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Affaire Grégory : l’avocat de la famille appelle les « gens qui savent la vérité à briser le silence »

affaire gregoryAprès l’annulation, la semaine dernière, de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, l’avocat des parents de Grégory Villemin demande aux habitants de la vallée de la Vologne de faire « éclore la vérité ».

Saura-t-on un jour la vérité sur l’affaire Grégory, l’un des dossiers les plus énigmatiques de l’histoire criminelle en France ?  L’avocat de ses parents, en tout cas, ne désespère pas. Invité lundi soir de l’émission L’heure du crime sur RTL, Thierry Moser, a lancé un appel à témoin aux Vosgiens pour faire « éclore la vérité ».

« C’est moralement monstrueux de se taire »
Thierry Moser, qui représente Christine et Jean-Marie Villemin s’est dit « convaincu que dans cette région de Lépanges, il y a des gens qui savent la vérité ». L’avocat a donc lancé un « appel à témoin » : « J’invite ces gens à briser le silence, à sortir du silence et à nous aider à faire éclore la vérité. Parce que je rappelle quand même qu’il s’agit de l’assassinat d’un petit enfant de quatre ans et je dis que c’est moralement monstrueux de se taire alors que peut-être on a des révélations à faire ».

« Crime collectif »
Il a par ailleurs indiqué que ses clients sont persuadés que la mort de leur fils est une œuvre collective: « Nous sommes convaincus, mes confrères et moi, ainsi que Christine et Jean-Marie, que Bernard Laroche a enlevé l’enfant, que Murielle Bolle se trouvait dans le véhicule avec sa belle-sœur au moment de l’enlèvement. » Et d’ajouter : « Nous pensons que nous sommes en présence d’un crime collectif [dont] Bernard Laroche est l’un des rouages ».

L’enquête se poursuit désormais à Dijon. Également interrogé mardi par France info, le représentant des époux Villemin estime que la « combativité » de ses clients doit finir par payer : « Je voudrais que la tragédie de la Vologne fasse partie de ces dossiers dont on dira dans quelques temps que la persévérance a payé, et que la combativité des époux Villemin a été récompensée. »

35 ans d’errements judiciaires
Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, est découvert dans la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Son oncle a reçu quelques heures plus tôt un appel téléphonique anonyme revendiquant l’assassinat. Le lendemain, les parents du petit garçon, Jean-Marie et Christine Villemin, reçoivent la lettre d’un « corbeau » : « J’espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n’est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance. Pauvre con. »

35 ans plus tard, le nom du ou des assassins n’est toujours pas connu. L’affaire a connu de multiples rebondissements, dont le dernier en date, celui de l’annulation de la garde à vue de Murielle Bolle en 1984, fragilise encore un peu plus une procédure entachée d’errements judiciaires.

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Inscriptions sur Parcoursup : ce qui change cette année

Les élèves de terminale qui souhaitent entamer des études supérieures et les étudiants en réorientation peuvent s’inscrire dès ce mercredi sur Parcoursup. Ils ont jusqu’au 12 mars pour formuler leurs vœux. Après, il sera trop tard.

Parcoursup

Coup d’envoi de la première étape sur Parcoursup. À partir de ce mercredi et jusqu’au 12 mars, les élèves de terminale et étudiants en réorientation peuvent s’inscrire sur la plateforme d’orientation dans l’enseignement supérieur et formuler leurs vœux.

15.000 formations
Au total, quelque 15.000 formations sont proposées, ce qui représente l’ensemble des formations post-bac reconnues par l’État. Cette année, Parcoursup propose notamment 600 nouvelles formations, comme les licences sélectives de l’Université Paris-Dauphine, les dix instituts d’études politiques, de nouvelles écoles de commerce ou de management ainsi que les instituts de formations aux professions paramédicales.

Comme l’assure le ministère, qui met en avant une procédure « raccourcie » et « accélérée », chaque formation est présentée sous la forme d’une fiche détaillée actualisée permettant aux candidats « de consulter des informations essentielles avant de faire leurs choix », notamment les attendus, les critères généraux d’examen des dossiers, les débouchés ainsi que le taux d’accès à la formation l’année dernière.

Quid de la Paces ?
La première année commune aux études de santé (Paces) est remplacée par deux voies d’accès aux études de médecine : la licence avec option accès santé (LAS) constituée d’une majeure, comme le droit ou l’économie, et d’une mineure « santé » ainsi que le parcours spécifique accès santé (Pass), l’équivalent de la Paces, qui permettra à l’étudiant de poursuivre ses études dans n’importe quelle spécialité.

Dix vœux
Il est possible de formuler jusqu’à dix vœux, « avec des possibilités de sous-vœux selon les formations » comme les classes préparatoires aux grandes écoles ou les Instituts de formation en soins infirmiers pour lesquels il s’agit de formuler un vœu multiple, précise le site consacré à l’orientation dans le supérieur. De manière générale, il est fortement recommandé de ne pas formuler qu’un seul vœu ni de ne candidater qu’à des filières sélectives.

Pour chaque vœu, lycéens et étudiants devront détailler leur motivation. Il s’agit d’expliquer « pourquoi vous avez retenu une formation » et « quels sont vos atouts pour y réussir: qualités et compétences, intérêt, démarches conduites (entretiens, recherches sur Internet) pour connaître cette formation » en 1500 caractères maximum, indique encore Parcoursup.

Les candidats peuvent par ailleurs communiquer des informations relatives à leurs centres d’intérêt, expériences professionnelles ou compétences extra-scolaires,  tels que engagements associatifs, séjours linguistiques, pratique culturelle ou sportive, Bafa ou encore formation aux premiers secours  dans une rubrique dédiée. Autant d’informations pour permettre « de se démarquer, de parler davantage de soi et mettre en avant des qualités ou des expériences qui vous sont propres et qui ne transparaissent pas dans les bulletins scolaires ».

Le calendrier
Après le 12 mars minuit, il ne sera plus possible de formuler de nouveaux vœux ou d’en remplacer. Mais il sera toujours possible d’en supprimer. Les candidats auront jusqu’au 2 avril pour confirmer chacun des vœux et finaliser leurs dossiers. Ensuite, entre les mois d’avril et mai, les formations examineront les dossiers des candidats. Et les premières propositions d’admission tomberont à partir du 19 mai.

Comme l’année dernière, la procédure sera suspendue durant les épreuves écrites du baccalauréat, c’est-à-dire entre le 17 et le 24 juin. Cette phase principale d’admission s’achèvera le 17 juillet. La phase complémentaire, pour les candidats qui n’auraient obtenu que des refus, sera quant à elle ouverte du 25 juin au 11 septembre.

« Oui », « oui si », ou « en attente »
Si la formation répond « oui », cela signifie que le candidat est accepté sans condition. Si la réponse est « oui si », il devra suivre un parcours d’accompagnement pédagogique ou personnalisé – quelque 218.000 remises à niveau, parcours de soutien ou tutorat ont été proposés l’année dernière.

Des réponses « en attente » pourront également apparaître : les formations qui ont plus de candidats que de places disponibles les classent en fonction de leur dossier. Dans ce cas, le candidat pourra obtenir certaines informations afin d’estimer ses chances d’être accepté : sa position dans la liste d’attente, le nombre total de candidats dans la liste, le nombre de places dans la formation ou encore la position du dernier candidat qui a reçu une proposition d’admission l’année dernière. Le candidat  ainsi que ses parents et son établissement  sera informé des réponses de formation par mail, SMS et sur son compte Parcoursup.

Quand répondre ?
Du 19 au 23 mai, les candidats auront cinq jours pour répondre aux propositions reçues. Mais à partir du 24 mai, ils n’auront plus que quatre jours et, le lendemain, le délai sera réduit à trois jours. Parcoursup met en garde : « Si vous ne répondez pas à une proposition d’admission dans les délais prévus, vous perdez toutes les propositions d’admission qui vous sont faites (sauf celle déjà éventuellement acceptée) et vos vœux en attente. »

Le candidat sur liste d’attente pourra hiérarchiser ses vœux grâce à une option « répondeur automatique », disponible dès le 19 mai  un mois plus tôt qu’en 2019  qui lui permettra de ne pas se connecter tous les jours à la plateforme.

Entre le 29 juin et le 1er juillet, le candidat devra confirmer ou non les vœux en attente qui l’intéressent toujours. Ce point d’étape,  un seul au lieu de trois l’année dernière  est « obligatoire » à l’exception des candidats ayant déjà accepté une formation, ajoute Parcoursup. Sans réponse, tous les vœux en attente seront perdus.

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Six ans après, Hayange condamnée pour avoir peint une œuvre en bleu

La commune d’Hayange, en Moselle, a été condamnée à payer 4.000€ pour avoir repeint l’œuf de l’artiste Alain Mila en bleu, en 2014.

L’affaire avait fait scandale en Moselle et était remontée jusqu’à Paris : quelques mois à peine après son élection en 2014, le maire FN d’Hayange, Fabien Engelmann, avait fait repeindre en bleu ciel « l’œuf » de l’artiste Alain Mila, une sculpture en fer et granit qui trônait à deux pas de l’église Saint-Martin depuis 2001. Le but : égayer la ville.

Offusqué par ce qu’il considérait être des provocations de la part du maire (l’œuvre avait ensuite été déplacée sans son autorisation pour être décapée au sein de l’atelier municipal), l’artiste avait réclamé 10.000€ pour préjudice moral. Il s’était d’ailleurs livré dans une tribune, intitulée « Une mairie FN repeint mon oeuvre : ma fontaine est devenue un vulgaire oeuf Kinder. »

Six ans plus tard, la justice a livré son verdict : le tribunal de Nancy a condamné la ville à une amende de 4.000€ pour violation du droit moral de l’auteur et du droit au respect et à l’intégrité d’une œuvre, rapporte le Républicain Lorrain.

Acquis par l’ancienne municipalité socialiste, « l’œuf bleu » avait été déclassé du domaine public par la commune et remplacé par une fontaine d’occasion. Il n’a jamais quitté l’atelier.

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Le gouvernement confirme la hausse de +2,4% des tarifs de l’électricité au 1er février

electricitéLe gouvernement a prévu d’appliquer au 1er février la hausse de 2,4% des tarifs réglementés de l’électricité (tarifs bleus résidentiels et ceux applicables aux petits professionnels). Deux hausses ont déjà eu lieu l’an passé en juin (+5,9%) et août 2019 (+1,23%).

« Compte tenu de l’évolution modérée du tarif, et afin d’éviter d’engendrer de nouveaux rattrapages, il est prévu que le nouveau tarif entre en vigueur au 1er février 2020 », a indiqué le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Cette hausse reflète « notamment l’augmentation du coût de l’approvisionnement sur les marchés », mais aussi « la prise en compte du rattrapage sur deux ans de l’écart entre coûts et tarifs au cours de l’exercice 2019 » selon un avis de la Commission de régulation de l’énergie (CRE)

Celle-ci a proposé cette hausse de 2,4% TTC pour les tarifs bleus résidentiels et ceux applicables aux petit professionnels. Le gouvernement a choisi de l’appliquer dès le 1er février plutôt que de faire jouer un délai de trois mois pour la mettre en œuvre.

La hausse de février 2020 en partie dûe au décalage de 2019
L’an dernier, en pleine crise des « gilets jaunes », le gouvernement avait ainsi temporisé et gelé les tarifs pendant l’hiver. La forte hausse de 5,9% proposée alors par la CRE n’avait ainsi été appliquée qu’au 1er juin. Une hausse supplémentaire de 1,23% était intervenue en août 2019.

« Ce décalage doit à présent être rattrapé pour couvrir les coûts de fourniture », souligne-t-on au ministère. La hausse de 2,4% au 1er février est ainsi « notamment composée d’un rattrapage de 1,5% lié au décalage de l’entrée en vigueur du tarif en 2019 », selon la même source.

La nouvelle hausse des tarifs réglementés de vente (TRV) commercialisés par EDF doit représenter une augmentation de l’ordre de 21 euros par an pour la facture moyenne d’un consommateur résidentiel, selon la CRE et le ministère.

« Les consommateurs résidentiels français bénéficient en moyenne d’une électricité beaucoup moins chère que la moyenne européenne et près de 60% moins chère que les consommateurs résidentiels allemands », avance le gouvernement pour justifier cette troisième hausse du tarif réglementé en huit mois.

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Affaire Gregory : «Nous sommes convaincus que Bernard Laroche l’a enlevé»

L’avocat des parents du petit Grégory, tué en octobre 1984 dans l’est de la France, lance un appel à témoins. «Il y a des gens qui savent la vérité», estime-t-il.

Un nouvel épisode est venu s’ajouter la semaine dernière à l’interminable affaire Grégory, cet enfant de 4 ans retrouvé mort dans la Vologne en octobre 1984. Jeudi dernier, la cour d’appel de Paris annulait la garde à vue de Murielle Bolle, qui avait été entendue alors qu’elle n’avait que 15 ans. Il était notamment reproché aux gendarmes de l’avoir interrogée sans la présence d’un avocat et de ne pas lui avoir notifié son droit au silence. La chambre de l’instruction de la cour d’appel n’a en revanche pas annulé les déclarations de l’adolescente.

murielle bolleLors de ce fameux interrogatoire, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d’avoir kidnappé le garçonnet en sa présence. Elle avait ensuite répété ses propos devant le juge d’instruction, avant de se rétracter en dénonçant la pression des gendarmes. La rumeur continue cependant d’affirmer qu’en réalité, la jeune fille avait été violentée par sa famille après ses aveux. Et que c’était par peur qu’elle aurait finalement décidé de se rétracter. Depuis ce spectaculaire revirement, Murielle Bolle ne cesse de clamer l’innocence de Bernard Laroche, abattu par le père de Grégory en 1985.

«Moralement monstrueux de se taire»
La décision de la cour d’appel de Paris n’a pas entamé la persévérance des époux Villemin, Jean-Marie et Christine, les parents du petit garçon. Au contraire, ils sont satisfaits que l’enquête ne soit pas bloquée et qu’elle puisse suivre son cours. Interrogé par RTL, leur avocat s’en remet aux personnes susceptibles de pouvoir les aider : «Je lance un appel à témoin. Je suis convaincu que dans cette région de Lépanges, il y a des gens qui savent la vérité et j’invite ces gens à briser le silence», indique Me Thierry Moser. L’avocat ajoute estime qu’il est «moralement monstrueux de se taire alors que peut-être on a des révélations à faire».

Le représentant des Villemin ne s’en cache pas : ses clients et lui-même sont persuadés que Murielle Bolle avait dit la vérité lors de sa garde à vue. «Nous sommes convaincus que Bernard Laroche a enlevé l’enfant et que Murielle Bolle se trouvait dans le véhicule au moment de l’enlèvement», affirme-t-il, évoquant un «crime collectif». L’avocat indique cependant qu’il ne compte pas insister pour que Murielle Bolle soit à nouveau mise en examen. «Nous pensons que (cette) gamine de 15 ans a pu ne pas réaliser que Laroche participait à la commission d’un crime», estime Me Moser.

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Bernard Tapie : les matchs de sa vie

BFMTV a diffusé ce lundi soir son nouveau long reportage intitulé « Bernard Tapie : les matchs de sa vie » dans l’émission « Ligne Rouge ». Un reportage qui retrace la ou plutôt les vies de l’homme d’affaires, de vendeur de télé à ministre.

Bernard Tapie

« Il n’y a pas un scénariste au monde qui oserait écrire un scénario aussi fou que tout ce qui est arrivé à Bernard. » Le réalisateur Claude Lelouch est bien placé pour livrer un aperçu de la vie de Bernard Tapie, lui qui l’a fait tourner dans son premier film et qui le retrouvera une nouvelle fois au cinéma, dans ce qui pourrait être sa dernière œuvre. L’homme d’affaires lutte depuis des années contre un double cancer de l’œsophage et de l’estomac, le dernier combat d’une vie, ou plutôt de ses vies.

En 1966, Bernard Tapie a 23 ans, et se fait surnommer Bernard Tapy (prononcer Tapaille). Le jeune homme s’essaie à la musique, trois 45 tours plus tard, il abandonne. Loin de déprimer, il se lance dans une nouvelle aventure : la vente de télévision. Le commerce, une vocation pour Bernard Tapie, originaire d’un milieu ouvrier, qui rencontre ses premiers succès en faisant du porte-à-porte. Rapidement, il ouvre un magasin près de la Gare de l’Est. L’entrepreneur Tapie est lancé.

« Ce sont des origines modestes. J’ai connu le père et la mère. La maman c’est un personnage formidable et très important. Elle était en admiration devant son fils. Quand vous êtes aimé comme il a été aimé par sa maman, il n’y a rien qui vous arrête, confie Benoît Bartherotte, ancien ami de Bernard Tapie. Il vendrait une bouse à une vache. »

Le « chasseur »
La première bataille de Bernard Tapie est celle de l’argent. « Avec un avocat, qui n’est autre Jean-Louis Borloo, ils mettent au point un système par lequel ils rachètent les sociétés décrépites ou en presque faillite » détaille Denis Demonpion, journaliste, auteur de « Tapie-Sarkozy : les clefs du scandale« . L’homme d’affaires a également des contacts au tribunal de commerce qui lui fournissent les bonnes informations. La Vie Claire, Teraillon, Testut, plus qu’un entrepreneur ou un manager, Bernard Tapie se fond en « chasseur », à la recherche de la bonne affaire.

« Ce qu’il a compris dans la vie c’est qu’il fallait racheter une marque et que le potentiel et la notoriété de la marque étaient plus importants que tout le reste », note Christophe Bouchet, auteur de « L’aventure Tapie ».

Une recherche de notoriété qu’il pousse jusqu’à lui-même pour imposer la marque Tapie. Car à travers ses activités, Bernard Tapie recherche la lumière. Une nouvelle expérience musicale, des apparitions dans les émissions-phare des années 80, puis une tentative de battre le record de la traversée de l’Atlantique à la voile. Au cœur de ces activités, si diverses qu’elles soient, un point commun: la rage de réussir. Il y parviendra en 1985 avec son équipe de cyclisme La Vie Claire. Cette année-là, sous les couleurs de cette équipe, Bernard Hinault remporte son cinquième Tour de France.

« Le fait que le patron vienne manger à la même table, et qu’il n’était pas trois tables plus loin en train de manger du caviar ou du foie gras, pour nous c’était très bien. Il n’y avait pas la différence entre les champions et les équipiers », raconte le champion.

La réussite au cœur de la méthode
La méthode Tapie fonctionne également avec l’Olympique de Marseille qu’il rachète en 1986. « Cet homme aurait pu être un gourou, tellement il était fort dans tout ce qui est relation humaine et tirer le maximum des gens, se souvient Eric Di Meco, ancien joueur de l’OM. (…) Il nous mettait une telle pression, il était tellement malin dans ce qu’il nous disait avant le match qu’on était motivé. Quand il n’était pas là, c’était le Club Med. » Preuve de cette réussite qu’il met en scène : la victoire de son club en Ligue des Champions, le seul club français encore détenteur de ce trophée à ce jour.

A Marseille, l’homme d’affaires est adulé, mais regarde plus haut. Et le pouvoir lui fait du pied. « Il y a une forme de respect de l’animal chez Tapie, et réciproquement chez François Mitterrand séduit par le fauve, l’animalité », décrypte Christophe Bouchet. En 1988, Bernard Tapie est candidat aux Législatives à Marseille. Une nouvelle aventure loin de l’effrayer. « J’étais pas surprise, j’étais horrifiée, se souvient Noëlle Bellone. Horrifiée parce que déjà je n’avais pas été embauchée pour ça, et puis je lui dis ‘Bernard, pourquoi moi ? J e n’ai pas l’habitude des campagnes électorales.’ Lui d’ailleurs non plus. »  « Il me dit ‘mais Noëlle c’est comme gagner une entreprise, un business plan, il faut qu’on gagne' », ajoute la secrétaire générale du groupe Bernard Tapie.

L’affaire VA-OM : le début de la chute
En politique aussi, le businessman prend le dessus, sa méthode fonctionne encore. Après l’Assemblée nationale en 1989, Bernard Tapie fait son entrée au gouvernement en 1992 lorsqu’il est nommé ministre de la Ville. Dans le même temps, une enquête est ouverte pour des soupçons de truquage du match Valenciennes-OM. Pas de quoi ébranler le « fauve » dont les combats vont glisser sur le terrain de la justice.

« Il a fait irruption dans mon bureau, en m’expliquant qu’il était un peu en retard, qu’il venait de quitter le président de la République, se souvient Eric De Montgolfier, ancien procureur de Valenciennes. Il a brossé le décor. Il y a quelques phrases qui me reviennent encore parce que c’était un peu grossier comme procédé. ‘Un homme comme vous, dans un si petit poste, vous méritez mieux’. Il cherchait manifestement à m’impressionner. »

La tentative de pression ne fonctionne pas et Bernard Tapie sera finalement condamné à 8 mois de prison ferme. Incarcéré, il ne perd pas de son aura, comme se rappelle Jacques Séguéla. Le publicitaire entend encore les « Allez l’OM, Allez Tapie », scandés par les autres détenus quand il venait voir Bernard Tapie au parloir. Mais les ennuis s’accumulent et il est également condamné pour abus de biens sociaux, fraude fiscale, faux et usage de faux. Au point que depuis cette époque, le nom de Bernard Tapie réapparaît régulièrement dans les pages « justice » des journaux.

Il s’agit du plus long combat de sa vie. En 2008, après une procédure d’arbitrage controversée pour trancher le dossier de la vente d’Adidas au Crédit Lyonnais, Bernard Tapie touche 403 millions d’euros dont 45 millions d’euros au titre de préjudice moral. Loin de se faire discret, Bernard Tapie rachète le quotidien La Provence, dépense beaucoup d’argent : un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, une villa à Saint-Tropez ou encore un yacht de luxe. « Il est irrécupérable, il est trop grave », se dit alors Benoît Bartherotte, son ancien ami.

Sa bataille contre le cancer
Pour gagner cette bataille, Bernard Tapie est soupçonné d’avoir manœuvré au plus haut niveau de l’Etat. Cette année encore, l’affaire a fait reparler d’elle. En mars dernier, Bernard Tapie était convoqué devant le tribunal correctionnel de Paris. Accusé « d’escroquerie » et de « détournement de fonds publics », il a été relaxé en juillet dernier. Une décision qui clôt une nouvelle étape car le parquet a fait appel. Le prochain round, Bernard Tapie promet de l’aborder avec autant de combativité.

« C’est un bagarreur, rappelle Pierre Arditi, qui a tourné avec lui dans Hommes, femmes : mode d’emploi. La faucheuse elle va avoir fort à faire j’espère même qu’elle va s’en prendre plein la guerre et que mon petit camarade lui fera un pied de nez l’heure venue. » Car Bernard Tapie lutte depuis 2017 contre un double cancer. Soigné à Marseille, il est traité par MRIdian, une machine à la pointe de la technologie. « Ce qui m’a frappé chez lui, c’est son élan vital qu’on voit chez tous les patients qui sont atteints d’une grave maladie. Il a décidé que la maladie ne l’abattrait pas », juge le professeur Patrick Bacqué, doyen de la faculté de médecine de Nice.

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Des associations de consommateurs veulent faire interdire le démarchage téléphonique

Des associations de consommateurs veulent faire interdire le démarchage téléphoniqueUne pétition lancée ce 20 janvier vise à faire évoluer le projet de loi encadrant le démarchage téléphonique, jugé trop peu protecteur pour le consommateur.

Plusieurs associations de défense des consommateurs ont annoncé lundi le lancement d’une pétition sur le thème du démarchage téléphonique, appelant les pouvoirs publics à interdire cette pratique qualifiée d' »intrusive » et de « non désirée par les consommateurs ».

« La recrudescence du démarchage téléphonique (…) exige une action ferme des pouvoirs publics pour couper court aux pratiques toxiques », dénoncent dans un communiqué commun l’ADEIC, l’AFOC, l’ALLDC, la CSF, le CNAFAL, la CLCV, Familles Rurales, l’UFC-Que Choisir et l’UNAF.

Cette initiative intervient au moment où l’Assemblée nationale se prépare à discuter le 30 janvier prochain, en deuxième lecture, d’une proposition de loi sur cette question. « Pourtant, en l’état, le texte souffre cruellement d’ambition et risque même d’aggraver la situation, d’où notre appel à la mobilisation des consommateurs, premières victimes d’un véritable harcèlement commercial », s’alarment les associations.

Bloctel jugé inefficace
« Les secteurs qui recourent le plus au démarchage sont ceux qui concentrent les litiges de consommation avec des montants qui peuvent être très significatifs », dénoncent ces associations, qui ambitionnent d’atteindre 50.000 signatures pour la pétition.

En France, à l’heure actuelle, chacun peut être démarché, sauf s’il a inscrit son numéro au fichier Bloctel, service mis en place mi-2016 qui permet de ne plus être dérangé par des appels non souhaités. Quelque 3,7 millions de consommateurs et 700 entreprises avaient souscrit au dispositif Bloctel en 2018.

Le démarchage téléphonique n’a toutefois « pas été limité par Bloctel. Quatre ans après sa mise en place, le dispositif s’avère inefficace en raison de dérogations bien trop extensives et de sanctions insuffisamment dissuasives », poursuivent les associations.

En ce qui concerne le texte qui doit être prochainement discuté à l’Assemblée, celui-ci « cautionne la logique du droit d’opposition (opt-out) de Bloctel, dont l’inefficacité est notoirement constatée par les consommateurs », soulignent les associations.

L' »opt-out », c’est lorsque le destinataire d’une publicité ne s’est pas opposé : s’il n’a pas dit « non », c’est « oui », rappelle sur son site internet la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

Mais en outre, le texte « élargit les possibilités de dérogation à l’interdiction du démarchage téléphonique pour les personnes inscrites sur Bloctel », tancent encore les associations.

En effet, selon elles, « toutes les entreprises avec lesquelles le consommateur inscrit à Bloctel a, ou a eu, une relation contractuelle pourraient le démarcher : “contrat un jour, démarché toujours « , s’insurgent les associations qui appellent les parlementaires à « interdire purement et simplement cette pratique ».