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Le coût de la rentrée scolaire stagne cette année

rentree scolaireLe budget alloué par les familles pour la rentrée 2019 sera globalement en stagnation, mais varie en fonction des classes selon une enquête de la Confédération syndicale des familles. Ainsi, le CP et le lycée sont moins chers cette année, alors que le collège est plus coûteux.

Le coût de la scolarité augmente de 0,17% comparé à la rentrée 2018 avec des disparités selon les niveaux, selon l’enquête annuelle de la Confédération syndicale des familles (CSF) basée sur l’analyse des réponses de 114 familles en France.

Les parents devront débourser 159 euros en moyenne pour un enfant entrant au CP contre 165 euros l’année dernière, soit une baisse de près de 4%. En 2018, la rentrée avait été 10% plus chère.

Même tendance à la baisse d’un peu moins de 4% pour une rentrée en seconde où le panier moyen est de 389 euros en seconde générale et 395 en seconde bac pro sanitaire et social.

En revanche, les parents d’élèves entrant au collège mettront plus la main à la poche : la rentrée coûtera 361 euros pour les élèves de sixième (+ 5,6%).

La rentrée peut absorber 20% du budget familial
Le calcul du budget moyen par la CSF comprend les frais engagés pour les fournitures, les livres, les équipements sportifs et spécifiques ainsi que les frais annexes (coopérative, assurance …).

Pour un couple avec deux enfants, l’un entrant en 4e et l’autre en seconde, avec un salaire ouvrier et un Smic, la rentrée représente 20% du budget de septembre, selon la CSF. La part s’élève à 42% pour un parent seul touchant le RSA socle et qui a trois enfants entrant en CM2, 4e et seconde.

La CSF préconise une TVA à taux réduit sur les fournitures scolaires qui permettrait aux parents de faire des économies de 10 à 23 euros par enfant selon ses calculs. Elle demande aussi à nouveau la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire (ARS), qui sera versée mardi à environ 3 millions de familles.

L’ARS, qui aide les parents aux revenus modestes à payer cartables et autres fournitures, a été revalorisée d’environ 0,3% par rapport à l’an dernier. Elle est désormais de 368,84 euros pour les élèves de 6 à 10 ans, 389,19 euros pour les 11-14 ans, et 402,67 euros pour les 15-18 ans. Ces montants sont majorés d’environ 2 euros à Mayotte.

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Le premier téléphérique transfrontière au monde reliera la Russie à la Chine

téléphériqueUn projet inédit de téléphérique transfrontière est enclenché dans l’Extrême-Orient russe.

Ses télécabines relieront en 7 minutes la Russie à la Chine en enjambant le grand fleuve Amour qui sépare les deux nations en ce lieu. Un cabinet d’architecte néerlandais a été retenu pour concevoir la future gare côté russe.

Alors que les téléphériques urbains fleurissent dans le monde, c’est un projet totalement inédit qui prend corps en Asie, dans l’Extrême-Orient russe. Le premier téléphérique transnational au monde reliera bientôt la Chine et la Russie, enjambant le fleuve Amour, vraie frontière naturelle dans cette zone.

Longue de 970 mètres, la future liaison acheminera dès 2022, en moins de 7 minutes, des passagers entre les villes de Heihe en Chine et de Blagoveshchensk en Russie, situées sur chaque rive du fleuve. D’une capacité de 457 passagers par heure et de 6000 à 7000 passagers au quotidien, ce projet impliquera un investissement, côté russe, de plus de 3,5 milliards de roubles (49,68 millions d’euros).

Le début des travaux fut lancé symboliquement en juillet
« Dans le monde, il n’existe pas d’États reliés par un téléphérique au-dessus d’une rivière. Ce projet créera un effet multiplicatif par le développement des infrastructures touristiques » a expliqué Vassili Orlov, gouverneur de la région côté russe, rapporte le site d’information francophone chine-magazine.com.

Un événement solennel marquant le début des travaux de construction devait se tenir le 18 juillet dernier, le départ symbolique du projet étant donné depuis une barge flottant au milieu du fleuve Amour.

architecture téléphérique.jpg

C’est côté russe que le projet paraît cependant le plus avancé. Il est géré par Strelka KB, un cabinet-conseil en urbanisme et en stratégie basé en Russie. Le cabinet d’architectes néerlandais UNStudio a déjà été retenu pour la conception de la future gare de Blagoveshchensk en Russie d’où partiront et arriveront les cabines du téléphérique survolant le fleuve.

Les architectes néerlandais ont prévu un bâtiment comportant quatre niveaux et offrant une plate-forme d’observation surélevée au-dessus de l’Amour faisant face à la cité chinoise de Heihe de l’autre côté du fleuve. En revanche, l’architecte qui concevra, côté chinois, la future station accueillant les cabines à Heihe n’a pas encore été annoncé publiquement.

L’Amour, qui est souvent totalement gelé en hiver, constitue depuis toujours un lien entre les deux villes de Heihe et Blagoveshchensk. Les deux cités ont de ce fait multiplié les échanges commerciaux et les transports entre elles. L’arrivée d’un téléphérique devrait y ajouter la dimension des flux touristiques circulant entre ces deux cultures si proches géographiquement en cet endroit, mais si différentes.

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Plutôt que de les détruire, Amazon va donner les invendus

amazonLe géant du e-commerce va lancer le 1er septembre un programme s’adressant aux vendeurs tiers qui stockent leurs marchandises dans ses entrepôts aux États-Unis et au Royaume-Uni. Sauf opposition de leur part, les invendus seront donnés à un programme de charité.

Les images diffusées en début d’année par le magazine Capital sur M6 avaient choqué. On y voyait des tonnes de produits neufs, provenant des entrepôts d’Amazon dans le Loiret, mis à la benne en vue d’être détruits. Il s’agissait des marchandises invendues ou retournées par les clients appartenant à des vendeurs de la market-place, stockés par le géant du e-commerce.

Amazon va mettre fin à cette pratique, pour le moment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le e-commerçant vient d’annoncer le lancement de son programme « FBA », selon des informations de CNBC repérées par le Parisien. Il consiste à donner les marchandises invendues à des organisations caritatives. Ce sera l’option par défaut appliquée par Amazon à compter du 1er septembre quand les vendeurs tiers voudront se débarrasser de leur stock.

Des associations caritatives chargées de la redistribution
S’ils ne souhaitent pas participer à ce programme, ils devront donc le faire savoir à Amazon. Mais selon des témoignages de vendeurs recueillis par CNBC, ce programme de don serait financièrement intéressant. Actuellement, Amazon facture 50 centimes de dollars la restitution d’un invendu et 15 centimes sa destruction, d’où ce choix souvent adopté par les vendeurs.

Les marchandises invendues seront données sur le territoire américain au réseau Good 360, qui les redistribuera à des associations caritatives. Au Royaume-Uni, les bénéficiaires seront des organisations caritatives telles que Newlife, Salvation Army et Barnado’s. Amazon précise dans un communiqué qu’il se chargera de la logistique pour simplifier le processus de donation.

Selon le magazine Capital, ce sont plus de 3 millions de produits qui ont ainsi été détruits par Amazon en France au cours de l’année. Les États-Unis étant le plus gros marché d’Amazon, le nombre d’objets détruits serait donc bien supérieur. Pour apaiser les esprits, Amazon précise toutefois que la majorité des produits qui lui reste sur les bras sont revendus à des liquidateurs ou déjà donnés à des associations quand leur état le permet.

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Si la croissance résiste aux USA, c’est grâce aux consommateurs

croissanceGrâce aux nombreuses créations d’emplois, à l’augmentation des salaires, à la faible inflation, les Américains ont le moral et dépensent en masse.

Une vitalité qui permet de compenser la morosité du secteur industriel, frappé par l’affaiblissement de l’économie à l’étranger et les tensions commerciales avec la Chine.

L’économie des États-Unis montre des signes ambivalents, mêlant inquiétude et vitalité vis-à-vis du ralentissement mondial. Les consommateurs américains ont dopé leurs dépenses en juillet, les ventes au détail ayant grimpé de 0,7%, bien au-dessus des attentes des analystes. Magasins et distributeurs en ligne d’appareils électroniques, d’habillement et d’ameublement ont vu leurs ventes gonfler le mois dernier. Walmart, numéro un mondial de la distribution, qui annonçait ses résultats jeudi, a battu les prévisions de bénéfice au 2e trimestre et se montre optimiste pour le reste de l’année.

Si les ventes au détail ne représentent environ qu’un gros quart de la consommation, car les Américains dépensent davantage dans les services; elles donnent une première idée de l’évolution des dépenses de consommation des ménages.

Une consommation soutenue attendue au 3e trimestre
La consommation est la locomotive de l’économie américaine, générant 75% de la croissance du PIB. Alors que la croissance du Produit intérieur brut a atteint 2,1% en rythme annuel au 2e trimestre, l’expansion du 3e trimestre devrait se tasser un peu mais rester soutenue autour de 1,9%, selon la dernière projection de la banque centrale régionale d’Atlanta.

« Nous pensons que la solide confiance des consommateurs, les fortes créations d’emplois, la faible inflation et la croissance des salaires vont continuer à soutenir les dépenses de consommation au 3e trimestre, ce qui va contrebalancer le ralentissement de la croissance », a estimé Gregory Daco, économiste en chef pour les États-Unis d’Oxford Economics.

Une faible progression de la production industrielle
Car si l’optimisme semble de rigueur chez le consommateur, les industriels sont plus inquiets face à l’affaiblissement de l’économie à l’étranger et aux tensions commerciales. La production industrielle américaine s’est repliée en juillet (-0,2%) pour la seconde fois en quatre mois, plombée par un recul encore plus important (-0,4%) de la production manufacturière. Sur un an, de juillet 2018 à juillet 2019, la production industrielle, secteur cher à l’administration Trump qui veut « rendre à l’Amérique sa grandeur », n’a progressé que de 0,7%.

« Ce secteur manufacturier est en récession mais pas au point de menacer l’ensemble de l’économie », a commenté Ian Shepherdson, économiste en chef pour Pantheon Macroeconomics.

Pour Andrew Hunter, économiste pour Capital Economics, « la récession manufacturière s’est poursuivie au début du 3e trimestre. Mais les derniers chiffres donnent des raisons d’être optimiste, de même que les chiffres des ventes de détail ». « Il y a peu de signes que le malaise s’étende plus largement à l’économie », estime-t-il aussi.

Donald Trump lâche du lest dans son bras de fer avec la Chine
Consciente des signes d’affaiblissement de l’activité mais aussi de l’importance de la consommation pour la croissance, l’administration Trump a levé le pied dans l’escalade des tarifs douaniers avec la Chine. En début de semaine, le président américain a reporté à la mi-décembre l’imposition de taxes supplémentaires sur une partie des 300 milliards de dollars de marchandises chinoises importées qui devait entrer en vigueur dès le 1er septembre.

De son propre aveu, Donald Trump a admis ne pas vouloir mettre en danger la saison des achats de fin d’année. Une hausse des tarifs douaniers sur les produits de grande consommation, allant des téléphones aux jouets, tous fabriqués en Chine, risquerait en effet d’être répercutée sur les prix à la vente aux États-Unis.

« Les consommateurs sont dans la meilleure forme de tous les temps, avec plein d’argent », a lancé Donald Trump dans un tweet jeudi. Devant la presse plus tard dans la journée, Donald Trump a par ailleurs assuré que la prochaine session de négociations commerciales entre Pékin et Washington programmée début septembre était « toujours prévue ». « Nous parlons au téléphone, nous avons des entretiens productifs », a-t-il affirmé. Il a répété que la Chine « voulait parvenir à un accord » commercial et qu’il allait « bientôt » parler au président chinois Xi Jinping.

Alors que sur le front international, la conjoncture s’affaiblit,  l’activité en Allemagne et en Grande-Bretagne s’étant contractée au 2e trimestre,  les investisseurs se sont rués sur les bons du Trésor américains, provoquant une forte volatilité boursière et une chute des rendements sur les obligations d’État.

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Allemagne : la fin du miracle économique ?

angela merkelLe PIB de l’Allemagne s’est contracté au deuxième trimestre de 2019 et les entreprises tirent la sonnette d’alarme : les exportations reculent

Les beaux jours de l’économie allemande sont-ils en train de toucher à leur fin ?  L’Allemagne est-elle à la veille d’une récession ?  Depuis quelque temps, les indicateurs économiques sont au rouge et les rapports alarmants se succèdent. Celui de l’Office fédéral des statistiques est le dernier en date.

Après une décennie de forte croissante marquée par un taux de chômage très bas, des exportations record, une hausse régulière des salaires et de la consommation des ménages et des caisses de l’État pleines à craquer, les chiffres officiels sont en berne, comme le note l’Office fédéral des statistiques.

Pour le deuxième trimestre de cette année, le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne s’est contracté de 0,1 % par rapport au trimestre précédent et surtout la sonnette d’alarme  pour ce pays champion à l’exportation, les entreprises annoncent une nette réduction de leurs ventes à l’étranger. « Les exportations ont diminué plus fortement que les importations », confirme l’Office des statistiques.

Ces chiffres ne sont pas une surprise, mais la confirmation d’une tendance observée depuis quelque temps déjà. Les experts mettent en garde depuis un moment et annoncent un net ralentissement de la croissance dans ce pays traditionnellement meilleur élève de la classe européenne.

Au mois de mai déjà, l’hebdomadaire Der Spiegel faisait son titre de la gueule de bois prévisible. On y voit un aigle en train de scruter le fond vide d’une bouteille de champagne et cette légende : « Les années grasses sont terminées. Pourquoi le miracle économique allemand est menacé. » Pessimiste, alarmiste presque, le journal s’attend à ce que l’Allemagne glisse en deuxième division des grandes puissances économiques.

Pas de plan de relance en vue
Selon le dernier rapport de la Bundesbank, la banque centrale allemande, la raison principale de cet essoufflement réside dans la chute des exportations qui représentent presque la moitié du PIB de ce pays troisième exportateur au monde. Et pas d’amélioration en vue. Les analystes estiment que cette tendance va se poursuivre pour le troisième trimestre 2019 déjà entamé, ce qui confirmerait officiellement la récession, définie comme une contraction du PIB pendant deux trimestres consécutifs.

Le ralentissement de l’économie mondiale, les incertitudes face à la guerre commerciale entre les USA et la Chine et les conséquences d’un Brexit imminent et brutal, voilà les facteurs responsables de cette détérioration. C’est avant tout l’industrie automobile allemande qui trinque. Trump, estiment les analystes, touche au cœur le succès du modèle allemand.

Et que fait le gouvernement face à cette situation préoccupante ?  Il continue de prêcher l’épargne. Il est exclu, vient de décider Angela Merkel, de s’endetter pour mettre en place un plan de relance destiné à revigorer l’économie. Pas question par conséquent de délier les cordons de la bourse de l’État pour le moment. La chancelière reconnaît que son pays traverse « une phase difficile » et attribue ce coup de mou aux tensions commerciales internationales ainsi qu’aux « nombreuses erreurs » commises par l’industrie automobile allemande.

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Le biodiesel indonésien à base d’huile de palme sera taxé par l’Union européenne

union europeenneLa Commission européenne a décidé  mardi d’imposer des droits de douane sur les biocarburants en provenance d’Indonésie, qu’elle estime subventionnés par des aides d’État. Les taxes sur ces importations vont de 8 à 18%.

Le torchon brûle entre l’Indonésie et l’Union européenne autour des importations de biocarburants en provenance de ce pays d’Asie, qui produit, avec la Malaisie, 85% de l’huile de palme mondiale, utilisée notamment pour produire du biodiesel importé sur le Vieux continent.

« Une enquête poussée de la Commission a mis en lumière que les producteurs de biocarburants indonésiens bénéficient de subventions, d’avantages fiscaux et d’accès à des matières premières à des prix inférieurs à ceux du marché. Cela fait peser une menace de préjudice économique sur les producteurs de l’UE », souligne la Commission européenne. La nouvelle réglementation, publiée au Journal officiel, impose des taxes de 8% à 18% sur les importations de biocarburants subventionnés.

Les importations d’Indonésie atteignent 400 millions d’euros
L’exécutif européen précise que ces droits compensatoires sont provisoires et que ses investigations se poursuivent, avec la possibilité d’imposer des mesures définitives d’ici la mi-décembre 2019.

La Commission indique également que son enquête ne se limite pas au marché de l’huile de palme, principale source pour les biocarburants d’Indonésie, mais à toute aide publique, quelle que soit la matière première utilisée.

Selon les chiffres de la Commission, le marché européen du biocarburant pèse 9 milliards d’euros par an, et les importations en provenance d’Indonésie représentent jusqu’à 400 millions d’euros. Cette mesure a été immédiatement saluée par l’EBB, l’Association des producteurs de biodiesel européens, qui avait porté l’affaire devant la Commission.

L’Indonésie menace de mesures de rétorsion
« C’est un pas important dans la bonne direction pour mettre un terme au commerce inéquitable de biocarburants au niveau international », s’est félicité Raffello Garofalo, secrétaire général de l’EBB. « Ceci n’est pas le début d’une guerre commerciale entre l’UE et l’Indonésie, comme certains le disent : les taxes viennent simplement mettre fin à des pratiques déloyales qui font du mal à l’industrie manufacturière de l’UE en général, et aux producteurs d’énergies renouvelables en particulier », a-t-il ajouté.

En fin de semaine dernière, le ministre du Commerce de l’Indonésie avait menacé d’augmenter les taxes douanières sur les importations de produits laitiers européens en représailles à la volonté de l’UE de taxer davantage le biodiesel fabriqué à base d’huile de palme. La proposition de taxation supplémentaire sur le biodiesel indonésien représentait selon lui un « traitement inéquitable ».

L’Indonésie et la Malaisie, qui produisent quelque 85% de l’huile de palme mondiale, protestent régulièrement contre la politique européenne à l’égard de l’huile de palme. Les deux pays d’Asie du Sud-Est se sont montrés très critiques récemment après la publication d’un texte réglementaire classant au sein de l’UE l’huile de palme dans les biocarburants non durables.

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Pourquoi la Chine veut lancer sa propre cryptomonnaie

pourquoi-la-chine-veut-lancer-sa-propre-cryptomonnaie.jpgLa Chine planche sur l’équivalent d’un « crypto-yuan » depuis cinq ans déjà. D’après l’un des responsables de la Banque centrale chinoise, le projet serait désormais « presque prêt ».

Aucune date de sortie officielle n’a encore été communiquée. Mais le projet serait sur les rails depuis près de cinq ans et « presque prêt », selon les mots de l’un des responsables de la Banque populaire de Chine (BPC). Le pays envisage de lancer sa propre cryptomonnaie nationale, rapportent plusieurs médias. Concrètement, il s’agit pour la Chine de créer, sous forme d’application mobile, un portefeuille virtuel qui permettrait de convertir depuis son smartphone des yuans en l’équivalent de « crypto-yuans ».

Pour rappel, les cryptomonnaies sont des monnaies numériques, sécurisées et a priori décentralisées. Leur cours ne dépend en théorie d’aucune banque ni d’aucun gouvernement. Celui du bitcoin, la plus connue d’entre elles, varie par exemple en fonction de l’offre et de la demande, et également du nombre de bitcoins en circulation. Le crypto-yuan chinois serait une exception à cette règle. Il serait en l’occurrence centralisé, adossé sur le yuan et entièrement contrôlé par le gouvernement chinois.

« Remplacer l’argent liquide »
Ce projet n’a rien d’anecdotique pour Pékin, la Chine voit en cette cryptomonnaie un moyen de réduire la dépendance de son économie au dollar et de se prémunir des sanctions économiques américaines, à l’heure où les deux pays se livrent à une intense guerre commerciale.

D’après les mots de Fan Yifei, le gouverneur de la Banque populaire de Chine, cette monnaie numérique constituerait surtout une alternative de taille pour « remplacer l’argent liquide ». Le lancement de cette cryptomonnaie rime également avec une surveillance accrue du gouvernement chinois sur les transactions réalisées dans le pays.

Enfin, le crypto-yuan est vu comme une réponse à l’offensive des géants de la tech dans le secteur des cryptomonnaies. Le dévoilement, mi-juin, de la cryptomonnaie de Facebook a servi de catalyseur dans le pays. Le directeur de la BPC avait en réaction indiqué donner un coup d’accélérateur au projet de cryptomonnaie nationale, relevait le South China Morning Post.

De nouvelles informations sont néanmoins attendues pour saisir l’ensemble des applications possibles de cette cryptomonnaie. Les contours du cryptoyuan restent en effet flous à l’heure actuelle. « Il s’agit plus d’une représentation digitale d’une monnaie banque centrale que d’une vraie « cryptomonnaie », note par ailleurs Simon Polrot, spécialiste des questions juridiques liées aux cryptomonnaies, auprès de BFM Tech. « La BPC précise même que la technologie blockchain serait plus ou moins accessoire et ne serait pas la seule utilisée.

Depuis 2014
Pour la BPC, les premiers travaux sur la création d’une cryptomonnaie nationale remontent à 2014. A l’époque, le bitcoin valait l’équivalent de 500 dollars. Après de très importantes phases fluctuations, il est récemment repassé au-dessus des 11.000 dollars.

L’annonce donne un éclairage nouveau à plusieurs initiatives prises par la Chine vis-à-vis des cryptomonnaies. Le pays serre depuis 2017 la vis sur ce secteur en expansion. Début avril, la principale autorité de planification économique du pays envisageait d’interdire purement et simplement le minage de bitcoin. Cette activité, très gourmande en électricité, met à profit la puissance de calcul des ordinateurs pour créer cette monnaie numérique.

Quelques mois auparavant, les ICO (pour « initial coin offerings »), qui qualifient des levées de fonds en cryptomonnaies, avaient été interdites dans le pays. Des plateformes de transactions ont également été fermées. Enfin, des entreprises en pointe dans le secteur se sont vues forcées de délocaliser leurs activités. La Chine faisait notamment valoir la peur de fuites de capitaux pour justifier ces décisions. Mais de telles restrictions ont très vraisemblablement servi à préparer le terrain pour le lancement de son propre crypto-yuan.