Publié dans Texte Actualité divers

Les Européens sont toujours les plus grands consommateurs d’alcool dans le monde

alcoolD’après une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet, c’est en Europe que la consommation par habitant est la plus élevée au monde, même si celle-ci est en baisse. À l’inverse, elle augmente dans les pays émergents.

Si la consommation d’alcool diminue ou stagne dans les pays riches, elle tend à augmenter dans les pays dont le niveau de vie s’élève, comme l’Inde et la Chine, compromettant la lutte contre ses méfaits pour la santé, selon une étude publiée mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet.

Risque de maladie, blessures et accidents
Ce « changement de paysage » doit inciter les pays concernés à adopter les mesures qui ont prouvé leur efficacité ailleurs, comme « la hausse des taxes, une restriction de la disponibilité et l’interdiction du marketing et de la publicité pour l’alcool », plaident les auteurs de l’étude. L’alcool représente « un facteur de risque majeur » dans l’apparition de nombreuses maladies ainsi que dans la survenue de blessures et d’accidents, rappellent-ils.

En moyenne, chaque adulte dans le monde a consommé 6,5 litres d’alcool pur en 2017, contre 5,9 litres en 1990, et cette quantité devrait atteindre 7,6 litres d’ici 2030, selon des estimations établies à partir des données de 189 pays.

En Europe, 9,8 litres d’alcool par habitant
Aujourd’hui c’est en Europe que la consommation par habitant est la plus élevée au monde, mais celle-ci est en baisse (-20% en 27 ans, à 9,8 litres par habitant), en raison notamment d’un net recul dans certaines anciennes républiques soviétiques et certains pays d’Europe de l’Est.

À l’inverse, on observe un phénomène de rattrapage dans des pays à revenu intermédiaire tels que la Chine, soutenu par « les transitions économiques et l’accroissement de la richesse ». Ce pays a désormais des niveaux de consommation supérieurs à certains pays européens » avec 7,4 litre, souligne l’article.

Dans l’ensemble de l’Asie du sud-est, la consommation moyenne a doublé entre 1990 et 2017 pour atteindre 4,7 litres par habitant et dans la région « Pacifique occidental », qui inclut notamment la Chine, le Japon et l’Australie, elle s’est accrue de 54%. Le niveau de consommation enregistré reste en revanche stable et très limité en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (moins d’un litre par adulte et par an).

Les hommes consomment plus que les femmes
Les habitudes sont également très différentes selon le sexe : les hommes consommaient en moyenne 9,8 litres d’alcool pur en 2017, contre seulement 2,7 litres pour les femmes. Cet écart « devrait diminuer légèrement » d’ici 2030, estiment les chercheurs.

Alors qu’une majorité de la population mondiale (53%) ne boit pas régulièrement d’alcool aujourd’hui, « les estimations indiquent que d’ici 2030 la moitié des adultes boira de l’alcool » au moins une fois par an. Par ailleurs, près d’un quart (23%) connaîtra une alcoolisation massive (au moins six verres standards en une occasion, soit au moins 60g d’alcool pur) au moins une fois par mois, alors qu’ils n’étaient que 18,5% en 1990.

Fardeau sanitaire
Cette tendance met à mal l’objectif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de réduire de 10% d’ici à 2025 la « consommation nocive d’alcool », avertit Jakob Manthey, chercheur en psychologie clinique à l’Université technique de Dresde, auteur principal de l’étude. Le fardeau sanitaire lié à l’alcool va même « probablement augmenter en comparaison avec d’autres facteurs de risque », ajoute-t-il.

Les mesures de hausse des prix de vente et de contrôle de la distribution, qui ont fait leurs preuves dans les pays riches, pourraient toutefois être moins efficaces dans des pays où une grande partie de la consommation échappe aux circuits officiels, avertit Sarah Callinan, du Centre for Alcohol Policy Research de l’Université La Trobe à Melbourne (Australie).

41.000 décès par an en France
Aussi recommande-t-elle de mettre l’accent sur « de strictes restrictions à la publicité et autres activités promotionnelles » ainsi qu’à des « mesures rigoureuses contre l’alcool au volant ».

La consommation nocive d’alcool entraîne 3 millions de morts par an, des hommes pour plus des trois quarts, selon l’OMS. En France, l’alcool est responsable de 41.000 décès chaque année, soit la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac.

Publicités
Publié dans Texte Recette Cuisine

Thé : les alternatives sans théine

théConnaissez-vous le rooibos, le chai, ou encore le sobacha ?

Ces boissons sont couramment assimilées à des thés. Et pourtant, il ne s’agit pas de « thés » à proprement parlé. Ce sont des boissons sans théine et originaires des quatre coins du monde.

« Thé rouge », « thé de sarrasin », « thé chai »… Ils ont l’apparence du thé et en portent même parfois le nom. Comme le thé, ils se consomment sous forme d’infusion, peuvent être cueillis et transformés selon les mêmes procédés et leur goût en est parfois proche. Et pourtant, il ne s’agit pas de « thés » à proprement dit.

Les thés, qu’ils soient verts, blancs ou noirs, sont issus des feuilles d’une même plante, le Camellia Sinensis, couramment appelée le théier. Une plante qui contient naturellement de la théine, un alcaloïde aux vertus dynamisantes et stimulantes. Théine ou caféine, il s’agit en réalité de la même molécule.

De plus en plus de consommateurs sont à la recherche de boissons alternatives, dépourvues de théine ou caféine. Il existe bien évidemment les tisanes que l’on consomme le plus souvent après diner, mais quelles sont les autres alternatives ?

En Afrique du Sud, au Japon ou en Inde, les populations locales ont adopté des boissons chaudes qu’elles assimilent volontiers à des thés, mais sans théine. On prête à ces boissons des vertus dynamisantes, antioxydantes et même diurétiques, comme le thé.

En Afrique du Sud avec le rooibos
Le rooibos est surnommé le « thé rouge ». Mais ne vous fiez pas à cette appellation : il ne contient pas de théine. Il est élaboré à partir de feuilles et fleurs d’un arbuste sud-africain séchées, fermentées puis infusées. « Rooibos » signifie « buisson rougeâtre » en afrikaans. Vous le remarquerez au cours de son infusion, le rooibos dégagera une légère couleur rouge, brune.  À la clé : une boisson au goût épicé, proche du thé noir.

Quelles sont ses vertus ?  Le rooibos est riche en flavonoïdes qui facilitent la digestion. Il contient également de nombreux minéraux : cuivre, fer, potassium, calcium, fluorure, zinc …  Riche en zinc, le rooibos aiderait également à traiter les maladies de peau comme l’eczéma.

Comment le consommer ?   Le rooibos peut être consommé tout au long de la journée, chaud, froid ou même glacé. Vous pouvez y ajouter de fines rondelles de gingembre frais ou encore une rondelle de citron. Aromatisé ou nature.

Où le trouver ?  Dans les boutiques spécialisées, dans les magasins bio ou dans les épiceries fines.

Au Japon avec le sobacha
Le sobacha est une boisson traditionnelle japonaise. En japonais « soba » signifie « sarrasin », et « cha » signifie « thé ». Un « thé de sarrasin », pourtant, cette boisson ne contient pas de théine. Le sobacha est obtenu à partir de graines de sarrasin, aussi appelées graines de kasha, torréfiées puis infusées dans de l’eau chaude.

Quelles sont ses vertus ?  Le sarrasin est une céréale sans gluten et très digeste, riche en protéines végétales et en nutriments. C’est une excellente source de magnésium et de cuivre.

Comment le consommer ?  Le sobacha peut être bu chaud ou froid.
Où le trouver ?   Certaines boutiques et sites spécialisés proposent à la vente des grains de sarrasin concassés grillés, prêts à être infusées directement dans de l’eau chaude. Vous pouvez également faire torréfier à la poêle des graines de sarrasin décortiquées.

En Inde avec le chai
Le chai est une véritable boisson nationale en Inde. En hindi, « chai » signifie « thé ». Ce thé indien est traditionnellement élaboré à partir d’un mélange de thé noir, de lait et d’épices : de la cannelle, de la cardamome, du gingembre, des clous de girofle, du poivre noir… Mais il se décline également sans thé, donc sans théine.

Quelles sont ses vertus ?   Sa forte teneur en épices en fait une boisson riche en antioxydants, qui boostera votre énergie ainsi que votre système immunitaire.

Où le trouver ?   Dans les boutiques spécialisées, dans les magasins bio ou dans les épiceries fines.

Comment le consommer ?  Avec ou sans thé, avec ou sans lait, à chacun sa recette de « chai ».

Des infusions dynamisantes
Certaines plantes ou racines ont des vertus dynamisantes. Misez sur l’ortie, le romarin, le thym, le gingembre fraichement râpé, la menthe poivrée, ou encore les racines de pissenlit ou de réglisse. Pour une combinaison réussie, associez-les à du citron ou à des épices.  Faites infuser dans de l’eau chaude. Vous obtiendrez une boisson réconfortante qui boostera votre énergie.

Où les trouver ?  Vous pouvez également acheter dans le grand commerce et dans les boutiques bio des synergies de plantes aux vertus dynamisantes, en sachet ou en vrac, et de préférence bio.

Un thé « déthéiné »?
Petite astuce : vous pouvez facilement « déthéiner » votre thé traditionnel. Il suffit de le laisser infuser environ 30 secondes, de jeter cette eau puis de le faire infuser de nouveau. En effet, plus l’infusion est longue plus le thé sera riche en théine. Ce procédé devrait ainsi éliminer plus de la moitié de la théine, tout en conservant les saveurs de votre thé.

Publié dans Texte Actualité divers

Des prévisions toujours plus pessimistes pour la zone euro

Zone eurosPénalisée par le contexte international, la croissance dans la zone euro devrait fortement ralentir cette année, selon les dernières projections de la BCE et de l’OCDE. Le risque de récession reste en revanche très faible.

C’est de pire en pire. Après l’OCDE mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) a, elle aussi, abaissé une nouvelle fois sa prévision de croissance pour la zone euro en 2019. Et la chute est assez vertigineuse. Après avoir prévu 1,8% dans ses projection de septembre puis 1,7% dans celles de décembre, l’institution basée à Francfort ne table désormais plus que sur 1,1% de croissance. L’OCDE est un petit peu plus pessimiste. L’Organisation prévoit 1% contre 1,8% auparavant.

Les indicateurs économiques demeurent à des niveaux faibles, notamment dans la production de biens industriels. La faute à une demande mondiale moins forte, qui réduit les débouchées des entreprises européennes à l’export, et à des problèmes intrinsèques à certains secteurs, notamment l’automobile. L’effet sur l’économie s’avère plus « durable » que prévu, soulignent les banquiers centraux européens. En conséquence, les prévisions pour les années suivantes ont également été revues à la baisse par la BCE : 1,6% de croissance en 2020 et 1,5% en 2021.

La zone euro est surtout pénalisée par l’incertitude pesant sur la confiance des acteurs économiques. Cette incertitude est nourrie par des facteurs géopolitiques, principalement l’issue toujours floue du Brexit, la menace protectionniste avec la guerre commerciale menée par les États-Unis et la vulnérabilités des marchés émergents (Chine, Inde, Brésil, Turquie…).

« La probabilité d’une récession est très faible »
Ces projections économiques sont calculées en fonction de la situation présente. L’équipe de statisticiens et d’économistes de la BCE n’ont pas pris en compte la possibilité que la Chine et les États-Unis, en guerre commerciale, trouvent finalement un compromis, pas plus qu’il n’ont envisagé un report du Brexit ou une sortie du Royaume-Uni sans accord avec l’Union européenne. Les prévisions pourraient donc changer au fur et à mesure que l’horizon s’éclaircit, pour le meilleur ou pour le pire, sur ces dossiers.

Enfin, à ce stade, les risques économiques et financiers ne sont toujours pas revus à la hausse. Autrement dit, « la probabilité d’une récession est très faible », estime le président de la BCE Mario Draghi. La zone euro est pénalisée par son environnement international mais, à l’intérieur les fondamentaux de l’économie (niveau de consommation, conditions financement, …) sont toujours à de bons niveaux.

La BCE invite néanmoins les pays de la zone euro à augmenter d’un cran la mise en œuvre des réformes structurelles, pour continuer à faire baisser le chômage et augmenter la productivité. Des éléments nécessaires pour augmenter la capacité de résistance des pays partageant l’euro, s’ils devaient être confrontés à d’éventuelles turbulences.

Publié dans Texte Actualité divers

Tony Blair : « Je ne crois pas à un Brexit dur »

Tony Blair.jpgA un peu plus d’un mois du Brexit, l’ancien Premier ministre du Royaume-Uni Tony Blair maintient que seul un nouveau référendum permettrait d’éviter une catastrophe.

« Comment ça va à Paris ? » Ample sourire, la soixantaine fringante, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair reçoit le JDD dans son vaste bureau, ce jour-là inondé de soleil. Le siège de sa fondation, ambitieusement baptisée Institute for Global Change (son objet officiel est d’aider les pays à faire bénéficier la mondialisation au plus grand nombre), est situé au centre de Londres, dans un immeuble branché aux murs de briques et aux larges baies vitrées. Spectateur (très) engagé de l’interminable feuilleton du Brexit, il décrypte les enjeux et analyse les soubresauts actuels des deux côtés de la Manche.

Theresa May n’en finit pas de négocier le Brexit, pensez-vous toujours qu’il faudrait en sortir par un nouveau référendum ?
Oui, après bientôt trois ans de négociations, c’est toujours la confusion,  nous ne savons pas de quoi sera faite demain la relation entre le Royaume-Uni et l’Europe. Or les citoyens britanniques y voient beaucoup plus clair qu’en 2016, quand ils ont voté le Brexit. L’inquiétude monte. Notre monnaie a été dévaluée d’au moins 12%, notre croissance fléchit, nos investissements chutent. L’image de notre pays se dégrade. Avant d’entériner le divorce, la moindre des choses serait de redemander aux citoyens ce qu’ils veulent vraiment. Car l’enjeu est décisif pour l’avenir du pays.

Quelles conséquences aurait un Brexit « no deal » pour l’économie britannique ?
Ce serait une catastrophe, mais je ne pense pas qu’il y aura un Brexit dur, car la majorité des parlementaires veut aboutir à un accord, et beaucoup de ministres seraient prêts à démissionner si Theresa May tente de sortir sans accord. Cela dit, il n’y a pas que le Brexit sans accord qui serait dommageable : le Brexit tout court aussi! Car l’unité de l’Europe devient de plus en plus nécessaire à mesure que le monde change, en particulier face à l’émergence de la Chine. Dans ce siècle, il y aura trois géants : les États-Unis, la Chine et probablement l’Inde. Si les Européens veulent défendre leurs intérêts et leurs valeurs, ils doivent rester ensemble.

Publié dans Texte Actualité divers

Tout le mal que Donald Trump et Theresa May font à la démocratie

Donald Trump et Theresa MayLa célèbre déclaration de Winston Churchill selon laquelle «la démocratie est la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont déjà été essayées» est souvent citée comme une évidence dans de nombreux milieux.

Pourtant, cette idée se voit aujourd’hui contestée un peu partout dans le monde. Désormais, le modèle économique autoritaire chinois est devenu une source d’inspiration majeure (ou comme l’a décrit le président Xi Jinping, une «nouvelle option») pour les autocrates en herbe qui ne croient plus aujourd’hui que le respect des droits et des libertés fondamentales soit une condition sine qua non à la prospérité, et encore moins à la longévité de leur pouvoir.

L’incroyable tempête qui a fait rage ces derniers temps à Washington (en raison du plus long shutdown gouvernemental de toute l’histoire américaine) et à Londres (à cause de l’impasse du Brexit) met à nu les fissures et les fragilités de deux des démocraties les plus stables et les plus encensées au monde. L’enjeu est de taille pour les États-Unis et encore plus pour l’avenir du Royaume-Uni et de l’Union européenne tout entière.

Naturellement, les experts et les électorats se polarisent sur le moment et la manière dont ces situations peu stables, presque incontrôlables, vont finalement se calmer. Mais le fait que ces deux événements chaotiques se produisent simultanément peut pousser à remettre en question l’affirmation (vue dans certains milieux comme de moins en moins vraisemblable) selon laquelle la démocratie est le système politique le plus fiable et le plus efficace de tous.

Si les populations américaine et britannique ont fini par s’habituer, ou presque, au chaos qui secoue leur capitale, le reste du monde assiste au désastre, abasourdi par les dysfonctionnements. Les autocrates séduisent depuis longtemps les électeurs et électrices en affirmant qu’ils vont «ramener l’ordre» après avoir mis fin au chaos, ce qui explique la légende persistante selon laquelle les trains étaient toujours à l’heure sous le règne de Benito Mussolini.

Du pain béni pour les critiques
Les crises simultanées de Washington et de Londres offrent des arguments rhétoriques aux gouvernements qui martèlent le discours sur la dégénérescence occidentale et le déclin de la démocratie. Les dirigeants chinois n’ont pas caché leur jubilation, persuadés que le monde verra d’un œil défavorable ce régime en comparaison avec leur style très structuré de gouvernance. Xinhua, l’agence de presse gérée par l’État chinois, l’a clairement énoncé dans un éditorial au sujet du shutdown, moins long, de l’année dernière : «Le système démocratique occidental est acclamé par tous les pays développés comme étant un régime politique presque parfait et le système qui convient le mieux pour diriger un pays. Toutefois, ce qui se produit actuellement aux États-Unis risque de faire réfléchir un certain nombre de gens à travers le monde quant à la viabilité et la légitimité d’un système politique aussi chaotique».

Cette année, les médias chinois se réjouissent des conséquences potentiellement catastrophiques sur l’économie américaine d’un shutdown qui s’est éternisé, et qui se traduit par une dégradation des cotes de crédits américaines et une hausse des coûts d’emprunt. Le titre de cet article, «Posséder des obligations du gouvernement américain revient à avoir une bombe à retardement entre les mains», est très représentatif de cette tendance.

La Russie tient un discours similaire. Un article d’opinion publié par RT, média financé par le Kremlin, a décrit la débâcle du Brexit comme l’effondrement inévitable d’un «État né dans le mercantilisme et soutenu par des siècles de domination et de colonialisme», concluant que «le Royaume-Uni tel que nous le connaissons a dépassé sa date limite de péremption».

Dans les autres démocraties, les observateurs se contentent d’assister au désastre, embarrassés. En Inde, un éditorial du Hindustan Times a affirmé : «Cela nous en dit beaucoup sur l’utilité d’organiser des référendums proposant des choix binaires pour traiter des problèmes d’une grande complexité. Le monde entier devrait tirer une leçon de ce que traverse le Royaume-Uni». À Hong Kong, où les défenseurs de la démocratie luttent pour repousser une Chine de plus en plus intrusive, Richard Harris, chroniqueur au South China Morning Post, a critiqué les «attaques personnelles agressives» contre les législateurs pris dans la bataille du Brexit, soutenant que «Churchill devait se retourner dans sa tombe».

Dans les pages du Daily Maverick, quotidien d’Afrique du Sud, l’expert en sécurité David Africa a observé qu’un «conflit entre la politique rationnelle, la politique fondée sur des “vérités alternatives”, et la nostalgie impériale ancrée dans le nationalisme blanc» était à l’œuvre à la fois en Grande-Bretagne et aux États-Unis, compromettant les perspectives d’alliance «à un moment où un partenariat euro-africain dans les domaines du commerce et de la sécurité» pour créer un contrepoids à l’intervention économique chinoise «serait non seulement une véritable nécessité, mais se révèlerait parfaitement possible».

Les impasses de la démocratie
Si les impasses que l’on rencontre de part et d’autre de l’Atlantique ne sont pas identiques, elles révèlent toutes deux les dessous de la démocratie contemporaine. Le shutdown américain est le résultat de profonds clivages politiques et sociaux qui ont permis l’arrivée au pouvoir d’un président narcissique, dont les positions politiques sont motivées non par la raison, mais par les attentes d’une base politique endurcie et par les conseillers qui ont sa faveur. Alimenté par l’envie de se tenir informé vingt-quatre heures sur vingt-quatre et par les utilisateurs des réseaux sociaux qui ont une soif insatiable pour les polémiques qu’ils peuvent liker et partager, le débat privilégie la stratégie de la corde raide à la résolution individuelle des problèmes.

Si les shutdowns précédents, qui se sont produits périodiquement, ont toujours fini par être résolus, celui-ci se distingue des autres : non seulement il a été le plus long de l’histoire américaine, mais il s’est inscrit dans un contexte de désordre de l’administration Trump, qui fait fi des conventions, des problèmes juridiques croissants du président et des questions de plus en plus nombreuses sur la véritable nature de sa loyauté (autre que celle qu’il a envers lui-même). Conférence du 7 février 2019 donnée à l’École des hautes études en sciences sociales sur la crise de la démocratie

En Grande-Bretagne, les enjeux sont encore plus élevés. La décision fatidique de l’ancien Premier ministre David Cameron de risquer un référendum public pour déterminer l’avenir du pays a coïncidé avec une crise sans précédent révélant les frustrations quant au sort des classes moyenne et ouvrière dans un contexte d’immigration croissante, d’automatisation, d’inégalités des salaires et de stagnation salariale. Les organisateurs du référendum sur le Brexit ont fait profil bas dès que la mesure a été adoptée, laissant à la Première ministre Theresa May la mission impossible de convaincre à la fois l’Union européenne et le Parlement britannique de soutenir un accord qui, aussi astucieux soit-il, causerait un préjudice irréparable aux deux parties.

Guerre insidieuse
Aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, la démocratie est ébranlée non seulement par son poids naturel, mais aussi par les efforts calculés de l’extérieur pour exploiter ses vulnérabilités et saper sa confiance. Les interférences russes dans l’élection américaine et dans le référendum sur le Brexit, ainsi que dans les élections d’autres pays, sont désormais prouvées. Tant que des technologies beaucoup plus sophistiquées ne seront pas mises au point, protéger les élections à venir contre ce genre de guerre insidieuse de l’information perpétrée par le Kremlin et ses mandataires nécessiterait des efforts actifs et intrusifs pour réglementer les réseaux sociaux et l’information en ligne, qui risquerait de remodeler les débats publics. À l’heure actuelle, ce genre de méthodes constitue une menace permanente pour la démocratie. Et elle ne peut être écartée sans un contrôle beaucoup plus rigoureux de ce qui circule sur Internet, une voie qui comporte des risques évidents et élevés.

Parmi les préoccupations actuelles, aucun des deux pays n’a trouvé comment se protéger, à l’avenir, contre d’autres intrusions du même type, et encore moins comment équilibrer les intérêts concurrents dans un monde où le numérique est en rapide évolution.

Tout cela soulève des questions fondamentales sur la viabilité et l’attrait de la démocratie. Francis Fukuyama a reconnu il y a longtemps que sa théorie de 1992 selon laquelle nous avions atteint la «fin de l’histoire», aboutissant au triomphe mondial de la démocratie libérale, était, au mieux, prématurée. Pourtant, la croyance selon laquelle, toutes choses étant égales par ailleurs, la démocratie est à la fois un système plus juste et plus fonctionnel que n’importe quel autre, reste très répandue. Ce qui signifie que si les pays et les peuples étaient en position de reprendre leur destin en main, la démocratie serait la voie la plus évidente.

Publié dans Texte Santé

4 idées reçues sur le cycle menstruel

roudoudou« Avoir ses ragnagnas », « les Anglais ont débarqué », « être indisposée »…

Il existe à peu près autant d’expressions pour dire qu’on a ses règles que d’idées fausses sur le sujet. Toujours tabou et méconnu, le cycle menstruel, que les femmes expérimenteront environ 450 fois dans leur vie, mérite que l’on rétablisse quelques vérités.

Il aura fallu attendre 2018 pour qu’une une marque de protections hygiéniques utilise enfin dans ses publicités du liquide rouge pour représenter le sang des menstruations. Jusque-là un fluide bleu avait toujours été employé. C’est dire si le sujet met mal à l’aise.

La preuve avec quelques chiffres récoltés par l’association Plan International qui montrent que 52 % des parents préfèrent parler de sexe avec leur fille plutôt que des règles. Plus inquiétant encore : 48% des filles en Iran, 10 % en Inde et 7 % en Afghanistan croient encore que les règles sont une maladie. Il est temps de tordre le cou à quelques idées reçues concernant cette fonction naturelle.

Le sang des règles est sale : FAUX
Et pourquoi serait-il plus dégoûtant que celui qui coule quand on se coupe ?   Il suffit de connaître sa composition pour s’en rendre compte. Le sang des règles est constitué d’eau, de lymphe, de globules rouges et de cellules d’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus qui s’épaissit pendant la première moitié de chaque cycle menstruel et qui desquame quand il n’y a pas eu de fécondation.

Qu’est-ce qui n’est pas propre là-dedans ?   Et la couleur marron qu’il peut arborer parfois au début ou à la fin des menstruations s’explique par le fait que le sang a pris davantage de temps pour quitter l’utérus. Plus il reste dans le corps, plus la muqueuse utérine le brunit.

800-questions-au-gynecologue.jpgLes femmes perdent beaucoup de sang chaque mois : FAUX
Chacune a son propre cycle, qui est loin d’obéir à un calendrier de 28 jours. Il peut varier de 21 à 36 jours selon les femmes. Et toutes ne perdent pas non plus la même quantité de sang selon la durée de leurs règles et l’intensité de leur flux.

D’après les données du livre 800 questions au gynécologue du Dr Alain Tamborini (édition Marabout), il faut compter, en moyenne, entre 50 à 150 ml de sang sur 3 à 6 jours de règles. Pour vous donner une idée 100 ml c’est la contenance d’un demi-verre à eau et 150 ml équivalent à une mini-canette de soda.

On ne peut pas tomber enceinte quand on a ses règles : FAUX
A en juger le nombre de réponses (plus de 7 millions) sur lesquelles on tombe quand on pose la question sur un moteur de recherches, on peut estimer que l’information est mal passée. Même si la probabilité est rare, elle existe.

Notamment chez les femmes qui ont des cycles courts, comme l’explique l’organisation American Pregnancy. Celles qui ont des cycles de 21 à 24 jours ovulent donc plus tôt au cours de leur cycle et peuvent avoir du mal à calculer ce moment.

Sachant aussi que les spermatozoïdes conservent leur aptitude à féconder pendant 2 à 5 jours après un rapport sexuel non-protégé, il est possible « qu’après un rapport ayant eu lieu vers la fin de vos menstruations vous puissiez tomber enceinte 4 ou 5 jours plus tard ».

On ne doit pas avoir de rapports sexuels pendant ses règles : FAUX
La vie ne s’arrête pas quelques jours par mois parce qu’on a ses règles et heureusement. Quant à faire des galipettes à cette période-là, tout est une question de choix personnel. Quand certaines ne veulent pas être approchées à moins de 150 mètres d’autres, au contraire, remarquent une libido qui monte en flèche à ce moment précis.

Si les deux partenaires sont à l’aise avec l’idée, rien n’empêche d’avoir des rapports sexuels pendant ses règles. D’autant plus que le cerveau va libérer des endorphines, les hormones du bien-être, qui peuvent aussi agir ponctuellement comme des antalgiques naturels. Un bon moyen pour calmer les éventuelles douleurs que certaines peuvent connaître pendant leurs menstruations. Sans oublier qu’il existe désormais un tampon spécifique qui permet de faire l’amour pendant ses règles.