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Les hôtels 1 et 2 étoiles font de moins en moins le plein

hôtelsLes établissements classés 1 ou 2 étoiles représentent à peine une nuitée sur quatre en France. Une part qui diminue chaque année au profit des hôtels 4 et 5 étoiles.

Le temps des hôtel 1 et 2 étoiles est-il révolu ? En France, ces établissements séduisent de moins en moins. Entre 2015 et 2018, le nombre de nuitées dans ces hôtels réputés bon marché a, selon l’Insee, baissé de 14%. Or, sur cette même période, le nombre global de réservations dans les hôtels a, lui, augmenté. Et les clients des 4 et 5 étoiles sont, eux, de plus en plus nombreux.

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« Les hôtels 1 et 2 étoiles ne répondent plus à une vraie demande »
Selon Jean-Marc Banquet d’Orx, président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) d’Île-de-France, « le créneau 1 et 2 étoiles ne répond plus à une vraie demande ».

Principalement situés en milieu rural, ces établissements font désormais face à la concurrence des gîtes, des chambres d’hôtes ou encore d’Airbnb – « qui n’ont pas les même contraintes que les hôtels » rappelle le président francilien de l’UMIH.

Jean-Marc Banquet d’Orx souligne également que passer une nuit au moindre coût n’est plus forcément la priorité du consommateur qui « pour un prix équivalent ou un peu plus cher peut trouver une chambre bien plus confortable ».

Les hôtels 4 et 5 étoiles séduisent une clientèle plus large
Les exigences des consommateurs d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’il y a dix ou quinze ans. Et cela explique l’autre tendance de ces dernières années : le succès grandissant des hôtels 4 et 5 étoiles.

Ces établissements ont eux réussi s’adapter au marché selon le président régional de l’UMIH. En baissant leurs prix, ils sont parvenus à attirer une nouvelle clientèle plus jeune, « autour de 30/40 ans alors qu’elle était plutôt âgée de 50 ans et plus auparavant ».

Le consommateur tenant désormais beaucoup compte des avis en ligne, il se dirige aussi plus facilement vers les établissements proposant beaucoup de services, souvent mieux notés sur Internet.

Les 3 étoiles restent les leaders du marché hôtelier
Des bonnes notes et des avis positifs qui rassurent les consommateurs internationaux, « pour qui il est désormais difficile de s’orienter même vers du 3 étoiles » estime Jean-Marc Banquet d’Orx.

Bien qu’ils n’attirent pas les clients étrangers selon le président régional de l’UMIH, le nombre de réservations dans les 3 étoiles reste stable en France. En 2018, ils cumulaient à eux seuls près de 80 millions de nuitées.

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Moins taxés, les dividendes rapportent pourtant davantage à l’État

dividendesLa « flat tax » sur les dividendes a généré 3,5 milliards d’euros de recettes en 2018. C’est davantage que les prévisions du gouvernement.

S’ils sont désormais moins imposés, les dividendes ont rapporté davantage à L’État en 2018. Ce paradoxe s’explique par une forte hausse des dividendes versés, notamment par les petites et moyennes entreprises, en raison de cette fiscalité plus avantageuse.

Depuis l’an passé, les revenus du capital (dividendes et intérêts) sont en effet taxés sur la base d’un taux fixe de 30%. Précédemment, ils étaient imposés de manière progressive: entre 29,5% et 60,5%, en fonction de la tranche d’imposition du bénéficiaire.

Selon des chiffre de l’administration fiscale, cités par Les Echos, l’imposition forfaitaire sur les dividendes a généré 3,5 milliards d’euros de recettes en 2018. C’est mieux qu’en 2017. Et également mieux que le prévisions du gouvernement, qui tablait sur 2,9 milliards d’euros.

La Sécurité sociale en profite aussi
L’allègement de la fiscalité a créé un « effet d’entraînement », selon la Cour des comptes. Ainsi, les versements des dividendes ont augmenté de 24% en 2018, d’après les calculs de l’Insee. Cette hausse est deux fois plus importante que celle anticipée par le ministère des Finances.

Cette dynamique a également profité aux comptes de la Sécurité sociale, avec un surcroît de recettes, plus important qu’espéré, de 900 millions d’euros. L’imposition forfaitaire prévoit en effet un taux de 17,2% au titre des prélèvements sociaux, contre 15,5% dans le précédent barème forfaitaire.

Passé l’impact de la nouvelle fiscalité, la progression des dividendes devrait cependant être bien moins élevée cette année, prédit l’Insee. L’institut table sur une hausse de 8%, similaire à celle enregistrée ces dernières années.

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L’Insee confirme une croissance qui tient le coup et un chômage en baisse pour 2019

L'Insee confirme une croissance qui tient le coup et un chômage en baisse pour 2019L’Insee prévoit une croissance de 1,3% en France cette année, principalement alimentée par la consommation des ménages. Cette performance est meilleure que la moyenne de la zone euro et devrait permettre de continuer à faire baisser le chômage.

Après une courte période d’accalmie, l’horizon s’est à nouveau assombri pour l’économie mondiale. Alors qu’en début d’année, les négociations entre la Chine et les États-Unis semblaient se détendre, Donald Trump a relancé la machine à taxes sur les importations. Les incertitudes se sont renforcées, le commerce mondial devrait sensiblement ralentir cette année, tout comme l’ensemble des économies.

Pour compenser ces effets négatifs, les principaux pays de la zone euro, dont la France, ont décidé de mettre en place des mesures de soutien budgétaire. Le pari est de maintenir l’économie à niveau grâce à la consommation intérieure. Quoi qu’il en soit, la croissance de la zone euro ralentirait à 1,2% cette année, après 1,9% en 2018.

Moins sensible que ses voisins à l’évolution du commerce mondial, la France devrait un peu mieux s’en sortir. Dans sa note de conjoncture publiée ce jeudi, l’Insee prévoit une croissance de 1,3%, portée principalement par la consommation, mais aussi l’investissement des entreprises, bien qu’il soit moins dynamique. La croissance tricolore poursuivrait ainsi son ralentissement, après 1,7% en 2018 et 2,4% l’année précédente, mais à un rythme modéré. Pour mémoire, la croissance tournait autour de 1% entre 2014 et 2016.

L’attentisme des Français va-t-il se poursuivre ?
La situation n’est donc pas catastrophique. Toutefois, les statisticiens s’attendaient jusque-là à mieux. Lors de sa précédente estimation en mars, l’Insee tablait sur une croissance de 0,4% au premier et au deuxième trimestre de 2019. Désormais, il ne compte plus que sur un rythme de 0,3% pour les quatre trimestres de l’année, soit le même depuis un an et demi.

Que s’est-il passé ?   « La consommation a accéléré, mais moins que ce qu’on aurait pu attendre », explique Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l’Insee. Le pouvoir d’achat a pourtant bondi de 0,9% au premier trimestre, sous l’effet des mesures d’urgences sociales, en particulier la prime exceptionnelle. Malgré ce gain, la consommation a progressé de 0,4%, contre 0,5% attendu.

Cette prudence des ménages reflète un certain « attentisme », observe Julien Pouget. La crise des gilets jaunes est sans doute encore dans les têtes, même si la mobilisation dans la rue a fortement chuté. De manière générale, les experts de l’Insee ont observé que lorsque les Français ont des gains de pouvoir d’achat, ils mettent entre 9 et 21 mois pour les dépenser.

Le comportement des ménages pourraient encore changer dans les prochains mois. Sur l’ensemble de l’année, leur pouvoir d’achat aura augmenté en moyenne de 2,3%, du jamais-vu depuis 2007. Les mesures ont certes été décidées fin décembre mais certaines, comme le remboursement de la CSG pour les retraités ayant une pension entre 1200 et 2000 euros, sont intervenues il y a peu. Par ailleurs, la seconde baisse de la taxe d’habitation, qui constitue un fort gain de pouvoir d’achat, ne sera visible qu’à l’automne. Sachant que, depuis le point bas de fin 2018, la confiance des ménages se redresse nettement ces derniers mois, « on n’est pas à l’abri d’avoir de bonnes surprises », estime Julien Pouget.

Le chômage à 8,3%
Même si la croissance progresse à un rythme de 1,3% sur l’année, cela devrait rester suffisant pour faire baisser le chômage. Après 182.000 créations nettes d’emplois en 2018, l’Insee en prévoit 240.000 pour cette année. L’industrie et la construction seront les principaux pourvoyeurs d’emplois et les experts ont observé une bonne surprise du côté de l’intérim, dont l’évolution est stable alors qu’elle était attendue en baisse.

Par ailleurs, la population active (autrement dit les salariés et les chômeurs) croît à un niveau moins élevé qu’auparavant, notamment à cause du vieillissement de la population. Cela signifie qu’il y a plus de nouveaux retraités chaque année que de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. De plus de 100.000 par an, la population active ne devrait gagner que 70.000 personnes en 2019. Les créations d’emplois étant nettement supérieures à ce niveau, le chômage devrait continuer sa décrue. L’Insee table sur une baisse de 0,5 point par rapport à fin 2018, pour atteindre 8,3%.

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Que pèse vraiment le « made in France » dans les achats des Français ?

Que pèse vraiment le made in France dans les achats des FrançaisSelon l’Insee, 81% de la consommation des ménages est « made in France ». Un taux qui masque d’importantes disparités entre les types de produits.

Le « made in France » est toujours en vogue. En 2015, la consommation de produits intégralement fabriqués dans l’Hexagone représentait 81% de la consommation totale des ménages, selon les derniers chiffres de l’Insee.

Soit plus de 1295 milliards d’euros sur un total de 1576 milliards. Dit autrement, seuls 19% des biens et services consommés par les Français étaient importés ou produits à partir de composants étrangers.

Mais ce taux masque de fortes différences entre les différents types de produits. Par exemple, la consommation de textiles, de produits de l’industrie de l’habillement ou du cuir et de la chaussure est importé à hauteur de 87%. À l’inverse, la consommation de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac est « made in France » à 60% (et donc importée à 40%).

Étant consommés en même temps qu’ils sont produits, les services « émanent souvent d’une chaîne d’activités située sur le territoire français » et sont donc mis en œuvre localement (restauration, santé, éducation, etc.), rappelle l’Insee. Résultat, leur consommation affiche logiquement le taux de « made in France » le plus élevé : 90,6%. Les 9,4% restants représentent les composants étrangers qui peuvent être importés pour satisfaire la production du service. Par exemple, un restaurateur qui servirait du steak argentin, du jambon de Parme ou des mangues andalouses.
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Plus étonnant, les biens et services achetés par les ménages sont davantage « made in France » que ceux exportés par les entreprises françaises. La France est en effet un pays de transit important de biens qui seront directement réexportés (7%) chez nos voisins ainsi que de biens produits sur son sol mais avec des composants étrangers (27%).

Les retraités et les cadres consomment plus « made in France »
Certains ménages ont plus tendance à consommer du « made in France » que d’autres. C’est le cas des retraités mais également des cadres qui achètent généralement plus de produits « made in France » qu’un consommateur moyen. Il faut dire que les retraités ont des dépenses en logement plus élevées tandis que les cadres consomment davantage de services (culture, loisirs, hôtels, restaurants, etc …). Des postes de dépenses essentiellement « made in France ».

À l’inverse, les ouvriers et les agriculteurs consacrent une part plus importante de leur budget aux denrées alimentaires et aux boissons, et donc à des produits qui relèvent globalement moins du « made in France ». Même chose pour les familles nombreuses qui dépensent davantage dans l’habillement et dont la part du budget alloué au logement est plus faible.

Moins de 8% du contenu des produits consommés par les Français vient de Chine
Pour satisfaire intégralement la consommation des ménages, la France compte sur son principal partenaire commercial, à savoir l’Allemagne, qui fournit directement ou indirectement 13% des produits consommés dans l’Hexagone. Les États-Unis sont deuxièmes (8%) devant la Chine (7,7%) et le Royaume-Uni (6,7%), l’Espagne (6,5%), l’Italie (6,2%) et la Belgique (5,4%).

Les importations en provenance d’Allemagne sont particulièrement variées alors que celles d’autres pays sont davantage ciblées sur des produits spécifiques tels que les produits informatiques et le textile pour la Chine, les véhicules automobiles pour l’Espagne, les équipements électroniques et optiques pour la Suisse …

Et ailleurs ?
Avec une méthode de calcul quelque peu différente de celle l’Insee, l’OCDE fixe le taux de « made in » à 80% en France. Un niveau intermédiaire proche de celui du Royaume-Uni (79,8%), de l’Espagne (80,9%) voire de l’Italie (81,4%),

L’Irlande (56%), Malte (59%) et le Luxembourg (61%) ont les plus faibles taux de « made in ». À l’inverse, le Brésil (89%), les États-Unis (89%) et le Japon (87%) enregistrent la proportion la plus élevée de produits consommés fabriqués entièrement sur leur sol.

En moyenne, les pays dont la consommation intérieure est supérieure à 500 milliards de dollars ont un taux de « made in » plus fort que les autres (85,5% contre 75,5%). « Cela s’explique par un effet taille, c’est-à-dire la capacité du marché intérieur à satisfaire la demande finale intérieure », explique l’Insee.

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Le baby boom de l’an 2000 fait grimper le nombre d’inscrits sur les listes électorales

electeurL’Insee indique que 97% des adultes de moins de 30 ans sont inscrits sur une liste électorale française.

Dans une étude publiée ce mardi 7 mai, l’Insee (l’Institut national de la statistique et des études économiques) révèle que le nombre d’inscrits sur les listes électorales française est en augmentation.

En avril, 47,1 millions de personnes, soit 93% des Français en âge de voter, étaient inscrites sur les listes électorales, dont 1,3 million résidant hors de France et inscrites sur une liste consulaire. Du côté des adultes de moins de 30 ans, le pourcentage d’inscrits grimpe à 97%.

756.000 nouveaux électeurs en 2019
Cette augmentation des inscriptions est liée au baby boom de l’an 2000, explique l’Insee. Les bébé nés cette année là ont en effet atteint leur majorité en 2018 et peuvent désormais voter.

L’Insee précise ainsi que 756.000 jeunes nés entre le 1er avril 2000 et le 31 mars 2001 sont venus gonfler les rangs des électeurs français en ayant été inscrits d’office au début de l’année 2019 sur les listes électorales des communes dans lesquelles ils ont été recensés.

L’Institut note par ailleurs que 412.000 personnes ont récupéré leur capacité électorale à la suite de la promulgation, le 24 mars 2019, de la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice ayant supprimé les tutelles privatives du droit de vote.

Pas sûr, cependant, que cette augmentation du nombre d’inscrits garantisse une forte participation aux prochaines élections européennes, qui se tiendront le 26 mais prochain. Pour l’instant, ce taux est estimé à environ 55%.

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Pauvreté : où se situent les Français par rapport à leurs voisins ?

pauvretéSelon l’Insee, la pauvreté monétaire touchait 13,6% de la population française en 2016. C’est le sixième taux le plus faible de l’Union européenne.

Il convient néanmoins d’analyser dans le même temps le taux de privation matérielle et sociale pour avoir une vision plus juste des inégalités de niveau de vie dans le continent.

Représentant 22% du PIB mondial, l’Union européenne s’affirme aujourd’hui comme la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis (24%). Cette performance ne saurait toutefois occulter les inégalités de niveau de vie persistantes entre les États-membres, avec d’un côté, les pays du Sud et de l’Est et de l’autre, les pays du Nord et de l’Ouest. Alors que certains n’hésitent pas à parler d’une Europe « en crise », ce tableau moins séduisant comptera sans doute parmi les principaux enjeux des élections européennes fin mai.

Pauvreté monétaire
En France, la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (20.624 euros en France), touchait en 2016 13,6% de la population, contre 17,3% au niveau de l’Union européenne (87 millions de personnes), selon l’Insee. L’Hexagone affiche ainsi le sixième taux de pauvreté monétaire le plus faible du bloc, en partie grâce à ses retraités qui sont relativement moins pauvres que chez nos voisins.

Dans l’UE, le taux de pauvreté monétaire oscille entre 10% de la population en République Tchèque et 25% en Roumanie. Mais les seuils de pauvreté pris en compte peuvent être très différents d’un pays à l’autre compte tenu des niveaux de vie médians particulièrement dispersés entre les États-membres. En effet, 60% du revenu médian en France n’est pas la même chose que 60% du revenu médian à Malte.

Le revenu médian français est par exemple quatre fois supérieur à celui de la Roumanie (4728 euros) et 25% inférieur à celui du Luxembourg (27.973 euros). Autrement dit, une personne considérée comme pauvre au Luxembourg pourrait potentiellement être très riche en Roumanie. C’est en ce sens que le taux de pauvreté monétaire manque de pertinence.

Privation matérielle et sociale
Pour comparer les niveaux de vie entre les pays de l’Union européenne, l’approche par le taux de pauvreté monétaire, qui n’est qu’une approche relative, se révèle donc limitée. Pour affiner son analyse, l’Insee s’appuie sur un outil complémentaire : le taux de privation matérielle et sociale.

Grâce à un questionnaire unifié fourni aux 28 États-membres, cet indicateur mesure la proportion de personnes se déclarant « incapables de couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».

15,7% de la population de l’UE, soit 78 millions de personnes, indique ainsi éprouver des difficultés dans au moins cinq postes de dépenses (logement, habillement, de loisirs, etc.) sur 13 et est donc considérée en situation de privation matérielle et sociale. Là encore, des écarts importants subsistent. La pauvreté matérielle et sociale touche notamment 3% de la population en Suède, contre 50% en Roumanie. Elle est de 9% en Allemagne et de 13% au Royaume-Uni.

Contrairement au taux de pauvreté monétaire, cet outil se base davantage sur un ressenti mais a le mérite d’être plus juste pour analyser la pauvreté en Europe en écartant de son champ d’application les écarts de niveaux de vie entre pays.

infographie pauvrete 1Le taux de privation matérielle est en outre généralement plus fortement corrélé au niveau de vie médian. De fait, six des sept pays dont le niveau de vie médian est inférieur à 10.000 SPA (standard pouvoir d’achat) ont un taux de privation supérieur à 24% quand tous les pays (à l’exception de l’Irlande) dont le niveau de vie médian est supérieur à 17.000 SPA, soit 12 pays sur 28, ont un taux de privation inférieur à 15%.

Quid de la France ?
En France, 12,7% de la population se dit en situation de privation matérielle et sociale. L’Hexagone se situe seulement au niveau de la médiane européenne. Au sein de l’Europe du Nord et de l’Ouest, il affiche le quatrième taux de privation le plus élevé.

Parmi les plus grandes difficultés financières éprouvées par les Français, 32,8% des individus (31,9% en Europe du Nord et de l’Ouest) en situation de privation matérielle et sociale disent ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, 24% (23,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile et 23,7% (20,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage.

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Paradoxalement, si les retraités français enregistrent le taux de pauvreté monétaire le plus faible de l’Union européenne, ils affichent le taux de privation matérielle et sociale le plus élevé des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest (9%).

Évolution de la pauvreté
Au total, un Français sur cinq est concerné par une des deux formes de pauvreté, contre moins de 15% de la population en Finlande et près de la moitié en Bulgarie et en Roumanie. 5,5% des Français cumulent par ailleurs pauvreté monétaire et pauvreté matérielle et sociale.

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Étonnamment, les deux taux de pauvreté n’évoluent pas toujours dans le même sens. En France, le taux de privation matérielle a baissé de manière continue entre 2009 et 2016 alors que le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2009, avant de se stabiliser. Les raisons de cette évolution contrastée « sont mal connues », souligne l’Insee, ajoutant que « cela pourrait s’expliquer entre autres, par la part subjective de l’autoévaluation des conditions de vie et le fait que les ménages auraient tendance à adapter leurs appréciations en temps de difficulté ».

Au niveau européen, cette même divergence a été observée à partir de 2013. Celle-ci pourrait s’expliquer « par le redressement du niveau de vie médian dans plusieurs pays améliorant les conditions de vie mais relevant mécaniquement le seuil de pauvreté monétaire », précise l’Institut de la statistique.

Les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés
Sans surprise, les chômeurs sont environ quatre fois plus touchés par les deux types de pauvreté que les actifs occupés. Sur ce point, la France fait partie des mauvais élèves avec un taux de chômage au sens du BIT de 9,4% en 2017, soit le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne.

Plus largement, c’est la main-d’œuvre sous-utilisée regroupant à la fois les individus sans emploi mais souhaitant travailler et les individus en emploi à temps partiel souhaitant accroître leur temps de travail qui est concernée par la pauvreté. Cette sous-utilisation de la main d’œuvre, plus fréquente chez les femmes et les non-diplômés, représente 15% de la population de l’Union européenne et 17,7% en France. Enfin, les familles monoparentales sont trois fois plus touchées que les couples sans enfants par la pauvreté dans l’Union européenne.

Insatisfaction
À noter que la part des personnes insatisfaites dans leur vie est la plus forte dans les pays où les taux de pauvreté monétaire et de privation matérielle et sociale sont les plus élevés. Mais la corrélation est encore plus prononcée avec ce dernier indicateur. Cela signifie que les européens déterminent davantage leur satisfaction par leurs conditions d’existence que par leur propre niveau de vie.

En France, près de 19% de la population déclarent avoir une faible satisfaction de leur vie, contre 21% dans l’Union européenne. Les Pays-Bas affichent le taux le plus faible (6%), à l’inverse de la Bulgarie (60%).

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Comment vivre avec un adulte à la maison ?

tanguyÀ l’occasion de la sortie du film Tanguy, le retour, la Dr Marie-Claude Gavard fait le point avec nous sur le phénomène Tanguy.

Loin des clichés délivrés par le film, la cohabitation n’est pas nécessairement un désastre. Il suffit de quelques règles de vie, de respect et de pédagogie.

Dix-huit ans après, Tanguy revient, au-delà du film, le « phénomène Tanguy » est aujourd’hui un véritable sujet de société. En effet, après une diminution amorcée au milieu des années 1990, le taux de cohabitation des jeunes de 20 à 30 ans avec leurs parents augmente de nouveau depuis le début des années 2000. Ainsi, en 2013, près d’un jeune adulte de 18 à 29 ans sur deux (46 %) habite chez ses parents tout ou partie de l’année. Et, aujourd’hui, les jeunes ont tendance à quitter le domicile parental vers l’âge de 24-25 ans, soit 5 ans plus tard qu’il y a quarante ans.

Qui sont les nouveaux Tanguy ?
Une émancipation financière difficile, pour l’Insee, une des principales causes du « phénomène Tanguy » est la hausse de la population étudiante. En effet, « pour les plus jeunes, habiter avec ses parents concerne surtout les étudiants (58%) » comme le souligne une étude réalisée par l’institut en janvier 2018. Et pour cause, depuis les années 70, près d’un jeune de moins de 25 ans sur deux poursuit des études. Bien qu’ils soient moins d’un tiers à vivre au domicile de leurs parents, l’âge moyen de fin d’études ne cesse d’augmenter, expliquant en partie ce phénomène.

Seconde raison évoquée par l’étude, la hausse du chômage et des emplois précaires : « Parmi les actifs de 25-29 ans, ceux qui cohabitent avec leurs parents sont moins bien insérés dans l’emploi : ils occupent plus fréquemment des emplois à durée limitée et sont plus souvent au chômage ». Depuis les années 2000, le taux de chômage des jeunes n’a fait qu’augmenter, malgré une forte baisse en 2008. Or, cette insécurité professionnelle peut être un véritable frein à l’indépendance compte tenu du prix des loyers et des exigences des propriétaires, en particulier dans les grandes villes.

Certains jeunes sont également tout simplement immatures et peuvent avoir peur de se retrouver seuls. Et puis, rester chez ses parents permet de moins se confronter à une vie amoureuse. Mais, ce phénomène s’explique aussi par le développement du phénomène du zapping et donc la superficialité des relations amoureuses des jeunes. Cela allant de pair avec le report de l’âge de la mise en ménage des jeunes.

Mais, « parmi les 25-29 ans, une personne sur deux qui vit chez ses parents occupe un emploi, et dans neuf cas sur dix en tant que salarié » selon l’Insee. Cela prouve bien que l’on peut rester chez ses parents tout en gagnant sa vie. La Dr Marie-Claude Gavard, psychiatre à Paris, explique en partie cela par le nombre croissant de jeunes qui, ayant pour projet de monter leur propre société, repoussent le moment du départ pour économiser le plus d’argent possible.

Une société en pleine évolution
Du point de vue familial, la Dr Marie-Claude Gavard décrypte également ce phénomène par une bonne communication parents-enfants entre la génération Baby Boom et la génération Y.  S’il existait une certaine incompréhension entre les jeunes de mai 68 et leurs parents, il semblerait qu’aujourd’hui parents et enfants se comprennent mieux. « Beaucoup des parents de jeunes de la génération Y s’intéressent aux questions de développement personnel et à la psychologie.

Ils sont donc plus attentifs à l’épanouissement de leurs enfants et dans l’ouverture et le dialogue, ce qui créé des relations propices à une collocation de longue durée. Les enfants ont moins envie de partir dès leurs dix-huit ans et les parents sont plus à même d’accepter, voire de trouver qu’avoir un Tanguy à la maison est finalement quelque chose d’agréable » détaille la psychiatre, rappelant toutefois que cette situation n’est pas encore une généralité.

Les parents peuvent également avoir peur de souffrir « du syndrome du nid vide », explique l’experte. Les parents peuvent déprimer à l’idée de ne plus avoir leurs enfants à charge et se voir vieillir d’un coup. « Dans beaucoup de cas, à cela s’ajoute la peur de se retrouver seul avec son mari ou sa femme. Ce tête à tête peut être tellement inquiétant que les parents préfèrent garder leur enfant, et en particulier le petit dernier, à la maison le plus longtemps possible » explique-t-elle.

Rupture, perte d’emploi, nouveau projet, comment réagir quand son enfant revient à la maison ?
Lorsque le dernier enfant est parti de la maison, les parents peuvent enfin souffler. Après plus de vingt-cinq ans à n’avoir existé qu’en tant que parents et à avoir la pensée constamment occupée par leurs enfants, le couple se retrouve seul. « Les parents découvrent alors un autre pendant de leur vie. Ils doivent réapprendre à exister en tant que couple et ce sans grand projet de maison, d’enfant ou de carrière.

Il y a une bulle qui se referme sur le couple. Et ils peuvent enfin s’autoriser à vivre différemment et à repenser à eux, à leur propre bonheur. C’est un grand moment de renaissance pour les parents, un moment de vie incroyable où l’on revit enfin sans contrainte » précise la Dr Marie-Claude Gavard. Alors, quand un Tanguy débarque à la maison après une rupture amoureuse ou la perte d’un emploi, les parents peuvent avoir du mal à accepter l’idée de cette cohabitation qu’ils n’avaient pas désirée. Leur liberté retrouvée est de nouveau bafouée.

De leur côté, les enfants peuvent être perturbés de ne pas être accueillis avec bonheur. « Après un ou plusieurs échecs amoureux, le repli sur soi et le manque de confiance en soi s’amplifient et l’envie de rester dans le cocon familial rassurant affectivement apparaît comme nécessaire » explique la psychiatre. Il est donc primordial que l’enfant explique à ses parents pourquoi il veut revenir chez eux  et non pas se trouver une collocation par exemple  et de se fixer une date de départ pour ne pas que les parents se sentent prisonniers de cette situation.

La Dr Marie-Claude Gavard conseille aussi d’établir des règles de vie entre adultes. Pour elle, « tout est question de respect du désir et des aspirations de chacun. Les parents ne sont pas au service des enfants : ils peuvent dépanner, mais ils ne doivent pas se priver de vivre leur vie de cinquantenaires « . Les parents ne doivent pas redevenir les bonnes à tout faire de leur enfant.

Celui-ci doit contribuer à l’intendance de la maison : faire les courses, le ménage, la cuisine et participer financièrement s’il le peut. Un Tanguy qui revient sait tout faire, il n’est donc pas question que ce soit un poids. Les parents, quant à eux, ne doivent pas ramener le Tanguy à sa situation d’enfant et doivent respecter sa liberté. Il n’est, par exemple, pas nécessaire de le harceler pour savoir ce qu’il fait de ses journées ou lui imposer un couvre-feu.

Comment faire pour que nos enfants ne deviennent pas des Tanguy ?
Si vous vous demandez comment faire pour que vos enfants ne s’éternisent pas trop chez vous, n’entretenez pas une relation de parents « au service des enfants ». Les parents, dans leur éducation, ont tout intérêt à autonomiser leurs enfants. Il est nécessaire de leur apprendre à cuisiner, à ranger leur chambre, à repasser … dès qu’ils sont en mesure de le faire. Alors, l’intendance ne leur posera aucun problème et ils auront moins peur de s’émanciper.

Et, même si un jeune est très craintif et manque de confiance en lui, le bon rôle des parents est de le pousser un peu dehors pour qu’il puisse voler de ses propres ailes. Mais, il est très important de le faire en douceur et de ne pas passer par des stratégies violentes et non-verbales comme les parents de Tanguy le font dans le film : discutez et dites à votre enfant qu’il est temps de partir, de prendre ses responsabilités quitte à l’aider à payer son loyer au départ. Mais surtout, n’oubliez pas de dire à vos enfants que vous n’êtes pas que des parents.