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Pauvreté : où se situent les Français par rapport à leurs voisins ?

pauvretéSelon l’Insee, la pauvreté monétaire touchait 13,6% de la population française en 2016. C’est le sixième taux le plus faible de l’Union européenne.

Il convient néanmoins d’analyser dans le même temps le taux de privation matérielle et sociale pour avoir une vision plus juste des inégalités de niveau de vie dans le continent.

Représentant 22% du PIB mondial, l’Union européenne s’affirme aujourd’hui comme la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis (24%). Cette performance ne saurait toutefois occulter les inégalités de niveau de vie persistantes entre les États-membres, avec d’un côté, les pays du Sud et de l’Est et de l’autre, les pays du Nord et de l’Ouest. Alors que certains n’hésitent pas à parler d’une Europe « en crise », ce tableau moins séduisant comptera sans doute parmi les principaux enjeux des élections européennes fin mai.

Pauvreté monétaire
En France, la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du revenu médian (20.624 euros en France), touchait en 2016 13,6% de la population, contre 17,3% au niveau de l’Union européenne (87 millions de personnes), selon l’Insee. L’Hexagone affiche ainsi le sixième taux de pauvreté monétaire le plus faible du bloc, en partie grâce à ses retraités qui sont relativement moins pauvres que chez nos voisins.

Dans l’UE, le taux de pauvreté monétaire oscille entre 10% de la population en République Tchèque et 25% en Roumanie. Mais les seuils de pauvreté pris en compte peuvent être très différents d’un pays à l’autre compte tenu des niveaux de vie médians particulièrement dispersés entre les États-membres. En effet, 60% du revenu médian en France n’est pas la même chose que 60% du revenu médian à Malte.

Le revenu médian français est par exemple quatre fois supérieur à celui de la Roumanie (4728 euros) et 25% inférieur à celui du Luxembourg (27.973 euros). Autrement dit, une personne considérée comme pauvre au Luxembourg pourrait potentiellement être très riche en Roumanie. C’est en ce sens que le taux de pauvreté monétaire manque de pertinence.

Privation matérielle et sociale
Pour comparer les niveaux de vie entre les pays de l’Union européenne, l’approche par le taux de pauvreté monétaire, qui n’est qu’une approche relative, se révèle donc limitée. Pour affiner son analyse, l’Insee s’appuie sur un outil complémentaire : le taux de privation matérielle et sociale.

Grâce à un questionnaire unifié fourni aux 28 États-membres, cet indicateur mesure la proportion de personnes se déclarant « incapables de couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable ».

15,7% de la population de l’UE, soit 78 millions de personnes, indique ainsi éprouver des difficultés dans au moins cinq postes de dépenses (logement, habillement, de loisirs, etc.) sur 13 et est donc considérée en situation de privation matérielle et sociale. Là encore, des écarts importants subsistent. La pauvreté matérielle et sociale touche notamment 3% de la population en Suède, contre 50% en Roumanie. Elle est de 9% en Allemagne et de 13% au Royaume-Uni.

Contrairement au taux de pauvreté monétaire, cet outil se base davantage sur un ressenti mais a le mérite d’être plus juste pour analyser la pauvreté en Europe en écartant de son champ d’application les écarts de niveaux de vie entre pays.

infographie pauvrete 1Le taux de privation matérielle est en outre généralement plus fortement corrélé au niveau de vie médian. De fait, six des sept pays dont le niveau de vie médian est inférieur à 10.000 SPA (standard pouvoir d’achat) ont un taux de privation supérieur à 24% quand tous les pays (à l’exception de l’Irlande) dont le niveau de vie médian est supérieur à 17.000 SPA, soit 12 pays sur 28, ont un taux de privation inférieur à 15%.

Quid de la France ?
En France, 12,7% de la population se dit en situation de privation matérielle et sociale. L’Hexagone se situe seulement au niveau de la médiane européenne. Au sein de l’Europe du Nord et de l’Ouest, il affiche le quatrième taux de privation le plus élevé.

Parmi les plus grandes difficultés financières éprouvées par les Français, 32,8% des individus (31,9% en Europe du Nord et de l’Ouest) en situation de privation matérielle et sociale disent ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, 24% (23,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors de son domicile et 23,7% (20,4% en Europe du Nord et de l’Ouest) ne pas pouvoir remplacer des meubles hors d’usage.

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Paradoxalement, si les retraités français enregistrent le taux de pauvreté monétaire le plus faible de l’Union européenne, ils affichent le taux de privation matérielle et sociale le plus élevé des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest (9%).

Évolution de la pauvreté
Au total, un Français sur cinq est concerné par une des deux formes de pauvreté, contre moins de 15% de la population en Finlande et près de la moitié en Bulgarie et en Roumanie. 5,5% des Français cumulent par ailleurs pauvreté monétaire et pauvreté matérielle et sociale.

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Étonnamment, les deux taux de pauvreté n’évoluent pas toujours dans le même sens. En France, le taux de privation matérielle a baissé de manière continue entre 2009 et 2016 alors que le taux de pauvreté monétaire a augmenté en 2009, avant de se stabiliser. Les raisons de cette évolution contrastée « sont mal connues », souligne l’Insee, ajoutant que « cela pourrait s’expliquer entre autres, par la part subjective de l’autoévaluation des conditions de vie et le fait que les ménages auraient tendance à adapter leurs appréciations en temps de difficulté ».

Au niveau européen, cette même divergence a été observée à partir de 2013. Celle-ci pourrait s’expliquer « par le redressement du niveau de vie médian dans plusieurs pays améliorant les conditions de vie mais relevant mécaniquement le seuil de pauvreté monétaire », précise l’Institut de la statistique.

Les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés
Sans surprise, les chômeurs sont environ quatre fois plus touchés par les deux types de pauvreté que les actifs occupés. Sur ce point, la France fait partie des mauvais élèves avec un taux de chômage au sens du BIT de 9,4% en 2017, soit le sixième taux le plus élevé de l’Union européenne.

Plus largement, c’est la main-d’œuvre sous-utilisée regroupant à la fois les individus sans emploi mais souhaitant travailler et les individus en emploi à temps partiel souhaitant accroître leur temps de travail qui est concernée par la pauvreté. Cette sous-utilisation de la main d’œuvre, plus fréquente chez les femmes et les non-diplômés, représente 15% de la population de l’Union européenne et 17,7% en France. Enfin, les familles monoparentales sont trois fois plus touchées que les couples sans enfants par la pauvreté dans l’Union européenne.

Insatisfaction
À noter que la part des personnes insatisfaites dans leur vie est la plus forte dans les pays où les taux de pauvreté monétaire et de privation matérielle et sociale sont les plus élevés. Mais la corrélation est encore plus prononcée avec ce dernier indicateur. Cela signifie que les européens déterminent davantage leur satisfaction par leurs conditions d’existence que par leur propre niveau de vie.

En France, près de 19% de la population déclarent avoir une faible satisfaction de leur vie, contre 21% dans l’Union européenne. Les Pays-Bas affichent le taux le plus faible (6%), à l’inverse de la Bulgarie (60%).

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Le «Momo Challenge» n’aurait en fait jamais existé

momo challengeCe jeu dangereux, accusé d’être responsable de la mort de plusieurs adolescents dans le monde, ne serait qu’une légende urbaine

« Salut, je suis Momo »… Depuis l’été dernier, les parents du monde entier s’inquiètent du « Momo Challenge », un défi effrayant sur WhatsApp qui pousserait leurs enfants à se suicider. C’est en Argentine que la première victime de ce jeu dangereux aurait été recensée l’été dernier.

Depuis, de nombreux autres cas ont été signalés au Mexique, aux États-Unis, en Belgique, en Allemagne.  Et en novembre dernier en France, où un père de famille a accusé le jeu d’être responsable du suicide de son fils de 14 ans.

Seulement voilà, aucune enquête n’a permis jusqu’à aujourd’hui d’établir que le « Momo Challenge » existait réellement. En Argentine, d’où est partie toute l’affaire, les investigations ont révélé que le suicide de la jeune fille n’avait rien à voir avec un quelconque challenge. Aucune association de protection de l’enfance n’a également recensé de cas avérés pouvant accréditer l’existence de ce défi. Pour beaucoup, ce serait tout simplement la psychose médiatique qui aurait popularisé le « Momo Challenge » dans le monde entier.

Une pure invention médiatique ?
Cette poupée effrayante, aux yeux exorbités, au visage émacié et aux cheveux filandreux, a récemment fait les gros titres des journaux en Grande-Bretagne. YouTube a été accusé outre-Manche de laisser passer des messages incitant au « Momo Challenge » dans des vidéos du dessin animé pour enfants Peppa Pig. La police d’Irlande du Nord a même diffusé en février un avertissement, incitant « les parents à faire preuve de vigilance ».

La National Society for the Prevention of Cruelty to Children (NSPCC), une association de protection de l’enfance, a assuré avoir reçu plus d’appels à ce sujet de la part des médias que des familles, expliquant ainsi n’avoir aucune preuve que le « Momo Challenge » existait vraiment. Le UK Safer Internet Center (Centre pour un Internet plus sûr) a même qualifié le phénomène de « fake news ».

Selon le Guardian, cette médiatisation a fait exploser le nombre de requêtes Google, créant ainsi une véritable psychose outre-Manche. « Le « Momo Challenge » n’existe pas. Plusieurs articles faisant état de cette « rumeur » ont poussé les institutions à communiquer sur ses dangers potentiels, donnant ainsi lieu à encore plus d’articles sur le sujet », explique le quotidien britannique.

« Pas de suicide, ni de blessé en France »
En France aussi, ce sont aussi les médias et la publication de plusieurs articles qui ont « popularisé » le « Momo Challenge ». « Entre le 15 et le 20 août 2018, période à laquelle ce jeu dangereux a été médiatisé en France, on a reçu une dizaine d’appels sur notre ligne d’écoute, principalement des parents d’ados fragiles, mais aussi des jeunes, qui se disaient effrayés par le personnage », indique à 20 Minutes Samuel Comblez, directeur des opérations de l’association e-Enfance.

« On a très vite coordonné nos actions avec nos différents partenaires, Facebook, Twitter, Snapchat et bien sûr la plateforme Pharos. Après une période d’observation, on en a tout simplement conclu que cette histoire était un non-phénomène, une simple légende urbaine », ajoute Samuel Comblez qui précise qu’« il n’y a pas eu de cas de suicide ni de blessé lié au «Momo Challenge» en France ». En Bretagne, un père de famille a pourtant porté plainte en novembre dernier contre YouTube, Whatsapp et l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Il a accusé le jeu d’être responsable du suicide de son fils de 14 ans. « Nous restons très prudents », avait alors indiqué à l’époque le procureur de la République de Rennes à 20 Minutes.

« Quand j’étais petit, c’était la Dame blanche, aujourd’hui c’est Momo »
Le personnage fictif de Momo a surtout été alimenté par de nombreuses vidéos YouTube très populaires, totalisant des millions de vues, sans qu’il ne soit jamais question de challenge ni de suicide. « Momo, c’est d’abord une histoire pour faire peur. Les ados adorent les histoires effrayantes. Ce n’est qu’une légende urbaine parmi d’autres. Quand j’étais petit, c’était la Dame blanche, qui dans son genre était toute aussi effrayante. Aujourd’hui c’est Momo », ajoute Samuel Comblez.

Le « Momo Challenge » semble aujourd’hui être « passé de mode » en France. La plateforme téléphonique de l’association e-Enfance indique n’avoir reçu aucun signalement depuis novembre dernier. « Les jeunes sont rodés. Après le «Blue Whale Challenge» [défi mortel également lancé sur les réseaux sociaux], ils font preuve de plus de prudence ». L’artiste japonais, qui a créé la poupée effrayante, a également indiqué début mars l’avoir détruite. « Elle était censée faire peur aux gens, oui, mais pas de faire du mal à quiconque », a-t-il expliqué. Une manière de tirer un trait définitif sur cette histoire.

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Theresa May demande «du temps» pour revoir son accord avec l’Union européenne

thérésa mayTheresa May a indiqué qu’elle échangerait de nouveau avec certains dirigeants des 27 autres pays de l’UE ce mardi et tout au long de la semaine

Theresa May tente toujours de sauver le Brexit. La Première ministre britannique a souligné ce mardi devant les députés qu’elle avait « besoin de temps » pour discuter avec l’Union européenne de modifications à l’accord de Brexit conclu avec Bruxelles qui puissent satisfaire son parlement, prolongeant ainsi l’incertitude sur les modalités du divorce.

Le Brexit, prévu le 29 mars, se rapproche dangereusement. Depuis le rejet massif de l’accord de retrait par les députés en janvier, la dirigeante britannique tente de rouvrir les négociations avec Bruxelles pour élaborer une nouvelle version du texte, mais se heurte jusqu’ici au refus de ses homologues européens.

Les discussions bloquées autour du « backstop »
« Après nous être mis d’accord avec l’UE sur des discussions supplémentaires, nous avons à présent besoin de temps pour achever ce processus », a-t-elle affirmé devant la Chambre des Communes. « Dès que nous aurons réalisé les progrès nécessaires, nous proposerons un nouveau vote » sur l’accord de retrait à l’agenda, a-t-elle assuré, sans donner de date.

Theresa May a ajouté qu’elle échangerait de nouveau avec certains dirigeants des 27 autres pays de l’UE mardi et tout au long de la semaine. Les discussions entre Theresa May et les dirigeants européens butent jusqu’ici sur la question du filet de sécurité irlandais (« backstop » en anglais), prévu pour éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord britannique et la République d’Irlande. Ce dispositif prévoit, en dernier recours, de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE, ainsi qu’un alignement réglementaire sur l’UE plus poussé pour l’Irlande du Nord.

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Theresa May reste « déterminée » à mettre en oeuvre le Brexit dans les temps

thérésa mayLe Sunday Times évoque un projet d’évacuer la reine Elizabeth II de Londres en cas d’émeutes provoquées par un « no deal »

La Première ministre britannique Theresa May a réaffirmé dimanche sa détermination à mettre en œuvre le Brexit à la date prévue du 29 mars et à obtenir des concessions de l’UE sur l’accord de divorce, malgré le refus de Bruxelles de le renégocier.

« Je suis déterminée à mettre en œuvre le Brexit, et déterminée à le mettre en œuvre dans les temps  le 29 mars 2019 », a écrit la dirigeante conservatrice dans une tribune publiée dimanche par « The Sunday Telegraph ».

Elle a ainsi écarté la possibilité d’un report du Brexit, comme l’ont suggéré plusieurs responsables politiques, dont le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt ou le ministre du Commerce extérieur Liam Fox, afin de permettre l’adoption de la législation nécessaire à son exécution. Theresa May a également dit vouloir trouver une issue sur le Brexit qui soit susceptible de rallier une majorité au Parlement, Brexiters comme europhiles.

« Je serai armée d’un nouveau mandat »
« Quand je retournerai à Bruxelles, je me battrai pour la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, je serai armée d’un nouveau mandat, d’idées nouvelles et d’une détermination renouvelée pour convenir d’une solution pragmatique qui mette en oeuvre le Brexit », a-t-elle insisté.

Après le rejet cinglant mi-janvier, de l’accord de divorce conclu avec l’UE, les députés ont adopté mardi un amendement demandant des « arrangements alternatifs » aux dispositions relatives au « filet de sécurité » (ou « backstop ») visant à éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Cette clause très controversée prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l’UE, avec en sus, pour la province britannique d’Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes. Les députés britanniques, en particulier les Brexiters, estiment qu’elle conduira à l’amarrage permanent de leur pays à l’UE.

Après le vote de cet amendement, Theresa May a dit vouloir rouvrir les négociations avec l’UE dans l’espoir d’éviter un « no deal », même si les Européens lui ont jusqu’ici adressé un refus ferme.

« C’est ce que le Parlement m’a chargée de faire », a-t-elle soulignée dans le Sunday Telegraph, affirmant que le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, y était également favorable. Un soutien du Labour pourrait lui permettre de faire avaliser son accord, espère-t-elle. « Si nous nous serrons les coudes et parlons d’une seule voix, je crois que nous pouvons trouver la juste voie », a insisté Mme May.

Elle a réfuté qu’une réouverture des négociations sur le « backstop » menacerait l’accord de paix de 1998 ayant mis fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord, comme l’a soutenu le ministre irlandais des Affaires étrangères dans le Sunday Times.

La cheffe de l’exécutif s’est engagée à faire voter un accord remanié « dès que possible ». Dans le cas où elle ne l’obtiendrait pas d’ici au 13 février, elle organisera un vote à la Chambre des communes le 14 février pour laisser les députés s’exprimer sur ce qu’ils veulent.

Évacuation de la reine ?
Downing Street a par ailleurs démenti dimanche des informations de presse selon lesquelles le gouvernement prévoyait d’organiser des élections anticipées le 6 juin, alors que le Parti travailliste apparaît en position de faiblesse.

Selon un sondage publié par l’hebdomadaire de gauche The Observer et réalisé auprès plus de 2.000 personnes, le Labour recueillait fin janvier-début février 34% d’intentions de vote, devancé de sept points par les conservateurs (41%). Il précise que des députés travaillistes envisagent de créer un nouveau parti, déçu notamment de la gestion du Brexit par Jeremy Corbyn.

Sans accord, le Royaume-Uni risque de quitter le bloc européen sans garde-fou fin mars, une hypothèse redoutée par les milieux économiques. « Nous serions capables de gérer un tel scénario mais il ne serait pas dans notre intérêt de s’engager sur cette voie », a déclaré Liam Fox sur Sky News, alors que les scénarios catastrophes se multiplient dans la presse.

Dimanche, le constructeur automobile japonais Nissan a annoncé qu’il renonçait à produire l’un de ses modèles, le crossover X-Trail, en Angleterre. « L’incertitude persistante autour des futures relations du Royaume-Uni avec l’UE n’aide pas des entreprises comme la nôtre à planifier l’avenir », justifie Gianluca de Ficchy, le président de Nissan Europe, dans un communiqué.

Le Sunday Times évoque lui un projet d’évacuer la reine Elizabeth II de Londres en cas d’émeutes provoquées par un « no deal ». Interrogé par l’AFP, le palais de Buckingham n’a pas fait de commentaire.

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Theresa May veut rouvrir l’accord de divorce avec l’UE

thérésa mayLa Première ministre britannique Theresa May veut « rouvrir » l’accord de divorce qu’elle a conclu fin novembre avec l’Union européenne, a déclaré son porte-parole mardi, peu avant l’examen par les députés britanniques d’amendements censés leur donner la main sur ce dossier.

« Le Royaume-Uni continue de croire qu’il est absolument dans son intérêt de partir avec un accord, mais nous devons avoir un accord ayant le soutien du Parlement et cela nécessitera quelques modifications à l’accord de retrait », a-t-il déclaré lors d’un point presse régulier.

Mme May a déclaré à son cabinet, réuni mardi matin, que « des changements juridiques au ‘backstop’ seront nécessaires pour obtenir le soutien de la Chambre des communes », a-t-il ajouté, en référence à la disposition prévue dans l’accord de divorce censée éviter le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

« Cela signifie rouvrir l’accord de retrait », a-t-il ajouté, tout en affirmant que malgré l’heure qui tourne, le gouvernement restait « déterminé à quitter (l’UE) le 29 mars » comme prévu.

Une sortie avec accord, « dans l’intérêt de l’UE comme du Royaume-Uni »
Interrogé sur la réaction de Bruxelles, qui a exclu une réouverture des négociations sur l’accord, le porte-parole a estimé que « le message des dirigeants européens est clair, ils veulent une sortie avec accord et ils comprennent que c’est dans l’intérêt de l’UE comme du Royaume-Uni ».

Il a ajouté qu' »on pouvait s’attendre à ce que la Première ministre s’entretienne avec l’UE dans la journée ». L’accord de divorce signé par Mme May avec l’UE a été rejeté à une majorité écrasante par les députés britanniques.

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Theresa May dans l’incapacité de présenter un « plan B »

thérésa mayTenue de présenter son « plan B », la première ministre britannique a notamment promis d’être plus à l’écoute du Parlement.

« L’approche du gouvernement doit changer, et elle a changé. » Tenue de présenter un « plan B » sur le Brexit, lundi 21 janvier, la première ministre britannique, Theresa May, n’a finalement fait aucune proposition tangible pour sortir de l’impasse. Elle s’est contentée d’essayer de rassurer les députés tant sur sa méthode que sur ses efforts pour essayer d’éviter un « no deal ».

Près d’une semaine après le rejet massif de l’accord de divorce qu’elle avait âprement négocié avec l’Union européenne (UE), et à dix semaines seulement de la sortie prévue de l’UE (le 29 mars), la dirigeante conservatrice a cependant balayé les propositions de l’opposition.

Retour à Bruxelles pour rediscuter de la frontière irlandaise
La première ministre a annoncé aux députés qu’elle allait retourner à Bruxelles reparler de la question du « filet de sécurité » (backstop en anglais) censé éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes après le Brexit.

« Je vais continuer à m’entretenir avec mes collègues cette semaine  dont le DUP [Parti unioniste démocrate nord-irlandais]  pour voir comment remplir nos obligations », dont celle d’éviter le retour d’une frontière, « d’une manière qui aura le plus grand soutien de cette chambre », a déclaré Mme May. « Je présenterai les conclusions de ces discussions à l’UE », a-t-elle ajouté.

Ce « filet de sécurité », qui n’entrerait en vigueur qu’à défaut d’autre solution à l’issue d’une période de transition, prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l’UE, avec, en sus, pour l’Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et douanière. Mais plusieurs ministres des affaires étrangères européens, réunis lundi à Bruxelles, ont une nouvelle fois prévenu Theresa May que l’accord conclu n’était pas renégociable.

Pas de second référendum
Mme May a déclaré qu’elle espérait que le Parlement rejetterait les appels à un second référendum sur le Brexit, lancés par des députés de l’opposition. Selon elle, un second référendum « saperait » la confiance en la politique et la cohésion sociale.

Plus d’écoute au Parlement
Theresa May a promis d’être plus à l’écoute du Parlement lorsqu’il s’agira de négocier les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et de lever les inquiétudes des élus sur l’accord de retrait qu’elle a négocié avec l’UE.

Pas de frais pour les expatriés qui demanderont un statut de résident
La première ministre a annoncé que le gouvernement renonçait à faire payer les expatriés européens pour l’obtention d’un statut de résident permanent (settled status en anglais).

Près de 3,5 millions de citoyens européens vivent actuellement au Royaume-Uni. Ils devront demander le statut de résident permanent pour continuer à travailler ou toucher des prestations sociales lorsque le pays aura rompu ses liens avec l’UE. La procédure devait coûter 65 livres (74 euros), soit le prix d’un passeport.