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Hommage du cinéma français à son dernier « grand duc » Jean-Pierre Marielle

Jean-Pierre MarielleLe monde du cinéma français a rendu hommage jeudi à l’acteur Jean-Pierre Marielle, décédé la veille à l’âge de 87 ans, louant son élégance et sa voix caverneuse.

Inoubliable interprète de Monsieur de Sainte-Colombe dans « Tous les matins du monde » (1991), le comédien est mort d’une longue maladie, a annoncé son épouse, l’actrice Agathe Natanson, à l’AFP.

« Quel coup dur, je suis effondré « , a réagi Jean-Paul Belmondo, son ami du conservatoire avec qui il a fait les « 400 coups ». « C’était plus qu’un ami », a souligné « Bébel », saluant la mémoire d' »un grand comédien, une forte personnalité sachant tout à la fois manier l’humour de façon redoutable et travailler avec le plus grand sérieux ».

« Jean-Pierre est parti rejoindre Jean, Philippe et les autres … C’est tout un cinéma qui part avec lui », écrit le réalisateur et comédien Guillaume Canet sur les réseaux sociaux. Avec Jean Rochefort et Philippe Noiret, ses acolytes des « Grands Ducs » déjà disparus, Jean-Pierre Marielle incarnait toute une époque.

« Qu’est-ce qu’un acteur ?  Une voix, un phrasé. Il avait une voix, il avait un phrasé, une grande originalité, il détestait les modes, les ambiances, les doxas », relève le comédien Fabrice Luchini sur RTL.

« Les César ?  Rien à foutre »
Pour le cinéaste Jean-Pierre Mocky qui a travaillé avec lui, Jean-Pierre Marielle « avait beaucoup de prestance ». « Il jouait des rôles de fanfaron. Même dans la vie, c’était un grand gars, il était très drôle, il passait son temps à faire des plaisanteries », a-t-il dit sur Franceinfo.

Le cinéaste Bertrand Blier, qui a fait trois films avec l’acteur, a souligné sur RTL que Jean-Pierre Marielle était « très particulier ». « C’était un garçon secret, mystérieux, souvent angoissé, (…) mais « j’ai beaucoup de bons souvenirs avec lui », a-t-il ajouté.

Christian Clavier a également fait part de son « émotion ». « Que de plaisir de tourner avec un si Grand acteur et avec lui le souvenir de mémorables tournages. Merci pour ces grands moments inoubliables »

Avec la disparition de Jean-Pierre Marielle, s’éteint une des dernières figures de « la bande du conservatoire », formée au début des années 50 par Jean-Paul Belmondo, Claude Rich ou Jean Rochefort, l' »ami de toute une vie », décédé en octobre 2017.

Le comédien a joué dans plus d’une centaine de films (sous la direction notamment d’Audiard, Blier, Molinaro, Mocky, Sautet, Tavernier, Miller) et d’innombrables pièces et téléfilms.

S’il a été nommé sept fois aux César notamment pour son rôle dans « Tous les matins du monde », il n’a jamais reçu de statuette. « Les César, j’en ai rien à foutre », répondait-il. Ce qui n’a pas empêché l’Académie de lui rendre hommage jeudi et de saluer en lui « un formidable interprète, qui incarnait ses rôles avec cet humour piquant et un certain cynisme qui lui étaient si propres ».

Répliques fleuries
Il « avait cette gouaille imprévisible, ce grain de folie qui transcendent un immense acteur. Sa voix si reconnaissable par son moelleux et la justesse de sa diction nous entraînait aux frontières d?un génie irremplaçable, à la Serrault, à la Piccoli.  Lui », s’est souvenu l’ancien président du festival de Cannes, Gilles Jacob.

D’abord acteur de théâtre et de boulevard, Jean-Pierre Marielle sera ignoré de la Nouvelle vague et connaîtra des débuts timides au cinéma avant d’exploser à la fin des années 60, autant dans des films comiques que tragiques, d’auteur que grand public.

S’ensuit dans les années 70 une période prolifique devant les caméras et des répliques fleuries dans les films devenus culte de Joël Séria (« Les galettes de Pont-Aven », « Comme la lune »). Parmi ses autres rôles marquants, figurent « Que la Fête commence » de Bertrand Tavernier, « Dupont Lajoie » d’Yves Boisset, mais aussi « Coup de Torchon » de Tavernier, « Tenue de soirée » de Blier, « Uranus » de Claude Berri, « La Petite Lili » de Claude Miller et « Les âmes grises » d’Yves Angelo.

En guise d’hommage, France 3 va diffuser jeudi soir « Pièce montée » de Denys Granier-Deferre, où il incarne un prêtre et Paris Première « Les galettes de Pont-Aven ». Arte diffusera de son côté lundi soir « Tous les matins du monde ».

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Décès de Dick Rivers

Dick RiversNé Hervé Forneri en 1945, le chanteur de rock a enregistré au cours de sa longue carrière 33 albums studios.

Dick Rivers est mort ce mercredi des suites d’un cancer, annonce son manager. Né Hervé Forneri le 24 avril 1945, le chanteur de rock connu notamment pour sa célèbre « banane » a enregistré au cours de sa longue carrière 33 albums studios.

« J’ai la grande tristesse de vous annoncer que Dick Rivers est décédé cette nuit des suites d’un cancer. Nos très affectueuses pensées à son épouse Babette ainsi qu’à toute sa famille », a indiqué sur Twitter son manager Denis Sabouret.

Fasciné par le rock’n’roll comme beaucoup de jeunes de sa génération (Johnny Hallyday, Eddy Mitchell), Dick Rivers avait choisi un pseudonyme anglophone avant de se lancer dans la musique.

Du « yéyé » à Bashung
Il débute en 1961 avec Les Chats Sauvages. Ensemble, ils signent les tubes Hey Pony , Est-ce que tu le sais ?  , C’est pas Sérieux et surtout Twist à Saint-Tropez. Il restera un an dans le groupe, avant de se lancer dans une carrière solo. Vedette des années Salut les copains, Dick Rivers apparaît sur la fameuse « photo du siècle » de Jean-Marie Périer avec les 46 stars du « yéyé » en avril 1966. Les années 1960 sont marquées par des succès comme Rien que toi et Va t’en va t’en.

Après le déclin des années « yéyé », Dick Rivers tente de se réinventer dans les années 1970 et collabore avec succès pendant deux ans avec Alain Bashung, qui compose ses albums The rock machine, Rockin’ along …  the River’s country side et Rock & roll Star. A partir des années 1980, il diversifie ses activités : Les Chats Sauvages se reforment pour les 20 ans du groupe, il anime une émission sur RMC, il tourne avec Francis Cabrel.

Le retour dans les années 1990
En 1995, Dick Rivers surprend ses fans et les critiques avec Plein Soleil, considéré comme un de ses meilleurs disques. Produit par Patrick Coutin, il replace l’artiste sur le devant de la scène.

Tout en continuant la musique, l’artiste se laisse séduire par le cinéma et apparaît en 1999 dans La Candide Madame Duff de Jean-Pierre Mocky. Il retentera l’aventure en 2003 dans Le Furet, toujours de Mocky. On a pu aussi entendre sa voix grave dans des dessins animés pour enfants : Le Livre de la jungle 2, Tarzan 2 et Arthur et les Minimoys.

En 2011, Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière avec un nouvel album, Mister D. Prouvant que les rockeurs ne meurent jamais, il continue ses tournées et se produit notamment à l’Olympia et sort un dernier album, Rivers, en 2014. Atteint d’un traumatisme crânien après une chute, il annule des concerts en 2015 avant de revenir en 2018 avec la tournée Âge tendre, où il partage la scène avec d’autres idoles d’autrefois : Sheila et Dave.

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Décès de Luke Perry, l’acteur de la série Beverly Hills

luke perryL’acteur américain, star de la série Beverly Hills dans les années 1990, vient de mourir à l’âge de 52 ans, des suites d’un AVC.

L’acteur américain Luke Perry, connu pour son rôle de Dylan dans la série Beverly Hills, vient de mourir ce lundi, selon les informations de TMZ et de Variety. Il avait été victime d’un accident vasculaire cérébral mercredi. Il était âgé de 52 ans.

Révélé par son rôle du beau ténébreux Dylan McKay, de 1990 à 1995, puis de 1998 à 2000, il avait joué en 1997 dans Le cinquième élément de Luc Besson, mais aussi dans la série L’incroyable Hulk, au côté de Lou Ferrigno. A l’orée des années 2000, on l’a vu dans la série carcérale Oz. Au cours de sa carrière, il est apparu dans de très nombreuses séries télé et téléfilms, d’Esprits criminels à Community  qui n’ont pas tous traversé l’Atlantique. Les plus jeunes téléspectateurs le connaissent pour son rôle de Fred Andrews, le père du héros dans la série Riverdale (depuis 2017).

Un rôle dans le dernier Tarantino
Luke Perry a été hospitalisé, note Variety, le jour même où la Fox a annoncé le vrai-faux reboot de Beverly Hills,  6 épisodes avec les acteurs de l’époque, Jason Priestley, Jennie Garth, Ian Ziering, Gabrielle Carteris, Brian Austin Green, et Tori Spelling. Ils joueront des versions romancées d’eux-mêmes qui veulent relancer Beverly Hills 90210. Ni Luke Perry, ni Shannen Doherty, ne devaient figurer dans ce reboot.

Luke Perry apparaîtra également de façon posthume dans le film de Quentin Tarantino, Il était une fois à Hollywood, en salles le 14 août prochain. L’acteur a deux enfants, une fille, Sophie, et un fils, Jack, lutteur professionnel.

Ian Ziering, qui incarnait Steve Sanders dans Beverly Hills, lui a rendu hommage sur Twitter, évoquant leurs « souvenirs heureux partagés au cours des trente dernières années ».

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Mort d’Emiliano Sala : le rapport provisoire du crash dévoilé

Emiliano Sala et David IbbotsonLe bureau d’enquête sur les accidents aériens britanniques a publié ce lundi son rapport provisoire concernant le Piper Malibu transportant Emiliano Sala et David Ibbotson.

Tombée dans la Manche le 21 Janvier dernier, l’épave apparaît, dans ce rapport traduit par Ouest-France, en trois parties: le moteur, le poste de pilotage et l’arrière du fuselage. Mais ce n’est pas tout, l’AAIB révèle d’autres informations remettant en cause la légalité de ce vol : «Nous avons rassemblé des éléments de preuve provenant de radars, de bulletins météorologiques, de vidéos de l’avion au fond de la mer et d’interviews de témoins. Certains aspects opérationnels restent à déterminer, tels que la validité de la licence et des qualifications du pilote.»

Un premier bilan se dégage
Selon le rapport, le Piper Malibu a perdu de l’altitude puis descendu à 16.000 pieds. Tout cela à une vitesse de 7.000 pieds par minute avant de reprendre un petit peu de hauteur à 2.300 pieds et d’enfin perdre définitivement contact avec le radar. De plus, le pilote n’a pas gardé une trajectoire rectiligne comme prévu mais plutôt sinueuse. L’appareil a chuté brutalement en 20 petites secondes.

bureau d'enquête sur les accidents aériens britanniques

L’enquête pour élucider les moindres détails du crash ne fait que commencer comme le confirme le rapport : «Notre priorité maintenant est de passer en revue les éléments de preuve, qui sont pour la plupart volumineux et complexes, afin de pouvoir reconstituer ce qui s’est passé entre la perte de l’appareil radar et son immobilisation au fond de la mer. Cela nous aidera à comprendre les causes potentielles de l’accident.»

Le pilote pouvait-il transporter Emiliano Sala en toute légalité ?
La légalité du vol est le point sur lequel le plus de questions se posent. Parmi les lignes du rapport, les enquêteurs se sont penchés sur la notion de vol privé ou commercial. «Le pilote possédait une licence de pilote privée (PPL) délivrée par le Royaume Uni. On pense que la licence et le journal de bord du pilote ont été perdus avec l’aéronef et donc les notes sur ses licences et leur validité, ainsi que l’étendue de ses récents vols, n’ont pas encore été déterminées. Mais une PPL n’autorise pas un pilote à transporter des passagers contre récompense. Pour se faire, cela nécessite une licence commerciale.»

Auparavant, David Ibbotson transportait des passagers qui participaient aux coûts directs de l’avion: le «coup partagé». Une méthode qui permet à un pilote privé de transporter des passagers : «Le partage des coûts profite aux particuliers pilotes qui, en partageant les frais de leur vol, peuvent voler plus qu’ils ne le feraient autrement, augmentant ainsi leur niveau d’expérience.» Mais d’après les informations de Ouest France, aucun coût n’a été effectué par Emiliano Sala et le pilote. C’est avec la carte bancaire de Dave Henderson qu’avaient été réglés les frais de voyage. L’homme d’abord contacté par l’agent de Sala, Willie McKay, pour transporter l’Argentin, mais qui a renoncé pour des raisons inconnues.

«Or, insiste le bureau d’enquête sur les crashes aériens, le pilote doit contribuer aux coûts directs réels du vol. Si le vol implique le pilote et un passager, le pilote doit alors payer la moitié des frais d’exploitation. Il faut aussi que le pilote ait un objectif véritable (également appelé objectif commun) pour effectuer le vol. C’est lui qui doit dicter le moment du vol. Le vol ne doit pas être fait dans le seul but de transporter le passager», poursuit le rapport. Impossible donc de déterminer si le vol était légal ou non. Réponse dans les prochaines semaines.

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Décès de Stanley Donen, le réalisateur de « Chantons sous la pluie »

stanley-donenLe réalisateur américain Stanley Donen, l’un des derniers représentants de l’âge d’or d’Hollywood, est mort à l’âge de 94 ans, a indiqué samedi l’un de ses fils au Chicago Tribune.

Il était une des dernières figures de l’âge d’or hollywoodien. Stanley Donen, qui a révolutionné la comédie musicale en faisant grimper Gene Kelly aux lampadaires dans « Chantons sous la pluie » et danser Fred Astaire sur le plafond d’une chambre d’hôtel dans « Mariage Royal », est mort d’une crise cardiaque jeudi 21 février. Il avait 94 ans.

L’ancien danseur et chorégraphe avait en 1998 reçu un Oscar des mains de Martin Scorsese pour l’ensemble de son oeuvre « marquée par la grâce, l’élégance, l’humour et l’innovation visuelle » d’un genre regardé aujourd’hui avec nostalgie.

Le maître de la joie de vivre à l’écran, alors âgé de 73 ans, avait effectué quelques pas de claquettes avec la statuette d’or contre la joue, face à un parterre de stars l’applaudissant à tout rompre.

« Toutes ces comédies musicales appartiennent au passé », avait-il dit au New York Times en 1996, avant d’ajouter que « si on retournait aujourd’hui la scène où Gene Kelly danse sous la pluie, il regarderait partout autour de lui de peur d’être arrêté par la police ».

Débuts à Broadway
Né le 13 avril 1924 à Columbia en Caroline du Sud, Stanley Donen trompe son ennui en dansant et en fréquentant très jeune les salles de cinéma où la vie lui semble plus belle. A 9 ans, il découvre Fred Astaire emportant Ginger Rogers dans la danse endiablée de « Carioca » (1933). L’acteur devient son idole.

Le petit garçon commence par danser en cachette puis obtient de ses parents de s’inscrire à un cours. A 16 ans, il quitte Columbia pour New York avec l’espoir de faire des entrechats son métier. Il fait ses débuts à Broadway en devenant « chorus boy » en 1940 dans « Pal Joey ». La star du show est alors Gene Kelly.

Trois films avec Gene Kelly
A eux deux, ils vont sortir la comédie musicale des music-halls, désireux de montrer qu’on peut exprimer joies ou chagrins par des pas de danse et des ritournelles qui échappent à la pesanteur du quotidien.

En 1949, ils réalisent ensemble « Un jour à New York »: très moderne pour l’époque, cette comédie musicale avec Fred Astaire, qui se déroule en extérieur pour la première fois ou presque, marque une évolution du genre qui était en train de passer de mode.

Après « Chantons sous la pluie » (1952), chef d’œuvre unanimement salué alors que Donen n’a que 28 ans, le duo se réunit une dernière fois avec un troisième film cosigné en 1955, « Beau fixe sur New York ».

« Donen a emmené la comédie musicale dans une direction brillante et personnelle: non seulement il a osé transposer des habitudes des studios à l’extérieur, mais il a également été capable de filmer avec la même liberté qu’en intérieur », estime l’historien du cinéma David Thompson dans son Dictionnaire du film américain.

Après la comédie musicale, des films plus personnels
Le réalisateur signe ensuite des films plus personnels: le fluide et poétique « Donnez-lui sa chance » (1953), le western chanté « Les Sept femmes de Barberousse » (1954), ou encore « Drôle de frimousse » (1957), avec Audrey Hepburn et Fred Astaire.

Dans le registre de la comédie, Stanley Donen s’illustre avec « Charade » (1963, avec Audrey Hepburn et Cary Grant) et « Arabesque » (1965), qui combinent intrigues à rebondissements et style volontairement artificiel.

Il signe ensuite trois films personnels avec « Voyage à deux » (1967), « Fantasmes » (1967), parodie de Faust avec Peter Cook et Dudley Moore, et « L’escalier » (1969), étude de la désagrégation d’un couple homosexuel. Ses réalisations ensuite se raréfient et il se retire du cinéma après « C’est la faute à Rio » (1984).

Père de trois garçons, il s’était marié cinq fois et avait vécu une brève idylle avec Elizabeth Taylor. Son décès a été confirmé samedi au Chicago Tribune par l’un de ses fils.

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Mort de Claude Goretta, le réalisateur de La Dentellière

Mort de Claude Goretta, le réalisateur de La DentellièreLe cinéaste suisse est décédé le 20 février à l’âge de 89 ans.

Scénariste, documentariste, cet artiste de la caméra a reçu deux récompenses prestigieuses à Cannes : le prix du jury, en 1973, pour l’Invitation avec Jean-Luc Bideau et le prix du jury œcuménique, en 1977, pour La Dentellière avec Isabelle Huppert.

En 2011 le jeune cinéaste Lionel Baier avait déjà rendu un bel hommage au talent de Claude Goretta dans le documentaire intitulé Bon Vent. L’annonce de sa disparition le 20 février à l’âge de 89 ans, vient d’être confirmée par son fils Lucas. Ce réalisateur aussi passionné que méticuleux avait notamment reçu dans sa carrière deux prix prestigieux à Cannes pour L’Invitation et La Dentellière.

Né en Suisse le 23 juin 1929, Claude Goretta a montré très tôt une véritable fascination pour le septième art. Après des études de droit, il fonde avec son ami Alain Tanner le ciné-club de l’université de sa ville natale, Genève. Cinéaste parmi les plus doués des années 1960 et 1970, il réalisera essentiellement des documentaires et des adaptations d’œuvres classiques et de pièce de théâtre pour la télévision.

Avec deux œuvres majeurs, L’Invitation en 1973 puis La Dentellière en 1977, Claude Goretta recevra l’adoubement définitif de ses pairs à Cannes. Il obtiendra pour le premier film le prix du jury dufFestival et pour le second, le prix du jury œcuménique. Son héroïne, Isabelle Huppert, sera elle aussi consacrée, en étant couronnée par un Bafta et un David Donatello en 1978 au titre de la meilleure actrice étrangère.

Avec la disparition de Claude Goretta, la Suisse vient de perdre l’un de ses plus grands réalisateurs, un homme qui possédait, à travers son art, un étonnant pouvoir d’évocation.

En guise d’hommage au talent de Claude Goretta, Le Figaro présente les résumés de ses deux plus remarquables œuvres cinématographiques, L’Invitation et La Dentellière.

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La chatte Choupette de Karl Lagarfeld héritera-t-elle vraiment de sa fortune ?

choupetteLe couturier allemand vouait une admiration sans limite à son animal de compagnie. Au point de vouloir tout lui léguer.

Alors que le Kaiser de la mode vient de s’éteindre, la question de son héritage refait surface. D’autant qu’en 2015 dans l’émission « Le Divan » de Marc-Olivier Fogiel, Karl Lagerfeld avait fait cette étonnante confidence à propos de Choupette, son chat Sacré de Birmanie : « Elle a sa propre petite fortune, c’est une héritière : s’il m’arrive quelque chose, la personne qui s’en occupera ne sera pas dans la misère ». Avant d’ajouter que « l’argent des pubs où elle apparaît » avait été « mis de côté pour elle. Choupette est une fille riche ».

choupette-lagerfeld.jpgIl avait donné des détails supplémentaires quelques semaines plus tard dans un entretien au New York Magazine. Il indiquait alors que son chat, qui compte aujourd’hui 126.000 abonnés sur Instagram, avait gagné 3 millions de dollars rien qu’en 2014 grâce à de juteux contrats publicitaires. La chatte dispose d’ailleurs d’un train de vie particulièrement luxueux, avec deux dames de compagnie et un garde du corps. L’animal ne mangeait par ailleurs que dans des plats en argent, d’après le livre « Choupette, la vie enchantée d’un chat fashion », sorti chez Flammarion en 2014.

Malgré tout l’amour que Karl Lagerfeld portait à son animal domestique, Choupette héritera-t-elle vraiment de sa fortune ?   Certes, le directeur artistique de la maison Chanel n’avait pas de descendants et n’était pas marié. De ce fait, le couturier était libre de léguer sa fortune à qui il le souhaitait. En droit français, ce qu’on appelle la réserve héréditaire implique de transmettre une part minimale de l’héritage aux descendants du défunt. Il est en effet impossible en France de déshériter ces derniers. « Mais si vous n’avez pas d’enfant, vous pouvez léguer vos biens à qui vous voulez », résume Maître David Ambrosiano, vice-président du Conseil supérieur du notariat. Karl Lagerfeld n’avait donc pas de contrainte sur ce point.

Passer par un tiers de confiance
En revanche, un héritage ne peut être transmis qu’à une personne physique ou à une personne morale. Or, si les animaux sont considérés depuis 2015 comme « des êtres vivants doués de sensibilité », ils « sont soumis au régime des biens » (article 515-14 du Code civil). Dit autrement, ils n’ont donc pas de personnalité juridique et ne peuvent ni avoir de compte bancaire à leur nom ni hériter d’un patrimoine en France. « L’animal est considéré par le droit français comme un bien meuble, une chose. Or vous ne pouvez pas léguer votre patrimoine à une commode. D’ailleurs, en l’occurrence, le chat fait ici partie du patrimoine », décrypte David Ambrosiano.

En revanche, il est possible de procéder à ce qu’on appelle un legs avec charges. Karl Lagerfeld avait la possibilité de léguer à une personne morale (soit une association, soit une fondation reconnue d’utilité publique) ou à une personne physique sa fortune, à condition que celle-ci suive les obligations inscrites dans le testament, comme le fait de prendre soin d’un animal jusqu’au décès de ce dernier. Il faut néanmoins prévoir dans ce cas ce qui arrivera une fois que l’animal décédera à son tour.

Mais à qui faire confiance ?  Il existe aussi une question fiscale. En désignant une personne physique non-parente, elle sera imposée jusqu’à 60% sur le montant de l’héritage. En revanche, une association ou une fondation d’utilité publique n’aura à verser d’impôt que sur la part de l’héritage revenant effectivement aux ayants droits (ici l’animal de compagnie). Rappelons ici que le couturier avait aussi la possibilité de transmettre son patrimoine à plusieurs héritiers différents.

Enfin, dernier élément particulier dans le cas de Karl Lagerfeld, ce dernier avait le choix pour sa succession entre le droit allemand et le droit français. En effet, par défaut, c’est la loi du pays où résidait le défunt qui s’applique dans ce domaine dans l’Union européenne.

Toutefois depuis 2015, « avant leur décès, les personnes peuvent choisir que la loi applicable sera la loi du pays dont elles possèdent la nationalité », en raison du règlement (UE) n 650/2012 en matière de successions et de certificat successoral européen. Or, Karl Lagerfeld était de nationalité allemande. Il aurait eu cependant les mêmes problèmes qu’avec le droit français, puisqu’en Allemagne les animaux ne peuvent pas non plus hériter directement. Là encore, car ils n’ont pas de capacité légale. Il existe quoi qu’il en soit des montages relativement similaires au legs avec charges français, les fiducies, pour s’assurer du bien-être de son animal après sa mort.