Publié dans Texte Actualité divers

Jeûner, est-ce bon pour la santé ?

jec3bbner-est-ce-bon-pour-la-santc3a9.jpgDangereux, bénéfique, inconscient : on en dit tout, et son contraire.

Qu’en penser et qu’en attendre ?  Le point sur une pratique simple et ancienne pas si farfelue,  ni extrême.

Dans notre société de surabondance, où les troubles liés aux excès ou erreurs alimentaires explosent, le jeûne participe d’une démarche inverse qui, bien que ne faisant pas l’unanimité dans le milieu médical, compte de plus en plus de pratiquants convaincus, qui revendiquent meilleure énergie et réduction de certains troubles.

Arrêter de s’alimenter peut sembler paradoxal car nous croyons nos trois repas quotidiens impératifs à notre vitalité. Pourtant, le corps humain saurait gérer les périodes de jeûne grâce à ses réserves graisseuses : une femme « normale » (ou « sans excès de poids ») peut tenir 40 jours et certains grévistes de la faim ont atteint les 70 voire 80 jours. Non nourri, le corps met en place des stratégies pour se fournir en énergie : il puise dans ses réserves en glycogène, puis dans les acides aminés avant d’utiliser ses graisses, transformées par le foie en corps cétoniques aux effets coupe-faim.

Pourquoi jeûner ?
Pour la majorité de pratiquants, le jeûne est avant tout une parenthèse de complet repos digestif, dont le corps va profiter pour entreprendre un auto-nettoyage de ses déchets métaboliques et toxines. En cela, il participe d’une démarche globale engagée non pour maigrir, mais pour ralentir,  car on en profite pour se reposer et pratiquer des activités douces, retrouver sa vitalité et appréhender différemment l’acte de se nourrir. On distingue le jeûne complet, lors duquel on ne boit que de l’eau, du jeûne partiel pendant lequel on peut consommer un minimum de calories (de 250 à 300) apportées par des jus de légumes ou des bouillons.

Des jeûnes thérapeutiques encadrés
Le jeûne dit « thérapeutique » est ancien en Russie ou en Allemagne, et proposé dans des cliniques avec suivi médical, pour soulager des pathologies chroniques contre lesquelles la médecine classique reste démunie : allergies, arthrose, polyarthrite, problèmes de sommeil.  Des travaux menés sur des malades atteints notamment de polyarthrite montrent que le jeûne réduirait l’inflammation impliquée dans ces maladies.

Des études d’observance, parfois basées sur des diagnostics cliniques, montrent aussi une réduction du risque cardio-vasculaire, une régularisation des constantes biologiques (cholestérol LDL, triglycérides), et de la tension artérielle, ainsi que des effets sur la digestion, le sommeil ou la dermatite atopique. Elles restent souvent à petite échelle car difficiles à mener pour des raisons pratiques.

Enfin, d’après quatre études, dont les travaux de Professeur Valter D. Longo, le jeûne présenterait des effets positifs chez les patients cancéreux, car privées de carburant, les cellules tumorales sont plus sensibles au traitement. La publication de cas de malades ayant jeûné (en accord avec leur oncologue) la veille, le jour et le lendemain des séances de chimiothérapie note une baisse des effets secondaires indésirables (nausées, diarrhées, fatigue, perte de poids). Le jeûne n’est toutefois pas recommandé à tous. il faut être prudent, car certains patients sont dénutris. Par ailleurs, aucune étude n’a montré un effet préventif anti-cancer du jeûne.

Quelles précautions ?
Une récente étude américaine, publiée en 2018 par John S. Finnel, a suivi 768 patients ayant jeûné (sous contrôle médical) et a montré que certains troubles peuvent survenir pendant le jeûne, surtout les trois premiers jours, qui sont aussi les plus difficiles : fatigue, nausées, insomnies, maux de tête, douleurs dorsales. Dans la majorité des cas, ils restent légers et ne remettent en cause ni la santé, ni la suite du jeûne.

Toutefois, on peut conseiller d’effectuer un bilan médical avant son premier jeûne, et de consulter si les troubles ne s’estompent pas ou s’aggravent. La pratique est bien sûr interdite aux femmes enceintes ou allaitantes, ados, personnes âgées, sportifs.  Le ministère de la Santé recommande prudemment de l’effectuer dans une structure médicalisée mais il n’en existe pas en France. Certains lieux proposent un accompagnement non médicalisé par des pratiquants réguliers et naturopathes pour aider à gérer la pratique.

Pour s’initier moins de 36 heures : Une journée de jeûne hebdomadaire permet de se familiariser avec la pratique. On dîne le soir, on jeûne toute la journée du lendemain pour ne remanger que le soir (24 heures) ou même le lendemain matin suivant (36 heures).

Pour s’y mettre vraiment de 4 à 10 jours : Idéalement, on se prépare quelques jours avant, en réduisant progressivement ses apports et supprimant certains aliments.
J-5 : viandes, poissons et excitants (thé, café, alcool, chocolat).
J-4 : produits laitiers, légumineuses et oeufs.
J-3 : céréales et blé. Jusqu’au jeûne: on consomme des fruits et légumes, crus et cuits, avec des huiles végétales.
Après : on recommence à s’alimenter progressivement en réintégrant les aliments en sens inverse de leur suppression.

Publicités
Publié dans Texte Actualité divers

Comment devenir journaliste malgré la crise ?

journalisteDans un contexte de crise de confiance envers les journalistes, et surtout de crise que traversent les grands médias, ce métier continue de séduire les jeunes.

Mais comment peut-on devenir journaliste ?  En quoi consiste le métier ?  Quel est le salaire des débutants ?  Quelles sont les meilleures écoles ?  Comment trouver son premier poste ?   Le Figaro Étudiant vous donne les pistes à suivre.

Si journaliste fait partie des métiers les plus détestés des Français, et des professions qui recrutent le moins, ce métier attire paradoxalement toujours autant les jeunes. La preuve, le dernier concours de l’IJBA Bordeaux a attiré 913 candidats pour seulement 36 places, soit 3,9 % de réussite seulement. Élise Lucet, la célèbre présentatrice de «Cash Investigation» et d’«Envoyé Spécial» ou David Pujadas, aujourd’hui présentateur sur LCI font toujours rêver. En 2018, selon l’Observatoire des métiers de la presse, on comptait 35 297 journalistes en France. 57,7% des journalistes travaillent en presse écrite, 16,7 % en télévision, 9,7% en radio et 9,1% en agence de presse.

La création de newsrooms a provoqué un appel d’air
La presse écrite reste le secteur dominant parmi les cartes de presse. Mais la crise qui sévit dans de nombreux journaux a des conséquences. Le nombre de cartes de presse est, en 2018, en baisse de 0,4 % par rapport à 2017. «On a connu beaucoup de regroupements de titres de presse ainsi que des plans sociaux parmi les gros titres, donc, oui, forcément, la crise a un impact sur le nombre de journalistes», affirme Claude Cordier, vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. «Toutefois, la création de newsrooms (salles de presse web) a provoqué un appel d’air», souligne Julie Joly, directrice du CFJ, qui souligne que ses diplômés trouvent tous du travail à l’issue de leurs études.

Quel métier ?
«La plus belle définition du métier de journaliste est celle d’Albert Londres : «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie». Le journaliste a pour principale mission d’informer le public. Le reporter recueille une nouvelle et la vérifie. Doté d’une grande réactivité, il est à l’affût de l’actualité. Une fois la nouvelle récoltée, il croise ses sources afin de mettre à la disposition de son public une information fiable. Il cisèle ensuite son écriture pour rendre le message accessible au lecteur et choisit un angle d’attaque original, susceptible de l’attirer. «Mais comme l’explique Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire du Figaro, être journaliste, c’est aller plus loin que la «petite phrase», et expliquer le sens des petits et des grands silences, c’est aller auprès des gens, raconter leur vie non pas comme nous l’imaginons mais comme ils la vivent. C’est douter à chaque instant de ce qu’on nous dit, en n’oubliant jamais que rien n’est pire que de se faire instrumentaliser sans s’en rendre compte».

«Le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses clairs et ses obscurs»
Pour Charles Haquet, grand reporter au service étranger de L’Express, «un journaliste décrit la réalité, telle qu’il la perçoit. Il apporte à ses lecteurs des clés de compréhension du monde, en essayant d’être le plus objectif possible, et de donner la parole à toutes les parties. Affranchi des pouvoirs, le journaliste donne un éclairage indépendant, c’est le garant de sa crédibilité. En reportage, le journaliste fait une «photo» d’une situation, avec ses contrastes, ses clairs et ses obscurs. Le journaliste joue aussi un rôle de contre-pouvoir».

Le journaliste peut travailler pour la télévision, la radio, une agence de presse, un journal papier ou un site web. Ce métier recouvre un large panel de fonctions, allant du journaliste reporter d’images (JRI), au journaliste radio, en passant par le secrétaire de rédaction et par l’agencier. Le JRI (journaliste reporte d’image) réalise des reportages pour la télévision ou le web. Le journaliste radio doit avant tout avoir une bonne voix, une bonne diction. Quant au secrétaire de rédaction (SR), il relit et corrige les papiers des rédacteurs, destinés au print, c’est-à-dire à la presse papier. Il est un maillon essentiel de la chaîne. L’agencier, lui, travaille au service d’une agence de presse. Autrement dit, il travaille dans un organisme qui recueille des informations et les vend aux médias. Ainsi, ces derniers obtiennent des informations sur des pays dans lesquels ils n’ont pas assez ou pas du tout de journalistes et peuvent informer leurs lecteurs en temps réel.

Internet a transformé le métier de journaliste
L’arrivée d’Internet dans les années 2000 a bouleversé le métier de journaliste. Les journalistes d’aujourd’hui doivent être plus réactifs, écrire rapidement avec des titres plus accrocheurs. Les médias usent des réseaux sociaux afin de partager leur contenu et d’augmenter leur audience. Jean Bernard Litzler, journaliste au Figaro Immobilier, est témoin de cette évolution. «Le web offre plus de liberté, de souplesse que le papier mais j’avais choisi la presse écrite pour avoir un temps de recul. Maintenant, c’est fini. Le web c’est la tyrannie du temps réel», assène-t-il. Un journaliste peut se spécialiser dans divers domaines dont le sport, l’économie, la culture ou encore la politique. «Dans mon cas, être journaliste c’est expliquer de manière pédagogique la fabrique de la loi et ses conséquences sur le quotidien des Français», explique Delphine Girard, journaliste à Public Sénat, chaîne de télévision politique et parlementaire.

La carte de presse permet d’entrer dans les tribunaux
Le statut de journaliste donne droit à une carte de presse, renouvelée tous les ans et attribuée par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Elle certifie que l’individu exerce en tant que journaliste. «La carte de presse est un outil de travail, qui permet d’entrer dans les tribunaux, le palais de justice ou les ministères, par exemple. Elle donne des accréditations pour couvrir des manifestations officielles. C’est aussi un outil de protection qui permet aux journalistes de passer les checkpoints (frontières), en temps de guerre. En tant qu’outil social, elle permet de voir son ancienneté professionnelle reconnue au sein de son entreprise. Cet outil professionnel établit également que l’on est journaliste», définit Claude Cordier vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels. La carte de presse permet aussi au journaliste d’obtenir une entrée gratuite dans les musées nationaux. Elle offre enfin à son bénéficiaire des avantages fiscaux. Chaque journaliste peut ainsi déduire de ses revenus imposables une somme plafonnée à 7650 euros.

60 ans de journalismeLa profession a toutefois perdu de son prestige, et avec le web, les conditions d’exercice sont beaucoup plus rudes que par le passé, comme le souligne le plus vieux journaliste de France, Philippe Bouvard, qui a connu la presse des années 50. «Seuls les détenteurs d’une véritable vocation ne cherchent pas plus loin que la fonction qui consiste à servir d’intermédiaire entre l’actualité et le consommateur d’informations. Pour le statut social, ils repasseront car il y a belle lurette que, même en province, les journalistes ont cessé d’être considérés comme des notables», écrit-il dans son ouvrage Je crois me souvenir… , 60 ans de journalisme (Flammarion).

Les plus du métier : Cette profession est véritablement exaltante. Exit le quotidien morose et répétitif. Le journaliste découvre sans cesse de nouveaux visages et des paysages inconnus. «J’aime m’intéresser au quotidien des autres», explique Johan, tout juste sorti du CUEJ Strasbourg. Marguerite, étudiante en dernière année à l’EjT, rejoint Johan sur cette impression de découverte permanente. Elle apprécie de faire de nouvelles rencontres. «L’avantage de ce métier pour moi, qui suis surtout intéressée par la culture, c’est qu’on a accès aux coulisses et à un nombre insensé de choses auxquelles le grand public n’aura jamais accès», s’extasie-t-elle. C’est également un métier stimulant d’un point de vue intellectuel. Le journaliste ne cesse d’apprendre des nouvelles choses. Il peut aussi retirer la satisfaction d’apprendre quelque chose à son public, qu’il soit auditeur, téléspectateur ou lecteur.

Les moins du métier : Ce métier est prenant, voire chronophage. Charles Haquet, de L’Express, reconnaît que son métier est difficilement compatible avec une vie de famille : «Dans mon cas, je voyage fréquemment, ce qui implique une charge de travail plus importante pour ma femme qui doit s’occuper des enfants lorsque je suis parti. Et puis, les dîners annulés en cas de départ précipité, les week-ends passés à l’étranger, le décalage horaire au retour : toutes ces contraintes demandent beaucoup de compréhension de sa part», avoue-t-il.

En effet, le journaliste ne compte pas ses heures. Il doit être prêt à travailler le week-end et les soirs de semaine. En radio, les matinaliers doivent être prêts à se lever à 4 heures du matin. De même, comme le souligne Marguerite, élève de l’EJT, l’actualité est imprévisible. Il n’est donc pas aisé de s’organiser. Enfin, autre inconvénient, c’est un travail qui peut être précaire. À la sortie de l’école, les jeunes diplômés trouvent rarement un CDD ou un CDI et ont souvent le statut de pigiste.

Quel profil ?
Il n’y a pas un seul profil type pour devenir journaliste. «À partir du moment où la personne est curieuse, passionnée, désireuse d’apprendre et de transmettre, ce métier est ouvert dans l’absolu», constate Pierre Ginabat, directeur de l’EJT. «Nous avons dans l’école aussi bien des «geeks» (passionnés d’informatique NDLR), que des littéraires, des passionnés d’actu. Mais ils ont un point commun, la curiosité et la volonté de transmettre l’information», complète Julie Joly, directrice du CFJ. Cette profession nécessite toutefois certaines qualités: une solide culture générale, un esprit critique prononcé, une certaine «originalité», selon Johan, et un goût pour le contact humain. Il est également préférable de maîtriser plusieurs techniques de réalisation : l’écriture, la photo et la vidéo. C’est un métier ouvert aux femmes. D’ailleurs, la profession se féminise de plus en plus. En effet, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels relève 47% de femmes et 53% d’hommes parmi les détenteurs de la carte de presse en 2018.

Quel âge ?
Il n’y a pas d’âge pour être journaliste. Toutefois, en ce qui concerne les études de journalisme, c’est différent. Certaines écoles imposent une limite d’âge aux candidats. Pour postuler au CFJ Paris, par exemple, il faut être âgé de moins de 26 ans au 31 décembre de l’année du concours, sauf si la direction accorde une dérogation.

Quel bac ?
Si les étudiants qui se destinent à des études de journalisme suivent un bac général, il n’est pas obligatoire de faire un bac littéraire. Certains cursus sont accessibles dès le bac mais la plupart exigent un bac+3 minimum ainsi que des stages dans des médias.

Quelles études ?
Aucune formation spécifique n’est obligatoire pour devenir journaliste. Toutefois, le fait de faire une école de journalisme permet de trouver plus facilement du travail. «L’étudiant va découvrir ses atouts, apprendre aux côtés de journalistes confirmés, occupera tous les postes d’une rédaction, participera à des concours organisés par de grands médias. Ce qui lui permettra de se faire repérer, et de faciliter son insertion professionnelle», expose Julie Joly du CFJ.

Il existe deux types d’écoles de journalisme. Les plus convoitées sont les 14 écoles reconnues par la profession, ce sont les écoles qui répondent aux critères de la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes).

Les écoles publiques reconnues : Parmi les écoles, certaines sont publiques: l’école de journalisme de Sciences Po, l’IUT de Lannion, l’IUT de Nice, l’EPJT de Tours, le CUEJ de Strasbourg, le Celsa de Paris, l’EJDG de Grenoble, l’IFP Paris, l’IJBA de Bordeaux et l’EJCAM de Marseille.

Les écoles privées reconnues : D’autres formations, à l’instar du CFJ Paris, de l’EJT Toulouse, de l’ESJ Lille ou de l’IPJ Paris sont privées. L’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Lille est considérée comme la meilleure école, à l’échelle nationale, selon le classement des meilleures écoles de journalisme du Figaro Etudiant réalisé en 2018.

Ces écoles sont le plus souvent accessibles sur concours après un bac +3. Aucune licence n’est privilégiée. Certains font une classe préparatoire (littéraire, économique voire scientifiques), ou une licence d’histoire de sciences politiques ou un IEP (Institut d’études politiques). «La base, c’est de s’intéresser énormément à l’actualité et aux autres. Pour cela, on peut faire de la littérature, des maths, des sciences, de l’histoire, du droit, de l’économie», insiste Pierre Ginabat, directeur de l’École de journalisme de Toulouse. À titre d’exemple, Jean-Bernard Litzler, journaliste au Figaro immobilier, a suivi des études à l’IEP Strasbourg avant d’entrer au CFJ Paris.

Des prépas en journalisme existent pour se préparer aux concours (moins de 5 % de réussite). L’ESJ Lille propose, par exemple, la prépa égalité des chances. Il s’agit d’une préparation aux concours des écoles de journalisme ouverte à de jeunes boursiers. Ipésup propose une formation spécialisée aux sept meilleures écoles de journalisme, à raison d’une demi-journée hebdomadaire de cours pendant quatre mois. Depuis 2017, le CFJ s’associe à l’école W pour proposer une préparation aux concours de journalisme.

Toutefois, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues restent minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Que valent les écoles non reconnues ?
Beaucoup sortent d’écoles non reconnues. On peut citer, de manière non exhaustive le CFPJ, l’ESJ Pro, l’IEJ Paris, l’ISCPA, l’ISFJ, Studio école de France, HEJ, EFJ à Levallois. D’autres sortent de l’université lesquelles proposent des formations professionnelles comme le master 2 métiers du journalisme de l’Université de Montpellier par exemple, ou le master journalisme de l’Université de Cergy-Pontoise. Moins sélectives que les écoles reconnues, elles permettent néanmoins aux meilleurs éléments d’intégrer des rédactions nationales. À titre d’exemple, Adrien Renouard vient de signer un CDI à l’édition premium du Figaro, à 26 ans, après avoir fait une licence d’histoire puis un master de journalisme à l’Université Catholique de Lille, cursus non reconnu par la profession. Il enrichit des articles et les met en valeur.

Toutefois, encore aujourd’hui, les jeunes journalistes issus d’écoles reconnues sont minoritaires. Ainsi, selon l’Observatoire des métiers de la presse, parmi les 1788 premières de demande de carte de presse, 298 sortent d’écoles de journalisme reconnues par la profession, soit 17 % seulement.

Combien coûtent les études ?
Lorsque l’école est publique, les élèves paient des droits universitaires. Il faudra compter 4 500 euros par an pour l’ESJ Lille, une école privée, par exemple. Les frais de scolarité de l’EJT Toulouse, école privée elle aussi, s’élèvent à 4 250 euros par an, en première et en deuxième année, et à 3 000 euros en dernière année. Pour l’IJBA Bordeaux,école publique, les frais d’inscription universitaires sont appliqués, soit environ 256 €. Pour l’ESJ Paris, cursus non reconnu, il faut payer 6 000 euros par an environ.

Comment trouver son premier job ?
Il n’est pas aisé pour les journalistes débutants de s’assurer une situation stable. Pour se faire remarquer positivement, Pierre Ginabat recommande vivement de se montrer appliqué et rigoureux. «Un journaliste impliqué, sur qui on peut s’appuyer et avoir confiance se démarquera du lot», assure-t-il.

Delphine Girard, de Public Sénat, conseille de «tout lire, les journaux, les hebdos, des romans. S’informer tout le temps. Il faut s’accrocher car le métier n’est pas facile et la précarité reste la règle avec beaucoup de CDD ou de piges mais c’est un métier formidable avec une actualité toujours surprenante».

Charles Haquet, grand reporter à L’Express, recommande de s’entraîner à la manière d’un sportif. «C’est un métier «artisanal», qui demande de la répétition. Il faut travailler ses gestes: apprendre à poser des questions, à mettre à l’aise ses interlocuteurs, à bien préparer ses interviews, à travailler son plan, à bien travailler ses «accroches», à voir comment font les autres, à enrichir son vocabulaire et à réfléchir en permanence à sa pratique», affirme-t-il. Il encourage les jeunes journalistes à ne jamais cesser d’y croire.
Faire jouer son réseau

Le jeune diplômé peut également envoyer des idées de sujets à des rédacteurs en chef afin que ceux-ci puissent leur proposer de piger pour leur média. Si un journaliste souhaite postuler à une offre ou bien soumettre une candidature spontanée, il doit envoyer un CV, bien sûr, mais il ne doit pas hésiter à insérer des liens vers ses publications. Le recruteur sera ainsi à même d’évaluer les productions du candidat.

Faire jouer son réseau, construit lors de l’école de journalisme, est aussi indispensable. Outre les groupes réservés aux étudiants des écoles, des groupes Facebook, comme «Réseau journalistes et médias: offres d’emploi, de piges, de collaborations» ou «Emplois dans la presse.com» ou encore «Entre2piges.com» permettent de publier des offres d’emploi.

Difficile de le nier : le métier se précarise. D’après l’Observatoire des métiers de la presse, il y a 10 ans, les CDI représentaient la plus grande part du total des premières demandes de cartes de presse, élément servant à prouver l’activité de journaliste. Aujourd’hui, ce sont les pigistes rémunérés à l’article, au reportage ou à la photo qui sont en tête (37,2%). Les CDD représentent 34,1% des nouvelles demandes de cartes et les CDI, 28,3%. Paradoxalement, le chômage est faible. Et seulement 1350 cartes chômeurs ont été attribuées en 2018 (3,82 % des journalistes). Elles sont accordées à des journalistes titulaires de la carte de presse mais qui sont au chômage. La particularité de ce métier est qu’un journaliste qui perd son travail peut toujours travailler comme pigiste.

Quel salaire ?
Selon l’Observatoire des métiers de la presse, le revenu médian brut mensuel des journalistes en CDI, en 2017, était de 3 591 euros brut. Les CDD gagnaient 1 954 euros. En ce qui concerne les pigistes, ils avaient un revenu médian de 2 000 euros.

Selon la grille des salaires publiée par le SNJ (syndicat national des journalistes), dans un quotidien parisien, la pige est payée 66,98 € le feuillet (1500 signes), un rédacteur stagiaire (diplômé d’une école agréé par la profession, embauché mais pas encore titulaire de la carte de presse) 2162, 62 € brut, un chef de service 3541,32 € par mois, un rédacteur en chef adjoint 4517,25 €, un rédacteur en chef 5430 , 49 €.

Publié dans Texte Beauté et Soin

5 astuces pour prendre soin de ses mains

mainsTiraillement, démangeaison, excès de petites peaux autour des ongles …

Particulièrement exposée, la peau des mains a tendance à s’assécher. Pour qu’elles restent nickel toute l’année et avoir une belle manucure, voici nos conseils faciles au quotidien.

1) Prendre l’habitude de se crémer après chaque lavage
C’est finalement un réflexe à prendre : on pose un tube de crème pour les mains sur le bord du lavabo ou sur son bureau et à chaque fois qu’on s’est lavé les mains, on s’en applique scrupuleusement. Fini la peau irritée par le savon ou l’eau froide.

2) S’offrir un bain de citron et huile d’olive
Une fois par semaine, on prépare un bol d’eau chaude agrémenté d’un peu d’huile d’olive pour nourrir les cuticules et d’un filet de citron pour blanchir les ongles. Un petit bain d’un quart d’heure suffit à se faire de jolies mains, naturellement.

3) Limer ses ongles en douceur
Pour des ongles en bonne santé, il faut savoir bien les limer. On utilise une lime en verre ou en émeri plutôt qu’une lime en métal trop agressive. Et surtout, on fait un mouvement doux, toujours dans le même sens, de gauche à droite ou de droite à gauche, mais pas d’allers et retours.

4) Faire une pause entre deux poses
Plutôt que d’enchaîner les vernis, on pense à faire une détox de quelques jours pour laisser l’ongle respirer. Et bien sûr, on ne zappe pas l’étape de la pose de base qui peut être nourrissante, blanchissante ou durcissante, et qui évite aux ongles de jaunir en les protégeant des pigments du vernis.

5) Se faire un cataplasme
Si vraiment vos mains sont toute sèches et ont tendance à desquamer, vous pouvez vous mettre de la crème nourrissante en couche très épaisse et mettre des gants en coton pour favoriser la pénétration des actifs dans la peau. Il existe aussi des gants garnis de crème prêts à l’emploi.

Publié dans Texte Réflexion

Quel est le secret du coup de foudre ?

coup de foudreL’amour vous tombe dessus comme ça, sans crier gare, au moment où vous vous y attendez le moins.

Votre cœur bat la chamade, vos jambes tremblent, vous avez des papillons dans le ventre, c’est le coup de foudre. Mais que se passe-t-il exactement à ce moment où l’on tombe amoureux ?

Depuis la nuit des temps, le coup de foudre est un concept qui fait rêver. Pourtant, au risque de vous décevoir mesdames, l’amour au premier regard ne relève pas du hasard et n’est donc pas si romantique que ça. La vérité, c’est que l’on est attiré et séduit par une personne qui nous renvoie inconsciemment des signes positifs d’appartenance à notre milieu. Des détails comme une coupe de cheveux, un style vestimentaire, une démarche, ont leur importance dans notre choix de partenaire, même si cela est inconscient.

Le coup de foudre, une histoire d’hormones
Avez-vous remarqué que lorsqu’on parle de coup de foudre, on décrit en premier lieu des symptômes physiques comme des sueurs, des palpitations, la gorge nouée, le cœur serré ?   Il y a une explication à cela : les phéromones. Ces substances chimiques, perçues par le cerveau à 1 mètre de distance, jouent un rôle déterminant dans notre quête de l’amour.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les soirées pour célibataires où l’on choisit son futur partenaire à l’aide d’un t-shirt imprégné de son odeur ont le vent en poupe. Le coup de foudre est avant tout chimique.  Difficile donc d’avoir un coup de foudre sur Internet puisque le contact physique et les odeurs sont essentiels pour activer les mécanismes amoureux dans notre cerveau. D’après les neurobiologistes, lorsque l’on sourit en regardant son partenaire, c’est que l’ocytocine et la dopamine, hormones du bien-être et de l’attachement, ont été déversées.

Pas tous égaux
Si certains tombent amoureux plus vite que d’autres, c’est parce que leur cortex préfrontal, directement impliqué dans le raisonnement et la prise de décision, prend le contrôle et stimule leur noyau accumbens, siège du plaisir et de l’addiction. C’est donc l’affectif qui prend le dessus sur la raison et on n’y peut pas grand chose.

Les pièges à éviter
Le coup de foudre est soudain, inattendu. On a envie de croire de toutes ses forces à cette nouvelle romance qui a tout d’un conte de fées. Le hic, c’est que cet amour résulte avant tout d’un processus chimique dans lequel on a idéalisé l’autre. Une illusion qui peut faire mal le jour où la réalité va reprendre le dessus.

Cet homme que l’on croyait si parfait ne l’est finalement pas tant que ça, il a des défauts comme tout le monde. Puis, lorsque le temps de la rupture viendra, les relations qui suivront nous sembleront sans saveur, fades. La question que l’on doit véritablement se poser, c’est : lorsque une histoire s’enflamme aussi rapidement, ne risque t-elle pas de s’éteindre d’autant plus vite ?

Publié dans Texte Actualité divers

Avec «Fluo», la région du Grand Est donne un nouveau nom à son réseau pour simplifier la vie des voyageurs

transport fluo grans est« Fluo Grand Est » est le nouveau nom du réseau régional de transport, dévoilé ce jeudi à Metz. Le but : unifier et simplifier l’offre pour les voyageurs de la région.

Sous cette marque, on retrouve les lignes du TER Grand Est mais aussi les dix réseaux routiers, interurbains et scolaires que gère le conseil régional.

« Fluo » est aussi le nom d’un portail unique en ligne, qui calcule les itinéraires dans la région et le meilleur trajet en temps réel.

Ne dites plus « TER Grand Est », mais « Fluo Grand Est ». Non pas que les trains s’apprêtent à se transformer en rames fluorescentes, sauf quelques petites touches de couleur ici et là. « Fluo Grand Est » est le nouveau nom du réseau régional de transport, dévoilé ce jeudi à Metz.

Une appellation sous laquelle on retrouve donc les lignes de trains régionaux en Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne mais aussi les dix réseaux interurbains et scolaires hérités des trois anciennes régions et dont la gestion est revenue au Grand Est : Livo, Marne Mobilité, TED, TIM, Réseau des Transports de la Meuse, Les lignes de Haute Alsace, Réseau 67, les réseaux des interurbains et scolaires de l’Aube, de la Haute-Marne et le réseau des Ardennes. Tous ne forment désormais plus qu’un réseau unique.

« Est-ce que c’était franchement nécessaire ? »
Cette nouvelle marque sera progressivement visible sur les différents matériels roulants (trains, autocars et navettes), indique la région Grand Est, ainsi que sur les différents supports du réseau. « Est-ce que c’était franchement nécessaire ? », demande un voyageur, Marc. Oui, selon la région qui l’a décidé dans un souci d’unifier, simplifier ce vaste réseau (lire encadré) et donc le parcours des clients.

Plusieurs usagers du réseau de transport régional s’interrogent sur la somme déboursée pour mettre en place cette nouvelle marque et la communication autour d’elle : « On aurait pu mettre cet argent ailleurs », suggère l’un d’eux. « Dans l’accessibilité au train, les conditions de voyage, la ponctualité … », poursuit son voisin. Le montant de cette opération (naming, mise en place sur le terrain et création du portail unique) s’élève à 20.000 euros, a indiqué le conseil régional en fin de journée jeudi.

Un portail complet pour simplifier les trajets
Outre les véhicules sur ce réseau routier et ferroviaire, «Fluo» est aussi un calculateur d’itinéraire régional. Un portail unique, mix d’un Google Maps, Mappy et application SNCF  capable de proposer le meilleur trajet en temps réel, combinant tous les modes de déplacement : le nouveau système d’information multimodale remplace ceux des anciennes régions, à savoir SimpliCIM en Lorraine, Vitici en Champagne-Ardenne et Vialsace en Alsace.

« C’est plutôt une bonne chose d’avoir unifié tout ça sous une seule et même identité. Et ça donne du boulot aux graphistes et imprimeurs, résume la Bas-Rhinoise Tatiana. Après, en tant que passagère du train, un nouveau nom ne va pas changer grand-chose s’il n’y a pas de nouveautés au niveau des prestations. J’utilise déjà l’appli de la SNCF pour mes horaires, je ne compte pas en changer. Je pense que les gens sont plus intéressés par l’ouverture à la concurrence parce que cela peut influer sur le niveau de service ou le tarif des billets et abonnements. »

Le transport ferroviaire dans le Grand Est est le premier réseau hors région parisienne en nombre de trains par jour. Soit 1.700 trains par jour sur 2.727 kilomètres de voies ferrées, dans 396 gares et transportant 170.000 voyageurs par jour.  Ce à quoi il faut ajouter les 326 lignes routières du réseau interurbain et les 3.500 circuits de transport scolaire (235.000 élèves transportés par jour).

Publié dans Texte Actualité divers

Accord HLM / gouvernement sur un « cadre financier » 2020-2022

hlmLe secteur du logement social, l’un des principaux pourvoyeurs d’économies depuis le début du quinquennat, a signé jeudi avec le gouvernement un accord de compromis réduisant l’effort demandé aux bailleurs sociaux sur la période 2020-2022.

Un deuxième accord, formalisant un plan d’investissement de neuf milliards d’euros d’Action Logement pour soutenir le logement social et financer d’autres mesures en faveur du logement, a été signé en parallèle.

Ces deux accords, fruits de plusieurs mois de négociations menées sous la houlette du Premier ministre, « permettent au secteur du logement social de poursuivre ses missions », est-il précisé dans un communiqué diffusé par Matignon, qui salue « l’effort significatif réalisé par l’ensemble des signataires. »

Le « pacte d’investissement pour le logement social » formalise un « cadre financier de trois ans » visant à « donner de la visibilité » aux bailleurs sociaux tout en « favorisant les efforts de construction et de rénovation du logement social »,

Le gouvernement comptait initialement économiser 1,5 milliard d’euros par an à partir de 2020 par le biais de la baisse des aides personnalisées au logement pour locataires du parc social, que les organismes HLM ont dû compenser en réduisant d’autant leurs loyers, et donc leurs recettes.

Moins d’économies imposées aux HLM
Dans un contexte de ralentissement de la production de logements sociaux et de tassement généralisé dans le secteur du logement, cet objectif, qui avait été régulièrement dénoncé par les organismes HLM, a finalement été revu à la baisse.

Cet accord ramène à 1,3 milliard d’euros par an l’économie réalisée par l’État grâce à ce mécanisme, tout en limitant à 950 millions d’euros par an l’impact sur les comptes des bailleurs sociaux grâce à des mesures complémentaires.

Au-delà des 900 millions d’euros de baisse des loyers,  un montant déjà atteint cette année, après 800 millions en 2018,  il est prévu que les organismes HLM réalisent des économies de gestion à hauteur de 50 millions d’euros sur 2020-2022.

Parallèlement, la contribution des bailleurs sociaux au Fonds national des aides à la pierre (FNAP), un établissement public qui contribue à l’entretien du parc social  sera réduite de 300 millions d’euros par an, une mesure intégralement compensée par Action Logement, l’ex-« 1% logement ».

Ils bénéficieront également de 50 millions d’euros de remises commerciales sur les intérêts de leur dette de la part de la Caisse des dépôts (CDC).  Au-delà de ces principes financiers, diverses dispositions de soutien à l’investissement sont prévues, avec notamment la participation de la CDC, qui compte déployer cinq milliards de nouveaux prêts et 800 millions d’euros de fonds propres.

Les HLM contestent toujours la baisse des APL
Le taux de TVA, qui avait été relevé de 5,5% à 10% pour la construction et la réhabilitation dans le logement social (avec un coût d’environ 800 millions d’euros pour le secteur) sera par ailleurs ramené à 5,5% mais seulement pour les opérations réalisées dans certains types de logements sociaux.

En contrepartie, les organismes HLM se sont engagés à construire 110.000 logements sociaux par an et à accélérer les rénovations thermiques dans le parc social, avec un objectif de 125.000 logements par an.

L’Union sociale pour l’habitant (USH), qui a validé les clauses de cet accord mercredi soir, le décrit comme un « signal positif », alors que deux millions de ménages attendent de pouvoir bénéficier d’un logement social.

Son président Jean-Louis Dumont a précisé dans un communiqué que la ratification de cet accord ne « va(lait) pas acceptation de la compensation par les organismes de la baisse des APL sur les locataires du parc social (…), une mesure injuste ».

L’organisme Action Logement, qui gère de façon paritaire la participation des employeurs à l’effort de construction, a revu les modalités de son plan d’investissement volontaire de neuf milliards d’euros présenté en janvier pour l’articuler avec l’accord conclu entre L’État et les acteurs du logement social.

Également signé jeudi, ce plan programme un renforcement du soutien d’Action Logement au secteur de logement social, au-delà de la seule compensation de la baisse de la contribution des organismes HLM au FNAP. Il prévoit également des financements pour la rénovation énergétique de logements de ménages modestes, pour la réhabilitation de copropriétés dégradées et pour des aides à la mobilité des salariés.

Publié dans Texte Santé

Cancer colorectal : vers une pénurie de tests de dépistage ?

Depistage Cancer colorectalÀ la suite d’un problème juridique, difficile de trouver le test qui détecte les lésions avant qu’elles s’aggravent.

Si votre médecin vous conseille de faire le test de dépistage du cancer colorectal, pas sûr que vous trouviez le kit nécessaire.

En Auvergne-Rhônes-Alpes, Pays de Loire, Provence Alpes-Côte d’Azur et Ile-de-France (Essonne excepté) ils sont devenus quasiment introuvables, à la suite d’un imbroglio judiciaire. Le 1er avril, le tribunal administratif de Paris a annulé l’appel d’offres lancé par l’Assurance maladie et remporté par le laboratoire Cerba. Depuis, l’affaire s’est transformée en un drôle de micmac, la pénurie menace …

À la Ligue contre le cancer, on tire la sonnette d’alarme. Cette enveloppe bleue dans laquelle le patient glisse un échantillon de ses selles, avant de l’envoyer par la poste à un centre de diagnostic, sauve des vies. Ce kit gratuit qui est diffusé auprès des 50-74 ans, dans le cadre d’un programme de dépistage organisé comme pour le cancer du sein, n’emporte déjà pas une franche adhésion : rebutés par le geste à faire, les quinquagénaires le laissent souvent traîner dans leur tiroir, si bien qu’à peine un tiers des hommes et des femmes concernés, le renvoient, ce serait dommage d’en rajouter.

Pris à temps, il guérit dans neuf cas sur dix
Le cancer colorectal demeure le second cancer le plus meurtrier, avec près de 18 000 décès par an. Pourtant, pris à temps, il guérit dans 9 cas sur 10. Et c’est précisément l’utilité de ce test immunologique permettant de repérer des polypes (petites lésions) pour les retirer avant qu’ils n’évoluent en cancer.

L’Assurance maladie, qui a lancé un nouvel appel d’offres transitoire, plaide pourtant non coupable : « En lançant notre appel d’offres l’été dernier, on savait qu’on s’exposait à un risque de procès de la part de concurrents échaudés, on a donc pris les devants en commandant des stocks supplémentaires », explique son porte-parole.

Sauf que ces stocks, elle les cherche : « Dans une même région, il peut y avoir des centres de gestion qui n’ont plus de kits, mais il en reste chez les médecins. On est en train de faire un état précis des lieux. » Où sont passés les kits ?  Drôle de jeu de piste.