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Au Moyen Âge, l’ancienneté était la norme en politique

Au Moyen Âge, l’ancienneté était la norme en politiqueÀ quel âge devient-on vieux quand on est homme ou femme politique ?   Contrairement à ce qu’on pense parfois, la gérontocratie n’est pas une invention contemporaine.

L’automne dernier, Bernie Sanders a été reconduit pour un troisième mandat de sénateur de l’État de Vermont. Malgré ses 77 ans, Bernie Sanders représente un candidat potentiel pour les élections présidentielles américaines de 2020. Son âge avancé ne semble pas lui porter préjudice puisqu’il suscite surtout l’engouement de la jeunesse.

On retrouve une situation similaire chez deux autres vétérans de la gauche radicale, l’Anglais Jeremy Corbyn (69 ans) et le Français Jean-Luc Mélenchon (67 ans), qui ont réalisé certains de leurs meilleurs scores auprès des électeurs et des électrices les plus jeunes lors des derniers scrutins nationaux de leurs pays respectifs.

Face à ce curieux paradoxe, se tourner vers le passé permet de réfléchir à la question de l’âge en politique. Historiquement, l’ancienneté n’a pas toujours été un handicap et a pu être une condition sine qua non de l’entrée en politique. C’est ce qu’on appelle une gérontocratie et ce fut le cas de Venise à la Renaissance.

Les doges plus vieux que les papes
En 1519, dans une Europe où l’âge médian des souverains européens est de 33 ans, le doge (prince) de Venise Leonardo Loredan fait figure d’ancêtre du haut de ses 83 ans. La comparaison est encore plus frappante si l’on met Venise en miroir avec Rome : entre 1400 et 1600, les doges sont élus en moyenne à 73 ans,  soit à un âge où les papes sont déjà décédés (ils sont élus vers 54 ans et meurent autour de 64 ans).  En 1501, le rival malheureux de Leonardo Loredan, Antonio Tron, est jugé trop jeune pour accéder à la magistrature suprême malgré ses 60 ans.

À Venise, seuls les patriciens, les membres de l’élite dirigeante, peuvent voter et être élus. L’entrée en politique se fait à partir de 25 ans mais les possibilités demeurent limitées pendant longtemps : s’il faut officiellement avoir 32 ans pour entrer au Sénat, la plus importante assemblée de la République, la majorité des sénateurs ont plus de 50 ans. Les valeurs promues au sein du patriciat, comme la sagesse ou la prudence, sont considérées comme davantage propres aux hommes mûrs, tandis que la jeunesse serait source de corruption, d’agitation et d’incompétence.

La gérontocratie même dans la flotte de guerre
La puissante flotte de guerre de la République n’échappe pas à cette règle : dans la seconde moitié du XVe siècle, ses amiraux sont élus en moyenne à 63 ans (le doyen remporte le scrutin à 84 ans). Or les campagnes en mer durent souvent plusieurs années et la vie à bord des navires n’est pas de tout repos. On ne s’étonnera donc pas des nombreux décès en cours de charge : la moitié des amiraux appointés pendant la seconde moitié du XVe siècle meurent de maladie ou d’épuisement (mais aucun au combat). Le choix de désigner des hommes âgés perturbe le commandement de la flotte vénitienne et explique en partie ses défaites face aux Ottomans au cours de la Renaissance.

Une garantie contre la tyrannie
Une seconde explication, tout aussi politique, peut être avancée: un amiral victorieux pourrait se laisser griser et tenter d’imposer un pouvoir personnel à son retour à Venise. Les patriciens vénitiens de la Renaissance sont épris de culture antique et connaissent tous l’exemple de Jules César. L’âge avancé de leurs amiraux offre alors la meilleure garantie contre une dérive tyrannique. De fait, certains sont élus doges en récompense de leurs faits d’armes mais ne vivent pas assez longtemps pour comploter contre les institutions républicaines.

En 1577, Sebastiano Venier devient doge six ans après avoir remporté la bataille de Lépante sur les Ottomans. Il a alors 80 ans et meurt neuf mois plus tard. Un siècle plus tôt, en 1474, Pietro Mocenigo avait lui aussi atteint la magistrature suprême après quatre années passées à la tête de la flotte vénitienne. Il décède d’une maladie contractée pendant sa campagne en mer au bout de treize mois, à l’âge de 70 ans.

Les jeunes s’impatientent
Que pensent les jeunes patriciens de l’idée d’attendre plusieurs décennies avant d’accéder aux magistratures les plus importantes ?   La majorité se soumet aux règles du jeu, sans doute de mauvais cœur– mais certains refusent de patienter et usent de stratagèmes, l’argent déjà,  pour brûler les étapes. En 1423, Francesco Foscari réussit à se faire élire doge à seulement 50 ans.  Ses contemporains attribuent justement son tempérament belliqueux à son «jeune» âge.

L’exemple vénitien montre comment l’ancienneté a parfois été la norme en politique au cours de l’histoire. Notre époque favorise davantage la jeunesse et on imagine difficilement un politicien mettant en avant son âge avancé pour séduire l’électorat. Néanmoins, les exemples de Bernie Sanders, Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon montrent que les jeunes ne sont pas encore totalement les maîtres de l’arène politique. Comme l’a dit un ancien Premier ministre français, «en politique, on n’est jamais fini».

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Publié dans Texte Kamasutra

Le Kamasutra, le texte sur l’amour le plus ancien

kamasutra texte ancienLe Kamasutra est un des textes qui fait le plus l’objet de fantasmes et de conceptions erronnées. En effet en Occident on le voit seulement comme un bréviaire érotique, comme le livre de base des positions sexuelles alors que ce texte est et vaut plus que ça.

Le Kama Sutra vaut mieux donc que ce qu’on croit en Occident et il faut le considérer comme un vrai guide pour comprendre les règles de vie de l’Inde ancienne. C’est ce que je voudrais essayer de vous faire comprendre dans cet article sur cet ouvrage.

kama-sutra.jpgLe plus ancien texte sanscrit sur l’amour
Le Kama-Sutra est un recueil indien écrit entre le IVe siècle et le VIIe siècle, attribué à Vâtsyâyana. C’est un traité classique de l’hindouisme.

Il appartient à la catégorie des ouvrages qui traitent du deuxième stade de la vie, Kama, c’est à dire le stade de l’amour. Souvent richement illustré de miniatures, il prodigue des conseils de séduction et pour une vie harmonieuse dans le couple, notamment au travers de positions sexuelles (qui ne sont toutefois qu’un chapitre du livre à proprement parler), destiné à l’origine à l’aristocratie indienne. C’est un ouvrage d’un grand intérêt pour l’étude de la vie dans l’Inde ancienne. la Jayamangala est un commentaire de l’ouvrage composé par Yashodhara.

Kâma apporte la jouissance que peuvent se donner des personnes au moyen des cinq sens, de l’esprit et de l’âme.  À l’origine, le Kâmasûtra était essentiellement destiné aux hommes et aux courtisanes : il décrit l’acte sexuel et la relation amoureuse selon les devoirs et les attentes de chacun des partenaires. Cependant, le livre donne aussi des conseils aux femmes et aux couples et indique que les hommes n’étaient pas tenus à la seule relation sexuelle, mais devaient aussi maîtriser les baisers, les caresses, les morsures et les griffures. Il décrit environ une vingtaine de positions, mais également le comportement à tenir par les partenaires pour laisser ensuite place à leur imagination.

De nombreux commentaires sur ce traité ainsi que des ouvrages traitant de l’érotisme ont été écrits à la suite du Kâmasûtra, certains portent le même nom, mais aucun n’offre le même intérêt stylistique ou documentaire. Le Kâmasûtra ou Kâmashâstra est en effet le plus ancien texte sanscrit qui nous soit parvenu sur l’art de l’amour. Son titre est composé de deux mots qu’il est important de comprendre. « Kama » signifie « désir », « amour », « passion », c’est aussi une des appellations du dieu de l’amour charnel, équivalent indien d’Éros ou de Cupidon.

Le second terme « sutra » a comme premier sens « fil », « cordon ». Il désigne aussi dans la littérature savante hindoue une règle ou recommandation exprimée par le biais d’une formule brève, mais aussi un traité philosophique ou religieux d’où découle un aphorisme. Le Kama sutra serait en quelque sorte les « Aphorismes de l’Amour Charnel ».

Ainsi on le voit, le titre même de l’ouvrage, en même temps que la forme de l’œuvre indique d’emblée le statut du texte dans la production sanscrite. En d’autres termes, du point de vue hindou, le Kamasutra n’est pas du tout un ouvrage pornographique ou érotique comme on semble le croire en occident, mais bien un traité qui vise à énoncer la norme en matière de conduite amoureuse. On trouve y ainsi par exemple des recommandations comme celle-ci : « les gens raisonnables qui connaissent l’importance de la vertu, de l’argent et du plaisir ainsi que celles des conventions sociales, ne se laissent pas entraîner par la passion » Kamasutra 7.2.53.

On voit donc dans cette citation la fonction prescriptive du livre au même titre qu’un autre texte fondateur qui régit l’ordre social et religieux : « les lois de Manu ».

Historique de sa conception
Il a été probablement composé dans le nord de l’Inde aux environs du IV ème siècle de notre ère et il est attribué au brahmane Vatsayana Mallanaga. A l’instar de la plupart des traités sanscrits de philosophie, de mythologie ou d’arts, le Kamasutra s’inscrit dans un récit-cadre et se présente comme le résumé d’un texte beaucoup plus important, révélé dans un passé mythique et égaré au fil du temps.

L’auteur du texte se présente comme le garant et le passeur des principes universels et éternels exposés dans le texte précité. Cependant cette introduction ne serait pas seulement une astuce littéraire, mais bien l’expression d’une réalité pour l’écrivain du texte. Il semblerait, en effet, que Vatsayana aurait rédigé cet ouvrage parce que différents traités de « science érotique » des anciens maîtres étaient devenus inaccessibles.

Le premier de ces traités contenait mille chapitres et une vie humaine n’aurait pas suffit à l’étudier. Il fut donc résumé et remanié à plusieurs reprises jusqu’à finir par devenir incompréhensible. Alors la science de l’amour, de moins en moins fidèlement transmise, se voyait menacée de disparaître. Voulant éviter cela, Vatsayana entreprit donc d’en réaliser une compilation à l’usage de ses contemporains : le fameux Kamasutra.

Composition et structure de l’ouvrage
Le Kâmasûtra n’est d’ailleurs pas seulement consacré au sexe, mais traite également des manières et arts de vivre qu’une personne cultivée se devait de connaître. Il aborde par exemple l’usage de la musique, la nourriture, les parfums …

Comme tout savoir traditionnel qu’on désire codifier, le Kamasutra cherche à donner une représentation systématique de tous les aspects de l’amour. Composé d’une succession d’aphorismes, il est avant tout dédié au citadin cultivé. Toutefois certaines sections concernent les femmes et le sixième volume est consacré aux courtisanes.

En effet, dans le contexte Maurya (période dans laquelle vivait Vatsayana et située au 4ème siècle avant notre ère), la courtisane est aussi danseuse et musicienne. Elle jouit de revenus confortables et est soumise à l’impôt. Elles jouent d’ailleurs un rôle important dans la société urbaine jusqu’au début du 20ème siècle et contribuent à financer des constructions d’édifices religieux comme des temples.

Le traité commence par des généralités où l’auteur rend hommage aux sages du passé, fait l’apologie des « buts de l’homme » avertit que « ceux qui s’adonnent exagérément à la vie sexuelle se détruisent eux-mêmes ainsi que leurs proches » et prodigue enfin divers conseils aux lecteurs de l’ouvrage. Les femmes ne sont pas oubliées. En effet celles qui ne sont pas courtisanes doivent aussi étudier la théorie et la pratique. Mais elles doivent le faire en secret, initiées par « une femme habituée à coucher avec les hommes, une amie déjà initiée, une vieille servante digne de confiance ou encore une religieuse mendiante connue depuis longtemps. »

On y indique également que l’art érotique comprend des sciences annexes connues sous le nom des « soixante quatre arts » (Kala), au nombre desquels on trouve des activités aussi diverses que la musique, la danse, le dessin, la confection de bouquets de fleurs, la préparation des parfums, les charmes et la magie, la manucure, les travaux d’aiguille, l’agriculture, les devinettes, la connaissance des langues locales et étrangères etc …

Les livres suivants traitent successivement de l’art de la séduction, du choix d’une épouse, des devoirs et différents états de la femme mariée, des rapports avec les femmes des autres, c’est à dire l’adultère,  enseigné, précise Vatsayana, non dans le but d’inciter à le commettre, mais au contraire afin de permettre de déjouer les manœuvres des rivaux éventuels.

Le kâma sûtra est un art d’aimer avant tout entre un homme et une femme. Les postures sexuelles, tant de fois présentées en Occident ne sont qu’une partie « infime » de l’ouvrage. Elles sont sont des recettes pour agrémenter la vie amoureuse du couple aux fins d’une réelle harmonie amoureuse.

Publié dans Texte Sexualité

L’essentiel sur le fétichisme

fetichisteLongtemps considéré comme une perversion, une déviance pathologique voire même une maladie, le fétichisme est désormais devenu un phénomène de mode.

Mais qui sont réellement ses adeptes ?   Que signifie réellement ce mot souvent utilisé à tort et à travers ?   Où trouve-t-il son origine ?

A l’origine, le terme  » fétichisme  » (du portugais  » feitiço « , artificiel, sortilège, mot dérivé du latin  » facticius « , destin) désigne une pratique religieuse consistant à adorer un fétiche, un objet de culte. Mais en sexologie et dans le langage courant, ce mot a pris un tout autre sens …

Petite histoire du fétichisme
C’est entre le XIXe et le XXe siècle que la sexologie reprend le mot qui désigne alors le fait d’être sexuellement excité par un objet, une matière ou une situation en particulier. Le terme est employé pour la première fois par un psychologue français, Alfred Binet, en 1887. A l’époque considéré comme une perversion pathologique, le fétichisme a, selon lui, pour origine une association faite entre un objet inanimé et un traumatisme survenu dans l’enfance.

C’est ensuite Magnus Hirschfeld, sexologue, qui mettra le premier en évidence le fait que nous possédons tous, à des degrés divers, des fétichismes en tant que préférences, même si ceux-ci ne peuvent être systématiquement rangés dans la catégorie des perversions.

En 1927, Freud publie son célèbre Fetichismus, et introduit ainsi le terme dans le langage courant. Pour lui, le fétichisme est intimement lié à l’angoisse de la castration et ainsi au moment où l’enfant découvre que sa mère ne possède pas de pénis. A noter que Freud exclut ici totalement les femmes de sa théorie

Viendra ensuite la publication du rapport Kinsey, point de départ de la libération sexuelle, dans lequel le sexologue éponyme différencie fétichisme et paraphilie (ou perversion sexuelle).

Définition du fétichisme
Le fétichisme n’est désormais plus considéré comme une déviance dangereuse et pathologique. Ce n’est plus l’excitation provoquée par le fétiche qui se révèle problématique, mais la souffrance et les difficultés dans la vie quotidienne qu’elle peut engendrer.

Alors pour résumer, comment définir le fétichisme ?  La psychiatrie utilise, pour le diagnostiquer, deux axes principaux. Est ainsi dit fétichiste celui ou celle qui : Fantasme sur un objet inhabituel depuis au moins 6 mois, voit sa vie sociale et/ou professionnelle perturbée par cette attirance.

Attention cependant : le traitement n’a rien d’obligatoire, sauf si la personne concernée en souffre. Le thérapeute pourra ainsi lui proposer deux alternatives : une thérapie cognitive qui influera sur le comportement du patient, ou une psychothérapie qui tentera de mettre en évidence le traumatisme originel.

Les rendez-vous fétichistes
Aujourd’hui, le milieu fétichiste et le milieu sadomasochiste (SM) tendent à se recouper et nombreuses sont les soirées au cours desquelles les adeptes se retrouvent et rivalisent d’originalité dans le choix de leurs tenues. Les habitués de la scène dite « fetish » connaissent ainsi bien la fameuse Nuit Elastique, organisée une fois par mois aux Caves Lechapelais à Paris, la Nuit Demonia, rendez-vous incontournable des fétichistes les plus débridés ou encore le Fetish Week-end qui rassemble chaque année, à Montréal, artistes renommés et anonymes passionnés.

Publié dans Texte Histoire, Légende

Le combat avec l’astrologique

astrologieIl était une fois un jeune Bélier qui passait tranquille dans son pré. Il avait pour ami un Taureau appartenant à un fermier du hameau. Jean, fils du fermier, un Gémeaux luttait pour vaincre un Cancer.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, il se rendait à la prairie prendre l’air. Jean qu’autrefois avait la force d’un Lion se sentant chaque jour plus faible finit par accepter la proposition d’une jeune fille belle et Vierge.

Je m’en Balance , je ne peux me taire, quand tu t’es fait piquer par un Scorpion, je t’ai soigné avec du Sagittaire, je connais les plantes qui te soigneront avec la cendre de Capricorne, je te ferai des cataplasmes.

Je t’aimerai comme personne, nous allons vivre nos fantasmes. Jean sourit, en se remémorant, il se dit que tout n’est pas fini tant que l’espoir est à l’horizon. Cette fille, Verseau, c’est la vie.

Il prit la résolution de se battre, accepta de revoir la jeune fille, ils sont partis à la pêche au lac cuire les Poissons sur le gril. C’est le plus beau jour de notre vie, dirent-ils tous les deux en cœur. Ils vivent côte à côte depuis, au jour le jour en profitant du grand bonheur.

Publié dans Texte Histoire, Légende

L’île des sentiments

l-ile-aux-sentiments-Il était une fois, une île ou tous les différents sentiments vivaient :
le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l’Amour y compris.

Un jour on annonça aux sentiments que l’île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour resta.

L’amour voulait rester jusqu’au dernier moment. Quand l’ile fut sur le point de sombrer, l’Amour décida d’appeler à l’aide.

La Richesse passait à côté de l’Amour dans un luxueux bateau. L’amour lui dit :
– « Richesse, peux-tu m’emmener ? »
– « Non car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau. Je n’ai pas de place pour toi. »

L’amour décida alors de demander à l’Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau,
– « Orgueil, aide-moi je t’en prie »
– « Je ne puis t’aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau. »

La Tristesse étant à côté, l’Amour lui demanda,
– « Tristesse, laisse-moi venir avec toi. »
– « Ooh Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’être seule »

Le Bonheur passa aussi à coté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendît même pas l’Amour l’appeler.

Soudain, une voix dit :
– « Viens Amour, je te prends avec moi. »
C’était un vieillard qui avait parlé. L’amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu’il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu’ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla.

L’amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir
– « Qui m’a aidé ? »
– « C’était le Temps » répondit le Savoir.
– « Le Temps ? » s’interrogea l’Amour.
– « Mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? »

Le Savoir, sourit plein de sagesse, et répondit :
« C’est parce que Seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la Vie. »

Publié dans Texte Histoire, Légende

Tactique d’approche

On raconte qu’au début des temps, les hommes et les femmes ne savaient rien les uns des autres. Les femmes, sortes d’amazones étaient aussi féroces et guerrières que les hommes. Leur premier contact se fit donc sur un champ de bataille.

Les femmes combattirent vaillamment, mais les hommes de constitution plus solide l’emportèrent. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque revenus au campement , ils ne reconnurent ni la langue, ni la race, ni le corps, ni l’habit de leur agresseur. Ils avaient cru qu’ils se battaient contre des hommes, mais il n’en était rien.

Vaguement attirés par l’autre sexe, les hommes tinrent conseil et résolurent de ne plus tuer aucun de ces ennemis, mais d’envoyer auprès des femmes leurs jeunes gens en nombre égal. Les jeunes gens devraient camper à côté des femmes et imiter en tous points leur conduite.

Quand elles voudraient attaquer, ils se replieraient en refusant le combat, les jeunes gens obéirent aux ordres, ils laissèrent les femmes tranquilles et celles-ci finirent par comprendre qu’ils ne leur voulaient aucun mal.

Peu à peu, les hommes rapprochèrent les limites de leur camp de celui des femmes. Au milieu du jour, les femmes avaient pour habitude de partir 2 par 2 en ballade. Les hommes s’en aperçurent et firent de même.

Un jour, l’un d’eux s’approcha d’une femme qui se trouvait seule et celle-ci le caressa, le serra contre elle jusqu’à ce qu’ils fassent l’amour sans résistance de l’un ou de l’autre. Elle ne pouvait pas parler car ils ne se comprenaient pas, mais elle lui fit comprendre qu’il la trouverait au même endroit le lendemain.

De retour au camp, le jeune homme raconta son aventure et bientôt tous ses camarades partirent à la conquête des femmes. Depuis ce jour, les hommes vivent en bonne entente avec leurs compagnes même si quelques problèmes de langage les empêchent parfois de communiquer pleinement.

Homme ou femme,
vous avez certainement éprouvé des difficultés à comprendre
ce qui se tramait dans l’esprit de votre compagne(-on).
C’est vrai , nous sommes tellement distincts que nos mots
semblent parfois désigner des réalités différentes.
Mais, ne battez pas en retraite et prenez exemple
sur les jeunes soldats de cette légende,
observez longuement la manière de vivre de l’autre,
approchez-le avec précaution et vous verrez,
l’amour fera le reste.barre separation coeur

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Le chemin des mots

contes-à-guérir-contes-à-grandir-Jacques-SaloméIl était une fois une petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour dire ce qu’elle ressentait. Chaque fois qu’elle tentait de s’exprimer, de traduire ce qui se passait à l’intérieur d’elle, elle éprouvait une sorte de vide. Les mots semblaient courir plus vite que sa pensée. Ils avaient l’air de se bousculer dans sa bouche mais n’arrivaient pas à se mettre ensemble pour faire une phrase. Dans ces moments-là, elle devenait agressive, violente, presque méchante. Et des phrases toutes faites, coupantes, cinglantes sortaient de sa bouche. Elles lui servaient uniquement à couper la relation qui aurait pu commencer. De toute façon tu peux pas comprendre. Ça sert à rien de dire. C’est des bêtises de croire qu’il faut tout dire !

D’autres fois, elle préférait s’enfermer dans le silence, avec ce sentiment douloureux. Que de toute façon personne ne pouvait savoir ce qu’elle ressentait, qu’elle n’y arriverait jamais. Que les mots ne sont que des mots. Mais tout au fond d’elle-même, elle était malheureuse, désespérée, vivant une véritable torture à chaque tentative de partage. Un jour, elle entendit un poète qui disait à la radio que « Il y a chez tout être humain un chemin des mots qu’il appartient à chacun de trouver. » Et, dès le lendemain, la petite fille décida de partir sur le chemin des mots qui était à l’intérieur d’elle.

La première fois où elle s’aventura sur le chemin des mots, elle ne vit rien. Seulement des cailloux, des ronces, des branchages, des orties, et quelques fleurs piquantes. Les mots du chemin des mots semblaient se cacher, paraissaient la fuir. La seconde fois où elle chemina sur le chemin des mots, le premier mot qu’elle vit sur la pente d’un talus fut le mot OSER. Quand elle s’approcha, ce mot osa lui parler. Il dit d’une voix exténuée : « Veux-tu me pousser un peu plus haut sur le talus ? » Elle lui répondit : « Je crois que je vais te prendre avec moi et que je vais t’emmener très loin dans ma vie. »

Une autre fois, elle découvrit que les mots étaient comme des signes sur le bord de ce chemin et que chacun avaient une forme différente et un sens particulier. Le deuxième mot qu’elle rencontra fut le mot VIE. Elle le ramassa, le mit contre son oreille. Tout d’abord, elle entendit rien. Mais en retenant sa respiration, elle perçut comme un petit chuchotement : « Je suis en toi, je suis en toi » et plus bas encore : « Prend soin de moi. » Mais là, elle ne fut pas très sure d’avoir bien entendu.

Un peu plus loin sur le chemin des mots, elle trouva un petit mot tout seul, recroquevillé sur lui-même, tout frileux comme s’il avait froid. Il avait vraiment l’air malheureux ce mot-là. Elle le ramassa, le réchauffa un peu, l’approcha de son cœur et entendit un grand silence. Elle le caressa et lui dit : « Comment tu t’appelles-toi ? » Et le petit mot qu’elle avait ramassé lui dit d’une voix nouée : « Moi, je suis le mot SEUL.  Je suis vraiment tout seul. Je suis perdu, personne ne s’intéresse à moi, ni ne s’occupe de moi. » Elle serra le petit mot contre elle, l’embrassa doucement et poursuivit sa route.

Près d’un fossé sur le chemin des mots, elle vit un mot à genoux, les bras tendus. Elle s’arrêta, le regarda et c’est le mot qui s’adressa à elle : « Je m’appelle TOI« , lui dit-il. « Je suis un mot très ancien mais difficile à rencontrer car il faut me différencier sans arrêt des autres. » La petite fille le prit en disant : « J’ai envie de t’adopter, toi, tu seras un bon compagnon pour moi. »

Sur le chemin des mots elle rencontra d’autres mots qu’elle laissa à leur place. Elle chercha un mot tout joyeux, tout vivant. Un mot qui puisse scintiller dans la nuit de ses errances et de ses silences. Elle le trouva au creux d’une petite clairière. Il était allongé de tout son long, paraissait détendu les yeux grands ouverts. Il avait l’air d’un mot tout à fait heureux d’être la. Elle s’approcha de lui, lui sourit et dit : « C’est vraiment toi que je cherchait, je suis ravie de t’avoir trouvé. Veux-tu venir avec moi ? » Il répondit : « Bien sûr, moi aussi je t’attendais … » Ce mot qu’elle avait trouvé était le mot VIVRA.

Quand elle rassembla tous les mots qu’elle avait recueillis sur le chemin des mots, elle découvrit avec stupéfaction qu’ils pouvaient faire la phrase suivante : Ose ta vie, toi seule la vivras, elle répéta plus lentement : « Ose ta vie, toi seule la vivras. »

Depuis ce jour, la petite fille prit l’habitude d’aller se promener sur le chemin des mots. Elle fit ainsi des découvertes étonnantes, et ceux qui la connaissent furent très surpris d’entendre tout ce que cette petite fille avait à l’intérieur d’elle. Ils furent étonnés de toute la richesse qu’il y avait dans une petite fille très silencieuse.

Ainsi ce termine le conte de la petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour se dire.

Jacques Salomé