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Vinted pèse désormais plus d’un milliard d’euros

vintedLe spécialiste de la revente en ligne de vêtements de seconde main accueille un nouvel investisseur et entend notamment renforcer son service client.

Vinted rejoint le club très fermé des licornes, ces entreprises valorisées plus d’un milliard de dollars. La plateforme lituanienne dédiée à la revente de vêtements de seconde main entre particuliers vient en effet de réaliser une nouvelle levée de fonds d’un montant de 128 millions d’euros. De quoi lui permettre de dépasser le milliard d’euros de valorisation (soit 1,1 milliard de dollars) .

Ce tour de table a été effectué auprès de ses actionnaires historiques (Sprints Capital, Insight Venture Partners, Accel et Burda Principal Investments) mais aussi auprès d’un nouvel investisseur, Lightspeed Venture Partners.

Les fonds levés seront principalement affectés au service client (recrutements, technologies, sécurité) et au développement technique. L’objectif est de doper une base de clients qui compte 25 millions de membres à travers une présence dans 11 pays d’Europe.

« Nous prévoyons de doubler le nombre des employés d’ici un an ou un an et demi à environ 600. Il s’agit d’embaucher 300 experts hautement qualifiés à des postes tels que que programmeurs, analystes de données, chefs de produits. Ils nous aideront à accélérer l’expansion du produit », a précisé Mantas Mikucka, directeur exécutif de Vinted dans un entretien publié jeudi par le quotidien lituanien Verslo Zinios.

Un marché de 13 milliards d’euros rien qu’en Europe
Dans sa communication, Vinted rappelle son succès fulgurant : « Depuis sa dernière levée de fonds en août 2018, l’entreprise a connu une hausse significative de la notoriété de sa marque et ses recettes ont quadruplé au cours des 17 derniers mois. Simultanément, Vinted a lancé une plateforme internationale en connectant les utilisateurs de plusieurs marchés (France, Belgique, Luxembourg, Espagne et Pays-Bas) notamment grâce à la mise en place de circuits de livraison transnationaux ». De quoi quadrupler ses recettes en 17 mois.

Mais cette accélération s’est parfois faite au détriment du service client qui est donc au coeur des prochains investissements. « Pour soutenir cette croissance et continuer d’optimiser l’expérience client, Vinted prévoit d’élargir les effectifs de ses équipes européennes, qui comptent actuellement plus de 300 collaborateurs », peut-on lire.

Un choix confirmé par Thomas Plantenga, PDG de Vinted : « Nous nous approchons d’un point d’inflexion sur le marché de la mode de seconde main, les consommateurs du monde entier sont de plus en plus conscients de l’impact de leur choix en matière d’achat. (…) Cet investissement est un appui majeur pour répondre aux futures opportunités du marché et pour optimiser au maximum la qualité de la plateforme pour nos membres. (…) Ce financement profitera donc directement à nos membres, en permettant toujours plus d’améliorations de la plateforme et d’avancées dans les solutions de sécurité apportées et les technologies utilisées ».

Le marché de la la mode de seconde main représenterait 13 milliards d’euros uniquement en Europe, avance l’entreprise. Le site fondé en 2008 assure qu’il traitera en 2019 un volume de transactions qui devrait atteindre 1,3 milliard d’euros.

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De l’argent versé gratuitement aux ménages : la « monnaie hélicoptère » peut-elle relancer l’économie ?

argentAlors que l’inflation et la croissance demeurent modestes, de plus en plus d’économistes suggèrent aux banques centrales de financer directement l’économie sans passer par les circuits économiques traditionnels pour relancer la demande.

Il s’agirait en clair de donner de l’argent aux ménages et aux entreprises pour les inciter à consommer et investir.

Le concept n’est pas nouveau mais il continue de gagner du terrain. Alors que les banquiers centraux se sont retrouvés à Jackson Hole vendredi pour leur réunion annuelle, la société multinationale de gestion d’actifs BlackRock s’est particulièrement fait remarquer en suggérant aux banques centrales de « mettre de l’argent directement dans les mains des consommateurs des secteurs privés et publics » afin de relancer la croissance et l’inflation, rapportent Les Échos.

Cette proposition reprend le concept de « monnaie hélicoptère » défini pour la première fois par Milton Friedman en 1969. À travers cette expression, l’économiste américain décrit de manière imagée l’idée selon laquelle les autorités monétaires largueraient par hélicoptère au-dessus de la population les billets qu’elles impriment.

Créer de l’inflation
En clair, il s’agirait pour la BCE par exemple de verser directement l’argent créé dans les poches des citoyens européens, sans passer par le circuit traditionnel des banques commerciales qui peinent parfois à convertir les liquidités qu’elles reçoivent des banques centrales en argent « réel », via des crédits. Ce dispositif n’implique aucune contrepartie, à l’inverse de ce qui se pratique lorsque la banque centrale fait tourner la « planche à billets » pour financer le déficit public.

En Europe, l’objectif final de cette proposition, qui n’a jamais dépassé le stade de la théorie, serait de stimuler la demande des ménages (consommation) et des entreprises (investissement) pour créer de l’inflation et se rapprocher des fameux 2% souhaités par Bruxelles. Dans la même optique, les économistes de BlackRock proposent d’offrir des prêts à taux zéro perpétuels à tous les citoyens adultes de la zone euro.

Une alternative à la politique monétaire conventionnelle
Dans la pratique, les économistes de BlackRock préconisent de confier aux banques centrales la gestion d’un compte spécial de dépenses. Mais pour éviter qu’une quantité excessive de liquidités inonde les ménages et les entreprises, le gestionnaire d’actifs conseille d’en limiter la taille de sorte que le compte puisse être clos une fois l’objectif d’inflation atteint.

Deux raisons justifient la mise en pratique de la « monnaie hélicoptère », selon BlackRock. D’abord, les taux d’intérêt sont déjà à des niveaux historiquement bas, voire négatifs. Autrement dit, la BCE n’a plus beaucoup de marge de manœuvre dans sa politique monétaire conventionnelle qui consiste à baisser ses taux pour encourager les emprunts et donc la demande. D’autant que l’efficacité de cette mesure semble limitée, l’inflation et la croissance demeurant encore aujourd’hui particulièrement faibles.

De leur côté, les États, qui se serrent déjà la ceinture, ne semblent pas prêts à utiliser les instruments budgétaires à leur disposition (dépenses publiques, endettement public …) pour relancer la croissance et l’inflation. Alors, autant confier directement aux banques centrales la mission de stimuler le pouvoir d’achat des ménages, selon BlackRock.

Risque de thésaurisation
De plus en plus d’économistes estiment que l’idée de « l’hélicoptère monétaire » permettra de relancer l’économie mondiale. Mais les banques centrales rechignent. En Europe, le président de la BCE Mario Draghi avait jugé en 2016 la proposition intéressante tout en ajoutant qu’elle n’avait pas encore été étudiée par la BCE.

Il faut dire que cette pratique comporte un risque majeur : la thésaurisation. Rien ne dit en effet que les ménages joueront le jeu. Ils peuvent très bien épargner leurs gains supplémentaires, auquel cas la mesure perdrait en efficacité. L’autre risque serait de voir le surplus de consommation profiter avant tout aux produits importés hors UE.

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Si la croissance résiste aux USA, c’est grâce aux consommateurs

croissanceGrâce aux nombreuses créations d’emplois, à l’augmentation des salaires, à la faible inflation, les Américains ont le moral et dépensent en masse.

Une vitalité qui permet de compenser la morosité du secteur industriel, frappé par l’affaiblissement de l’économie à l’étranger et les tensions commerciales avec la Chine.

L’économie des États-Unis montre des signes ambivalents, mêlant inquiétude et vitalité vis-à-vis du ralentissement mondial. Les consommateurs américains ont dopé leurs dépenses en juillet, les ventes au détail ayant grimpé de 0,7%, bien au-dessus des attentes des analystes. Magasins et distributeurs en ligne d’appareils électroniques, d’habillement et d’ameublement ont vu leurs ventes gonfler le mois dernier. Walmart, numéro un mondial de la distribution, qui annonçait ses résultats jeudi, a battu les prévisions de bénéfice au 2e trimestre et se montre optimiste pour le reste de l’année.

Si les ventes au détail ne représentent environ qu’un gros quart de la consommation, car les Américains dépensent davantage dans les services; elles donnent une première idée de l’évolution des dépenses de consommation des ménages.

Une consommation soutenue attendue au 3e trimestre
La consommation est la locomotive de l’économie américaine, générant 75% de la croissance du PIB. Alors que la croissance du Produit intérieur brut a atteint 2,1% en rythme annuel au 2e trimestre, l’expansion du 3e trimestre devrait se tasser un peu mais rester soutenue autour de 1,9%, selon la dernière projection de la banque centrale régionale d’Atlanta.

« Nous pensons que la solide confiance des consommateurs, les fortes créations d’emplois, la faible inflation et la croissance des salaires vont continuer à soutenir les dépenses de consommation au 3e trimestre, ce qui va contrebalancer le ralentissement de la croissance », a estimé Gregory Daco, économiste en chef pour les États-Unis d’Oxford Economics.

Une faible progression de la production industrielle
Car si l’optimisme semble de rigueur chez le consommateur, les industriels sont plus inquiets face à l’affaiblissement de l’économie à l’étranger et aux tensions commerciales. La production industrielle américaine s’est repliée en juillet (-0,2%) pour la seconde fois en quatre mois, plombée par un recul encore plus important (-0,4%) de la production manufacturière. Sur un an, de juillet 2018 à juillet 2019, la production industrielle, secteur cher à l’administration Trump qui veut « rendre à l’Amérique sa grandeur », n’a progressé que de 0,7%.

« Ce secteur manufacturier est en récession mais pas au point de menacer l’ensemble de l’économie », a commenté Ian Shepherdson, économiste en chef pour Pantheon Macroeconomics.

Pour Andrew Hunter, économiste pour Capital Economics, « la récession manufacturière s’est poursuivie au début du 3e trimestre. Mais les derniers chiffres donnent des raisons d’être optimiste, de même que les chiffres des ventes de détail ». « Il y a peu de signes que le malaise s’étende plus largement à l’économie », estime-t-il aussi.

Donald Trump lâche du lest dans son bras de fer avec la Chine
Consciente des signes d’affaiblissement de l’activité mais aussi de l’importance de la consommation pour la croissance, l’administration Trump a levé le pied dans l’escalade des tarifs douaniers avec la Chine. En début de semaine, le président américain a reporté à la mi-décembre l’imposition de taxes supplémentaires sur une partie des 300 milliards de dollars de marchandises chinoises importées qui devait entrer en vigueur dès le 1er septembre.

De son propre aveu, Donald Trump a admis ne pas vouloir mettre en danger la saison des achats de fin d’année. Une hausse des tarifs douaniers sur les produits de grande consommation, allant des téléphones aux jouets, tous fabriqués en Chine, risquerait en effet d’être répercutée sur les prix à la vente aux États-Unis.

« Les consommateurs sont dans la meilleure forme de tous les temps, avec plein d’argent », a lancé Donald Trump dans un tweet jeudi. Devant la presse plus tard dans la journée, Donald Trump a par ailleurs assuré que la prochaine session de négociations commerciales entre Pékin et Washington programmée début septembre était « toujours prévue ». « Nous parlons au téléphone, nous avons des entretiens productifs », a-t-il affirmé. Il a répété que la Chine « voulait parvenir à un accord » commercial et qu’il allait « bientôt » parler au président chinois Xi Jinping.

Alors que sur le front international, la conjoncture s’affaiblit,  l’activité en Allemagne et en Grande-Bretagne s’étant contractée au 2e trimestre,  les investisseurs se sont rués sur les bons du Trésor américains, provoquant une forte volatilité boursière et une chute des rendements sur les obligations d’État.

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Nouveaux marchés et euphorie boursière : Le cannabis fait planer les investisseurs

canabisLe marché du cannabis et son énorme potentiel

Sa taille pourrait décupler dans les dix années qui viennent et attirent de plus en plus d’investisseurs, qui y voient désormais un produit de consommation comme un autre. Si l’évolution des législations nationales sera déterminante, les industriels sont déjà à l’affût.

Fini le temps des jardiniers amateurs s’exerçant en cachette au fond du potager ?   Avec sa légalisation progressive dans de nombreux pays, le cannabis aiguise l’appétit des investisseurs et des courtiers, qui voient dans la culture de cette plante psychoactive une juteuse source de placement. « Perspectives d’expansion », « opportunités de croissance », « chaîne de valeur »… Pour le gestionnaire d’actifs britannique Schroders, la culture de la marijuana est bel et bien passée du statut de « divertissement réservé aux seuls initiés » à celui de « produit d’investissement » prisé par les milieux d’affaires.

« Un produit de consommation comme un autre »
« Depuis deux ans, le cannabis est devenu une cible de plus en plus importante pour les investisseurs, en raison principalement de l’évolution rapide de la législation et de l’opinion mondiale », explique à l’AFP Andrew Howard, directeur de la recherche durable au sein du gestionnaire de fonds britannique. « Même si l’on manque de visibilité » sur le cadre juridique, « le potentiel de croissance est considérable », ajoute l’analyste, qui revendique une approche pragmatique vis-à-vis de cette drogue dite douce. D’un point de vue économique, « le cannabis est un produit de consommation comme un autre », insiste-t-il.

À l’heure actuelle, 25 pays, dont l’Australie, le Canada, l’Uruguay, le Mexique, l’Afrique du Sud, la Suisse, Israël et la Turquie, ont légalisé tout ou partie du marché, pour des usages récréatifs ou médicaux. Et la liste devrait s’allonger au cours des prochaines années.

Un marché potentiellement colossal
« Pour l’instant, le marché est surtout centré sur les États-Unis et le Canada, mais même en Europe, ça commence à bouger », souligne Nikolaas Faes, analyste chez Bryan Garnier. « Au niveau mondial, les montants sont encore faibles, mais c’est forcément amené à augmenter. » Selon la banque d’affaires franco-britannique, le marché mondial légalisé du cannabis pourrait atteindre 145 milliards de dollars à l’horizon 2028, contre 12 milliards l’an dernier. D’après Schroders, le marché pourrait s’élever à 130 milliards de dollars dans dix ans.

« Il y a beaucoup d’argent en jeu. Ça aiguise les appétits », confirme Emmanuelle Auriol, professeure à la Toulouse School of Economics (TSE), pour qui un « tabou est tombé ». « Au début, les investisseurs avaient peur pour leur réputation. Aujourd’hui, l’opinion publique a basculé. »

Cigarettiers et géants des boissons alcoolisées entrent dans la danse
Depuis 2017, plusieurs géants de l’alcool ont ainsi sauté le pas, à l’image de Constellation Brands, maison mère des bières Corona, qui a investi quatre milliards de dollars dans une entreprise canadienne spécialisée dans la production de cannabis, Canopy Growth. « Nous étudions les données (…) Il faut se donner 12 à 18 mois pour bien apprécier » la situation, a indiqué de son côté le PDG de Pernod Ricard, Alexandre Ricard, lors de l’assemblée générale du groupe français de spiritueux fin novembre.

Les cigarettiers eux aussi sont entrés dans la danse. Le groupe Altria, fabricant de l’emblématique Marlboro, a ainsi pris une part de 1,9 milliard de dollars dans le groupe canadien Cronos. Imperial Brands a investi de son côté dans la biotech britannique Oxford Cannabinoid technologies (OCT).

« Pour les fabricants d’alcool ou les cigarettiers », qui craignent de voir leur marché « cannibalisé » par l’industrie de la marijuana, « les enjeux sont importants ». « Mais le cannabis intéresse aussi le secteur pharmaceutique, voire des multinationales comme Coca Cola », observe Emmanuelle Auriol. Pour Andrew Howard, « deux types d’entreprises investissent dans l’industrie du cannabis : les jeunes sociétés spécialisées sur ce marché et, de plus en plus, les grandes entreprises de biens de consommation », qui souhaitent « diversifier leurs portefeuilles de produits ».

Les incertitudes sur l’évolution des législations engendrent de la volatilité
À Wall Street, cet intérêt croissant pour l’industrie de la marijuana a provoqué des mouvements spectaculaires ces derniers mois pour les jeunes pousses du secteur, à l’image de Tilray ou de Canopy Growth, dont le titre a flambé avant de redescendre fortement début 2019. « On est sur des marchés très jeunes et donc très volatils », explique Nikolaas Faes, de Bryan Garnier. « Pour les investisseurs, c’est un secteur avec un risque plus élevé que la moyenne », en raison notamment des « incertitudes » qui pèsent sur les évolutions juridiques dans plusieurs pays, ajoute-t-il.

De quoi craindre une « bulle », susceptible de partir en fumée ?   Le marché « a le potentiel pour croître rapidement » mais son avenir dépendra en grande partie des « orientations prises par les décideurs politiques », tranche Andrew Howard, qui juge nécessaire d' »opérer un tri » entre les sociétés les « mieux placées » pour s’adapter aux changements et celles qui sont « moins préparées ».

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Comment l’Occitanie veut devenir « la première région à énergie positive d’Europe » grâce à l’hydrogène

eolienneL’Occitanie a adopté un plan « hydrogène » de 150 millions d’euros inédit en France.

Ce dernier s’appuie sur les ressources en énergies renouvelables pour la production « d’hydrogène décarboné ». La région prévoit notamment le lancement d’un train à hydrogène dès 2022.

Premier train à hydrogène français dès 2022, première unité de production d’hydrogène sur un aéroport dès l’an prochain: dans la compétition entre régions autour du développement de ce carburant propre, l’Occitanie veut être pionnière.

La présidente de la Région, Carole Delga (PS), qui ambitionne de créer « la première région à énergie positive d’Europe », a soumis au vote des élus régionaux le 27 juin un vaste plan « hydrogène vert » adopté à l’unanimité de 150 millions d’euros. Un projet « inédit en France à l’échelle d’une collectivité », affirme l’élue.

Un milliard d’euros d’investissements attendu d’ici 2030
Ce plan qui s’appuie sur les ressources en énergies renouvelables pour la production « d’hydrogène décarboné », propose une « stratégie intégrée » de recherche, d’investissements et d’accompagnement des projets. Carole Delga espère ainsi entraîner d’ici 2030 un milliard d’euros d’investissements dans la région qui deviendrait « leader sur l’hydrogène vert ». « L’hydrogène ne fera sens que si il est produit de façon ‘verte' », relève Christophe Turpin, spécialiste de l’hydrogène au sein du laboratoire Laplace (CNRS Toulouse).

Si aujourd’hui, 95% de l’hydrogène est produit à partir des énergies fossiles, l’Occitanie veut développer une filière propre à partir de l’électrolyse de l’eau. Une technique qui consiste à décomposer les molécules d’eau (H20) à l’aide d’un courant électrique.

Stocker les énergies vertes
Pour produire cet hydrogène décarboné, la région compte exploiter ses ressources en énergies renouvelables. Un secteur où elle ne manque pas d’atouts : elle est la deuxième région de France en capacité de production d’énergie hydraulique avec ses barrages pyrénéens et d’énergie photovoltaïque, la troisième pour l’énergie éolienne.

« Le vent, le soleil sont des énergies intermittentes, donc il faut pouvoir stocker l’électricité pour l’adapter à la consommation. Et, la seule solution pour un stockage à long terme c’est l’hydrogène », affirme Laurent Selle, un autre chercheur qui travaille sur le sujet au sein de l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse.

Pour Christophe Turpin, le plan « hydrogène vert » est ambitieux : « 150 millions d’euros, à l’échelle d’une région c’est beaucoup », estime-t-il, comparant l’enveloppe « aux 100 millions que Nicolas Hulot proposait pour un plan similaire au niveau national ». « Ce que nous faisons est exceptionnel en termes de budget consacré mais aussi de vision d’objectifs recherchés. Notre stratégie repose sur une vision intégrée de la filière, de la production, à la distribution, aux usages … », assume Carole Delga

Trains et avions du futur
La région est à l’initiative de deux expériences qui doivent lancer la filière : le projet HyPort sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes début 2020, et un train à hydrogène en 2022 dans les Pyrénées centrales. Pour ce dernier projet, l’Occitanie a signé un protocole de commande de trois rames « Régiolis à hydrogène » représentant un investissement de 33 millions d’euros avec le groupe Alstom.

Elle emboîte ainsi le pas à la région de Francfort (Allemagne), qui vient de commander au groupe français 27 trains à hydrogène dont le « moteur » est fabriquée dans le site tarbais du groupe. Cette usine est devenue une spécialiste de la pile à combustible pour le ferroviaire. Ces nouvelles rames propres doivent permettre la réouverture de la ligne de Montréjeau,  Luchon, une liaison fermée en 2014 en raison de la vétusté du caténaire.

Autre projet phare, HyPort, créé en partenariat avec l’énergéticien Engie pour développer des infrastructures de production et de distribution d’hydrogène sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes. L’enjeu : que les avions du futur, les navettes ou les engins de pistes puissent bénéficier d’énergie verte.

Si la feuille de route régionale pour la transition énergétique se concrétise, l’Occitanie pourrait compter d’ici 2030, deux usines de production d’hydrogène, une cinquantaine de station de production et de distribution de plus petites dimensions, une dizaine d’électrolyseurs et plus de 3.000 véhicules à hydrogène.

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Des taux d’intérêt négatifs pour l’État, qu’est-ce que ça change pour vous ?

Des taux d'intérêt négatifs pour l’ÉtatLe taux d’emprunt à 10 ans de l’État français est devenu négatif durant un court instant mardi. Déjà bas, celui-ci n’a cessé de diminuer en 2019. Une bonne nouvelle pour les emprunteurs, mais pas pour les épargnants.

Imaginez : vous faites un prêt et ce n’est pas vous, mais votre banquier qui vous verse des intérêts. Cette situation rêvée, l’État français l’a connue, indirectement, pour la première fois mardi.

Le taux d’intérêt de ses emprunts à dix ans, l’OAT (Obligation assimilable du Trésor), est devenu négatif à -0,002%. Autrement dit, si un investisseur a avait prêté 10.000 euros à la France, celle-ci lui aurait remboursé sur dix ans 9999,80 euros. Le taux est rapidement remonté au-dessus de zéro. Il en reste néanmoins très proche et surtout à un niveau bien inférieur de celui de 2018 (0,8% en moyenne).

Comment est-on arrivé dans cette situation ?
Les incertitudes sur l’économie mondiale, alimentées principalement par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, augmentent les risques de pertes sur les actions et les emprunts des entreprises. Les investisseurs se tournent donc vers les dettes souveraines des pays développés, car elles sont plus sûres et permettent ainsi de compenser de possibles pertes. Deuxième économie de la zone euro, la France est un placement idéal car l’Allemagne emprunte de moins en moins et la dette italienne est de plus en plus risquée.

L’autre explication est purement réglementaire. Les professionnels ont l’obligation de proposer à leurs clients des placements financiers composés en partie de dettes d’États. À cela s’ajoute la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Ses dirigeants ont fait savoir cette semaine qu’elle allait continuer à soutenir l’économie plus longtemps que prévu, certains même ont évoqué la possibilité de remettre l’économie sous perfusion monétaire.

L’État gagnant, les emprunteurs aussi
Bien évidemment, des taux si bas sont une bonne nouvelle pour les comptes publics. Cela signifie que l’État consacrera moins d’argent à rembourser ses dettes. Mais pas seulement.

Le taux auquel emprunte l’État sert de référence pour les taux des crédits aux particuliers. Les banques n’iront pas jusqu’à prêter à des taux d’intérêt négatifs. En France, elles n’y sont pas autorisées. En revanche elles peuvent en proposer des plus avantageux, alors qu’ils sont déjà historiquement bas.

Pour les crédits à la consommation de 15.000 euros sur douze mois, le taux moyen du crédit auto est déjà de seulement 1,90% et de 1,24% pour un prêt personnel, selon le courtier MeilleurTaux.com. Pour les meilleurs dossiers, les taux peuvent tomber respectivement à 0,8% et 0,4% selon Empruntis. Quant aux taux de crédit immobilier, ils atteignent en moyenne 1,45 % sur vingt ans. Et pour les meilleurs dossier, de 0,5% à 1,1% selon la durée du prêt, d’après Vousfinancer.

Dans un environnement de taux souverains très bas, « le crédit immobilier est plus que jamais stratégique pour les banques, car c’est un moyen rentable et peu risqué de placer » leur argent frais, analyse Jérôme Robin, directeur général de Vousfinancer.

Les banques vont continuer à baisser leurs taux, notamment pour attirer les meilleurs dossiers. « Les écarts de taux entre les profils se creusent à nouveau … », constate Sandrine Allonier porte-parole de Vousfinancer. « Les banques ciblent toutes les clients haut-de-gamme, quitte à dégager une plus faible rentabilité au départ sur le crédit en raison des taux très faibles, mais avec un risque proche de zéro et un remboursement plus rapide ». Ainsi, elles récupèrent de l’argent frais plus rapidement et peuvent le placer à nouveau dans 10 à 15 ans.

Par ailleurs, attirer des clients avec des taux bas permet ensuite aux établissements de leur vendre des services bancaires, puisque ceux-ci doivent ouvrir un compte dans la banque où ils ont contracté leur prêt.

Les épargnants font triste mine
Si l’avenir semble plutôt radieux pour les emprunteurs, les choses sont bien différentes pour les épargnants. En France, l’assurance-vie est largement plébiscitée avec un encours dépassant les 1700 milliards d’euros. Une partie est investie dans les fonds « sans risque », composés en majorité de titres de dettes d’État. La baisse des taux est donc une mauvaise nouvelle, la France n’étant pas la seule à bénéficier de taux proche ou en-dessous de zéro, à l’instar de l’Allemagne et des Pays-Bas par exemple.

En revanche, les détenteurs d’un livret A n’ont rien à craindre. Son taux étant réglementé, il restera à 0,75% jusqu’au 1er février 2020, date à laquelle le nouveau mode de calcul entrera en vigueur. Et quoi qu’il en soit, la réglementation prévoit un taux plancher de 0,5%.

Dans ce contexte, les épargnants qui recherchent un placement plus rentable se tourneront, soit vers l’immobilier étant donné le faible coût de l’emprunt, soit vers l’or. L’once vaut plus de 1340 dollars, soit 4,85% de plus qu’en fin d’année dernière.

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Accord HLM / gouvernement sur un « cadre financier » 2020-2022

hlmLe secteur du logement social, l’un des principaux pourvoyeurs d’économies depuis le début du quinquennat, a signé jeudi avec le gouvernement un accord de compromis réduisant l’effort demandé aux bailleurs sociaux sur la période 2020-2022.

Un deuxième accord, formalisant un plan d’investissement de neuf milliards d’euros d’Action Logement pour soutenir le logement social et financer d’autres mesures en faveur du logement, a été signé en parallèle.

Ces deux accords, fruits de plusieurs mois de négociations menées sous la houlette du Premier ministre, « permettent au secteur du logement social de poursuivre ses missions », est-il précisé dans un communiqué diffusé par Matignon, qui salue « l’effort significatif réalisé par l’ensemble des signataires. »

Le « pacte d’investissement pour le logement social » formalise un « cadre financier de trois ans » visant à « donner de la visibilité » aux bailleurs sociaux tout en « favorisant les efforts de construction et de rénovation du logement social »,

Le gouvernement comptait initialement économiser 1,5 milliard d’euros par an à partir de 2020 par le biais de la baisse des aides personnalisées au logement pour locataires du parc social, que les organismes HLM ont dû compenser en réduisant d’autant leurs loyers, et donc leurs recettes.

Moins d’économies imposées aux HLM
Dans un contexte de ralentissement de la production de logements sociaux et de tassement généralisé dans le secteur du logement, cet objectif, qui avait été régulièrement dénoncé par les organismes HLM, a finalement été revu à la baisse.

Cet accord ramène à 1,3 milliard d’euros par an l’économie réalisée par l’État grâce à ce mécanisme, tout en limitant à 950 millions d’euros par an l’impact sur les comptes des bailleurs sociaux grâce à des mesures complémentaires.

Au-delà des 900 millions d’euros de baisse des loyers,  un montant déjà atteint cette année, après 800 millions en 2018,  il est prévu que les organismes HLM réalisent des économies de gestion à hauteur de 50 millions d’euros sur 2020-2022.

Parallèlement, la contribution des bailleurs sociaux au Fonds national des aides à la pierre (FNAP), un établissement public qui contribue à l’entretien du parc social  sera réduite de 300 millions d’euros par an, une mesure intégralement compensée par Action Logement, l’ex-« 1% logement ».

Ils bénéficieront également de 50 millions d’euros de remises commerciales sur les intérêts de leur dette de la part de la Caisse des dépôts (CDC).  Au-delà de ces principes financiers, diverses dispositions de soutien à l’investissement sont prévues, avec notamment la participation de la CDC, qui compte déployer cinq milliards de nouveaux prêts et 800 millions d’euros de fonds propres.

Les HLM contestent toujours la baisse des APL
Le taux de TVA, qui avait été relevé de 5,5% à 10% pour la construction et la réhabilitation dans le logement social (avec un coût d’environ 800 millions d’euros pour le secteur) sera par ailleurs ramené à 5,5% mais seulement pour les opérations réalisées dans certains types de logements sociaux.

En contrepartie, les organismes HLM se sont engagés à construire 110.000 logements sociaux par an et à accélérer les rénovations thermiques dans le parc social, avec un objectif de 125.000 logements par an.

L’Union sociale pour l’habitant (USH), qui a validé les clauses de cet accord mercredi soir, le décrit comme un « signal positif », alors que deux millions de ménages attendent de pouvoir bénéficier d’un logement social.

Son président Jean-Louis Dumont a précisé dans un communiqué que la ratification de cet accord ne « va(lait) pas acceptation de la compensation par les organismes de la baisse des APL sur les locataires du parc social (…), une mesure injuste ».

L’organisme Action Logement, qui gère de façon paritaire la participation des employeurs à l’effort de construction, a revu les modalités de son plan d’investissement volontaire de neuf milliards d’euros présenté en janvier pour l’articuler avec l’accord conclu entre L’État et les acteurs du logement social.

Également signé jeudi, ce plan programme un renforcement du soutien d’Action Logement au secteur de logement social, au-delà de la seule compensation de la baisse de la contribution des organismes HLM au FNAP. Il prévoit également des financements pour la rénovation énergétique de logements de ménages modestes, pour la réhabilitation de copropriétés dégradées et pour des aides à la mobilité des salariés.