunis à Bruxelles, Nick Clegg a expliqué que tous ceux qui voudraient faire campagne et publier des publicités sur Facebook devraient y être autorisés par le groupe. « Nous afficherons une clause de non-responsabilité [avec la mention] ‘payée par’ sur ces publicités », a-t-il ajouté.

« Toutes les annonces politiques seront conservées dans une bibliothèque consultable par le public pendant une période maximale de sept ans », a encore précisé le directeur mondial des affaires publiques. Pour « coordonner ce travail vital », il a également annoncé « la mise en place d’un centre d’opérations axé sur l’intégrité des élections, basé à Dublin, ce printemps ».

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Le vin, un « alcool comme les autres pour se saouler »

alcool vinLe ministre de l’Agriculture a assuré que le vin n’était « pas un alcool comme les autres ». Médicalement, c’est faux.

La lutte contre l’alcoolisme doit-elle faire une exception pour le vin ?   La réponse du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume est sans appel : oui, car le « vin n’est pas un alcool comme les autres ».

Pour préciser sa pensée sur BFMTV et RMC ce mercredi, le ministre a expliqué : « Je n’ai jamais vu un jeune qui sort d’une boîte de nuit et qui est saoul car il a bu du côtes-du-rhône, du crozes-hermitage, du bordeaux ou du costières-de-nîmes. [Les jeunes] boivent d’autres alcools, des mélanges, des mix, des alcools forts ».

Une affirmation qui fait presque sourire Bernard Basset, vice-président de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA). « C’est une argumentation qui ne tient pas du tout, pour la simple et bonne raison qu’elle est factuellement fausse », explique-t-il à L’Express.

40 % des jeunes en boivent
En se référant à la dernière enquête sur les jeunes de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), il rappelle que les spiritueux sont, certes, les boissons les plus populaires chez les jeunes : 67 % des adolescents de 17 ans en ont consommé lors de leur dernière « alcoolisation occasionnelle importante » (que l’on peut apparenter au binge drinking, le fait de boire beaucoup d’alcool en très peu de temps).

Mais le vin n’est pas en reste, « 18 % des jeunes boivent du vin lorsqu’ils s’alcoolisent de manière importante, et 25 % boivent du champagne, qui est un dérivé du vin », détaille Bernard Basset, « c’est un alcool comme les autres quand il s’agit de se saouler ». Et si l’on considère toutes les tranches d’âge, le vin est l’alcool le plus consommé, et de loin, puisqu’il représente 37 % des consommations hebdomadaires, contre 15,2 % pour les alcools forts.

« Langage du lobby de l’alcool »
Pour le ministre, la consommation de vin est avant tout d’une question d’éducation : « Il faut éduquer à boire un verre de vin pour voir ce que c’est, car la viticulture est un secteur économique fort », a-t-il encore soutenu. « C’est scandaleux de dire une chose pareille », s’insurge auprès de L’Express Nicolas Simon, professeur de médecine spécialisé en addictologie, et président de l’ANPAA.

« Les études montrent très bien que quand vous éduquez les jeunes à boire de l’alcool, tout ce que vous obtenez, c’est un pourcentage de consommateurs réguliers plus important à terme. Vous favorisez surtout les consommateurs de demain », explique le médecin, qui retrouve dans le discours du ministre les « éléments de langage du lobby de l’alcool ».

Pas de bienfait pour la santé
Sans compter que, si le vin peut avoir une place particulière dans l’esprit des Français pour des raisons culturelles, il n’en va pas de même du point de vue médical, où le type d’alcool compte bien moins que la quantité consommée. « La toxicité est due à une molécule, et elle est la même, quel que soit le flacon. On n’interdit d’ailleurs pas moins le vin que les autres alcools pour les femmes enceintes », insiste le Pr Simon.

Quant à l’idée que le vin aurait des vertus bénéfiques pour la santé, Nicolas Simon assure qu’il s’agit « d’une fake news ». « Si le vin contient des substances protectrices, elles sont en quantité trop faible pour avoir un véritable effet, sauf à consommer énormément de vin, ce qui a des conséquences néfastes », soutient-il. Des propos en parfait accord avec ceux de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui n’a, visiblement, pas emporté l’adhésion de tout le gouvernement.

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Les seniors partagent sept fois plus de fake news que les plus jeunes

fake newsUne étude menée par trois chercheurs américains révèle que les utilisateurs de plus de 65 ans sont plus enclins à partager de fausses informations sur le réseau social.

Existe-t-il un profil type d’utilisateur diffusant des fake news sur Facebook ?  Trois chercheurs en sciences politiques se sont penchés sur la question. Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Science Advances, a repéré Le Monde. Ils ont notamment découvert que les utilisateurs d’un âge avancé (plus de 65 ans) sont plus enclins à partager des fausses informations que les autres.

Pendant la campagne américaine de 2016, les réseaux sociaux -et particulièrement Facebook  ont été pointés du doigt pour leur rôle joué dans l’élection de Donald Trump. L’algorithme du fil d’actualité Facebook était programmé pour mettre en avant les contenus avec le plus de réactions, favorisant au passage le partage de fausses informations.

Pour mener leur étude, Andrew Guess, Jonathan Nagler et Joshua Tucker ont corrélé les réponses d’utilisateurs à un questionnaire sociologique et politique avec leurs profils Facebook. « Avant tout, nous avons constaté que le partage de fake news était une activité relativement rare », précisent les chercheurs. Ce résultat s’explique en partie par les critères très précis choisis par l’équipe pour repérer les fake news. Seuls les articles visant à tromper ont été pris en compte. Les tribunes et articles partiellement mensongers ou « hyper-partisans » comme ceux de Breitbart News ont été écartés.

Les seniors partagent sept fois plus de fake news
Les chercheurs affirment que les conservateurs ont été plus enclins à relayer des fake news provenant de sites non fiables pendant la campagne de 2016 que les libéraux ou les modérés. Surtout, les utilisateurs de plus de 65 ans ont partagé près de sept fois plus de fake news que le groupe d’âge le plus jeune.

Selon les chercheurs, deux hypothèses peuvent justifier ce résultat. Premièrement, il se peut que les Américains dans la soixantaine et au-delà n’aient pas un niveau de compréhension des réseaux sociaux suffisant pour repérer la fiabilité des informations publiées. Il est également possible qu’avec l’âge, l’affaiblissement de la mémoire fasse que ces générations sont plus vulnérables à certains types de messages trompeurs.

Les jeunes ne sont pas les plus vulnérables
Ce constat appelle à de nouvelles recherches pour vérifier si des résultats similaires seraient obtenus dans d’autres pays, précisent les chercheurs. Par ailleurs, ils indiquent qu’un élément important n’a pas pu être pris en compte: la composition du fil d’actualité Facebook des personnes interrogées pendant la campagne présidentielle. En effet, l’algorithme joue beaucoup dans le fait d’être exposé à des fausses informations. Cette étude suppose finalement que les recherches sur les fake news ne doivent pas se concentrer uniquement sur les jeunes générations.