Publié dans Texte Actualité divers

Le dieu Fuxi emprisonné dans la roche

le-dieu-fuxi.jpgDans la province du Hubei en Chine, se trouve une magnifique représentation de la divinité chinoise Fuxi.

Une sculpture de plusieurs centaines de mètres incrustée dans la roche.

Xiangyang est surveillée par un drôle de personnage. Sur les hauteurs de cette cité du nord-ouest de la province du Hubei, se trouve la sculpture d’une des divinités majeures de la mythologie chinoise ancienne. Il s’agit de Fuxi, dont le corps, aurait été inhumé dans cette ville de 5,8 millions d’habitants, d’après la chaîne de télé chinoise CGTN. Taillé dans la roche, son visage mesure plus de 70 mètres de haut pour 230 mètres de large.

«Fuxi passe pour un des démiurges qui façonna le monde et inventa les trigrammes divinatoires qui servent à lire l’avenir selon les plus anciens textes», nous explique Rémi Mathieu, directeur de recherche émérite au CNRS où il a fait toute sa carrière. «On lui prête d’ailleurs de multiples inventions, comme celle de la cithare, mais aussi celle des règles matrimoniales, entre autres choses.

Il est, avec son épouse Nügua et l’Empereur Jaune (Huang di), l’un des trois empereurs augustes censés avoir fondé le monde et surtout la Chine, centre du monde», poursuit M. Matthieu, qui a publié de nombreuses études sur l’Antiquité chinoise dans les domaines touchant à la mythologie, l’histoire, la poésie et la philosophie.

Meng Haoran
A quelques centaines de mètres de Fuxi, l’éminent poète de la dynastie Tang, Meng Haoran, est également incrusté dans la roche. Sa sculpture, haute de 50 mètres et large de 90 mètres, illustre son poème «Spring Dawn». On peut noter la présence de bambous et de pierres à encre.

Publicités
Publié dans Texte Actualité divers

Pourquoi y a-t-il si peu de poches sur les vêtements pour femmes ?

si peu de poches sur les vêtements pour femmesDifficile de rester les mains dans les poches lorsque l’on porte un vêtement féminin.

Et pour cause : la plupart d’entre eux en sont tout bonnement dépourvus. Au mieux peut-on y trouver des modèles minuscules, tout juste bons à contenir une ou deux pièces de monnaie, voire un maigre ticket de métro. Un étonnant dimorphisme sexuel vestimentaire, dont les origines remontent au Moyen Âge.

À l’époque des preux chevaliers et des ménestrels, gentes dames et valeureux messieurs avaient en effet pour habitude de transporter leurs effets personnels dans de petits sacs, indépendants de leurs vêtements. Bien à l’abri sous la couche la plus externe de leur accoutrement, ces pochons de tissu restaient toutefois accessibles via de petites fentes ménagées dans l’étoffe. Une configuration qui semblait, à l’époque tout à fait convenir aux damoiselles et damoiseaux.

Mais à la fin du XVIIe siècle, est apparue l’idée pour le moins ingénieuse de greffer directement le petit sac de tissu sous les vêtements. Du moins ceux des hommes. Les robes très amples de ces dames semblant quant à elle suffisamment étoffées pour y dissimuler une menue musette. Mais petit à petit, ces tenues bouffantes ont fini par tendre vers le fourreau. Un vêtement féminin près du corps, et qui ne laisse ainsi que peu de place à un sac caché sous son tissu, aussi petit qu’il soit.

Des breloques rutilantes
Pour pallier cet inconvénient, un subterfuge a alors fait son apparition, à l’aube du XVIIIe siècle : la Châtelaine. « Elle est constituée d’un large crochet dont la face avant est décorée et de plusieurs chaînes terminées par des breloques, des ciseaux et/ou une montre », nous apprend le site du Musée national du château de Malmaison. Un accessoire rutilant qui, contrairement aux poches, n’invitait pas franchement à y ranger discrètement ses petites affaires.

En 1881 fut toutefois fondée la Rational Dress Society, une association que l’on pourrait qualifier de féministe, et dont l’objectif était alors de rendre la mode féminine plus pratique et plus facile à vivre. Le groupe a ainsi donné le point de départ d’une révolution vestimentaire que les Suffragettes, quelques années plus tard, n’ont pas manqué de reprendre.

Un doux parfum de scandale
En 1910, fut ainsi présentée la « Suffragette suit », une tenue comportant pas moins de six poches,  « Toutes bien visibles et toutes faciles à trouver, même par celle qui les porte », décrivait alors le New York Times à l’occasion d’un défilé de mode. Une révolution vestimentaire au doux parfum de scandale.

Aujourd’hui, les poches ont fini par investir de manière assez fréquente les vêtements féminins. Mais leur taille, elle, demeure irrémédiablement inférieure à celles qui garnissent les pantalons des hommes. Pour quelle raison ?   Et bien, sans doute en partie à cause de l’industrie de la mode elle-même. Quoi de mieux, en effet, que de priver les femmes de poches, afin de les contraindre à acquérir un onéreux sac à main ?   Mais face aux diktats de la mode, les femmes ne sauraient certainement rester impassibles  et garder sagement  les mains dans les poches.

Publié dans Texte Actualité divers

L’histoire américaine ne doit plus passer sous silence la barbarie des femmes

They Were Her Property White Women as Slave Owners in the American SouthL’historienne Stephanie E. Jones-Rogers ouvre son excellent dernier livre, They Were Her Property : White Women as Slave Owners in the American South («Ils étaient sa propriété : les femmes blanches esclavagistes dans le Sud américain») par l’histoire de Martha Gibbs, propriétaire d’une scierie dans le Mississippi, qui possédait également «un nombre important d’esclaves».

L’un d’eux, Litt Young, décrivait sa propriétaire comme une femme qui exerçait un contrôle total sur ses affaires financières, y compris dans la gestion de ses esclaves. Young se souvenait aussi, par exemple, de la manière dont le deuxième mari de Gibbs avait tenté en vain de la convaincre d’arrêter d’ordonner à son contremaître d’administrer «des coups de fouet brutaux».

Après la défaite des Confédérés, Gibbs «partit se réfugier»: elle emmena avec elle au Texas une partie de ses esclaves, sous la menace d’une arme à feu, et les força à travailler pour elle jusqu’en 1866 «un an après, ces personnes légalement libres mais encore esclaves de facto “lui donnaient sa première récolte”. Puis, écrit Stephanie E. Jones-Rogers, Martha Gibbs les laissa partir.»

Bien plus que des témoins innocents
Écrits dans les années 1970 et 1980 par des spécialistes de l’histoire des femmes, les premiers livres traitant des femmes esclavagistes s’intéressaient généralement aux riches femmes du Sud qui avaient pris ce rôle à la mort de leur mari ou de leur père. Les femmes de ces ouvrages étaient dépeintes comme ayant un dilemme par rapport à leur rôle d’esclavagiste.

Certaines historiennes ou historiens supposaient d’ailleurs que les maîtresses de ces plantations étaient elles-mêmes contraintes et opprimées par la société patriarcale sudiste. D’après ces versions de l’histoire, les femmes qui possédaient des esclaves ne s’impliquaient pas personnellement dans la gestion quotidienne des esclaves, et elles s’occupaient encore moins d’en acheter ou de les vendre.

Au sein d’un mariage, le fait de posséder ses propres esclaves pouvait permettre à une femme de garder une certaine indépendance. Ce sont précisément ces suppositions au sujet du côté passif et plein de remords des femmes esclavagistes que Stephanie E. Jones-Rogers remet en cause dans son livre et avec elles, l’idée que les femmes blanches n’étaient que les témoins innocents de l’esclavagisme des hommes blancs. Son but,   expliqué par téléphone, était de montrer comment les femmes blanches avaient profité économiquement de la possession d’esclaves.

L’esclavage permit à certaines femmes de trouver un mari. Au sein d’un mariage, le fait de posséder ses propres esclaves pouvait permettre à une femme comme Martha Gibbs de garder une certaine indépendance. Et si le mari venait à mourir, ou à être mauvais en affaires, la femme pouvait trouver un moyen de conserver les «propriétés humaines», ce qui lui offrait la possibilité d’assurer sa sécurité matérielle.

Propriétaires au même titre que les hommes
Stephanie E. Jones-Rogers a commencé à changer de point de vue en se détournant des lettres et carnets intimes des femmes de l’élite, qui constituaient l’essentiel de la base documentaire d’autrefois, pour leur préférer les témoignages des personnes qui avaient été asservies.

En analysant les récits des anciens esclaves rassemblés durant la Grande Dépression par la Works Progress Administration (WPA), le récit de Litt Young en faisait partie, l’historienne a trouvé de multiples témoins qui donnaient les noms des femmes qui les avaient possédés et qui n’étaient pas simplement des «maîtresses», mais de véritables propriétaires, avec tout ce que cela impliquait.

Elle a aussi découvert des récits montrant que ces femmes «insistaient sur leurs revendications à la propriété lors de conversations avec les esclaves ou en leur présence» et qu’elles «contestaient le droit accordé aux hommes de contrôler leurs propriétés, qu’il s’agisse d’esclaves ou autres».

En examinant d’autres types de documents, Stephanie E. Jones-Rogers s’est aperçue que l’on trouvait des cas de femmes propriétaires d’esclaves dans toutes les archives de l’esclavage aux États-Unis: dans les annonces passées dans les journaux lorsque des esclaves s’enfuyaient, où elles s’identifiaient comme les propriétaires des fugitifs, parmi les bénéficiaires d’indemnisations, lorsque leurs esclaves, accusés d’avoir fomenté une insurrection, avaient été exécutés ou revendus, ou dans la liste des personnes dédommagées par les villes qui réquisitionnaient des esclaves pour effectuer des travaux publics.

Les femmes mariées, qui selon la doctrine juridique de la couverture n’avaient habituellement plus le droit de posséder des biens une fois qu’elles avaient un époux, intentaient des actions en justice afin de conserver leurs droits économiques sur les esclaves qu’elles détenaient avant leur mariage. Et les juges accédaient souvent à leurs requêtes.

Cruauté envers les mères et leurs enfants
Les témoignages de la WPA montrent que du point de vue des esclaves, les femmes esclavagistes n’étaient pas très différentes de leurs homologues masculins. Beaucoup d’entre elles étaient tout aussi cruelles que les hommes, et elles n’hésitaient pas à prendre la décision de «revendre» leurs esclaves ou les membres de leur famille.

Plusieurs récits montrent clairement que les femmes du Sud qui possédaient des esclaves n’étaient pas, comme on le pense parfois, de douces «mères» faisant au mieux dans une situation difficile. Elles n’hésitaient pas à fouetter leurs esclaves avec des orties ou à donner de la viande pourrie aux enfants esclaves.

Stephanie E. Jones-Rogers consacre également tout un chapitre à l’horrible pratique qui consistait à séparer les femmes esclaves de leur nouveau-né, afin qu’elles puissent servir de nourrices et allaiter les enfants de leur maîtresse. «Si l’on observe attentivement la manière dont les femmes traitaient leurs esclaves, il ressort qu’elles différaient très peu des hommes esclavagistes et qu’elles traitaient très rarement leurs esclaves comme leurs enfants», écrit Stephanie E. Jones-Rogers.

«En repensant au chapitre sur les nourrices allaitantes, j’ai fait le rapprochement avec la politique de séparation des femmes sans papiers et de leurs enfants mise en place par Donald Trump, explique Stephanie E. Jones-Rogers. J’ai lu une interview d’un couple de Blancs du Texas, dans une région proche de la frontière. Les journalistes ont interrogé la femme et lui ont demandé comment elle se sentirait s’il s’agissait de ses enfants. Et elle a répondu, en gros, que “ça ne pourrait pas être ses enfants”.» «Elles pensaient que les relations avec leurs enfants n’avaient absolument aucun point commun avec celles de leurs esclaves.»

La propriétaire d’esclaves qui a obligé la mère de T.W. Cotton, interviewé par la WPA, à allaiter son propre enfant, forçant le petit Cotton à se nourrir «de lait animal ou de bouillie en biberon, pratique dangereuse que de nombreux médecins déconseillaient fortement à cette époque», comme l’écrit Jones-Rogers, ne considérait probablement pas cette séparation comme étant difficile émotionnellement et physiquement, tant pour la mère que pour l’enfant.

«Lorsque les esclavagistes séparaient les mères esclaves de leurs enfants, elles ne s’imaginaient pas dans une situation identique, soutient Jones-Rogers. Elles se considéraient comme très différentes des femmes à leur service et pensaient que les relations avec leurs enfants n’avaient absolument aucun point commun avec celles de leurs esclaves.»

En finir avec l’historiographie de la surprise
Le fait que des femmes blanches soient capables d’infliger des violences et de manipuler avec cruauté la vie d’autres personnes, ce que Stephanie E. Jones-Rogers a qualifié dans notre conversation de «malfaisance et ignominie», ne cesse de stupéfier certaines personnes qui, soyons honnêtes, sont sans doute principalement blanches.

Ce qui explique pourquoi on peut encore lire des articles étonnés sur l’«étrange phénomène» des femmes blanches au sein de l’extrême droite américaine ou qui participent aux manifestations «Unite the Right». Nous devons également rappeler encore et encore que les femmes blanches assistaient avec plaisir aux lynchages, s’enrôlaient par milliers pour former une organisation auxiliaire du Ku Klux Klan et protestaient férocement contre l’intégration de la population noire dans les établissements scolaires, tant dans le Sud que dans le Nord.

L’histoire de la relation entre les femmes esclavagistes et l’esclavage, explique Jones-Rogers, devrait «mettre un terme à cette surprise». «Si vous pensez à la valeur, à l’importance d’être blanc dans leur vie, le fait que ce soit une source de pouvoir, que cela leur donne un poids politique, une influence, alors ces petits détails qui ponctuent l’histoire ont un sens, affirme-t-elle. Les femmes n’ont rien à envier aux hommes quand il s’agit de violence.»

Peut-être est-ce un travers particulièrement américain de vouloir croire que les femmes blanches ne sont pas coupables des cruautés de l’histoire américaine. Stephanie E. Jones-Rogers raconte que lorsqu’elle présentait son travail à des universitaires européens, ils ne montraient aucune surprise en découvrant son contenu : «Il existait une sorte de consensus entre eux sur le fait que les femmes étaient tout à fait capables de commettre de tels actes. Mais lorsque j’en ai parlé à des historiens et des universitaires américains, tous ont exprimé leur stupéfaction.»

furie hitlerPendant qu’elle rédigeait son livre, Stephanie E. Jones-Rogers a lu Les furies de Hitler, l’ouvrage de Wendy Lower sur la participation des femmes nazies dans le génocide sur le front de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale.

«Wendy Lower soutient, entre autres, que la raison pour laquelle nous sommes choqués est que nous nous raccrochons à l’espoir qu’au moins la moitié de l’humanité n’est pas complètement mauvaise, résume Jones-Rogers. Nous devons avoir un peu d’humanité pour ressentir cette empathie naturelle, inhérente. Lorsque l’on découvre que les femmes peuvent être aussi vicieuses et atroces, ça fait perdre tout espoir, parce qui nous reste-t-il d’autre ?»

Publié dans Texte Actualité divers

Au Moyen Âge, l’ancienneté était la norme en politique

Au Moyen Âge, l’ancienneté était la norme en politiqueÀ quel âge devient-on vieux quand on est homme ou femme politique ?   Contrairement à ce qu’on pense parfois, la gérontocratie n’est pas une invention contemporaine.

L’automne dernier, Bernie Sanders a été reconduit pour un troisième mandat de sénateur de l’État de Vermont. Malgré ses 77 ans, Bernie Sanders représente un candidat potentiel pour les élections présidentielles américaines de 2020. Son âge avancé ne semble pas lui porter préjudice puisqu’il suscite surtout l’engouement de la jeunesse.

On retrouve une situation similaire chez deux autres vétérans de la gauche radicale, l’Anglais Jeremy Corbyn (69 ans) et le Français Jean-Luc Mélenchon (67 ans), qui ont réalisé certains de leurs meilleurs scores auprès des électeurs et des électrices les plus jeunes lors des derniers scrutins nationaux de leurs pays respectifs.

Face à ce curieux paradoxe, se tourner vers le passé permet de réfléchir à la question de l’âge en politique. Historiquement, l’ancienneté n’a pas toujours été un handicap et a pu être une condition sine qua non de l’entrée en politique. C’est ce qu’on appelle une gérontocratie et ce fut le cas de Venise à la Renaissance.

Les doges plus vieux que les papes
En 1519, dans une Europe où l’âge médian des souverains européens est de 33 ans, le doge (prince) de Venise Leonardo Loredan fait figure d’ancêtre du haut de ses 83 ans. La comparaison est encore plus frappante si l’on met Venise en miroir avec Rome : entre 1400 et 1600, les doges sont élus en moyenne à 73 ans,  soit à un âge où les papes sont déjà décédés (ils sont élus vers 54 ans et meurent autour de 64 ans).  En 1501, le rival malheureux de Leonardo Loredan, Antonio Tron, est jugé trop jeune pour accéder à la magistrature suprême malgré ses 60 ans.

À Venise, seuls les patriciens, les membres de l’élite dirigeante, peuvent voter et être élus. L’entrée en politique se fait à partir de 25 ans mais les possibilités demeurent limitées pendant longtemps : s’il faut officiellement avoir 32 ans pour entrer au Sénat, la plus importante assemblée de la République, la majorité des sénateurs ont plus de 50 ans. Les valeurs promues au sein du patriciat, comme la sagesse ou la prudence, sont considérées comme davantage propres aux hommes mûrs, tandis que la jeunesse serait source de corruption, d’agitation et d’incompétence.

La gérontocratie même dans la flotte de guerre
La puissante flotte de guerre de la République n’échappe pas à cette règle : dans la seconde moitié du XVe siècle, ses amiraux sont élus en moyenne à 63 ans (le doyen remporte le scrutin à 84 ans). Or les campagnes en mer durent souvent plusieurs années et la vie à bord des navires n’est pas de tout repos. On ne s’étonnera donc pas des nombreux décès en cours de charge : la moitié des amiraux appointés pendant la seconde moitié du XVe siècle meurent de maladie ou d’épuisement (mais aucun au combat). Le choix de désigner des hommes âgés perturbe le commandement de la flotte vénitienne et explique en partie ses défaites face aux Ottomans au cours de la Renaissance.

Une garantie contre la tyrannie
Une seconde explication, tout aussi politique, peut être avancée: un amiral victorieux pourrait se laisser griser et tenter d’imposer un pouvoir personnel à son retour à Venise. Les patriciens vénitiens de la Renaissance sont épris de culture antique et connaissent tous l’exemple de Jules César. L’âge avancé de leurs amiraux offre alors la meilleure garantie contre une dérive tyrannique. De fait, certains sont élus doges en récompense de leurs faits d’armes mais ne vivent pas assez longtemps pour comploter contre les institutions républicaines.

En 1577, Sebastiano Venier devient doge six ans après avoir remporté la bataille de Lépante sur les Ottomans. Il a alors 80 ans et meurt neuf mois plus tard. Un siècle plus tôt, en 1474, Pietro Mocenigo avait lui aussi atteint la magistrature suprême après quatre années passées à la tête de la flotte vénitienne. Il décède d’une maladie contractée pendant sa campagne en mer au bout de treize mois, à l’âge de 70 ans.

Les jeunes s’impatientent
Que pensent les jeunes patriciens de l’idée d’attendre plusieurs décennies avant d’accéder aux magistratures les plus importantes ?   La majorité se soumet aux règles du jeu, sans doute de mauvais cœur– mais certains refusent de patienter et usent de stratagèmes, l’argent déjà,  pour brûler les étapes. En 1423, Francesco Foscari réussit à se faire élire doge à seulement 50 ans.  Ses contemporains attribuent justement son tempérament belliqueux à son «jeune» âge.

L’exemple vénitien montre comment l’ancienneté a parfois été la norme en politique au cours de l’histoire. Notre époque favorise davantage la jeunesse et on imagine difficilement un politicien mettant en avant son âge avancé pour séduire l’électorat. Néanmoins, les exemples de Bernie Sanders, Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon montrent que les jeunes ne sont pas encore totalement les maîtres de l’arène politique. Comme l’a dit un ancien Premier ministre français, «en politique, on n’est jamais fini».

Publié dans Texte Kamasutra

Le Kamasutra, le texte sur l’amour le plus ancien

kamasutra texte ancienLe Kamasutra est un des textes qui fait le plus l’objet de fantasmes et de conceptions erronnées. En effet en Occident on le voit seulement comme un bréviaire érotique, comme le livre de base des positions sexuelles alors que ce texte est et vaut plus que ça.

Le Kama Sutra vaut mieux donc que ce qu’on croit en Occident et il faut le considérer comme un vrai guide pour comprendre les règles de vie de l’Inde ancienne. C’est ce que je voudrais essayer de vous faire comprendre dans cet article sur cet ouvrage.

kama-sutra.jpgLe plus ancien texte sanscrit sur l’amour
Le Kama-Sutra est un recueil indien écrit entre le IVe siècle et le VIIe siècle, attribué à Vâtsyâyana. C’est un traité classique de l’hindouisme.

Il appartient à la catégorie des ouvrages qui traitent du deuxième stade de la vie, Kama, c’est à dire le stade de l’amour. Souvent richement illustré de miniatures, il prodigue des conseils de séduction et pour une vie harmonieuse dans le couple, notamment au travers de positions sexuelles (qui ne sont toutefois qu’un chapitre du livre à proprement parler), destiné à l’origine à l’aristocratie indienne. C’est un ouvrage d’un grand intérêt pour l’étude de la vie dans l’Inde ancienne. la Jayamangala est un commentaire de l’ouvrage composé par Yashodhara.

Kâma apporte la jouissance que peuvent se donner des personnes au moyen des cinq sens, de l’esprit et de l’âme.  À l’origine, le Kâmasûtra était essentiellement destiné aux hommes et aux courtisanes : il décrit l’acte sexuel et la relation amoureuse selon les devoirs et les attentes de chacun des partenaires. Cependant, le livre donne aussi des conseils aux femmes et aux couples et indique que les hommes n’étaient pas tenus à la seule relation sexuelle, mais devaient aussi maîtriser les baisers, les caresses, les morsures et les griffures. Il décrit environ une vingtaine de positions, mais également le comportement à tenir par les partenaires pour laisser ensuite place à leur imagination.

De nombreux commentaires sur ce traité ainsi que des ouvrages traitant de l’érotisme ont été écrits à la suite du Kâmasûtra, certains portent le même nom, mais aucun n’offre le même intérêt stylistique ou documentaire. Le Kâmasûtra ou Kâmashâstra est en effet le plus ancien texte sanscrit qui nous soit parvenu sur l’art de l’amour. Son titre est composé de deux mots qu’il est important de comprendre. « Kama » signifie « désir », « amour », « passion », c’est aussi une des appellations du dieu de l’amour charnel, équivalent indien d’Éros ou de Cupidon.

Le second terme « sutra » a comme premier sens « fil », « cordon ». Il désigne aussi dans la littérature savante hindoue une règle ou recommandation exprimée par le biais d’une formule brève, mais aussi un traité philosophique ou religieux d’où découle un aphorisme. Le Kama sutra serait en quelque sorte les « Aphorismes de l’Amour Charnel ».

Ainsi on le voit, le titre même de l’ouvrage, en même temps que la forme de l’œuvre indique d’emblée le statut du texte dans la production sanscrite. En d’autres termes, du point de vue hindou, le Kamasutra n’est pas du tout un ouvrage pornographique ou érotique comme on semble le croire en occident, mais bien un traité qui vise à énoncer la norme en matière de conduite amoureuse. On trouve y ainsi par exemple des recommandations comme celle-ci : « les gens raisonnables qui connaissent l’importance de la vertu, de l’argent et du plaisir ainsi que celles des conventions sociales, ne se laissent pas entraîner par la passion » Kamasutra 7.2.53.

On voit donc dans cette citation la fonction prescriptive du livre au même titre qu’un autre texte fondateur qui régit l’ordre social et religieux : « les lois de Manu ».

Historique de sa conception
Il a été probablement composé dans le nord de l’Inde aux environs du IV ème siècle de notre ère et il est attribué au brahmane Vatsayana Mallanaga. A l’instar de la plupart des traités sanscrits de philosophie, de mythologie ou d’arts, le Kamasutra s’inscrit dans un récit-cadre et se présente comme le résumé d’un texte beaucoup plus important, révélé dans un passé mythique et égaré au fil du temps.

L’auteur du texte se présente comme le garant et le passeur des principes universels et éternels exposés dans le texte précité. Cependant cette introduction ne serait pas seulement une astuce littéraire, mais bien l’expression d’une réalité pour l’écrivain du texte. Il semblerait, en effet, que Vatsayana aurait rédigé cet ouvrage parce que différents traités de « science érotique » des anciens maîtres étaient devenus inaccessibles.

Le premier de ces traités contenait mille chapitres et une vie humaine n’aurait pas suffit à l’étudier. Il fut donc résumé et remanié à plusieurs reprises jusqu’à finir par devenir incompréhensible. Alors la science de l’amour, de moins en moins fidèlement transmise, se voyait menacée de disparaître. Voulant éviter cela, Vatsayana entreprit donc d’en réaliser une compilation à l’usage de ses contemporains : le fameux Kamasutra.

Composition et structure de l’ouvrage
Le Kâmasûtra n’est d’ailleurs pas seulement consacré au sexe, mais traite également des manières et arts de vivre qu’une personne cultivée se devait de connaître. Il aborde par exemple l’usage de la musique, la nourriture, les parfums …

Comme tout savoir traditionnel qu’on désire codifier, le Kamasutra cherche à donner une représentation systématique de tous les aspects de l’amour. Composé d’une succession d’aphorismes, il est avant tout dédié au citadin cultivé. Toutefois certaines sections concernent les femmes et le sixième volume est consacré aux courtisanes.

En effet, dans le contexte Maurya (période dans laquelle vivait Vatsayana et située au 4ème siècle avant notre ère), la courtisane est aussi danseuse et musicienne. Elle jouit de revenus confortables et est soumise à l’impôt. Elles jouent d’ailleurs un rôle important dans la société urbaine jusqu’au début du 20ème siècle et contribuent à financer des constructions d’édifices religieux comme des temples.

Le traité commence par des généralités où l’auteur rend hommage aux sages du passé, fait l’apologie des « buts de l’homme » avertit que « ceux qui s’adonnent exagérément à la vie sexuelle se détruisent eux-mêmes ainsi que leurs proches » et prodigue enfin divers conseils aux lecteurs de l’ouvrage. Les femmes ne sont pas oubliées. En effet celles qui ne sont pas courtisanes doivent aussi étudier la théorie et la pratique. Mais elles doivent le faire en secret, initiées par « une femme habituée à coucher avec les hommes, une amie déjà initiée, une vieille servante digne de confiance ou encore une religieuse mendiante connue depuis longtemps. »

On y indique également que l’art érotique comprend des sciences annexes connues sous le nom des « soixante quatre arts » (Kala), au nombre desquels on trouve des activités aussi diverses que la musique, la danse, le dessin, la confection de bouquets de fleurs, la préparation des parfums, les charmes et la magie, la manucure, les travaux d’aiguille, l’agriculture, les devinettes, la connaissance des langues locales et étrangères etc …

Les livres suivants traitent successivement de l’art de la séduction, du choix d’une épouse, des devoirs et différents états de la femme mariée, des rapports avec les femmes des autres, c’est à dire l’adultère,  enseigné, précise Vatsayana, non dans le but d’inciter à le commettre, mais au contraire afin de permettre de déjouer les manœuvres des rivaux éventuels.

Le kâma sûtra est un art d’aimer avant tout entre un homme et une femme. Les postures sexuelles, tant de fois présentées en Occident ne sont qu’une partie « infime » de l’ouvrage. Elles sont sont des recettes pour agrémenter la vie amoureuse du couple aux fins d’une réelle harmonie amoureuse.

Publié dans Texte Sexualité

L’essentiel sur le fétichisme

fetichisteLongtemps considéré comme une perversion, une déviance pathologique voire même une maladie, le fétichisme est désormais devenu un phénomène de mode.

Mais qui sont réellement ses adeptes ?   Que signifie réellement ce mot souvent utilisé à tort et à travers ?   Où trouve-t-il son origine ?

A l’origine, le terme  » fétichisme  » (du portugais  » feitiço « , artificiel, sortilège, mot dérivé du latin  » facticius « , destin) désigne une pratique religieuse consistant à adorer un fétiche, un objet de culte. Mais en sexologie et dans le langage courant, ce mot a pris un tout autre sens …

Petite histoire du fétichisme
C’est entre le XIXe et le XXe siècle que la sexologie reprend le mot qui désigne alors le fait d’être sexuellement excité par un objet, une matière ou une situation en particulier. Le terme est employé pour la première fois par un psychologue français, Alfred Binet, en 1887. A l’époque considéré comme une perversion pathologique, le fétichisme a, selon lui, pour origine une association faite entre un objet inanimé et un traumatisme survenu dans l’enfance.

C’est ensuite Magnus Hirschfeld, sexologue, qui mettra le premier en évidence le fait que nous possédons tous, à des degrés divers, des fétichismes en tant que préférences, même si ceux-ci ne peuvent être systématiquement rangés dans la catégorie des perversions.

En 1927, Freud publie son célèbre Fetichismus, et introduit ainsi le terme dans le langage courant. Pour lui, le fétichisme est intimement lié à l’angoisse de la castration et ainsi au moment où l’enfant découvre que sa mère ne possède pas de pénis. A noter que Freud exclut ici totalement les femmes de sa théorie

Viendra ensuite la publication du rapport Kinsey, point de départ de la libération sexuelle, dans lequel le sexologue éponyme différencie fétichisme et paraphilie (ou perversion sexuelle).

Définition du fétichisme
Le fétichisme n’est désormais plus considéré comme une déviance dangereuse et pathologique. Ce n’est plus l’excitation provoquée par le fétiche qui se révèle problématique, mais la souffrance et les difficultés dans la vie quotidienne qu’elle peut engendrer.

Alors pour résumer, comment définir le fétichisme ?  La psychiatrie utilise, pour le diagnostiquer, deux axes principaux. Est ainsi dit fétichiste celui ou celle qui : Fantasme sur un objet inhabituel depuis au moins 6 mois, voit sa vie sociale et/ou professionnelle perturbée par cette attirance.

Attention cependant : le traitement n’a rien d’obligatoire, sauf si la personne concernée en souffre. Le thérapeute pourra ainsi lui proposer deux alternatives : une thérapie cognitive qui influera sur le comportement du patient, ou une psychothérapie qui tentera de mettre en évidence le traumatisme originel.

Les rendez-vous fétichistes
Aujourd’hui, le milieu fétichiste et le milieu sadomasochiste (SM) tendent à se recouper et nombreuses sont les soirées au cours desquelles les adeptes se retrouvent et rivalisent d’originalité dans le choix de leurs tenues. Les habitués de la scène dite « fetish » connaissent ainsi bien la fameuse Nuit Elastique, organisée une fois par mois aux Caves Lechapelais à Paris, la Nuit Demonia, rendez-vous incontournable des fétichistes les plus débridés ou encore le Fetish Week-end qui rassemble chaque année, à Montréal, artistes renommés et anonymes passionnés.

Publié dans Texte Histoire, Légende

Le combat avec l’astrologique

astrologieIl était une fois un jeune Bélier qui passait tranquille dans son pré. Il avait pour ami un Taureau appartenant à un fermier du hameau. Jean, fils du fermier, un Gémeaux luttait pour vaincre un Cancer.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, il se rendait à la prairie prendre l’air. Jean qu’autrefois avait la force d’un Lion se sentant chaque jour plus faible finit par accepter la proposition d’une jeune fille belle et Vierge.

Je m’en Balance , je ne peux me taire, quand tu t’es fait piquer par un Scorpion, je t’ai soigné avec du Sagittaire, je connais les plantes qui te soigneront avec la cendre de Capricorne, je te ferai des cataplasmes.

Je t’aimerai comme personne, nous allons vivre nos fantasmes. Jean sourit, en se remémorant, il se dit que tout n’est pas fini tant que l’espoir est à l’horizon. Cette fille, Verseau, c’est la vie.

Il prit la résolution de se battre, accepta de revoir la jeune fille, ils sont partis à la pêche au lac cuire les Poissons sur le gril. C’est le plus beau jour de notre vie, dirent-ils tous les deux en cœur. Ils vivent côte à côte depuis, au jour le jour en profitant du grand bonheur.